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14/02/2019

1. ANTISÉMITISME. Constats et analyses...

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Magda Hollander-Lafon, 91 ans
rescapée d’ Auschwitz, où elle fut déportée à 16 ans.
 
L'antisémitisme est pluriel. Celui de l'extrême droite, racines historiques anciennes. Celui des complotistes (le complotisme a pour matrice une obsession antisémite fantasmatique). Celui de l'ultra gauche (alibi du soutien aux Palestiniens, l'anti-sionisme est le masque). Celui des islamistes (racines anciennes, aussi) et de leurs sphères d'influence (ils ont les moyens, y compris financiers, de diffuser leur propagande, qui s'appuie sur un substrat idéologique et culturel déjà favorable dans certains milieux). 
Quelle réponse à cela ? Elle doit tenir compte de cette pluralité. Il y a des idéologues à combattre, idéologiquement et juridiquement, et des publics à instruire (éducation des jeunes, qui ne peut se régler en deux heures de cours mais par un long travail d'explication, de formation au décryptage de la presse et des divers médias). Tous les secteurs de la société doivent s'impliquer. Et les citoyens, dans leur réseau de vie. Ne rien laisser passer, réagir. Il doit y avoir aussi une réponse politique, par des décisions fermes. Pour cela il faudrait que les élus refusent le clientélisme qui est encore la cause de compromissions choquantes. Et il faudrait que cesse un certain angélisme qui aveugle les décideurs et rend possible l'entrisme, dans les institutions, de personnalités douteuses promues pour des rôles qu'elles ne pourront tenir sans détourner les objectifs officiels vers des buts autres. Or ce n'est pas encore le cas. De plus, des alliances économiques avec des dictatures théocratiques entraînent des alliances d'autre type qui limitent la capacité de filtrer (et stopper) des réseaux d'influence clairement antisémites. 
  
Pour comprendre, l’Histoire est nécessaire. Lire cette chronique dans la revue Books (l’actualité par les livres, à la lumière des livres…). Un DOSSIER sur les racines de l’antijudaïsme… Chronique et liens vers d’autres articles. L’extrême droite, l’antisémitisme comme matrice.
 
Une définition simple de l’antisémitisme, sur une page du site Toupie. En exergue, la citation d’Émile Zola, sa lettre à la jeunesse, contre l’antisémitisme. Et rappel étymologique, divers sens, Histoire, mots associés (antisionisme, sionisme…).
 
Constat, donc, "Le climat politique favorise l’antisémitisme", Books...
 
Gauche non atteinte ? Faux…  Parcours historique et actuel, qui complète bien le dossier de Books. "Cette gauche antisémite"…  Sur le blog Thucydide, dont un exergue est une citation de Thucydide ("Se reposer ou être libre, il faut choisir") et l’autre une citation de Raymond Aron ("Connaître le passé est une manière de s’en libérer"). Thucydide ? Historien grec qui fut "le premier qui ait voulu discerner derrière le factuel et l’instantané ‘la cause la plus vraie’" (G. Bidault, site thucydide.com, présentation). C’est l’objectif de ce blog Thucydide : éclairer le présent en sachant le passé…  
 
Mais l’extrême droite actuelle ? (Marginale, dit Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite dont l’article qui suit reprend les analyses : marginale par rapport à l’antisémitisme islamiste. Mais elle réactive ses obsessions, notamment par des publications nauséabondes.)… Libération, "Des néonazis aux somaliens, une extrême droite protéiforme"... https://bit.ly/2SJbCMc
 
Et le FN ? (Dont les fondateurs étaient proches de l’idéologie nazie… et qui a comme symbole la flamme empruntée à un parti fasciste italien…) ? Jean-Yves Camus, spécialiste des extrêmes droites, donc, pense que l’antisémitisme s’y estompe et que M. Le Pen n’est ni antisémite ni négationniste.
Pourtant certains qui le sont se retrouvent dans ses fréquentations… (cf. bal des néonazis à Vienne il n’y a pas si longtemps). Il y a eu un nettoyage, et même l’exclusion de J-M Le Pen pour des propos inqualifiables, oui. Mais les électeurs du FN ont des « réflexes » antisémites. Et une des causes de cette évolution du FN vers moins d’antisémitisme est aussi un transfert tactique. La cible du FN est devenue l’islamisme (mais de telle manière que cette cible devient facilement l’islam quel qu’il soit, et donc les musulmans comme communauté). Lire sur L’Express https://bit.ly/2tp3eCq
 
Confusions. Des révoltes contre le capitalisme peuvent se traduire par une lutte contre un capitalisme imaginaire, fantasmé, avec de fausses racines, des obsessions, et un antisémitisme qui croit (complotisme) servir une lutte légitime mais qui n’est que mensonge. Analyse libertaire de "L’antisémitisme comme anticapitaliste tronqué."... http://sortirducapitalisme.fr/166-l-antisemitisme-d-extre...
 
"Les différents visages d'une haine antijuive insidieuse et banalisée". Deux pages d'un ample article du Monde, chronique ample qui analyse les différentes composantes de l'antisémitisme dans différents milieux, lieux (sociaux, géographiques), et courants politiques. L'article rappelle les clichés, préjugés, projections fantasmatiques antisémites. Sur le réseau social russe VK (où ont déménagé Dieudonné et Soral) les tabous tombent et l'antisémitisme de ceux qui les suivent s'affirme sans honte, est-il noté. L'historien Marc Knobel est cité plusieurs fois. Il constate notamment que l'antisémitisme est "une courroie de mobilisation". Les croix gammées signent l'appartenance à l'extrême droite. Comme un certain langage. Ainsi cette altercation que rappelle la chronique, où un gilet jaune (qui se présente comme un journaliste GJ) interpelle Mounir Mahjoubi avec cette question au sujet du mouvement des GJ : "Est-ce qu'on peut dire que le bétail goy se rebelle?". Et il y a la gauche ou extrême gauche, surtout,"antisioniste", l'antisionisme comme masque ou alibi de l'antisémitisme, souvent (si ce n'est toujours, à mon sens, car il s'accompagne généralement d'un refus de reconnaître l'existence du pays). Jean-Yves Camus, lui, cité dans l'article, considère que ce peut être une opinion politique dont la limite est claire : "Admissible jusqu'au moment où il nie l'existence d'Israël en tant qu'Etat. A partir de là ça devient de l'antisémitisme." (...) "Soixante-dix ans après la création de l'État, ne pas lui reconnaître le droit à l'existence est antisémite, car c'est signer l'arrêt de mort des juifs qui y vivent." Autre antisémitisme, celui, "insidieux","feutré", d'une bourgeoisie de tradition chrétienne. Enfin, un antisémitisme musulman (qui a montré sa face terroriste dans plusieurs attentats visant des Juifs, dont des enfants, à Toulouse, et qui a aussi une face autre, celle du harcèlement à l'école ou dans les quartiers). Le soutien aux Palestiniens est le prétexte, et la "concurrence mémorielle" une motivation. (La Shoah est difficilement reconnue dans son horreur spécifique de génocide industrialisé.). Cet antisémitisme arrange l'extrême droite qui voudrait lui attribuer tous les faits, et chercherait aussi à mobiliser des juifs contre les musulmans, objectif pervers (sous prétexte de lutte contre l'islamisme). Mais des musulmans (de croyance ou de culture) s'engagent eux aussi contre les dérives antisémites qu'ils constatent. Des initiatives sont mentionnées. Comme la création de "Citoyenneté possible" par Souâd Belhaddad, qui dit, notant la levée des tabous de langage, que "Braver le tabou du verbe, c'est se préparer au passage à l'acte.". Ou les rencontres coordonnées par Marouane à SOS-Racisme, "Salam, Shalom, Salut". La chronique dans Le Monde...
...
Delphine Horvilleur, rabbin libéral, exprime un souhait qui est aussi une réaction au climat qui accompagne le mouvement des GJ. Oui, pas ou peu de réactions (ou individuelles et ponctuelles) aux multiples dérives antisémites autour des manifestations des GJ - ce qui a libéré la parole de haine. Tags, injures, slogans, confusions complotistes, banderoles, quenelle à la manière de Dieudonné, commentaires problématiques sur les pages Facebook. On a vu quelques personnes, GJ, intervenir ponctuellement lors d'agressions avec injures antisémites, mais pas un refus général s'exprimer. Pas un refus de ceux qui continuent à manifester, pour enfin rejeter toute alliance avec des extrémistes associés idéologiquement à des négationnistes. C'est un fait. Delphine Horvilleur insiste sur le fait que l'antisémitisme est aussi un symptôme qui montre que la nation elle-même est en danger. Elle note que les agressions des racistes visent aussi des morts, signe que la haine concerne l'essence des êtres, leur identité. Et elle dit que la lutte contre l'antisémitisme est l'affaire de tous. Émission (et page) sur Europe 1... https://bit.ly/2tsgIgH
Dans un entretien au Figaro, Delphine Horvilleur, encore, explique ce qui, dans l’antisémitisme, est spécifique . En ligne seul le début de l’article est lisible (réservé aux abonnés), mais il y est déjà noté un point essentiel. Aux Juifs on reproche ce qu’on imagine qu’ils ont qu’on n’a pas ("suspicion d’usurpation"), alors qu’aux autres communautés   subissant un racisme on va reprocher de n’avoir pas ce qui les ferait semblables ou plus proches. 
...CITATIONS, relevées dans la suite… "La figure du Juif ce n’est pas que la figure de l’autre, c’est l’autre qui me ressemble trop. Cela renvoie tout un chacun au fait qu’il y a de l’autre en lui."  (…) "L’antisémitisme… relève d’un territoire mental singulier."  Elle considère qu’on ne pourra jamais supprimer l’antisémitisme complètement, mais qu’on peut "donner des clés" pour comprendre "les conditions économiques, sociales, politiques, qui favorisent l’émergence de l’antisémitisme". 
Au sujet du mouvement des "gilets jaunes" elle dit que, s’il n’est pas antisémite en tant que tel, sa manière de contester le pouvoir, son rejet des élites, et "la grille de lecture complotiste de certains manifestants" le rendent "perméable à la langue antisémite". Il y a possible "appel d’air" pour des idées "nauséabondes". Donc, dit-elle, "Il est de la responsabilité de ceux qui sont engagés dans ce mouvement de se désolidariser et de dénoncer sans aucune ambiguïté ces expressions haineuses." Et le reste de la population doit "prendre conscience" de ce que l’augmentation de l’antisémitisme signifie pour tous. Signe que "quelque chose de la nation est en faillite". Et.. "L’antisémitisme est toujours un prélude", l’annonce d’un effondrement, si ce n’est pas combattu par tous.
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Le président de la Conférence des rabbins européens,
"L'antisémitisme s’aggrave et conduit au pire",
Le JDD...https://bit.ly/2ttWXVV
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REPÈRES...
Définition de l’antisémitisme de l’IHRA (en anglais)… 
Sur la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (en français)…  
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SIGNALER... (publications ou faits)
INFOS. Gouv.fr… "Tous unis contre la haine"...
Dénoncer la haine (dont apologie du terrorisme)...
Égalité contre le racisme. LIENS (associations antiracistes)...
 
MC San Juan

21/12/2017

L'athéisme, tabou en "pays" musulman...

BLASPhémateur.jpgLe texte d’Angeline Montoya, 20-12-17, paru dans Le Monde, repris sur le blog de Waleed Al-Husseini (La voie de la raison), athée ex-musulman qui a payé très cher son athéisme (emprisonné par l’Autorité palestinienne, puis exilé en France où il a été déçu par l’insuffisant soutien à gauche). 

Texte très intéressant, sur la difficile liberté de conscience, liberté de ne pas croire.

Et témoignages. 

Une seule chose me gêne, c'est le nom du blog de Waleed Al-Husseini,  car "La voie de la raison » (si on l’associe à une conviction athée affirmée et à une critique sans concessions de la religion, musulmane ici) cela peut signifier que l’athéisme est le seul choix rationnel, que la raison ne peut que produire l’athéisme (mais on comprend la position de celui qui tient ce blog, lui qui a tant souffert de l’obscurantisme, et qui le combat passionnément)... Cependant la raison a des tas de manières de s'exprimer. Un mystique peut être extrêmement rationnel. De même, l'athéisme peut recouvrir plusieurs sens. Notamment le rejet total de toute transcendance (même totalement étrangère aux religions et à une quelconque croyance à un Dieu personnage), ou le simple refus de croire à un Être transcendant, cette divinité unique des monothéismes. (Encore que les théologies soient fort différentes d'une religion à l'autre, un des monothéismes cultivant le questionnement légitime). 

TRAHISON française.jpgLe risque de cette association de l'athéisme et de la raison est le glissement de certains vers un militantisme antireligieux ou anti-spirituel (suivant les cas). Alors que toutes les options sont possibles pour une conscience libre.

Et c'est là cependant que ce texte est important et utile, en montrant la difficulté à exprimer ses choix personnels dans certains contextes ou lieux et certaines communautés soudées par l'appartenance religieuse. J’ai mis « pays » entre guillemets dans le titre, car le pays dépasse le territoire, et son sens aussi, les frontières étant physiques ou mentales.

Angeline Montoya insiste sur le piège tendu à des athées ex-musulmans par l’extrême droite (sites et associations) qui dit les soutenir et critique l’islam en s’appuyant sur certains discours d’athées pour attaquer en fait la communauté musulmane, et déguiser ainsi le racisme… Citation : « Ce que ses détracteurs appellent l’« islamo-gauchisme » – incarné dans le débat français actuel par le site Mediapart et son directeur, Edwy Plenel –, en condamnant toute critique de l’islam, laisse ces athées, souvent jeunes et sans grande expérience du militantisme, à la merci des véritables islamophobes. » De Waleed Al-Husseini elle rappelle la publication du livre « Une trahison française », qui, résume-t-elle, exprime « son désenchantement face à la frilosité d’une certaine gauche vis-à-vis de l’islamisme ».

Un précédent livre de Waleed Al-Husseini faisait le récit de ses épreuves, « Blasphémateur ! Les prisons d’Allah ». Ils sont à lire, et lui à soutenir, pour son courage (et pour ne pas laisser des extrémistes croire avoir le droit de le récupérer, s’il ne trouve d’adhésion apparente que chez eux, ou surtout chez eux, très faussement laïques). Je crois que les athées ex-musulmans doivent se rapprocher aussi des laïques musulmans, qui allient le fait d’être croyants et celui de s’engager pour défendre les valeurs républicaines et la liberté de conscience, y compris celle des athées issus de leur culture, mais à qui ils reconnaissent, eux, le droit de ne pas croire... Page du blog reprenant le texte... https://la-voie-de-la-raison.blogspot.com/2017/12/latheis...

Liens. Les livres de Waleed Al-Husseini, pages des éditions et articles associés…

« Blasphémateur ! Les prisons d’Allah », page de l’édition, Grasset… http://www.grasset.fr/blasphemateur-9782246854616 

Page de RFI (« L’exil de ‘’l’athée de Palestine’’ »), sur le livre publié chez Grasset en 2015, « Blasphémateur ! Les prisons d’Allah »… http://www.rfi.fr/hebdo/20150220-blasphemateur-waleed-al-...

« Une trahison française », page de l’édition, Ring… http://www.ring.fr/livre/livre.php/livre/une-trahison-fra...

Page de RFI (« Le brûlot de Waleed Al-Husseini face à l’islamisme »), sur « Une trahison française », mars 2017… http://www.rfi.fr/france/20170331-litterature-trahison-fr...

Sur le site du Comité Laïcité République, plusieurs liens, revue de presse sur « Une trahison française »… http://www.laicite-republique.org/une-trahison-francaise-... 

Le Point, mars 2017, rappelle le choc des attentats qui coïncident avec la mise en garde de Waleed Al-Husseini  et montrent à quel point il avait raison d’alerter… Citation.  « Le 7 janvier 2015, Waleed Al-Husseini dédicace chez son éditeur Grasset les premiers exemplaires de son livre Blasphémateur, les prisons d'Allah. Le doux jeune homme aux longs cheveux noirs y revient sur son parcours de blogueur palestinien athée qui, après dix mois passés dans une geôle pour "atteinte à l'islam et à la sûreté de l'État", a fui la Cisjordanie et sa famille pour rejoindre ce "pays des libertés" qu'est la  France. Soudain, son téléphone sonne : les frères Kouachi, en décimant la rédaction de Charlie Hebdo, viennent de prouver que la liberté d'expression et celle de blasphémer…»... http://www.lepoint.fr/societe/waleed-al-husseini-en-franc... 

Marianne, mars 2017, « Islamisme, ce Palestinien qui dénonce la trahison des élites françaises »… Extrait. « Français de fraîche date et Palestinien de naissance, le jeune polémiste Waleed al-Husseini lance dans son dernier livre (“Une trahison française”, Ring éditions) un cri de colère contre tout accommodement avec l’islamisme. / Voici un troublant regard porté sur la France. Un jeune regard où la douleur n'est pourtant pas exempte de tendresse. / Waleed al-Husseini croyait - et il croit encore - aux lumières du pays qui l'a accueilli après les épreuves subies en Cisjordanie pour « blasphème ». L'Autorité palestinienne, que seuls les Candide s'ingénient à croire laïque, l'avait jeté au cachot après avoir découvert le blog où l'adolescent revendiquait son athéisme. Il ne fut extrait de sa prison que sur intervention française. »... https://www.marianne.net/societe/islamisme-ce-palestinien... 

Musulmans laïques… 

Tribune de Nasser Ramdane Ferradj, voix des musulmans laïques progressistes, et fondateur du Collectif des musulmans progressistes et laïques. Libération, octobre 2017… Citations : « Au lieu de faire entendre nos voix qui condamnent l’islamisme, qui défendent le droit des femmes, qui approuvent le principe précieux de la laïcité, des journaux de gauche privilégient des organisations communautaristes comme le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). (…) « Les médias donnent aussi la vedette au Parti des indigènes de la République (PIR), groupuscule identitaire dont l’animatrice, Houria Bouteldja, a publié un brûlot les Blancs, les Juifs et nous (1). Ils ouvrent micros et studios à des associations régressives comme Lallab, qui se présente comme féministe mais fait campagne pour l’abrogation de la loi de 2004, c’est-à-dire pour le voile islamiste à l’école, et invite comme modèles à suivre des femmes comme cette députée tunisienne du parti Ennahdha ayant œuvré pour que la Constitution déclare la femme «complémentaire» de l’homme, ce qui revient à lui assigner un rôle second. La réforme a été rejetée grâce aux vraies féministes tunisiennes, dont Lallab ne parle jamais. »... http://www.liberation.fr/debats/2017/10/12/nous-musulmans... 

Musulmans laïques, fiche wikipedia… https://fr.wikipedia.org/wiki/Musulmans_laïcs 

Le soufisme, pour une « spiritualité laïque », "Le Courrier du Maghreb et de l'Orient"… (rempart au fondamentalisme)… https://lecourrierdumaghrebetdelorient.info/islam/islam-s...

Un blog, Islam laïque… http://islamlaique.canalblog.com 

03/04/2016

Penser ombre et lumière, sauver le sens : Abdennour Bidar et Kamel Daoud

BIDAR.png2012. Regard d'Abdennour Bidar sur des "récurrences tenaces". Et la lumière quand même… 

2015. Réflexion de Kamel Daoud. Pour que le sens (cherché, ouvert) ne soit pas pris en otage… 

Je retrouve par hasard ces deux textes en même temps. Publiés à trois ans d’intervalle, ils se croisent exactement pour se rejoindre et nous aider à comprendre ce qui est à l’oeuvre actuellement : les attaques contre Kamel Daoud et l’enjeu majeur (soutenir cette voix, la conscience, la laïcité pour la démocratie - sauver la pensée). A travers la force de cette voix soutenir aussi celle des poètes prisonniers (Arabie saoudite, Qatar…). Refuser les injonctions qui traversent les frontières, les compromissions, le silence honteux, les alliances honteuses avec l’oppression. 

Relecture de l'entretien d’Abdennour Bidar (propos recueillis en 2012, Le Monde des Religions) pour penser les attaques contre Kamel Daoud et être plus armé pour le défendre, en mesurant mieux le contexte 2012-2016 (et suite…).

« Comment sortir de la religion », entretien de 2012, donc… Mais explication par avance des racines des alliances entre sociologues et traditionalistes (ou carrément, cf. tribune des 19, entre sociologues et islamistes). Citation : « Les traditionalistes musulmans deviennent de plus en plus sociologues et certains sociologues, vaincus par leur empathie naturelle, viennent de plus en plus au secours des traditionalistes musulmans. » Cette phrase introduit sa réponse à la dernière question de l’entretien, où il précise ce qu’est cette alliance, ce qu’est le contexte (« crise spirituelle » et « sous-culture religieuse ») et ce que sont les « récurrences extrêmement tenaces et critiquables » présentes dans les sociétés musulmanes. Il évoque (en musulman et islamologue), ses fortes divergences avec Tariq Ramadan. Il parle du présent de 2012, mais ce qu’il dénonce se déroule là, en 2016, accentué, évident, plus destructeur encore, et plus assumé. Les attaques contre Kamel Daoud sont à situer dans ce qu’il dit de ce contexte de compromission intellectuelle, de dévoiement de la pensée tombée dans le piège d’une idéologie fourvoyée par complaisance politique à la domination du religieux… Alors qu’on entre dans l’ère de la fin des religions (pas de la spiritualité : des religions)… Cet entretien n’est pas un plaidoyer pour l’athéisme, rien de tel (Abdennour Bidar est plus proche d’un mystique que d’un athée, quand on le lit). Il traite de la fin de la religion (de la religion, pas de la spiritualité ou d’un rapport à la transcendance) pour penser une troisième voie, qui se situerait « par-delà religion et athéisme ». (Réflexion développée dans un ouvrage titré « Comment sortir de la religion », éds Les Empêcheurs de penser en rond / La Découverte, 2012)... http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar... 


mms_img1824734821.jpgRetour vers un texte de Kamel Daoud sur Tunisie Focus
, avril 2015… « Il faut être laïc pour sauver la religion ». Car les attaques contre Kamel Daoud veulent (en posant le soupçon de la dite « islamophobie ») donner de lui une image trompeuse (à laquelle adhèrent parfois ceux qui le défendent, soupçon d’islamophobie en moins mais confusion commune). Kamel Daoud n’est pas dans un combat contre la religion en tant que telle, ou contre les démarches de ceux qui cherchent un sens transcendant. A le lire on comprend qu’il combat les manipulations, les idéologies meurtrières, et, justement, la pollution des concepts qui permettent de penser les questions des êtres humains sur le sens et les réponses qu’ils se donnent. Il n’est pas un militant de l’athéisme, mais un penseur de la laïcité (celle, sans adjectifs, qui respecte autant  les croyants que les agnostiques ou les athées).  

CITATIONS… « Dans le monde dit ‘arabe’ c’est le ciel qui trace les frontières de la Terre et transforme les nations en nuages éphémères. C’est le nouveau siècle et les pays du coin sont des tracés sur le sable…» (…) « Le ciel s’y joue et tue l’homme qui passe ou s’y attarde. Cela se passe ainsi quand on ne sépare pas religion et État, péché et délit.» (…) « Les religieux sincères devraient être les premiers à défendre la laïcité. » (…) « Sauf que le mot a mauvaise presse, sali par ceux-là mêmes qui disent que la laïcité est un crime contre Dieu et un complot de l’Occident. Cela se comprend : l’assassin défend son masque. S’il vous dit que séparer la religion et la politique est un péché c’est parce qu’il fait de la politique au nom de la religion. » (…) « Séparer l’État de la religion sauve al religion de ceux qui la salissent et la manipulent. » (…) « Cela permettrait de libérer une religion de la prise d’otage par la violence. C’est alors que l’on parlera de l’homme, de l’amour d’un Dieu, de sens, de vision, de conviction…»... http://www.tunisiefocus.com/politique/il-faut-etre-laic-p... 

Chroniques de Kamel DAOUD, Impact24.info http://www.impact24.info/category/chroniques/kamel-daoud/ 

Articles de Kamel Daoud, Le Quotidien d’Oran, sur Djazairess… http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud 

Chronique régulière dans Le Point : http://www.lepoint.fr/journalistes-du-point/kamel-daoud

……….

« Cultures d’islam », Abdennour BIDAR sur France Culture, les émissions : http://www.franceculture.fr/personne-abdennour-bidar.html

Article, Abdennour Bidar, octobre 2010, « L’absence de spirituel est un problème, pas l’islam ». CITATION : « Ici en France, une laïcité mal comprise nous a fait expulser hors du champ public toute recherche en commun d’un souverain bien spirituel… Or, cette laïcité française est une chance, si aujourd’hui nous nous en saisissons pour chercher tous, avec nos musulmans, dans le respect et la compréhension mutuelle, ce qui en amont de la dignité de la personne humaine la fonde spirituellement. »... http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/27/l-absence-... 

Livres d’Abdennour Bidar (en rapport avec le sujet traité ici) :

« Comment sortir de la religion », éds. La découverte, coll. Les empêcheurs de penser en rond, 2012. (Sortir de la religion n’est pas, pour lui, sortir de la possibilité de penser la transcendance, mais se libérer des instances qui imposent leurs dogmes. De même, Kamel Daoud, défendre la laïcité, valeur de liberté, ce n’est pas vouloir la disparition des dimensions religieuses, c’est refuser leur instrumentalisation politique. Ils se rejoignent dans l’exigence d’une raison lumineuse…). http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Commen...

et...  « Lettre ouverte au monde musulman », éds. Les liens qui libèrent, 2015 : http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Lettre_ou...

01/03/2016

CONTRE les "chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs". Réflexion, et lecture de la tribune de Pascal Bruckner

mms_img1203484475.jpgSoutien de Kamel Daoud, suite...

Car... "A nous de décider quel monde nous voulons" (Kamel Daoud, Courrier international, 09-01-15 : http://bit.ly/1BLvE7G )

Et car... « Ces dernières décennies, le monde dit musulman vit, à travers les propagandes islamistes, une surexcitation de ces codes sexués patriarcaux que la charia entérine. En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une « occidentalisation » qui détruirait l’identité islamique. La mixité et l’autonomie des femmes sont aussi présentées comme sources de corruption sociale et de désordre. Dans cette optique, la prescription du voile, garant de la pudeur, et des conduites inhérentes à respecter confère d’emblée aux femmes non voilées un caractère impudique. » Chahla Chafik  (Le Monde, 15-01-2016.

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"Le Monde" a récidivé, en ouvrant une page (partagée) à une des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud (qui reprend les mêmes slogans donnés pour de la pensée… et ne comprend toujours pas ce qu’a écrit l’auteur que ces inquisiteurs accusent de tous les maux). Et en titrant, de manière choquante, « Peut-on critiquer Kamel Daoud? » (Pourquoi ne pas titrer « A-t-on le droit d’appuyer les fatwas contre les auteurs libres? » ou « A-t-on le droit de lyncher avec des mots hypocrites les penseurs qui nous dépassent? » ou « A-t-on le droit d’être les complices complaisants des islamistes? A-t-on le droit d’être des collaborateurs? »)

De quoi s’agit-il? Un auteur, chroniqueur et écrivain (qui depuis des années porte sur la société, les mentalités, les intégrismes, un regard d’une grande lucidité) a réagi à un fait dramatique, l’agression de femmes, à Cologne, par des hommes venant de pays arabo-musulmans (ce que l’enquête a démontré, mais que l’on savait dès les premiers témoignages, malgré le silence gêné d’officiels). Réagir à l’actualité, c’est le travail des chroniqueurs. Tenter de comprendre les causes des faits, de décrypter le réel, c’est du journalisme. 

Des agressions sexuelles? oui, ce fut le cas.

L’ identité des hommes? Oui, ce que disent les faits, les témoins, puis l’enquête, cela conforte le questionnement de Kamel Daoud. Pays, culture, appartenance à un ensemble déterminé par des codes machistes légitimés par des justifications se référant à une interprétation rigide de sources religieuses (ou un dévoiement inventant des règles que les sources ne confirment pas…).

Réelles agressions, occultées par les auteurs de la tribune qu’elles dérangent moins que le fait de les analyser et questionner, apparemment. Le crime de l’auteur est de refuser le déni. Et comme le déni est ce qui remplace la pensée pour les censeurs, il faut condamner celui qui le refuse.

Pourtant il n’y a pas  que Cologne. Le wahhabisme s’étend, là où il a le pouvoir les femmes sont soumises à l’effacement derrière les voiles qui masquent corps et beauté (car autrement les hommes ne sauraient résister aux pulsions?) et à des interdits, une soumission. Le voile sert aux salafistes de marque et d’affiche, et la notion de « pudeur » d’occultation à tout vécu de la sexualité qui ne soit d’emprise.

Il n’y a pas que Cologne. Mais, aussi, il n’y a pas que Kamel Daoud qui interroge et dénonce ce qui doit être interrogé et dénoncé. Pourquoi tant de hargne contre lui? Ce n’est pas seulement pour la grande qualité de son écriture (que les inquisiteurs n’ont pas l’air de savoir apprécier). Ce n’est pas seulement pour sa notoriété. 

Serait-ce parce qu’ils sont dérangés par la grande complexité de sa pensée? Justement? Complexité qui, notamment dans cette chronique sur Cologne, lui faisait renvoyer dos à dos les fantasmes des uns et des autres, les peurs des uns contre les peurs des autres. Ou, autre page, autre jour, dénoncer « les » intégrismes (« L’intégriste universel »). S’il n’accepte pas les pièges de la victimisation jouée et surdouée, qui évacue toute responsabilité, il n’accepte pas plus les pièges d’une idéalisation fausse des réalités occidentales. L’acuité du regard, Kamel Daoud l’exerce sur tout. 

Serait-ce à cause de cette fatwa? Par un désir inconscient de complaire aux salafistes? A moins que ce soit plus que complaire, et plus qu’inconscient? 

Ou, calcul stratégique qui aurait été impulsé par un courant idéologique qui sait infiltrer et capter des passeurs de message, serait-ce parce que, fragilisé par cette fatwa, il est une cible idéale pour ensuite décourager les autres auteurs. (Chroniqueurs, blogueurs, journalistes divers, romanciers, poètes ou philosophes?) On commence avec celui qui est le plus en vue, primé récemment encore (et on se saisit de ce moment, peut-être pas par hasard…), avec l’intention de continuer ensuite avec d’autres. 

Ou…? Je cherche, je réfléchis, depuis plusieurs jours, lisant les réactions des uns et des autres, tous ces soutiens qui sont de plus en plus nombreux. Et je me demande s’il n’y a pas quelque chose qui est de l’ordre du racisme, même si des signataires s’appuient sur leurs noms pour revendiquer une appartenance à l’univers culturel de l’auteur. Le racisme qui est ressenti devant celui qui échappe aux catégories, dont vous craignez qu’il vous ressemble au point que vous ne sachiez plus vous différencier. Kamel Daoud, lui, est très clair. Il est et se dit Algérien, totalement, avec amour pour la terre native et les êtres qui la peuplent. Il en prend toute la culture héritée, ne faisant pas profession d’athéisme. Il a choisi d’écrire en français, comme beaucoup (cette prise revendiquée par le grand Kateb Yacine). Et son esprit saisit le monde autant que le lieu. Son écriture produit des « chroniques algériennes », mais son art rejoint l’universel. Une conscience qu’on ne peut enfermer dans une case, et qui gêne le désir qu’ont certains de se mettre dans de confortables cases conformes : la victime éternelle de l’Histoire coloniale, le croyant toujours stigmatisé, l’antiraciste vigilant (ou qui croit l’être,antiraciste), l’ami « des » musulmans (qu’il confond souvent avec les islamistes, mais…), l’intellectuel (ou croyant l’être car bardé d’éventuels diplômes ou titres) professant le multiculturalisme (mais en fait le mono-culturalisme pluriel tel que défini par Amartya Sen), l’identitaire qui ne sait pas qu’il l’est (mais il l’est : obsédé par l’appartenance, l’origine, la fidélité aux frontières et aux normes dictées).

Oui, racisme sans doute. 

Et peur. Car Kamel Daoud interroge autant les conforts et failles de l’impensé européen (machisme miroir qui refusait de voir du viol là où il y avait viol) que les failles dans ce qu’il dit de son monde d’autre bord de mer. Secousse sur deux rives. 

Si de telles questions viennent d’Algérie, l’onde de choc qui se prolonge peut déchirer bien des certitudes. Et les « sociologues », enfermés dans leurs systèmes, être perdus sans leurs cadres repères. C’est leur statut aussi qu’ils défendent. Leur échec à savoir penser ce qu’un écrivain peut formuler avec d’autres mots et concepts que ceux que leurs schémas ne savent pas saisir. 

Ce que l’exigence de lucidité de Kamel Daoud provoque, c’est un questionnement sur le rapport de la société avec le féminin (plus que le rapport féminin-masculin seul), de manière universelle. Et aussi de la société avec la pensée et les frontières artificielles entre domaines de compétence. La force d’écriture d’un auteur dépasse en rigueur, par son art, les productions dites universitaires. Parfois une chronique vaut plus que certains livres lourds de pages et de certitudes. 

La flamme d’un style contre la glace des intégrismes (même coiffés).

Pour que l’intelligence ne soit pas marquée d’illégitimité…

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Et donc, j’ai lu, aujourd’hui, la tribune de Pascal Bruckner, qui oppose sa lecture des faits et sa perspicacité à l’obscurantisme déguisé en maîtrise. Soutien affirmé de Kamel Daoud. Affirmé et argumenté.

Le titre pose les points sur les « i »… Fatwas. Le « s » associe les signataires (et la récidive individuelle de l’une d’entre eux) à la monstruosité de l’appel du salafiste vouant la pensée à la mort. Car c’est effectivement du même ordre.

« Défendons les libres-penseurs contre les fatwas de l’intelligentsia », est donc le titre (papier) de cette tribune de Pascal Bruckner, dans Le Monde daté 2 mars. Sur le site le complément (« venus du monde musulman ») correspond bien au contenu du texte… (même si la notion de « monde musulman » masque la pluralité des mondes dits de l’islam - où, d’ailleurs, tout n’est pas « islam »… malgré les injonctions de forces dominantes - et où « islam » recouvre des réalités plurielles aussi). 

« Comment faire taire une voix originale ? », dit-il, « Par deux moyens : la menace physique, d’un côté, le discrédit moral, de l’autre. »

Si, insiste-t-il (à juste titre), Kamel Daoud a évoqué la misère sexuelle, la frustration, « Il n’est pas le premier à proposer une telle lecture : de Tahar Ben Jelloun à Fethi Benslama, nombreux sont les écrivains ou psychanalystes, originaires d’Afrique du Nord, à avoir mis en lumière la misère sexuelle, la relégation des femmes, l’interdit de l’homosexualité dans le monde arabe. ». Mais lui, note-t-il, a appliqué sa réflexion aux agressions de Cologne. C’est concret, c’est ici, c’est tabou. Donc : « Il s’agit de lui fermer la bouche en l’accusant de racisme. » Et « Avec cette pétition, on n’est pas dans le débat intellectuel, parfaitement légitime, mais dans la démonologie. » Pour supprimer de l’horizon, de manière inconsciemment magique, ce qui est insupportable car très grave, « il ne faut pas en parler »… « il ne faut rien en dire ». Comme si ne pas nommer avait pouvoir d’évacuer le réel dérangeant... « Une sorte d’interdit pèse sur l’interprétation. » 

Pascal Bruckner porte l’attention sur une inversion de la prise en compte des faits. Se soucier des personnes agressées portant l’attention sur la violence des hommes et leur identité, il ne faut pas le faire : donc se taire est le choix de ceux qui dénient à Kamel Daoud le droit de dire, questionner, analyser des… faits. Non, il faut se soucier plutôt de l’image que cela donnerait des cultures auxquelles ils se rattachent, disent implicitement les censeurs. Et du religieux, dont la présence est dominante. Parler du religieux, là, c’est forcément, explique Pascal Bruckner, être accusé d’islamophobie (ce qui a été fait dans leur tribune pétitionnaire) : « Voilà donc, le terme d’islamophobie, ce mot du vocabulaire colonial du XIX ème siècle, transformé en arme de guerre idéologique par les mollahs de Téhéran en 1979, à nouveau utilisé comme instrument de censure.» Censure, visant les intellectuels au-delà de Kamel Daoud  : « C’est toute la nébuleuse critique de l’intelligentsia franco-maghrébine qui est visée par les pétitionnaires. »

Et, là, Pascal Bruckner fait le lien avec la période stalinienne, où les tabous étaient aussi violents, où l’on désignait comme traîtres réactionnaires ceux qui osaient critiquer l’URSS, alors intouchable au regard de communistes suivistes… Une certaine gauche ne supporte pas de voir ses illusions percées à jour. (Je dirais, pour ma part, une gauche qui frôle l’extrême droite…).

Il dénonce aussi ce qui relève, dit-il, d’une sorte d’apartheid intellectuel (on ne reconnaît pas à l’intellectuel algérien, maghrébin, le droit de critiquer sa propre culture). Le regard critique sur soi étant un privilège d’européen : « mépris néo-colonial masqué sous la défense de l’islam ». Pascal Bruckner regrette qu’au lieu d’aider les penseurs dissidents à « combattre le fanatisme», les intellectuels soutiennent « les pouvoirs dominants » et « cautionnent »... la « bigoterie religieuse en cours » : « trahison des clercs », encore… 

Contre les « chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs » (titre de la note emprunté à cette citation),  Pascal Bruckner en appelle à ceux qui sauront « appuyer ces voix divergentes » : « Il n’est pas de cause plus sacrée ». I agree…! Car l’enjeu est de taille, pour la paix, pour la démocratie, pour le bonheur et l’intelligence des individus. Lien vers le texte (non lisible intégralement…), Le Monde, daté 02-03 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/01/defendons-...

........ MISE à JOUR, 03-03-16 :

Chronique de Kamel Daoud « Mes petites guerres de libération ». Il explique son rapport à l’écriture, ses décisions : « «En règle générale, je n'aime pas parler à la première personne. Le « je » est un abus. Encore plus chez un journaliste. Cela me gêne comme une carapace ou un maquillage. Cela me rappelle ces egos démesurés qui croissent chez les « engagés », les militants, les intellectuels ou chez les bavards. Ecrire est une exigence de la lucidité et cela impose de s'effacer. Au « je », je préfère l'artifice de « chroniqueur ». Un statut d'administrateur de la métaphore. Cela me permet d'écrire tout en gambadant, libre, derrière les mots. Cela donne de l'importance à l'Autre. Laisser courir un vent. Ouvrir une fenêtre sur une poignée de main. Ecouter et rester un peu immobile pour voir surgir l'inattendu dans le buisson des verbes. Exprimer des idées sans les alourdir par son propre ego.   http://www.lequotidien-oran.com/?news=5225706

Plainte de Kamel Daoud contre le salafiste auteur de la fatwaProcès. Six mois requis (justice). Décision le 8 mars  http://www.lecourrierdelatlas.com/1097201032016Affaire-Da... 

« Haro sur un écrivain révolté », par Anne Hamidou, 23-02-16  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/23/kamel-da...  

Marianne, 01-03-16. Sur la troisième intervention de Fawzia Zouari (sur France Inter le 1er mars, après des chroniques de soutien à Kamel Daoud parues dans Jeune Afrique et Libération - liens posés ici (note du 21-02, l’une, du 27-02, l’autre) : http://www.marianne.net/kamel-daoud-est-victime-fatwa-lai...

Tribune de Manuel Valls : https://www.actualitte.com/article/tribunes/en-soutien-a-... 

André Comte-Sponville. Pourquoi philosopher quand… « N’aurait-on pas le droit d’être…? ». L'Express  http://www.lexpress.fr/actualite/societe/andre-comte-spon... 

Et, Franck Crudo, "Le politiquement correct, l’islam et moi", http://www.causeur.fr/comte-sponville-islam-politiquement...

Note blog de Sébastien Fath, 01-03-16 (laïcité, protestantisme) : « Kamel Daoud, défaite du débat et misère de la sociologie française » : http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2016/03...

Réaction de la Licra (Pas vu d’autre intervention d’associations antiracistes pour l’instant): http://www.licra.org/quels-mots-face-aux-maux/ 

Communiqué signé par Cherifa Kheddar, Blida, Présidente de l’association " Djazairouna" des Familles Victimes du Terrorisme Islamiste, et Huguette Chomsky Magnis, Paris, Secrétaire générale du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme (MPCT). « Solidaires de Kamel Daoud, solidaires de toutes les femmes victimes de violences sexuelles, solidaires de toutes les victimes du terrorisme islamiste » : http://www.mpctasso.org/spip.php?article1484

Texte de Myriam Ibn Arabi, publié par Virgil Brill, (blog) https://blogs.mediapart.fr/virgil-brill/blog/220216/aux-o... 

Additif 9 mars 16. Réaction de Tahar Ben Jelloun  http://www.le360.ma/fr/blog/le-coup-de-gueule/affaire-kam... 

............... Mise à jour 04-03-16

Entretien avec Lydia Guirous, qui situe le contexte idéologique de la polémique…. Les faux débats  et les attaques s’inscrivent dans le cadre d’une lutte où le fondamentalisme trouve des complices. Lydia Guirous dénonce les pièges et dit les enjeux. « L’islamisme c’est le nazisme du XXIème siècle ». par Lydia Guirous, L’Écho, Belgique, 02-03-16. Citations : « Nous avons une gauche da­van­tage sou­cieuse d’évi­ter les ac­cu­sa­tions d’is­la­mo­pho­bie que de condam­ner le fa­na­tisme is­la­mique. C’est triste pour la France et c’est in­dé­cent pour toutes les vic­times. » (…) « Les ac­com­mo­de­ments rai­son­nables ont mené à l’échec de l’in­té­gra­tion. Quant au voile, il n’est rien d’autre que le sym­bole de la sou­mis­sion et de l’in­fé­rio­rité de la femme. Le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux est le ter­reau de la ra­di­ca­li­sa­tion. Or, par quoi passe le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux au­jour­d’hui? Par le pro­sé­ly­tisme. Et quels sont les ou­tils de ce pro­sé­ly­tisme? Ce sont les signes os­ten­ta­toires re­li­gieux: voile, burqa, niqab, etc. Ces at­tri­buts sont de­ve­nus le sym­bole du refus d’un mode de vie, de toute forme d’in­té­gra­tion. » (…) « On a fait preuve d’un aveu­gle­ment et d’un ro­man­tisme ef­frayant. L’is­la­misme, c’est le na­zisme du XXIe siècle. » https://m.lecho.be/economie_politique_europe_general/L_is...  

Les deux articles qui suivent illustrent ce que Lydia Guirous explique…

« Manuel Valls, merci pour Kamel Daoud. / Le Premier ministre a frappé fort. Plenel n’a pas apprécié », Causeur, 03-03-16. Dans cet article, Marc Cohen met en question le positionnement d’Edwy Plenel (symbolique d’un aveuglement) : http://www.causeur.fr/manuel-valls-kamel-daoud-edwy-plene... 

Mohamed Louizi, lui, va plus loin en pointant des liens qui lui semblent faire sens : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/110615/med...

21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

kamel daoud,daoud,chroniques algériennes,algérie,journalisme,idéologie,islamisme,islamistes,salafistes,islamophobie,intégristes,intégrisme,laïcité,religions,islam,musulmans,identité,peurs,politique,imaginaire,haine,autre,frères musulmans,liberté,pensée,critique,presse,inquisitionJ’ai lu la chronique d’Aziz BenyahiaAlgérie-Focus, publiée le 19-02-16, publiée aussi sur la page Facebook « Chroniques algériennes » sous le même titre  « Notre soutien sans faille avec Kamel Daoud »… (J’ai  posé ma réaction en commentaire sur la page FB).  Voici ce que j’ai écrit : 

Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

J'ai lu « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix idéologiques et des objectifs. (Le lien ne fonctionne plus).

Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

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MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali, 22-02-2016. Synthèse remarquable. CITATIONS : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

20/01/2016

Deux fois le féminin pour interroger le rapport au religieux et à la société...

Les communautés qui affrontent le plus d’hostilité actuellement sont les Juifs et les Musulmans, en France. L’antisémitisme a des effets plus dramatiques car il entraîne l’adhésion à des idéologies meurtrières, mais les agressions contre les musulmans ont triplé, d'après les dernières statistiques. Cependant, malgré cela, les actes antisémites sont deux fois plus nombreux, 806 dénombrés en 2015, pour 400 actes antimusulmans (actes dont le nombre est contesté par certains* quand des associations spécifiques intègrent à cela des réactions à des pratiques discutables ou à des discours de haine : expulsions d'imams qui se mettent hors la loi). Les uns et les autres subissent des stigmatisations d’une sorte ou d’une autre. Cela interroge le rapport des individus à l’idéologie, et à la religion, quand elle devient soit le prétexte à se faire haïr ou tuer soit le prétexte pour haïr et tuer. Poser les bonnes questions et trouver des éléments de réponse, cela dépasse de loin le seul débat intellectuel mais devient une question de survie. « Sauver » est le terme qu’utilisent les mères de la Brigade des mères. Résoudre les conflits, y compris celui qui oppose Israéliens et Palestiniens et entraîne souffrances et morts, c’est un des thèmes de la réflexion de Delphine Horvilleur, qui rappelle l’assassinat de Yitzhak Rabin.

* (cf. une tribune d'Eric Conan, dans Marianne du 15 au 21 janvier, qui traite de la laïcité et de la polémique déclenchée par un interview d'Elisabeth Badinter, qui posait la question de la nécessité de pouvoir critiquer toutes les religions, islam compris - alors que le mot "islamophobie" est souvent utilisé pour faire barrage à tout questionnement...)

Voilà ce qu’écrivent en tête de leur site des femmes musulmanes, antiracistes, et désireuses de sortir des pièges de la victimisation ou de la radicalisation : « Nous sommes toutes Mères et françaises. Nous allons lancer des ponts de la connaissance entre les banlieues et les centres villes, entre Paris et Sevran, et créer l’Ecole de la République des Mères. Nous voulons que les lois de la République soient appliquées pour sauver les Mères et les enfants. Nous sommes contre la Radicalisation, l’Islamophobie, L’Antisémitisme, la Victimisation, le clientélisme. C’est terminé. » Nadia Remadna : http://www.brigadedesmeres.org ((Pour ma part je préfère parler de haine des musulmans, ce qui rejoint une forme de racisme, que d'islamophobie, ce terme d' "islamophobie" restant controversé car au spectre trop large et à la définition floue : qu'entend-on vraiment par cela? Si c'est le questionnement de l'idéologie associée à une certaine vision de la religion, ce questionnement est légitime et nécessaire. Si c'est le refus d'accepter la foi des croyants, et par extension ces croyants, c'est problématique. Dans quel cadre peut-on faire entrer la critique de l'islam radical, politique? Dans quel cadre peut-on faire entrer un regard critique sur le fondamentalisme? L'antisémitisme, par exemple, ne recouvre pas la critique qu'on peut faire des postures intégristes de certains courants juifs (et que les Juifs laïques font eux-mêmes) : il recouvre clairement la haine des Juifs en tant que Juifs. La Brigade des mères entend certainement par islamophobe la haine des musulmans en tant que tels...))

Delphine Horvilleur, elle, rabbin libéral, parle du féminin, du « va-et-vient entre le texte et l’humain », qui est central dans la pratique religieuse, et elle évoque les positions conservatrices, en France, des instances religieuses (et des mentalités) en général. Elle invite ainsi à un questionnement intime et social, en relation avec l’actualité et la résolution des conflits. Car « l’altérité est au coeur du conflit ». Elle nomme le fondamentalisme (présent dans toutes les religions : on l'a vu lors des débats sur le mariage pour tous...) qui est une fermeture qui fige tout, pensée et langage, codifie les comportements (en utilisant notamment la notion de pudeur pour dominer la femme), empêche la liberté : http://www.telerama.fr/idees/le-rabbin-delphine-horvilleu...

05/11/2015

Israël-Palestine. "Parcours de paix..."

« La médiathèque Lucie Aubrac de Ganges, en Cévennes, et Réel éditions (maison d'éditions à Ganges) s’associent pour proposer deux journées, les Vendredi 20 et Samedi 21 novembre 2015, et présenter les actions de paix de plusieurs Palestinien(ne)s et Israélien(ne)s, à travers rencontres, débats, projections, musique… Les invité(e)s sont les auteurs du livre collectif : « Israël – Palestine, Les mains tendues » (Réel éditions), qui sortira en librairie début novembre.

Ils sont Israéliens, Palestiniens, Juifs, Arabes, Musulmans, Chrétiens... »

« Ces propositions et ces actions existantes nous sortent du clivage médiatique simpliste et désespérant. » 

Suite sur le site : http://fr.ulule.com/parcoursdepaix/ 

Le site de l'édition : http://www.reel-editions.comPAIX.jpg

27/05/2015

Andalousie ? Non : Andalousies...

Blas Infante.gifANDALOUSIE.jpgAl-Andalus.gif

Ancestrale Andalousie à l’histoire complexe, aux récits parfois contraires. Et même si la réalité est  recouverte en partie par une mythologie idéale, il reste des mémoires transmises, qui touchent à un mystère identitaire. Ce qui est passé, de génération en génération, c’est un goût musical commun à plusieurs rives, les mêmes chants, un tissage de langues, une esthétique visuelle, architecturale notamment, qui transcende les frontières. Et des visages qui se ressemblent, car les gènes, au cours des siècles, ont circulé... Emprunts biologiques nés d’amours frontières. Andalousies, dit Jacques Berque, car ce pluriel donne une direction à la fraternité que les êtres humains, malgré tout, cherchent. L’Andalousie a ceci de particulier, qu’elle reste, plus qu’une région, une patrie intérieure des exilés, longtemps après qu’ils aient raconté leurs migrations, ou leur fuite, longtemps après, chez leurs descendants. Elle se fait centre diasporique, repère. Et quand on entend chanter Marlène Samoun, pour des chants sépharades en plusieurs langues, ou qu’on entend le violon ou la voix de Rachid Brahim-Djelloul, on part dans un voyage intime, on pénètre dans les douleurs et les joies de milliers de noms (avec les nôtres peut-être), dans un passé lointain, et dans le présent si proche qu’il suffit de quelques mots en espagnol ou de quelques heures en train, pour traverser le temps... Elle est peut-être, notre Andalousie métisse, la patrie intérieure de tous les humanistes, de tous ceux qui refusent les entraves de la haine, les pièges des barrières.

Il y a aussi, dans la souterraine identité andalouse (et espagnole), la conscience marrane. Ce mot peut se lire comme une injure faite aux conversos (porcs, pour ne pas vouloir en manger), ou trouver dans l'hébreu le sens de consciences forcées (à la conversion). Car des 5% de Juifs, seuls 12% partirent. C'est ainsi que certains donnèrent des saints chrétiens, authentiques mystiques ne sachant plus leur identité religieuse familiale (car leurs parents les protégeaient en ne la leur disant pas...). Et c'est ainsi que l'Espagne andalouse s'interrogea beaucoup, après le franquisme, sur les interférences cachées de ses visages culturels et spirituels...

On peut aller plus loin dans les questions, et sentir, encore plus, le ridicule des enfermements identitaires. Zev ben Shimon Halevi (Warren Kenton), kabbaliste anglais fascinant, écrivit un roman initiatique sur l'Andalousie des mystiques, "L'Envoyé de l'Esprit", publié d'abord en anglais à Londres et à New York, puis en français en 1991. Rencontres de destins, groupes hétérogènes qui s'enseignent. Talmud, kabbale et soufisme qui se frôlent et s'interpénètrent, familles qui se croisent... Chrétiens récents aux antécédents juifs "ou" musulmans, et même juifs "et" musulmans. Cela commence par "un matin glacé du printemps de 1491". Cela finit sur une scène de mort et son contraire. On parle de "l'envoyé de ce temps". (Non le Messie final des uns ou des autres, mais le "Katub", un esprit ordinaire en apparence - singulier ou pluriel - qui supporte le monde par son feu intérieur... Que les êtres ne reconnaissent pas, ou reconnaissent, et qui meurt, comme tous, suivi par un autre.) Il y a Rachel et Avraham, Hakim et Mora, à la fin, page 239. Rachel... "Mon père était juif et ma mère maure, avant que nous devenions chrétiens.", avait-elle dit, page 100... 

Encore plus loin? Si on parle à un taoïste ou un mystique tibétain, il dira que, sans doute, dans d'autres vies que parcourut notre âme, nous avons, nous, parcouru plus que des vies. En voyageur d'identité... Juif une vie, musulman une autre, chrétien la suivante, athée cérébral une autre fois, ou avant. Agnostique, souvent, en recherche de lucidité. Méditant parfois, et sage, peut-être, ou fou. En tout cas ennemi de soi-même dans les vies d'intégrisme, d'inquisition, de fermeture communautaire, tuant son miroir ou son frère. Mais il dira aussi qu'au bout du bout du temps (qui n'est pas ce que l'on croit) on finit par prendre conscience de ce que sont les mirages de nos rivages intérieurs, et par se voir soi-même dans l'autre, sage ou fou. Car notre réalité est une mise en abyme...    

« J’appelle à des Andalousies toujours recommencées, dont nous portons en nous à la fois les décombres amoncelés et l’inlassable espérance. » Jacques Berque, né en Algérie, leçon de clôture prononcée au Collège de France, en juin 1981.

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LECTURES....

"El Ideal Andaluz", de Blas Infante, Sevilla, Arévalo, 1915. Réédition, Sevilla. Junta de Andalucía, 2010, centrodeestudiosandaluces.es : http://bit.ly/1KyxuOQ

"Identité andalouse", de Gabriel Martinez-Gros, Actes sud, 1997 : http://bit.ly/1AwVsqe

"Al-Andalus, 711-1492", de Pierre Guichard, Hachette/Pluriel. Sur le site Bibliomonde : http://www.bibliomonde.com/livre/andalus-711-1492-1814.html

 "Construction des identités", l’exemple de l’Andalousie. Recherche d’Ébane  Mexcin, Montpellier : http://bit.ly/1EwiBEi

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Sites...

L’Andalousie par elle-même, "Así es Andalucía", andalucia.org : http://bit.ly/1RmaP9r

Fiche wikipedia (liens, dont portails): http://fr.wikipedia.org/wiki/Andalousie

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Notes antérieures...

J’ai fait une mise à jour dans une note du 07-03-11, en constatant un manque étonnant (note qui était suivie d’une autre page, le 11). Multiples liens, livres et musique, sites dédiés, aussi : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/03/07/andalousies.html

Autre note, complémentaire, le 11-03-11 : http://bit.ly/1GC3dfO

03/02/2015

Parler du fascisme tapi dans l'islamisme...(MAIS...). Lectures... Courrier international...

COURRIER international.jpgCOURRIER ISLAM.jpgParler du fascisme, oui. Fascisme... C'est cela que désignent les auteurs de ces articles, journalistes ou écrivains, qui s'expriment dans le monde - et, précisément, aussi (voir les deux derniers articles), dans le "monde arabe" (notion controversée, mais qui recouvre une réalité culturelle et géopolitique cependant). Fondamentalisme qui est avant tout idéologique, politique. Fascisme qui ment en prenant le masque d'un attachement à une appartenance religieuse (même si celle-ci peut interroger ce qui en elle permet cette captation), et en emprisonnant les populations dont c'est la croyance ou la culture. (Ou dont c'est une des cultures, car les êtres sont tissés de cultures plurielles, surtout dans le contexte de notre univers mondialisé, diasporique, métissé, voyageur, nomade, connecté, traversé de réseaux...). Totalitarisme qui a un projet (fou peut-être, mais d'autres folies ont déjà réussi à opprimer terriblement : mémoire de l'Inquisition, du nazisme, du stalinisme...). Idéologie fondée sur des constructions mentales manipulatrices, une rationalité mêlée considérablement d'irrationalité (complotisme et négationnisme n'étant que deux aspects de la mise hors raison). Plongée mortifère dans le culte du passé, la peur de la femme, la peur du rire, du sport, de la musique, de l'art, de la pensée...

Fascisme tapi dans l'islamisme... PAS dans l'islam (vision haineuse que veut imposer l'extrême droite, pour rejeter les musulmans, par pur racisme, xénophobie en tout cas, refus culturel, peur identitaire). Pas dans l'islam tel que le pratiquent la majorité des gens qui le vivent comme spiritualité. Donc pas en eux, seulement croyants parfois, ou même pratiquants - plus ou moins, comme dans toutes les religions. Pas en eux, sur lesquels on risque de projeter l'ombre des terroristes revendiqués musulmans. Projeter cela c'est projeter la peur, et ouvrir la place (dont d'autres pourront se saisir) pour les agressions, verbales ou physiques. Attention, NE PAS confondre... Eviter de superposer les mots et les gens (ou idéologie et croyance religieuse). L'extrême droite nous tend et nous tendra ce piège, qui n'est que le miroir de celui que tendent les islamistes djihadistes (cela conforte leurs analyses jumelles fondées sur la haine de l'Autre...). Confondre, c'est pratique, facile... c'est penser en raccourci. Ne pas penser en raccourci, c'est, aussi, interroger, comme le font de nombreux intellectuels musulmans et des islamologues, ce qui, dans les sources de la religion, peut autoriser la violence, la légitimer. Dans tous les textes de ces intellectuels, donnés à lire dans les revues de presse de plusieurs de mes notes (et dans les références de livres) la complexité est présente. Mais, si la complexité est présente, dans la pensée comme dans la réalité, l'interrogation devra se porter aussi sur le lien des religions avec les revendications identitaires, et sur le lien des appartenances idéo-religieuses avec la perception que les uns ont des autres (croyants ou incroyants, et croyants autrement). [En Norvège, Anders Behring Breivik, le terroriste chrétien qui tua 77 personnes et en blessa 151 en juillet 2011 - des cibles idéologiques - ne le fit évidemment pas au nom de l'islam, mais bien au nom de ses convictions politiques d'extrême droite, sous-tendues par le désir de défendre sa conception d'une identité européenne associée à la chrétienté, qu'il voulait préserver... Preuve que des fanatiques idéologiques peuvent se saisir du religieux à des fins politiques. Stratégiquement parfois, ou même sincèrement... Car le rapport avec la foi est subjectif, donc facilement passionnel, et peut devenir doctrinaire si les questionnements n'ouvrent pas la lecture des textes aux interprétations divergentes. Et, au-delà, si des clés ne sont pas données, culturellement, pour dire comment distinguer ce qui est de l'ordre de la spiritualité, de la recherche de sens, et ce qui est de l'ordre de la politique.] Religion, et religions, ou cultures imbriquées... Rien n'est simplement cela ou le contraire.     

Complexité? Bien mise à mal, encore, quand on enferme les êtres dans des catégories. Car que veut-on dire quand on dit "musulmans"? Ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs, ni bouddhistes? (Cela ne rend pas forcément musulman...). N'y-a-t-il pas dans cette appellation, y compris pour refuser (à juste titre) tout amalgame avec les terroristes, une manière de désigner une origine? C'est hypocrite et mensonger. Lire la tribune d'Ahmed Benchemsi, parue dans Le Monde du 16-01-15 : "Le 'musulman modéré', une version actualisée du bon nègre". [Citations : "En les qualifiant de 'musulmans', on les singularise déjà." (...) "L'islam, c'est d'une ridicule évidence, n'est inscrit dans le patrimoine génétique de personne." (...) "Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme)"]. Texte intégral : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html   

Donc, LECTURES (citations...), pour commencer (ou poursuivre), la confrontation, avec, réellement, ce qu'est l'islamisme... Et non pas ce que nos paresses, notre idéologie, ou notre inconscient, voudraient nous faire croire (dans un sens ou un autre...). Vu de... Québec (l'idéologie...), Ukraine (ne pas tolérer l'intolérable, car ce serait renoncer à la démocratie...), Liban (répondre au fascisme...), Tunisie (des fascistes... imbéciles... qui osent se réclamer d'Allah..), presse monde arabe à Londres (Explications... Non, ni la France, ni les Juifs, n'ont mérité ça. Caricatures? Comprendre que se moquer du Prophète c'est comme se moquer de Moïse. Oui, on peut se moquer de Moïse, mais pas de l'Holocauste, car ce n'est pas la même chose... ), Syrien en exil à Londres (racines historiques de l'islamisme, la source : idéologues refusant la modernité et voulant faire du religieux la norme qui régente tout...). Un dossier, sous forme de revue de presse, qui est une bonne synthèse de questions essentielles...

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Vu de Québec. « Quand l'idéologie tue », par Paul Journet, La Presse (Montréal, 09-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-quebec-quand-l-ideologie-tue [ CITATIONS : « (S’interroger sur...) la part de responsabilité du modèle français d’intégration des minorités. Cet examen est prématuré et simpliste. Il repose sur une confusion entre trois concepts liés mais distincts. L’intégration des immigrants (...), la laïcité (...) et enfin l’intégrisme, la religion devenue militante et violente. Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l’intégration déficiente ne causent l’intégrisme. Et elles ne suffiront pas à l’éteindre. (...) L’islamisme existe aussi dans des pays où l’intégration ne pose pas problème. ( ...) On oublie que les musulmans forment les plus nombreuses victimes des islamistes et que leur ras-le-bol augmente au Pakistan et ailleurs. Les djihadistes ne correspondent pas à un profil unique. (...) Certains sont fous, d’autres sont diaboliquement rationnels. ». L’auteur insiste sur la nécessité « d’admettre le pouvoir meurtrier de l’idéologie » et d’éviter deux pièges. Le premier est de réagir en adhérant aux thèses de l’extrême droite, récupérant les attentats pour « amalgamer les islamistes à l’ensemble des musulmans qui pratiquent pourtant leur foi dans la paix. » De réagir en croyant à la « bête théorie du choc des civilisations » qui « sert les islamistes » - par la polarisation qu’ils veulent créer pour « mieux recruter ». Au contraire, « Il faut dénoncer sans relâche cette xénophobie. ». L’autre piège, l’autre danger, est « non pas de récupérer, mais d’étouffer le débat sur l’islamisme. »]

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Vu d’Ukraine. « Le prix sanglant du ‘politiquement correct’ », par Sergueï Grabovskiy, Den (Kiev, 09-0-115), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-d-ukraine-le-prix-sanglant-du-politiquement-correct [ CITATIONS : « Pour l’heure, ni l’Europe, ni les Etats-Unis, ni l’Ukraine ne sont prêts à exprimer ouvertement les faits essentiels qui ont abouti aux attentats terroristes à Paris, ni la réalité fondamentale qui se dissimule derrière ces actes. » (...) « On ne parle pas seulement de religion, mais de politique parée d’atours religieux. Nous sommes face à une chose digne de l’obscurantisme médiéval ou des Cent-Noirs [mouvement nationaliste, monarchiste et antisémite apparu dans l’Empire russe au début du XXème siècle.] Pour être plus précis, cette idéologie terroriste est un ‘fascisme islamiste’, qui s’appuie sur des idées totalitaires et nourrit des ambitions planétaires. /// En dépit de cette réalité la majorité des journalistes et des dirigeants (...) parlent d’atteinte aux médias et à la liberté d’expression’. Or, ce terrorisme est très particulier, car il a pour objectif ultime la liquidation de la civilisation euro-atlantique (ou ‘judéo-chrétienne’ comme elle se définit elle-même). » (...) « Attentats (...) absurdes » ( ?). « Non. » (...) « ... ce sont des actes complètement rationnels qui s’inscrivent dans le cadre de cette vision du monde totalitaire. » (...) « Il y a eu le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, la vague de l’extrême gauche appelant à une révolution mondiale dans les années 1970, et maintenant il y a l’islam militant. » L’auteur dit que, à son avis, la réponse aux attentats de Paris est « la fin de toute ‘tolérance’ face aux agissements des fondamentalistes et des tenants du fascisme islamiste. » (...) Car ne pas le faire « revient à saper les fondements de la démocratie européenne tout en donnant aux musulmans qui défendent les valeurs démocratiques le sentiment d’être abandonnés face au totalitarisme. »]

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Vu du Liban. « Le poing du fascisme », par Alex Rowell, Now (Beyrouth, 07-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-liban-le-poing-du-fascisme  [ CITATIONS : « Les rues de Paris, qu’ont autrefois foulées Descartes, Diderot et Voltaire, ont été ensanglantées. Une fois de plus, l’esprit humoristique, ironique et intellectuel est frappé en pleine face par le poing du fascisme.3 (...) « Insondables illusions. Certains, bien entendu, verront dans ce qui s’est passé une sorte de justice expéditive à l’égard du passé colonial de la France ou de ses interventions récentes au Mali ou en Libye. Peu importe aux yeux de ces gens que la seule ‘vengeance’ invoquée par les tueurs l’ait été au nom du Prophète... » (...) « Plus dangereux sont ceux qui diront que ce qui s’est passé aujourd’hui prouve la nécessité de montrer plus de ‘sensibilité’ ou (de façon plus paternaliste) de ‘sens commun’ dans ce que les medias publient au sujet de la religion. » (...) « ... La réalité a toujours prouvé exactement le contraire : ceux qui répondent à la satire par le meurtre doivent être non pas moins mais encore plus critiqués... »]

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Vu de Tunisie. « Des imbéciles qui se réclament d'Allah », par Slaheddine Charlie Dchicha, Kapitalis (Tunis, 08-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les fascistes qui ont tué les journalistes de Charlie Hebdo sont les mêmes qui égorgent des policiers et des soldats en Tunisie, et sèment la désolation en Irak, en Syrie et en Libye. Ainsi donc deux ou trois sinistres individus, parce que le hasard les a fait naître dans une famille musulmane, s’autoproclament porte-parole des musulmans et s’érigent en représentants de Mahomet voire d’Allah sur terre. Quelle prétention ! Quelle fatuité ! Quelle suffisance ! » (...) « Ces criminels fanatiques et imbéciles prennent en otage les musulmans de France et d’ailleurs. » (...) « Car ces fascistes sont les agents et les promoteurs autoproclamés d’un ordre totalitaire, le même qui émet une fatwa contre Kamel Daoud en Algérie. L’autoproclamation, voilà la malédiction du monde arabe et musulman. » (...) « Le génial journaliste algérien Kamel Daoud a mille fois raison lorsqu’il affirme : ‘Si l’on ne tranche dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer... La question religieuse devient  vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer.’ »]

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Vu du monde arabe. « Non, la France n'a pas mérité ça ! », par Hazem Saghieh, Al-Hayat (Londres, 10-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les auteurs du crime contre la revue satirique Charlie Hebdo ont eu comme seules paroles, d’après ce qu’on en sait, les cris “Allahu Akbar” et l’affirmation qu’ils voulaient “venger le Prophète”. En revanche, des éditorialistes [arabes] et des militants des réseaux sociaux se sont efforcés de trouver des raisons auxquelles les criminels eux-mêmes n’auraient pas pensé et qui sont très loin de leur univers mental simpliste de terroristes. ///Cette ambiguïté, voire complaisance, dont ces éditorialistes font preuve face au crime s’explique par le sentiment que dans nos contrées le réflexe de faire l’unité [entre musulmans] prime les autres considérations. Alors qu’en un clin d’œil on voit les multiples guerres civiles qui déchirent le monde arabo-musulman, ce qui donne à cette “unité” un côté pathologique. Mettons de côté les accusations contre le sionisme, les mises à l’index de la France, des Etats-Unis et des puissances occultes, ainsi que les discours oiseux selon lesquels “eux-mêmes” [la France] l’ont cherché. » (...) « Certains Arabes disent que les caricaturistes se sont moqués de l’islam mais pas de l’Holocauste. Le fait est qu’il y a une différence profonde entre les deux. Selon les dessinateurs de ce journal et selon les lois de leur pays, on a le droit de heurter les sensibilités religieuses et d’attaquer les symboles du sacré. » (...) « C’est tout autre chose que de se moquer de drames humains récents, ayant fait des victimes dont des proches sont encore en vie. On peut se moquer de Moïse, mais pas de l’Holocauste. » (...) « D’autres veulent “que les Juifs dégustent un peu, eux aussi, des souffrances que nous subissons” !  /// Or les Juifs ont bien assez dégusté au cours des dizaines de siècles, bien plus que nous Arabes. Personne, pas même les racistes parmi les Juifs, ne dit que les Arabes devraient subir la même chose. Certes, l’islamophobie existe dans les pays occidentaux. Mais il ne faut pas oublier que ces pays sont les seuls qui débattent de ce phénomène, l’analysent et le condamnent. C’est probablement la frustration que nous ressentons depuis [l’échec] des révolutions, échec qui nous prive de la liberté qui nous aurait permis, à nous aussi, de débattre de ces phénomènes, de les analyser et de les condamner. »]

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VU de Londres (article d’un écrivain, opposant syrien). « Comment l'islamisme a triomphé », par Yassine al-Haj Saleh, Al-Quds Al-Arabi (Londres, 10-01-15), Courrier international, 29-01/04-02 :  http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/comment-l-islamisme-a-triomphe [Intro. Courrier int. : « Pour cet écrivain et opposant syrien, l’attrait de la modernité a été supplanté dans les pays arabes par la religion à partir des années 1970, alors que l’instruction cessait d’être un gage de progrès social et que se répandait la corruption. » /// ARTICLE. CITATIONS : « L’acclimatation à la modernité n’a pas rencontré de résistance particulière dans le monde musulman pendant environ un siècle, de la deuxième moitié du XIXe siècle aux années 1970. Cela allait de pair avec l’amélioration des conditions de vie et l’apparition d’opportunités de promotion sociale, d’abord pour les hommes, ensuite pour les femmes. » (...) « Quoi qu’il en soit, ce qui meut les sociétés arabes, à l’instar de n’importe quelle société, c’est la perspective d’améliorer la vie en ce bas monde. Et dans aucun pays arabe la lutte anticoloniale n’a été essentiellement religieuse, même si l’islam a fait partie des éléments de mobilisation. » (...) « Jusque dans les années 1970, la tendance générale était à la modernisation des institutions, de la société... » (...) « Certes, cette modernité a rencontré des résistances... » (...) « Que s’est-il donc passé dans les années 1970 pour que les choses s’inversent, pour que le voile soit à nouveau répandu et que les islamistes puissent prétendre se substituer à l’autorité de l’Etat ? On l’explique couramment par l’islam ou par une structure mentale propre aux musulmans. Cette vision des choses correspond à celle des islamistes eux-mêmes puisqu’ils prônent le ‘retour au véritable islam’ et la primauté de la religion dans tous les aspects de la vie. » // « Cette explication n’en est pas une. Pour commencer, parce que les musulmans ne sont pas entièrement  structurés par la religion. En revanche on peut faire remonter cette tendance, dont l’Etat islamique [Ei, Daech] représente le point culminant, à une idée forgée par  Sayyid Qutb, (...) l’idéologue égyptien des islamistes, idée selon laquelle il fallait s’écarter de la modernité. » (Idée, dit-il, qui s’est développée au moment où « les libertés reculaient » – dictateurs, enrichissements de tyrans. » (...) « Ce nouveau climat a permis aux islamistes de répandre leur vision du monde. Aujourd’hui la première tâche consiste à renouer avec le progrès, c'est-à-dire à offrir au plus grand nombre des opportunités pour une vie meilleure.»]

27/01/2015

PETITION internationale. MUSULMANS du MONDE. « Notre responsabilité à l'égard du terrorisme au nom de l'islam »

Je m’écarte un bref instant du regard sur les images terribles du documentaire (nécessaire et important) qui passe sur la 2, « Jusqu’au dernier » (mais je ne m'écarte pas de l’écoute...), pour poser cette information (qui fait écho aux appels déjà publiés par des associations de musulmans laïcs - et laïques). Cf. celui que j’ai mentionné dans la note  du 16-01-15, « Des mots, des chants, des mots...Voix musiciennes et voix musulmanes ». Cet appel international ajoute l’affirmation d’un engagement du signataire : « Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté. ». Ce, après avoir insisté sur ce point : « Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. ». (Ceci est à entendre par tous, pas seulement les musulmans signataires de cet appel, mais les chrétiens, juifs, athées, agnostiques, et croyants de diverses cultures. Car l’ambiance est aussi, malheureusement, ces derniers jours, en France, à des ripostes haineuses aux drames récents - ripostes en actes ou en discours. Et ailleurs, la haine prospère, comme d’habitude...). Cette pétition a une qualité remarquable, en ceci qu’elle proclame que signer une pétition est certes un acte qui a effet sur ce qu’on vit, mais que s’en contenter ne suffit pas : agir devra prendre aussi d’autres formes, pour l’affirmation des refus ou des adhésions, et pour le courage du dialogue. « Militer »... De même, son intérêt est qu'elle rappelle quelles sont les réponses pour réformer l'islam, c'est-à-dire d'abord réformer la lecture des divers textes fondateurs : tenir compte de leur historicité. Enfin, elle redit ceci, qui est indispensable : pour promouvoir la citoyenneté et les droits humains, il n'y a que l'éducation, la culture.

[Attention à ne pas prendre le mot "responsabilité" comme un aveu de culpabilité après les assassinats et drames ici et à l'étranger. (Comme une sorte de réponse à la double injonction contradictoire envoyée par certains : "exprimez-vous, mais soyez cachés"). Ce serait un contresens. C'est une REPONSE autre, au présent, pour agir maintenant, dans la poursuite consciente des engagements déjà pris, dans et hors une appartenance culturelle. Responsabilité active, espoir critique pour le futur. Constat et engagement... D'autant plus que cet engagement est déjà actif pour beaucoup, mais l'actualité exige un élargissement à une dimension plus grande, et sur un plan international.] C'est ainsi que je comprends cet appel...

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Ci-dessous, le TEXTE de l’appel, le LIEN vers la pétition, la LISTE des PREMIERS SIGNATAIRES.

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Déclaration

Notre responsabilité à l’égard du terrorisme au nom de l’islam

Le monde est en train de vivre une guerre déclenchée par des individus et des groupes qui se réclament de l’islam. En Syrie, en Irak, en Libye, en Tunisie, au Nigéria, en France, etc., cette guerre est la même. Elle est conduite au nom d’une certaine lecture de l’islam.

Cette guerre nous interpelle tous, nous, laïcs issus du monde islamique. Il est de notre responsabilité d’agir et de nous opposer à tout ce qui l’alimente.

Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables.

Aujourd’hui, la réponse à cette guerre ne consiste à pas à dire que l’islam n’est pas cela. Car c’est bien au nom d’une certaine lecture de l’islam que ces actes sont commis. Non, la réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane. Et à en tirer les conclusions.

Les troupes ennemies qui mènent cette guerre mondiale ne sont pas constituées de simples égarés mais de combattants fanatisés et déterminés. Ces combattants sont nourris par des textes islamiques qui appellent à la violence, qui existent dans les autres religions et qui relèvent d’un autre contexte, d’un autre âge, aujourd’hui dépassés. Ce corpus est le référentiel des groupes jihadistes. Tous les acteurs concernés, à commencer par les religieux et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations.

L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les religieux, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias.

Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. Les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels.

Il n’existe pas de religion supérieure à une autre. L’humanité est une et indivisible.

Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté.

Le 11 janvier 2015

POUR SIGNER :

http://www.petitions24.net/notre_responsabilite_a_legard_du_terrorisme_au_nom_de_lislam

Premiers signataires :Raja Benslama, psychanalyste, universitaire, Tunisie/ Fethi Benslama, psychanalyste, professeur des universités, Tunisie, France/Ali Mezghani, Professeur agrégé en droit, Tunisie/Salah Elouadie, poète, président du Mouvement Damir, Maroc/Hella Lahbib, journaliste, Tunisie/Naceureddine Elafrite, journaliste, Maroc, Tunisie/Latefa Aharrare, actrice, Maroc/Aziz Al-Azmeh, universitaire, Syrie/Munaim Alfakir, poète, Irak/Tewfik Allal, coordinateur du Manifeste des Libertés, Algérie, France/Azzeddine Allam, professeur universitaire, Maroc/Zoubir  Arous, professeur  et directeur du laboratoire « Religion et Société », Université d'Alger 2, Algérie/Ahmed Assid, écrivain, Maroc/Fouzia Assouli, militante associative-Fédération de la Ligue des Droits des Femmes, Maroc/Houari Baki, psychanalyste, Algérie, France/Slimane Bedrani, Professeur à l'ENSA, Directeur de recherche associé au CREAD, Algérie/Yagoutha Belgacem, directrice artistique Siwa, Tunisie/Souhayr Belhassan, journaliste, Tunisie/Yadh Ben Achour, vice-président du Comité des droits de l'Homme des Nations Unies. Ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques. Tunisie/Ghaleb Bencheikh, islamologue, France/Ali  Bencheneb, professeur émérite, ancien recteur d’académie, Algérie/Kmar Bendana, historienne, Tunisie/Cherif Bennadji, professeur à l'université d’Alger 1, Algérie/Basset Ben Hassan, président de l’Institut arabe des droits de l’Homme, Tunisie/Tabrizi Ben Salah, professeur de droit international, Doyen honoraire, Algérie/Lotfi Ben Slama, stomatologue, Tunisie, France/Nédra Ben Smail, psychanalyste, Tunisie/Sophie Bessis, agrégée d’histoire, journaliste, Tunisie, France/Jawad Boulus, écrivain et avocat, Palestine/Abdelaziz Boumeshouli, professeur d’université, écrivain, Maroc/Mohamed Chafiq, académicien, Maroc/Saloua Charfi, professeur de journalisme, Tunisie/Khedija Cherif, universitaire, Tunisie/Mohamed Ali Cherif, cinéaste, Tunisie/Moulim El Aaroussi, écrivain, Maroc/Said Elakhal, Chercheur, militant associatif, Maroc/Abdallah El Hariri, artiste peintre, directeur artistique, Maroc/Nabile Farès, psychanalyste, écrivain, Algérie, France/Cherif Ferjani, professeur des universités, Tunisie, France/Claudette Ferjani, militante associative, Tunisie/Habib Gherar, professeur à l’université d’Aix-Marseille, France/Nacer-eddine Ghozali, professeur agrégé en droit, Algérie, France/Nedim Gursel, écrivain, Turquie, France/Selma Hajri, médecin, Tunisie/Mohamed Ham, psychanalyste, professeur des universités, Maroc, France/Salem Hamza, psychiatre, Tunisie, France/ Ahmed Henni, professeur des universités, Algérie, France/Mahmoud Hussein, écrivain, France, Egypte/Kadhem Jihad Hassan, écrivain, professeur d’université, Irak, France/Marcel Khalifé, artiste, Liban/Abdellatif Laâbi, poète, Maroc/Kamal Lahbib, militant associatif - Collectif Démocratie et Modernité, Maroc/Slim Laghmani, professeur de droit à l’université de Carthage, Tunisie/Delenda Largueche, historienne, Tunisie/Ali Magoudi, psychanalyste, psychiatre, France/Ahmed Mahiou, professeur de droit, ancien doyen, Algérie/Faïka Moujahid, psychanalyste, Algérie/Hatem Mrad, professeur d’université, Tunisie/Kalthoum Meziou, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques Politique et Sociales de Tunis. Tunisie/Hamad Nazir, psychanalyste, France/Mounira Nessah, psychologue clinicienne, Tunisie, France/Hamadi Redissi, professeur d’université, Tunisie/Nouredine Saadi, écrivain, Algérie/Hachem Saleh, écrivain, traducteur, Syrie/Rajaa Stitou, psychanalyste, enseignante Université Montpellier 3, Maroc, France/Wassila Tamzali, écrivain, Algérie/Georges Tarabichi, écrivain, traducteur, Syrie/Adnane Yassine, poète, Maroc/Yahya Yakhlef, écrivain et romancier, Palestine/Lahcen Zinoun, chorégraphe et cinéaste, Maroc.

Pétition signée « Groupe laïc »

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Lire aussi, Huffpost Maghreb, "Des intellectuels issus du monde arabe se mobilisent" : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/01/16/petition-charlie-hebdo-intellectuels-laics-musulmans-mobilises_n_6486262.html 

VOIR, autres PETITIONS, 8ème LISTE MARGE GAUCHE (après vignettes, liste Agir, etc...). Dernière pétition ajoutée hier : NEGATIONNISME sur INTERNET...    

.... VOIX MUSULMANES... VOIR aussi la note sur les voix, les chants, les textes... Engagements... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/16/de...   

16/01/2015

Des mots, des chants, des mots... Voix musiciennes et voix musulmanes...

GRAND CORPS MALADE.jpg

Loin des débats et des articles qu’on lit intensément pour réfléchir, pour tenter de chercher comment répondre à ce que l’actualité nous envoie et renvoie, des mots et des notes sont un baume... Des réactions spontanées ont produit des textes forts.

Il y a du sens, du son, et, paradoxalement, la place du silence intérieur, du recueillement...

Chants, témoignage, lettre, tribune : des outils pour penser. Voix musiciennes et voix musulmanes... (Pour les journalistes assassinés, les Juifs assassinés, les policiers assassinés).

[« Il faut sortir de la réserve », dit Mohammed Chirani (émission, BFMtv16-01-15/17-01-15). « Il ne faut pas que les radicaux aient le monopole de l’interprétation du Coran. »... « Mais quel est leur Islam ? » (En voyant les manifestations contre la couverture de Charlie dans certains pays musulmans / « Ils sont tués une deuxième fois »)...  « Le blasphème, ce sont les assassinats » ]

Grand corps malade (http://www.grandcorpsmalade.fr/). Slam « 07-01-15 », Slam (musique de John Mamann)  : http://www.elle.fr/Loisirs/Musique/News/Pret-a-liker-le-slam-de-Grand-Corps-Malade-pour-Charlie-Hebdo-2875706  7 Janvier 2015, j'ai pas envie d'aller au lit. Je préfère prendre un stylo car, ce soir, je suis Charlie. » Le slameur Grand Corps Malade affirme de sa voix puissante son soutien aux victimes des attentats. Des mots qui claquent pour lutter « contre l'obscurantisme, avec honneur et insolence ». »)

Jean-BaptisteBullett. Je suis Charlie , chanson sur la musique d'une chanson de Renaud, Hexagone. Sur JB Bullett, Elle : http://www.elle.fr/Societe/News/Pret-a-liker-la-chanson-coup-de-poing-en-hommage-a-Charlie-Hebdo-2875204 (« Jean-Baptiste Bullet, un chanteur amateur de Tarbes, a publié sur son compte Facebook une vidéo qui tourne en boucle sur tous les réseaux sociaux depuis jeudi. On y voit le jeune homme, guitare à la main, chanter avec conviction son indignation sur l’air d’« Hexagone » de Renaud. « Un coup de Kalach, pour un coup de crayon, tu salis ta religion », « Partir en Syrie faire le djihad et revenir faire des fusillades, c’était ça ton plan de carrière ? Penses-tu aux familles qu’y a derrière ? », « Si tu te demandes où est Charlie, à jamais dans nos esprits ». Des phrases chocs qui ont déjà généré plus de 250 000 partages sur Facebook ».)

Les artistes au concert de soutien à Charlie : http://www.parismatch.com/Culture/Musique/En-images/Patrick-Bruel-Julie-Gayet-et-Alain-Souchon-les-artistes-mobilises-sur-France-2-pour-le-concert-de-soutien-a-Charlie-Hebdo-688534#.

« VIDEOS - Grand Corps Malade, Tryo, Oxmo Puccino et JB Bullet : les hommages à Charlie en musique » / « #JESUISCHARLIE - Grand Corps Malade, Tryo et Oxmo Puccino ont chacun créé une chanson pour Charlie Hebdo. Un artiste moins connu, JB Bullet, a posé ses mots sur la musique d'"Hexagone" de Renaud, attirant 1,6 million de youtubeurs. ». MetroNews, 11-01, mis à jour 13-01 : http://www.metronews.fr/info/videos-grand-corps-malade-tryo-oxmo-puccino-et-jb-bullet-les-hommages-a-charlie-en-musique/moak!wIvnrX4fV8z/  

« Tryo, Lalanne, Oxmo Puccino chantent… Je suis Charlie », Le Figaro, 14-01-2015. Articles et plusieurs CLIPS, divers artistes : http://www.lefigaro.fr/musique/2015/01/14/03006-20150114ARTFIG00261-tryo-lalanne-oxmo-puccino-chantent-je-suis-charlie.php  [« Le monde du rap n'est pas en reste. Oxmo Puccino a lui aussi rendu hommage aux victimes. Accompagné de Waxx à la guitare, il a interprété la chanson inédite pendant Le Before du Grand Journal de Canal + le 8 janvier, lendemain du massacre. Clip d’Oxmo Puccino :  (Lien supplémentaire, pour situer le rappeur Oxmo Puccino, regards.fr, décembre 2006 : http://www.regards.fr/acces-payant/archives-web/oxmo-puccino-invente-le-rap,2650 )]

Matthieu Chedid, Tryo, Lalanne... Hommage. Lci.Tf1, 20-01-15 (sur la page : archives) : http://lci.tf1.fr/culture/musique/matthieu-chedid-tryo-ox...

Le groupe de reggae Tryo rend hommage à Charlie. Article et clip, Le Figaro, 12-01-2015 : http://www.lefigaro.fr/musique/2015/01/12/03006-20150112ARTFIG00346--charlie-hebdo-tryo-rend-hommage-a-son-ami-tignous.php  («Postée le 10 janvier sur You Tube, , la chanson est accompagnée d'un montage qui réunit plusieurs extraits vidéos où apparaissent des dessinateurs. S'y succèdent Charb, Cabu, Wolinski et Tignous. Ils dessinent, évidemment. Ces images sont tirées du film de Gilles Porte réalisé à l'occasion des 18 ans de Clowns sans frontières. Le clip YouTube empreint de poésie, a déjà été vu plus de 700 000 fois. »

Un concert pour la paix, artistes alsaciens : http://www.dna.fr/actualite/2015/01/11/un-concert-pour-la-paix-apres-la-tuerie-chez-charlie-hebdo

 A lire... Kery James, rappeur (Cayenne, le 9 janvier 2015). Lettre qu’il a diffusée dans les réseaux sociaux après le 07-01-2015 : http://www.rapghetto.com/news/kery-james-reagit-au-drame-de-charlie-hebdo   (Le titre reprend une citation qu’il fait de Mahomet : « Le fort est celui qui maitrise sa colère alors qu’il est capable de l’exercer » /// « Assister à la naissance de ma fille fut l’un des moments les plus forts, les plus intenses et joyeux de mon existence. Mais avec cette joie est arrivée une crainte que je ne connaissais pas auparavant, la peur du jour dans lequel la mort viendra nous séparer.  (...) « C’est pourquoi en ces jours ensanglantés j’ai d’abord une pensée pour les familles des victimes de l’extrémisme à travers le monde. Un extrémisme qui n’a pas qu’un seul visage. Mais quels que soient les masques sous lesquels se dissimule l’extrémisme, on peut toujours lui diagnostiquer un point en commun. Il a toujours pour préoccupation première, voire obsession, de nous précipiter au plus vite vers une guerre et ce de gré ou de force. Après ce 7 janvier 2015, une fois encore, j’ai la sensation que les choses évoluent trop vite et que ma vie et mes choix m’échappent. Je crois que ce sentiment est partagé par l’immense majorité des musulmans et des gens conscients des enjeux auxquels nous devons faire face. // J’ai l’impression de ne plus être maître de moi-même et d’être poussé malgré moi à affronter des gens à qui l’on a fait croire que j’étais leur ennemi. Des gens qui auraient pu m’apprécier en tant qu’homme s’ils avaient pu prendre le temps de me connaître. Des gens qui auraient pu enrichir ma connaissance du monde, de l’être humain et peut-être de moi même. Mais les extrémistes de tous bords ne veulent pas de cette rencontre. Ils conditionnent chacun d’entre nous afin que cet échange n’ait jamais lieu. Pour cela ils ont recours à des méthodes et des instruments différents, mais l’objectif est toujours le même : précipiter la guerre. En ces jours tragiques, ce qui me console c’est d’avoir la certitude d’avoir toujours oeuvré pour construire des ponts... » SUITE sur le SITE...)

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On peut trouver aussi, ailleurs sur la Toile du rap, des réactions où se mêlent interventions solidaires et réactions haineuses. Aux jeunes qui ne comprendraient pas la solidarité de leurs musiciens avec Charlie, il faut proposer de lire les tribunes ci-dessous 

Mohammed Chirani (auteur du livre « Réconciliation française-Notre défi du vivre ensemble», « Je suis Mohammed Charlie » :  http://www.huffingtonpost.fr/mohammed-chirani/je-suis-mohammed-charlie_b_6455240.html (« Oui, je suis un Français de confession musulmane, mais je suis un journaliste lorsque des journalistes sont tués par des terroristes, je suis un Juif lorsque des Juifs sont tués par des terroristes dans un magasin Kasher et je suis un policier lorsque des policiers sont tués par des terroristes. Mais surtout, je suis un Français tout court, dont le pays est attaqué par le terrorisme. Partout dans le monde, des fanatiques illuminés tuent des musulmans au nom d'un Islam perverti. Je ne partage pas cette vision de l'Islam. Mon Islam m'enseigne d'aimer mon prochain quelque soit sa religion ou sa conviction. Mon Coran m'a appris la sacralité de l'âme humaine : «Celui qui tue une âme, c'est comme s'il avait exterminé toute l'humanité. Et celui qui sauve une âme, c'est comme s'il avait sauvé toute l'humanité ». (...)Je ne suis pas seul à penser cela et je ne ne suis pas représentatif d'une minorité de musulmans.   (...)   «J'ai eu le malheur de vivre en Algérie pendant la guerre civile des années 1990 lors de laquelle 200.000 Algériens musulmans ont été tués par des terroristes islamistes. Nous avons trop tendance à oublier que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme dans le monde (en Syrie, en Irak, au Pakistan, au Mali, au Yémen, en Afghanistan, etc. ). Le terrorisme n'est pas uniquement l'ennemi de l'Occident, il est l'ennemi de l'humanité. Il n'y a pas conflit entre les civilisations, entre un NOUS (l'Occident) et les AUTRES (musulmans), ou l'inverse selon votre perspective. // Le but des terroristes est évidemment de cliver la société française afin que chacun se replie sur sa communauté et rejette les autres. Si nous cédons à la tentation de la simplification en termes de NOUS (Occident) et d'AUTRES (musulmans), ou l'inverse, alors ils auront gagné. / Soyons clairs, il y a bien un affrontement; il oppose ceux qui haïssent les autres parce qu'ils sont différents (fondamentalistes, antisémites, islamophobes et racistes) et NOUS qui croyons aux valeurs de Liberté, d'Égalité et de Fraternité. Nous devons aujourd'hui plus que jamais nous rassembler dans l'amour de la France et de ses valeurs, c'est-à-dire dans la République.»

Le livre : http://www.bourin-editeur.fr/fr/books/rconciliation-franaise/50/ 

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VIDEO. Abdennour Bidar, philosophe, réagit le 07-01-15 à l’attentat contre Charlie. Emission, Grand journal, Canal +. (Je note ce que j'entends : "En tant que philosophe musulman, philosophe de culture musulmane, je dénie à ces terroristes le droit de se réclamer de l'islam. Ce soir mon attachement à l'islam est en souffrance. Je vais m'exprimer au nom de tous les musulmans, même si je suis un philosophe critique de l'islam, presque un hérétique : nous refusons..." Et il exprime sa crainte des amalgames: 'Non, nous pouvons faire société tous ensemble". Sa bibliographie,  pour situer la pensée : librairie Dialogues : http://www.librairiedialogues.fr/personne/abdennour-bidar/1010455/

Le philosophe réagit pour mettre en garde contre la haine en réponse à la haine. TRIBUNE. Abdennour Bidar, Le Monde, 07-01-2015. « Résister collectivement à la haine » : CITATIONS : « C’est notre11 septembre. Il y a dans la vie d’un peuple des heures de défi. Des heures où la blessure que la haine nous inflige est si effroyable qu’elle voudrait être mortelle. Des heures d’effroi où cette blessure fait si mal, où l’horreur est si lourde à supporter que l’on sent, hélas !, la bête peureuse et dangereuse prête à seréveiller en soi… » (...) « Voilà à quoi notre société française est aujourd’hui confrontée, voilà le risque auquel nous devons être capables de résister collectivement : le risque que la haine de quelques fous déclenche une haine généralisée, et que nous soyons ramenés à quelque chose qui ressemblerait aux guerres de religion d’un passé qu’on croyait définitivement mort. / Attention à cette haine barbare donc, vigilance extrême vis-à-vis d’elle qui en nous frappant tous aujourd’hui aussi durement voudrait nous déterminer à croire que la France et l’islam sont deux ennemis n’ayant d’autre choix que de chercher à se détruire. Voilà le grand scénario maudit contre lequel nous allons devoir lutter de toutes nos forces, et contre lequel il nous faudra être collectivement le plus fort possible. » (...) « De toutes nos forces il faudra tenir bon, rester solidaires. Si dans nos rangs s’ouvre ne serait-ce qu’un interstice, ces vagues s’infiltreront et disloqueront l’édifice de notre nation tout entière. Tel est le néant où ces assassins immondes, auquel je dénie le nom de musulman, veulent nous précipiter tous. » / « Au passage, je dénonce leur perversion absolue de la référence à l’islam, tout en ajoutant que celui-ci est décidément bien malade, bien en crise, pour être revendiqué par de telles abominations ! » (...) « Démontrons tous ensemble au monde entier que la France reste ce pays qui non seulement ne cède jamais au chantage de la haine, ni à la tentation de la peur mais qui sait retrouver son unité et se revivifier pour rayonner à nouveau justement dans ce type de moment où la tragédie voudrait l’anéantir. Allons-nous être à la hauteur de ce génie ? Saurons-nous faire la preuve – parce que c’est cela désormais la cause nationale la plus urgente, la plus cruciale – que nous pouvons vivre avec l’islam, que nous pouvons vivre ensemble, non musulmans et musulmans, dans la paix, la concorde, la compréhension et la reconnaissance mutuelle, selon la conception commune d’une liberté d’expression garantie à chacun qui sache se concilier avec la liberté d’expression de tous les autres – ce que veut dire laïcité. » (...) « Ne commettons pas l’erreur historique de refuser que l’islam et les musulmans participent à ce projet de société. Au contraire, que ces assassinats ignobles renforcent notre solidarité nationale et notre détermination à faire qu’avec l’islam nous construisions la civilisation capable de réunir demain le meilleur des humanismes d’Orient et d’Occident. La France doit être le lieu de cette réunification, avec ses musulmans qui désormais font ici partie de sa destinée. » TEXTE INTEGRAL : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/07/resister-collectivement-a-la-haine_4551015_3232.html 

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Mise à jour du 18-01-2015 : L’expression de 500 signataires, immense page parue dans Le Monde daté 11-12 janvier (insertion payée par les signataires), un manifeste de personnalités de culture musulmane (croyants ou athées). "Nous disons notre effroi, notre solidarité, notre chagrin. A leurs tueurs, nous disons qu'ils nous trouveront en travers de leur chemin, au côté de la liberté." 

Sur cette page, une chronique de Sylvie Kauffmann revient dans Le Monde du 17-01,daté 18-19 janvier, « Au cœur de nos contradictions » (début de l’article lisible, le reste en accès protégé) : http://www.lemonde.fr/religions/article/2015/01/17/au-c-ur-de-nos-contradictions_4558339_1653130.html (Citations : Et puis il y a eu ce manifeste, publié dans Le Monde daté 11-12 janvier, une page entière de publicité, financée par les signataires. Une page sobre, noircie de quelques 500 noms essentiellement arabes, intitulée « Nous ne céderons pas à la peur ». Rédigée avant l’autre tuerie, la prise d’otages du supermarché juif, elle s’adressair aux familles des victimes de Charlie Hebdo. « A leurs tueurs, nous disons qu’ils nous trouveront en travers de leur chemin, au côté de la liberté. » (...) « Artistes, universitaires, écrivains, journalistes, médecins, avocats, militants associatifs... Cinq cent signatures réunies en 48 heures – un record – en surmontant, pour certains, de profondes divergences. Cette page était, en soi, un événement. Qui l’a vue ? A-t-elle été signalée, analysée, décryptée. / Nous sommes là au cœur de nos contradictions françaises. Nous nions la différence, mais nous voudrions l’entendre. Et lorsqu’elle s’exprime, nous ne l’entendons pas. » /// Cependant, on peut réfuter quelque chose à ce regret : si Le Monde avait laissé cette page en lecture libre sur la Toile elle aurait sans doute été plus lue...)

Les TRACES de cette PAGE sur la TOILE. « Nous ne céderons pas à la peur » :

Page sur le site de l’ATF (Association des Tunisiens de France) : http://www.atf-paris.fr/spip.php?article832

et  sur le site de la FTCR, « Citoyens des deux Rives » (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives) : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=4054:petition-paru-ce-jour-dans-l-le-monde-r-l-l-nous-ne-cederons-pas-a-la-peur-r

Page dans « L’ACORT » (originaires de Turquie) :http://acort.org/?p=1218

(Pétition reprise dans El Watan, Algérie)

Pétition annoncée par un communiqué de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme » ,sur Newspress :  http://www.newspress.fr/Communique_FR_285140_364.aspx

Et... cet article (mise à jour 20-01-15) : « Des intellectuels musulmans s’unissent contre la terreur », par Dominique Eddé, Le Monde daté 21-01-15 (pas trouvé en ligne...)

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Publication, dans Le Monde daté 11/12-01-15, d'une tribune, par un collectif (Jamel Debbouze, Rachid Taha, Malik Bentalha, etc.) : "Et maintenant qu'Est-ce qu'on fait?" : ("Ces assassinats sont l'expression du pire"...). (...) "Terrifiés. Mais prêts à la mobilisation citoyenne contre les esprits sombres." Texte intégral et SIGNATAIRES, sur la page du Monde : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/01/10/e...

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Voix musulmanes et toutes voix (en réaction aux attentats) dans les notes des vignettes et dans les notes depuis le 07-01-2015..

Mise à jour 02-02-15. PETITION INTERNATIONALE, MUSULMANS du monde. (Volonté d'engagement contre l'utilisation de l'islam pour justifier le terrorisme. Signataires s'engageant à lutter pour promouvoir le droit, les droits humains, la citoyenneté). Note du 27-01-15  : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/27/petition-internationale-musulmans-du-monde-notre-responsabil-5545947.html Page de la pétition : http://www.petitions24.net/notre_responsabilite_a_legard_... 

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Mise à jour 09-03-15. Ample article passionnant sur Oxmo Puccino, rappeur, "poétiseur" (synthèse de poète et synthétiseur...). Rencontre avec lui pendant qu'il est à Haïti, en mission d'ambassadeur de l'Unicef. Le Monde, 06-02-15. Propos recueillis par Stéphanie Binet. Sur les attentats contre Charlie et l'Hypercacher il dit ceci : "Il faut davantage penser dans ces moments-là que parler. Je me méfie des réactions sous le coup de l'émotion.. ça demande du recul. Ranger sa part de chagrin, mettre son ego de côté, oublier ses propres malheurs. Se poser la question de 'Qu'est-ce qu'on fait maintenant?'. Cultiver sa lumière, coûte que coûte. L'enjeu n'est même plus de rendre le monde meilleur, mais qu'il devienne moins pire.": http://www.lemonde.fr/musiques/article/2015/02/05/oxmo-puccino-profession-poetiseur_4570763_1654986.html

.... VOIX musulmanes, voir aussi la note sur la pétition internationale, Musulmans du monde... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/27/pe... 

15/01/2015

Lecture de Charlie, numéro 1178 : irrévérence, questions, tristesse, rire ...

CHARLIE MERCREDI.jpgLIBERATION du 15 janvier.jpgCANARD.png

 J’ai lu, aujourd’hui, intégralement, Charlie Hebdo... Digne de la Une, à laquelle je disais déjà hier que j’adhérais complètement (et ravie de trouver dans Libération, ce jeudi, une analyse qui rejoint ma lecture : résumé et citations dans la mise à jour de la note du 14-01...). Celle de Soufiane Zitouni, qui enseigne la philosophie au lycée Averroès.

Dans Charlie, l’éditorial de Gérard Biard, « L’Apéro », pose la question des « Oui, mais »... (Dessins et critiques de Charlie, oui, mais, quand même...). Crainte du retour aux frilosités critiques antérieures. (A juste titre : j’entends, infos, que le Pape catholique a protesté contre ce qui, pour lui, est atteinte au sacré des uns ou des autres. Veut-il, le Pape, remettre au goût du jour la question du blasphème, et être suivi par les Français qui partagent sa foi ?). Colère, dans l'édito, contre les manœuvres des complotistes, actifs dès le 7... Et insistance sur la notion de laïcité : « pas la laïcité-je-ne-sais-quoi, la laïcité point final. »

Jean-Yves Camus, dans sa chronique, « Les charognards du complot », décrypte ce phénomène inquiétant. Citation : « Si on laisse de côté les indécrottables tarés de l’ultradroite antisémite, pour qui tout est « sioniste » et « juif », il ne faut pas se leurrer : ce complotisme est un problème de la gauche radicale et de la sous-culture islamo-gauchiste qui sévit sur les forums. ».

Laurent Léger, lui, interroge les « trous dans le filet » du renseignement..

Le reste : émotion, réflexions, dessins, humour et humour sur larmes... c’est dans le journal. « Charlie » 1178 est  en vente plusieurs jours encore (plus d’exemplaires le matin dans les boutiques importantes, qui ont plus de place que les petits kiosques...). 

LAÏCITE... Au début de l’éditorial, il y a l’affirmation du refus de l’expression « laïcard intégriste », que Gérard Biard aimerait voir « disparaître  du vocabulaire intellectuel et politique ». Sauf que pour cela il faudrait que cela disparaisse de la réalité. Or les « laïcards intégristes » cela existe  : conception erronée de la laïcité, qui n’est plus, chez certains, séparation des églises et de l’Etat ("laïcité point final"), mais volonté d’imposer une vision, et mépris de tous ceux qui oseraient affirmer une foi quelconque – sans pour autant s’abstraire d’une société laïque. (Ce n'est pas une laïcité qu'on réduirait, à laquelle on enlèverait quelque chose, mais une laïcité à laquelle on ajoute quelque chose : on la colore, vision "laïcarde", d'une obligation de. croyance, athéisme imposé comme norme d'une pensée qui se voudrait laïque). Certains croient à une transcendance, d’autres pas. Point. Ils ne sont pas plus « crétins » les uns que les autres (vocabulaire qui pourtant désigne plus facilement les uns que les autres dans la parole des athées convaincus que sont souvent les laïcards, pas forcément les laïques, même militants, et vocabulaire qu'on retrouve parfois dans les expressions "des" Charlie).  

Crainte du retour des « oui, mais »... Oui, l’irrévérence et le droit au blasphème ne doivent pas se heurter aux « oui, mais » qui peuvent vite rejoindre l’appel à la contrainte ou à la censure. Oui, irrévérence et droit au blasphème "point final" aussi, cf. G. Biard... Cependant, malgré le massacre, on ne doit pas non plus sacraliser Charlie au point de refuser la critique. C’était, c’est, et cela reste un journal : ce serait une erreur d’en faire un emblème intouchable. Justement, dans Charlie, la critique féroce des religions, des pouvoirs,  et des postures idéologiques ou politiques qui ont leur ridicule, cela doit continuer. Mais il ne faudrait pas oublier une autre posture qui s’apparente au religieux : l’athéisme militant, bardé de certitudes qui ne sont pas plus fondées que celles sur le dieu (Dieu...) ou les dieux des autres. D’ailleurs ce mot de « dieu » ne recouvre pas forcément dans l’esprit de croyants un personnage de conte pour enfant : ce peut être simplement la croyance en une transcendance, quelque chose qu’on suppose, hors ou dans l’être humain, dépasser le petit personnage que nous sommes tous, piégé dans une pauvre identité limitée et en partie illusoire.  

(Et ce « dieu » dans l’esprit des agnostiques c’est seulement un point d’interrogation, pour ces êtres qui disent « je ne sais pas », donc les moins « religieux » qui soient... et peut-être les plus authentiquement laïques... Car comment prendre une posture totalitaire avec un « je ne sais pas » ?).

Critère du « je ne sais pas », donc, tant pour lire Charlie que pour interroger ses propres éventuelles « croyances ». Pour que la laïcité (mal comprise) ne devienne pas le mot clé du risque d’un autre obscurantisme. (Après tout des régimes totalitaires ont fait du refus du religieux une matière de la répression... de la liberté d’expression : les églises ne régentaient plus l’Etat, certes, mais l’Etat, lui, régentait un vide spirituel pour mieux opprimer). Sauf à tomber dans le piège dans lequel semble être tombé Amnesty international (2010), qui voit de la discrimination dans un outil de la laïcité (« la laïcité point final », comme le dit Gérard Biard. L'erreur d' Amnesty... donc.  Alors, oui, même si j’aime bien ajouter des « mais » aux « oui », pour quoi que ce soit (comment, autrement, penser les nuances et la complexité ?), devant de telles dérives associatives, on attend avec impatience la caricature qui pourra s’en inspirer... Amnesty et les « curés » fondamentalistes d’un islam dévoyé... Décidément, la dérision est nécessaire... (Mais je continuerai à signer des pétitions d'Amnesty : autres...).

Et, j'y reviens, le regard critique sur toute lecture...Voir, dans Charlie à venir, ce qui manquerait (en fonction de l'actualité). Voir ce qui est en trop (une chronique acceptée, il y a des années, par erreur, sur un brûlot, choix corrigé ensuite). Regard attentif, et critique s'il le faut. Cela aussi c'est respecter. 

[Mise à jour, 16-01-15. Obsèques émouvantes... Mais... je ressens un malaise, en entendant (infos) Mélenchon se lancer dans un discours tremblant d’émotion, lui qui, là, représenterait une figure critique libre du soutien de Charlie, lui, l’ami de Chavez, le soutien du pouvoir répressif de Cuba. Présence qui a été préférée à celle de Jeannette Bougrab, qui semble avoir dérangé. Les raisons de cet éloignement ne sont pas connues : ce peut être du fait de ses appartenances politiques ou pour d'autres résistances qui, dans tous les cas, choquent dans le contexte (il semble qu'elle ait décidé de ne pas venir ou qu'elle ne l'ai pu), malgré sa douleur évidente. Si c'est un rejet motivé par des préjugés idéologiques, c'est blessant, si la cause est émotionnelle (rivalité de proximité dans le deuil) c'est troublant. En tout cas, d'elle, on ne peut que saluer l'immense courage, prouvé par les risques pris afin de réaliser un documentaire, bien digne du courage de Charb. (Qu’importe qu’une relation soit officielle ou pas, discrète ou pas : si on est peiné on doit être invité à vivre sa peine...). Autre chose, triste signe des errances idéologiques dans la mouvance PCF, bien avant le massacre de Charlie Hebdo, à la fête de L’Humanité, où Charb vint (il votait PC, dit-on), un rappeur, Médine, était invité. (Lui qui crie « Crucifions les laïcards » dans un clip (« Don’t Laïk », je crois) pour ne relever qu’un exemple de ce qui n’est pas loin de l’appel au meurtre... et quoi qu'il puisse dire, depuis : les mots sont plus que des sons). Le mot "laïcards" signifie "laïques", là...  Triste coïncidence : « Médine, l’étrange invité à la fête de l’Humanité », Marianne, 27-09-2014 : http://www.marianne.net/Medine-l-etrange-invite-de-la-Fete-de-l-Humanite_a241577.html

MISE à JOUR 18-01-2015 (obsèques, suite...). ARTICLE : « La double peine de Jeannette Bougrab », Le Parisien, 18-01-2015 http://bit.ly/1xlT3aD (« Il manquait quelqu'un vendredi aux obsèques de Charb, à Pontoise. Jeannette Bougrab, qui, la semaine dernière, avait de façon forte et émouvante crié sa douleur sur les plateaux de télévision, révélant qu'elle était la compagne du dessinateur, n'aura pas pu lui rendre un dernier hommage et assister à ses funérailles. » / «... hospitalisée au Val-de-Grâce à Paris depuis plusieurs jours, n'est rentrée chez elle qu'hier. »

Mise à jour 24-01-15. Déclaration de l’avocat de Jeannette Bougrab. Le Point, 23-01-15 :  http://mobile.lepoint.fr/people/mise-en-cause-de-sa-relation-avec-charb-jeannette-bougrab-prete-a-aller-en-justice-23-01-2015-1898972_2116.php

Mise à jour, 02-02-15. Lecture de cette page : "Le 'oui-mais' est une formule assassine", Le Huffingtonpost, par Pauline Bebe, 1ère femme rabbin, 19-01-15 : http://huff.to/163pAeA

Mise à jour, 02-02-15. Réactions (pays) au numéro du 14 janvier. Huffingtonpost, 14-01-15 : http://huff.to/1Dvh5nx 

La lecture  de Charlie (à entendre lecture de ce numéro, et lecture du journal en général), cette lecture ne serait pas complète sans proposer la réflexion de Nicolas Bedos, sur le courage de l’humour (l’estime qu’il exprime pour les caricaturistes de Charlie, et l’affirmation de sa propre démarche, courageuse et engagée). Son admiration pour les journalistes assassinés ne l’empêche pas de soumettre un questionnement d'humoriste, questions à lui-même aussi), tout en rappelant le refus de l’autocensure : « Nicolas Bedos : ‘ Laissez-nous l’ouvrir et risquer notre peau ’ », Le Monde, 10-01-2015. Entretien : « Pleurer la bande Charlie n’empêche pas de rappeler son combat offensif, quasi hebdomadaire, à l’encontre des symboles islamiques. Non, Charlie n’était pas un repaire de déconneurs bon enfants. Et alors ? J’étais de tout cœur avec eux. Mais nier l’obsession satirique de Charb concernant l’Islam serait une provocation à l’égard des jeunes musulmans - ceux-là même qui, jamais, n’ont souhaité une telle barbarie. Charlie avait le droit - et le devoir – de concentrer son vitriol sur l’Islam radical mais on ne peut pas dire qu’il était un journal satirique classique. C’est faire de l’angélisme, du politiquement correct, et ça risque d’attiser le sentiment d’exclusion des jeunes musulmans. Qui pourraient se dire : ‘S’ils ne reconnaissent pas que certains dessins étaient extrêmement véhéments, alors j’emmerde Charlie et la France’ ». Article complet : http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/01/10/nicolas-bedos-laissez-nous-l-ouvrir-et-risquer-notre-peau_4553347_3246.html

...... Echo de plusieurs questions évoquées ici, dans « Le canard enchaîné » : complotisme (article « Complètement complot » (etc.)......

...... Site de Charlie Hebdo : http://www.charliehebdo.fr/

........ Site du Canard enchaîné http://lecanardenchaine.fr/

14/01/2015

CHARLIE HEBDO 1178, 14 janvier 2015. Des millions d’exemplaires contre les haines mortifères et la bêtise

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La UNE.... Le dessin de Luz fait pleurer Mahomet, qui, ici, étranger aux terroristes, larme et bouche mécontente, dit que «Tout est pardonné». Les dessins ? Les malentendus ? Les menaces et les crimes ? L’indifférence qui aurait pu mener à la faillite ? La solitude d’un combat incompris parfois ? Qui pardonne ? Personne justement : il n’y a pas vraiment dans cette phrase de sujet d’un pardon, je crois. Il y a l’espoir d’une humanité au-delà de la haine, l’espoir de la possibilité du dessin, de la main vivante qui trace de nouveau des traits malgré le traumatisme. C’est le refus de la censure, de l’autocensure. (Doit-on parfois, aussi, se pardonner son courage pour encore vaincre la peur ? Et ainsi être dans encore plus de courage...).  Si Mahomet (qui n’est pas dieu mais homme) était ce que des croyants disent qu’il est, et s’il vivait maintenant, il aurait été du côté de Charlie, affichant « Je suis Charlie ». Il aurait pleuré après le massacre, mécontent de se voir associé à des crimes. Il aurait fait appel à cette notion de « pardon », sans espérer un pardon impossible, mais s’identifiant à Charlie, il aurait cassé la fracture de haine. Pardonner ? Pardonner l’impardonnable ? Non : garder mémoire, et garder mémoire du sens. Mais  faire que la dérision puisse reprendre ses droits et donc rire au moment où on pleure. Dans cette page, cette Une, les intégristes ont le prophète contre eux, le rire contre eux. Ce sont eux qui font pleurer le prophète, pas Charlie, puisque Mahomet est dans la manif : il marche en pleurant (ou n’arrive même plus à marcher) : lui aussi est Charlie... !!! D’ailleurs il n’est pas ridicule, ici : juste humain, du côté de l’humain, puisque, quand même, le pardon est posé comme horizon éthique. Mais il est cependant dessiné en Une d’un journal de dessinateurs caricaturistes : pas de censure. Les terroristes, décidément, ont perdu, sur tous les plans.

Mais il faudra de nouveau prendre aussi la plume et la parole pour dire et redire que la notion de blasphème fait écran à toute expression libre (et échappe au juridique dans nos lois et notre culture : elle ne regarde que l’intime de ceux qui y croient et qui ne devraient pas croire ainsi qu’une transcendance - posée par une foi quelconque ou par une autre – ait besoin d’effacer quoi que ce soit du réel qu’elle transcenderait...). Luz a peut-être voulu dire aussi que, si Mahomet est Charlie, comme nous tous, Charlie est Mahomet, et nous aussi. Tous humains. Le clivage qui met des frontières est un mensonge des extrémismes...

Il va falloir aussi approfondir notre réflexion, pour échapper aux pièges tendus par les manipulateurs qui sont à la source du projet terroriste. Ecoutons Boris Cyrulnik, analysant le 10 janvier la situation actuelle ("La seule bonne solution c'est la solidarité armée. S'armer intellectuellement, notamment." Et, dit-il, éviter le rejet de groupes humains, le rejet des musulmans...) 

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MISE à JOUR 19-01-15 et 23-01-15.

La Une de Charlie répond à un massacre qui atterre. Pas de justification aux assassinats (même si on devra tenter de comprendre les racines de ce désastre et lutter contre l’éternel recommencement du meurtre.). La mort, puis quelqu’un trace un DESSIN...  Une image pour dire...

Réactions. Quatre regards sur la UNE :

Inès Pohl, rédactrice en chef du journal "Tageszeitung", Allemagne, commente sa réception de la Une de Charlie et explique le sens de leur choix (publier cette couverture « sacrément bien réussie »). Libération, 18-01-15 : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/18/luz-a-offert-un-geste-de-reconciliation_1183506 [Citations (traduction de Charles Morillon) : « Pour être honnête, si nous avons publié la une de Charlie Hebdo en première page de notre journal, c’est avant tout parce que nous la trouvions drôle et sacrément bien réussie[la quasi-totalité des journaux allemands ont publié les dessins de Charlie, y compris la une, sans que cela fasse débat, ndlr].Parce que notre confrère Renald Luzier, "Luz", est parvenu à relever un défi qui semblait presque impossible : offrir un geste de réconciliation dans cette situation, restant ainsi fidèle à l’esprit de l’hebdomadaire. «Parce que c’est une caricature qui a du mordant et qui dit : nous continuerons. Sans pour autant tomber dans le piège du "maintenant plus que jamais". Le turban évoque Mahomet ; la couverture est de la couleur du Prophète, en vert. C’est suffisant, on n’a pas besoin de plus.» (...) « La une de notre édition de mercredi est bien sûr un signe clair de solidarité. »]

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Fouad Laroui (auteur de l’essai « De l’islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux », éd. Robert Laffont, 2011) : « On se dit catholique ou musulman, mais on sait à peine de quoi on parle ». Entretien de l’écrivain marocain avec Sabine Cessou, publié sur son blog ‘Rues d’Afrique’ (« Regards décalés sur l’Afrique, continent pluriel »), 21-01-15.  A la question « Que pensez-vous de la dernière une de Charlie Hebdo ? », il répond : « Les caricaturistes de Charlie Hebdo ont le droit de faire la une qu’ils veulent et ceux qui ne l’aiment pas ont le droit de protester pacifiquement. L’important, c’est de rester dans la légalité. ».  Entretien intégral lisible sur le blog : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/rues-dafriques/2015/01/21/fouad-laroui-se-dit-catholique-ou-musulman-mais-sait-peine-de-quoi-parle-234090

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Malek Chebel (anthropologue des religions et psychanalyste). Au sujet de la UNE de Charlie. Le Monde, 19-01-2015 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/19/le-prophete-lui-avait-de-l-humour_4559218_3232.html (« Ne pas représenter le Prophète c’est faire de lui une idole païenne, un Anti-Dieu. » (...) « On fait de la non-représentation du Prophète un secret mais si nous lisons les traités de théologie, Mohamed est décrit avec force détails. » (...) « Libérer l’image est une nécessité devant la prolifération maligne des images individuelles, forcément solipsistes. »)

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« Aujourd'hui, le prophète est aussi Charlie », Libération, 15-01-2015, par Soufiane Zitouni, professeur de philosophie au lycée Averroès : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/14/aujourd-hui-le-prophete-est-aussi-charlie_1180802 

[La tribune commence par le rappel d’un hadith qui parle de Mahomet pleurant, et répondant à la question d’un compagnon : « J’ai vu que dans le futur j’allais devoir témoigner contre ma propre communauté. » /  Soufiane Zitouni  écrit : « Et je pose ensuite cette question à mes élèves : « Ce futur sur lequel pleurait le Prophète de l’Islam, n’est-ce pas notre propre époque ? » / Il évoque ensuite cette Une de Charlie qui avait fait scandale : « Un dessin de Cabu tellement juste et si peu compris par beaucoup de musulmans, malheureusement, montrant un prophète de l’islam en colère s’exclamant : « C’est dur d’être aimé par des cons ! ».  (...) « Je me demande si beaucoup de musulmans n’ont pas un énorme problème avec l’humour. » Il dit avoir repensé au livre du psychanalyste François Roustang, « Comment faire rire un paranoïaque ? », et il en résume le message essentiel (« Nous avons tous en nous un paranoïaque qui a besoin d’ennemis identifiés pour se rassurer quant à son identité propre, parce que ses ennemis lui servent de limites ou de bornes (qu’il n’a pas su se constituer lui-même). » Sur la représentation interdite ou pas du prophète ou des êtres en général, il rappelle des anecdotes – polémique en Algérie autour du cheikh Khaled Bentounès) démontrant la superstition ignorante de certains milieux et la froide rigidité de certaines institutions. (...) Pour conclure cette analyse il revient sur la notion d’humour : « Est-ce à dire, alors, que la connaissance serait sœur de l’humour ? A cette question, je réponds sans hésitation, oui ! » (...) « Alors oui, ce prophète caricaturé, insulté, moqué, mais surtout ignoré, est aussi Charlie aujourd’hui, n’en déplaise à un grand nombre de musulmans qui trouveront peut-être ce propos déplacé ou naïf, voire insultant, surtout de la part de quelqu’un qui se réclame comme eux de la culture islamique. »] 

MISE à JOUR 06-02-15 : Soufiane Zitouni a dû démissionner de son poste depuis cette tribune. Il explique pourquoi (ce qui va entraîner une plainte du lycée en question, dont il dénonce le double jeu). Libération, 05-02-15, "Pourquoi j'ai démissionné du lycée Averroès" : http://www.liberation.fr/societe/2015/02/05/pourquoi-j-ai-demissionne-du-lycee-averroes_1196424  

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LECTURES complémentaires, CITATIONS :

« Une minute peut blesser un siècle », Victor Hugo cité par Eric Fottorino, Le Un : 

« Ces monstres furieux de carnage altérés, / Excités par la voix des prêtres sanguinaires, / Invoquaient le Seigneur en égorgeant leurs frères ; / Et, le bras tout souillé du sang des innocents, / Osaient offrir à Dieu cet exécrable encens. » Voltaire,  La Henriade, 1723, texte choisi par Louis Chevaillier, Le Un 

Kamel Daoud sur sa page Facebook, deux jours après le 7. Courrier international, 13-01-2015 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/09/kamel-daoud-a-nous-de-decider-quel-monde-nous-voulons (« Deux jours de silence. Mots épars dans la tête. Dessiner tue, penser tue, écrire tue, être libre tue, être digne tue, jouer tue, danser tue, rire tue, dénoncer tue, aimer tue. Deux jours à penser à la mort en soi, aux siens, aux autres, aux dessinateurs de Charlie Hebdo, aux deux journalistes tunisiens exécutés*, aux morts d'ailleurs. L'enjeu ? "Je suis libre" contre ceux qui hurlent "Je suis Allah". A nous de décider quel monde nous voulons face à la fin du monde que les tueurs veulent pour nous. »)

« S’il faut tenir compte du contexte, le contexte mondial ne sera jamais favorable à rigoler de l’islam radical ou des religions en général. Si on tient compte du contexte on ne parle plus de rien, jamais, la presse satirique est condamnée et c’est foutu. » Charb, cité par Eric Conan et Martine Gozlan. Marianne, 9 au 15 janvier.

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D'un côté des écrivains et des intellectuels qui apprécient la Une, de l'autre des foules qui manifestent, spontanément ou pas. Et des remarques, des réflexions de gens simples qui parfois acceptent, parfois se sentent blessés, ne comprennent pas cet humour, tout en condamnant totalement la violence. Des adolescents agressifs qui se sentent attaqués... Tout n'est pas mauvaise foi. Tout n'est pas bêtise. Ce sont juste des signes que la parole est nécessaire, l'écoute, le partage. Et le travail culturel. Il faut poser des ponts.

Mise à jour, 09-03-15. Tribune de Bruno Nassim Aboudrar, universitaire (professeur d'esthétique). Texte très éclairant : "Sans effigie du Prophète, il ne peut y avoir de caricature", Libération, 22-01-15 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/21/sans-effigie-...

Libération, 13-01-15, Malek Chebel, anthropologue des religions. Sur la Une de Charlie : "J ne vois rien dans cette une qui puisse provoquer quelque violence que ce soit." (...) "Il n'y a rien de blasphématoire dans ce dessin." (...) "Après, il y a toujours des semeurs de haine, des idéologues qui pourront s'en servir comme prétexte pour diviser." :  http://www.liberation.fr/societe/2015/01/13/je-me-rejouis-que-ce-dessin-ne-soit-pas-plus-clivant_1180092

10/01/2015

Jours sombres. Résister...

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La mort, encore. Assassinats. Encore la haine... Résister... Résister à la peur, à la haine, aux divisions...

 

 

 

 

Attentat antisémite porte de Vincennes, Libération, 09-01-15. « Quatre otages sont morts » : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/09/prise-d-otages-dans-une-epicerie-casher-a-la-sortie-de-paris_1176953

Communiqué de la LICRA, 09-01-15 : Hommage rendu à toutes les victimes : « Les premiers ont été exécutés parce qu'ils étaient libres, les seconds parce qu'ils étaient juifs, les troisièmes parce qu'ils étaient les symboles de la République, mais c'est le même fanatisme qui les a frappés. »

« Comment résister à l’intimidation ? »Kaoutar Harchi,romancière et anthropologue, intervenant  ce 9 janvier à l’émission « Ce soir ou jamais », posait de manière fort intéressante la question de l’expression des musulmans, considérant qu’il fallait trouver un juste positionnement en évitant des pièges contraires. Refuser le positionnement victimaire de ceux qui s’investissent dans un militantisme axé sur la thématique de la lutte contre l’islamophobie. Mais refuser aussi de répondre à une sorte d’injonction à devoir s’exprimer comme musulman ou musulman supposé pour cause d’origine (quand on peut être athée ou agnostique, et même être musulman croyant mais de manière privée, intime, intérieure). Car un musulman ayant d’abord une existence sociale, de citoyen ancré dans une profession, n’a pas à mettre en scène une visibilité particulière : il s’exprime en citoyen, simplement. Elle définissait ainsi une pensée et expression inscrite dans une sorte de tension (en disant qu’il fallait que la foi musulmane se réfléchisse, au sens du regard dans un miroir où on peut se voir se reflétant, donc se penser) : tension nécessaire pour toute appartenance religieuse. Donc ni victimisation, ni réponse de justification particulière pour se « démarquer » des terroristes qui instrumentalisent la religion : http://www.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais/diffusions/09-01-2015_289187

Cette réflexion est évidemment au cœur des questionnements associés à la lutte contre la radicalisation de candidats au Jihad...  Si ce langage était compris par tous il n’y aurait pas d’individu prêt à mourir pour des causes fantasmées. Mais d’autres intervenants invités parfois (ou souvent) à la même émission, ont fait passer des messages contraires, comme la porte-parole des « Indigènes de la République », eux qui accusaient les dessinateurs de Charlie Hebdo d’être racistes et qui ont donc nourri les haines vengeresses des criminels. On commence à tuer avec les mots. Confondre la dérision et le racisme est un signe de grande rigidité, de pensée aveugle.

De même ceux qui instrumentalisent le conflit israélo-palestinien, ayant une passion obsessionnelle pour le soutien des Palestiniens (Hamas compris, tel que), et vouant une critique totale destinée à Israël parfois exclusivement, ceux-là donnent des armes mentales à l’antisémitisme meurtrier. (Boycott d’Israël seul, présenté comme action prioritaire et absolue, alors que rien de tel n’est jamais proposé pour lutter contre les pires dictatures, qui ne dérangent pas les mêmes...). Alors qu’une critique (légitime...) d’un pouvoir n’aurait pas les mêmes effets désastreux si elle n’excluait pas la critique des pouvoirs adverses, et si elle s’accompagnait d’actions favorisant le dialogue entre les peuples, d’informations sur les initiatives de paix entreprises par des Israéliens et des Palestiniens (certaines ensemble, comme l’expérience de « Nevé Shalom- Wahat as-Salam »-« Oasis de Paix », pour ne donner ici qu’un exemple  - mais il y en a bien d’autres : http://wasns.org/-oasis-de-paix- ). Et si elle soutenait parallèlement la lutte contre l’antisémitisme. Donc des questions doivent se poser, des consciences s’interroger... car les crimes ont des racines complexes et les responsabilités sont diluées. (Comme nous pouvons tous nous interroger, d’ailleurs, sur la solidarité insuffisante quand Charlie manquait d’argent, dans cette période d’avant l’attentat, dans un silence assez général, heureusement corrigé par l’immense élan maintenant. Avons-nous su voir l’importance de leur rôle et de leur courage ? Pas à temps...).

Si l’horreur des attaques de ces derniers jours favorisait ces questionnements, on pourrait espérer... Espérer résister...

Cependant, évidemment, la lutte contre le terrorisme ne se situe pas seulement et principalement sur notre territoire et elle n’est pas qu’idéologique (mais cela ne dispense pas des analyses sur l’ici maintenant). Cette lutte est aussi militaire, policière, politique. 

Robert Badinter, réaction recueillie par Laure Bretton, Libération, 07-01-15, après l’attentat de Charlie Hebdo. « Les terroristes nous tendent un piège politique » : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/07/robert-badinter-les-terroristes-nous-tendent-un-piege-politique_1175717 («Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient "allahou akbar" au moment de tuer d’autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l’idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l’indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l’égard de tous les musulmans de France. Ainsi se creuserait le fossé qu’ils rêvent d’ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.»)

« Les Français sont là, debout, unis ». Entretien avec Max Gallo, Le Parisien, 09-01-15. Propos recueillis par Frédéric Gerschel :  http://bit.ly/1ADmqeB

(« Quand on tire sur des policiers et des journalistes avec des armes aussi puissantes en plein Paris, il y a la volonté affichée de créer un climat de guerre. »)... Il considère que parler du 11 septembre en référence à l’attaque contre Charlie Hebdo, c’est un anachronisme qui occulte une réelle analyse des faits. Il met en garde contre l’amalgame musulmans / terroristes : « Il faut faire en sorte que chacun ne reste pas dans son particularisme. Il faut une ouverture plus franche vers le monde musulman » (...) « Nous devons considérer les membres de la communauté musulmane comme des Français à part entière, les intégrer comme on l’a fait dans le passé avec les Italiens ou d’autres Français d’origines différentes. Cela suppose aussi des efforts de leur part. »

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Page d'ENAR (réseau européen antiraciste) : http://enar-eu.org/ENAR-condemns-anti-Semitic-killing 

04/01/2015

« Aux yeux d’une fleur »... Ou retour sur Noël, Hanouccah, l’Aïd El Mouloud...

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 « Aux yeux d’une fleur, / le monde est une fleur. / Aux yeux d’une épine, / le monde est une épine. » Texte d’une chanson d’Ani Chöying Drolma, nonne star du Népal (d’origine tibétaine). /// Paraphrasons en détournant... Aux yeux d’une étoile Noël serait une fête lumineuse, aux riches symboles... Aux yeux d’une ombre ce serait fantaisie ridicule, piège idéologique, danger à écarter, liberté à détruire. (L’ombre étant suivant les lieux et moments un idéologue bouffi de certitudes, un tyran maître en dictature, un fondamentaliste rêvant d’exclure toute croyance autre que la sienne, toute pensée s’écartant de ses normes.) En France on a vu des épines se déguiser en fleurs (l’extrême droite tentant de récupérer la symbolique chrétienne pour en faire un masque identitaire...) et des épines afficher leur part d’ombre (de faux laïques se disant libres penseurs... et proposant une vision assez totalitaire, car marque par un militantisme extrême contre toute dimension spirituelle - et ce n'est pas cela être laïque...).

Crèches...? « La crèche dépasse la sphère du religieux », Le JDD, 21-12-2014, entretien : http://www.lejdd.fr/Societe/Religion/Creches-de-Noel-La-creche-depasse-la-sphere-religieuse-707826

« étoile qui survit à ses ternissures / comment la voit-on de l’infini où elle s’insère ? » Fragment d’un poème d’Abdelwahab Meddeb (page 12, « Portrait du poète en soufi »).

Dans les disputes idéologiques entre étoiles et épines... l’infini est oublié, celui que le poète inscrit justement dans sa méditation...

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Noël, fête heureuse dans certains pays, situation terrifiante dans d’autres (voir le livre ci-dessous, tour du monde des réalités diverses...), malaise ailleurs, moins gravement, ou pressions ridicules, autres lieux, cf. Chine : « Pékin appelle à résister à Noël, ‘’fête kitsch de l’Occident’’ », titre du Monde, 28-29 déc. 2014. 

« Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde  http://www.xoeditions.com/livres/le-livre-noir-de-la-cond...

Mais (autre livre), au-delà du drame de Tibhirine, un témoignage magnifique permet un regard où l’espoir de fraternité demeure. « Le jardinier de Tibhirine ». Surtout ne pas instrumentaliser l’assassinat des moines de Tibhirine : ce serait les trahir et trahir celui qui poursuit la présence et incarne le message, ce « jardinier » de Tibhirine, jardinier concrètement et « jardinier » spirituellement http://www.lecerclepoints.com/livre-jardinier-tibhirine-j...

Noël, c’est un ensemble de symboles (étudiés dans des notes précédentes) et de mythes, dont cette présence fantasmatique qui fait rêver l’enfance...  « Le mythe du père noël », de Viara Timtcheva, éd. L’Harmattan, 2006. L’ouvrage reprend l’histoire de ce mythe des origines à la fin du XXè siècle : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=22617

Richesse des signes... Mais qui remarque la concordance des dates ? Hanouccah dont le huitième jour rejoint Noël, l’Aïd El Mouloud qui suit Noël de peu. Le penser peut aider à saisir la fraternité au-delà des drames, le dialogue malgré des réalités divergentes... L'origine des fêtes religieuses n'a souvent que peu de rapport avec la religion, les dates s'inscrivant dans la continuité de rituels païens, liés au rapport avec la nature.

Hanouccah : http://www.evous.fr/Hanouka-ou-la-fete-des-lumieres,1180116.html

L’Aïd El Mouloud, naissance du Prophète pour les musulmans : http://www.joursferies.fr/al-mawlid.php

Donc, traces pour mémoire...

Fêtes, trois religions du livre : http://icalendrier.fr/religion/

Fêtes au fil des mois : http://www.calendrier-des-religions.ch/fetes.php

Ce pour... 12 traditions : http://www.calendrier-des-religions.ch/fetes.php?t=0

Le site se limite ainsi aux dates, mais il s’ouvre vers le site de l’édition (Suisse) du calendrier, riche : revue de presse interreligieuse – dans un but culturel et éducatif avec textes lisibles en ligne, liens nombreux...

Revue de presse : http://editions-agora.ch/page.php?label=revue_presse

Liens : http://editions-agora.ch/page.php?label=liens_utiles

Liens... dont Religioscope : http://www.religion.info/  (liste d’articles, double, en anglais et en français, et lien avec l’actualité, cf. l’Ei, le jihadisme, etc.). Cf. texte (ample) : « Analyse: djihadisme et "dérives sectaires" », questionnement de Jean-François Mayer : http://religion.info/french/articles/article_652.shtml#.VJX13CsgBg  ou Eurel http://www.eurel.info/  (données diverses, pays européens) et Clims (Infos sur mouvements spirituels et minorités) : http://www.clims.ch  (réflexion sur l’intégrisme, mais aussi sur l’universalisme...).  

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Dialogue interreligieux et interculturel (site de l’UNESCO) : http://www.unesco.org/new/fr/culture/themes/dialogue

Dialogue interreligieux, fiche wikipedia :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Dialogue_interreligieux

Lecture pour prolonger la réflexion sur ces cultures religieuses. Un livre : « Petit guide des religions à l’usage des mécréants ». Passionnant entretien avec l’auteur, Alain de Botton, Le Monde, 23-05-2012 : http://www.lemondedesreligions.fr/culture/alain-de-botton-pour-un-athee-les-religions-restent-une-source-de-sagesse-extraordinaire-23-05-2012-2520_112.php

Et, pour conclure, citation d’une ancienne page du Forum 104. « Interspirituel ou interreligieux ? », par Yvon Le Mince :  « L’interspirituel n’est pas l’interreligieux. Il se préoccupe moins de hiérarchie, de dogme, d’institution... » (...) « L’interspirituel n’est cependant pas totalement autre que l’interreligieux. »)