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13/06/2015

La solution du compas... Poésie, art, le centre et les cercles...

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« Elle est rebelle au fond, / La civière du temps. »

(...)

« Rien ne demeure / Qui ne résiste et qui ne sache. »

Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes (éd. Dumerchez, pp.33 et 36)

 « Des artistes oeuvrent avec goût. / Des esthètes jugent en connaisseurs. / Et des hommes crèvent en mordant leurs poings dans toutes les nuits du monde. »

Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent (et autres textes), Poésie/Gallimard, p.144.

 ...

En ce moment, c’est le Marché de la Poésie, et j’y vais...

En 2011, se catapultaient la catastrophe nucléaire au Japon, qui transformait les paysages en cauchemars, et le Printemps des Poètes qui avait pour thème « Infinis paysages ». J’avais vu là une obligation de questionnement, évidemment...(Etrange coïncidence, ces lectures parlant de terre, de vent, de fleuves et de mer, de feuillages, de forêts, de pays regardés ou fantasmés, quand la nature se rappelle à nous, par séismes et tsunamis, et quand, en Libye, un dictateur métamorphose son pays en lieu de mort, sans que les pays, autour, prennent les moyens de mettre fin à l’horreur. La poésie. Quand même… ou encore plus ?). Cela je l’écrivais en 2011. Maintenant, « mettre fin à l’horreur » pose question tout autant quand on voit les conséquences de certaines interventions.

Mais ce n’est pas le sujet, aujourd’hui. La question centrale reste celle de l’écriture : « La poésie. Quand même… ou encore plus ? » L’actualité est autre (migrants qui meurent, intégristes qui tuent, près et loin), le déchirement perdure.  Quand même... ce serait frôler encore cette tentation du renoncement, le sentiment de l’impuissance du langage et de la beauté, le refuge dans les seuls engagements, ou même la fuite dans l’univers politique. Ce serait l’illusion d’un sens de machine. Encore plus... ce pourrait être un autre piège, si les poèmes deviennent des tracts, ou, si, voulant échapper au tract ils s’enferment dans un « je » loin de l’universalité. Encore plus... oui, si c’est plus de lecture en profondeur, plus d’écriture au secret d’un rivage « encore plus ». Plus beau, plus dérangeant, plus autre. Donc plus largement humain.

Grand écart. Ni cela ni cela. Ou la solution du compas. Celle dont parle Elif Shafak, auteur du superbe roman multiple « Soufi, mon amour » (Texte sur Istanbul, Libération Next, page 98, Juin 2015). Elle en fait une réponse nomade, pour vivre entre deux lieux, se référant à Rûmi : « Le poète mystique persan parle de ‘vivre comme un compas’. L’une des jambes du compas est statique, fixée à un endroit, tandis que l’autre dessine un cercle autour de ce point, tournant, cherchant, toujours à l’affût. » On peut appliquer cela à tout. Ecriture, création, engagement et retrait, spiritualité. Ancrage statique dans la part solitaire et l’exigence du regard, cercle et cercles de la rencontre du monde, merveilles et horreurs, paroles pour et paroles contre. Puis retour au centre silencieux, créatif.

Marché de la poésie : http://poesie.evous.fr/

© MC San Juan (TramesNomades)

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