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10/03/2016

PROCÈS à ORAN. L’imam salafiste est condamné… Kamel Daoud gagne

LOGO artcle majeur.pngUne première en Algérie, « une première dans le monde arabo-musulman ». Et c’est UNE juge. Très fort symbole que l’Algérie offre. Une femme, jeune, portant une responsabilité forte dans un procès qui a l’attention du monde. Ceci se passe à Oran, et ce n’est pas anodin. Oran étant une ville qui a particulièrement une tradition d’ouverture, de modernité, de courage aussi. L’imam fait appel (et se répand sur les réseaux sociaux). Espérons que l’Algérie confirme cette avancée (car même si la peine n’est pas très lourde, elle fait sens). La ‘réconciliation’, qui avait valeur d’amnistie après la décennie noire, aurait pu museler la justice, et cela n’a pas été le cas. La peur aurait pu jouer un rôle (ces salafistes ayant un passé criminel qui s’associe à la terreur, et un discours qui n’a pas évolué).

Lire…

Excellente analyse d’Adlène Meddi , « Le cas Kamel Daoud, contre-enquête », middleeasteye.net, 9 mars 16. (Rien à ajouter à cela…). CITATIONS : « La jeune juge n’utilise pas le micro, malgré le vacarme qui règne dans la salle d’audience numéro 1 du tribunal d’Oran. Elle fait défiler les dossiers de sa gauche vers sa droite au rythme des énoncés de jugement en une rafale de mots portée par sa voix fluette. » (…) « C’est une première dans le monde arabo-musulman. C’est la première fois qu’on condamne à de la prison un intégriste qui a menacé de mort un intellectuel. C’est très symbolique. Une manière d’affirmer que la violence, même verbale, devrait être une ligne rouge dans les débats. » (…) « L’ascension de Kamel Daoud comme écrivain ne se fait pas sans douleur : prise au piège des polémiques en France et en Algérie, elle révèle combien, dans un contexte de tensions et de malentendus autour de l’islam, il est difficile de tenir un discours libre. » (…) «… Son indépendance fait sa force mais induit sa solitude, pour paraphraser Pasolini. / Ces gens de l’autre côté de la mer, qu’ils l’attaquent ou le soutiennent, sont dans le confort de leurs propres institutions et espaces de débats, de leur tradition des polémiques intellectuelles apaisées. Ici, Kamel reçoit tout cela seul, isolé dans un pays où le débat est un pugilat, un procès d’intention. » (…) « L’essentiel… C’est ce qui se passe ici, avec ce jugement et le combat de Kamel dans son pays, contre un régime vieux et des intégristes dangereux. C’est ici le centre. Eux, là-bas, avec leurs polémiques, sont à la périphérie. »  http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/le-cas-kamel-dao...  

« Algérie : Kamel Daoud gagne son procès contre le prédicateur salafiste Abdelfattah Hamadache », Jeune Afrique, par Nadia Lamlili, 8 mars 16. CITATION : « Le tribunal d’Oran (à l’ouest d’Alger) a rendu ce matin 8 mars son verdict sur le procès opposant l’écrivain Kamel Daoud au prédicateur salafiste, Abdelfattah Hamadache, leader du parti du Front de la sahwa islamique (non reconnu officiellement).  ‘’Le prédicateur a été condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme, et à 50 000 dinars d’amende (près de 500 euros)’’, selon une source sur place. » http://www.jeuneafrique.com/308178/societe/algerie-kamel-...

« Le salafiste Hamadache condamné à la prison ferme », Algérie-Focus, par Abdou Semmar, 8 mars 16. CITATION : « Une première dans les annales de la justice algérienne. Le salafiste, Zeraoui Hamadache, dit Abdelfettah Hamadache, a été condamné, mardi matin, par le tribunal d’Oran pour 6 mois de prison, dont 3 mois fermes pour avoir demandé la condamnation à mort de l’écrivain et journaliste Kamel Daoud. » http://www.algerie-focus.com/2016/03/136187/ 

 « L’imam salafiste qui a appelé au meurtre de Kamel Daoud condamné ».. Marianne, 8 mars 16. CITATION : « L’homme (Hamadache) poursuit surtout ses activités sur les réseaux sociaux, comme le rapporte Le Monde, qui revient sur la dernière vidéo postée par cet ancien du Front islamique du salut (FIS), formation politique à l’origine des centaines de milliers de morts qui ont endeuillé l'ancienne colonie française dans les années 90. » : http://www.marianne.net/imam-salafiste-qui-appele-au-meur...

..... MISE à JOUR, 10-03-16

« Salut à Kamel Daoud », Libération, 10-03-16, par Jean-Luc Nancy. (Mais le « chapeau de Libération n’est pas bon car il déforme une phrase de l’auteur : en ajoutant un adverbe qui modifie le sens et peut même l’inverser à la lecture). Jean-Luc Nancy ne critique pas le « bruit » que ferait la « pugnacité » de Kamel Daoud : au contraire il met en relief l’opposition entre un retrait, attendu et le contraire, public, visible, fort. D'un côté l'acceptation d’une écriture qui ne dérangerait pas les censeurs, ne bousculerait pas, ou serait tellement cachée, peu lue - poésie par exemple, touchant un public qui accepte « la hache » qui brise nos limites, la glace en nous (Kafka) -  écriture qui ne ferait pas de vagues. Et  de l'autre... l’écriture qui, publique, crie la révolte et heurte les inquisiteurs (mauvais lecteurs, conformes à l’ordre qu’ils instituent en norme, aimant peu la hache brûlante des voix fortes). C’est un digne salut que celui de Jean-Luc Nancy… CITATIONS : «Pourquoi l’a-t-on fait à vous et non à tant d’autres qui ont écrit et dit la même chose ? Des Meddeb, Adonis, Benslama, Wafa Sultan, Mona Eltahawy et plus d’un, plus d’une autre dont on pourrait faire recueil sur le sujet qui a fâché de belles âmes consciencieusement postcoloniales. Je prends un seul exemple. Abdellatif Laâbi » (…) « La pensée et la poésie, ça ne fait pas beaucoup de bruit. On trouve qu’il ne faut pas être trop bruyant. » (…) « Mais il est parfois nécessaire de fulminer. » (Et il cite un vers d’Abdellati Lâabi…)  http://www.liberation.fr/debats/2016/03/09/salut-a-kamel-...

.... MISE à JOUR, 14-03-16

Amin Zaoui, "Les faqih de Paris se réveillent", chronique sur les complices idéologiques (rive nord) des islamistes (rives sud et nord). CITATION…. « Après les attaques des islamistes du Sud et les menaces formulées par les Hamadache du bled, c’est au tour des Hamadache du Nord d’attaquer l’écrivain et journaliste Kamel Daoud. Jalousie, paternalisme intellectuel ou tout simplement illettrisme politique ? Bel et bien, les Hamadache occidentaux existent — une réalité maudite — et leurs fatwas ne cessent de pleuvoir sur les quelques têtes lumières de chez nous. Ces Hamadache occidentaux ont des odeurs, des ombres, des langues et des tribunes. Ils sont même des douktour d’universités françaises ! Les faqih de Paris se réveillent ! Oui, la France de Voltaire, Baudelaire, Derrida, Foucault, Bourdieu, Zola, Barthe… la France de la raison, elle aussi a ses Hamadache, ses faqih salafistes ! Et ils sont influents. Et ils sont écoutés ! Et ils sont propagés ! Et je suis en colère ! » Suite sur le site d’El Watan… http://www.elwatan.com/culture/les-faqih-de-paris-se-reve... 

.... MISE à JOUR, 21-03-16 :

Entretien avec Djemila Benhabib, par Walid Mebarek, El Watan, 18-03-16  : « Daoud tout comme Sansal ou Zaoui sont des phares dans l’obscurité ». / Dans son nouveau livre Après Charlie, qui vient de paraître en France (édition (H&O), Djemila Benhabib lance un véritable appel du cœur : «Laïcs de tous les pays mobilisez-vous». 

- Pourquoi avoir ressenti la nécessité de reprendre la plume après l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, votre livre paraissant après les massacres du 13 novembre 2016 ?

« J’ai toujours été sensible à la force des idées et à la brutalité déployée pour les étouffer. Lorsque la conférence de Mouloud Mammeri a été interdite en 1980, j’avais 8 ans et j’habitais à Oran. Bien entendu, je ne comprenais pas grand-chose à cette affaire. Néanmoins, interdire une parole libre me paraissait déjà suspect. J’ai grandi dans une famille de militants de gauche entourée de militants dévoués. / Eliminer les porteurs d’espoir qu’ils se nomment Alloula, Djaout, Fardeheb, Charb, Cabu ou Wolinski m’est insupportable. Ma responsabilité première dans ces circonstances était de décrypter l’absurde et de jeter des ponts entre le «ici» et le «là-bas». L’oubli et la résignation étant la pire des trahisons. Surtout, ne pas se taire. Parler encore et toujours comme l’évoquaient Djaout et Charb. » : http://www.elwatan.com/culture/daoud-tout-comme-sansal-et... 

..... MISE à JOUR 23-03-16

Paul Berman et Michaël Walzer « contre les idiots utiles de l’islamisme ». France Culture, Brice Couturier, 23-03-16.. http://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires/l...

... MISE à JOUR 25-03-16 

Boualem SANSAL. "Kamel DAOUD ou le principe de déradicalisation", Libération, 23-03-16..."La littérature mondiale a gagné une nouvelle plume en la personne de Kamel Daoud. » (…) « Un jour, il rejoindra le panthéon des grands écrivains, c’est sûr, il en a le talent. Mais voilà, le danger pour lui est bien là, il a du talent, il sait appeler les choses par leurs noms et dire où elles se trouvent, cela en fait une cible de choix. Les lanceurs de fatwas et les censeurs les plus émérites, mais aussi les seconds couteaux, les jaloux, les faux amis et les superagents de la police de la pensée, tapis dans les hautes structures de la culture et de l’information, se mobilisent pour l’abattre » (…) « L’écrivain que je suis, hyperattaqué dans son pays, sait depuis son premier roman l’intelligence et la ténacité des assassins de la liberté et de la pensée. De tout, ils font un crime, ils savent, comme pas un, lire un texte à leur manière, y trouver ce qui ne s’y trouve pas » (…) « Ce sont en vérité des fous, des sanguinaires, des tortionnaires, des lâches surtout, des malheureux, au fond, qui ont besoin d’un os à ronger pour exister, pour calmer en eux on ne sait quelle irrépressible pulsion."http://www.liberation.fr/debats/2016/03/23/kamel-daoud-ou... 

... MISE à JOUR 29-03-16 

A LIRE, un SOUTIEN, total, de Kamel Daoud, en une analyse pertinente… TEXTE signé par Paul Berman (écrivain et essayiste américain) et Michaël Walzer (philosophe, universitaire), 29-03-16. Article paru d’abord en anglais dans Tablet Magazine, traduit pour Le Monde par Pauline Colonna d’Istria. La tribune n’est pas lisible intégralement (abonnés…). Les auteurs insistent sur le double schéma qui est à l’oeuvre dans la condamnation des écrits de Kamel Daoud par des intellectuels occidentaux (intellectuels ou se disant tels). D’abord c’est un refus plus ou moins conscient de reconnaître le droit à des penseurs du Maghreb ou du Moyen-Orient de poser une vision critique sur leur propre société . (Ce qu’ils s’autorisent eux, occidentaux, de loin, mais par des critiques « confuses et réticentes »). Car le second schéma « remonte à l’époque du communisme soviétique », quand il ne fallait pas (croyait la même « intelligentsia) dénoncer les crimes du stalinisme de peur de soutenir la droite contre la gauche. Là, soutenir les intellectuels critiques du Maghreb et du Moyen-Orient  se heurte à la peur de risquer de mettre à mal la critique du colonialisme ou de donner des arguments à l’extrême droite : erreur grave car c’est l’insuffisance des analyses ou leur absence qui est récupérable par l’extrême droite et les nostalgiques du colonialisme). Ainsi, par manque de réelle rigueur, par ignorance et faiblesse de pensée, « cette intelligentsia » « pourfend les dissidents ». Au moment du stalinisme, rappellent les auteurs, « les intellectuels occidentaux n’ont réussi qu’à obscurcir la réalité soviétique », et « ils ont fini par devenir les alliés de l’oppression ». Pour n’avoir pas reconnu « que le débat politique a parfois besoin d’être complexifié », et pour n’avoir pas su « défendre les deux points de vue en même temps » (dénonciation de l’oppression soviétique et lutte contre l’extrême droite occidentale). « De trop nombreux intellectuels progressistes tombent dans le piège de cette logique fallacieuse d’hier . ». Et ainsi, « ils obscurcissent des réalités », et « ils contribuent à alimenter la haine à l’encontre de ces auteurs », les « écrivains les plus talentueux ». Enfin, « ils donnent du poids aux condamnations des islamistes ». Paul Berman et Michaël Walzer concluent en espérant que Kamel Daoud choisisse de continuer à « nous faire penser ». Lire ici le DÉBUT du texte, le passage lisible en ligne : « Les accusations dont il (Kamel Daoud) a fait l’objet représentent un phénomène inquiétant. Doublement inquiétant en réalité, parce que ces accusations obéissent à un schéma qui commence à nous devenir familier. En voici la logique : un écrivain progressiste de tradition musulmane, ou vivant peut-être même dans un pays musulman, se fait connaître. / Cet écrivain propose une critique de l’islam tel qu’il est pratiqué ou de la répression sexuelle par le pouvoir islamique (un thème majeur) ou encore une critique du mouvement islamiste. Ces critiques sont jugées blasphématoires par les islamistes et les imams réactionnaires, qui répondent de la manière qu’on leur connaît. / Dans les pays occidentaux, les intellectuels, qui se considèrent pour la plupart comme des progressistes, mènent leur propre enquête sur l’écrivain et ses idées. Ils espèrent trouver le genre de critiques confuses et réticentes qu’eux-mêmes produisent. Or, ils découvrent autre chose : des critiques plus emportées, plus véhémentes, ou plus radicales et plus directes. »... http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/29/a-gauche-d... 

L’article de La Croix (par Ihsane Elkadi, Alger, 08-03-16 - et toujours en phase avec le débat actuel), déploie toute la trame des problématiques en jeu et signale les thématiques à partir desquelles Kamel Daoud  exerce sa lucidité et nous propose d’exercer la nôtre…(Texte lisible intégralement, et renvoyant aussi à d’autres pages). CITATIONS : « À 45 ans, le finaliste du Goncourt 2014 (1) n’aime pas le réel. Il l’efface par ses mots. La littérature comme espace hologramme, pour supporter les rideaux baissés dans Oran, le vendredi à l’heure de la prière. » (…) « Une plume singulière, à rebrousse-poil du consensus mou de la fin de la guerre civile algérienne. Un troc insidieux où le renoncement à l’islamisme politique s’échange contre le refus des libertés individuelles. Kamel Daoud ne comprend pas pourquoi les Algériens jouent à se contraindre autant dans la bigoterie sociale alors qu’ils ont résisté au diktat des barbus. Et comme le pouvoir autocratique et affairiste des années Bouteflika est la première cible de la tornade Daoud, tout le monde en prend pour son grade… » (…) « Comme son alter ego Chawki Amari, écrivain de talent chroniqueur à El Watan, ou Dilem, le caricaturiste « habité » de Liberté, Kamel Daoud incarne l’épopée de la presse algérienne insoumise. » (…) « Kamel Daoud a creusé son sillon durant de longues années dans la poussière de sa ville. Il a la légitimité de la terre et du temps. Et ne veut pas le perdre. » http://www.la-croix.com/Culture/Kamel-Daoud-plume-coeur-p... 

... MISE à JOUR 30-03-16. Chronique publiée, qui est une analyse de grande profondeur. Regard bilingue, pensée que la lucidité écartèle... CITATION. Chronique de Kamel Daoud, « Le bilinguiste et la surdité », 30-03-16… « Lectures du temps et du sang : l’actualité de la semaine est dans la routine du 11 septembre permanent. Cette fois à Bruxelles. Explosions, photos, morts, vidéos, arrestations, analyses et appels. Le calme du tueur tétanise et terrifie plus que le cadavre du mort. Le monde tourne en rond autour d’un néant nouveau. Le plus étrange pour un bilinguiste assis au sud du monde, entre le Français et la langue arabe, c’est de lire les réactions dans les deux mondes. Non pas à travers les spécialistes du «Sud » et le bilinguisme des académiciens « arabes » installés en Occident, un peu trop raffinés, trop désincarnés, amoureux des âges d’or et des accointances qui prouvent l’échange de civilisations, mais à travers le bilinguisme de chair et de terre. Des lieux et des mots des autres et des siens, dans les papiers des journaux et internet et dans les discussions de café. Quand à la fois vous êtes francophone par envie et arabophone par généalogie et curiosité, et que vous pouvez prêter l’oreille et le cœur de part et d’autre. » Suite en ligne… http://www.impact24.info/le-bilinguiste-et-la-surdite/ 

... MISE à JOUR 04-04-16... NETTES PAROLES D’UNE FEMME, Chahdortt Djavann, contre les auteurs de la tribune des 19… Un soutien nocturne, pour Kamel DAOUD…  / L’ouvrage « Les putes voilées n’iront jamais au paradis », de Chahdortt Djavann, était au programme d’une émission,  « Au fil de la nuit », émission culturelle, lundi 4 avril, soir tard (TF1). / Pour conclure, après voir parlé du sujet du livre, question de l’animateur, Christophe Ono-Dit-Biot, à Chahdortt Djavann, sur ce qu’elle pense des attaques venues d’occidentaux contre Kamel Daoud. (On sent que l’animateur - qui se situe là à l’opposé des signataires de la tribune hostile, les 19 - pose cette question en écho aux réflexions précédentes, à propos du livre, questions sur la place de la femme, et sur l’hypocrisie dramatique qui aboutit à la mort pour des prostituées, qui existent, sont utilisées, mais sont niées jusqu’à être tuées… Car le sujet est le même : ce que dénonce Kamel Daoud, ce livre le dénonce aussi. Voici la réponse de Chahdortt Djavann (de mémoire, mais sans trahir la pensée, à écouter en replay, c’était vers la fin de l’émission) : « C’est le pire racisme, c’est la première fois dans l’humanité, dit-elle, que des gens osent critiquer ainsi quelqu'un qui parle de religion de l’intérieur de sa culture » (Elle rappelle comment Voltaire et les penseurs des Lumières étaient critiqués, attaqués, au sujet de la religion, mais par des gens de leur propre culture, pas par des gens d’ailleurs prenant le parti des inquisiteurs). Elle ajoute « Bien sûr il ne faut pas essentialiser ,mais ne pas reconnaître que le rapport à la femme dans dans les pays d’islam n’est pas le même que dans les pays de culture chrétienne, ne pas reconnaître cela c’est de la collaboration. » L’émission Au fil de la nuit , lien: http://lci.tf1.fr/au-fil-de-la-nuit/ 

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RAPPEL. Information sur le collectif algérien de soutien. Article d'Hebib Khalilhttp://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/kamel-daoud-tire...  

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Voir aussi les notes des 16, 21 et 27 février 16, 1er mars 16, 3 avril 16. Dans ces notes, texte, citations, et liens (revue de presse, articles et pages en ligne)... 

« Kamel Daoud, voix essentielle », 16-02-16 : http://bit.ly/1OGBTfh

« Lire Kamel Daoud, soutien, suite… », 21-02-16: http://bit.ly/1LODwaQ 

« Pour Kamel Daoud. Sur un texte de soutien », 27-02-16 : http://bit.ly/21EzGsn

« Contre les chiens de garde de la fatwa », 01-03-16  http://bit.ly/1TRXedC

« Penser ombre et lumière, sauver le sens » : Abdennour Bidar et Kamel Daoud »,  03-04-16 : http://bit.ly/1pVDE3L

Et ajout (février 2016)d’une dédicace supplémentaire au texte repris en note le 18-12-15. « Poème pour dire » (texte MCSJuan). Dédicace qui précède des exergues, puis le texte : http://bit.ly/1Tgz1hq

27/02/2016

Pour Kamel Daoud. Sur un texte de soutien...

mms_img-2007196497.jpgIslamophobie?

« Quel islam pour quelle phobie ? L'islam de Médine ou l'islam de la Mecque ? L'islam soufi ou l'islam de Daech ? L'islam de Sayyid Qutb ou celui de Mahmoud Taha ? L'islam qui lapide ou l'islam d'Averroès ? L'islam de Mohammed Arkoun ou l'islam des ténèbres ? / N'a-t-on pas le droit de chercher à saisir la frontière qui sépare l'islam de l'islamisme, de comprendre comment l’islamisme se transforme en terrorisme ? »

Karim Akouche, chronique, Marianne, 26-02-16http://bit.ly/1T5aqvJ 

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Les 19 inquisiteurs (la tribune polémique…) osent parler "d'islamophobie" au sujet de Kamel Daoud, ce qui n'a pas de sens et démontre à quel point la notion est utilisée de manière perverse par des gens qui ont traversé la frontière qui sépare la lecture critique (droit que personne ne conteste, si c'est argumenté et fondé) du procès idéologico-religieux. Ils ont aussi traversé la frontière qui sépare le refus éthique de toute discrimination sur la base de l'ethnie ou de la foi et l'hystérisation fanatique de lois communautaires (interdiction de penser autrement que ce qu'exige de nous la norme des appartenances ethniques et religieuses, ou supposées religieuses). C'est poser un interdit sectaire, et refuser la liberté de conscience, droit humain s'il en est, dans la totale confusion. Ces gens devraient lire Amartya Sen…  

J'apprécie beaucoup le passage de l'article où Karim Akouche, en renvoyant un questionnement au sujet de ce soupçon diffamant "d'islamophobie", demande de quel Islam ils parlent. Car on ne peut certainement pas mettre sur le même plan, et derrière le même mot, l'islam lumineux des soufis (dont tous nous pouvons nous nourrir pour grandir en humanité), l'islam dit des Lumières, celui de la haute sagesse, d'une philosophie, d'une métaphysique rigoureuse, l'islam humble des croyants qui entrent une morale de vie, et l'islam de haine de criminels pouvant tuer une petite fille qui fuit, regardant son visage avec des yeux sans conscience... tuer (Toulouse). De criminels voulant débarrasser la terre de la musique, de la danse, des mots de la pensée.  Et ne pensant du corps que la violence (viol, meurtres, décapitations), des femmes que l'effacement et la domination. L'islam des sages et des méditants n'est pas celui des intégristes ou de leurs complices (ces gens qui préparent avec des anathèmes la route des assassins. Et qui le savent (ou sont fous). Non, Kamel Daoud n'est pas seul... La preuve, ces écrits (journalistes, écrivains, blogueurs) de gens qui signent des engagements de liberté. 

« Kamel Daoud ne hait pas les islamistes, il les combat », par Karim Akouche, Marianne, 26-02-16 : http://www.marianne.net/agora-kamel-daoud-ne-hait-pas-les... 

……... Mise à jour, 28-02-16, articles : 

« Kamel Daoud ou la défaite du débat », de Michel Guerrin , Le Monde, 26-02-16. Soutien de K.D., car la défaite n'est pas la sienne. (Et citation de Hugues Lagrange, joint en Inde, et qui soutient Kamel Daoud)  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/26/kamel-daou... 

« Sexe, islam, et polémiques », de Caroline Hayek, 22-02-16. L’Orient-Le-Jourhttps://www.lorientlejour.com/article/971657/sexe-islam-e... 

« La double fatwa », par Michel Onfray (le début, seul en ligne), Le Point, 24-02-16. Pour le titre, très juste, et quelques lignes  http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/mi...

Soutien. "Au-delà du relativisme culturel. pour une défense et illustration de la pensée critique". Par Amira Bouraoui et Maya Boutaghou, 28-02-16 . « …Montrer que notre liberté d’expression et notre esprit critique sont les seules réponses à une forme d’aveuglement bien pensant. »: http://www.chouf-chouf.com/chroniques/au-dela-du-relativi...

« Au nom de Kamel Daoud », par Fawzia Zouari (auteur du livre « Je ne suis pas Diam’s », Stock, ouvrage qui parle d’islam, de féminisme et de laïcité, à partir de sa propre expérience de musulmane laïque et d’une grande culture). Elle donne totalement raison à Kamel Daoud, en rappelant des réalités, en opposant la lucidité à l’aveuglement et aux complaisances. Libération, 28-02-16  http://www.liberation.fr/debats/2016/02/28/au-nom-de-kame... (Citations : « Oui, le concept de ‘oumma' recouvre l’adhésion à des certitudes dogmatiques aujourd’hui plus que jamais attestées sous le voile et le qamis. » (…) « Oui, les intégristes sont dans la culture de la mort. » (…) «Les signataires de la tribune appellent à un «débat apaisé et approfondi». Cela veut dire quoi, au juste ? Qu’on occulte ce qui ne va pas dans nos sociétés ? » (…) « Il existe, en France, une élite de gauche qui entend fixer les critères de la bonne analyse et qui veut faire de nous les otages d’un contexte français traumatisé par la peur de l’accusation d’islamophobie. » (…) « La même élite qui s’essaie à l’exégèse coranique et cherche la bénédiction de religieux devenus ses principaux interlocuteurs, aux dépens des musulmans laïques réfractaires au rôle de victime. » / « Cette tendance à dicter aux intellectuels arabes ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire sur leurs sociétés confine au néocolonialisme » (…) « Or c’est d’un nouveau discours que nous avons besoin de la part de la gauche. » Nous sommes de plus en plus nombreux dans le monde arabo-musulman et ailleurs à penser que le salut de l’islam comprend et exige la relecture de l’islam. » (…) « Et si certains veulent se constituer en brigade anti-islamophobe, assimilant toute critique de l’islam à un sentiment de peur ou de haine, nous estimons que notre rôle à nous est d’éveiller les consciences sur le poids de nos tabous spécifiques et les maux de nos sociétés en attente de liberté. » (…) « Sachez que des Kamel Daoud, il en naît tous les jours de l’autre côté de la Méditerranée. Et c’est là un signe de bonne santé. » (« En cela, et contrairement à ce que vous pensez, ils ne sortent pas de leur monde ni ne souffrent de déni d’identité. Bien au contraire. Ils s’inscrivent dans une autre tradition de l’islam, celle des poètes rebelles et des penseurs du doute… »)

« Kamel Daoud dérange le confortable angélisme sur l’islam », Marianne, 25-02-16. Abdallah Soidri rappelle le contenu de la tribune de Fawzia Zouari parue dans Jeune Afrique et le contexte de sa réponse aux attaques contre Kamel Daoud. (La page comporte plusieurs liens) http://www.marianne.net/fawzia-zouari-kamel-daoud-derange...

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Autres notes : tag Kamel Daoud

 

21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

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Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

Lire « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix et des objectifs. Blog. http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e...

J’ajoute ci-dessous six liens, et des citations. Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). : http://www.letempsdz.com/index.php/175478-le-romancier-et... (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

......

MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali. Synthèse remarquable :   http://www.elwatan.com/actualite/les-nouveaux-procureurs-... (Citations : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Polémiques destructrices causées par des censeurs...

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Que ce soit dans Le Quotidien d'Oran (cf. illustration), ou que ce soit sur d'autres supports, on lit... pour plus de lucidité, pour un miroir qui nous renvoie des questions souvent douloureuses. Pour plus d'être. Voir ici ses chroniques reprises sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

 .

Choquée en lisant dans Le Monde une tribune hostile (agressive, violente, fermée), et attristée en lisant sa réaction, car on y lisait la lassitude de l’auteur devant l’incompréhension malveillante, j’ai posé un commentaire au post publié, m’adressant à lui, comme d’autres internautes, lecteurs. Puis j’ai repris ce commentaire, tel que, en le modifiant à peine, juste en l’adaptant aux destinataires. (mediateur@lemonde.fr et courrier-des-lecteurs@lemonde.fr). Faire passer le message au journal. J’ai précisé que j’en faisais une copie sur mon blog. 

Et c’est ceci : « Tristesse, immense, en lisant la tribune contre Kamel Daoud (sans aucun commentaire du Monde, qui n’aurait pas dû publier cela…). Et tristesse immense en lisant la chronique de Kamel Daoud, où la lassitude est telle devant toutes ces attaques que celui qui a été primé meilleur journaliste (mais est aussi la cible d’une menace de mort)  serait prêt à tout arrêter. On a tous besoin de grandes consciences. Et il en est une, majeure. Il est un des grands esprits algériens, qui fait honneur à la fois à ce pays, à la francophonie, et à l'humanité libre de penser. Ceux qui ont signé cette abjecte tribune (qui se disent intellectuels, affichant leurs titres, mais qui apparemment ne savent pas lire puisqu'ils n'ont rien compris) sont les complices objectifs des intégristes. (Et le Monde avec eux, en leu donnant cet espace). C’est grave d’'avoir accepté de publier cette infamie signée à plusieurs. Nous sommes dans une période où les aveugles et les complaisants règnent. Nous devons tous nous dresser, chacun comme il le peut, contre l'obscurantisme (et tous ses visages) : écrivains, blogueurs, poètes, artistes. En signant. ll y a bien plus de gens qui le lisent et le soutiennent que de gens comme ces auteurs d'une lâche tribune, ces infirmes de la pensée. Ils ont fait une faute grave. "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle" a écrit Lautréamont. La leur ne sera lavée par rien, sauf par l'aveu de leur ignorance et de leur faillite idéologique. Et celle du Monde? »

….

Donc, je reprends ici les textes de Kamel Daoud. Et deux réactions (de deux femmes) qui s’opposent aux censeurs « bien-pensants »… 

La chronique de Kamel Daoud, suite aux attaques ignobles (tribune parue dans Le Monde, après la sienne, et déformant le sens de ce qu’il disait). « Lettre à un ami étranger » : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224963  

CITATION : « J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie. /  Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses. / D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. » Suite sur la page du journal…

La chronique précédente qui a déclenché les foudres des censeurs autosatisfaits. Kamel Daoud montrait le double jeu de renvois fantasmatiques, pour démonter les pièges idéologiques, tout en affrontant les questions, refusant le déni de réalité  (des uns) et les projections racistes (des autres). « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 31-01-16  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li... 

Il a publié aussi une réflexion sur la sexualité et le rapport aux femmes, NYTimes, 14-02-16, « La misère sexuelle du monde arabe ». (Refuser les tabous, regarder en face les situations, causes et conséquences). Texte en français : http://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-miser... 

Un autre texte de Kamel Daoud me semble important, dans ce débat. Car c’est bien la question du sujet de la conscience qui est en jeu ici. On veut enfermer l’auteur dans des silences exigés par le « nous », la communauté, l’appartenance figée, et lui interdire la pensée du « je ». (Alors que, comme l’inscrit la blogueuse en exergue, nous sommes pluriels, et que comme l’analysent Amin Maalouf et Amartya Sen dans leurs livres, nos identités ramenées à des singularités obligatoires sont des prisons.)

Ce texte est celui-ci : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224664 (Citations : « Le crime est celui d'avoir donné de l'encre à la voix ou d'avoir écrit ce que chacun dit. Le crime est la dénonciation de l'entre-nous, la transgression du murmure clandestin de sa propre culture. Le crime est la voix et le porte-voix. /  Et cela vous use. /Sous l'inquisition d'un Occident en pleine errance d'âme, qui essaye de trouver en vous le chamane de ses angoisses, le témoin de ses convictions peureuses et la preuve de ses théories sur l'Autre. / Sous l'inquisition des siens qui vous lapident pour votre singularité, ne comprennent pas le ‘je’  dans l'étable du ‘nous’ dominant, ne s'expliquent pas votre vision sauf sous l'angle de l'alimentaire, ne peuvent voir plus loin que la théorie du complot et la salive de l'âge d'or mort et enterré. / Piégé, sommé, obligé, repoussé, brûlé, incompris et soupçonné ou trop coloré et aromatisé comme un exotisme trop convenant. / Texte tarifé ou sommation du groupe. » (…) « C'est alors que l'épuisement guette la clairvoyance. ».

Et j'ajoute ce lien, sa réflexion sur les fascismes, entretien, dans Le Devoir  http://www.ledevoir.com/culture/livres/456378/tous-les-fa... 

...

La chronique sur Cologne a donc déclenché l’hostilité de gens se déclarant anthropologues, historiens, sociologues (cela ne donne pas une bonne idée de ce que peuvent être ces sciences humaines dans les mains de tels signataires…). Leur texte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantas... (MISE à JOUR, 23-02-16. Mais QUI sont-ils vraiment? Lire cette note qui révèle la véritable identité idéologique des signataires en question. "Dis-moi d'où tu écris" : http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e... ...Et celle-ci : http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. ») 

Voici une réaction à cette tribune hostile à Kamel Daoud. Par une juriste, Soraya Addi, qui insiste aussi sur le ridicule d’un chroniqueur condescendant qui s’exprime dans Algérie-Focus, pour défendre, en fait, la loi du silence et critiquer Kamel Daoud). Nouvel Obs, LePlus: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482058-kamel-da...  (CITATION / « Que l'on soit d'accord ou non avec les articles "Cologne : lieu de fantasmes" et "La misère sexuelle du monde arabe", on ne peut nier que Kamel Daoud a permis, dans un éclat international, d'ouvrir le débat sur un sujet enfermé dans un silence de plomb et qui ne pouvait être abordé qu'à l’extérieur du monde musulman mais qui, grâce à sa traduction en arabe par le "New York Times", atteindra le premier public concerné. Car il est nécessaire que les sociétés musulmanes modérées prennent conscience du profond malaise que génère le tabou du sexe afin de combattre les clichés dévastateurs propagés par les islamistes. Et ni la peur de l’islamophobie occidentale, ni la honte du regard extérieur posé sur les souffrances du monde arabe ne devraient être des obstacles à ce combat. ») 

Une autre réaction, une femme encore, une blogueuse qui met en exergue de son blog ses identités plurielles : « La dangereuse guerre du silence faite à Kamel Daoud sur la terre de la liberté d’expression » : https://journaldunebougnouleeclairee.wordpress.com/2016/0...  (CITATIONS :  « Chers Mesdames et Messieurs les anthropologues, historiens et sociologues bien-pensants, permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous avez tort. En tant que femme, musulmane, française de naissance, algérienne ayant vécu une décennie en Algérie, permettez-moi de vous dire que vous avez tort. L’islamophobie que vous devriez combattre n’est pas celle de Kamel Daoud mais la vôtre. En effet dans son premier texte, comme dans le second publié par le New York Times « The sexual misery of the Arab World », M. Daoud ne blâme pas l’Islam pour le rapport malsain des musulmans au sexe, mais l’Islamisme. Or dans votre lecture hâtive vous avez fini par assimiler ces deux très différentes notions, et c’est cela l’Islamophobie. » (…) « La France est un pays qui n’aime pas les tabous, et pourtant ici comme ailleurs, il y a culturellement des choses qui se ne disent pas. Or dire que le monde musulman a un rapport malsain au sexe n’a rien de choquant, certaines femmes sont cachées sous des draps sombres, il n’y a pas de preuve plus criante que cela. C’est un appel nécessaire qui aspire à un changement aujourd’hui vital. »)

 

06/02/2016

LAÏCITÉ... sans adjectifs, mais en débat.

Débat houleux, ces derniers temps. Et faits inquiétants, parallèlement.

Cela rend nécessaire le retour sur des articles récents (polémiques, heurts, malentendus ou hypocrisies) et sur des textes récents et plus anciens, qui donnent des outils pour la  réflexion.

Le débat oppose la ligne de Jean Glavany, par exemple, d’un côté, et de Jean-Louis Bianco (qui, en arrivant à la direction de L’Observatoire de la laïcité, disait qu’il n’y avait pas en France de problème de laïcité…). Le Parisien publiait le 23-01-16 un entretien avec chacun d’eux. On pourra lire l’introduction, qui résume un peu la problématique : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-laicite-e... ((Jean Glavany rappelait cette déclaration de JL Bianco, en réfutant sa véracité, et refusait aussi le fait qu’on ajoute à la notion de laïcité des adjectifs qui la réduisent. « A chaque fois que l’on accole un adjectif au mot de « laïcité » c’est que, en fait, on la combat. » (…) « Je ne connais pas plus de laïcité pure et dure que de laïcité impure et molle. Je connais la laïcité tout court. Ceux qui se disent laïques et qui stigmatisent une religion, quelle qu’elle soit, ne sont pas des laïques. C’est tout. La laïcité n’est pas antireligieuse : elle a fait la paix avec les religions et combat les intégrismes. »—-  Jean-Louis Bianco, lui, réfutait les critiques qu’on adresse à l’Observatoire de la laïcité, considérant qu’il manifeste un recul de l’exigence laïque et des complaisances devant les dérives intégristes. Il rappelait, pour répondre à cela, l’arsenal juridique et les publications de l’Observatoire… Mais s’il reconnaissait des tensions dans les hôpitaux il ne mentionnait pas les faits dérangeants signalés par des travailleurs (cf., à la RATP, des chauffeurs refusant de s’asseoir sur un siège occupé précédemment par une femme, ou, ailleurs, des hommes refusant de serrer les mains d’une femme… comme on l’a vu récemment avec le comportement d’un responsable associatif - de BarakaCity - dans une émission de télévision). Il disait trouver la polémique sur le mot ‘islamophobie’ inutile (sans préciser dans quel sens : car on peut considérer le concept nécessaire pour dénoncer paroles ou faits contre les musulmans en général, ou y voir au contraire une manière de refuser toute critique rationnelle de l’islam, comme on peut faire une critique rationnelle de toute religion ou croyance, même athée…). Il notait que « Certains, notamment à l’extrême droite, instrumentalisent le principe de laïcité pour en faire une arme antimusulmans. » 

Les raisons du malaise des laïques au sujet de l’Observatoire de la laïcité sont analysées dans la tribune de Caroline Fourest dans Le Monde du 21-01-16 (lecture partielle en ligne). Gêne, est-il rappelé, quand on voit des signataires s’associer - dans un appel d’union - au rappeur Médine qui chante « crucifions les laïcards » (les laïcards étant les laïques pour les intégristes). Malaise, aussi, quand on voit Nicolas Cadène, le numéro 2 de l’Observatoire, participer à la campagne du CCIF contre Elisabeth Badinter - qui n’a jamais fait l’apologie de la haine des musulmans, elle qui a toute sa vie lutté contre tout racisme, mais qui a simplement dit qu’il fallait être capable de défendre la laïcité « sans avoir peur d’être traité d’islamophobe »… ce qui est très différent : cela signifie qu’il ne faut pas tomber dans le piège de ceux qui voient de l’islamophobie partout, dès qu’on refuse l’intégrisme ou les dérives idéologiques au nom de la religion. Lien :  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/21/pourquoi-j... 

Marianne (que JL Bianco n’apprécie pas) a rappelé le contenu de ces attaques déformant la parole d’Elisabeth Badinter http://www.marianne.net/elisabeth-badinter-mauvaise-consc...

Dans cet entretien de PhiloMag avec Elisabeth Badinter, la question du rapport au féminin est abordée d’abord, son itinéraire intellectuel, des thèses diverses, puis vient la question sur la laïcité et l’entretien développe alors des thèmes qui lui sont associés (« Il y a une terrible pression du fanatisme dans nombre de banlieues. Je m’y rends régulièrement. ») : « Elisabeth Badinter : ‘Résister à la pression du fanatisme’ » :  http://www.philomag.com/les-idees/entretiens/elisabeth-ba...

Le conflit sur la laïcitéPrécisions au sujet d’une pétition (JL Bianco), ProChoixhttp://www.prochoix.org/wordpress/?p=758

Du côté du judaïsme, voici une parole de sagesse, paisible et claire : Delphine Horvilleur, rabbin libéral, sur religion et laïcité (kippa etc.) : http://www.cclj.be/node/8971

Dans une revue d’anthropologie algérienne on trouve cette réflexion, par Mohammad Abid Al-Jâbirî (ample) sur la notion de laïcité en relation avec la pensée en islam. (Mais elle ne concerne que les pays musulmans, ne peut s’appliquer à notre société et à nos structures - cependant c’est éclairant sur le rapport au terme 'laïcité', en fonction des réalités liées à l’islam qui n’a pas d’Eglise à séparer de l’Etat, mais des autorités religieuses qui interfèrent sur les droits sociaux et la pensée…) : http://insaniyat.revues.org/7974 

Plus adapté à notre réalité est cette tribune parue fin 2014 mais toujours valable. Défense argumentée de la laïcité par un penseur de culture musulmane, Al Quds Al-Arabi http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/13/l... (Alors que j’ai vu une tribune parue sur Saphirnews - et dont je n’ai aucune envie de mettre le lien, pas de pub pour ça ici - d’un universitaire non musulman, qui relie laïcité et ‘islamophobie’, comme si la laïcité était une arme de haine. D’un côté des musulmans laïques - mais qui peuvent être croyants - et d’un autre des ennemis de la laïcité, par pure complaisance, ou ce qu’on appelle « idiots utiles de l’islamisme ». Car il ne faut pas confondre musulmans et islamistes, que ces esprits hostiles à la laïcité confondent, eux, croyant défendre les musulmans dans leur ensemble en défendant les intégristes, et en calquant sur eux leur refus de la laïcité.)

A lire aussi cet entretien avec un imam de banlieue, Mohamed Bajrafil (à Ivry-sur-Seine) originaire des Comores, Le Monde des Religions - dont une question pose problème par l’emploi du mot « laïcards » sans que soit fait un quelconque lien avec des positions extrêmes de laïques (athées militants?). Mais les réponses de l’imam sont éclairantes et assez nuancées : http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/mohamed-bajra... 

Judaïsme et laïcité. Etude de Gérard Fellous (intègre des éléments historiques, une analyse des faits sociaux et religieux), 2014 : http://gerardfellous.com/la-laicite-francaise-lattachemen... 

Trois conceptions juives de la laïcité. Entretiens qui datent de 2003, mais sont fort intéressants et restent très actuels : Philippe Haddad, rabbin (qui met l’accent sur l’acceptation du pacte républicain, mais associe laïcité et rupture avec la croyance - ce qui n’est pas la réalité de tous les laïques, certains étant incroyants d’autres pouvant même être des mystiques, mais c’est sa perception…)—— Philippe Lazar, Président du Cercle Gaston-Crémieux (qui se réfère à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, mais élargit cela à une évolution vers une culture diasporique où la culture de tous enrichit chacun, où l’appartenance culturelle ne s’oppose pas au respect laïc de la diversité partagée). Et David Susskind, cofondateur du Centre communautaire laïc  juif de Bruxelles (La réalité de la guerre et de la Shoah a modifié son regard sur la foi, mais donné une autre dimension au fait d’être Juif. Maintenir la culture et l’étude des textes, reconnaître la judéité en celui qui se considère Juif, même s’il est incroyant. Transmission d’une culture et d’un humanisme nourri des textes du judaïsme. Au-delà du religieux.) : http://www.claudefaber.net/presse/juif-laic.html 

Un dialogue sur christianisme, islam et laïcité, Abdennour Bidar et Fabrice Hadjadj (tout n’est pas lisible mais le début, avec des remarques à retenir, et suivent des liens vers des articles complémentaires), Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/06/05/31003-20150... 

Le protestantisme a vu dans les lois laïques une chance de liberté, pas une menace. texte de Janine Kohler, qui fait une synthèse claire, 1989. A lire avec la pensée des faits actuels… Mise en valeur de la notion de liberté de conscience. (… « Les idées laïques rencontraient les valeurs protestantes, notamment en ce qui concerne l'importance donnée à l'individu, à sa liberté de conscience, à son esprit critique. Pour la laïcité, comme pour le protestantisme, le but de l'éducation est de former un individu autonome, capable de faire seul ses choix et d'exercer sa raison. » (…) « Nous vivons une laïcité qui n'est pas un obstacle à la spiritualité. Nous croyons que la religion peut être facteur d'identité, sans être instrument de guerre ou d'agressivité. Seul l'appauvrissement culturel favorise l'intolérance. La laïcité nous apparaît comme un gage de démocratie. Pour les protestants cette notion reste liée à l'histoire de leurs libertés. Elle affirme que chacun, quelle que soit son origine sociale, ethnique, spirituelle, a sa place dans la communauté des hommes. » : http://www.protestants.org/?id=2027

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Mise à jour, quelques heures après, et quelques articles lus depuis… Communautarisme contre toute ‘parole dissidente’ (article du Monde) et contre les valeurs laïques…

Amine El Khatmi a subi un lynchage virtuel pour avoir affirmé une exigence républicaine, en musulman croyant et pratiquant, élu PS, qui avait été choqué, en regardant une émission, par l’agressivité grossière d’une femme ‘au discours communautarisme militant’ (Le Monde)...

Le Figaro présente les faits, les relie, donne des liens complémentaires  http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/29/31003-20160... 

Le Monde fait, au sujet d'Amine El Khatmi, une analyse approfondie du phénomène des réseaux ciblant des personnes dans l’univers de Twitter ou Facebook. (Tout n’est pas lisible, dommage car les lenteurs du PS - qui ne réagit que tard et peu - sont présentées  précisément, ce qui montre bien cette difficulté idéologique du PS à penser la laïcité, et cette frilosité inquiétante d’un parti à s’interroger sur le lien entre le religieux et le politique) : http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/02/06/le-col... 

Marianne le soutient : http://www.marianne.net/amine-el-khatmi-resistant-laicite... 

 Gilles Clavreul, attaques contre lui, aussi, et regard, ici, sur ses positions réelles, Le Figaro  http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/12/17/31003-20151... 

Il faudra lire le livre de Jean Birnbaum, « Un silence religieux. La gauche face au djihadisme » (Seuil). Car l’intégrisme fait le lit du djihadisme et ceux qui l’affrontent, musulmans critiques principalement, sont sacrifiés sur l’autel de la complaisance lâche. Ce qui libère un espace d'expression (de propagande) tant pour les fondamentalistes que pour l'extrême droite, son instrumentalisation mensongère de la laïcité.

Un exemple de difficulté (choix faits en fonction d'une conception "ouverte" de la laïcité, avec adjectif donc)... Accommodements problématiques et flou (de l’ODL, Observatoire de la laïcité ) sur la notion de  prosélytisme : où commence-t-il, ou pas?  http://www.ufal.org/laicite/laicite-a-lhopital-public-de-...

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RESSOURCES pour la LAÏCITÉ. SITES associatifs, BLOGS...et leurs liens (+ livres, dossiers, revues, textes, bibliographie, citation...).

CLR. Comité Laïcité République (avec, notamment, une bonne revue de presse bien actualisée) : http://www.laicite-republique.org/#&panel1-2 

LaïcArt.orghttp://laicart.org 

Obs. islam radical. IKHWANhttp://www.ikhwan.whoswho 

UFALhttp://www.ufal.org 

ProChoix. Veille/intégrismes : http://www.prochoix.org/wordpress/

FCI. Femmes contre les intégrismeshttp://www.fci-asso.org

CCLJ. Juifs laïques : http://www.cclj.be 

RAJEL. Judaïsme laïquehttp://www.rajel.eu 

Daniel Horowitz, « La Laïcité à la juive » https://blogs.mediapart.fr/daniel-horowitz/blog/150612/la... 

ISLAM laïque, blog : http://islamlaique.canalblog.com 

IQBAL. Pensée critique/créatrice en islamhttp://iqbal.hypotheses.org 

NSAE. Chrétiens laïques, réseau : http://nsae.fr 

BLOG (laïcité, protestantisme évangélique). Sébastien Fath http://www.laicite-republique.org/#&panel1-2 

Regard protestant sur la laïcité. Oratoire du Louvre http://blog.oratoiredulouvre.fr/2014/06/un-regard-protest...

Réponse à un message hostile, sur l’islam laïque. Par Michel Hilal Renard (et réfs. livres)  http://islamlaique.canalblog.com/archives/2014/07/03/3019...

Juifs, Français, Laïcs. Analysehttp://www.revues-plurielles.org/_uploads/pdf/9_6_7.pdf

Voir aussi les BLOGS de Leïla Babès, Jacques Benillouche, Caroline Fourest, Mohamed Louizi (2 blogs), Nadia Geerts, Daniel Horowitz… Etc. Pour diverses notes. Et des sites personnels, comme celui de Chahla Chafiq (ses livres, articles, interventions), ou les billets de Sérénade Chafik, sur HuffingtonPost... (LISTE "Laïcité", marge droite).

Et consulter le site de Religions pour la paix (voir les conférences prévues, l’appel 2014 des 110, signable au-delà, et les éditoriaux de Ghaleb Bencheikh). Options de dialogue, dans le sens d’une citoyenneté laïque : http://www.religionspourlapaix.org

Cahiers de l'islam, REVUE. Philo/religion http://www.lescahiersdelislam.fr 

Revue ÉTUDES. DOSSIER LAÏCITÉhttps://www.revue-etudes.com/archive/report/index.php?cod...

DOSSIER de l’Agora :http://agora.qc.ca/dossiers/Laicite

PHILO MAG. DOSSIER. Contre le fanatisme (doute et raison…) http://www.philomag.com/les-idees/dossiers/guide-dautodef...

PHILO. Point de vue d'un philosophe égyptien, Mourad Wahba. "Pas de démocratie sans laïcité"  http://www.memri.fr/2016/02/12/le-philosophe-egyptien-mou... 

Presse :FRÈRES musulmans et BELGIQUE otage : http://laicite-revue-de-presse.fr/?p=4176  ET... VOILEhttp://laicite-revue-de-presse.fr/?p=7130

Laïcité. Fondements juridiques  http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000095-l...

Manifeste (« Pour une spiritualité laïque et universelle ») : http://www.unisson06.org/manifeste_unisson.htm

CITATION : « La laïcité constitue le cadre qui rend possible la manifestation de la diversité sans morcellement communautariste de l'espace civique, préservé à la fois comme fondement de paix et comme horizon d’universalité. » Henri Pena-Ruiz, phrase en exergue sur le site unisson06.org (Spiritualité laïque).

Fractures, deux conceptions de la laïcité. « Pour le sociologue Philippe d'Iribarne, la notion de «laïcité ouverte» est spécieuse et équivaut à une démission de l'État face aux islamistes. » : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/08/31003-20160... 

ENTRETIEN.Rachid Ahrab. « Laïcité, islam, intégration... On est dans la dictature de l’urgence » http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160126.OBS3425/l... 

ENTRETIEN. Sérénade Chafik. « Femmes et islam. A qui appartient le corps des femmes?» http://yaelmellul.livehost.fr/2015/12/23/femmes-et-islam-...

LIVRE. La marque du sacré, JP Dupuy : http://www.carnetsnord.fr/titre/la-marque-du-sacre 

LIVRE. Dialogue, trois regards (dont place des religions dans Etat laïc), « Les Enfants d’Abraham » http://www.fraternite-dabraham.com/les-enfants-dabraham-u...

LIVRE. « En finir avec la tolérance? Différences religieuses et rêve andalou », d’Adrien Candiard, éd. PUF, 2014. Excellente recension, par Bertrand Wallon, sur ‘Chrétiens de la Méditerranée’ : http://bit.ly/1VZhF6f  

LIVRE. Islam et laïcité : http://www.memoire-mediterranee.com/index.php?p=phom&...

LIVRE. « Femmes sous le voile face à la loi islamique », de Chahla Chafiq et Farhad Khosrokhavar, éd. Le Félin, 1995 : http://bit.ly/1oYQ7De 

LIVRE, synthèse… « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zouari , éd. Stock, sept. 2015 : http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

TEXTE, Jean Jaurès, « La laïcité par légitime défense » : http://www.jaures.eu/ressources/de_jaures/la-laicite-par-...  (Voir aussi à TEXTES et DOCS, liste "Laïcité", marge droite)

BIBLIOGRAPHIE (ample) : http://www.cairn.info/histoire-de-la-laicite-en-france--9... 

TEXTES de référence et vocabulaire : http://www.institut-jacquescartier.fr/2010/10/la-laicite-...   ET… http://abo.marianne.net/hors-series/hs-les-textes-laicite...

Et…documents, ODL.gouv : http://www.gouvernement.fr/documents-de-l-observatoire-de...

05/02/2016

Fondamentalisme, courage, et complaisances...

Si Mohamed Louizi n’avait pas révélé ce qui se préparait à Lille pour le 7 février, on aurait peut-être (ou sans doute?) laissé s’exprimer en France des prédicateurs haineux, qui appellent au meurtre, affichent antisémitisme, homophobie, sexisme, sympathie pour le Jihad. Les réactions qui ont suivi ont permis de faire écarter les intervenants les plus dangereux, les plus évidemment radicaux. Simplement en prévenant que des déclarations inacceptables entraîneraient des poursuites… 

Cependant l’UOIF considère que cela est abusif, y voyant une ‘polémique’ non fondée… Et un site comme Saphirnews publie l’information en allant plutôt dans le sens de cette organisation… en la citant sans nuances.

Cela révèle, plus que n’importe quoi d’autre, l’idéologie globale de l’UOIF. Quand on considère normal d’inviter de tels personnages cela signifie qu’on accorde de l’importance à leur parole, qu’on la cautionne. D’ailleurs, parmi les invités, quelqu’un comme Tariq Ramadan est vu par ceux qui suivent ses interventions dans divers lieux comme un porteur de parole au double langage : une face lisse et des déclarations plus douteuses.

Cela révèle aussi la fragilité de nos démocraties, qui par la liberté même qu’elles permettent, ouvrent des failles utilisées par des propagandistes qui veulent les détruire. La réponse ne peut être le renoncement à ces libertés, mais une vigilance accentuée. 

Enfin, on peut mesurer, à cette occasion comme en d’autres cas, la complaisance complice de ceux qui se réfugient dans le silence, cf. Médiapart (ou une neutralité qui s'en approche, ailleurs), refusant de dénoncer ou condamner, ou ceux qui, même, iront jusqu’à épouser les arguments des intégristes. 

Cela au moment où le débat sur la laïcité s’accentue… 

A lire…. 

La note de Mohamed Louizi sur son blog Médiapart. C’est lui qui a alerté  https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/250116/7-f... (Introduction : « Le 7 février 2016, l’UOIF invite des personnalités sulfureuses, issues de la frérosphère internationale pour parler du thème des : "Jeunes Musulmans". Des personnalités invitées se distinguent par des propos et fatwas sectaires, takfiristes, jihadistes, homophobes et antisémites. Certains invités, en tête d’affiche, avaient appelé au jihad armé en Syrie. Décryptage et alerte citoyenne … »). Suite sur la page… 

Voir ce que dit, sur le 7 février, ce site, Ikhwan (auquel Mohamed Louizi participe, avec d’autres contributeurs)  Sous pression, l’UOIF renonce à ses invités les plus extrémistes… http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9782 (Citation : « C’est une victoire. Suite à l’alerte lancée par Mohamed Louizi sur ce site, de nombreuses voix, à gauche et à droite, se sont élevées contre la venue de prédicateurs connus pour leur apologie du terrorisme, à l’invitation (habituelle) de l’UOIF. La Rencontre Annuelle des Musulmans du Nord (tendance Frères musulmans) doit se tenir ce week-end à Lille sous la houlette d'Amar Lasfar. Or plusieurs des conférenciers annoncés  tiennent des propos invitant à tuer les Apostats, les Juifs, les Homosexuels ou incitent au Jihad armé. Ce qui ne relève donc pas de la liberté d'expression, mais de l'apologie du terrorisme et de l'incitation à la haine. » Suite sur la page…

Article très clair, metronews.fr. Sur les prédicateurs plus que problématiques : http://www.metronews.fr/info/rassemblement-de-l-uoif-a-li...

Marianne, sur l’identité idéologique des invités déprogrammés  http://www.marianne.net/uoif-comment-inviter-predicateurs... 

Le Figaro, sur ce qu’on sait de l’UOIF : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/28/31003-20160... (Citation : « L’UOIF - Union des organisations islamiques de France, forte de plus de 250 associations et d'une soixantaine de grandes mosquées - est la très officielle fédération des Frères musulmans en France. Et la tendance qui s'affirme en son sein n'est pas à une réforme en phase avec les valeurs de notre République, mais affiche au contraire le courant le plus belliqueux de cette idéologie. »)

Un entretien, FigaroVox. Mohamed Louizi explique la matrice idéologique des Frères musulmans, et en quoi l’UOIF appartient à cette mouvance : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/05/31003-20160... 

09/02/2015

ISLAMISME, triple piège...

ISLAL CHAHLA  CHAFIQ.gifMINARET ensanglanté.jpgLA LOI de DIEU.jpg

 

((Piège? Triple? Oui. Ne pas voir les masques du fondamentalisme. Ne pas voir les masques de ceux qui attisent peurs et amalgames. Ou, complices objectifs, creuser les failles en croyant combattre l’intégrisme...))

[SOMMAIRE  de cette note : EXERGUES, citations : Imre Kertesz (entretien, Le Monde, 28-01-15, sur la présence toujours recommencée de l’ombre du fascisme), Jacques André (démocratie et inconscient), Wole Soyinka (entretien, JDD, 08-0-215, sur sa colère contre l’aveuglement des pouvoirs devant l’évolution de la radicalité islamiste, celle des « agents d’un fondamentalisme à l’échelle du globe »)/ REFLEXION personnelle (Comprendre : mon commentaire, en italique) / + CITATION (Fatih Akin, sur responsabilité de tous)... / + SUITE REFLEXION / Et... REVUE de LECTURES (résumés, citations, liens) : Kamel Haddar (directeur d’Algérie-Focus/analyse des failles), Rochdy Alili, historien (D’où vient le fanatisme musulman ? Rigorisme et radicalisation...), Joseph Yacoub, universitaire ( les causes plurielles de ce terrorisme), Slim Laghmani , journaliste (dire la distinction islam/islamisme ne suffit pas : ce n’est pas entendu car on s’y prend mal – il faut expliquer comment cela fonctionne pour distinguer)/ Ali Malek, écrivain (l’esprit du Coran est trahi par les oulémas, le problème vient des hadiths : l’islam des islamistes a les mêmes « maîtres » depuis le XVIè siècle – et les signes religieux apparents revendiqués comme formes spirituelles, voile ou halal, sont des marges hors spiritualité authentique qui donnent une image faussée de la religion, dans le déni des valeurs)/ Abderrahman Al-Rached, directeur du plus important quotidien panarabe,  dénonce « Le crime des manipulateurs » / Chala Chafiq, analyse en sociologue les motivations des jeunes séduits par l’islamisme (et elle met l’accent sur l’idéologie, négligée quand on ne voit que le djihadisme, qui en découle) / Dalal El-Bizri nous donne des éléments pour comprendre comment la parole sur l’islam, dans des pays musulmans, peut-être une cause d’angoisse, un risque majeur pris, et que cela induit une double peur : « pour » et « de » l’islam,    Islamophobie » interne(« intime »), qui est en miroir de la peur de l’islam vu de l’extérieur... / Wole Soyinka    dit sa colère devant l’insuffisante lucidité des gouvernements successifs du Niger, qui n’ont pas mesuré à temps la force et la violence de la radicalisation islamiste, et la dimension mondiale du fondamentalisme militant. / Pierre-Jean Luizard analyse le danger de l’universalisme calculé de Daech et son projet de choc, non entre Orient et Occident (comme le croit Huntington), mais entre deux mondes : croyants (quelles que soient leurs origines), et incroyants (fussent-ils Arabes ou musulmans de culture, mais mauvais musulmans selon les critères de Daech /  Gilles Kepel  (spécialiste de l’islam) constate que Daech est en train de mettre en place la stratégie  de l’idéologue syrien Abou Moussab al-Souri (dont il a traduit les thèses), visant la provocation d’une situation de guerre civile entre musulmans et non musulmans (par la revendication au nom de l’islam pour développer le rejet de ces derniers et leur radicalisation en réaction). Utiliser les fractures et les accentuer (le choix des cibles est pensé aussi dans ce but... La réponse ? Le 11 janvier en était une (‘sursaut’, ‘digue culturelle’. Donc... digues similaires.../ Philip Stephens  met en garde (Financial Times, Londres) contre la dangerosité idéologique et politique du FN, toujours présente, malgré les camouflages de la ‘dédiabolisation’.../ ENTRETIEN avec José Luis Zapatero, ex-Premier ministre socialiste espagnol. Le Parisien, magazine. Des réponses après les attentats... (laïcité et démocratie, pluralisme religieux, dialogue interreligieux, rejet du message anti-immigration, discours d'intégration...) / LIENS complémentaires : ARTICLES, BLOGS et sites, LIVRES ]

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 EXERGUES...

« Jusqu’à aujourd’hui, je me suis appliqué à étudier la façon dont s’élabore la langue de toutes les dictatures. » (...) « Mon souci principal, encore une fois, est d’analyser la manière dont les gens sombrent dans le totalitarisme. » (...) «  Avant même les attaques de janvier à Paris, j’avais fait la remarque que l’Europe était en train de mourir de sa lâcheté et de sa faiblesse morale, de son incapacité à se protéger et de l’ornière morale évidente dont elle ne pouvait s’extraire après Auschwitz. La démocratie reste impuissante à se défendre et insensible devant la menace qui la guette. Et le risque est grand de voir les gardes-frontières qui entreprennent de défendre l’Europe contre la barbarie montante, les décapitations, la ‘’tyrannie orientale’’, devenir à leur tour des fascistes. Que va devenir l’humanité dans ces conditions ? Auschwitz n’a pas été un accident de l’histoire, et beaucoup de signes montrent que sa répétition est possible. » (...) « Je ne crois nullement que chaque Allemand porte le nazisme dans ses gènes, et je suis sur ce point en désaccord avec l’historien américain Daniel Goldhagen (...) pour qui il aurait existé un ‘antisémitisme exterminateur’ spécifique à l’Allemagne »

 Imre Kertesz. Entretien, Le Monde, 28-01-15 : http://www.lemonde.fr/international/article/2015/01/27/auschwitz-n-a-pas-ete-un-accident-de-l-histoire_4564126_3210.html

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« L’inconscient est un sauvage, jamais la démocratie ne sera l’héritière de l’inconscient. Elle se fera toujours contre lui, il n’y a ni égalité ni fraternité dans l’inconscient. S’il y a une liberté, c’est une liberté absolue et sauvage. »

Jacques André, psychanalyste (Entretien, propos recueillis par Natalie Levisalles et Eric Loret, Libération, daté 14-01-2015 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/13/dieu-c-est-un-autre-nom-pour-le-surmoi_1180025 )

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« Avant d’être un Nigerian et un Africain, je suis un être humain. Je ne me sens pas agressé en tant que Nigerian dans un pays souverain mais en tant qu’homme face à des crimes contre l’humanité. » 

Wole Soyinka (Prix Nobel de littérature 1986), entretien, JDD, 08-02-15 : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Wole-Soyinka-Prix-Nobel-de-litterature-Le-Nigeria-se-rend-compte-que-le-gouvernement-s-est-reveille-trop-tard-717128  

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Comprendre ce qui est en jeu... Islamisme...? Le rigorisme rigide porte en lui les germes d’une possible radicalisation, qui, elle, peut mener au pire, mais il n’est pas toujours prêt au pire. Le djihadisme, politique, qui semble exacerber le religieux, en fait s’en éloigne de plus en plus, tout en le théâtralisant, et en y trouvant le prétexte de choix sinistres, pour se diriger vers un nihilisme qui explique les dérives monstrueuses vers de plus en plus de violence et vers des crimes contre l’humanité. Donc quand on voit dans le musulman authentique, pratiquant (ou simplement croyant) un complice virtuel du terrorisme, on fait un contresens dramatique (quelles qu’en soient les motivations) et on crée le terrain des discriminations. (Cela ne contredit pas la nécessité, pour l’islam contemporain, de faire un travail de relecture, décryptage, tri, et la refonte rationnelle des références et interprétations : comme c’est nécessaire dans toutes les religions, et dans tous les systèmes de pensée. Lire les éditoriaux de Ghaleb Bencheikh sur le site de 'Religions pour la paix'. Il réagit aux crimes et attentats avec colère. C'est un message d'urgence... Mais la refondation qu'il réclame - lui et tant d'autres - n'est pas aidée par les complaisances idéologiques et politiques de La France à l'égard de dictatures qui instrumentalisent la religion pour opprimer gravement, torturer, emprisonner qui veut penser, et écraser les femmes.) 

Contresens, oui, que la confusion musulman/islamiste potentiel. Car l’authentique rapport au religieux, au sacré (importante dimension culturelle) crée un rapport différent avec soi-même, et donc avec autrui. Spiritualité, d’un côté, qui fonde une éthique, une esthétique, un lien avec la vie, un rapport différent avec le corps, la joie  possible, le rire possible. Spirale du vide, de l’autre côté, où il n’y a plus de conscience-sujet, en soi, et plus de sujet perçu dans les êtres, hors de soi : on peut alors manipuler, torturer,  massacrer : vide intensifié par le collectif et par des références erronées, par un pervers rapport au langage. Et cela attire, comme si c’était un trou noir destructeur, toutes les fragilités, marges de délinquance, tous les désespoirs suicidaires, la part sombre des êtres. On oublie parfois, quand on écrit sur cela (presse, sites), les questions déjà posées par les systèmes de  terreur passés. Fascisme, nazisme. Pourquoi tant suivent ? Instinct de mort... Et on oublie cette « banalité du mal » interrogée par Hannah Arendt, peu comprise souvent. (Il n’excuse rien, ce regard sur les êtres et le fonctionnement des systèmes totalitaires : il ramène à l’interrogation sur l’humain, et devrait nous faire relire Robert Antelme, Primo Levi, Charlotte Delbo, Imre Kertesz...). 

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Fascisme tapi dans l’islamisme... (titre de ma note précédente...). Tapi, oui (au double sens de genèse et de masque). Mais, toujours, garder en mémoire que l'idéologie politique n'est pas la réalité religieuse. (Quand l'islam, en tant que source religieuse, porte en lui ce qui a pu produire la haute spiritualité, la haute sagesse qu'est le soufisme - à dimension philosophique, et éthique). Donc.... la cause est-elle si caractérisée qu’on puisse se contenter de  « désigner » et, réfugiés dans la peur, mettre un confortable écran entre les coupables et nous. (Quand on voit, par exemple, les Kurdes combattre Daech/EI, pour eux - et pour nous, soyons-en conscients... Peu aidés, longtemps abandonnés. Quand on voit, dans certains pays, des milliers de musulmans se faire massacrer : musulmans, eux, d'abord.). Les maladies de l’humanité sont nos maladies à tous. Guerres et meurtres, massacres et génocides. Comment faire cesser si on en ignore le rôle de symptôme ? C’est ce que veut nous dire aussi, d’une certaine manière, le réalisateur turco-allemand de « The Cut », Fatih Akin, héritier de l’histoire turque (le génocide arménien sur lequel il fait son film) et héritier, autrement, de l’histoire allemande, par la naissance, le lieu de vie, la culture partagée, l’identité partagée, la langue partagée (donc héritier d’une autre appartenance historique à penser). Il se pose doublement cette question de la confrontation au réel historique et actuel. Pour lui, d’abord, les deux génocides, dans le passé, dans l’histoire, puis l’islamisme, dans notre présent.  « ‘’Ce n’est pas une question de culpabilité, c’est une question de responsabilité. Avant, en tant que turco-allemand, je me disais  ‘ l’Holocauste n’est pas mon crime. J’ai mon propre génocide à affronter.  Aujourd’hui, je me dis que l’Holocauste comme le génocide arménien sont de notre responsabilité à tous. Pas en tant que Turcs ou Allemands, en tant qu’humains.’’  De même, il voit l’Etat islamique comme "le sanglant syndrome d’un monde malade depuis longtemps". ’La vraie question, c’est celle des racines du mal. ‘’ ». Libération, Fatih Akin, portrait,par Cordélia Bonal, « Portrait »/ « Bosse fort la mémoire », 14-01-15 : http://www.liberation.fr/culture/2015/01/13/fatih-akin-bosse-fort-la-memoire_1179963

Syndrome, symptômes, responsabilité... Questions qui font retour à l’histoire religieuse, et histoire générale... (Comme le font les auteurs d’articles qui suivent, plus bas, citations qui ouvrent des perspectives de pensée). 

Et, à l’autre bout, que dire à ceux qui ne sont pas séduits du tout (à juste titre!), mais qui, au contraire, devant les crimes et attentats, revendiqués au nom de l’islam (« au nom d’une lecture pervertie du Coran » comme le dit l’écrivain nigerian Wole Soyinka, voir ci-dessous, un entretien du JDD), ont peur...  Peur des terroristes (c’est normal), mais aussi de la religion, de l’univers de la religion dont se réclament les terroristes. Glissement apparemment logique. Qui peut induire une crainte de ceux qui appartiennent à cette culture. Crainte et rejet qui stigmatisent des gens, sous prétexte d’identité religieuse. Qu’ils arborent des signes ostensibles et aient des revendications remarquées... Ou  qu’au contraire, s’exprimant comme n’importe qui d’autre dans le pays, dans la banalité d’une réalité française commune, ils ne vivent leur religiosité, leur spiritualité, que très intimement.

Cependant cette opposition même est excessivement binaire : n'y-a-t-il choix qu'entre, d'une part, la mise en scène des corps, des gestes, ou des rites, et, d'autre part, une retenue qui fasse complètement disparaître de la sphère sociale toute dimension spirituelle ou religieuse. L'équilibre, je crois plutôt, est dans la tension entre les deux. Il faudrait s'inspirer de ce que dit François Cheng sur le vide médian, que, selon lui la culture occidentale ne comprend pas bien de la culture chinoise. Ni yin ni yang, seulement, mais aussi l'entre deux qui circule et bouge les formes, les limites, les repères - ou frontières... i noir d'encre, ni blanc transparent, mais un aller-retour entre trop de visibilité et trop peu de visibilité, donc d'existence. Lire la 'Lettre aux candidats' de 'Carrefour des mondes et des cultures'. Elle pose exactement cette question, en 2012... 

Que penser ? Que dire ? Comment comprendre le processus qui efface toute distinction, remplace le mot ‘islamisme’ par ‘islam’ et les termes ‘islamistes’, ‘terroristes’ , par ‘musulmans’ ? Confusion qui agit sur le vocabulaire : jusqu’à parler de ‘musulmans modérés’ parfois (ce qui n’a pas de sens). Jusqu’à entretenir une perception obsessionnelle de la présence de ces derniers dans le paysage social de tous (donc de la réalité à partager), comme si c’était une présence de trop. Jusqu’à dire qu’il ne faut pas parler des risques d'amalgame entre islamistes-terroristes et musulmans, pour dénoncer et prévenir (comme si cela occultait la réalité des attentats, faisait oublier les victimes juives, et l’antisémitisme islamiste - lié au complotisme et au négationnisme). Alors que les revendications d’appartenance religieuse des terroristes désignent automatiquement la masse des musulmans (ou censés l'être) dans une rhétorique immédiate utilisée par les extrêmes droites et voulue par l’Etat islamique/Daech (voir articles...). Ne pas dénoncer le piège c’est tomber dans le piège.

Quelque chose de l’ordre de l’islamophobie (terme controversé, mais ancien, plus qu'on ne le dit : occurrences en 1910-1912...) peut cependant être constaté là  où on n’aurait pas pensé que ce puisse être trouvé : dans des pays à dominante musulmane. Là, c’est le ressenti interne de musulmans, pour des raisons que présente Dalal El-Bizri dans un article publié à Beyrouth. Peur ‘pour’, peur ‘de’...

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Questions sur l’actualité, les sources plus ou moins récentes des faits... Kamel Haddar, Franco-algérien qui dirige le site Algérie-Focus. Bouleversé par les attentats, malgré l’émotion, prend le temps de dire ses colères contre toutes les « inactions » des pouvoirs, contre la « discrimination », réelle, le regard des « médias », irresponsables souvent dans leur manière de jouer avec les peurs, le retrait de la « majorité silencieuse au sein de la communauté française d’origine maghrébine » (« je déteste la victimisation »), les « appels aux musulmans, depuis les attentats, pour qu’ils expriment leur désolidarisation d’avec ces événements »... « Mais... nous sommes Français avant tout ». Il met en question (à juste titre !) « les liens... des pays occidentaux » avec « l’Arabie saoudite ou le Qatar ». « Qui vend des armes à Daech ? Qui a financé le terrorisme au Nigéria, au Moyen-Orient ? Les terroristes se nourrissent au sein des wahhabites. Que les pays occidentaux en tirent les conséquences. » Article à lire intégralement... (Compte-rendu d’entretien paru dans L’Orient-Le Jour (Beyrouth), le 16-0-15, propos recueillis par Emilie Sueur. Courrier international, 22/28-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/22/j-etais-un-sale-arabe-mais-je-suis-francais ) 

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«  Islam : un rigorisme en proie à la radicalisation ». Par Rochdy Alili, historien. Le Monde des Religions, janvier-février 2015. Dossier titré « Les Fous de Dieu », sous-titre : « L’histoire du fanatisme » (Judaïsme, Christianisme, Islam, Hindouisme, Bouddhisme). Le titre est déjà une annonce de l'analyse qui analysera la source de la radicalisation. Lien vers l’article et d’autres titres : http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2015/69/islam-un-rigorisme-en-proie-a-la-radicalisation-17-12-2014-4414_212.php  [Le chapeau de l’étude résume le processus étudié : « Du VIIe au XXe siècle, les islamistes ont honoré les mêmes maîtres et respecté le même dogme, parfois poussé à la démesure. Mais l’histoire récente, ravivant ressentiments et luttes de pouvoir, a vu l’émergence de groupes d’une violence extrême. » /// CITATIONS : « Depuis 1258 jusqu’à la colonisation au XIX è siècle, des figures du rigorisme musulman définissent l’idéal islamique qui va plus tard nourrir la réflexion de l’islam contemporain. » (...) « La colonisation occidentale va contraindre les musulmans à s’interroger. Une pensée réformiste moderniste s’élabore. » (...) « Le socle doctrinal des islamistes s’ancre dans ce que nous avons caractérisé comme un rigorisme (...) aujourd’hui poussé à l’extrême. » (Mais l’auteur définit trois manières de vivre le « puritanisme musulman », ou « salafisme » : le « quiétisme », tendance majoritaire, sans projet politique ; les islamistes politiques mais sans violence, et les djihadistes, politiques,  forgés dans des luttes, et de plus en plus violents.

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Un autre article, même dossier, entretien avec  Joseph Yacoub, non musulman (universitaire, Sciences Politiques, Fac catholique de Lyon), traite du fondamentalisme. « Cet âge d’or où l’islam a rayonné ne sert jamais de référence aux radicaux » / « Pour Joseph Yacoub les arguments religieux des djihadistes n’ont rien à voir avec le fondamentalisme et le rêve d’un retour à une période faste de l’islam. » / Il rappelle que les conflits religieux sont « récurrents » (partout dans le monde), situe la montée du fondamentalisme musulman d’aujourdhui dans les années 1970. Dit de ne pas négliger plusieurs éléments (causalités) comme « le sentiment d’une profonde injustice lié au conflit israélo-arabe, dont on ne dira jamais assez l’importance », « l’échec du nationalisme arabe », « l’absence de démocratie », la « déception » concernant « les politiques menées par l’Occident », la « faillite des partis communistes »...  Mais « la politique des djihadistes » est « intégralement nihiliste ».

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Et donc, ne pas confondre les mots et les gens... Mais ne pas craindre de relier les dérives à ce dont elles se réclament, en le faussant. Islamisme et islam. Pour distinguer, mais autrement. Slim Laghmani met en question les méthodes : « Pour se débarrasser de l'islamisme qui génère le terrorisme et montrer qu'il est différent de l'islam, il faut promouvoir de nouvelles techniques d'interprétation des textes sacrés. ».  Dire que l’islam n’est pas  l’islamisme, dit-il, ne sert à rien. « Que l'islamisme, sans qu'il en ait le monopole, génère le terrorisme, cela on le savait déjà : l'Algérie a compté ses victimes par centaines de milliers dans l'indifférence générale de la société internationale à l'époque [les années 1990]. » Dire que l’islam n’est pas  l’islamisme, dit-il, ne sert à rien.  On n’arrive pas à montrer « en quoi l'islamisme est différent de l'islam »...  « parce que l'on s'y prend très mal ». (...) « Quitte à choquer, je dirais que l'islamisme, c'est aussi l'islam – de même que la Sainte Inquisition, c'était aussi le christianisme. La question n'est pas de savoir ce qu'est l'islam ou ce qu'est le christianisme, mais comment on les comprend. » Conclusion : i « immense travail » à faire, méthodologique, d’interprétation... Article publié dans Leaders  (Tunis), le 12-01-15. Courrier international, 29/01-04/02-2015 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/13/comment-distinguer-l-islamisme-de-l-islam

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Travail d’autant plus nécessaire, note l’écrivain Ali Malek, que l’esprit du Coran a été trahi par les oulémas « en s’appuyant exclusivement sur les hadiths, ces paroles prêtées au fondateur de l’islam ». Et, conclut-il,  « Les musulmans européens font un grand tort à leur religion en la réduisant au port du voile et à la viande halal. Il y a dans le Coran des valeurs plus importantes que la prière, le ramadan et le pèlerinage réunis. ‘Dieu ordonne la justice, la bienfaisance...’ ». Car « Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. ». Et « Tous les problèmes qui collent à la peau des musulmans proviennent de cette chose qu’on appelle le hadith. » (Raisons factuelles de l’apparition des hadiths ‘’sur leur route’’ ». Et... « Oussama Ben Laden est un pur produit des compilations de hadiths. » : Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. Le Monde,  31-01-15, "Comment l'islam est perverti par ses fidèles": http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/31/comment-l-islam-est-perverti-par-ses-fideles_4567342_3232.html

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Pourquoi le terrorisme peut-il se répandre et perdurer ? Parce que des pouvoirs, des médias, des représentants institutionnels le justifient et le soutiennent. Criminels à blâmer, à dénoncer, plus encore que les terroristes, dit Abderrahman Al-Rached, directeur du plus important quotidien panarabe,  dénonce « Le crime des manipulateurs », (Asharq Al-Awsat, Londres, 08-0-15, et Courrier international, 15/21-01-15). CITATIONS : « Il s’agit du même constat : l’extrémisme est le fait de musulmans. Les lieux du crime sont différents, mais la source du crime est la même. / Nous traversons une énorme épreuve. C’est le début d’une avalanche de violences. Elle prend sa source dans des idées, est organisée par des terroristes et dispose de beaucoup de moyens. » / (Il évoque le complotisme, les mensonges de ceux qui justifient les crimes) / « Ces “justificateurs” couvrent les terroristes et leur donnent une légitimité. » (...) « Ce sont eux qui, depuis des années, ont permis au terrorisme de s’implanter dans notre région. De couverture médiatique en justifications politiques et soutiens financiers, leur crime n’est pas moindre que celui des terroristes eux-mêmes. » (...) « Paris est pris pour cible par les mêmes idées, armes et médias qui pourrissent notre région ». http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/08/le-crime-des-manipulateurs

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« Pourquoi  l’offre islamiste séduit une jeunesse en  mal d’héroïsme ». L’analyse que fait Chala Chafiq dans Le Monde du 06-02-15 (sociologue, écrivain) part des paroles des jeunes eux-mêmes (recherche menée à Lille en 2008-2009), qu’elle analyse. Elle met l’accent sur la dimension idéologique, disant qu’on la néglige, alors que, pourtant,   « le djihadisme est une des facettes de l’islamisme », qui « travestit la religion en une idéologie à caractère totalitaire ».  La fascination pour une telle idéologie tient au fait qu’elle répond à des besoins complexes et même parfois contradictoires, explique-t-elle. On donne des « règles », il y a des « interdits » : cadres qui rassurent, et obligations qui permettent d’échapper (pas de choix libres) aux « doutes inhérents à la liberté ». Ensuite on propose une « hiérarchisation sexuée » : séduisante pour les garçons qui considèrent que l’égalité hommes-femmes est un leurre, et pour des filles qui ont envie d’être soumises, croyant que l’amour est « obéissance », parce qu’elles ont intériorisé cette idée de l’infériorité des femmes... « Double essentialisation » du « monde musulman » d’un côté », et de « l’Occident », de l’autre (l’un idéalisé et devant « se défendre », l’autre diabolisé, car vu comme  « raciste » et « islamophobe », et... « pro-juif »... Réduction « du culturel au cultuel », « sentiment d’appartenance à une oumma attaquée ». Idéologisation du « djihad ». « Trouver du sens et des liens », « ordre et rébellion » à vivre dans le même cadre... cela répond à des demandes de jeunes. Chahla Chafiq dit donc que le rappel à la loi ne suffira pas. Qu’il faut « proposer une offre alternative forte » dans l’éducation.  Pour amener les jeunes à « se construire dans l’autonomie et la pensée critique. »

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 « L’islamophobie commence au Moyen-Orient ». Al-Modon (Beyrouth), le 18-01-15, Courrier international, 29-1/04-02-2015. Dalal El-Bizri (sociologue spécialiste des mouvements islamistes contemporains) part d’un constat. En 2004, un crime est fait en accusant l’assassiné d’islamophobie. Peine de mort directe pour... islamophobie. Ce terme, dont, contrairement à ce qui est dit, on trouve des occurrences anciennes, a été réactualisé, en quelque sorte, par les idéologues de l’islamisme pour justifier des crimes, ou simplement la répression, quand toute critique, même interne, devient suspecte d’islamophobie. : « Theo van Gogh, le réalisateur d’un film [Soumission] jugé “offensant pour le Prophète”, a été assassiné en 2004 (lire aussi p. 38). Alors qu’il lui assénait des coups de couteau, l’assassin répétait : “Tu es islamophobe ! Tu es islamophobe !” C’est n’est pas une blague, mais la réalité d’un crime qui ressemble à des dizaines d’autres, si ce n’est des centaines, commis par des islamistes contre des Juifs, contre des artistes, contre des journalistes ou contre d’autres que les islamistes ... prennent pour cibles. » Son analyse est très intéressante, car rare, et convaincante : logique.  Au lieu de réagir avec agressivité et colère aux craintes concernant l’islam (tout court, islam, pas islamisme), l’auteur les explique : « Or l’islamophobie résulte tout naturellement de tous les assassinats individuels ou collectifs qui ont été commis au nom de la ‘défense de l’islam’. ». Pourquoi l’islamophobie commence-t-elle au Moyen-Orient ? La réponse est là : Islam seule culture et seul sacré « seul et unique héritage, nous n’en avons pas d’autre. » Donc « crainte ‘pour’ l’islam ». Mais cela va avec « crainte ‘de’ l’islam » Car la peur « pour » (institutionnalisée, soutenue, instrumentalisée contre la démocratie) rend dangereuse toute expression un peu distancée... Donc peur. « La peur de l’islam, c’est la peur de la mort, de la mise à l’index, de la prison. » (...) Peur « intime, proche ». A « déconstruire » avec une « montagne de courage ». Et quand les instances officielles parlent des musulmans blessés (par les caricatures par exemple)  elles « font ce qu’on leur demande » (les Etats qui les contrôlent) «  à savoir accaparer la parole de tous les musulmans . »  (Alors que la parole ils ne l’ont pas eue...). Peur... « Peur que les islamistes exportent vers l’Occident. » : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/l-islamophobie-commence-au-moyen-orient

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« Je suis en colère » (titre, papier), « Le Nigeria se rend compte que le gouvernement s’est réveillé trop tard » (titre, site), ENTRETIEN avec Wole Soyinka (Prix Nobel de littérature 1986). Propos recueillis par François Clemenceau, JDD, 08-02-15 : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Wole-Soyinka-Prix-Nobel-de-litterature-Le-Nigeria-se-rend-compte-que-le-gouvernement-s-est-reveille-trop-tard-717128 (CITATIONS: « Le président actuel, ­Goodluck Jonathan, est coupable, avec d'autres, de ne pas avoir compris à quel point ce défi de l'islam radical ne pouvait aller que crescendo. » (...) « Boko Haram / Cette insurrection est barbare, absolument, elle appartient à une "espèce" qui a quitté depuis longtemps la communauté des êtres humains. Mais ils ne sont pas uniquement Nigerians. Ce sont les agents d'un fondamentalisme à l'échelle du globe, avec une capacité de recrutement d'autant plus facile qu'ils se nourrissent d'une lecture pervertie du Coran afin de faire de tous ceux qui ne leur ressemblent pas des ennemis, y compris chez les musulmans. Ajoutez-y les inégalités sociales, la marginalisation, la pauvreté, et le phénomène devient explosif. »

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Piège de Daech... Pierre-Jean Luizard et Gilles Kepel se rejoignent pour dire les pièges dans lesquels il ne faudrait pas tomber, et qui sont d’autant plus dangereux que l’Etat islamique s’appuie sur les failles sociales et culturelles existantes. Sans analyse géopolitique et distance critique, sans informations claires et rappel de certains faits à l’ensemble de la société, nous pouvons être les complices objectifs de la réussite de cette stratégie et laisser venir heurts graves et possible guerre civile, par aveuglement.

D’autant plus que cette stratégie de Daech est aidée, analyse Philip Stephens (Londres), par le jeu pervers du FN, qui, sous le masque d’une dédiabolisation, ne fait qu’adapter sa propre stratégie, qui a pour but de 'faire des musulmans des ennemis du peuple’, suspects, selon les tactiques de Marine Le Pen. (Alors que les Juifs avaient ce rôle principal de suspects du temps du Père à la direction) : père qui est toujours Président d’honneur... ‘Préjugés ethniques’, et ‘altérité’ culturelle suggérée sans cesse, légitiment en fait le racisme et peuvent légitimer la violence.     

« L'Etat islamique veut entraîner la France dans le piège du 'choc des civilisations' », par Pierre-Jean Luizard , Le Monde, 17-01-15 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/16/l-etat-islamique-veut-entrainer-la-france-dans-le-piege-du-choc-des-civilisations_4558056_3232.html  (CITATIONS : « Amedy Coulibaly s’est mis sous l’ombrelle de EI (...)Si cette paternité revendiquée semble difficile à authentifier, il n’en demeure pas moins qu’elle illustre une volonté délibérée du groupe salafiste-djihadiste :internationaliser au maximum le combat qu’il mène contre les « mécréants » (...) « Le terrorisme au nom d’Allah en France vise à susciter des réactions communautaires en chaîne, voire une guerre ouverte entre musulmans et non-musulmans français. » (...) « Loin de se réduire aux caprices d’une idiosyncrasie culturelle barbare, le discours de l’EI a une puissante dimension universaliste qui séduit bien au-delà de sa base arabe sunnite moyen-orientale. Quand on relit ‘Le Choc des civilisations’, de Samuel Huntington, on est frappé du jeu de miroirs qui s’instaure avec les conceptions du salafisme djihadiste. / L’EI reprend parfois mot pour mot les thèses de Huntington afin de mettre en scène un tel choc des civilisations. Il ne s’agit pas d’un conflit entre deux cultures, entre Orient et Occident, entre arabité et monde euro-atlantique, mais d’un choc de titans entre islam et mécréance. » (Dans la conception de l’EI...

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« Daech escompte des situations de guerre civile », par Gilles Kepel, Libération, 14-01-15 : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/14/daech-escompte-des-situations-de-guerre-civile_1180804 (CITATIONS : « Le contexte des attentats, c’est celui d’un mouvement, Daech [l’acronyme arabe de l’Etat islamique, ndlr Libération], qui a identifié ce qu’il estime être des fractures culturelles et confessionnelles dans les sociétés européennes - en particulier la France - et qui agit pour que ces fractures soient approfondies, transformées en failles. Le groupe escompte qu’elles se traduiront par des situations de guerre civile entre des populations d’origine musulmane et les «islamophobes», ceux-ci devenant très nombreux à cause des attaques jihadistes. Les populations musulmanes, elles, se radicaliseraient en réaction, jusqu’à considérer les jihadistes comme leurs héros. Cette stratégie a été énoncée en décembre 2004 par Abou Moussab al-Souri, un idéologue syrien dont j’ai traduit les thèses en 2008 dans mon livre ‘Terreur et Martyre’. Elle n’a pas pu se mettre en place à l’époque, car il fallait qu’elle s’appuie sur les réseaux sociaux et sur la proximité d’un terrain de jihad et d’entraînement - qui n’existaient pas encore. Aujourd’hui, on a YouTube, Twitter et le champ de bataille syro-irakien à portée de charter. » (...) « Dans la communication des autorités, il est fondamental de rappeler à l’ensemble de notre société que, parmi les victimes de prédilection des jihadistes, il y a aussi les musulmans désignés par eux comme ‘apostats’, comme c’est le cas du brigadier Ahmed Merabet qui a été délibérément abattu » (...) «  et que la plupart des victimes de Daech sont des musulmans. »)

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« Marine Le Pen : le diable dans les détails », par Philip Stephens, Financial Times (Londres, 22-01-15), Courrier international, 29-01-15. « Même si le FN a adouci son image, il ne faut pas perdre de vue la vraie nature de cette formation, qui dénonce l’islamisation de la France. » : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/marine-le-pen-le-diable-dans-les-details (CITATIONS : « Dans toute l’Europe, la droite populiste a élaboré un discours qui consiste à faire des musulmans des ennemis du peuple, au même titre que le capitalisme libéral, les Etats-Unis et les élites politiques. » (...) « Et elle (Marine Le Pen / pour « modérer son discours pour l’emporter ») a renoncé au racisme et à l’antisémitisme déclarés qui étaient propres aux militants FN de la génération de son père. Sa fille préfère attiser les craintes de voir la France envahie par les musulmans. Le père était un démagogue endurci, la fille choisit ses mots avec soin. / « Mais même si le FN... »  (...) « Les préjugés ethniques sont présents dans chacune des déclarations de son état-major.  Les mises en garde contre ‘ l’islamisation ’ sont calculées. Elles ont pour but de créer un environnement permissif pour les éléments les plus violents du parti et de semer la peur dans les esprits (...) »  (...) « Marine Le Pen n’a pas besoin de s’en prendre directement aux musulmans. Il  lui suffit d’alerter sur leur ‘altérité’ et de se demander si l’islam et le républicanisme laïc pourront jamais coexister pacifiquement. De même que l’antisémitisme de Père Jean-Marie Le Pen remettait en cause la loyauté des Juifs, Marine Le Pen sème le doute sur celle des musulmans. L’ennemi c’est l’étranger, comme toujours avec ce nationalisme infâme que l’Europe ne connaît que trop bien. »)

Il faudrait conseiller la lecture d'Imre Kertesz aux gens attirés par les thèses du FN, avant et depuis les attentats... Non, il n'y a pas plus de gènes 'islamistes' chez des Français musulmans, ou musulmans de n'importe quel pays, qu'il n'y a de gènes nazis hérités par les Allemands (voir, ci-dessus, exergue...). L'idéologie n'est pas une identité ethnique ou religieuse...

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Après les attentats, et devant les menaces idéologiques et terroristes, comment répondre tant à l’islamisme qu’au FN (et autres extrêmes droites), dangers conjoints... ? Voici une réponse (de plus, dans le débat ample qui nous concerne – réponse de plus mais essentielle et  fort intéressante : nous devons entendre ce qui vient d’ailleurs, frontières proches, regards en proximité aussi, mais regards qui, du dehors, peuvent mettre le doigt sur des manques, rendre plus lucides). Dans le Magazine du Parisien, José Luis Zapatero, qui dirigea l’Espagne après le terrible attentat du 11 mars 2004 à Madrid. (Le gouvernement de droite de José Maria Aznar s’était trompé en attribuant d’abord l’attentat à l’ETA, qui avait effectivement été souvent coupable de terrorisme, alors que la tragédie était causée par Al-Qaïda, donc l’islamisme, pas les séparatistes basques). José Luis Zapatero, ex-Premier ministre socialiste de l’Espagne, fait part de son expérience dans un entretien, l’expérience espagnole donc. Réponses qui ont prouvé leur efficacité (dont certaines peuvent surprendre, en France, comme la décision de légaliser 700 000 travailleurs sans papiers, au lieu de répondre par la peur accentuée des étrangers, des  immigrés...). Mais, surtout, il parle de ce qui favorise le dialogue, et d’une conception de la laïcité qui ne s’oppose pas à la prise en compte du fait religieux

LIRE, Le Parisien, magazine, 06-02-15. « Les Français m’ont ému », ENTRETIEN avec José Luis Zapatero, ex-Premier ministre espagnol. Propos recueillis par Stéphane Loignon : http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/jose-luis-zapatero-les-francais-m-ont-emu-04-02-2015-4505661.php (CITATIONS Je lui ai aussi dit » (à l’ambassadeur de France) « que le terrorisme se combattait avec la police, les services secrets, la coopération internationale, mais qu’il ne pouvait être vaincu qu’avec une action politique, culturelle et idéologique poussant toute la société et toutes les confessions religieuses à rejeter en bloc la violence. »  (...) « Dans notre pays, majoritairement catholique, nous avons promu le dialogue et la coopération avec les religions minoritaires, dont la première, l’islam, compte 1,5 million de fidèles. Avec l’appui des communautés religieuses, nous avons créé, en 2005, la fondation publique Pluralisme et vivre-ensemble, qui mène des actions en faveur de la paix et du dialogue. Nous avons aussi ouvert un observatoire du pluralisme religieux, qui conseille les administrations publiques et les communautés confessionnelles sur l’exercice de la liberté religieuse. » (...) « Les religions doivent s’unir et établir un code dans lequel elles déclareraient que rien n’est plus contraire à la foi que la violence. » (...) « C’est, à mes yeux, la tâche première de la République que de diffuser les valeurs de liberté, de pluralisme et de paix. Pour cela, nous avons fait voter en 2006 une loi qui créait un enseignement ‘d’éducation des citoyens’. » (..) « Le caractère laïque de l’Etat ne doit pas être une limite au dialogue avec et entre les religions. Le fait religieux a des implications sociales, identitaires, culturelles, idéologiques... L’Etat, tout en maintenant sa laïcité, garantie de la démocratie, doit se saisir de cette réalité. Ensuite le message anti-immigration est profondément négatif. Un discours d’intégration permet la paix, le vivre-ensemble et le rejet de la violence. » ).

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LIENS :

Articles complémentaires :

Après les attentats, entretien. Islam et islamisme, djihadisme, antisémitisme associé à ce substrat idéologique, et positionnements des jeunes. Olivier ROY, ENTRETIEN, 11-01-2015 : http://seminesaa.hypotheses.org/2642

Sur les musulmans, les enjeux, la  peur, Olivier Roy, ARTICLE. « La peur d’une communauté qui n’existe pas », 09-01-2015 : http://campvolant.com/2015/01/09/la-peur-dune-communaute-qui-nexiste-pas-par-olivier-roy/ 

« Voile, la crise des valeurs », par Chahla Chafiq et Fatima Lalem-Hachilif, Libération, 16-12-2003 : http://www.liberation.fr/tribune/2003/12/16/voile-la-crise-des-valeurs_455517

« Ramadan antiféministe », par Chahla Chafiq, Fatima Lalem, et Maya Surduts, 12-11-2003 : http://www.liberation.fr/tribune/2003/11/12/ramadan-antifeministe_451498

« La gauche radicale a eu tort d’attaquer la prétendue islamophobie de Charlie » : http://www.lattention.net/p/christophe-ramaux.html

Mise à jour 02-06-2016. Ramadan et le Qatar, article de Marianne... http://www.marianne.net/tariq-ramadan-assure-qu-il-n-est-... 

BLOGS et sites :

Antoine SFEIR. Blog (Voir notamment les rubriques "Monde", "Religion", "Décryptages") : https://antoinesfeir.wordpress.com/

Cahiers de l’Orient. Blog : https://cahiersdelorient.wordpress.com/

Chahla CHAFIQ, sociologue. Site : http://www.chahlachafiq.com

LIVRES :

Chahla CHAFIQ, sociologue, « Islam politique, sexe et genre. A la lumière de l’expérience iranienne », 2011. (« Analyse de l’islamisme : idéologisation du religieux, modèle politique totalitaire, phénomène moderne qui s’élève contre la modernité »).  : http://www.puf.com/Autres_Collections:Islam_politique,_sexe_et_genre

Pierre-Jean LUIZARD, historien, « Le piège Daech. L’Etat islamique ou le Retour de l’Histoire », Ed. La découverte, 02-2015 : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_piege_Daech-9782707186102.html

Marc TREVIDIC, juge antiterroriste, « Terroristes : Les 7 piliers de la déraison », Eds JC Lattès, 02-2015 http://www.editions-jclattes.fr/livre-terroristes-marc-tr... 

Antoine SFEIR, directeur des Cahiers de l’Orient, « Dictionnaire géopolitique de l’islamisme », éd. Fayard, 2009 : http://www.franceculture.fr/oeuvre-dictionnaire-g%C3%A9opolitique-de-l-islamisme-de-dirig%C3%A9-par-antoine-sfeir.html

Mise à jour 02-06-2016. « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zaouri... http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

Mise à jour 02-06-2016. Adonis, « Violence et islam »... http://www.seuil.com/ouvrage/violence-et-islam-adonis/978... 

03/02/2015

Parler du fascisme tapi dans l'islamisme...(MAIS...). Lectures... Courrier international...

COURRIER international.jpgCOURRIER ISLAM.jpgParler du fascisme, oui. Fascisme... C'est cela que désignent les auteurs de ces articles, journalistes ou écrivains, qui s'expriment dans le monde - et, précisément, aussi (voir les deux derniers articles), dans le "monde arabe" (notion controversée, mais qui recouvre une réalité culturelle et géopolitique cependant). Fondamentalisme qui est avant tout idéologique, politique. Fascisme qui ment en prenant le masque d'un attachement à une appartenance religieuse (même si celle-ci peut interroger ce qui en elle permet cette captation), et en emprisonnant les populations dont c'est la croyance ou la culture. (Ou dont c'est une des cultures, car les êtres sont tissés de cultures plurielles, surtout dans le contexte de notre univers mondialisé, diasporique, métissé, voyageur, nomade, connecté, traversé de réseaux...). Totalitarisme qui a un projet (fou peut-être, mais d'autres folies ont déjà réussi à opprimer terriblement : mémoire de l'Inquisition, du nazisme, du stalinisme...). Idéologie fondée sur des constructions mentales manipulatrices, une rationalité mêlée considérablement d'irrationalité (complotisme et négationnisme n'étant que deux aspects de la mise hors raison). Plongée mortifère dans le culte du passé, la peur de la femme, la peur du rire, du sport, de la musique, de l'art, de la pensée...

Fascisme tapi dans l'islamisme... PAS dans l'islam (vision haineuse que veut imposer l'extrême droite, pour rejeter les musulmans, par pur racisme, xénophobie en tout cas, refus culturel, peur identitaire). Pas dans l'islam tel que le pratiquent la majorité des gens qui le vivent comme spiritualité. Donc pas en eux, seulement croyants parfois, ou même pratiquants - plus ou moins, comme dans toutes les religions. Pas en eux, sur lesquels on risque de projeter l'ombre des terroristes revendiqués musulmans. Projeter cela c'est projeter la peur, et ouvrir la place (dont d'autres pourront se saisir) pour les agressions, verbales ou physiques. Attention, NE PAS confondre... Eviter de superposer les mots et les gens (ou idéologie et croyance religieuse). L'extrême droite nous tend et nous tendra ce piège, qui n'est que le miroir de celui que tendent les islamistes djihadistes (cela conforte leurs analyses jumelles fondées sur la haine de l'Autre...). Confondre, c'est pratique, facile... c'est penser en raccourci. Ne pas penser en raccourci, c'est, aussi, interroger, comme le font de nombreux intellectuels musulmans et des islamologues, ce qui, dans les sources de la religion, peut autoriser la violence, la légitimer. Dans tous les textes de ces intellectuels, donnés à lire dans les revues de presse de plusieurs de mes notes (et dans les références de livres) la complexité est présente. Mais, si la complexité est présente, dans la pensée comme dans la réalité, l'interrogation devra se porter aussi sur le lien des religions avec les revendications identitaires, et sur le lien des appartenances idéo-religieuses avec la perception que les uns ont des autres (croyants ou incroyants, et croyants autrement). [En Norvège, Anders Behring Breivik, le terroriste chrétien qui tua 77 personnes et en blessa 151 en juillet 2011 - des cibles idéologiques - ne le fit évidemment pas au nom de l'islam, mais bien au nom de ses convictions politiques d'extrême droite, sous-tendues par le désir de défendre sa conception d'une identité européenne associée à la chrétienté, qu'il voulait préserver... Preuve que des fanatiques idéologiques peuvent se saisir du religieux à des fins politiques. Stratégiquement parfois, ou même sincèrement... Car le rapport avec la foi est subjectif, donc facilement passionnel, et peut devenir doctrinaire si les questionnements n'ouvrent pas la lecture des textes aux interprétations divergentes. Et, au-delà, si des clés ne sont pas données, culturellement, pour dire comment distinguer ce qui est de l'ordre de la spiritualité, de la recherche de sens, et ce qui est de l'ordre de la politique.] Religion, et religions, ou cultures imbriquées... Rien n'est simplement cela ou le contraire.     

Complexité? Bien mise à mal, encore, quand on enferme les êtres dans des catégories. Car que veut-on dire quand on dit "musulmans"? Ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs, ni bouddhistes? (Cela ne rend pas forcément musulman...). N'y-a-t-il pas dans cette appellation, y compris pour refuser (à juste titre) tout amalgame avec les terroristes, une manière de désigner une origine? C'est hypocrite et mensonger. Lire la tribune d'Ahmed Benchemsi, parue dans Le Monde du 16-01-15 : "Le 'musulman modéré', une version actualisée du bon nègre". [Citations : "En les qualifiant de 'musulmans', on les singularise déjà." (...) "L'islam, c'est d'une ridicule évidence, n'est inscrit dans le patrimoine génétique de personne." (...) "Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme)"]. Texte intégral : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html   

Donc, LECTURES (citations...), pour commencer (ou poursuivre), la confrontation, avec, réellement, ce qu'est l'islamisme... Et non pas ce que nos paresses, notre idéologie, ou notre inconscient, voudraient nous faire croire (dans un sens ou un autre...). Vu de... Québec (l'idéologie...), Ukraine (ne pas tolérer l'intolérable, car ce serait renoncer à la démocratie...), Liban (répondre au fascisme...), Tunisie (des fascistes... imbéciles... qui osent se réclamer d'Allah..), presse monde arabe à Londres (Explications... Non, ni la France, ni les Juifs, n'ont mérité ça. Caricatures? Comprendre que se moquer du Prophète c'est comme se moquer de Moïse. Oui, on peut se moquer de Moïse, mais pas de l'Holocauste, car ce n'est pas la même chose... ), Syrien en exil à Londres (racines historiques de l'islamisme, la source : idéologues refusant la modernité et voulant faire du religieux la norme qui régente tout...). Un dossier, sous forme de revue de presse, qui est une bonne synthèse de questions essentielles...

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Vu de Québec. « Quand l'idéologie tue », par Paul Journet, La Presse (Montréal, 09-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-quebec-quand-l-ideologie-tue [ CITATIONS : « (S’interroger sur...) la part de responsabilité du modèle français d’intégration des minorités. Cet examen est prématuré et simpliste. Il repose sur une confusion entre trois concepts liés mais distincts. L’intégration des immigrants (...), la laïcité (...) et enfin l’intégrisme, la religion devenue militante et violente. Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l’intégration déficiente ne causent l’intégrisme. Et elles ne suffiront pas à l’éteindre. (...) L’islamisme existe aussi dans des pays où l’intégration ne pose pas problème. ( ...) On oublie que les musulmans forment les plus nombreuses victimes des islamistes et que leur ras-le-bol augmente au Pakistan et ailleurs. Les djihadistes ne correspondent pas à un profil unique. (...) Certains sont fous, d’autres sont diaboliquement rationnels. ». L’auteur insiste sur la nécessité « d’admettre le pouvoir meurtrier de l’idéologie » et d’éviter deux pièges. Le premier est de réagir en adhérant aux thèses de l’extrême droite, récupérant les attentats pour « amalgamer les islamistes à l’ensemble des musulmans qui pratiquent pourtant leur foi dans la paix. » De réagir en croyant à la « bête théorie du choc des civilisations » qui « sert les islamistes » - par la polarisation qu’ils veulent créer pour « mieux recruter ». Au contraire, « Il faut dénoncer sans relâche cette xénophobie. ». L’autre piège, l’autre danger, est « non pas de récupérer, mais d’étouffer le débat sur l’islamisme. »]

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Vu d’Ukraine. « Le prix sanglant du ‘politiquement correct’ », par Sergueï Grabovskiy, Den (Kiev, 09-0-115), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-d-ukraine-le-prix-sanglant-du-politiquement-correct [ CITATIONS : « Pour l’heure, ni l’Europe, ni les Etats-Unis, ni l’Ukraine ne sont prêts à exprimer ouvertement les faits essentiels qui ont abouti aux attentats terroristes à Paris, ni la réalité fondamentale qui se dissimule derrière ces actes. » (...) « On ne parle pas seulement de religion, mais de politique parée d’atours religieux. Nous sommes face à une chose digne de l’obscurantisme médiéval ou des Cent-Noirs [mouvement nationaliste, monarchiste et antisémite apparu dans l’Empire russe au début du XXème siècle.] Pour être plus précis, cette idéologie terroriste est un ‘fascisme islamiste’, qui s’appuie sur des idées totalitaires et nourrit des ambitions planétaires. /// En dépit de cette réalité la majorité des journalistes et des dirigeants (...) parlent d’atteinte aux médias et à la liberté d’expression’. Or, ce terrorisme est très particulier, car il a pour objectif ultime la liquidation de la civilisation euro-atlantique (ou ‘judéo-chrétienne’ comme elle se définit elle-même). » (...) « Attentats (...) absurdes » ( ?). « Non. » (...) « ... ce sont des actes complètement rationnels qui s’inscrivent dans le cadre de cette vision du monde totalitaire. » (...) « Il y a eu le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, la vague de l’extrême gauche appelant à une révolution mondiale dans les années 1970, et maintenant il y a l’islam militant. » L’auteur dit que, à son avis, la réponse aux attentats de Paris est « la fin de toute ‘tolérance’ face aux agissements des fondamentalistes et des tenants du fascisme islamiste. » (...) Car ne pas le faire « revient à saper les fondements de la démocratie européenne tout en donnant aux musulmans qui défendent les valeurs démocratiques le sentiment d’être abandonnés face au totalitarisme. »]

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Vu du Liban. « Le poing du fascisme », par Alex Rowell, Now (Beyrouth, 07-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-liban-le-poing-du-fascisme  [ CITATIONS : « Les rues de Paris, qu’ont autrefois foulées Descartes, Diderot et Voltaire, ont été ensanglantées. Une fois de plus, l’esprit humoristique, ironique et intellectuel est frappé en pleine face par le poing du fascisme.3 (...) « Insondables illusions. Certains, bien entendu, verront dans ce qui s’est passé une sorte de justice expéditive à l’égard du passé colonial de la France ou de ses interventions récentes au Mali ou en Libye. Peu importe aux yeux de ces gens que la seule ‘vengeance’ invoquée par les tueurs l’ait été au nom du Prophète... » (...) « Plus dangereux sont ceux qui diront que ce qui s’est passé aujourd’hui prouve la nécessité de montrer plus de ‘sensibilité’ ou (de façon plus paternaliste) de ‘sens commun’ dans ce que les medias publient au sujet de la religion. » (...) « ... La réalité a toujours prouvé exactement le contraire : ceux qui répondent à la satire par le meurtre doivent être non pas moins mais encore plus critiqués... »]

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Vu de Tunisie. « Des imbéciles qui se réclament d'Allah », par Slaheddine Charlie Dchicha, Kapitalis (Tunis, 08-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les fascistes qui ont tué les journalistes de Charlie Hebdo sont les mêmes qui égorgent des policiers et des soldats en Tunisie, et sèment la désolation en Irak, en Syrie et en Libye. Ainsi donc deux ou trois sinistres individus, parce que le hasard les a fait naître dans une famille musulmane, s’autoproclament porte-parole des musulmans et s’érigent en représentants de Mahomet voire d’Allah sur terre. Quelle prétention ! Quelle fatuité ! Quelle suffisance ! » (...) « Ces criminels fanatiques et imbéciles prennent en otage les musulmans de France et d’ailleurs. » (...) « Car ces fascistes sont les agents et les promoteurs autoproclamés d’un ordre totalitaire, le même qui émet une fatwa contre Kamel Daoud en Algérie. L’autoproclamation, voilà la malédiction du monde arabe et musulman. » (...) « Le génial journaliste algérien Kamel Daoud a mille fois raison lorsqu’il affirme : ‘Si l’on ne tranche dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer... La question religieuse devient  vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer.’ »]

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Vu du monde arabe. « Non, la France n'a pas mérité ça ! », par Hazem Saghieh, Al-Hayat (Londres, 10-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les auteurs du crime contre la revue satirique Charlie Hebdo ont eu comme seules paroles, d’après ce qu’on en sait, les cris “Allahu Akbar” et l’affirmation qu’ils voulaient “venger le Prophète”. En revanche, des éditorialistes [arabes] et des militants des réseaux sociaux se sont efforcés de trouver des raisons auxquelles les criminels eux-mêmes n’auraient pas pensé et qui sont très loin de leur univers mental simpliste de terroristes. ///Cette ambiguïté, voire complaisance, dont ces éditorialistes font preuve face au crime s’explique par le sentiment que dans nos contrées le réflexe de faire l’unité [entre musulmans] prime les autres considérations. Alors qu’en un clin d’œil on voit les multiples guerres civiles qui déchirent le monde arabo-musulman, ce qui donne à cette “unité” un côté pathologique. Mettons de côté les accusations contre le sionisme, les mises à l’index de la France, des Etats-Unis et des puissances occultes, ainsi que les discours oiseux selon lesquels “eux-mêmes” [la France] l’ont cherché. » (...) « Certains Arabes disent que les caricaturistes se sont moqués de l’islam mais pas de l’Holocauste. Le fait est qu’il y a une différence profonde entre les deux. Selon les dessinateurs de ce journal et selon les lois de leur pays, on a le droit de heurter les sensibilités religieuses et d’attaquer les symboles du sacré. » (...) « C’est tout autre chose que de se moquer de drames humains récents, ayant fait des victimes dont des proches sont encore en vie. On peut se moquer de Moïse, mais pas de l’Holocauste. » (...) « D’autres veulent “que les Juifs dégustent un peu, eux aussi, des souffrances que nous subissons” !  /// Or les Juifs ont bien assez dégusté au cours des dizaines de siècles, bien plus que nous Arabes. Personne, pas même les racistes parmi les Juifs, ne dit que les Arabes devraient subir la même chose. Certes, l’islamophobie existe dans les pays occidentaux. Mais il ne faut pas oublier que ces pays sont les seuls qui débattent de ce phénomène, l’analysent et le condamnent. C’est probablement la frustration que nous ressentons depuis [l’échec] des révolutions, échec qui nous prive de la liberté qui nous aurait permis, à nous aussi, de débattre de ces phénomènes, de les analyser et de les condamner. »]

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VU de Londres (article d’un écrivain, opposant syrien). « Comment l'islamisme a triomphé », par Yassine al-Haj Saleh, Al-Quds Al-Arabi (Londres, 10-01-15), Courrier international, 29-01/04-02 :  http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/comment-l-islamisme-a-triomphe [Intro. Courrier int. : « Pour cet écrivain et opposant syrien, l’attrait de la modernité a été supplanté dans les pays arabes par la religion à partir des années 1970, alors que l’instruction cessait d’être un gage de progrès social et que se répandait la corruption. » /// ARTICLE. CITATIONS : « L’acclimatation à la modernité n’a pas rencontré de résistance particulière dans le monde musulman pendant environ un siècle, de la deuxième moitié du XIXe siècle aux années 1970. Cela allait de pair avec l’amélioration des conditions de vie et l’apparition d’opportunités de promotion sociale, d’abord pour les hommes, ensuite pour les femmes. » (...) « Quoi qu’il en soit, ce qui meut les sociétés arabes, à l’instar de n’importe quelle société, c’est la perspective d’améliorer la vie en ce bas monde. Et dans aucun pays arabe la lutte anticoloniale n’a été essentiellement religieuse, même si l’islam a fait partie des éléments de mobilisation. » (...) « Jusque dans les années 1970, la tendance générale était à la modernisation des institutions, de la société... » (...) « Certes, cette modernité a rencontré des résistances... » (...) « Que s’est-il donc passé dans les années 1970 pour que les choses s’inversent, pour que le voile soit à nouveau répandu et que les islamistes puissent prétendre se substituer à l’autorité de l’Etat ? On l’explique couramment par l’islam ou par une structure mentale propre aux musulmans. Cette vision des choses correspond à celle des islamistes eux-mêmes puisqu’ils prônent le ‘retour au véritable islam’ et la primauté de la religion dans tous les aspects de la vie. » // « Cette explication n’en est pas une. Pour commencer, parce que les musulmans ne sont pas entièrement  structurés par la religion. En revanche on peut faire remonter cette tendance, dont l’Etat islamique [Ei, Daech] représente le point culminant, à une idée forgée par  Sayyid Qutb, (...) l’idéologue égyptien des islamistes, idée selon laquelle il fallait s’écarter de la modernité. » (Idée, dit-il, qui s’est développée au moment où « les libertés reculaient » – dictateurs, enrichissements de tyrans. » (...) « Ce nouveau climat a permis aux islamistes de répandre leur vision du monde. Aujourd’hui la première tâche consiste à renouer avec le progrès, c'est-à-dire à offrir au plus grand nombre des opportunités pour une vie meilleure.»]

18/12/2014

« Portrait du poète en soufi ». Lire Abdelwahab Meddeb, conscience éclairante...

 

SOUFI.jpgIncipit : "Ô souffle ô voix / ô saveur ô parfum / l'eau que la bouche donne et reçoit / la fleur qui dans l'oreille bruit / le jardin où les mains sont fleurs / le nombril que l'œil boit "  (1, p.7)

Citations :" que serait l'aurore / sans le noir de la nuit? "   (deux vers du fragment '54', p.47)

"matière soufie dense infinie en perpétuelle / découverte dire encore et toujours et à jamais / sur la voie inventer ses haltes ses points de fuite / et reprendre le chemin de logis en maison / où se vit et s'entend la jouissance autre / parfois sur le pré de désolation ou à son bord / ou à l'ombre de la maison de contrition / ailleurs ça peut être sur les rives de la jubilation / en mouvement sans cesse sans s'arrêter / porteur d'un feu qui..." (...) // (début du poème '97', p.107)   

"Portrait du poète en soufi", coll. L’Extrême contemporain, éd. Belin, 2014 (155 poèmes comme fragments de méditation).

J'ai choisi trois pages pour introduire cette lecture : la présentation du livre sur le site de l'édition, le portrait que fait Nicolas Truong de l'écrivain, un texte de lui sur le conflit israélo-palestinien. Et, bien sûr, trois citations, dont l'incipit. J'admire depuis fort longtemps cet auteur, brillant intellectuel né en Tunisie, qui, au-delà de ses dons de poète, de lecteur, de penseur, avait une faim du monde, un désir d'universalité, une grande exigence spirituelle. Force éthique exprimée dans la douleur du constat que nous sommes forcés, tous, de faire, devant la lâcheté hypocrite des enfermements complaisants dans la bêtise et la haine (dans la bêtise de la haine...). Dénonciation des murs dressés par les fausses croyances identitaires, par une sorte de goût mortifère du conflit avec l'Autre qu'on croit autre, ce goût de la mort contre la vie... Il le dit, notamment, cela, avec rage et souffrance, en humaniste profond, dans le texte "Pornographie de l'horreur". Voix perdue, l'immédiate : il est décédé en novembre 2014. Mais ses livres demeurent : la voix porte, à la fois intemporelle - par sa dimension spirituelle - et intensément dans le temps de nos vies, temps de ce monde qu'il pensa.    

Fiche éditeur : ("Pensées d'un néo-nomade" : "Le poète, soufi d'un nouveau genre en quête de la poésie globale de notre temps, trouve sa matière en réinventant sa patrie dans un nomadisme à l'horizon du monde" / (...) "Abdelwahab Meddeb, tunisien de culture française, est une personnalité importante du monde culturel. Il est écrivain, poète, philosophe et universitaire. Il produit et anime chaque vendredi sur France Culture l'émission "Cultures d'islam". Il a enseigné aux universités de Yale, Genève et Nanterre. Il a été lauréat en France de plusieurs prix littéraires.") :http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-portrait-du-poete-en-soufi-23819.php

PORTRAIT « Mort de l’essayiste et romancier Abdelwahab Meddeb (1946-2014) », Le Monde, 06-11-2014, par Nicolas Truong : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/11/06/mort-de-l-essayiste-et-romancier-abdelwahab-meddeb-1946-2014_4519799_3382.html (CITATIONS : «Poète, islamologue, essayiste et romancier, né en 1946 à Tunis, Abdelwahab Meddeb est mort à la clinique Bizet, à Paris, mercredi 5 novembre, d’un cancer du poumon. Grand érudit, pétri de culture musulmane et occidentale, il plaidait sans relâche pour un Islam des Lumières, un dialogue des civilisations face au choc des nations, des images et des représentations. / « Passionné par la littérature la plus exigeante, ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui conduisirent ce poète et romancier franco-tunisien à descendre dans l’arène des débats. « Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne, l'intégrisme est la maladie de l'islam », écrivait-il en ouverture à La Maladie de l’islam (Seuil, 2002), son ouvrage-phare, dans lequel il invitait le monde musulman à balayer « devant sa porte » et à rompre avec la spirale de la violence et du ressentiment. Il ne cessa de combattre l’islamisme radical, tout comme le mépris ignare pour les musulmans dans lequel se complaisent certains intellectuels français.  / « Une position singulière, qui lui valut d’avoir des adversaires dans chaque camp. Mais aussi de nombreux amis et soutiens, tels... » (... voir l’article...). » / (...) «"Je porte en moi la maladie de l’islam’’ », disait-il encore alors qu’il luttait contre son cancer. » / « Pour lutter contre le littéralisme et l’intégrisme, séparer le politique du théologique, il propose de chercher dans la tradition du soufisme d’Ibn Arabi (1165-1240) notamment, la voie d’un islam ouvert à la pluralité des mondes. Cette préoccupation est au cœur du Portrait du poète en soufi, son dernier ouvrage. ») 

Cette remarquable ouverture de conscience se voit dans ce texte qui met dos à dos les violences et la terreur dans le conflit Israël-Palestine : « Pornographie de l'horreur », A.Meddeb, Le Monde, 12-01-2009 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2009/01/12/pornographie-de-l-horreur-par-abdelwahab-meddeb_1140741_3232.html

25/10/2013

Musulmans contre islamistes… A lire...

Dossier du Courrier international daté 24-10-13. Deux articles et un éditorial sont lisibles (partie d'un dossier plus ample)... http://www.courrierinternational.com/magazine/2013/1199-musulmans-contre-islamistes  (« Violence, terrorisme et répression au nom de l’islam, fatwas délirantes, droits des femmes en régression : les musulmans en ont assez de sentir l’emprise des islamistes sur leur vie et sur leur image. » (…)  « De la Tunisie au Pakistan, des intellectuels musulmans veulent en finir avec la chape de plomb de l’obscurantisme. Des voix de femmes et d’hommes blessés que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre. »)

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14/02/2012

Hamza Kashgari, journaliste saoudien menacé de mort. Infos...

Quatre articles (Liens et citations).

Le Monde,13-02-12, « Le « ‘’mécréant 2.0’’ saoudien risque la peine de mort » : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/02/13/le-mecreant-2-0-saoudien-risque-la-peine-de-mort_1642583_3216.html   (« Hamza Kashgari, 23 ans, accusé de blasphème pour un dialogue imaginaire avec Mahomet sur Twitter et extradé dimanche 12 février par la Malaisie vers l'Arabie saoudite, où il risque la peine de mort. / Apparemment de longue date dans le collimateur des ultraconservateurs, le jeune homme a été rapatrié à la demande du gouvernement saoudien pour avoir diffusé sur son compte Twitter, fermé depuis, un dialogue fort peu orthodoxe dans lequel il ose s’adresser  directement au prophète Mahomet »)

Libération,13-02-12  , « La Malaisie extrade un journaliste saoudien » : http://www.liberation.fr/monde/01012389592-la-malaisie-extrade-un-journaliste-saoudien    (« Il risque la mort dans son pays pour des propos jugés blasphématoires, mais les autorités malaisiennes n’en ont pas moins décidé hier de renvoyer chez lui le jeune journaliste saoudien Hamza Kashgari. »)

Le Figaro,12-02-12 , « Un journaliste saoudien menacé de mort pour un tweet » : http://www.lefigaro.fr/international/2012/02/12/01003-20120212ARTFIG00130-un-journaliste-saoudien-menace-de-mort-pour-un-tweet.php (« Aussitôt, les organisations de défense des droits de l'homme montent au créneau. «Hamza Kashgari est un prisonnier d'opinion depuis qu'il a été arrêté en Malaisie pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression», déplore Hassiba Hadj Sahraoui, la directrice adjointe d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. En vain. Aujourd'hui de retour dans son pays, le jeune homme craint pour sa vie. »)

Lire aussi la page d' Ensemble contre la peine de mort, ECPM, abolition.fr : http://www.abolition.fr/fr/actualites/un-journaliste-saou... 

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MISE à JOUR...  « Hamza Kashgari a été libéré le 29 octobre 2013, après 20 mois de prison. »... Fiche wikipedia (qui cite d’autres condamnés en Arabie saoudite)... https://fr.wikipedia.org/wiki/Hamza_Kashgari