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28/01/2017

Anne Perrier, poète, nomade de l’essentiel. Nomade enfuie…

    anne perrier,poésie,la voie nomade,nomade,citations,livresCe n’est pas 

    Au moment de mourir tous les cris

    Déchirants de la terre que j’emporterai

    Toutes les larmes non

    Mais ce rire d’enfant comme un chevreuil

    Qui traverse la foudre 

             Anne Perrier, La voie nomade 

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13/06/2015

La solution du compas... Poésie, art, le centre et les cercles...

MARCHE.jpgSOUFI.png

« Elle est rebelle au fond, / La civière du temps. »

(...)

« Rien ne demeure / Qui ne résiste et qui ne sache. »

Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes (éd. Dumerchez, pp.33 et 36)

 « Des artistes oeuvrent avec goût. / Des esthètes jugent en connaisseurs. / Et des hommes crèvent en mordant leurs poings dans toutes les nuits du monde. »

Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent (et autres textes), Poésie/Gallimard, p.144.

 ...

En ce moment, c’est le Marché de la Poésie, et j’y vais...

En 2011, se catapultaient la catastrophe nucléaire au Japon, qui transformait les paysages en cauchemars, et le Printemps des Poètes qui avait pour thème « Infinis paysages ». J’avais vu là une obligation de questionnement, évidemment...(Etrange coïncidence, ces lectures parlant de terre, de vent, de fleuves et de mer, de feuillages, de forêts, de pays regardés ou fantasmés, quand la nature se rappelle à nous, par séismes et tsunamis, et quand, en Libye, un dictateur métamorphose son pays en lieu de mort, sans que les pays, autour, prennent les moyens de mettre fin à l’horreur. La poésie. Quand même… ou encore plus ?). Cela je l’écrivais en 2011. Maintenant, « mettre fin à l’horreur » pose question tout autant quand on voit les conséquences de certaines interventions.

Mais ce n’est pas le sujet, aujourd’hui. La question centrale reste celle de l’écriture : « La poésie. Quand même… ou encore plus ? » L’actualité est autre (migrants qui meurent, intégristes qui tuent, près et loin), le déchirement perdure.  Quand même... ce serait frôler encore cette tentation du renoncement, le sentiment de l’impuissance du langage et de la beauté, le refuge dans les seuls engagements, ou même la fuite dans l’univers politique. Ce serait l’illusion d’un sens de machine. Encore plus... ce pourrait être un autre piège, si les poèmes deviennent des tracts, ou, si, voulant échapper au tract ils s’enferment dans un « je » loin de l’universalité. Encore plus... oui, si c’est plus de lecture en profondeur, plus d’écriture au secret d’un rivage « encore plus ». Plus beau, plus dérangeant, plus autre. Donc plus largement humain.

Grand écart. Ni cela ni cela. Ou la solution du compas. Celle dont parle Elif Shafak, auteur du superbe roman multiple « Soufi, mon amour » (Texte sur Istanbul, Libération Next, page 98, Juin 2015). Elle en fait une réponse nomade, pour vivre entre deux lieux, se référant à Rûmi : « Le poète mystique persan parle de "vivre comme un compas". L’une des jambes du compas est statique, fixée à un endroit, tandis que l’autre dessine un cercle autour de ce point, tournant, cherchant, toujours à l’affût. » On peut appliquer cela à tout. Ecriture, création, engagement et retrait, spiritualité. Ancrage statique dans la part solitaire et l’exigence du regard, cercle et cercles de la rencontre du monde, merveilles et horreurs, paroles pour et paroles contre. Puis retour au centre silencieux, créatif.

Marché de la poésie : http://poesie.evous.fr/

© MC San Juan (TramesNomades)

18/12/2014

« Portrait du poète en soufi ». Lire Abdelwahab Meddeb, conscience éclairante...

 

SOUFI.jpgIncipit : "Ô souffle ô voix / ô saveur ô parfum / l'eau que la bouche donne et reçoit / la fleur qui dans l'oreille bruit / le jardin où les mains sont fleurs / le nombril que l'œil boit "  (1, p.7)

Citations :" que serait l'aurore / sans le noir de la nuit? "   (deux vers du fragment '54', p.47)

"matière soufie dense infinie en perpétuelle / découverte dire encore et toujours et à jamais / sur la voie inventer ses haltes ses points de fuite / et reprendre le chemin de logis en maison / où se vit et s'entend la jouissance autre / parfois sur le pré de désolation ou à son bord / ou à l'ombre de la maison de contrition / ailleurs ça peut être sur les rives de la jubilation / en mouvement sans cesse sans s'arrêter / porteur d'un feu qui..." (...) // (début du poème '97', p.107)   

"Portrait du poète en soufi", coll. L’Extrême contemporain, éd. Belin, 2014 (155 poèmes comme fragments de méditation).

J'ai choisi trois pages pour introduire cette lecture : la présentation du livre sur le site de l'édition, le portrait que fait Nicolas Truong de l'écrivain, un texte de lui sur le conflit israélo-palestinien. Et, bien sûr, trois citations, dont l'incipit. J'admire depuis fort longtemps cet auteur, brillant intellectuel né en Tunisie, qui, au-delà de ses dons de poète, de lecteur, de penseur, avait une faim du monde, un désir d'universalité, une grande exigence spirituelle. Force éthique exprimée dans la douleur du constat que nous sommes forcés, tous, de faire, devant la lâcheté hypocrite des enfermements complaisants dans la bêtise et la haine (dans la bêtise de la haine...). Dénonciation des murs dressés par les fausses croyances identitaires, par une sorte de goût mortifère du conflit avec l'Autre qu'on croit autre, ce goût de la mort contre la vie... Il le dit, notamment, cela, avec rage et souffrance, en humaniste profond, dans le texte "Pornographie de l'horreur". Voix perdue, l'immédiate : il est décédé en novembre 2014. Mais ses livres demeurent : la voix porte, à la fois intemporelle - par sa dimension spirituelle - et intensément dans le temps de nos vies, temps de ce monde qu'il pensa.    

Fiche éditeur : ("Pensées d'un néo-nomade" : "Le poète, soufi d'un nouveau genre en quête de la poésie globale de notre temps, trouve sa matière en réinventant sa patrie dans un nomadisme à l'horizon du monde" / (...) "Abdelwahab Meddeb, tunisien de culture française, est une personnalité importante du monde culturel. Il est écrivain, poète, philosophe et universitaire. Il produit et anime chaque vendredi sur France Culture l'émission "Cultures d'islam". Il a enseigné aux universités de Yale, Genève et Nanterre. Il a été lauréat en France de plusieurs prix littéraires.") :http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-portrait-du-poete-en-soufi-23819.php

PORTRAIT « Mort de l’essayiste et romancier Abdelwahab Meddeb (1946-2014) », Le Monde, 06-11-2014, par Nicolas Truong : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/11/06/mort-de-l-essayiste-et-romancier-abdelwahab-meddeb-1946-2014_4519799_3382.html (CITATIONS : «Poète, islamologue, essayiste et romancier, né en 1946 à Tunis, Abdelwahab Meddeb est mort à la clinique Bizet, à Paris, mercredi 5 novembre, d’un cancer du poumon. Grand érudit, pétri de culture musulmane et occidentale, il plaidait sans relâche pour un Islam des Lumières, un dialogue des civilisations face au choc des nations, des images et des représentations. / « Passionné par la littérature la plus exigeante, ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui conduisirent ce poète et romancier franco-tunisien à descendre dans l’arène des débats. « Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne, l'intégrisme est la maladie de l'islam », écrivait-il en ouverture à La Maladie de l’islam (Seuil, 2002), son ouvrage-phare, dans lequel il invitait le monde musulman à balayer « devant sa porte » et à rompre avec la spirale de la violence et du ressentiment. Il ne cessa de combattre l’islamisme radical, tout comme le mépris ignare pour les musulmans dans lequel se complaisent certains intellectuels français.  / « Une position singulière, qui lui valut d’avoir des adversaires dans chaque camp. Mais aussi de nombreux amis et soutiens, tels... » (... voir l’article...). » / (...) «"Je porte en moi la maladie de l’islam’’ », disait-il encore alors qu’il luttait contre son cancer. » / « Pour lutter contre le littéralisme et l’intégrisme, séparer le politique du théologique, il propose de chercher dans la tradition du soufisme d’Ibn Arabi (1165-1240) notamment, la voie d’un islam ouvert à la pluralité des mondes. Cette préoccupation est au cœur du Portrait du poète en soufi, son dernier ouvrage. ») 

Cette remarquable ouverture de conscience se voit dans ce texte qui met dos à dos les violences et la terreur dans le conflit Israël-Palestine : « Pornographie de l'horreur », A.Meddeb, Le Monde, 12-01-2009 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2009/01/12/pornographie-de-l-horreur-par-abdelwahab-meddeb_1140741_3232.html

MC San Juan

04/12/2013

La voie nomade, d’Anne Perrier

VOIE NOMADE.jpg

Minuscule livre, éds  Zoé. Mais poésie majuscule. Auteur primé en 2012, reconnaissance d’un itinéraire de poète.

En exergue au recueil, Emily Dickinson :

" Et pour occupation ceci :

  Ouvrir bien grandes mes étroites mains

  Pour ramasser le Paradis"

 

Incipit :

"Ô rompre les amarres

  Partir partir

  Je ne suis pas de ceux qui restent"

 

Citation :

"Je cherche le chemin qui dure

 Toujours toujours toujours"

........................................... 

Dossier, sur culturactif, site suisse : http://www.culturactif.ch/ecrivains/perrier.htm

Sur le site du Printemps des poètes (avec une bibliographie) : http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=poetheque/poetes_fiche.php&cle=924

Fiche decitre.fr (le livre): http://www.decitre.fr/livres/la-voie-nomade-9782881823978.html#technical_info

Un texte (et des liens, vers un portrait, d'autres textes, d'autres sites), sur Terres de femmes, page titrée La VOIX nomade : http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2012/05/anne-perrier-la-voix-nomade.html