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28/02/2020

SYRIE, SOS. Refuser l'abandon criminel.

 

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ANALYSES et QUESTIONS... 
 
Syrie... Un constat : L'abandon des Kurdes et des Syriens par les  Occidentaux.
Les habitants de la Ghouta comme les Kurdes de Syrie sont abandonnés à leur sort par les grandes puissances.
D’un côté Assad reprend la Ghouta, aidé par la Russie.Bombes, évacuation, danger. De l’autre les Kurdes sont sous la menace turque. La population civile d’Idlib est sacrifiée. 
Indifférence et silence des pays occidentaux qui avaient été aidés par les Kurdes dans la lutte contre les djihadistes terroristes.
Certes la situation n’est pas simple. Affronter militairement Assad ou Erdogan ne peut être envisagé. Mais poser autrement ses exigences pourrait être fait, diplomatiquement, en trouvant des moyens de pression, en cherchant des alliés, en utilisant ce que les institutions européennes et internationales devraient rendre possible, sauf constat d’échec radical.
Lire l’éditorial de Politis, vision pessimiste mais objective.
 
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Assad et Poutine veulent reprendre le pouvoir sur tout le territoire syrien. Et près d’un million de réfugiés fuient vers la frontière turque, foule qu’Erdogan veut renvoyer vers l’Europe…  Note d’un site de la presse canadienne… 
 
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Le Point, 23-01-20
 
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Le médecin Raphaël Pitti, très engagé dans le secours aux civils, lui qui a formé des médecins aux interventions en terrain de guerre et sait la catastrophe locale, a fait appel au gouvernement pour qu’au moins des tentatives diplomatiques soient posées, que des mots soient dits, et des actes décidés. Rien, là comme ailleurs. Ou trop peu. D’où le désespoir de celui qui sait ce qu’il en est de la réalité sur place. Et déplore l’absence de réponse du président français… À voir sur issues.fr
 
Ce que disait Raphaël Pitti en août est toujours valable et rejoint la critique du leader kurde prisonnier : "Idlib ne doit pas être le cimetière de nos valeurs"
Le Point, 22-08-19
 
Des réfugiés syriens, défenseurs des droits humains (et qui ont été eux-mêmes prisonniers) traquent les bourreaux du pourvoir syrien qui peuvent se cacher en Europe, notamment en Allemagne. Ainsi Anwar Al-Bunni (auquel le JDD du 1er mars consacre un grand article sur deux pages, mais non lisible en ligne). Infos sur le site des diasporas…  Article sur diaspora.en.ligne
 
Mais la propagande d’Assad et Poutine utilise même des rumeurs complotistes pour empêcher certaines révélations (comme celles sur les attaques chimiques)...
Info sur ConspiracyWatch… 
 
Les déclarations du président Emmanuel Macron s’adressant à Poutine et Erdogan restent décevantes, même s’il a exprimé sa ’très forte préoccupation'… Article de 20 minutes... 
 
Et même si l’UE a  condamné l’offensive d’Assad (lien ci-dessous), elle cède au chantage d’Erdogan au sujet des réfugiés (que la Turquie laisse passer, au 1er mars)…Le Point, Février 2020...  https://cutt.ly/0twDQGo
 
Jusqu’où ira Erdogan ? se demande Michel Taube dans Opinion internationale (209-02-20)… Analyse solide, pour situer les enjeux… Mais où commence et finit la solidarité avec des gens en grand danger ? 
 
Dans Slate, en décembre 2019, l’analyse pointait la stratégie de Poutine : écrasement et terreur (bombardement de la population civle, hôpitaux ciblés (pour des raisons stratégiques paradoxales). Confusion entre "terroristes" et rebelles démocrates… Analyse toujours valable en mars 2020… 
 
"Le pire du pire à Idlib" (titre papier, JDD du 23-02-20), "En Syrie l’enfer des civils pris entre deux feux" (titre web)… Le dr Hassan El Abdullah, directeur de l’ONG "SOS Syrie" explique que 100000  personnes dorment dehors dans le froid et la neige, que des enfants en meurent. L’article ajoute que "Dans les faits, l’armée syrienne et l’aviation russe bombardent tout et tout le monde, hôpitaux, écoles, infrastructures, habitations… Civils et rebelles. Alors que les habitants de la région ont résisté et subi la domination locale des groupes djihadistes." Tue Jakobsen, directeur de Care en Turquie, parle "d’escalade dans la brutalité" : "On a atteint le pire du pire. C’est l’apocalypse".
 
Dans sa chronique du 28 février dans Le Monde, Alain Frachon, parlant de quatre dirigeants (Trump, Poutine, Xi Jinping, Modi) dit que, "avec eux, l’État de droit régresse", ils "ne croient qu’aux rapports de force" et "le politique l’emporte sur le droit". C’est bien le comportement de Poutine en Syrie, tel que décrit ci-dessus, article du JDD.
 
Pour mémoire, une autre résistance, celle qui sauve les livres. Une bibliothèque sous les bombes… Note de 2019 sur ActuaLitté...
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SOURCES D'INFORMATION... 
 
FIL d’ACTU SYRIE, Le Monde...https://www.lemonde.fr/syrie/
 
Fil d’ACTU SYRIE, 20 minutes
 
TÉMOIGNAGES D'IDLIB. La page Facebook d’Hanen ALsayd, jeune journaliste indépendante d’idlib… 
 
INFOS jour après jour, et TÉMOIGNAGES de Syrie
SYRIE.NEWS… SITE et PAGE Facebook.
Le mur Facebook public, de Julien Fares est la source de certains témoignages.
Sur sa page, en introduction, ceci :
'Notre mot.. notre stylo..notre caméra sont plus forts que leurs armes.'
 
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LIVRES, FILM, TRIBUNE, et POÈMES... 
 
Un LIVRE de Michel Seurat qui reste actuel… "Syrie, L’État de barbarie",..
 
Un LIVRE qui cherche les racines de la situation syrienne…  "Histoire de la Syrie", par Xavier Baron… 
 
Très important, le LIVRE de Raphaël Pitti, son engagement de médecin urgentiste en Syrie… "Va où l’humanité te porte"...
 
DOCUMENTAIRE syro-danois. The Cave, de Firas Fayyad, 2019. On y voit la pédiatre syrienne Amani Ballour exerçant en sous-sol dans un hôpital qui a été bombardé souvent.
Page FranceInfo/Culture
 
TRIBUNE de Raphaël Pitti et de ses collègues, Ziad Alissa et Anas Chaker, de l’UOSSM France, médecins de guerre. 2018. Sur le déni d’humanité de la communauté internationale, colère contre l'immobilisme…  FranceTVinfo... https://cutt.ly/9tw6vcU
 
LIVRE. "Syrie. Anatomie d’une guerre civile". ("La première étude sur la guerre civile syrienne faite à partir d’entretiens réalisés en Syrie même et dans les pays voisins.") Enquête sur le terrain, collectif, CNRS éds. 2016. https://cutt.ly/Rtw6TCb
 
POÈMES pour la Syrie, de Valentina Meloni (pour dire ce qui est difficile à dire), revue en ligne, The dreaming machine. "Don’t Tell Me About All Your Ghost Children". Traduction, de l'italien à l'anglais, par Pina Piccolo...https://cutt.ly/Ktw6EhR
 
POÈME de Hero Kurde, jeune poète kurde. Texte dédié à son mari, grièvement blessé. "Puisque tu existes", La Règle du jeu, 2020. Traduit du kurde par Ahmed Mala… https://cutt.ly/ttw64dv
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PÉTITION...
Que pouvons-nous faire ? Sortir de l’impuissance et prolonger le cri de Raphaël Pitti…  Pétition...
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NOTE précédente, Syrie, 14-02-20IDLIB, tragédie syrienne et catastrophe internationale... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2020/02/14/id...
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MISE à JOUR, 5 mars
 
Article d’El Pa1s, Espagne, 29-02-20. "Refugiados : Están disparando botes de humo a los ñiños, a los ñiños !"... https://cutt.ly/SteqXRe
 
La Turquie force l’Europe à ne plus fermer les yeux face aux réfugiés. Courrier international… https://cutt.ly/AtrYT2P
Migrants venus de Turquie… et d’ailleurs : le cruel dilemme
de l’Europe. L’édito de Michel Taube,Opinion Internationale...
https://cutt.ly/vtrYOeC
"La guerre en Syrie toujours et encore", chronique d’Alain Frachon, Le Monde du 5, daté 6 mars (titre papier)…
Ce n’est pas fini car les intérêts géopolitiques des uns et des autres s’opposent, et s’opposent aux intérêts du peuple qui ne veut plus de la dictature d'Assad. Interviennent l’Iran, la Turquie, et la Russie (qui soutient Assad pour ses propres projets).
"Les responsables de cet exode de proportion biblique, que l’ONU qualifie de plus grand drame humanitaire du moment, sont Bachar Al-Assad et Vladimir Poutine."
 
"Urgence humanitaire en Syrie", émission télé. Sur France 5, C à vous, le 5 mars, avec Amani Ballour, pédiatre syrienne, et Raphaël Pitti, médecin humanitaire, qui dit être scandalisé par l’abandon d’un peuple martyrisé… (Il rencontre un commissaire européen le 6 mars).
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MISE à JOUR, 6 mars...
"Erdogan mène un projet panislamiste et néo-ottoman qu’il faut combattre
de toute urgence
". Tribune du philosophe Mezri Haddad, FigaroVox
https://cutt.ly/kttG8mp
"Europe. Où est passée l’humanité ?". Médecins du monde
https://cutt.ly/LttHggA
Lettre ouverte au Président (par 30 ONG, 
dont Médecins du monde)… "Situation à la frontière
entre la Grèce et la Turquie"…
https://cutt.ly/uttHOyn
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MISE à JOUR, 8 mars...
 
Médecin sur le front syrien, Raphaël Pitti
Version courte (2018)
Médecin au front,
version longue (2020)
http://www.leparisien.fr/international/syrie-raphael-pitt...

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Voir aussi la liste de liens "Syrie", marge gauche du blog
(descendre). Et la vignette-note sur Raphaël Pitti
(marge droite, en haut)... 

14/02/2020

IDLIB, tragédie syrienne et catastrophe internationale...

syrie,idlib,kurdes,assad,ei,russie,poutine,erdogan,turquie,europe,États-unis,violence,guerre,terreur,les portes du néant,la mort est une corvée,la femme,la vie,la liberté,bibliographies"Toute la douleur et la détresse du monde était là à cet instant, nous sommes brisés d’impuissance. (…) O peuple du Levant, d'Irak, de la Mésopotamie, des Deux Lieux Saints, du Nil, de l'Anatolie et de ceux qui vivent sur les mers de pétrole noir qui a la noirceur de leurs cœurs, et tous les humains sur terre. 
Vous avez tous participé à son meurtre."
Housam Adnan, médecin, Afrin Syrie
(Parlant de la petite Imane Leyla que son père a tenté de sauver mais qui est morte de froid. Témoignage diffusé sur Facebook, posts publics destinés à être partagés pour informer).
 
 
La page 2 du Monde de jeudi, daté vendredi 14-02, contient deux articles. L'un présente les faits : "Erdogan menace de frapper la Syrie". L’autre concerne précisément Idlib, cette "plaie béante du Nord-Ouest syrien" (lien en bas de note). 
Le premier texte montre la complexité et les paradoxes d'une réalité qui fait que la population est prise en otage, dans une situation humanitaire catastrophique, et dans le désespoir - en constatant l'indifférence du monde, en tout cas l'inaction. Déplacements des civils (familles, enfants) pour fuir les bombardements. Hôpitaux et cliniques qui ne fonctionnent plus (comme dit dans l'article ci-dessous). 
syrie,idlib,kurdes,assad,ei,russie,poutine,erdogan,turquie,europe,États-unis,violence,guerre,terreur,les portes du néant,la mort est une corvée,la femme,la vie,la liberté,bibliographiesEnfants qui meurent (bombes, maladies, froid). Dans le dernier post public de Julien Fares sur Facebook, aujourd'hui, la photo d'une fillette qui est morte de froid, et le texte du médecin qui annonce sa mort, avec désespoir et rage (la traduction google fait comprendre l'essentiel) : fragment cité ci-dessus en exergue de la note. Il s’agit de la petite Imane Leyla, morte peu après son arrivée à l’hôpital d’Afrin.
Les faits qui causent cela ? Des pouvoirs qui s'opposent sur ce terrain. Erdogan voulant abattre le régime d'Assad (pas par goût de la démocratie, certes, ou refus de la dictature du sanguinaire Assad, mais pour défendre les positions de la Turquie dans la région d'Idlib et éliminer la présence kurde). Poutine soutenant Assad et reprochant à Erdogan ("favorable à la rébellion", rappelle l'article) de "ne rien faire pour neutraliser les terroristes" (les "terroristes" étant autant les vrais djihadistes qu'effectivement Erdogan ne semble pas vouloir vraiment combattre, que des civils démocrates combattant la dictature que Poutine soutient, lui). Les Iraniens et les Russes aident l'armée d'Assad à pousser les populations syriennes de la région vers la frontière turque fermée par un mur.

syrie,idlib,kurdes,assad,ei,russie,poutine,erdogan,turquie,europe,États-unis,violence,guerre,terreur,les portes du néant,la mort est une corvée,la femme,la vie,la liberté,bibliographiesEn dernière page du Monde, même numéro, deux autres articles importants.
. L'éditorial, "Empêcher un bain de sang à Idlib", fait le point sur la tragédie actuelle, en rappelant le terrible bilan et les coupables erreurs stratégiques de l'Europe et des États-Unis... (Lien en commentaire).
. L'autre article est la tribune d'Alain Frachon, "En Syrie avec la dame de Rakka". Il témoigne du courage de Leïla Mustapha, maire de Rakka, qui a connu d'abord, en tant que Syrienne kurde, "l'ostracisme de Damas à l'égard des Kurdes", "la dictature du clan Assad", la guerre, et "la tyrannie sanguinaire de l'Ei". Comme l'ensemble des Kurdes elle craint "l'épuration ethnique" et " l'exode massif". Les Kurdes qui ont lutté victorieusement contre l'Ei ont été abandonnés, autant par les Russes que par l'Europe et les USA. Leïla Mustapha tente de reconstruire sa ville (vers une Syrie future) en pratiquant, dans l'esprit des Kurdes, "démocratie municipale, réconciliation arabo-kurde, égalité femmes-hommes". Elle a publié un livre, "La femme, la vie, la liberté" (Stock), avec une journaliste, Marine de Tilly (lien en commentaire). 
... Pour refuser l'indifférence, même si nous sommes assez impuissants, au moins informons-nous auprès de ceux qui connaissent le terrain et relaient faits et analyses.
Ainsi Julien Fares et Firas Kontar, dont les posts publics sont lisibles sur Facebook.
Ainsi Raphaël Pitti, médecin français engagé auprès des médecins syriens, qui n'a cessé de lancer des alertes.
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LIENS… 
 
L’ACTUALITÉ. Sur Le Point, dépêches et articles…
 
"Dans la région d’idlib, on approche du point de rupture", Le Monde, 13-02-20… 
 
Le médecin urgentiste humanitaire Raphaël Pitti, engagé en Syrie auprès des médecins et de la population, ne cesse de dire ce qui se passe… France Inter, 26-12-19… (En marge droite de ce blog, en haut, vignette permanente, liste Humanité : cliquer sur l'image, note intérieure sur lui).
 
"Tout le monde sait que la Russie et Assad tuent les Syriens mais personne ne bouge"... Note sur Political.fr...
 
Post de Firas Kontar introduisant une vidéo de Raphaël Glucksmann réagissant aux termes d'un député européen du RN parlant "d'exterminer les rebelles syriens" (!!!).(Le RN, on le sait, est un soutien inconditionnel de Poutine et de ses actions en Syrie). Le post : "Merci cher Raphaël Glucksmann rare personnalité politique à ne pas oublier la Syrie et les Syriens. Oui le fascisme n'a rien à faire au Parlement européen, mais les sbires de Poutine se sentent pousser des ailes face au recul des forces démocratiques."
 
L'éditorial du Monde du 14-02-20, "Syrie. Empêcher un bain de sang à Idlib".... Le pire, dit le journal, serait "la poursuite de l'offensive", qui entraînerait plusieurs catastrophes. La tragédie syrienne, rappelle l'éditorial, "a déjà causé la mort de 500 000 personnes et forcé à fuir des millions d'autres". C'est un échec international, et notamment un échec de l'Europe et des États-Unis, " faute d'une stratégie cohérente et conséquente à l'égard de la rébellion anti-Assad".
 
LIVRETémoignage."La femme, la vie, la liberté". De Leïla Mustapha et Marine de Tilly, Stock, 29-01-20... Témoignage.
 
LIVRE. Roman sur la réalité syrienne... "La mort est une corvée", de Khaled Khalifa, Actes Sud, 2018. Page Babelio.... 
 
LIVRE. "Les portes du néant", de Samar Yazbek, Stock, 2016…
 
BIBLIOGRAPHIES...
 
DIX LIVRES. Babelio. Note de 2016, mais références à garder…
 
Livres sur la Syrie, L’Orient littéraire, 2011. Mais sur les structures du régime, donc choix valables encore…
 
262 LIVRES sur la SYRIE, BABELIO… 
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Voir aussi la liste de liens "Syrie", marge gauche du blog
(descendre). Et la vignette-note sur Raphaël Pitti
(marge droite, en haut)... 

16/12/2016

ALEP. « Ils voulaient juste être libres »….

alep,syrie,liberté,démocratie,dictature,terreur,humanisme,guerre,violence,massacres,solidarité,farouk mardam-bey,orient xxi,amnesty,human rights watch,reporters sans frontières,casques blancs,syria charity,courrier international,france inter,médecins du monde,médecins sans frontières« Ils voulaient juste être libres ». La page de France Inter fait un nécessaire rappel historique, et résume l’enjeu humain, politique et éthique, d’un échec international : une solidarité minimale rendue impossible par les stratégies de pouvoirs dictatoriaux (Assad, Poutine et son veto répété à l’ONU, dictateurs auxquels ajouter l’alliance de l’Iran et du Hezbollah). Stratégies appuyées par une intensive action de propagande sur des sites qui se présentent comme des alternatives à la presse « traditionnelle », « officielle », « principale », ou « mainstream » (ils adorent ce terme. Sites complotistes. Sites russes en langues (RT, Sputnik, etc.), animés, comme des pages et des commentaires sur les réseaux sociaux, par une armée d’intervenants payés pour ça. Ce qui est effrayant c’est de voir des gens relayer cela sans prendre le temps de confronter ces affirmations à des sources autres, et de consulter les rubriques pour voir qui est soutenu par ces sites (les extrêmes droites, fréquemment, les négationnistes, à l’occasion). Dans le cas de la Syrie, on voit des internautes préférer croire la parole des manipulateurs et ne pas écouter celle des premiers intéressés, les Syriens démocrates, ou d’intervenants impliqués dans l’aide et les secours (ONG qui font leurs constats sur place - y compris au péril de leur vie - et ont leurs réseaux de contacts pour recevoir des informations : Médecins du monde, Médecins sans frontières, Amnesty, RSF, Syria Charity, Casques blancs…)… https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopoli... 

Même analyse, « La mort de l’humanisme », Courrier international (source Al-Hayat, La Vie, Londres, journal des intellectuels arabes libéraux) : http://www.courrierinternational.com/article/syrie-alep-l... 

« Je pense à la Syrie et je me mets à pleurer ». Entretien (passionnant) avec l’historien syrien Farouk Mardam-Bey, décembre 2014, Orient XXI. propos recueillis par Sylvain Cypel. On comprend autrement… Voir sa conclusion, notamment, sur ce qui limite la solidarité internationale… http://orientxxi.info/magazine/je-pense-a-la-syrie-et-je-... 

Même site, Orient XXI (France) mais éditorial du 10 décembre 2016. "Requiem pour la Syrie" (analyse géopolitique)… http://orientxxi.info/magazine/requiem-pour-la-syrie,1621

« Ma déshumanisation », chronique de Rania Raad Tawk, L’Orient Le Jour, Beyrouth. Sur Alep, la télévision, notre regard, l’impuissance… http://www.lorientlejour.com/article/1024514/ma-deshumani... 

Lettre du Liban, Courrier international, source L'Orient-Le-Jour, Beyrouth, "Pourquoi François Fillon a tout faux sur la Syrie"... http://www.courrierinternational.com/article/lettre-ouver...

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MISE à JOUR 16-12-16, Libération du 16-12-16,  … « Notre barbare », éditorial de Laurent Joffrin, qui rappelle le cynisme qui fut celui des USA soutenant les dictateurs d’Amérique du Sud en pensant que cela servirait le combat contre le communisme de l’URSS (« «Ce sont des barbares mais ce sont les nôtres.»). Et il insiste sur le fait que le même argument est utilisé avec Assad (protection du régime dictatorial censée aider la lutte contre le terrorisme, alors que le pouvoir syrien s’est servi des terroristes et du terrorisme contre les opposants).  « On parle à Poutine. Mais c’est parler à un sourd volontaire, qui poursuit implacablement son entreprise de retour sur le théâtre moyen-oriental pour flatter le nationalisme grand-russe dont il se nourrit. Telle est la réalité des faits, dégagée des artifices de la désinformation dont nous faisons ici justice. Soutenir Al-Assad, ce n’est pas lutter contre le terrorisme. C’est conforter un tyran qui se sert du terrorisme comme repoussoir pour se maintenir au pouvoir. Alors que seule une solution politique sans Al-Assad aurait permis de trouver une issue acceptable à cette guerre qui finit par déshonorer la conscience internationale. »... http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/notre-barbare... 

Dans le même numéro de Libération un dossier ("Faux et usage de faux") décrypte les désinformations diverses qui circulent (principalement celles de ceux qui ont le plus de pouvoir pour les diffuser, Syrie et Russie : sites russes en langues, vidéos trompeuses etc.). Sur les opposants, sur la « lutte » contre l’EI (pas à Alep), sur l’apparente liesse des civils à la « libération » d’Alep, sur la soi-disant protection des chrétiens syriens (quand la représentante de « Syriens chrétiens pour la paix », Samira Moubayed, explique le contraire)… Informations grâce aux échanges avec d'anciens contacts vivant à Alep, aux sources fondées sur le travail d'agences de presse internationales (qui ont des correspondants locaux), et aux enquêtes sur le terrain d'organismes spécialisés comme "L'Institute for the Study of War" et le think tank "Atlantic council". http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/alep-faux-et-... 

Sur la propagande russe en France, Libération, 16-12-16, « Russia Today et Sputnik, les voix de Moscou ». Citations : « Ces outils de «soft power» peu subtils relaient la propagande russe en France via Facebook ou YouTube. Et bientôt à la télé.  /  D’un côté, RT France (pour Russia Today France) : 245 000 abonnés sur Facebook, 83 000 sur Periscope et 25 millions de vidéos vues sur YouTube. De l’autre, Sputnik : 262 000 suiveurs sur Facebook pour la version hexagonale et 33 000 sur Twitter. Les deux médias, directement liés à l’Etat russe, sont les relais les plus puissants de la guerre de l’information déclenchée par Moscou. Elle est telle que, fin novembre, le Parlement européen a adopté une résolution s’alarmant de la campagne d’intoxication orchestrée par le Kremlin. Proches des partisans français de Vladimir Poutine, dont le Front national qu’ils suivent d’un œil très favorable, RT France et Sputnik ne produisent que des articles allant dans le sens de la ligne politique et diplomatique édictée par la Russie. »… http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/russia-today-... 

Même constat, Le Figaro, "Comment Vladimir Poutine pousse ses pions sur le vieux continent et en France", 15-12-16… http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/15/01003-201... 

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Le site général d’Amnesty international (amnesty.org/fr, en français) comporte des dossiers par pays… (En haut, voir « pays », puis ensuite, au-dessous de la photo la liste alphabétique permet de rechercher le pays sur lequel on cherche une info…

Page SYRIE, sur le site d'Amnestyhttps://www.amnesty.org/fr/countries/middle-east-and-nort... 

DOSSIER Amnesty sur ALEP… https://www.amnesty.fr/dossiers/situation-a-alep?utm_medi...

Et sur Reporters sans frontièreshttps://rsf.org/fr/syrie

AIDER… Toutes les associations peuvent recevoir des dons (même peu, multiplié par le nombre de donateurs… c’est efficace). On peut adhérer à certaines… 

08/11/2016

« O-Dieux ». Semblables et séparés, se penser avec le théâtre de Kheireddine Lardjam…

O-DIEUX.jpg« Je veux montrer la complexité du conflit israélo-palestien. J’ai eu l’idée de monter cette pièce à force de discuter avec des jeunes et de constater à quel point ils ne comprennent rien à ce conflit mais le mettent à toutes les sauces. Des enfants ici naissent avec l’intifada dans le sang. »  

Kheireddine Lardjam, metteur en scène, Compagnie El Ajouad. Sur ses choix de mise en scène, pour "O-Dieux", pièce de Stefano Massini...

 

Fiche... http://www.vitry94.fr/actualites/fiche/o-dieu-hors-les-mu...

SITE de la Compagnie El Ajouad... http://www.elajouad.com 

Refus du manichéisme. Une actrice, Marie-Cécile Ouakil, joue les trois rôles (admirable performance...) : une Israélienne pacifiste qui est bouleversée par un attentat, et déchirée entre des émotions et pensées contraires, une Palestinienne future kamikaze, qui est décidée à se sacrifier, mais est elle aussi traversée par des errements intérieurs, et une Américaine qui intervient avec des militaires israéliens, qui voit les deux peuples avec un certain recul un peu cynique. On voit la proximité possible des êtres et le contexte invivable par les tensions et la peur. La mort omniprésente, et finale, absurdement. Le choix de l'actrice seule en scène fait percevoir autrement l'humanité commune. Et l'installation mobile (mise en scène dépouillée) permet de figurer autant les barrages, la symbolique de l'emprisonnement dans les identités et la peur, le quotidien, les lieux des attentats, les autres suggérés et la solitude de chacun dans son destin. Juste la voix, le jeu des gestes pour représenter chaque personnage, à la fois assez différent pour qu’on comprenne et pas trop pour qu’on saisisse la force d’un questionnement qui dépasse le récit factuel mais devient question sur l’essence humaine. Qui sommes-nous? Ceux qu’une identité nationale définit? Une religion? Ou des êtres au-delà de cela qui se sont fait piéger dans des situations qui les emprisonnent dans des cadres identitaires en fait interchangeables?

A peine le bruit des sirènes (police, ambulances, secours, armée) un instant, après celui d'une musique de boîte (où des jeunes tentent de vivre une normalité apparente). Mourir, tuer, deux faces des destins... Pas de parti pris. Le conflit est vu en hauteur : pas de volonté de traduction politique (ou pire, partisane). Mais, comme l’a dit dit le metteur en scène, c’est un regard méditerranéen (donc en empathie avec ceux qui sont pris dans ce long conflit, empathie par commune matrice culturelle, celle de cette mer Méditerranée), celui de l'auteur italien et du créateur algérien, Kheireddine Lardjam, fidèle à son message d'humanisme, de fraternité. On ne nous donne pas à haïr, mais à comprendre.

Nous sommes en face de nos doubles contradictoires, enfermés dans la peur qui sépare, et pourtant si semblables. Même si le « feu » final vient d’une riposte israélienne pour éviter un attentat programmé, on ne doit pas comprendre cela comme une invitation à porter la culpabilité sur Israël seul, je pense. Le croire serait trahir le message d’humanisme. Deux des personnages meurent quand le troisième est un des soldats qui tirent, l’Américaine venue en renfort (et pour la protection de son ambassade, dit-elle à un moment). Un voile posé sur la tête pour éviter la pluie crée une confusion entre la terroriste  palestinienne (kamikaze), décrite par les renseignements, et la jeune femme israélienne. Car les identités sont brouillées, en réalité. Et donc les rôles dont on se vêt. « Feu ». Et c’est la nuit totale, d’un coup, celle de la mort qui hante toute la pièce. Mort choisie pour l’une, mais qui rate sa fin, puisqu’elle est abattue. Mort par le hasard du « mauvais endroit au mauvais moment », pour l’autre, absurdement car ce n’est pas ce dont elle a peur qui la tue, mais une peur plus large, un climat qui fait de n’importe quel autre un ennemi possible. 

Cela parle d’un conflit, mais dans la réalité du monde actuel cela parle de bien des lieux et de beaucoup de sociétés, dont la nôtre. En fait la peur est porteuse de mort. Mais comment lui échapper quand on est devant des menaces? En refusant de s’y perdre…

Volonté de ne pas accepter l’instrumentalisation du conflit israélo-palstinien, ici notamment, piège rendu possible par l’ignorance et qui produit de la haine. Contrairement à l’analyse que j’ai lue dans un article de L’Humanité qui disait que la jeune femme israélienne s’enfonce dans la haine, après le traumatisme d’un attentat, alors qu’elle était une pacifiste engagée, j’ai vu plutôt quelqu’un qui était de plus en plus habitée par la peur, la peur produisant la méfiance, la séparation. Cela peut ressembler à la haine, mais la haine c’est plus violent, viscéral, alors qu’elle continue à s’interroger, déchirée. De même la jeune palestinienne est obsédée par ce qu’elle pense sa mission, être une kamikaze quand elle aura franchi les étapes initiatiques à l’intérieur d’un cheminement de mort, mais elle aussi on la sent déchirée, même hésitante à un moment. Et elles ont les mêmes mots pour se demander si l’autre peuple envahit leur espace, cherchant (d’une certaine manière) ce qu’elles sont. Et on sent la question de l’absurdité des guerres des humains, quand d’autres solutions pourraient tout changer. Absurdité des conflits qui font se heurter des semblables, si proches, mais qui ne le savent plus, et donc si lointains. Tellement semblables que la mort leur prêtera la même identité… L’Américaine, elle, est étrangère aux deux réalités, et cela accentue la proximité, paradoxale en apparence, des deux autres.

………………………

Voir la page du théâtre de l’Aquarium sur O-Dieux, avec des précisions sur le contenu du texte de Stefano Massini.  ... http://www.theatredelaquarium.net/O-DIEU 

Texte posé lors des représentations programmées là, associées à celle d’une autre pièce, Page en construction.

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Page en construction, justement…  Le texte est de Fabrice Melquiot, qui a pris comme sujet la personne même du metteur en scène, qui doit donc jouer son rôle, en maniant humour et émotion, recul et regard intérieur, pudeur et mise à nu. Page en construction (éd. L’Arche, 2015) est une oeuvre passionnante, qui traite de la mémoire personnelle et historique, de l’identité héritée, complexe, et de celle qui se construit, que nous construisons nous-mêmes. Comment on tente à la fois de se défaire des normes imposées, de la subjectivité qui peut trahir le réel, mais en même temps comment on maintient ses repères culturels car ils nous font tenir debout, et comment on respecte sa subjectivité libre, car elle est l’axe de notre individualité. La création a été le résultat d’un dialogue fécond, d’un regard de l’auteur sur son « personnage » qui n’en est pas un. Comme si l’auteur entrait dans les pensées secrètes du metteur en scène comédien, le révélant à lui-même, et éclairant plus que lui. Car les thèmes traités, les questions posées, sont des sujets qui nous concernent tous, et particulièrement dans cette période d’interrogations sur nos appartenances, de risques de fractures entre des pans entiers de la population. Les traces de la guerre d’Algérie (blessures et liens, mémoire familiale), la religion (entre spiritualité et culture) et les projections causées par l’ignorance. La double identité, le métissage, la transmission : ce que l’on a reçu des générations précédentes, et surtout, du père et de la mère, proches ou pas, présents ou pas, et ce qu’on va faire passer de soi à l’enfant. Appartenance à deux rives et imprégnation double des codes parfois contradictoires. Difficultés, et immense richesse. Agacements (quand on croise la bêtise ou l’agressivité). Partage et fraternité. La page qui  se construit c’est à la fois la personne et le pays qui s’invente (en tout cas dont on espère qu’il sache le faire). Espoir possible, inquiétudes. On ne cesse de naître, en fait, car l’identité n’est  pas figée, elle est un processus. Et cela concerne l’aspect psychologique et culturel, mais aussi le corps, qui est une carte à déchiffrer. Pièce d’une forte actualité : comment nous situons-nous? Nous acceptons-nous multiples et nomades, ou nous figeons-nous dans des peurs? Quel rapport entre les rives algériennes et françaises? Et quelles perspectives pour ces pays où nous vivons, ces « ici » mobiles? 

Il faut espérer que cette pièce puisse être découverte par ceux qui ne l’ont pas encore vue. Car elle nous concerne tous. Ce « je » n’est pas un étranger : il nous tend un miroir…

…...

Ces deux pièces qui font partie de la programmation 2016-2017 (voir sur le site de la compagnie) ont en commun des interrogations qui sont en fait celles, fondamentales, d’une possible bascule de conscience de l’humanité (si elle entend les questions, voit l’absurdité créée par les passions, les manipulations, et l’illusion identitaire) ou au contraire d’un risque d’embrasement, si un réveil ne se produit pas, si l’aveuglement général perdure…

28/09/2016

ALEP… Prendre le temps de lire et de regarder…

SYRIE.jpgD’abord, le récit bouleversant de Karam Al-Masri, jeune photographe, correspondant syrien de l’AFP, sur le blog de l’AFP… https://making-of.afp.com/couvrir-alep-la-peur-au-ventre-... 

 

 

 En complément utile, l’éditorial, très juste, de Laurent Joffrin : « Cyniques »… La barbarie cynique du couple Assad-Poutine, l’impuissance ou le cynisme complice des témoins… http://www.liberation.fr/planete/2016/09/26/cyniques_1511... 

J’ai écrit, hier ou avant-hier, ailleurs, ceci, que je reprends ici : « Si on ne se sent pas concerné par cela, tout le reste est inutile : écrire, peindre, photographier, danser, chercher, ou... méditer... Tout le reste est alors contemplation vaine et vide de son ego… » 

J’ai aimé une oeuvre de Jean-Marc Musial, titrée « Sortir de l’enfer », que j’ai associée (mon regard intérieur) aux photographies d’Alep, parents dévastés devant le corps de leur enfant, enfants fuyant (tentant de fuir). J’y voyais la même douleur, le sang, les pierres, le désastre. Heureusement, l’art peut dire le réel, en sortant des médiocres  remuements sentimentaux. Ses oeuvres sont visibles sur sa page Facebook (« Un dessin par nuit »). Une autre création m’a retenue, très sombre, très nocturne, j’y ai vu des yeux effarés (où je les ai inventés : peu importe, c’est fait pour cela, pour qu’on invente aussi, qu’on projette rêves et angoisses, et tristesse de l’impuissance contre la violence et la guerre…). Page : https://www.facebook.com/undessinparnuit 

« Éloge de la haine », couverture paradoxale comme icône symbolique de cette note contre la violence, la guerre, et la haine. Justement. Pour la référence nécessaire (connaître par les Syriens les problématiques réelles, leurs racines, et tenter de comprendre la réalité dramatique pour laquelle, simples citoyens, nous nous sentons si impuissants). 

Donc, des livres… Écrivains syriens, L’Orient littéraire : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=16&a... 

Déjà, en 2012, Khaled Khalifa le disait, Nouvel Obs. Complicité internationale… http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/02/08/lecri... 

et... Le Monde... https://www.actualitte.com/article/monde-edition/l-ecriva... 

Entretien avec Khaled Khalifa, 2011, au sujet de son livre « L’Éloge de la haine »... http://www.jeuneafrique.com/191163/culture/khaled-khalifa... 

Page sur le livre, Actes Sud... http://www.actes-sud.fr/catalogue/sciences-politiques-et-... 

Pour s’informer régulièrement sur la Syrie, « Un oeil sur la Syrie », blog Le Monde... http://syrie.blog.lemonde.fr

02/05/2016

Nimrod, poète… Sur les berges du Chari

NIMROD.jpgLe sous-titre est « district nord de la beauté ». Beauté, mais aussi violence et mort. Solidarité...

En exergue :

« Je n’ai de cri qu’en cette trace où fut le sel. »

Edouard Glissant

Le livre se met sous le superbe chiffre littéraire d’Edouard Glissant. Ainsi on sait que la parole née de la terre d’exil va rejoindre un regard-monde. C’est pour cela que Bruno Doucey peut noter partager avec le poète le « fleuve de la fraternité ».

J’ai associé ce vers (ici inscrit comme un programme poétique et éthique) à une expression d’Emmanuel Levinas : la « luisance de la trace », notion qu’évoque Jean-Paul Kauffmann au sujet de sa recherche des « fantômes » de la bataille d’Eylau (son dernier livre, « Outre-terre »). Il dit « Il n’y a rien, et donc c’est là que ça se trouve. » Evocation en parenté avec la démarche du photographe Yan Morvan (« Champs de bataille / Photosynthèses »). C’est en conclusion d’un long entretien croisé, passionnant, paru dans Marianne, 22/28 avril 2016. Hasard, ces lectures qui se rencontrent, où la trace est une clé. Et plus : luttes, aussi, dans le recueil, notamment dans des poèmes d’hommage (mineurs sud-africains fusillés, étudiants tchadiens réprimés). 

Mais, exergues, il y en a aussi pour introduire des parties du recueil, ou des poèmes : citations de Franck Venaille, de Paul Verlaine, de Benjamin Fondane (fragment magnifique et terrible, qui se termine justement sur la répétition du mot « fantômes », suivi d’un point d’exclamation, apostrophe qui interpelle ainsi ceux qui avaient « cru à l’homme / et aux beaux yeux de la bonté / mais que la route avale comme / un fleuve immense et éhonté »). Quand les exergues sont bien choisis ils valent tous les commentaires ou manifestes. Et, choix du poète, comme une signature, pour un des derniers textes du recueil, un poème encadré de citations d’Amadou Hampâté Bâ, l’immense… 

(« Je suis souverain dans les choses pastorales » 

et 

« Entrez, sortants… Sortants, entrez… »)

Lecture en cours, ce recueil de Nimrod… Qui fait écho, pour moi, au cri murmuré d’Anise Koltz (« Je renaîtrai »).

Page éditeur (éds Bruno Doucey, coll. l’autre langue) : http://www.editions-brunodoucey.com/sur-les-berges-du-cha...

Autres liens : 

Eds Obsidiane, plusieurs recueils de poésiehttp://perso.numericable.com/editions-obsidiane/Auteurs/B... 

BioBiblio, Africultureshttp://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=4979 

Un poème, sur le blog de L’Ardent pays (entre autres pages): http://ardentpays12.over-blog.com/2016/04/nimrod-envol.html 

...

 MC San Juan

Posée aussi… page Facebook : https://www.facebook.com/TramesNomades

07/03/2016

Deux petits films créés par des Syriens en exil...

Dire en quelques images le refus de l’obscurantisme des fondamentalistes, ou les douleurs de la guerre et de l'exil... 

Court film créé par des Syriens exilés au Liban. « Fade to black »  https://www.youtube.com/watch?v=WIrSDKcO-4M 

Et celui-ci, pour dire la douleur… « Yaman »  https://www.youtube.com/watch?v=Bjuev58SGCo&ab_channe... 

18/10/2015

Israël-Palestine, penser le conflit sans "être" le conflit...

 
« Un peu de repos pour les blessures - qui parle de guérison? / (Et les hurlements de ces orphelins sont transmis d'une génération / à l'autre, comme dans une course de relais : / le bâton ne retombe jamais.) / Laissez-la venir comme les fleurs sauvages, / soudainement, car le champ / doit l'avoir: la paix sauvage. » 
Yehuda Hamichai, Paix sauvage 
« Je suis Ahmad l'Arabe, a-t-il dit / je suis la balle l'orange la mémoire / j'ai trouvé mon âme près de mon âme / je me suis éloigné de la rosée et de la vue sur la mer / et moi le pays réincarné / je suis le départ continu vers le Pays / j'ai trouvé mon âme remplie de mon âme.. » 
Mahmoud Darwich, Ahmad Al Arabi
 
Deux poèmes en exergue, et des liens… pour tenter de comprendre, en refusant d’entrer dans le conflit, ou de le laisser entrer en soi. Non, être les uns ET être les autres, le déchirement est la seule solution... contre le déchirement...
 
... RUMEURS… Elles naissent aussi des images. "Guerre des images", comme le démontre avec la présentation d’un cas le site belge CCLJ...  http://www.cclj.be/actu/israel/guerre-image
…...
Autre analyse, celle de l’historien Zeev Sternhell, texte paru dans le journal israélien de gauche, Haaretz, et repris dans Le Monde le 13-10-15 (le titre papier était mauvais car il déformait la pensée de l’auteur - donnant l’impression, fausse, d’une justification des attaques aux couteaux). Sur le site c’est différent, l’accent est mis sur la nécessité de deux Etats (souhait de l’auteur et conformité au titre originel) et le retour à la partition prévue en 49. Il considère que la poursuite de la colonisation est la cause des violences actuelles et que rien ne pourra être fait tant que cela continuera. L’enjeu est l’existence même d’Israël et son identité morale. Cela passe par une prise de conscience. Mais la réciprocité est vraie. L’existence d’Israël doit être reconnue et non niée comme le fait le Hamas. Et les enjeux, pour les Palestiniens, sont liés aussi au fait de pouvoir construire une réalité qui soit démocratique et un Etat qui devienne un voisin pacifique : cela va ensemble.
Lienhttp://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/13/la-revolte...  ... L'éthique de Zeev Sternhell rejoint celle de Lucien Lazare, par exemple - ce résistant et historien, auteur de l’ouvrage « Le tapissier de Jérusalem » 
...
« Pourquoi le conflit israélo-palestinien devient une guerre de religion? ». Cette page date de novembre 2014, mais elle éclaire ce que l’on sait de la rumeur lancée par l’islamiste Raed Salah inventant une menace sur la mosquée Al-Aqsa, en jouant sur des peurs identitaires religieuses, et ce que l’on sait de provocations d’extrémistes juifs israéliens mettant en question l’accord de partage des lieux pour la prière (esplanade pour les musulmans, et mur des lamentations pour les juifs). (C’est d’ailleurs ce sur quoi met l’accent l’article-dossier de Marianne, publication du 16-10-15, en ne posant plus la question mais en faisant le constat.). France 24, 12-11-2014 : http://www.france24.com/fr/20141112-analyse-conflit-israe... 
… 
Les OPINIONS ont un rôle, et elles ne le tiennent pas correctement. Souvent le conflit est présent aussi dans les débats, les positionnements. On choisit son camp, on polémique, donc on nourrit la guerre… Sans être réellement informé, parfois, sur les faits, sur la complexité des réalités, sur le soubassement de certaines déclarations ou options. 
 
Ainsi, dans Libération, Laurent Joffrin, dans un éditorial du journal daté 15-16 août 2015 (« BDS, dessous d’un boycott »), analysait le sens réel et les objectifs cachés de l’action BDS, apparemment modérée et justifiée (car qui ne voudrait faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il cesse la poursuite de la colonisation?). Or, comme il le démontre, la logique souterraine aboutit à une option destructrice. 
… 
Ainsi (opinions… fractures… polémiques), la réflexion de Martine Gozlan, qui couvre le conflit israélo-palestinien pour Marianne, et a écrit un ouvrage sur les différents courants qui s’opposent en Israël... 
( « Israël contre Israël. L’autre menace », éd L'Archipel ).
 Là encore cette page du CCLJ date (entretien, 2013) mais est éclairante. Martine Gozlan y parle du paradoxe de l’opinion juive française, mal informée souvent de la réalité israélienne. Lire aussi les commentaires : http://www.cclj.be/actu/politique-societe/martine-gozlan-... 
OPINIONS… Autre danger, quand la lutte pro-palestinienne devient pour certains un alibi permettant d’afficher leur antisémitisme (masqué). Voir cette analyse sur le blog Marianne « Télégrammes d’Orient ». « Comment la haine antijuive a détourné la cause palestinienne »  : http://www.marianne.net/martinegozlan/Comment-la-haine-an... 
… 
Donc parler des INITIATIVES de PAIX  et donner des informations soucieuses des faits et de l'intérêt des deux peuples... 
Le CERCLE des PARENTShttp://www.theparentscircle.com 
...Article du Monde, sur la genèse de l’association, par Benjamin Barthe, 2011 : http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/08/25/le-cercle... 
.
Le réseau Main dans la Main, Yad B'Yad, Hand in Hand, Ecoles mixtes pour l'éducation au dialogue, à la paix. Article, Le Monde des religions, 14-03-2011  http://www.lemondedesreligions.fr/savoir/enfants-juifs-mu... 
Et, page, site, israelvalley.com  http://www.israelvalley.com/news/2013/12/01/41901/apprend...  
   
PORTAIL de LIENS, Israël-Palestine, sur le site La Paix Maintenant   http://www.lapaixmaintenant.org/liens 
dont sites du camp de la paix palestinien, comme celui-ci, lisible en anglais : http://www.miftah.org 
 
LIVRES, des titres, des liens. Des ouvrages pour comprendre la complexité des réalités,  mais aussi des références volontairement littéraires... Car lire les auteurs israéliens et les auteurs palestiniens, c'est entrer, à chaque fois, dans l'intimité d'une écriture et partager intérieurement ce que les mots traduisent et qui ne peut plus rester étranger et lointain... c'est en quelque sorte rencontrer le visage. La compréhension ne se construit pas d'ennemis... Si on aime le poète on aime son univers, son lieu, et on partage ses questions, incertitudes, doutes et douleurs.
 
 
ECRIVAINS israéliens (blog dédié)  http://ecrivainsisraeliens.over-blog.com (Si on met « écrivains israéliens » en recherche google, une fresque des écrivains apparaît, qui permet de cliquer sur une icône et de trouver la page adéquate de liens…).
 
ECRIVAINS palestiniens, dossier sur oasisfle - et, en bas de page, des liens vers des pages d’information sur la Palestine   http://www.oasisfle.com/culture_oasisfle/litterature_pale... ( La recherche avec la mention "écrivains palestiniens" sur google donne de nombreuses pages de liens vers des articles et des sites). 
 
Voir, LISTE Actu (ici, marge gauche, descendre…) des liens vers des articles classés à Israël ou Palestine ou Israël-Palestine, et des institutions ou associations. Notes précédentes... (tags). Dont la note du 13-10-15, mise à jour après le débat du 15, "Nos larmes ont la même couleur"   http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/10/13/%C... 

13/10/2015

« Nos larmes ont la même couleur », un livre, des êtres, des rencontres...

LIVRE LARMES.jpg

Le titre est très beau, il traduit la manière dont la douleur est vécue, et l’éthique des êtres qui s’engagent, malgré toute la dureté du conflit, la situation qui semble bloquée. Sortir des colères et des rages, malgré l’horreur des drames (là c’est la mort absurde de son enfant, dans un conflit qui s’éternise, avec, de part et d’autre, des chercheurs de paix et des esprits enfermés dans la logique de guerre). Parler à la place des autres, c’est impossible, manipulateur (et trop le font, qui instrumentalisent la réalité, relativement proche mais lointaine cependant, pour des enjeux douteux). Mais entrer dans la souffrance de l’autre pour comprendre qu’elle est exactement la nôtre, c’est une démarche inverse, dont sont capables, justement, des êtres pour qui la réalité n’est pas une information externe, une analyse lue dans un journal, un info entendue, mais le vécu concret, émotionnel, charnel, et pourtant pensé. Celles qui témoignent sont des mères : elles ont perdu un fils, et militent ensemble. Ce conflit, on le suit avec tristesse ou rage, en lecteur/lectrice des journaux, oreille et yeux attentifs aux paroles et images télévisuelles, aux prises de position d’associations (fort diverses, clivées), aux commentaires vus ici et là sur des forums, et très souvent fort décevants, si ce n’est fort inquiétants (tant la haine s’y greffe, au point qu’on ne sait plus si le conflit est cause ou prétexte pour certains). 

Les uns, les autres : la séparation, encore, et les projections. Alors, quoi qu’on puisse penser des choix, des stratégies, des errements… des pouvoirs, constater que des personnes, particulièrement concernées, elles, sont capables d’entrer en empathie avec l’autre, apparemment étranger et ennemi, pour refuser la cassure, et tendre le fil du partage, c’est apaisant. Deux femmes témoignent, mais elles ne sont pas seules. Des familles israéliennes et palestiniennes se rencontrent régulièrement, toutes frappées par la même tragédie personnelle, et se saisissent de cela pour appeler à une prise de conscience, pour dire non à la violence et à la guerre, et dire qu’il est possible de penser autrement. 

On peut lire le livre d’Anne Guion, on peut aussi avoir envie de les entendre exprimer ce qu’elles vivent.  Bushra Awad, Palestinienne, et Robi Damelin, Israélienne, participent à des débats-échanges avec l’auteur du livre, en divers lieux. (Ainsi, le 15 octobre à l’église St-Merry : voir ci-dessous, précisions et lien). 

Le livre, « Nos larmes ont la même couleur » est celui d’Anne Guion, éd. du Cherche-Midi.

Page éditeur (dont version numérique), éd. du Cherche-Midihttp://www.cherche-midi.com/theme/Nos_larmes_ont_la_meme_...  

Résumé (et fiche technique, bio auteur), sur Decitre : http://www.decitre.fr/livres/nos-larmes-ont-la-meme-coule...  

Page Facebook dédiée : https://www.facebook.com/noslarmesontlamemecouleur 

 

Impossible de ne pas faire retour sur d’autres livres… 

Ceux de l’écrivain israélien David Grossman (qui a perdu son fils) :, « Tombé hors du temps »,  « Une femme fuyant l’annonce » et « Un cheval entre dans un bar ».

Bibliographie sur le site du Seuil : http://www.seuil.com/auteur-2742.htm 

« Tombé hors du temps », culturebox.francetvinfo : http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/tombe-hor... 

« Une femme fuyant l’annonce », Le Monde : http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/08/25/david-gro... 

« Un cheval entre dans un  bar » (et ce que dit l’auteur, dans la subtilité et la complexité, sur la société israélienne), culturebox.francetvinfo : http://culturebox.francetvinfo.fr/la-rentree-litteraire-2...   

Celui d’Izzeldin Abuelaish, médecin palestinien (qui a perdu trois de ses filles et sa nièce) : « Je ne haïrai point ».

Article du Point, par Armin Arefi, nov. 2012 : http://www.lepoint.fr/monde/israel-palestine-je-ne-hairai...  

En complément, dans la liste Actu, marge gauche de ce blog (il faut descendre un peu…), j’ai posé de nombreux liens vers des articles et des sites, classés à Israël ou Palestine ou Israël/Palestine….

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MISE à JOUR, 19-10-15, après le débat-échange du 15 octobre à Paris : 

Le 15 octobre, Bushra Awad et Robi Damelin, dont les témoignages ont été recueillis par Anne Guion, ont parlé de leur itinéraire personnel : comment passer de la souffrance, qui anéantit, à la capacité d’agir, comment ne pas s’enfermer dans la haine et le désir de vengeance. Elles ont parlé du temps nécessaire pour que le dialogue soit possible, et de la valeur du pardon, qui délivre les victimes et ceux qui ont agressé, tué. Oui, ont-elles dit, lutter pour la paix, contre la violence et la haine, c’est comme vider la mer avec une cuillère à thé. Mais, ont-elles insisté, nous ne pouvons pas renoncer, car nous devons protéger les enfants, l’avenir. Robin Damelin, répondant à une question, a dit que le gouvernement actuel d’Israël était le pire qu’ils pouvaient avoir (mais qu'en face...), que tout était expliqué par la peur, elle-même compréhensible , mais que rien n’était immobile. Elle a ajouté que rien ne pouvait s’ouvrir vers la paix tant que la colonisation continuerait. 
Elles ont expliqué qu’elles n’étaient pas seules, que Le Cercle des parents réunissait 600 familles, et que d’autres associations tentaient d’agir dans le même esprit, car l’espoir est, en quelque sorte, un devoir.
Cela, c’est ce qui est faisable pour eux, Israéliens et Palestiniens.
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Mais, pour nous, qui vivons ailleurs et nous sentons concernés, impliqués, elles ont fait passer un message, qui leur paraît être l’essentiel de ce qu’elles veulent dire (en plus du pardon, libérateur, qui sort la victime de son statut de victime, et l’agresseur de ce qui semble être son inhumanité). Ce message est une supplique. Que nous cessions d’entrer dans le conflit par le choix d’un camp, que nous cessions de promouvoir la guerre dans des engagements partisans. Que nous soyons des deux camps, seule manière de les aider.
 
"Ne soyez pas pro-palestinien. Ne soyez pas pro-israélien.

Faites partie de la solution, pas du problème." 

........... MISE à JOUR, 07-06-16. Israël-Palestine, recherche d'une troisième voie... Israéliens et Palestiniens ensemble (qui contestent les choix des politiques et ont été déçus par des tentatives alternatives des camps de la Paix). "Two states, one homeland" : http://www.cclj.be/actu/israel/initiative-paix-two-states...

Dans le même esprit... pour lutter contre les clichés, il est bien de noter des expériences dialogiques qui réussissent et donnent espoir. Ou de repérer ce qui contredit les messages de haine ou les visions caricaturales... 

Ainsi, alors qu'en France le conflit Iraélo-palestinien, passionnel, est facilement instrumentalisé et présenté de manière caricaturale (des 'camps' s'affrontant avec haine) peu ont prêté attention à ce que dit la carte interactive de Facebook. En tête des premiers amis des Israéliens sur Facebook viennent les Palestiniens... http://www.caminteresse.fr/economie-societe/sur-facebook-... 

D'Israël, qui connaît en France le village de la paix? "Wahat as-Salam - Nevé Shalom - Oasis de Paix". Village établi par des citoyens israéliens, qui sont des Arabes palestiniens et des Juifs, ensemble... http://wasns.org/-oasis-de-paix- 

Et le Cercle des parents (parents israéliens et palestiniens qui ont perdu des enfants dans le conflit, guerre ou attentats) : http://www.theparentscircle.com

Enfin, lire la tribune magnifique d’Ahmed Meguini (Son récit, sa réflexion, sont une synthèse de tout ce qu'est aussi le message du livre d’Amartya Sen, « Identité et violence ». Ou comment on trouve notre humanité quand on sort de l’identité univoque.) : http://laicart.org/je-nai-pas-sauve-des-juifs-jai-sauve-d...

... Voir aussi ces trois notes... Une sur le film, "Une bouteille à la mer"... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/10/13/un...  Et celle-ci, lectures et liens pour le dialogue ("Penser le conflit sans être le conflit")... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/10/18/is... Et... sur une initiative particulière... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/11/05/is... 

... Et cet entretien avec Aline Baldinger pour son livre sur les "tisseurs de paix"... http://www.cclj.be/actu/israel/aline-baldinger-et-tisseur... 

... Tisseurs de paix, ici, ceux qui utilisent les langues partagées pour créer le dialogue et la compréhension par l'apprentissage linguistique : « Parler en paix » (apprendre l’arabe et l’hébreu ensemble) : http://www.parlerenpaix.org

27/01/2015

PETITION internationale. MUSULMANS du MONDE. « Notre responsabilité à l'égard du terrorisme au nom de l'islam »

Je m’écarte un bref instant du regard sur les images terribles du documentaire (nécessaire et important) qui passe sur la 2, « Jusqu’au dernier » (mais je ne m'écarte pas de l’écoute...), pour poser cette information (qui fait écho aux appels déjà publiés par des associations de musulmans laïcs - et laïques). Cf. celui que j’ai mentionné dans la note  du 16-01-15, « Des mots, des chants, des mots...Voix musiciennes et voix musulmanes ». Cet appel international ajoute l’affirmation d’un engagement du signataire : « Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté. ». Ce, après avoir insisté sur ce point : « Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. ». (Ceci est à entendre par tous, pas seulement les musulmans signataires de cet appel, mais les chrétiens, juifs, athées, agnostiques, et croyants de diverses cultures. Car l’ambiance est aussi, malheureusement, ces derniers jours, en France, à des ripostes haineuses aux drames récents - ripostes en actes ou en discours. Et ailleurs, la haine prospère, comme d’habitude...). Cette pétition a une qualité remarquable, en ceci qu’elle proclame que signer une pétition est certes un acte qui a effet sur ce qu’on vit, mais que s’en contenter ne suffit pas : agir devra prendre aussi d’autres formes, pour l’affirmation des refus ou des adhésions, et pour le courage du dialogue. « Militer »... De même, son intérêt est qu'elle rappelle quelles sont les réponses pour réformer l'islam, c'est-à-dire d'abord réformer la lecture des divers textes fondateurs : tenir compte de leur historicité. Enfin, elle redit ceci, qui est indispensable : pour promouvoir la citoyenneté et les droits humains, il n'y a que l'éducation, la culture.

[Attention à ne pas prendre le mot "responsabilité" comme un aveu de culpabilité après les assassinats et drames ici et à l'étranger. (Comme une sorte de réponse à la double injonction contradictoire envoyée par certains : "exprimez-vous, mais soyez cachés"). Ce serait un contresens. C'est une REPONSE autre, au présent, pour agir maintenant, dans la poursuite consciente des engagements déjà pris, dans et hors une appartenance culturelle. Responsabilité active, espoir critique pour le futur. Constat et engagement... D'autant plus que cet engagement est déjà actif pour beaucoup, mais l'actualité exige un élargissement à une dimension plus grande, et sur un plan international.] C'est ainsi que je comprends cet appel...

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Ci-dessous, le TEXTE de l’appel, le LIEN vers la pétition, la LISTE des PREMIERS SIGNATAIRES.

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Déclaration

Notre responsabilité à l’égard du terrorisme au nom de l’islam

Le monde est en train de vivre une guerre déclenchée par des individus et des groupes qui se réclament de l’islam. En Syrie, en Irak, en Libye, en Tunisie, au Nigéria, en France, etc., cette guerre est la même. Elle est conduite au nom d’une certaine lecture de l’islam.

Cette guerre nous interpelle tous, nous, laïcs issus du monde islamique. Il est de notre responsabilité d’agir et de nous opposer à tout ce qui l’alimente.

Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables.

Aujourd’hui, la réponse à cette guerre ne consiste à pas à dire que l’islam n’est pas cela. Car c’est bien au nom d’une certaine lecture de l’islam que ces actes sont commis. Non, la réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane. Et à en tirer les conclusions.

Les troupes ennemies qui mènent cette guerre mondiale ne sont pas constituées de simples égarés mais de combattants fanatisés et déterminés. Ces combattants sont nourris par des textes islamiques qui appellent à la violence, qui existent dans les autres religions et qui relèvent d’un autre contexte, d’un autre âge, aujourd’hui dépassés. Ce corpus est le référentiel des groupes jihadistes. Tous les acteurs concernés, à commencer par les religieux et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations.

L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les religieux, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias.

Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. Les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels.

Il n’existe pas de religion supérieure à une autre. L’humanité est une et indivisible.

Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté.

Le 11 janvier 2015

POUR SIGNER :

http://www.petitions24.net/notre_responsabilite_a_legard_du_terrorisme_au_nom_de_lislam

Premiers signataires :Raja Benslama, psychanalyste, universitaire, Tunisie/ Fethi Benslama, psychanalyste, professeur des universités, Tunisie, France/Ali Mezghani, Professeur agrégé en droit, Tunisie/Salah Elouadie, poète, président du Mouvement Damir, Maroc/Hella Lahbib, journaliste, Tunisie/Naceureddine Elafrite, journaliste, Maroc, Tunisie/Latefa Aharrare, actrice, Maroc/Aziz Al-Azmeh, universitaire, Syrie/Munaim Alfakir, poète, Irak/Tewfik Allal, coordinateur du Manifeste des Libertés, Algérie, France/Azzeddine Allam, professeur universitaire, Maroc/Zoubir  Arous, professeur  et directeur du laboratoire « Religion et Société », Université d'Alger 2, Algérie/Ahmed Assid, écrivain, Maroc/Fouzia Assouli, militante associative-Fédération de la Ligue des Droits des Femmes, Maroc/Houari Baki, psychanalyste, Algérie, France/Slimane Bedrani, Professeur à l'ENSA, Directeur de recherche associé au CREAD, Algérie/Yagoutha Belgacem, directrice artistique Siwa, Tunisie/Souhayr Belhassan, journaliste, Tunisie/Yadh Ben Achour, vice-président du Comité des droits de l'Homme des Nations Unies. Ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques. Tunisie/Ghaleb Bencheikh, islamologue, France/Ali  Bencheneb, professeur émérite, ancien recteur d’académie, Algérie/Kmar Bendana, historienne, Tunisie/Cherif Bennadji, professeur à l'université d’Alger 1, Algérie/Basset Ben Hassan, président de l’Institut arabe des droits de l’Homme, Tunisie/Tabrizi Ben Salah, professeur de droit international, Doyen honoraire, Algérie/Lotfi Ben Slama, stomatologue, Tunisie, France/Nédra Ben Smail, psychanalyste, Tunisie/Sophie Bessis, agrégée d’histoire, journaliste, Tunisie, France/Jawad Boulus, écrivain et avocat, Palestine/Abdelaziz Boumeshouli, professeur d’université, écrivain, Maroc/Mohamed Chafiq, académicien, Maroc/Saloua Charfi, professeur de journalisme, Tunisie/Khedija Cherif, universitaire, Tunisie/Mohamed Ali Cherif, cinéaste, Tunisie/Moulim El Aaroussi, écrivain, Maroc/Said Elakhal, Chercheur, militant associatif, Maroc/Abdallah El Hariri, artiste peintre, directeur artistique, Maroc/Nabile Farès, psychanalyste, écrivain, Algérie, France/Cherif Ferjani, professeur des universités, Tunisie, France/Claudette Ferjani, militante associative, Tunisie/Habib Gherar, professeur à l’université d’Aix-Marseille, France/Nacer-eddine Ghozali, professeur agrégé en droit, Algérie, France/Nedim Gursel, écrivain, Turquie, France/Selma Hajri, médecin, Tunisie/Mohamed Ham, psychanalyste, professeur des universités, Maroc, France/Salem Hamza, psychiatre, Tunisie, France/ Ahmed Henni, professeur des universités, Algérie, France/Mahmoud Hussein, écrivain, France, Egypte/Kadhem Jihad Hassan, écrivain, professeur d’université, Irak, France/Marcel Khalifé, artiste, Liban/Abdellatif Laâbi, poète, Maroc/Kamal Lahbib, militant associatif - Collectif Démocratie et Modernité, Maroc/Slim Laghmani, professeur de droit à l’université de Carthage, Tunisie/Delenda Largueche, historienne, Tunisie/Ali Magoudi, psychanalyste, psychiatre, France/Ahmed Mahiou, professeur de droit, ancien doyen, Algérie/Faïka Moujahid, psychanalyste, Algérie/Hatem Mrad, professeur d’université, Tunisie/Kalthoum Meziou, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques Politique et Sociales de Tunis. Tunisie/Hamad Nazir, psychanalyste, France/Mounira Nessah, psychologue clinicienne, Tunisie, France/Hamadi Redissi, professeur d’université, Tunisie/Nouredine Saadi, écrivain, Algérie/Hachem Saleh, écrivain, traducteur, Syrie/Rajaa Stitou, psychanalyste, enseignante Université Montpellier 3, Maroc, France/Wassila Tamzali, écrivain, Algérie/Georges Tarabichi, écrivain, traducteur, Syrie/Adnane Yassine, poète, Maroc/Yahya Yakhlef, écrivain et romancier, Palestine/Lahcen Zinoun, chorégraphe et cinéaste, Maroc.

Pétition signée « Groupe laïc »

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Lire aussi, Huffpost Maghreb, "Des intellectuels issus du monde arabe se mobilisent" : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/01/16/petition-charlie-hebdo-intellectuels-laics-musulmans-mobilises_n_6486262.html 

VOIR, autres PETITIONS, 8ème LISTE MARGE GAUCHE (après vignettes, liste Agir, etc...). Dernière pétition ajoutée hier : NEGATIONNISME sur INTERNET...    

.... VOIX MUSULMANES... VOIR aussi la note sur les voix, les chants, les textes... Engagements... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/16/de...   

10/12/2014

« Les drones ont-ils une âme ? ». Dossier, « Le un »

UN   UN.pngLa presse... une passion de lecture. Certaines publications sortent du lot... Dont celle-ci : le un...  « Le un ». Hebdomadaire. Un seul sujet d'actualité, une page (dépliable...), des questionnements, des informations, des avis divers, un poème, des suggestions de lecture (aller vers un livre ou plusieurs sur le sujet...). 

Le un, site : http://le1hebdo.fr/ 

Numéro 36, 10-12-2014. « Les drones ont-ils une âme ? ».Titre entre ironie et question souterraine (qu’on retrouve traitée dans le dossier)... Quand « on » déclenche de loin cette arme qui tue, qui est ce « on » qui décide, que voit-il ? La main qui appuie pour le geste décisif est-elle un instrument ou un sujet (avec, au bout, une conscience, une victime de syndrome traumatique possible ensuite, d'ailleurs) ? De qui dépend la décision ? Que voit-on de ce qu’on cible ? Et quelle pensée de la guerre se construit-il là (ou se déconstruit-il) avec cette utilisation d’arme, cet objet de haute technologie? Maîtrise du ciel voulue par les pays, objectif d'une lutte contre le terrorisme, notamment, cibles déterminées... Ethique? Mais sur terre, en bas, qu'en est-il des 4443 morts? Tous de dangereux criminels? Et que penser des survols de centrales nucléaires (le sujet est esquissé, le risque posé)?.. Citation : "Ma grand-mère et moi aimions le ciel bleu, mais maintenant je ne l'aime plus. Maintenant, je préfère le ciel gris parce que les drones ne peuvent pas voler quand le ciel est nuageux" (Zubair, 13 ans, pakistanais, dont la grand-mère est morte, tuée par un drone...).

 « Rien de grave rien de réel », fiction d’Alexis Jenni : http://le1hebdo.fr/numero/36/rien-de-grave-rien-de-rel-583.html

Les différents sujets traités : http://le1hebdo.fr/les-numeros.html

 

06/08/2014

« Dans mes veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau… ». Lire Jean Venturini, poète…

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Guerre au Proche-Orient, désastres violents en Irak, Syrie, et ailleurs (images de corps martyrisés)… Vacances, tout de même, près ou loin – qui font s’échapper de l’actualité autant que des habitudes, changer de regard et de paysage… Et la poésie ? Quelle place lui donnera-t-on en cet été ? Lire et relire, bien sûr… Jean Venturini, par exemple. Lui qui, par son écriture et sa vie, est au croisement de ce que je viens d’évoquer. Révolte et colère (or n’est-ce pas ce que nous ressentons en voyant les ravages des conflits, la furie de ce goût de la mort des humains, avec tant de variantes ?). Regard : les yeux aimés, la beauté de visages ou d’arbres, la lumière, des couleurs, et même la laideur, puisque c’est du vivant, que c’est. La part de l’ombre en soi, murmurée ou criée, contemplée avec lucidité (or si tous nous faisions cet effort de descente dans ce labyrinthe d’émotions, de frustrations, de blessures… peut-être y aurait-il moins de projections, de volonté d’anéantissement des autres quand on les décrète étrangers, ennemis, maudits ?). Guerre : c’est bien cela qui a tué Jean Venturini en 1940, même si le naufrage de son sous-marin semble avoir été dû à la rencontre accidentelle d’un champ de mines. Pas de champ de mines sans guerre…

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Il y a quelques années, ayant vainement cherché un exemplaire du recueil épuisé de Jean Venturini, dont je ne connaissais que le poème de l’anthologie de Pierre Seghers… j’avais fini par mettre une annonce de recherche sur le site d’une association de collectionneurs (chercheurs de documents en rapport avec la culture des pays d’Afrique du Nord). Et j’avais été contactée par la personne qui possédait le rare ouvrage (et qui m’offrit la copie pour qu’enfin je puisse lire l’œuvre intégrale : merci !). Comme lui je regrettais que ce poète ne soit plus réédité : quelle tristesse de voir disparaître la trace d’une écriture brûlante, sacrifiée avec la vie de l’auteur dans ce naufrage de 1940. Que serait devenu ce jeune rimbaldien vivant au Maroc ? Seghers voyait en lui  la promesse d’une œuvre à poursuivre. Si Antoine Lantéri avait perdu ce livre, ou l’avait oublié, son héritier n’aurait jamais pu lancer sa recherche et nous n’aurions pas dans les mains tous les autres textes (car personne ne se préoccupait de faire revivre ce recueil et la voix de Jean Venturini).

OUTLINES  a été réédité… enfin, en 2009. Avec un avant-propos de Jean-Luc FALCO, qui explique comment cela a été possible, la préface originelle de René GUILLOT, ému par la jeunesse du poète tôt disparu, par la force des élans de l’auteur, par sa révolte entre colères et rêves d’amour.  L’ouvrage est complété par une documentation sur le sous-marin Le Morse et son naufrage. Eds VAILLANT : http://www.editionsvaillant.net/

Fiche sur DECITRE, librairie en ligne (on peut commander ainsi l’ouvrage, ou chez son libraire de quartier) : http://www.decitre.fr/livres/outlines-9782916986067.html

Relisant  le recueil, là, pour en choisir des citations, je remarque l’importance des points de suspension dans ses textes... Ne pas clore, laisser la pensée poursuivre son errance dans les mots non écrits, ou le rêve. Noter la phrase, le vers, mais poser ainsi, aussi, l’hésitation : on n’aura pas tout dit, ni trouvé exactement les mots adéquats, car jamais le poème n’est vraiment achevé intérieurement (« Demain peut-être en cherchant bien, je trouverais d’autres mots – plus beaux. » - Phrases dans l’ombre). Et le poème est ouvert à d’autres sens derrière les mots, dans le silence : les points de suspension valent retournement, comme si le silence était une marge en miroir, qui amplifie la phrase.

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Jean Venturini, est né en Tunisie en 1921 mais a vécu ensuite au Maroc. Il est mort en mer quand le sous-marin Le Morse (où il s’était engagé comme marin radio) a été détruit par des mines, en 1940 au large de Casablanca.  Son poème Sang est visionnaire : « Dans les veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau, l’eau amère des océans houleux… »

« Outlines », est son seul recueil de poèmes (éd. 1939, puis 1940). 48 poèmes dont « Sang », qui fut publié dans l’anthologie de Pierre Seghers, « Le Livre d’Or de la Poésie française » (des origines à 1940), éd. Marabout.  Jean Venturini est le dernier poète cité dans ce volume : http://fr.wikipedia.org/wiki/Outlines

Pierre SEGHERS écrivait ceci à son sujet, introduisant le texte choisi : « Révolté, rimbaldien, son unique recueil « Outlines » parut en novembre 1939 à Casablanca. Il annonçait un grand poète. Comment ne pas penser, le lisant, que le poète est un « voyant », qu’il est doué d’une extraordinaire prescience ? »

PAGE dédiée au poète sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Venturini

Monographie, par Madeleine Kérisit : http://www.auxmarins.net//fiche_marin/7305/Venturini

Evocation du marin Jean Venturini  (M. Kérisit), sur http://www.amedenosmarins.fr/pages/Jean_Venturini_marin_mort_pour_la_France_et_poete-2908728.html

CITATIONS (et fragment de l'hommage de Max-Pol Fouchet, revue "Fontaine", 1940) sur : http://fr.wikiquote.org/wiki/Jean_Venturini

Le poème « SANG » : http://egoak.free.fr/VENTURIN.htm

Deux poèmes sur un blog : SANG » et « FAREWELL » : http://raynaldopierrelouis.over-blog.com/2014/05/deux-poemes-tires-du-recueil-outlines-de-jean-ventur.html

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CITATIONS, en feuilletant les pages du recueil… Pour donner envie de lire le recueil entier :  

VENTS :

 « Vrai, j’ai trop erré… / J’ai trop pleuré… / Mes yeux / S’en sont allés / Et mon cœur est vieux… / Ma gorge est nouée d’avoir trop râlé / Mes amours et mes haines… / Oh qui cassera mes chaînes ? »(Chanson de fou)

« J’ai dans mes veines un sang rouge / Epais comme du vin nouveau… du gros vin / Lourd et sombre, plein d’alcools encore inavoués…  /// Un sang qui gronde et noue mes tempes… /// (…) Et qui sait mon cœur, comme du pus… /// …Peut-être ai-je aussi un peu de la lumière du ciel / Un peu de la tendresse et de la paix du monde / Qui murmurent quand ma brute s’endort » (Hérédité)

« Ceux de la nuit / Qui s’en vont dans la brume et dans la pluie / Sont mes frères… / Je les reconnais les gueux, les hères, / Leurs visages blêmes et laids / Me sont familiers… «  (Ceux de la nuit)

« Je sais les fugues de lumière sur l’eau des mares… / Et la douceur immense des couchants violets / Qui flottent sur les horizons qui s’effarent, / Funèbres reflets de pourpres inviolées. » (Paysan)

« J’ai jeté vers le ciel de hauts gibets pour / y pendre mes rêves… / (…) Aux arbres de la forêt j’ai noué des cordes pour pendre mes rêves… » (La sérénade aux pendus)

« Je veux la nuit profonde des hivers blancs, / muette et froide comme les caveaux sous la terre… /la nuit muette, pleine de l’élan / dur des arbres nus vers les gouffres sans lumière. » (Nuit)

« Dans mes veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau, l’eau amère des océans houleux… » (Sang)

« Mais il n’y a personne devant moi, c’était / Un souvenir entré par les fenêtres avec / Le souffle chaud du vent d’été… » (Fenêtres)

« Alors je suis parti en une recherche effarée, / J’ai erré dans la nuit sans bords / Pour trouver la lisière que l’aube colore… / … L’aube était morte, linceulée de ses voiles déchirés. » (Recherches) [ En exergue, une citation de René GUILLOT : « De la terre au ciel en passant par où ? » (Chemin)

« Sur les flots glauques comme l’émeraude de ses yeux, / Je souffrirai des lunes pleines du mal de souvenir / Puis tout mourra dans mon cœur silencieux…  / Alors enfin libre je ne pourrai plus revenir.» (L’appel)

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MAROC :

« Moi je songe à des fontaines, à des chants murmurés / dans la paix fraîche des harems… » (Marrakech)

« Dans les bleus froissements d’ailes des ramiers, / le soir s’en est venu dormir sur les palmiers… /// (…) Demain peut-être en cherchant bien, je trouverais d’autres mots – plus beaux. » (Phrases dans l’ombre)

« Ils ont marché longtemps, les vents… » (Révolte). Poème dédié à René GUILLOT.

« Menaces de sang dans le soleil / Les étandards chérifiens / Fouaillent les ciels trop bleus. /// Un jour viendra, un jour glorieux / Où leurs étoiles vertes / Bondiront dans la lumière » (Un jour)

…..

ELLES (en exergue, Rimbaud (« Je voudrais vous casser les hanches / D’avoir aimé ») :

« Vous êtes entrées au jardin de mon âme » (Jeunes filles)

« …Viendra-t-il jamais, ce vent qui doit calmer ma fièvre ? » (Jeux d’eau)

« Mourir comme le jour bleu qui s’achève, / Et mêler mon âme aux senteurs pourries de l’automne. » (Automne)

« Ton souvenir c’est un naufrage / Dans les eaux calmes du large… / Une cassure sur le miroir / De ma mémoire… » (Marines)

« Ne regarde jamais du côté de la mer… «  (Naufrage)

« Mais les chimères aussi meurent.. » (Vous en souvenez vous)

RENOUVEAU

« J’ai trop pensé, j’ai trop rêvé » (Renouveau)

20/12/2013

Itinéraire d’une artiste : Nicole GUIRAUD, plasticienne

La valise à la mer. Objets de la mémoire, identité explosée, déchirée. 014.jpg

La liste complète de ses expos est sur le site de son galeriste, Peter Herrmann (fiche et expos depuis 2004) - voir ci-dessous, fin de note - mais je fais ici un choix très sélectif, pour présenter l’essentiel de sa démarche… Le travail avec cette galerie date des années 90 (alors à Stuttgart), avec le cycle des Vitrines, la série "Bouteilles à la mer", les collages transparents (plexiglas).  Dates clés suivantes, repères : 2004, 2009, 2012, 2013… Trois expositions sont présentes dans l’album EXPOS (2004, Berlin / 2012, Perpignan / 2013, Fdt Prinzhorn, Heidelberg : liens vers ces pages dans cette note, extraits). L’Allemagne est très présente, sa galerie étant à Berlin, et elle, vivant principalement à Francfort… L’exposition d’œuvres de la série « Archives » à Heidelberg me semble une reconnaissance particulièrement importante du sens de son parcours, l’occasion de revenir sur les traces posées pas à pas. Cette note est une première approche, suivant les pages des vignettes (pages des albums, déjà créées pour trois de ses expos, pour un film, un livre). Elle sera suivie par d’autres…   

(La valise à la mer… Installation de Nicole Guiraud. Photographie MC SJuan, 2004)

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Exposition à Berlin, 7 Mars - 30 Avril 2004, "Oran - Alger - Constantine", Berlin. Louzla Darabi, Nicole Guiraud, Samta Benyahia. Galerie Peter Herrmann : http://www.galerie-herrmann.de/arts/art2/oran_alger_constantine/index.htm  (J’avais fait le voyage à Berlin, pour cette exposition regroupant trois artistes nées en Algérie, et proposant à travers leurs œuvres un dialogue entre trois villes algériennes, comme lieux de mémoires individuelles, d’interrogations sur l’identité : croisement, dialogue entre des femmes du même pays, de communautés différentes, de vécus différents, mais en affinité native. J’avais ramené de cette rencontre des photographies et un entretien avec le galeriste, dont la démarche est née d’un amour pour le continent africain dans son ensemble, du Nord au Sud. (Petit à petit ces traces vont trouver leur place : « retour sur… », notes qui suivront…). Les œuvres de Nicole Guiraud présentées là appartenaient à la série « Le monde en bocal », mais on y voyait des œuvres qui préfiguraient le travail suivant en train de s’élaborer : l’archéologie de la mémoire : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/1800559506.html )

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2009. « Archéologie de la mémoire » / Archäologie des Erinnerns : http://www.galerie-herrmann.com/arts/art2/2009_Guiraud/index.html

Page de Georges Festa sur l’œuvre de Nicole Guiraud. De la série « Le monde en bocal » à « Archéologie de la mémoire » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2010/10/nicole-guiraud.html (« Comment dire le démembrement, l’arrachement, au sens le plus littéral du terme ? Victime de la violence aveugle – cette guerre d’Algérie, où sombrera le message humaniste du chantre de Tipasa et de Noces -, Nicole Guiraud choisit l’Allemagne, autre terre de convulsions et d’exils où, au fil du temps, s’élabore une œuvre visionnaire, singulière. / De la série « Die Welt im Einmachglas » [Le Monde en bocal] (1975-2005) à sa récente exposition « Archäologie des Erinnerns » [Archéologie de la mémoire], une entreprise d’épuisement des formes et des mythes nous convie à interroger l’émiettement, la nostalgie, le désir d’altérité. » SUITE SUR LE SITE…)

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Premiers mois de 2012, Perpignan. Nicole Guiraud, « Survivre » : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/1490367217.html [Dans le catalogue, plusieurs auteurs explicitent le sens profond de cette œuvre, le courage dont elle témoigne (j’en reprendrai la lecture…). Le titre, « Survivre », correspond à l’enjeu réel de la création dans l’itinéraire de cette plasticienne, qui, depuis l’enfance, toujours, dessine, sculpte, et peint. Ce n’est pas, ce titre, « Survivre », une simple formule, pas un jeu avec les thématiques générales de la vie et de la mort. C’est la question centrale que l’artiste se pose et pose à ceux qui regardent son « monde en bocal », ses créations graphiques, les peintures et montages.

Comment, quand on a (c’est son histoire) été atteinte dans son corps, au sortir de l’enfance, quand cette atteinte est irrémédiable et que chaque jour on revit son intégrité physique violemment déchirée, comment peut-on échapper au désespoir, se délivrer de la haine et de la colère, ne pas être prise par la folie ? Comment créer quand même… Justement. Nicole Guiraud crée pour tenir debout, pour que sa vocation d’artiste n’ait pas été détruite aussi par la bombe d’une terroriste, malgré la main manquante, le bras amputé. Elle crée pour témoigner, ayant fait de la lutte contre le terrorisme un axe central de sa vie. Et elle choisit le dialogue : c’est une des signataires du texte fondateur d’Algérie-Djezaïr, texte regroupant des Algériens  et des Pieds-Noirs, pour un partage de mémoire, un lien entre les communautés natives d’Algérie. L’expo de Berlin en 2004 fut un de ces signes de partage.]

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Expo décembre 2013, Nicole Guiraud à la Fondation Prinzhorn, page Trames nomades, album EXPOS : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/171999384.html (Texte de Nicole Guiraud,courriels : « Le cycle des ARCHIVES retrace, au moyen d'assemblages d'objets, de textes et de dessins, le travail de mémoire - recherche des sources - entrepris sur trois décennies autour du thème de l'Algérie, celle de la paix, de la guerre, et pour finir de l'exil.  /// Cette oeuvre est difficile, austère, mais essentielle dans mon parcours artistique, et centrale dans mon parcours personnel. /// Le cycle des ARCHIVES  documente en grande partie le travail de mémoire sur l'identité (exil) et le vécu en Algérie (aussi l'enfance dans la guerre), entrepris pendant trois décennies  entre la France et l'Allemagne. » Présentation, à partir des précisions fournies par l’artiste, et suite de son texte, sur la page de l’album EXPOS …)

Site de la Fondation Prinzhorn : http://prinzhorn.ukl-hd.de/

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Nicole Guiraud, galerie Peter Herrmann (page de présentation et rappel des dates et titres des expositions principales : en bas de page cliquer sur les titres pour voir les œuvres correspondantes) : http://www.galerie-herrmann.de/arts/guiraud/index.htm

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Pour mémoire… Film, livre, galerie Peter Herrmann :

FILM. « Der Koffer, La valise à la mer », 1991. Mise en scène des déchirements de l’exil, des traumatismes de la mémoire et du corps. Parole de Nicole Guiraud, déchiffrant objet par objet la traversée d’une mer, la traversée du temps, fracture entre l’enfance blessée et le lent travail de construction de soi et de l’œuvre (Suite sur la page de l’album…) : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/films/2755090956.html

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LIVRE. « Algérie 1962. Journal de l’Apocalypse », éd. Atlantis, 2013 (bilingue allemand-français : Nicole Guiraud vit surtout en Allemagne, où elle a sa galerie) 

Page (Algérie 1962, Journal de l’Apocalypse) dans l’album Livres (récits, témoignages), Trames nomades : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/romans-recits/823653163.html (Nicole GUIRAUD, plasticienne, fut victime d’un attentat terroriste l’année de ses dix ans, juste avant la rentrée scolaire, le 30 septembre 1956, au Milk Bar, café qui, comme son  nom l’indique, avait une clientèle familiale, on y amenait ses enfants. (Le Milk Bar a encore été la cible d’un attentat pendant la « décennie noire » du terrorisme islamiste. Héritage de la violence, cibles choisies pour des raisons similaires : comment faire naître le plus de terreur si ce n’est en tuant ou mutilant des enfants.). / Boualem SANSAL, le dit bien dans sa préface (« L’histoire se vit deux fois ») : ce Journal qu’écrivait Nicole Guiraud, en 1962, pour supporter ce climat de terreur, une adolescente algérienne aurait pu en écrire un de très similaire, car l’horreur a recommencé, héritière d’une violence légitimée, normalisée. SUITE sur la PAGE de L’ALBUM…)

Commentaire (lecture du Journal), sur le blog armeniantrends, de Georges Festa : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-algerie-1962-journal-de.html (« Dimanche 30 septembre 1956, 18 heures 30 : Nicole, une fillette de dix ans se trouve, comme chaque année à la fin des vacances d’été, avec son père dans le Milk Bar, au coeur d’Alger, pour y déguster une glace, lorsqu’une bombe explose, déposée par le FLN (Front de libération nationale). Quatre personnes sont tuées et cinquante-deux autres blessées. Nicole perd son bras gauche. » (…) « Dans son journal, la jeune Nicole, âgée de quinze ans, note jour après jour les violences d’une guerre civile qui prend de plus en plus les traits d’une apocalypse » SUITE sur le SITE armeniantrends…)

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Textes de Georges FESTA inspirés par des œuvres de Nicole GUIRAUD (ces liens vers le blog de cet auteur sont dans ma liste « Poèmes », ici) : NG/GF : « Le Marabout de Sidi Moussa », prose : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/02/nicole-guiraud-le-marabout-marabout.html  /// NG :  « Le peintre », GF : « Puisqu’ils ont voulu m’enfermer » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2011/10/nicole-guiraud-der-maler-painter.html  ///  NG « Le Couple », GF « Sables » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/12/nicole-guiraud-das-muschelpaar-couple.html  /// NG « Bouteille à la mer »,  GF « Et je m’enivrerai de mers / et de morts » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-flaschenpost-message-in.html

 

24/07/2013

"Méditerranées", d’Olivier Py. Le court métrage commenté sur plusieurs blogs et sites...

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« L’ensemble de mon travail au cinéma comme au théâtre est une interrogation sur l’identité de « méditerranéen »  Olivier Py (citation en exergue, article de Version originale)

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Sur le site « Vivre à Belcourt » de Luc Demarchi, une vidéo : extrait d’un court métrage d’Olivier Py, « Méditerranées » (le 's' de nos pluralités…)  http://belcourtois.com/index.php/2015/05/11/mediterranees...

Du commentaire de Luc Demarchi, je copie la conclusion, beau message qui correspond totalement à ma vision de la Méditerranée : le lien que cette mer crée entre les êtres divers qui vivent sur ses rives, la fraternité à l’horizon. Voici :

« Le réalisateur conclut son film en évoquant la Mer Méditerranée comme une dimension commune à tous ceux qui vivent ou qui ont vécu dans les pays qui la bordent et c’est bien grâce à ces Méditerranées que nous nous rejoignons et que nous nous retrouvons.

Au-delà des conflits passés ou présents, la Mer apparaît comme le lieu sacré du baptême qui nous mène ensemble vers la voie de la paix et de la fraternité.

On ne peut visionner ce document sans faire la relation avec l’œuvre passionnée d’Albert Camus pour ce pays, une œuvre que l’on perçoit en filigrane tout au long du film. »

J'ai regardé. C'est très bref, cet extrait, mais suffisant pour capter la beauté de ces moments simples. Il y a de l'amour dans le regard de ces êtres, et de l'amour dans le double regard porté sur eux : regard de ceux qui filment, se filment (dans la présence de l'instant), et de celui qui reprend ces bribes familiales et les recrée. Une étrange sorte de double énonciation... Mais là ce ne sont pas des personnages qu'un auteur fait vivre devant nous : des personnes réelles dans un passage fugace de leur vie. Bribes de temps méditerranéen... Que la mer y est belle! Image de paix... Et je les vois, attentive, avec, en surimpression, l'accélération des vies, le fracas de la guerre, la rupture avec leur lieu d'ancrage, l'exil, les années qui passent. Et puis simplement, de nouveau, comme des méditerranéens à la source de leur force vitale. D'une rive à l'autre c'est toujours la même Méditerranée, la terre des Noces de Camus (Luc Demarchi a raison de faire le lien). Terre de danseurs, comme le père, jeune, dans son arbre, ou la mère, qu'elle marche ou nage... Magnifique. 

Il me faudra voir intégralement ce film, que je découvre avec grand retard...

Ce que j'ai lu de la démarche d'Olivier Py me fait adhérer totalement à cette démarche. Et je cosigne la première citation, mise en exergue de ma note... 

Entretien avec Olivier Py sur mickrociné. Passionnant (Et les commentaires sont aussi à lire) : http://on.fb.me/1aIrwq3  [Il insiste sur cette réalité métisse du Méditerranéen, et du Pied-Noir, sur le croisement de l’intime et de l’Histoire, sur la souffrance familiale, le refoulé, évoque les Harkis, les camps. Identité (nous pourrions tous écrire ça) : « Et comme il y a un exil qui est un peu à l'origine de l'histoire familiale, le centre en est la Méditerranée, pas une terre. Le rapport que certains peuvent avoir avec une terre je l'ai avec une mer. C'est pour ça que je suis arabo-italo-espagnol, et c'est plus fondamental pour moi que mon identité française par exemple. » Politique et identité (Le difficile lien… Il est conscient de donner des clés, loin des jugements anachroniques.) : « Le matériau que j’avais me permettait en quelque sorte d’utiliser un voile poétique pour raconter une histoire sans jeter de jugements politiques qui n'ont plus de sens. Je suis très content en tout cas si jamais une partie des Pieds-Noirs retrouvait leur histoire et leur identité à travers ce film. »

« Méditerranées », sur Doc en courts (Palmarès 2012, nominé).   : (Où il est dit ce que je percevais en surimpression, mais qui n’est pas encore explicite dans l’extrait présenté) : « Comment montrer l’Histoire ? Comment parler d’un souvenir aussi vibrant que la pellicule Super 8 sur lequel il est inscrit ? » (…) « Ici la guerre est en coulisse, mais qu’est-ce qu’une image de la guerre finalement? » / Lien devenu inactif...

Et sur Mémoblog de Paul Souleyre (blog référencé ici, cf. liste « Pages tissées… ») : « Olivier Py est un méditerranéen » :http://www.memoblog.fr/olivier-py-est-un-mediterraneen/ (Où il évoque la rencontre, idéologique et éthique, avec Luc Demarchi (de « Vivre à Belcourt » et la portée du film d’Olivier Py). Comment la conscience de l’identité méditerranéenne permet (Olivier Py, Luc Demarchi, Paul Souleyre – sur cette page) de vivre en cohérence son identité particulière et d’échapper aux enfermements des appartenances, quand elles sont limitantes (Pieds-Noirs, fils de Pieds-Noirs, ici – mais c’est une vérité qui est valable pour toutes les communautés humaines). Beau portrait du webmestre de Vivre à Belcourt dans cette page, et ample citation.

Autre note, Mémoblog : « Méditerranées, un film d’Olivier Py » http://www.memoblog.fr/film-olivier-py/ (Où Paul Souleyre dit son agacement, à la lecture d’une fiche wikipedia, devant un contenu erroné sur l’enfance d’Olivier Py – comme si le message de l’œuvre n’avait pas été compris : déni, là aussi, dans cette incompréhension, explique-t-il à juste titre).

Ample et bel article, sur Algériades, au cœur de l’identité méditerranéenne comprise à travers l’origine et la référence algérienne : http://www.algeriades.com/olivier-py/article/mediterranees-d-olivier-py (En conclusion, citation d’Olivier Py – entretien : « Nous avons une histoire en commun mais aussi un avenir. Et c’est ce monde de la Méditerranée qui aujourd’hui me semble une vraie, une magnifique utopie". »)

Sur cinemaniac.fr, une lecture qui tient compte de l’essentiel du message, compris profondément. Le film intégral se déroule, comme si nous étions en train de le visionner : « Méditerranées, l’été qui ne reviendra plus » : http://www.cinemaniac.fr/news/mediterranees-l-ete-qui-ne-reviendra-plus 

Article de Version originale : (En exergue, une citation d’Olivier Py : « L’ensemble de mon travail au cinéma comme au théâtre est une interrogation sur l’identité de « méditerranéen ».) / Lien devenu inactif...

Le blogueur, sur Vu du balcon, rappelant le Grand Prix obtenu par ce film au Festival de Nice 2012, relie les souvenirs évoqués dans le film aux siens, jeune à Paris, pendant la guerre d’Algérie… Histoire : http://vudubalcon.blogspot.fr/2012/10/mediterranees.html

... Deux pages sur le site d’ARTE... 

Le film… http://cinema.arte.tv/fr/article/mediterranees-dolivier-py 

Zoom… http://cinema.arte.tv/fr/article/zoom-mediterranees

... Le DVD, page FNAC... http://video.fnac.com/a6211320/Mediterranees-DVD-DVD-Zone-2

.................. Voir aussi, note, Andalousie (illusion?)... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2013/10/18/an... 

................... Andalousie, Méditerranée, voir catégories et TAGS...

09/11/2012

UN LIVRE, une somme. S’informer, questionner, penser l’histoire de l’Algérie de 1830 à 1962

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Pourquoi noter, justement là,  ce livre paru déjà depuis plusieurs mois ? Parce que sa lecture (qui n’en exclut pas d’autres...) invite à s’éloigner des tensions passionnelles et inutiles pour aborder réellement les faits, les questions, et s’inscrire dans la pensée raisonnée et raisonnable. On peut utiliser les différentes entrées pour chercher des réponses précises sur un sujet précis, on peut relier des thèmes traités séparément en passant d’un chapitre à l’autre. J’ai choisi des pages d’articles parus en France ou en Algérie, presse ou sites autres. Les citations mettent l’accent sur la démarche, les objectifs, la méthode, les enjeux. 

« Histoire de l'Algérie à la période coloniale ». Sous la direction d’Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou, Ouanassa Siari Tengour, Sylvie Thénault. Coédition La Découverte / Barzakh. Ouvrage publié avec l’aide du Centre National du Livre (CNL). Août 2012.

Fiche éditeur, La Découverte  http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Histoire_de_l_Algerie_a_la_periode_coloniale__1830_1962-9782707173263.html  (« … Ouvrage collectif destiné à un large public...   Or, depuis les travaux pionniers de Charles-André Julien et Charles-Robert Ageron, malgré la multiplication des publications, on manquait d'une vaste fresque synthétique de cette histoire, rendant compte des travaux les plus récents. Ce livre, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d'autres nationalités), a donc pour but de mettre à disposition des lecteurs une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé. » 

Fiche éditeur, Barzakh : http://www.editionsbarzakh.dz/index.php?option=com_parution&view=parution&id=130&Itemid=3

« Long temps de la colonie – La fresque partagée de l’Algérie française (1830-1962) », Libération, 08-11-12, par Dominique Kalifa : http://www.liberation.fr/livres/2012/11/07/long-temps-de-la-colonie_858849  (CITATION : "Tout en mobilisant plus de 80 spécialistes (français et algériens pour l’essentiel, mais aussi nord-américains, britanniques, allemands), il offre une «vaste fresque... » (…). « Cet essai d’histoire imbriquée de deux nations dont l’une – à l’exception d’une poignée d’ ‘algérianistes’ isolés – voulut ignorer l’autre, constitue un instrument remarquable et marque une étape importante dans l’historiographie. On peut seulement regretter que la période qui suit 1962 ne fasse l’objet que d’un court épilogue. » (…) « ‘En 2012, un Français sur six a un lien direct avec l’Algérie.’’ ».) 

« Quand l’Algérie était la France. ‘’Histoire de l’Algérie à la période coloniale’’. 1830-1962 », Le Monde des livres, 30-08-12 ‘’ : http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/08/30/histoire-quand-l-algerie-etait-la-france_1753077_3260.html   (« Pendant plus d'un siècle, selon le mot du ministre de l'intérieur en 1954, le jeune François Mitterrand, "l'Algérie, c'est la France". Avec ce que cela implique de traces et de mémoire partagée »)

Même page du Monde, note sur l’édition La Découverte. CITATIONS. « … Une difficulté : les compétences et la bonne volonté requises pour un travail de cette exigence ne sont pas légion dans les universités algériennes où, selon François Gèze, PDG des éditions La Découverte, "l'espace d'expression pour une histoire non officielle est réduit à la portion congrue. "Faute de recrue, c'est l'éditeur Abderrahmane Bouchène qui s'est associé aux trois autres chercheurs, » (…) « L'un des points forts de l'ouvrage est d'avoir mis en avant l'importance des travaux des chercheurs étrangers, notamment britanniques ou américains - autre façon de désenclaver cet épisode particulièrement douloureux de l'histoire nationale. »)

« Histoire de l’Algérie à la période coloniale : une fresque de 132 ans »,  Le Matin.dz, 13-09-12, par Kassia G-A : http://www.lematindz.net/news/9482-histoire-de-lalgerie-a-la-periode-coloniale-une-fresque-de-132-ans.html (CITATIONS. « On ne pouvait s’attendre à mieux. » (…) « A travers plusieurs séquences historiques qui ont marqué pour certaines l’histoire algérienne, les auteurs interrogent, dépouillent, expliquent et vont au fond des événements avec une lecture claire, impartiale et novatrice. » (…) » Mettre à perspective les rapports complexes de la période coloniale qu’a vécue l’Algérie pour les expliquer est sans doute l’essence de cette fresque historique. » (…)   « "Comment centre-trente deux-années d'une colonisation sans équivalent à l'époque contemporaine, dont ce livre à plusieurs voix tente de retracer l'histoire, ont-elles marqué la société algérienne et française ?" … interrogation... « dans une postface lumineuse »)

Sur Algeria-Watch (site sur les droits humains en Algérie), « Pour une histoire partagée et critique de la période coloniale », août 2012 :  http://www.algeria-watch.org/fr/article/div/livres/histoire_algerie_coloniale.htm  (« À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, les Éditions La Découverte (Paris) et les Éditions Barzakh (Alger) ont fait  le pari de réaliser un ouvrage collectif ambitieux, qui met à la disposition d'un très large public, dans les deux pays, un ensemble exceptionnel de connaissances sur l'Algérie à la période coloniale (1830-1962), nourri de nombreux travaux historiques peu connus produits ces dernières années. » (…) « Une histoire sans tabous, particulièrement indispensable à l'heure où la permanence des mémoires blessées et des récits biaisés, de part et d'autre de la Méditerranée, entretien toujours des tensions mutuelles qui doivent enfin pouvoir être dépassées.. »

Initiales, groupement de libraires, par Philippe, Librairie Gwalarn, à Lannion , 04-10-12 : http://www.initiales.org/Histoire-de-l-Algerie-a-la-periode.html  (« Un demi-siècle après les accords d’Evian, il est possible d’avoir connaissance de ce que fut la guerre d’Algérie. Son histoire est maintenant bien documentée grâce aux travaux des historiens. Pourtant cette guerre soulève encore de très nombreuses passions tant les traumatismes qu'elle a laissés sont importants, avec pour conséquence une assez large méconnaissance de sa réalité, et cela malgré les dizaines de livres, films, documentaires télévisuels … » (…) « Pour l’ensemble de l’histoire coloniale de l’Algérie (1830-1962), c’est encore pire, car cette histoire a été passée sous silence dans les deux pays et est donc très largement ignorée des deux populations.  Il n’existait que très peu d’ouvrages sur cette période. » (…) « Ce « gros » livre, découpé en quatre grandes périodes, regroupe de nombreux articles écrits par des dizaines d’historiens français, algériens et anglo-saxons. » (…) « Ce livre est tout simplement indispensable à qui s’intéresse à l’histoire de la France et de l’Algérie coloniale. Il n'est pas question ici de vaine repentance ou de concurrence mémorielle mais juste de dire l'histoire. »)

Le site de l’association Harkis-Dordogne http://chs.univ-paris1.fr/spip.php?article42 publie la couverture en mentionnant la publication, et renvoie aux sites de la FNAC et d’EVENE et à la fiche de Sylvie Thénault (avec une bibliographie abondante et précise de ses travaux) : http://chs.univ-paris1.fr/spip.php?article42

« Dépasser la guerre d’Algérie », sur Non Fiction, 30-09-12, par Benjamin Caraco :  http://www.nonfiction.fr/article-6113-depasser_la_guerre_dalgerie.htm  (« Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault soulignent ainsi dès l'introduction leur "volonté de dépasser les polarisations nationales" avec ce livre, "exercice de reconnaissance réciproque et de mise à distance d'un passé conflictuel", qui ne cherche pas pour autant à vainement "réconcilier les mémoires" »  (...)  «  Ce n'est que dans la postface que l'histoire en vient à éclairer le présent avec un essai sur les relations franco-algériennes.  (...) Pour les auteurs le contentieux mémoriel n'est pas encore soldé. »)

« L’ Encyclopédie indispensable »,  El Watan, 16-10-12, par Rémi Yacine :  (« Et si c’était le livre qu’on attendait sur la guerre d’indépendance ? Mieux, sur l’histoire franco-algérienne, une relation imbriquée ? » (…) « …rares sont ceux qui ont entrepris une œuvre aussi titanesque. » (…) « Objectif du livre : «mettre à disposition des lecteurs une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé». Objectif dépassé. Un livre indispensable. »

 Sur une conférence de Sylvie Thénault , en juin 2012, à l'Institut français d'Alger. (Questionnement sur la manière de travailler sur la période coloniale, question des archives, etc.) http://www.if-algerie.com/alger/agenda-culturel/ecrire-lhistoire-de-l2019algerie-a-la-periode-coloniale.-en-france-quels-apports-quelles-limites

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Repères chronologiques, fiche wikipedia : Histoire de l’Algérie  Période de l’Algérie française : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9rie_fran%C3%A7aise