Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/07/2017

Derrida : "J'ai senti qu'au fond j'appartenais à cette solitude"

DERRIDA.jpg"J'ai senti qu'au fond j'appartenais à cette solitude"

Jacques Derrida et son refus du communautarisme,  dans le même esprit qu'Amine Maalouf ou Amartya Sen... Même quand la communauté est un refuge, car subissant des attaques, même quand (natifs déplacés) on n'a de région qu'une terre mentale, trouver un équilibre entre le "dedans" de ses appartenances et de ses langages singuliers, et le "dehors" de l'identité commune. Juste humains. Même si cela fait traverser des zones obscures et solitaires. Lumineuses,  au bout du compte.

France Culture, 2O-01-2016... https://www.franceculture.fr/2016-01-20-une-enfance-doulo...

07/03/2016

Deux petits films créés par des Syriens en exil...

Dire en quelques images le refus de l’obscurantisme des fondamentalistes, ou les douleurs de la guerre et de l'exil... 

Court film créé par des Syriens exilés au Liban. « Fade to black »  https://www.youtube.com/watch?v=WIrSDKcO-4M 

Et celui-ci, pour dire la douleur… « Yaman »  https://www.youtube.com/watch?v=Bjuev58SGCo&ab_channe... 

10/01/2016

EXIL...62. Théâtre. "Dis-leur que la vérité est belle"

THEATRE.jpgRetour sur une pièce présentée en… 2010. Mais j’ai revu récemment un extrait (vidéo), et trouvé une connexion à faire, dans un dialogue, entre la violence qu’on affronte, ou qu’on n’affronte pas, et les formes de violence (terrorisme, mort et peur, et arrachement violent à son pays, exil). Aussi, la mort - encore - mais de ceux qui disparaissent… normalement, mais, par leur mort, suppriment la parole possible, qui expliquerait, pourrait expliquer peut-être enfin, ce qui a été vécu ensemble de violence affrontée (terrorisme, exil(s), ostracisme, etc.). Le silence ne peut plus se combler. Et le silence a été une réponse au traumatisme...

Les expériences passées différentes aident à penser le présent. (A rêver le futur?).

Vidéo, un extrait, avec un commentaire intéressant sur cette page  https://vimeo.com/51442056 

Note sur la pièce de Jacques Hadjaje (un résumé, d’Alger 1955 à Créteil aujourd’hui) : http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Dis-leur-q... 

Intéressante critique d’Elise Noiraud (élogieuse : tant pour le texte que pour le jeu des comédiens et la mise en scène de Jacques Hadjaje), Les trois coups. CITATION : « Oui, un travail d’orfèvre, pour un petit bijou. Une grande épopée de l’intime, où chaque élément compte, où chaque respiration est essentielle. Et de ce sens de l’infiniment petit naît celui de l’infiniment grand, avec une sensation de tragédie sourde qui parcourt tout le spectacle. Cette tension, génialement amenée sur scène par la direction de Jacques Hadjaje, c’est bien celle de la tragédie, celle qui fait advenir sous nos yeux l’inéluctable, sans échappatoire ni aire de repos. » : http://www.lestroiscoups.com/article-dis-leur-que-la-veri... 

26/12/2015

HOCINE AÏT AHMED est décédé. Hommage...

Hommage pour l'humanisme d'un indépendantiste qui incluait les Pieds-Noirs dans son rêve d'Algérie libre. Il a écrit de belles choses dans ce sens. Un démocrate, qui a dû s'exiler. Son dernier choix est d'être enterré humblement, pas dans le carré des "héros", dont il pensait qu'il y avait là des assassins autant que des sacrifiés, des imposteurs autant que des esprits sincères. Dernier acte d'âme libre.

Lire :

Le Monde  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/23/algerie-... 

Algérie-Focus : http://www.algerie-focus.com/2015/12/133041/

20/12/2013

Itinéraire d’une artiste : Nicole GUIRAUD, plasticienne

La valise à la mer. Objets de la mémoire, identité explosée, déchirée. 014.jpg

La liste complète de ses expos est sur le site de son galeriste, Peter Herrmann (fiche et expos depuis 2004) - voir ci-dessous, fin de note - mais je fais ici un choix très sélectif, pour présenter l’essentiel de sa démarche… Le travail avec cette galerie date des années 90 (alors à Stuttgart), avec le cycle des Vitrines, la série "Bouteilles à la mer", les collages transparents (plexiglas).  Dates clés suivantes, repères : 2004, 2009, 2012, 2013… Trois expositions sont présentes dans l’album EXPOS (2004, Berlin / 2012, Perpignan / 2013, Fdt Prinzhorn, Heidelberg : liens vers ces pages dans cette note, extraits). L’Allemagne est très présente, sa galerie étant à Berlin, et elle, vivant principalement à Francfort… L’exposition d’œuvres de la série « Archives » à Heidelberg me semble une reconnaissance particulièrement importante du sens de son parcours, l’occasion de revenir sur les traces posées pas à pas. Cette note est une première approche, suivant les pages des vignettes (pages des albums, déjà créées pour trois de ses expos, pour un film, un livre). Elle sera suivie par d’autres…   

(La valise à la mer… Installation de Nicole Guiraud. Photographie MC SJuan, 2004)

…………………………

Exposition à Berlin, 7 Mars - 30 Avril 2004, "Oran - Alger - Constantine", Berlin. Louzla Darabi, Nicole Guiraud, Samta Benyahia. Galerie Peter Herrmann : http://www.galerie-herrmann.de/arts/art2/oran_alger_constantine/index.htm  (J’avais fait le voyage à Berlin, pour cette exposition regroupant trois artistes nées en Algérie, et proposant à travers leurs œuvres un dialogue entre trois villes algériennes, comme lieux de mémoires individuelles, d’interrogations sur l’identité : croisement, dialogue entre des femmes du même pays, de communautés différentes, de vécus différents, mais en affinité native. J’avais ramené de cette rencontre des photographies et un entretien avec le galeriste, dont la démarche est née d’un amour pour le continent africain dans son ensemble, du Nord au Sud. (Petit à petit ces traces vont trouver leur place : « retour sur… », notes qui suivront…). Les œuvres de Nicole Guiraud présentées là appartenaient à la série « Le monde en bocal », mais on y voyait des œuvres qui préfiguraient le travail suivant en train de s’élaborer : l’archéologie de la mémoire : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/1800559506.html )

…………………………

2009. « Archéologie de la mémoire » / Archäologie des Erinnerns : http://www.galerie-herrmann.com/arts/art2/2009_Guiraud/index.html

Page de Georges Festa sur l’œuvre de Nicole Guiraud. De la série « Le monde en bocal » à « Archéologie de la mémoire » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2010/10/nicole-guiraud.html (« Comment dire le démembrement, l’arrachement, au sens le plus littéral du terme ? Victime de la violence aveugle – cette guerre d’Algérie, où sombrera le message humaniste du chantre de Tipasa et de Noces -, Nicole Guiraud choisit l’Allemagne, autre terre de convulsions et d’exils où, au fil du temps, s’élabore une œuvre visionnaire, singulière. / De la série « Die Welt im Einmachglas » [Le Monde en bocal] (1975-2005) à sa récente exposition « Archäologie des Erinnerns » [Archéologie de la mémoire], une entreprise d’épuisement des formes et des mythes nous convie à interroger l’émiettement, la nostalgie, le désir d’altérité. » SUITE SUR LE SITE…)

…………………………..

Premiers mois de 2012, Perpignan. Nicole Guiraud, « Survivre » : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/1490367217.html [Dans le catalogue, plusieurs auteurs explicitent le sens profond de cette œuvre, le courage dont elle témoigne (j’en reprendrai la lecture…). Le titre, « Survivre », correspond à l’enjeu réel de la création dans l’itinéraire de cette plasticienne, qui, depuis l’enfance, toujours, dessine, sculpte, et peint. Ce n’est pas, ce titre, « Survivre », une simple formule, pas un jeu avec les thématiques générales de la vie et de la mort. C’est la question centrale que l’artiste se pose et pose à ceux qui regardent son « monde en bocal », ses créations graphiques, les peintures et montages.

Comment, quand on a (c’est son histoire) été atteinte dans son corps, au sortir de l’enfance, quand cette atteinte est irrémédiable et que chaque jour on revit son intégrité physique violemment déchirée, comment peut-on échapper au désespoir, se délivrer de la haine et de la colère, ne pas être prise par la folie ? Comment créer quand même… Justement. Nicole Guiraud crée pour tenir debout, pour que sa vocation d’artiste n’ait pas été détruite aussi par la bombe d’une terroriste, malgré la main manquante, le bras amputé. Elle crée pour témoigner, ayant fait de la lutte contre le terrorisme un axe central de sa vie. Et elle choisit le dialogue : c’est une des signataires du texte fondateur d’Algérie-Djezaïr, texte regroupant des Algériens  et des Pieds-Noirs, pour un partage de mémoire, un lien entre les communautés natives d’Algérie. L’expo de Berlin en 2004 fut un de ces signes de partage.]

…………………………….

Expo décembre 2013, Nicole Guiraud à la Fondation Prinzhorn, page Trames nomades, album EXPOS : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/171999384.html (Texte de Nicole Guiraud,courriels : « Le cycle des ARCHIVES retrace, au moyen d'assemblages d'objets, de textes et de dessins, le travail de mémoire - recherche des sources - entrepris sur trois décennies autour du thème de l'Algérie, celle de la paix, de la guerre, et pour finir de l'exil.  /// Cette oeuvre est difficile, austère, mais essentielle dans mon parcours artistique, et centrale dans mon parcours personnel. /// Le cycle des ARCHIVES  documente en grande partie le travail de mémoire sur l'identité (exil) et le vécu en Algérie (aussi l'enfance dans la guerre), entrepris pendant trois décennies  entre la France et l'Allemagne. » Présentation, à partir des précisions fournies par l’artiste, et suite de son texte, sur la page de l’album EXPOS …)

Site de la Fondation Prinzhorn : http://prinzhorn.ukl-hd.de/

…………………………………………………………………………………………………………………………………………

Nicole Guiraud, galerie Peter Herrmann (page de présentation et rappel des dates et titres des expositions principales : en bas de page cliquer sur les titres pour voir les œuvres correspondantes) : http://www.galerie-herrmann.de/arts/guiraud/index.htm

...................................................................................................................................................

Pour mémoire… Film, livre, galerie Peter Herrmann :

FILM. « Der Koffer, La valise à la mer », 1991. Mise en scène des déchirements de l’exil, des traumatismes de la mémoire et du corps. Parole de Nicole Guiraud, déchiffrant objet par objet la traversée d’une mer, la traversée du temps, fracture entre l’enfance blessée et le lent travail de construction de soi et de l’œuvre (Suite sur la page de l’album…) : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/films/2755090956.html

...............................

LIVRE. « Algérie 1962. Journal de l’Apocalypse », éd. Atlantis, 2013 (bilingue allemand-français : Nicole Guiraud vit surtout en Allemagne, où elle a sa galerie) 

Page (Algérie 1962, Journal de l’Apocalypse) dans l’album Livres (récits, témoignages), Trames nomades : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/romans-recits/823653163.html (Nicole GUIRAUD, plasticienne, fut victime d’un attentat terroriste l’année de ses dix ans, juste avant la rentrée scolaire, le 30 septembre 1956, au Milk Bar, café qui, comme son  nom l’indique, avait une clientèle familiale, on y amenait ses enfants. (Le Milk Bar a encore été la cible d’un attentat pendant la « décennie noire » du terrorisme islamiste. Héritage de la violence, cibles choisies pour des raisons similaires : comment faire naître le plus de terreur si ce n’est en tuant ou mutilant des enfants.). / Boualem SANSAL, le dit bien dans sa préface (« L’histoire se vit deux fois ») : ce Journal qu’écrivait Nicole Guiraud, en 1962, pour supporter ce climat de terreur, une adolescente algérienne aurait pu en écrire un de très similaire, car l’horreur a recommencé, héritière d’une violence légitimée, normalisée. SUITE sur la PAGE de L’ALBUM…)

Commentaire (lecture du Journal), sur le blog armeniantrends, de Georges Festa : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-algerie-1962-journal-de.html (« Dimanche 30 septembre 1956, 18 heures 30 : Nicole, une fillette de dix ans se trouve, comme chaque année à la fin des vacances d’été, avec son père dans le Milk Bar, au coeur d’Alger, pour y déguster une glace, lorsqu’une bombe explose, déposée par le FLN (Front de libération nationale). Quatre personnes sont tuées et cinquante-deux autres blessées. Nicole perd son bras gauche. » (…) « Dans son journal, la jeune Nicole, âgée de quinze ans, note jour après jour les violences d’une guerre civile qui prend de plus en plus les traits d’une apocalypse » SUITE sur le SITE armeniantrends…)

…………………………………………

Textes de Georges FESTA inspirés par des œuvres de Nicole GUIRAUD (ces liens vers le blog de cet auteur sont dans ma liste « Poèmes », ici) : NG/GF : « Le Marabout de Sidi Moussa », prose : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/02/nicole-guiraud-le-marabout-marabout.html  /// NG :  « Le peintre », GF : « Puisqu’ils ont voulu m’enfermer » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2011/10/nicole-guiraud-der-maler-painter.html  ///  NG « Le Couple », GF « Sables » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/12/nicole-guiraud-das-muschelpaar-couple.html  /// NG « Bouteille à la mer »,  GF « Et je m’enivrerai de mers / et de morts » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-flaschenpost-message-in.html

 

22/11/2013

Transmission pieds-noirs : un site de Paul Souleyre

Blog qui prolonge et développe la démarche entamée avec MémoBlog, site où, en fils de Pieds-Noirs (né en 1969), il cherchait déjà à déchiffrer ce qu’il en est de cette identité, et des traces, en soi, de cette mémoire familiale d’exil :  http://www.memoblog.fr  («… Préciser que la nostalgie n’est pas dans ma nature, que je ne regarde jamais le passé pour le refaire ou le regretter, mais seulement pour mieux comprendre le présent, mon présent. ») (…) «… il s’agit manifestement d’un site d’enfant de pieds-noirs affecté dans son psychisme par l’exode de toute une famille. » (…) « Mais j’ai la certitude d’avoir  perdu une terre. Et là est la vraie surprise de Memoblog.  / Comment est-ce possible, je ne sais pas, mais j’ai perdu une terre. / La terre rouge d’el-Hamri. »)

……………………………

Transmission Pieds-Noirs succède donc à Mémoblog, le complète : http://www.transmission-pieds-noirs.fr/   Dès l'accueil, des visages dans des cercles, visages de ceux qui ont "reçu" ce qui... n'a pas été transmis, ou difficilement, ou raté (comme le dit un père pied-noir, cité dans la page de présentation). Mais la génération des enfants, des jeunes ados, a tout intégré de l'exil et des souffrances. C'est l'inconscient qui trahit, les hasards, les ratages aussi (comme l'explique une des jeunes femmes). Paul Souleyre explore de manière passionnante les signes étranges que tissent le hasard et l'inconscient. Et il sait dire comment on peut flotter dans un vide identitaire (est-ce "identitaire"? je mets ce mot pour traduire) quand l'espace n'a pas accueilli. A travers sa recherche d'Oran (Oran, pas la mémoire de la guerre, pas les histoires de famille : le lieu) il retrouve sa part d'algérianité et aide aussi ceux de sa génération à la retrouver (pour choisir de la savoir, de l'assumer ou de s'en éloigner : l'essentiel étant la prise de conscience de ces dimensions...). La transmission, si elle a sauté une génération, peut se rétablir ensuite. Car le temps est long...

Donc, déjà, lire la page de présentation de sa démarche : http://www.transmission-pieds-noirs.fr/about/ 

CITATIONS : «  L’ambiguïté est la seule valeur qui me tienne vraiment à cœur. » (…) « Je ne crois pas du tout à la vérité, ou plutôt, la vérité, pour moi, a toujours pris la forme d’une contradiction. Donc plus que les vérités univoques qui n’ont jamais réussi à me toucher, je recherche des vérités contradictoires et ambiguës, perturbantes. Des vérités où la personne qui s’exprime se demande d’abord et avant tout si elle n’a pas elle-même raté quelque chose. »

Et voilà comment il commence ce voyage en ambiguïté, en profondeur, dans le regard des tensions et contradictions, en soi et dans le réel : par un très beau texte qui interroge une identité suspendue dans le vide, en quelque sorte. Celle d’exilé sans exil su, d’immigré sans savoir d’où, de citoyen d’un espace de questionnement : http://www.transmission-pieds-noirs.fr/paul-souleyre-1969/

« Ma mère n’aimait pas l’Algérie Française.

Ma mère est née à Oran le 19 novembre 1946, a quitté la ville le 28 juin 1962, et s’est éteinte à Bordeaux le 15 février 2009. Je crois pouvoir dire qu’elle n’a jamais été heureuse nulle part.

Pour l’Algérie, en tout cas, je n’ai aucun doute. »

(...)  « Commencer à percevoir la complexité d’une situation permet de s’éloigner d’affirmations générales et pathologiques du style « tout le monde était bête » pour se réconcilier avec des origines extrêmement diverses, tout en gardant à l’esprit qu’à Oran, cette diversité au sein de la catégorie des Français d’Algérie était en conflit avec elle-même. » (…) « Ce n’est pas très spectaculaire donc personne ne s’en préoccupe, mais j’ai comme la vague intuition que quelques enfants de pieds-noirs flottent gentiment au milieu de nulle part dans la société française actuelle, et se demandent juste par quel miracle ils ont acquis la capacité de se mouvoir dans le vide. » (…)« Il y a déjà un moment que je me considère comme un enfant d’immigrés-exilés. Mais de quel pays ? »

Lisez le texte intégral…Précieuses écritures que celles qui ont pour projet de ne pas se cloîtrer dans les certitudes, les barrières idéologiques (les camps, les pour, les contre, les clichés et les schémas figés, ou les émotions stériles ressassées à l’infini). Là, une distance apparemment paradoxale (car la proximité du regard sur l’autre prochain n’est pas niée, si elle n’est pas exaltée). Ambiguïté, donc complexité… Grande humanité. (Complexité... qui est une clé pour Camus. La réalité n'est pas binaire...)

Comme j’aimerais trouver autant de subtilité et de cœur chez ceux qui écrivent, de l'extérieur, SUR les Pieds-Noirs, en projetant sur eux tous les affects produits par des faits de propagande (lire, pour comprendre cela, « Une Patrie de Sel » de René-Jean Clot, et « Ma mère l’Algérie » de Jean Pélégri (et, ici même, mes notes, catégorie « Pieds-Noirs »)…

... Complément d'informations, sur ce site, sur l'identité, sur le rôle de la rencontre de Luc Demarchi (Site "Vivre à Belcourt"), dans la note sur Olivier Py, sur lequel nous avons tous trois écrit, tant il exprime ce qui nous est commun... une irréalité de terre, peut-être. Olivier Py a trouvé ses racines dans la mer Méditerranée et Paul Soulever explore Oran... Tiens, Vivre à Belcourt : là encore, c'est le lieu qui est le sujet, le lieu et les êtres qui y vivaient et qui y vivent. Plus que le pays, les villes (car les appartenances y sont inter-communautaires dans la traversée des communications actuelles).

Identité(s)? Cartographies qui se déchiffrent et s'inscrivent diversement. Dans la recherche des lieux, d'un espace autre, mer réelle et symbolique qui relie et qui échappe aux enfermements. Dans la recherche des langues (dont le pataouète), l'exploration des êtres, et... la littérature : Camus, Clot, Pélégri, Cardinal, Roy, Roblès, Xuereb, Vircondelet, etc.

Lien vers cette note (où je parle d'Olivier Py, mais aussi de Paul Souleyre et Luc Demarchi..), "Méditerranées,  d'Olivier Py..." http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2013/07/24/me...

...Des clés, en marge du site de Paul Souleyre

Article d’Hubert Ripoll, Le Monde,  05-07-2012, « Le dernier exil des Pieds-Noirs » https://dl.dropboxusercontent.com/u/29077738/Le%20dernier... 

Et son livre, « Mémoire de là-bas / une psychanalyse de l'exil » : https://dl.dropboxusercontent.com/u/29077738/Chapitre%201... 

Mais j’allais oublier… « Pieds-Noirs, identité et culture » : http://editions-gandini.fr/df077-pieds-noirs-identite-et-...   

04/11/2012

« HAÏR C'EST ENCORE DEPENDRE ». Réflexion à partir d'un texte de Daniel Maximin citant Césaire (texte à méditer...)

Des récupérations idéologiques et politiques ont cours en ce moment, là ou ailleurs, à propos de la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961 (déguisée par certains - qui y sont hostiles - en « repentance » : ce qui attise les passions, remue les émotions, les colères, les rancoeurs - ce qui, aussi, autorise la mauvaise foi…). Dans ces heurts où les mémoires et souffrances s’opposent (et intimement dans les questionnements personnels identitaires que ces débats réactivent) parfois la haine affleure (ou déborde). Haine et haines d’autant plus dangereuses que, dans un contexte de crise, des groupes politiques (des mouvances, des partis) instrumentalisent mémoire et Histoire pour, dans l’actualité sociale, introduire des thématiques discriminatoires, des divisions entre les communautés qui composent le pays, provoquer la peur (de l’autre, forcément). Et quand, en plus, la commémoration en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie entraîne une lutte de dates qui recouvre un conflit mémoriel plus important... on ne sait plus qui va crier le plus fort.

Il est donc peut-être nécessaire de relire certains textes qui proposent de prendre recul, de faire un peu silence en soi avec ces remuements douloureux sur un passé individuel et collectif. Qu’est-ce qui libère et qu’est-ce qui entrave ? Penser dans la solitude permet de retrouver son autonomie de pensée, de réfléchir autrement, sans influence politicienne ou communautaire (ce qui ne veut pas dire reniement d’appartenances : mais il y a plusieurs manières d’appartenir – en se faisant piéger par un enfermement idéologique et passionnel univoque, ou en acceptant de constater la complexité des regards sur la réalité et la complexité des communautés humaines elles-mêmes).Ce qui ne veut pas dire non plus renoncement à l'expression, ni même aux revendications justes... 

Daniel Maximin, à propos de la commémoration de l’esclavage, se pose les mêmes questions. On remplace « esclavage » par guerre d’Algérie, colonisation, décolonisation, et on a de quoi méditer sur les choix possibles (quels positionnements?) à ce sujet. (« On »  renvoie à des « mondes », divers : Pieds-Noirs et Harkis, oui - personnes, communautés, et associations - mais aussi Algériens sur les deux rives, Franco-Algériens, anciens appelés, métropolitains, pouvoirs, partis, médias… Mais c’est d’abord un appel à la conscience individuelle… exigence qui interfère… (Et c'est valable pour d'autres conflits passés et actuels...).


« La commémoration a un sens si elle n'est pas déviée. Car, plus important que le devoir de mémoire, il y a le droit à l'Histoire. Il faut que toute l'Histoire soit dite: pas seulement celle des douleurs, mais surtout la plus cachée, celle des résistances. La mémoire doit autant privilégier la parole des opprimés que la condamnation du discours de l'oppresseur. Elle doit montrer que l'esclavage a perdu, qu'il n'était pas fait pour fonder des sociétés, des cultures. Donc il ne doit y avoir ni ressentiment, ni resserrement, ni posture victimaire. Césaire disait : "Attention, haïr, c'est encore dépendre." » Evidemment, d'un lecteur du texte à l'autre l'opprimé et l'oppresseur auront des visages différents. Peu importe : ce qui compte surtout c'est la mise en garde... Attention...
 

Le sens du mot  « dépendre » peut être compris diversement. Ceux qui ont dépendu de l’autorité politique des autres, subi des oppressions (colonisation, esclavage), doivent se libérer du lien qui demeurerait avec la colère et la haine, et les maintiendrait dans une sorte de paradoxale dépendance, intérieure surtout, inconsciente. Mais les situations sont parfois plus complexes, autres, l’oppression avoir des formes très diverses, camouflées, les contraintes être de l’ordre de la manipulation (manipulation d’opinion, aussi, comme le montre et le dénonce Jean Pélégri dans son livre « Ma Mère l’Algérie » : comment la métropole – avec ses pouvoirs – a construit une image collective des Pieds-Noirs, en faisant de cette communauté un bouc émissaire). Et cependant, dans tous les cas, prolonger les luttes passées, ne rien remettre en question de ses croyances antérieures, rester dans la douleur des exils, quels qu’ils soient, cela aussi crée dépendance, autrement. Collectivement il faut travailler à une résilience libératrice, en déconstruisant les manipulations passées et présentes, en refusant les injonctions qui font jouer un rôle, créent une fausse identité, piègent dans de fausses valeurs (qu’on croit siennes et qui sont étrangères profondément). Bien sûr, parler de résilience (Algériens, Pieds-Noirs, Harkis, Appelés, Métropolitains) est plus difficile quand on évoque les plus terribles traumatismes (victimes du terrorisme, enfants de disparus ou de victimes d’assassinats ciblés, survivants d’un massacre, témoins de meurtres, de tortures, nés d’un viol, victimes de viol). C’est là que les communautés peuvent avoir un rôle apaisant ou au contraire aggravant (en croyant même parfois accompagner – mais en réactivant les souffrances, les colères, en les figeant dans un éternel passé, quand le présent est déjà assez dur). Attention aux héros qu’on se crée, aux icônes qu’on fabrique : certains masques peuvent être dévastateurs… Le défi est de ne pas choisir ce qui dévaste… Quand ceux qui haïssent ne dépendent pas seulement (encore…) de ceux qui les ont opprimés ou agressés (ou, c’est pareil, rôles inversés, de ceux qu’ils ont opprimés ou méprisés), mais dépendent aussi (et c’est peut-être la pire prison) de la part la plus sombre d’eux-mêmes, de l’ombre intérieure qui les hante et qu’ils projettent sur le monde, pour une vision manichéiste… 

L'entretien complet est à lire sur le site de L’Express. « Haïr, c’est encore dépendre », Daniel Maximin, 07-05-2009 : http://www.lexpress.fr/culture/livre/daniel-maximin-hair-c-est-encore-dependre_823480.html

Autre entretien, éclairant aussi. « Il faut arrêter d’être esclave de l’esclavage », Daniel Maximin, décembre 2006, L’Internaute : http://www.linternaute.com/histoire/magazine/interview/daniel-maximin/retranscription-daniel-maximin.shtml  (CITATIONS :« La volonté d'oppression est constitutive d'une partie de chacun d'entre nous. C'est le désir de mort pour soi ou pour l'autre qui s'oppose en permanence au désir de vie ou de faire vivre. » (…) « Il reste nécessaire de pratiquer "l'auto-surveillance" dont vous parlez (il répond à une question) vis-à-vis de chacun de nous et vis-à-vis des autres. Il n'est pas utopique de penser que la mort et le mal existeront toujours mais que la Résistance à leur empire est aussi permanente dans l'histoire des hommes. »)

C’est une leçon de lucidité.  Ne risquons-nous pas, nous, tous, en effet, d’être esclaves des attachements à la condition d’exilé (par exemple), quand nous ne sommes ici que de passage? (Ce peut être aussi le contraire, avec les pièges de l'ancrage local, ou des visions ethnicistes, à la façon des Identitaires ou des Indigènes de la République...). Ne sommes-nous pas, tous, souvent, dans l’illusion de l’innocence intime, communautaire, ou nationale, quand personne n’a échappé, en réalité, aux choix les plus mortifères. Ne serait-ce que par contagion. Ne serait-ce qu’en se taisant… 

01/10/2011

Litanie pour juillet plusieurs fois… (Pages données au vent)

Texte modifié...

Voir : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/12/18/po...

© MC San Juan

28/02/2011

ECRIVAINS libyens, de Sifaw El Mahroug à Kamal Ben Hameda. Parcours…

libye,littérature,culture,poésie,citations,dictature,exil,amazighité,livres« Ne ressent la brûlure du feu que celui qui marche dessus. » Kamal Ben Hameda, écrivain (texte, Le Monde, 25-2-11).

Connaît-on la littérature libyenne ? (Quand on ne savait rien sur la société même…).

Nous étions tellement obnubilés (à juste titre, mais pas de la même manière que certains dirigeants) par le dictateur à la tête de ce pays (les attentats, les mensonges, la haine, et les menaces), que cela a fait écran. Et notre perception de la réalité sociale de la Libye en a été déformée. On pense « terrorisme » (et c’est), et on n’a plus la place mentale pour penser que, là, des gens écrivent, malgré tout. Certains en meurent, d’autres s’exilent ou sont emprisonnés, d’autres, encore, tentent de créer des bribes de société civile, pour plus de droits (voir, ci-dessous, 2009 : des écrivains sont impliqués).

Dans un entretien du JDD, où une question est posée à Luis Martinez sur l’existence d’une opposition en Libye (pas seulement les révoltes de rue et les manifestations et combats, mais des organisations préparées à une relève) le chercheur (Sciences-Po), avant de répondre, évoque d’abord l’alphabétisation, la culture (puis les études à l’étranger) : « On a très mal pris en compte la société libyenne ces dernières années. Le taux d’alphabétisation est de 90% et celui d’urbanisation de 80%. Bien que ce soit interdit, toutes les familles ont des paraboles et savent très bien ce qui se passe à l’extérieur. » (Journal du Dimanche, 27-2-11).

Donc notre ignorance était grande.

...................................................
Traces de ces écritures, de ces résistances, des informations quilaissent leurs petits cailloux de sens, montrant la genèse des évolutions. Je les ai notées chronologiquement.
De 1994 à 2011, on meurt, on écrit, on part, on écrit… Parcours de dates, de noms, et de faits.
Sifaw El Mahroug est un poète berbère libyen, né en 1946, dissident et harcelé, mort en1994 des suites d’un accident douteux, d’après l'ancien site berberoscope :  
CITATION :
«Tant de gens
Ont oublié leurs noms
Après avoir oublié
Leur accent.»
(Ce fragment de poème, peut symboliser aussi, je trouve, des annéesaprès,la situation des 
Libyens dans un pays
au système dictatorial
plus qu’étouffant, et celle des exilés. L’accent
sera à
comprendre, non plus comme le seul signe perdu de l’ « amazighité », signe qu’il est
mais comme la marque d’une perte d’identité
plus générale : perte d’être dans un monde brutal
qui écrase,
perte des racines pour celui qui doit s’éloigner. Formes diverses de l’exil.)
...
SurSifaw El Mahroug, et de lui, lire cette page, dans le supplément littéraire mensuel de 
L'Orient Le Jour (Liban) : http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=... 
....

 libye,littérature,culture,poésie,citations,dictature,exil,amazighité,livresKamal Ben Hameda (cité en exergue), libyen de Tripoli, est exilé aux Pays-Bas. Et le texte de lui que je viens de lire, dans Le Monde du 24-2-11, est loin d’être juste un article, mais vraiment la page forte d’un écrivain. Ce texte peut servir d’introduction à la pensée, à l’écriture, de ce poète. Un cri, le souffle de la colère et de la douleur : celle de celui qui n’a pas revu sa mère, morte seule, elle aussi exilée, mais là où elle fut toujours («… cette jeune vieille dame que j'appelais jadis maman »), et qui sait que nombreuses sont les mères en deuil de leurs enfants, fils forcés de partir à la mort. « Elles resteront tapies dans la brûlure du manque, ces mères-là, car le grand désert a englouti les leurs dans ses replis ». Il nous parle de la marche des « folles » de Benghazi (écho aux célèbres mères de disparus), qui les premières « ont ouvert un champ à l'espoir » et de ce « Bédouin autiste aux mille visages, golem du désert » que l’Occident semble découvrir après l’avoir accueilli… En humaniste, il poursuit : « Ma parole ne saura qu'ourler nos ruptures et tisser nos distances si le sentiment de l'humain n'est pas en notre partage. » Et il conclut par une anecdote. (Un passant lui ayant demandé d’où il venait, donc qui il était, «… au regard de mon faciès basané », il répondit par un mot latin: « Mens », esprit, «un être humain ») . http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/24/qu-il-part...

Commencer par lire, ou relire, et faire lire, un auteur libyen, c’est commencer à entrer dans l’apprentissage de cette culture trop méconnue.

Cinq titres chez L’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=3003 

Présentation du livre « Le Saint Je » (poème monosyllabique), 2003 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=15844

Et du recueil de poèmes  « La tentation de la lumière », 2002 :  http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=5047  (« Deuil du moi pour l'ouvrir à toutes les contrées des fonds de l'invisible… ")

« Plis de lumière », 2007 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=23992

Texte à lire sur le site africultures.com, Aube... http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&...

EXTRAITS :

« Poésie, acte de connaissance.
Connaissance dans l'acception primaire, matérielle et sensuelle de naissance à l'autre, avec l'autre, aux mondes. Une naissance comme toute autre, réelle et palpable qui élit une nudité, nomme une transparence. » 
(…) « La poésie, cet instant-là, devient le chemin qui mène de soi vers le Soi, un voyage initiatique, initiation à sa propre parole. »

Dernier livre paru : La compagnie des Tripolitaines, éd. Elyzad, 2011. http://www.babelio.com/livres/Ben-Hameda-La-compagnie-des...

09/02/2011

Andrée CHEDID, POETE. 20-3-1920/6-2-2011, Le Caire/Paris. Hommage

Au coeur du coeur.jpg

« S’écoulent les mots / Qui délivrent le cri / Relais / De fièvres et d’aube / De chant et de chagrins » / (…) / « Entre le doute et la voie / Veille en ta parole ». Andrée Chedid, « Par-delà les mots », éd. Flammarion.

A peu de jours près, deux poètes meurent en même temps, deux êtres venus, l’un, d’au-delà des mers, l’autre d’au-delà des frontières : Edouard Glissant, Andrée Chedid. Tous deux pétris de cultures croisées, ouverts au monde. Tous deux écrivains majeurs, donnant à la langue une ampleur éthique, au pays une identité traversée, questionnée, enrichie.  

La qualité de  l’écriture d’Andrée Chedid a été reconnue par des auteurs comme Char, Lévis Mano (poète et éditeur), Jabès, et bien d’autres…

Poèmes, mais aussi nouvelles, romans, essais, théâtre... Et, dans l’œuvre poétique, des proses, notes brèves, entre poème et aphorisme : ainsi les textes de « Terre et poésie ». Le Printemps des poètes l’a célébrée en 2010, et dans le métro parisien on pouvait lire ce texte affiché : « Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui – sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à la voix d’un ami. »   …

On peut découvrir la poésie d’Andrée Chedid, simplement, avec un tout petit livre, une anthologie de la collection Librio : publication à l’occasion du Printemps des Poètes. « Au cœur du cœur » : les textes ont été choisis et préfacés par le poète Jean-Pierre Siméon et Matthieu Chedid, M, son petit-fils musicien. De la préface je retiendrai deux passages qui éclairent la démarche, insistent sur ce qui, profondément, nourrit l’ancrage universel de cette écriture : « La poésie chez Andrée est une philosophie de l’existence, elle fonde une éthique de la fraternité » et « Oui, il y a une rebelle dans Andrée Chedid, une objection résolue à ce qui ment, à ce qui dégrade ».

.....................................................................................................................................................................................................................

En exergue à la fiche d’evene.fr, cette citation : « Ecrire, c’est très dur, avec de grandes fenêtres de joie » http://www.evene.fr/celebre/biographie/andree-chedid-3083.php  (biographie, citations, bibliographie, hommage, lien vidéo INA, entretiens, dont un interview de Louis Chedid, son fils, le chanteur).

Site (en anglais) : http://www.andreechedid.com/

……………………………………………………………………………………………………………………………………………

Hommages en ligne :

(Sur le site du Printemps des Poètesun texte de Jean-Pierre Siméon, article paru dans L’Humanité du 8 février, « Ce qui fonde à mes yeux la valeur exceptionnelle de son œuvre et qui lui assurera, je crois, une postérité plus longue qu’on imagine peut-être, c’est son enjeu éthique », et un lien avec la page dédiée du site de Guy Allix,  « Andrée était un très grand poète dont il faudra peu à peu relire l’œuvre pour l’apprécier à sa juste mesure, loin des faiseurs à la mode. »

Sur poezibao, par Bernard Mazo : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/02/hommage-%C3%...

Ecrits-vains, Andrée Chedid et le pouvoir de l’écriture, par Renée Laurentine : http://ecrits-vains.com/points_de_vue/renee_laurentine01....   (« Lors d'une interview, Andrée Chedid a parlé de son œuvre comme de l'éternelle quête d'une humanité. ») et lecture du recueil « Territoires du souffle », par Renée L. aussi : http://ecrits-vains.com/recueils/chedid.htm (« Bien qu'Andrée Chedid soit aussi romancière, nouvelliste et dramaturge, la poésie reste une " source essentielle " »)

Dossier sur Terres de femmes« Les traversées poétiques d’Andrée Chedid », soirée IMA pour le Printemps des Poètes 2006, traversées très méditerranéennes, pour une méditerranéenne d’importance). Sur le même site, des textes « poèmes du jour », anthologie, et des notes. (Liens à la suite du texte sur cette page)... http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2006/03/les_tr...

medi@terranée, journal de la Méditerranée :  http://www.mediaterranee.com/20110207168811/France/Cultur... (citation des différents hommages officiels) 

………………………………………………………………………………………………………………....................................................

Revue de presse

Télérama : « Un poème pour saluer Andrée Chedid », par Martine Laval : http://www.telerama.fr/livre/un-poeme-pour-saluer-andree-chedid,65387.php («  Elle qui écrivait « Je lutte et résiste » ne faisait qu’une seule âme avec la poésie »). Le texte cité,  est « Le Rien », « Rythmes », 2003 (« J’ai traversé le Rien / Aux jours de mon enfance /  Déchiffrant la mort »…).  

L’Express : http://www.lexpress.fr/culture/livre/andree-chedid-est-morte_959612.html  (« Dans ses romans elle parle de ce que l'Egypte lui a apporté et dresse parfois des parallélismes touchants »)

Elle : (« Andrée Chedid laisse derrière elle une vingtaine de recueils  de poèmes dont quelques-uns pour enfants ») : http://www.elle.fr/elle/Loisirs/Livres/News/La-romanciere...

Le JDD : http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Actualite/La-romancier...  (« Andrée Chedid rejoint le cercle des poètes disparus » / « Poétesse du ‘Double pays’ »)

…………………………………………………………………………………………………..................................

Nombreuses CITATIONS sur babelio.com : http://www.babelio.com/auteur/Andree-Chedid/5687/citations

30/01/2011

Un Balcon sur la mer, film de Nicole Garcia

J’ai vu récemment ce film. Merci, Nicole Garcia, merci Jacques Fieschi, son coscénariste. Les acteurs sont excellents, et on oublie qu’ils jouent : Jean Dujardin et Marie-Josée Croze, notamment, mais pas uniquement, loin de là (forte présence du père pied-noir, par exemple). Histoire de double ? Mais double double… Jeune femme qui retrouve son amour d’enfance, mais qui, confondue avec une autre, maintient la confusion, s’y perd ; homme qui vit une identité apparente, dans une vie « normale », et une autre, cachée à lui-même, refoulée, dans une amnésie de survie. C’est tellement vrai cette vision du problème identitaire des exilés, surtout quand s’ajoutent les traumatismes de l’incompréhension des autres et les silences des aînés, enfermés dans leur douleur. Ce n’est pas une quelconque nostalgie qui intéresse Nicole Garcia, mais la question du déchirement intérieur, de cette identité troublée : quelle est la part de l’authenticité, la part des mensonges qu’on se fait à soi-même ? Guérit-on de son exil ? Quand, à la fin du film le personnage de Jean Dujardin dit s’être perdu et qu’il parle de l’instant, du lieu, j’entends autre chose : perdu à moi-même dans l’oubli de mes souvenirs de cet ailleurs de l’enfance. Et cela se passe aux abords du théâtre où celle qu’il recherche va jouer : de nos identités lesquelles ne sont que des rôles auxquels on croit? Quand elle répétait son rôle et croyait ne pas trouver le ton juste, alors que justement elle l’avait trouvé, elle parlait du regard (comme en parle Nicole Garcia dans l’interview de TGV magazine, mais en tant que metteur en scène qui ne peut se regarder elle-même comme actrice, qui comme actrice a besoin du regard d’un autre). Les yeux ont beaucoup d’importance dans la reconnaissance complexe entre les deux personnages, et ils en ont beaucoup dans ce qu’on ressent de nos appartenances : les yeux de l’autre… A Oran l’homme assis, Algérien au beau visage, qui dit à Jean Dujardin qu’il peut monter sur la terrasse, a des yeux fraternels, des yeux qui reconnaissent celui qui est né là. Comme cela se passe si souvent, en réalité, dans les retours des Pieds-Noirs… Il y a trop souvent, ici, les regards qui exilent (hostiles ou indifférents, ou loin de comprendre) et il y a, à cet instant, sur cette rive, le regard qui ancre.  Les lieux sont magistralement filmés : Oran de la mémoire, en flash-back, et Oran du présent, Nice, le sud… C’est un film très méditerranéen : voilà une identité magnifiée par ce film, et celle-ci, exil ou pas, se retrouve d’une rive à l’autre, perdure.

Dans le TGV magazine de décembre-janvier 2011, j’ai lu un entretien intéressant dont je choisis deux passages, pour compléter cette note sur cet excellent film (Nicole Garcia répond à Olivier Boucreux). « Quand on retourne sur un lieu de son enfance après un exil, on retrouve un peu de cette enfance à jamais perdue. Et c’est déchirant. » (…) Et, parlant  de la tristesse de la génération de ses parents : « L’Histoire a été sévère avec cette communauté que l’on a appelé plus tard les Pieds-Noirs. » (J’ajoute la majuscule, puisque c’est une identité collective…).

 Sur le site telerama.fr  on peut lire un long et passionnant entretien (et voir des vidéos) : http://www.telerama.fr/cinema/nicole-garcia-en-compagnie-des-ombres-1-2,63544.php « J’étais déjà retournée à Oran pour des voyages officiels, et j’avais ressenti une émotion étrange, très animale. Ni romantique, ni nostalgique. Plutôt le sentiment violent d’un temps à jamais perdu. Comme une déflagration. »

Dans cet entretien Nicole Garcia évoque son rôle, comme actrice, dans le film de Laurent Heynemann, « La Question »    (à partir du livre d’Henri Alleg), participation nécessaire et difficile (du fait des confusions faites entre l’armée française et les Français d’Algérie dans divers courants de l’opinion).  Occasion pour elle d’un retour sur mémoire, déjà, d’un retour dans le pays de l’enfance. Elle précise aussi, pour son dernier film, l’importance de Jacques Fieschi, son coscénariste, lui aussi originaire d’Algérie, et attaché à cette origine de manière plus tripale, et qui, dit-elle, l’a plongée dans l’eau de ce sujet (situer cette histoire de double dans l’arrachement de l’exil) comme on jette dans une piscine. Parce que, certainement, la résistance est grande. Et d’autant plus grande que la douleur enfouie est forte ? Elle parle du silence de son père, de l’origine espagnole, de la fuite de la langue du père.

A lire, critique de Télérama, 18-12-10, par Guillemette Odicino : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:vwrjOCgddFAJ:www.telerama.fr/cinema/films/un-balcon-sur-la-mer,418551,critique.php+un+balcon+sur+la+mer+telerama&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr  « Un Balcon sur la mer, le sixième film de Nicole Garcia, est un retour aux sources pour cette cinéaste d'origine oranaise. Et ce qui l'intéresse, dans cette histoire de passé retrouvé, c'est le vertige. Celui que l'on ressent en se penchant d'un balcon sur lequel on aura, trop longtemps, refusé de monter. »

Voir aussi synopsis et vidéo : http://www.telerama.fr/cinema/films/un-balcon-sur-la-mer,418551.php    

Lire aussi les critiques diverses de cette revue de presse : http://www.allocine.fr/film/revuedepresse_gen_cfilm=145167.html

Je sais que certains lui ont reproché de n’avoir montré qu’un attentat de l’OAS (la petite fille qui meurt, et qu’aimait, enfant, le personnage principal, était la fille d’un communiste indépendantiste : un attentat OAS les avait tués, et cette mort avait été cachée au petit garçon amoureux, déjà traumatisé par l’arrachement à son pays de naissance). Ainsi ce film est démonté par un blogueur  (qui pourtant sur son site dénonce aussi des crimes de l’OAS, ailleurs) : voir les liens ci-dessous. Car il ne comprend pas pourquoi  le scénario retient un attentat (fictionnel, ici, mais s’inspirant de faits réels) et pas d’autres, ne faisant aucune allusion au massacre du 5 juillet 1962 à Oran, par exemple, massacre qui a traumatisé toute une ville (et que des Oranais algériens qualifient de génocide dans le documentaire de Jean-Pierre Lledo  «Algérie, histoires à ne pas dire » : voir la bande-annonce du film et des critiques dans les liens de ce blog, albums, et vidéos).  

Je ne ferai pas du tout les mêmes reproches à ce film. Le but n’était pas de réaliser un documentaire équilibré sur les torts des uns et des autres, ou de rentrer dans des débats historiques, ou de traiter du terrorisme (FLN ou OAS). Le sujet était d’abord le thème du double, soutenu par la question de l’exil (dont le traumatisme crée forcément une dualité intérieure, et nourrit donc ce déchirement identitaire de l’individu). Si le scénario avait intégré d’autres problématiques le film aurait dévié et le sujet n’aurait plus été traité : il aurait perdu sa part d’universalité. Et cela aurait été bien dommage. C’est donc, pour moi, un film qu’il faut voir et soutenir. Elle ne parle que d’un attentat OAS ? Mais d’autres n’en parlent jamais : ça équilibre… 

04/12/2010

Trames nomades... EXERGUES. "Vent tissé", seuils et pas...

Comme manifeste personnel... ces citations...
 
EXERGUES...
 ...........................................................
 
La seconde métaphore est la trame.                       
                                                                                 
  Jorge Luis Borges,
  Treize poèmes.
..........................................................
 
Notre vie est du vent tissé.   
 
  Joseph Joubert,
   Pensées.   
.........................................

Cela qui fait de nous l’humanité

Tissage et métissage

Salah STETIE, Le Bleu de la question (ds A poèmes ouverts, Anthologie, choix de JP Siméon, éd. Points)

................................................... 

-- Et cela pourriez-vous le décrire?
Et je répondis :
-- Oui, je le peux.


        Anna Akhmatova
          Requiem
...................
Dans de la colle durcie,
Ce pas. Oh, que d'efforts
Pour repousser pour rebrousser la route
De l'opinion commune!
 
      Marina Tsvétaeva
        Le Poème de l'air
.....................................................
 Je suis seuil et je suis chemin.
 Je suis pierre qui dit l'horizon.
 Je suis l'enclos des pas nomades.
 Je suis paume où se lisent les lignes de l'ailleurs.
  Jacques Lacarrière
    A l'Orée du pays fertile
.........................................................

Ce qu'il faudrait, c'est toujours concéder à son prochain qu'il a une parcelle de vérité et non pas de dire que toute la vérité est à moi,          à mon pays, à ma race, à ma religion.  

  Amadou Hampâté Bâ

..................................................

Trame parmi les incidents / Peut lui être augure

(...)

L'arbre (...) ses trames sans trames d'excitation / Lettres   oiseaux    mendiants   livres

Ted Berrigan

Les sonnets 

..................................................................

Mon pays, / C'est toutes parts où des hommes. / Mon pays? / Toutes parts où des soleils.

Gabriel Audisio, poème

Hommes au soleil, 1923

.........................................................

Seul un esprit socratique d'indulgence envers les autres et de rigueur envers nous-mêmes peut constituer une réelle menace pour une civilisation fondée sur le meurtre.       

Albert Camus                                                                                                                                           Conférence, 1946, Columbia University, USA. NRF, janvier 1996, n° 516.

.......................................

Prends et lis! Prends et lis!

Augustin (de Thagaste, 654-430)

.......................................

Si l'homme nouveau n'invente pas un vocabulaire à la mesure de sa conscience / Que s'écroule l'homme nouveau.

Jean Sénac
Citoyens de beauté 

...........................................................

 - exils : et si l'exil avait été de tout temps là, consubstantiel, prégnant, nourricier, impossible à justifier, lourd de silence, de sang, incontournable, aux mille visages

Harwan, mon prochain

Georges Festa

ArmenianTrends

http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/03/wajdi-mouawad-s...

............................................

 

Lorsqu'il s'agit d'événements passés, il est vain de louer ou de blâmer; il s'agit de comprendre.

Gandhi, cité par Marc Faigre ( en exergue à un texte consacré à Gabriel Audisio dans un volume de Sud, 1978 ).

......................

On se croit libre de vivre sa vie d’être humain et d’écrivain, ne se reconnaissant d’autres obligations que celles que vous dicte votre conscience d’être humain ordinaire, semblable — et singulier pourtant — à des milliards d’autres êtres humains.

Et on se retrouve face à une foultitude d’individus et d’institutions qui ne rêvent que de vous inclure de gré ou de force dans une division du monde en troupeaux ethniques, évidemment hiérarchisés les uns par rapport aux autres.

 

Anouar Benmalek

De la malédiction d’être arabe

et de quelques moyens, pour un écrivain arabe, d’y échapper

.....................................

 

Vivre ailleurs que là a changé pour moi le sens du mot vivre. Vivre ailleurs est devenu synonyme de besogner ma vie, organiser ma vie, structurer ma vie, prévoir ma vie. Là-bas, vivre c'était vivre, c'était se livrer aux mouvements coutumiers de l'humanité sans en souffrir ; s'en plaindre ou s'en réjouir, mais les acceptant tels qu'ils sont. Depuis que je ne vis plus en Algérie, il n'y a pour moi que labeur, vacances, luttes. Il n'y a plus d'instants où, sans restriction, je suis en parfaite harmonie avec le monde.

Marie Cardinal

Au pays de mes racines

........................................

Nous marchons tous désespérément dans un tunnel, vers la lumière...

Jean Brune

Cette haine qui ressemble à l'amour

.......................................

Dans cette eau mouvante et trouble, il faut retirer la vermine politique. Dépolitiser, cela veut dire décrasser. Au début, j’étais perdu dans mon chagrin, maintenant mon chagrin m’a donné une leçon d’ordre moral. (p.29)

Parlant des Pieds-Noirs, les métropolitains se trompaient de portes, de noms, de dates, de lois et, disons-le, d’Histoire de France. (p.43)

Qu’avons-nous appris ? A vivre sans sombrer dans la haine. (p.49)

 

Nous Pieds-Noirs, nous avons toujours le sentiment d’être pris en otage mais une âme commune nous rassemble comme un manteau de lumière. (p.49)

Pour chaque être, dans la distance, se réconcilier avec ce qui l’a fait souffrir à un moment de sa vie est la vraie porte de la Connaissance, la seule voie pareille à un acte de vertu juste et bon. (p53)

René-Jean Clot

Une Patrie de Sel

....................................

Au départ, comme en toute vie, mes premiers enseignements me vinrent du paysage natal. Car les paysages sont comme les livres : ils nous ouvrent à la vie mais leur sens change selon l’âge et les circonstances. (…) Et, matrice de notre mémoire, ils nous constituent à jamais. / C’est en eux que s’élaborent, jour après jour, notre sensibilité et notre métaphysique du monde.

(…) J’ai ainsi découvert (…) qu’on a besoin de celui qui est d’une autre langue et d’une autre foi pour découvrir l’autre côté de la réalité, l’autre nom des choses – pour en savoir davantage sur notre condition d’hommes et pour mettre à jour cet arrière-pays de nous-mêmes qu’on ne peut déchiffrer que par ce détour. C’est la différence qui nous enseigne et nous agrandit, non la simple similitude.

(...) Je pressentais qu’un jour prochain, par commodité simplificatrice, et parce que c’est l’habitude des métropoles, ma communauté, les Pieds-Noirs, ainsi que celle des Harkis, seraient rendues responsables de tout et chargées de tous les péchés d’Algérie. Alors que la colonisation était un fait global et politique qui relevait essentiellement de la France.

 

Jean Pélégri

 Ma mère, l’Algérie

 ............................................ 

 

Stigmatiser c'est blâmer publiquement, dénoncer, condamner avec force. Stigmatiser c'est également , aujourd'hui plus qu'hier , montrer du doigt , désigner tel ou tel comme coupable en faisant des amalgames qui ne reposent sur aucun fondement vérifiable et quantifiable

La stigmatisation qui est une forme manifeste de discrimination doit être combattue aussi énergiquement que le racisme et le "négationnisme". 

Apartheid  social et  stigmatisation. Texte signé Artémis (pseudo), juriste (emotions.20minutes-blogs.fr).

(Aux divers groupes stigmatisés qu’elle nomme il faudrait ajouter les Pieds-Noirs, victimes aussi des amalgames et projections, d’une part, et d’un effacement dans la mémoire collective de certains de leurs plus grands drames, d’autre part : 26 mars 62, 5 juillet 62).

........................................

Un honnête homme, un homme de coeur, ne saurait se taire ni se boucher les oreilles. Toute la question est de savoir pourquoi se battent les patriotes, ce qu'ils veulent , ce qu'on leur refuse, ce qui fait que tombent journellement, par dizaines, des Français innocents, des Arabes innocents, des hommes qui n'ont aucune raison de se haïr ou de s'entre-tuer mais qui se haïssent et s'entre-tuent. Toute la question est de savoir...

Mouloud Feraoun

Journal 1955-1962

.....................................................

Jamais l'Obscur en soi ne fut si parfait / car toutes les haines emmêlées / à la liasse des remords / ont saccagé les derniers relents de la lumière

Umar Timol

(Source : africultures.com / Rubrique POESIE)

...........................................

Il est urgent de réveiller le nomade que chacun porte en soi.

Ultima Thulé

Jean Malaurie

.............................................

On n'est pas originaire d'un lieu mais de plusieurs.

Eric Faye, Somnambule dans Istanbul

(cité par Florence Bouchy, Le Monde du 29-11-2013)

............................................................................................

« Le premier réflexe de toute communauté est de rejeter celui qui vient lui dire des choses qui la dérangent dans ses certitudes ou dans son sommeil.»

Boualem Sansal. Entretien avec Arezki Metref (le Soir d’Algérie), lematin.dz : http://www.lematindz.net/news/7072-boualem-sansal-lhistoire-de-lalgerie-a-toujours-ete-ecrite-par-les-autres.html

..........................................................................................................................................................

Frères se reconnaissent les rêveurs et les passionnés, tous ceux qui, assis parmi les dunes ou adossés à une falaise, scrutent l'insondable mou­vance d'une commune mer intérieure. (…) Salut aux passeurs, aux errants, aux exilés. Jean-Claude Xuereb, Ulysse ou l’ultime épreuve http://xuereb-poesie.pagesperso-orange.fr/ulyssetexte.htm

................................................................................................

Ils construisent des murs et ils détruisent le vent. Jean-Marie Kerwich, poète gitan, cité par Alexandre Romanès, poète et directeur de cirque. (Nomades nous resterons : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/26/nomades-nous-resterons-par-alexandre-romanes_1485448_3232.html )                                    

................................................................................................................................................... 

Note du 04-12-2013. 

Dernière mise à jour, le 03-12-2013 

...........................................................................................