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17/06/2018

Poésie. Les Cahiers du Sens 2018. La voie / La voix...

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Jean-Luc Maxence (texte introductif, « La voie du futur commence mal »).

(En fin de note, à lire : citations, ma subjective sélection, douze poètes, de c. ou d. à v. ou z...).

Discrètement présente dans l’anthologie 2018 (comme l’an dernier, dans la revue 2017). De la thématique j’ai surtout choisi le questionnement de la voie (ce voyage intérieur vers soi ou loin du « moi »), mais qui a forcément un lien avec la voix, celle de l’écriture (mais aussi celle des voix lues, qui, quand on adhère au sens porté, aident à trouver ce qui peut être sa voie, ou une voie, si ce n’est « la » voie… En exergue j’avais posé deux citations, J-L Borges et Etty Hillesum.

C’est émouvant que ce partage déclenché par les éditeurs (Jean-Luc Maxence et Danny-Marc). Un thème, et chez quelques dizaines d’auteurs qu’ils ont sollicités se lève une réflexion commune, un déclenchement d’écriture. Ce sujet, voie et voix, est finalement assez intime, faisant plonger au centre de ce qui nous « meut », et quand on reçoit la revue achevée, on entre dans le secret des autres qui écrivent, on trouve des échos, des fraternités. Parole du « je », mais aussi questionnement collectif sur ce qu’est le monde et ce qu’on accepte ou refuse, ce que l’écriture peut faire et défaire. 

De mon texte (une grande page) je retire, pour ici, quelques vers (exercice nécessaire, m’entraîner à mettre « dehors », plus que je ne le fais naturellement, et donc extirper la pudeur d’écriture, ce frein). 

Deux fragments…

Voici...

« Dans le rêve je sais.

   Je sais qu’il faut chercher sans chercher

   et comment se défaire de l’illusion d’une porte à franchir

   qui s’éloigne à chaque pas.

   Se défaire des voies qui croient être « la » voie

   fascinante. »

Et, plus loin…

« Danser est possible

   sur ces sons que l’oreille n’entend pas, mais la peau, oui.

   Ils chantent l’éloge du vide, du « nada » des sages. »  

      MC San Juan (« Voyage intérieur, simple écart d’un pas »)

A la fin, cependant, j’évoque « l’ombre des colères, révoltes, doutes ».

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L’exercice d’égoïsme fait, parlons des autres...

Dans ces pages je retrouve certaines voix amies, mais aussi des écritures lues sans avoir croisé les visages. Ce qui compte ce sont les textes que j’apprécie.

La revue est structurée en trois espaces. 

Des réflexions ou méditations sur le thème.

L’anthologie des poèmes (inspirés par la thématique, de manière proche ou lointaine);

Des lectures.

Des transcriptions de voyages (grand éloignement ou marche dans ses lieux, textes solidaires, aussi, avec « ailleurs »).

A noter, un hommage (plusieurs poèmes donnés à lire) rendu à Jean-Marie Berthier, mort accidentellement juste après avoir offert une préface à un ouvrage d’Annie Coll, publiée par l’édition Le Nouvel Athanor (collections et revue).

J’ai été particulièrement attentive, sur voie et voix (première partie) aux pages de... Jean-Luc Maxence (texte d’inquiétude, sur la marche du monde, et d’espoir cependant, par l’évocation du « coeur altruiste »), Gaëtan de Courrèges (qui ose « convoquer » Tintin, et c’est passionnant), Bojenna Orszulak, Marie-José Christien (dense écriture de ses "Éclats de voix", aphorismes, et un bel hommage rendu à l'écriture de Guy Allix dans un des fragments), Monique Leroux Serres (j’aime beaucoup comment elle relie la voie du Tao à ses démarches créatives, même devenir essentiel dans son cheminement : voie des fleurs, du haïku, du pinceau - je ne peux qu’adhérer à cela, création par les mots, les mains, le regard, car c’est le même geste qui conduit à soi et plus que soi) , Guy Allix, Claire Dumay (de tout ce que j’ai pu lire d’elle, je crois que ce sont ces pages que je préfère, et j’ai l’impression, d’ailleurs, d’une transmutation dans son écriture, ici : voile déchiré, traversée d'une frontière...), Robert Liris, Jean-François Migaud, Giovanni Dotoli.

Des poèmes de l’anthologie je préfère (première lecture, premier parcours) ceux de Danny-Marc, Gérard Engelbach, Christian Ganachaud, Lionel Gerin, Jean-Luc Maxence, Gérard Mottet, Bernard Perroy, Jean-Yves Vallat, Jacques Viallebesset, Patrice Zahn. 

Des lectures, livres parcourus, recensions, tout est intéressant. On retrouve notamment Guy Allix, Marie-Josée Christien, Monique Leroux Serres, Jean-Luc Maxence. Et je note que le livre d’Annie Coll a retenu Marie-Josée Christien et Jean-Yves Vallat, double présentation qui fait sens. Ouvrage à inscrire sur les listes en attente, « N’avez-vous pas vécu ? ». Je l’avais déjà repéré, et je n’attendrai pas trop. Voici ce qu’en dit Jean-Yves Vallat (je prends une phrase de ses deux  pages…) : « Dans ces paroles d’une minéralité de quartz, existe une lumière réfractée venue de grandes profondeurs. »

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CITATIONS, poèmes, fragments…  (et marges des poèmes, pour certains choix)...

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« C’est le Tao qui m’a amenée au « do » : à la voie des fleurs, à la voie du haïku, à la voie du pinceau. »

    Monique Leroux Serres (« Cheminant et devisant »)

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« De même que notre voix nous est inaudible, la voie que nous prenons nous est invisible. »

    Marie-Josée Christien (« Eclats de voix »).

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« Cette nuit j’ai largué le monde

   et pour quelques heures 

   lui ai demandé le silence »

     Danny-Marc (« Le miracle de vivre »)

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« Marcher sur tes brisées, cosmos »

   Gérard Engelbach (« Ramer, la mer »)

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« Vêtu de poussière d’os,

   j’ai appris,

   lettre après lettre,

   à me vider

   pour un nouveau silence. »

    Christian Ganachaud (« Le testament d’un ange ») 

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« Ne rien retrouver jamais

   Mais voir tout renaître »

    Lionel Gerin (« L’or de midi »)

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« L’eau a des relents de pétrole

   Au rendez-vous du futur

   L’apocalypse est annoncée avec la pénurie

   Des longs déserts intérieurs

   Traversant le désespoir » 

     Jean-Luc Maxence (« De quelle source parle-t-on ? »)

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« En chacun de tes pas

   il y a un chemin possible

   que tu n’emprunteras pas »

     Gérard Mottet (« En chacun de tes pas »

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« à la recherche des clairières intimes

   ou du vaste horizon… »

    Bernard Perroy (« La vie s’avance »)

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« Consens à la pierre pour son immobilité de veilleur »

  Jean-Yves Vallat (« Consens »)

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« Marcher vers l’ultime frontière

   Avec du sang sous les paupières. »

      Jacques Viallebesset (« Exil »)

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« Mal à l’âme à la vie

   où même la lumière ralentit »

   Patrice Zahn (« Après Fukushima »)

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L'édition... http://lenouvelathanor.com

La revuehttp://lenouvelathanor.com/revue-les-cahiers-du-sens 

Marie-Claude San Juan

09/12/2017

Hommage populaire... Johnny.

JOHNNY.jpg" En nous quelque chose de...". Quand un artiste populaire touche des millions de gens pendant des décennies...Un être qui a ému, même par ses propres fêlures, où d'autres se reconnaissent aussi... Une voix (et la voix c’est de l’ordre de l'âme). Très aimé. Il est allé au bout de ses rêves avec son chant. Un visage. Une vie dense et du don.

Ceci, qui précède, c’est ma première réaction, posée en post sur Facebook. Parce que cette mort m’a émue un peu comme ces foules. D’abord j’entendais le « ding ding dong… salut les copains ! » rappelé par les radios, symbole d’un commencement, d’espoirs et révoltes mêlés. Et je sentais que des choses disparaissaient avec lui, Johnny, de chacun de nous et de l’histoire de ce pays. Car ce n’est pas rien qu’un élan qui part de la musique et de la danse pour faire émerger plus tard une révolution de moeurs. Le rock lancé par un jeune qui bouge autrement et qui énerve la génération précédente, peut-être inquiète d’un mouvement dont on ne sait pas ce qu’il fera de la société et des destins. Rien de politique, en apparence, dans ces chansons de « l’idole des jeunes », dans les mélodies berçant des slows avec des mots. 

RESTER.jpgÉmouvant itinéraire qui suit les vies des uns et des autres, quand il se marie, et d’autres de même, divorce, et d’autres aussi. Miroir de nos fêlures, questions. Et énergie qui transcende. Donc il y a du sens. Et justement, lui, transforme sa vie en destin, qui parfois rejoint la tragédie, parfois se perd apparemment dans des galeries de glaces, mirages des grands, des fuites, d’autre chose, des souffrances et peurs qui remontent. 

Sauf qu’il rebondit. Et ceux qui l’écoutent avec lui (beaucoup de ses « fans » témoignent de passages de leurs vies où ses chansons, sa voix, les ont aidés, contre le désespoir ou même l’envie de mourir, ou simplement pour supporter un quotidien lassant ou trop solitaire, avant de retrouver un équilibre et de changer). 

Énergie. On aime cela, l’énergie de chanteurs ou acteurs (de ces artistes les plus populaires) qui font capter quelque chose de cette énergie corps-conscience qu’on sait tous avoir en soi : la voir ainsi transfigurée renvoie un écho. C’est peut-être cela, un mystère capté, qui fascine et fait aimer. Et des connexions d'inconscient à inconscient (individuel et collectif).

Lui en a plus que bien d’autres, de l’énergie. Et cela passe par un corps sensuel (donc une beauté de cet ordre), par des yeux au regard intense, un visage qui vieillit avec le temps (comme tous) mais qui, marqué, intensifie son expression. Ses visages successifs se superposent, puisque tous sont connus, et il est l’enfant blessé et l’ami contemporain ou même le père, tout cela.

Donc j’étais émue et j’écoutais plutôt avec plaisir les chansons passées et repassées (radio, télé). « Retiens la nuit », « Marie », etc. Diverses car paroliers divers suivant les époques, et de très bons. Des paroliers qui savent tous saisir (avec lui, donc par lui) ce que sa voix portera le mieux de lui, de son histoire même. Dont le rôle de ses femmes (les trois plus importantes). 

Émue, et énervée par des réactions stupides de certains snobs (comment dire autrement?), qui, réseaux sociaux, voulant montrer à quel point ils ne sont pas de la même engeance que cette populace, protestent contre les chansons qu’ils entendent de force (pourquoi ne pas fermer radio et télé dans ce cas?), contre l’hommage, indû (n’est-ce pas?), ces foules émotives et, même, les personnalités qui disent leur peine. Commentaires agacés sous les articles ou posts contraires à leur malaise. Mais ceux qui assument d'apprécier ce chanteur "populaire" assument d'abord leur appartenance à autre chose qu'à des élites sociales se reconnaissant entre elles et balisant des frontières. Même s'ils sont très diplômés, et créateurs autrement. Sans doute conscients de racines sociales humbles, et d'une proximité avec leurs "pareils", dans le fond... 

Mais, quand j’ai vu les images du défilé menant le convoi funéraire à la Madeleine (ou de groupes, ailleurs, rendant hommage en chantant dans d’autres villes), j’ai aimé cette foule capable de tant d’amour, pour avoir reçu, longtemps, des chansons. Je regardais les visages, écoutais. En me disant que ce pays était spécial, d’être capable d’un tel ensemble dans le chant ou le grand silence, élan de foule sans le désordre passionnel des foules (comme pour la marche silencieuse après les attentats : ou pour écouter Johnny Hallyday chanter ensuite ce dimanche de marche, à République). Et que ces gens me plaisaient, somme d’individualités sympathiques, soudées par le partage. Je me demandais quelle impression cela pouvait faire de l’étranger (nous trouvera-t-on ridicules ou touchants ? étranges ? remarquables à notre façon ?). Peu importe. Symbole fort que la place du chant, de la musique, des foules sans peur, dans le contexte actuel des haines intégristes de la musique et des menaces terroristes. 

Un enfant, dix ans peut-être, interrogé par un journaliste (étonné de le voir, ému, chanter avec les autres, connaître les paroles comme les adultes) répond : « Bien sûr qu’on peut aimer Johnny quand on est un enfant. Il n’y a pas d’âge pour aimer Johnny ! ».

Un jeune homme dit être venu de Hong Kong et repartir le lendemain. Trop important pour lui. 

D’autres, la génération du chanteur, ont l’émotion de la mémoire d’adolescence, lointaine… La peine de la mort de ses jumeaux d’âge… prescience de la sienne. Et l'empathie pour ses intimes (quatre enfants, femme, ex-épouses,amis), tout le monde sachant les deuils. 

Philippe Labro, parmi ceux qui ont parlé devant les proches et les moins proches, a évoqué (enregistrement, télé, émission spéciale) Nietzsche, le citant, pour rappeler que l’homme (l’humain…) est « une corde tendue au-dessus de l’abîme »). Oui, je le pense, Johnny Hallyday en était une figure, tendue au point de craquer parfois, s’étant brûlé aussi. Et finalement, emporté par la maladie , comme bien d’autres. Mais artiste jusqu’au bout, pour affronter l’abîme, ou lui présenter un visage sans renoncement.

J’ai écouté (émission spéciale, télé, encore) le sociologue Michel Fize, qui, reprenant la formule d’Emmanuel Macron (qui a réussi son hommage) dit préférer le terme « héraut » à « héros » pour Johnny. Car, expliqua-t-il, porteur d’une parole de liberté, la chanson devenant une thérapie qui guérit (preuve : des témoignages). La variété, a-t-il ajouté, est un genre noble. D’où le « merci » exprimé par beaucoup (et inscrit sur la tour Eiffel…). 

C’est donc un jour particulier, un événement riche de sens, même si nous sommes, pour la plupart, plus observateurs qu’acteurs présents dans la foule. Par l’émotion à la nouvelle de la mort du chanteur. Et par la manière dont cela a été exprimé et porté de la foule anonyme aux personnalités connues (politiques aussi, sauf M. Le Pen, refusée par la famille), jusqu’au pouvoir, président actuel et présidents récents… Tous touchés vraiment. Effet d’onde.

Populaire, marque d’une certaine vérité, pour l’art. Les gens ne viennent pas aux concerts par hasard, pas parce que la pub est bonne (cela ne dure pas), et ils n’achètent de disques que pour les écouter… Tous avec … « Quelque chose de Tennessee », dans l’oreille et symboliquement.

Et ce malgré la distance qui fait qu’on apprécie de loin, sans connaître plus que son art, un grand chanteur, d’une génération mais pour plusieurs… Distance mais perception de pans de vie, autre connaissance malgré tout. Et un visage peut suffire à capter beaucoup.

VOIX… Une voix, et c’est beaucoup. On sent inconsciemment que c’est plus que ce qu’on croit, une voix. Cela vient d’un corps et de beaucoup plus qu’un corps. Cette voix traduisait une énergie d’amour, c’est cela que les gens sentaient, et ils savaient que l’énergie circulait, trouvait en eux le point dense qui répondait. Le peuple (simple et divers, peu lettré ou très cultivé, mais dans tous les cas instinctif) a des intuitions pour reconnaître un mystère qui lui parle de chacun. Un peuple, cela peut devenir une foule haineuse, si des meneurs la manipulent, des autocrates avec du charisme. Si le peuple n’est que foule il peut être très bête. Mais là, justement, les foules aimant Johnny Hallyday, et lui rendant hommage, n’avaient de collectif que le partage, et restaient une somme d’individualités. Visages devant un visage. 

MUSIQUE… Une cérémonie de deuil qui laisse la joie d’être passer. Et la joie de la musique. Rock, bien sûr, chansons, et le rappel (par La Quête, pour clore la cérémonie) de ce que Jacques Brel représentait pour Johnny Hallyday.

LIENS… 

SITE officielhttp://johnnyhallyday.com 

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Johnny_Hallyday  

Paroles des chansonshttps://www.paroles.net/johnny-hallyday 

Écoute, sur Deezerhttp://www.deezer.com/fr/artist/1060  

Articles… Le Monde, 06-12-17, « Notre seule rock star »…http://lemde.fr/2AGM1Ht   

Parcours de vie, Le Monde, 06-12-17…http://lemde.fr/2BDm36W 

Revue de presse interne, Libérationhttp://bit.ly/2nM4OON 

Évocation d’un attrait pour des questions métaphysiques, Le Figaro, « Un désir d’au-delà », 08-12-17… http://bit.ly/2jleIp8  

L’hommage populaire, Le Monde, 09-12-17… http://lemde.fr/2B6SCxt

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MISE à JOUR, 11-12-17, et autres liens...

Déjà, je recopie ce message trouvé sur la page Facebook dédiée à Camus… (car... Johnny, Jean-Philippe Smet enfant, chez Camus… !)... https://www.facebook.com/AlbertCamusAuthor/ ...  "Alors que nous apprenons la triste nouvelle de la mort de Johnny Halliday, nous nous souvenons avec émotion que le petit Jean-Philippe Smet fit ses tout premiers pas sur scène en 1949, à l'âge de 5 ans, non pas en tant que chanteur mais comme figurant dans une mise en scène de "Caligula" d'Albert Camus à Londres. Or, il est avéré que Camus assista à la première de la pièce le 8 mars 1949. L'histoire ne dit pas si c'était le petit Jean-Philippe qui était sur scène ce soir là. En ce jour particulier, nous nous plairons à le croire. »

L’éditorial du Parisien, le 10-12-17, par Frédéric Vézard, titré « Un ange est passé » caractérise ce que Johnny Hollyday produit chez les gens, une force pour aimer. Et insiste sur la « bouleversante communion en musique ».

Hervé Gattegno (« Une idole et son peuple », JDD, 10-12-17) dit la même chose de cette ferveur (« La foule vibrait, chantait ») et de la musique.(« On attendait l’hommage, ce fut un concert »). Il justifie la grandeur de l’hommage que les Français ont voulu, eux, car, dit-il, le rebelle de la jeunesse a touché toutes les générations, en étant capable de se renouveler. Et aimé tel qu’il fut, imparfait donc humain, « fort et fragile comme un homme, simple et grand comme la France ». Il évoque Jean d’Ormesson, uni à lui par la date de leur mort (« l’aristocrate devenu populaire et le fils du peuple devenu un seigneur »). Texte fort, dommage qu’il ne puisse être lu en ligne… 

Johnny, vu d’Algérie. Un très bel hommage, ample, vibrant. Texte de Kacem Madani, Le Matin, 09-12-17, « Nos années d’or à Alger : Oh Johnny si tu savais ! ». Comment l’art d’un chanteur aide à vivre, donne l’élan pour se trouver. Texte nostalgique, car l’élan a été étouffé ensuite par un contexte dur. Mais en soi, ce qui vibre est toujours là…  http://www.lematindalgerie.com/nos-annees-dor-alger-oh-jo...

Autre hommage, venu du sud, lui, même sincérité. Traduction d’un itinéraire… Et comment ce qu’on aime ne se dit pas toujours, car les codes et les normes nous imposent de jouer des rôles, de rester dans les cadres qui s’imposent à nous… Dans Libératon, 06-12-17, Magyd Cherfi raconte son rapport avec les chansons de Johnny, d’abord aimé en cachette, en conflit de soi à soi. Et maintenant assumé totalement, intensément. « Johnny, plus qu’une voix »… http://www.liberation.fr/debats/2017/12/06/johnny-plus-qu...

... Mise à jour, 16-12-17… (Courrier international)

L’hommage vu de l’étrangerhttps://www.courrierinternational.com/article/vu-de-letra...   

Et particulièrement, côté anglais… https://www.courrierinternational.com/article/hommage-qua...

Johnny Hallyday symbole de « la résistance culturelle française » (il chantait en français, notamment). Point de vue d’un chroniqueur : « Johnny Hallyday était pourtant bien plus qu’une rock star, affirme ce chroniqueur britannique. Il était un trésor national. Et un sacré bon chanteur. »… https://www.courrierinternational.com/article/johnny-symb...

... Mise à jour 18-12-17... Le Point. Dossier…  http://www.lepoint.fr/dossiers/culture/johnny-hallyday-un...

12/10/2015

« Oum réveille l'âme des dunes »

« J’aime ce qui nous dépasse et nous rend fort : la nuit, le ciel du désert, l’absence, le souvenir. »

Oum, citée par Patrick Labesse, dans son article du 12-10-15,  « Oum réveille l'âme des dunes », Le Monde : http://bit.ly/1G9Q5QJ 

OUM.jpg

16/01/2015

Des mots, des chants, des mots... Voix musiciennes et voix musulmanes...

GRAND CORPS MALADE.jpg

Loin des débats et des articles qu’on lit intensément pour réfléchir, pour tenter de chercher comment répondre à ce que l’actualité nous envoie et renvoie, des mots et des notes sont un baume... Des réactions spontanées ont produit des textes forts.

Il y a du sens, du son, et, paradoxalement, la place du silence intérieur, du recueillement...

Chants, témoignage, lettre, tribune : des outils pour penser. Voix musiciennes et voix musulmanes... (Pour les journalistes assassinés, les Juifs assassinés, les policiers assassinés).

[« Il faut sortir de la réserve », dit Mohammed Chirani (émission, BFMtv16-01-15/17-01-15). « Il ne faut pas que les radicaux aient le monopole de l’interprétation du Coran. »... « Mais quel est leur Islam ? » (En voyant les manifestations contre la couverture de Charlie dans certains pays musulmans / « Ils sont tués une deuxième fois »)...  « Le blasphème, ce sont les assassinats » ]

Grand corps malade (http://www.grandcorpsmalade.fr/). Slam « 07-01-15 », Slam (musique de John Mamann)  : http://www.elle.fr/Loisirs/Musique/News/Pret-a-liker-le-slam-de-Grand-Corps-Malade-pour-Charlie-Hebdo-2875706  7 Janvier 2015, j'ai pas envie d'aller au lit. Je préfère prendre un stylo car, ce soir, je suis Charlie. » Le slameur Grand Corps Malade affirme de sa voix puissante son soutien aux victimes des attentats. Des mots qui claquent pour lutter « contre l'obscurantisme, avec honneur et insolence ». »)

Jean-BaptisteBullett. Je suis Charlie , chanson sur la musique d'une chanson de Renaud, Hexagone. Sur JB Bullett, Elle : http://www.elle.fr/Societe/News/Pret-a-liker-la-chanson-coup-de-poing-en-hommage-a-Charlie-Hebdo-2875204 (« Jean-Baptiste Bullet, un chanteur amateur de Tarbes, a publié sur son compte Facebook une vidéo qui tourne en boucle sur tous les réseaux sociaux depuis jeudi. On y voit le jeune homme, guitare à la main, chanter avec conviction son indignation sur l’air d’« Hexagone » de Renaud. « Un coup de Kalach, pour un coup de crayon, tu salis ta religion », « Partir en Syrie faire le djihad et revenir faire des fusillades, c’était ça ton plan de carrière ? Penses-tu aux familles qu’y a derrière ? », « Si tu te demandes où est Charlie, à jamais dans nos esprits ». Des phrases chocs qui ont déjà généré plus de 250 000 partages sur Facebook ».)

Les artistes au concert de soutien à Charlie : http://www.parismatch.com/Culture/Musique/En-images/Patrick-Bruel-Julie-Gayet-et-Alain-Souchon-les-artistes-mobilises-sur-France-2-pour-le-concert-de-soutien-a-Charlie-Hebdo-688534#.

« VIDEOS - Grand Corps Malade, Tryo, Oxmo Puccino et JB Bullet : les hommages à Charlie en musique » / « #JESUISCHARLIE - Grand Corps Malade, Tryo et Oxmo Puccino ont chacun créé une chanson pour Charlie Hebdo. Un artiste moins connu, JB Bullet, a posé ses mots sur la musique d'"Hexagone" de Renaud, attirant 1,6 million de youtubeurs. ». MetroNews, 11-01, mis à jour 13-01 : http://www.metronews.fr/info/videos-grand-corps-malade-tryo-oxmo-puccino-et-jb-bullet-les-hommages-a-charlie-en-musique/moak!wIvnrX4fV8z/  

« Tryo, Lalanne, Oxmo Puccino chantent… Je suis Charlie », Le Figaro, 14-01-2015. Articles et plusieurs CLIPS, divers artistes : http://www.lefigaro.fr/musique/2015/01/14/03006-20150114ARTFIG00261-tryo-lalanne-oxmo-puccino-chantent-je-suis-charlie.php  [« Le monde du rap n'est pas en reste. Oxmo Puccino a lui aussi rendu hommage aux victimes. Accompagné de Waxx à la guitare, il a interprété la chanson inédite pendant Le Before du Grand Journal de Canal + le 8 janvier, lendemain du massacre. Clip d’Oxmo Puccino :  (Lien supplémentaire, pour situer le rappeur Oxmo Puccino, regards.fr, décembre 2006 : http://www.regards.fr/acces-payant/archives-web/oxmo-puccino-invente-le-rap,2650 )]

Matthieu Chedid, Tryo, Lalanne... Hommage. Lci.Tf1, 20-01-15 (sur la page : archives) : http://lci.tf1.fr/culture/musique/matthieu-chedid-tryo-ox...

Le groupe de reggae Tryo rend hommage à Charlie. Article et clip, Le Figaro, 12-01-2015 : http://www.lefigaro.fr/musique/2015/01/12/03006-20150112ARTFIG00346--charlie-hebdo-tryo-rend-hommage-a-son-ami-tignous.php  («Postée le 10 janvier sur You Tube, , la chanson est accompagnée d'un montage qui réunit plusieurs extraits vidéos où apparaissent des dessinateurs. S'y succèdent Charb, Cabu, Wolinski et Tignous. Ils dessinent, évidemment. Ces images sont tirées du film de Gilles Porte réalisé à l'occasion des 18 ans de Clowns sans frontières. Le clip YouTube empreint de poésie, a déjà été vu plus de 700 000 fois. »

Un concert pour la paix, artistes alsaciens : http://www.dna.fr/actualite/2015/01/11/un-concert-pour-la-paix-apres-la-tuerie-chez-charlie-hebdo

 A lire... Kery James, rappeur (Cayenne, le 9 janvier 2015). Lettre qu’il a diffusée dans les réseaux sociaux après le 07-01-2015 : http://www.rapghetto.com/news/kery-james-reagit-au-drame-de-charlie-hebdo   (Le titre reprend une citation qu’il fait de Mahomet : « Le fort est celui qui maitrise sa colère alors qu’il est capable de l’exercer » /// « Assister à la naissance de ma fille fut l’un des moments les plus forts, les plus intenses et joyeux de mon existence. Mais avec cette joie est arrivée une crainte que je ne connaissais pas auparavant, la peur du jour dans lequel la mort viendra nous séparer.  (...) « C’est pourquoi en ces jours ensanglantés j’ai d’abord une pensée pour les familles des victimes de l’extrémisme à travers le monde. Un extrémisme qui n’a pas qu’un seul visage. Mais quels que soient les masques sous lesquels se dissimule l’extrémisme, on peut toujours lui diagnostiquer un point en commun. Il a toujours pour préoccupation première, voire obsession, de nous précipiter au plus vite vers une guerre et ce de gré ou de force. Après ce 7 janvier 2015, une fois encore, j’ai la sensation que les choses évoluent trop vite et que ma vie et mes choix m’échappent. Je crois que ce sentiment est partagé par l’immense majorité des musulmans et des gens conscients des enjeux auxquels nous devons faire face. // J’ai l’impression de ne plus être maître de moi-même et d’être poussé malgré moi à affronter des gens à qui l’on a fait croire que j’étais leur ennemi. Des gens qui auraient pu m’apprécier en tant qu’homme s’ils avaient pu prendre le temps de me connaître. Des gens qui auraient pu enrichir ma connaissance du monde, de l’être humain et peut-être de moi même. Mais les extrémistes de tous bords ne veulent pas de cette rencontre. Ils conditionnent chacun d’entre nous afin que cet échange n’ait jamais lieu. Pour cela ils ont recours à des méthodes et des instruments différents, mais l’objectif est toujours le même : précipiter la guerre. En ces jours tragiques, ce qui me console c’est d’avoir la certitude d’avoir toujours oeuvré pour construire des ponts... » SUITE sur le SITE...)

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On peut trouver aussi, ailleurs sur la Toile du rap, des réactions où se mêlent interventions solidaires et réactions haineuses. Aux jeunes qui ne comprendraient pas la solidarité de leurs musiciens avec Charlie, il faut proposer de lire les tribunes ci-dessous 

Mohammed Chirani (auteur du livre « Réconciliation française-Notre défi du vivre ensemble», « Je suis Mohammed Charlie » :  http://www.huffingtonpost.fr/mohammed-chirani/je-suis-mohammed-charlie_b_6455240.html (« Oui, je suis un Français de confession musulmane, mais je suis un journaliste lorsque des journalistes sont tués par des terroristes, je suis un Juif lorsque des Juifs sont tués par des terroristes dans un magasin Kasher et je suis un policier lorsque des policiers sont tués par des terroristes. Mais surtout, je suis un Français tout court, dont le pays est attaqué par le terrorisme. Partout dans le monde, des fanatiques illuminés tuent des musulmans au nom d'un Islam perverti. Je ne partage pas cette vision de l'Islam. Mon Islam m'enseigne d'aimer mon prochain quelque soit sa religion ou sa conviction. Mon Coran m'a appris la sacralité de l'âme humaine : «Celui qui tue une âme, c'est comme s'il avait exterminé toute l'humanité. Et celui qui sauve une âme, c'est comme s'il avait sauvé toute l'humanité ». (...)Je ne suis pas seul à penser cela et je ne ne suis pas représentatif d'une minorité de musulmans.   (...)   «J'ai eu le malheur de vivre en Algérie pendant la guerre civile des années 1990 lors de laquelle 200.000 Algériens musulmans ont été tués par des terroristes islamistes. Nous avons trop tendance à oublier que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme dans le monde (en Syrie, en Irak, au Pakistan, au Mali, au Yémen, en Afghanistan, etc. ). Le terrorisme n'est pas uniquement l'ennemi de l'Occident, il est l'ennemi de l'humanité. Il n'y a pas conflit entre les civilisations, entre un NOUS (l'Occident) et les AUTRES (musulmans), ou l'inverse selon votre perspective. // Le but des terroristes est évidemment de cliver la société française afin que chacun se replie sur sa communauté et rejette les autres. Si nous cédons à la tentation de la simplification en termes de NOUS (Occident) et d'AUTRES (musulmans), ou l'inverse, alors ils auront gagné. / Soyons clairs, il y a bien un affrontement; il oppose ceux qui haïssent les autres parce qu'ils sont différents (fondamentalistes, antisémites, islamophobes et racistes) et NOUS qui croyons aux valeurs de Liberté, d'Égalité et de Fraternité. Nous devons aujourd'hui plus que jamais nous rassembler dans l'amour de la France et de ses valeurs, c'est-à-dire dans la République.»

Le livre : http://www.bourin-editeur.fr/fr/books/rconciliation-franaise/50/ 

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VIDEO. Abdennour Bidar, philosophe, réagit le 07-01-15 à l’attentat contre Charlie. Emission, Grand journal, Canal +. (Je note ce que j'entends : "En tant que philosophe musulman, philosophe de culture musulmane, je dénie à ces terroristes le droit de se réclamer de l'islam. Ce soir mon attachement à l'islam est en souffrance. Je vais m'exprimer au nom de tous les musulmans, même si je suis un philosophe critique de l'islam, presque un hérétique : nous refusons..." Et il exprime sa crainte des amalgames: 'Non, nous pouvons faire société tous ensemble". Sa bibliographie,  pour situer la pensée : librairie Dialogues : http://www.librairiedialogues.fr/personne/abdennour-bidar/1010455/

Le philosophe réagit pour mettre en garde contre la haine en réponse à la haine. TRIBUNE. Abdennour Bidar, Le Monde, 07-01-2015. « Résister collectivement à la haine » : CITATIONS : « C’est notre11 septembre. Il y a dans la vie d’un peuple des heures de défi. Des heures où la blessure que la haine nous inflige est si effroyable qu’elle voudrait être mortelle. Des heures d’effroi où cette blessure fait si mal, où l’horreur est si lourde à supporter que l’on sent, hélas !, la bête peureuse et dangereuse prête à seréveiller en soi… » (...) « Voilà à quoi notre société française est aujourd’hui confrontée, voilà le risque auquel nous devons être capables de résister collectivement : le risque que la haine de quelques fous déclenche une haine généralisée, et que nous soyons ramenés à quelque chose qui ressemblerait aux guerres de religion d’un passé qu’on croyait définitivement mort. / Attention à cette haine barbare donc, vigilance extrême vis-à-vis d’elle qui en nous frappant tous aujourd’hui aussi durement voudrait nous déterminer à croire que la France et l’islam sont deux ennemis n’ayant d’autre choix que de chercher à se détruire. Voilà le grand scénario maudit contre lequel nous allons devoir lutter de toutes nos forces, et contre lequel il nous faudra être collectivement le plus fort possible. » (...) « De toutes nos forces il faudra tenir bon, rester solidaires. Si dans nos rangs s’ouvre ne serait-ce qu’un interstice, ces vagues s’infiltreront et disloqueront l’édifice de notre nation tout entière. Tel est le néant où ces assassins immondes, auquel je dénie le nom de musulman, veulent nous précipiter tous. » / « Au passage, je dénonce leur perversion absolue de la référence à l’islam, tout en ajoutant que celui-ci est décidément bien malade, bien en crise, pour être revendiqué par de telles abominations ! » (...) « Démontrons tous ensemble au monde entier que la France reste ce pays qui non seulement ne cède jamais au chantage de la haine, ni à la tentation de la peur mais qui sait retrouver son unité et se revivifier pour rayonner à nouveau justement dans ce type de moment où la tragédie voudrait l’anéantir. Allons-nous être à la hauteur de ce génie ? Saurons-nous faire la preuve – parce que c’est cela désormais la cause nationale la plus urgente, la plus cruciale – que nous pouvons vivre avec l’islam, que nous pouvons vivre ensemble, non musulmans et musulmans, dans la paix, la concorde, la compréhension et la reconnaissance mutuelle, selon la conception commune d’une liberté d’expression garantie à chacun qui sache se concilier avec la liberté d’expression de tous les autres – ce que veut dire laïcité. » (...) « Ne commettons pas l’erreur historique de refuser que l’islam et les musulmans participent à ce projet de société. Au contraire, que ces assassinats ignobles renforcent notre solidarité nationale et notre détermination à faire qu’avec l’islam nous construisions la civilisation capable de réunir demain le meilleur des humanismes d’Orient et d’Occident. La France doit être le lieu de cette réunification, avec ses musulmans qui désormais font ici partie de sa destinée. » TEXTE INTEGRAL : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/07/resister-collectivement-a-la-haine_4551015_3232.html 

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Mise à jour du 18-01-2015 : L’expression de 500 signataires, immense page parue dans Le Monde daté 11-12 janvier (insertion payée par les signataires), un manifeste de personnalités de culture musulmane (croyants ou athées). "Nous disons notre effroi, notre solidarité, notre chagrin. A leurs tueurs, nous disons qu'ils nous trouveront en travers de leur chemin, au côté de la liberté." 

Sur cette page, une chronique de Sylvie Kauffmann revient dans Le Monde du 17-01,daté 18-19 janvier, « Au cœur de nos contradictions » (début de l’article lisible, le reste en accès protégé) : http://www.lemonde.fr/religions/article/2015/01/17/au-c-ur-de-nos-contradictions_4558339_1653130.html (Citations : Et puis il y a eu ce manifeste, publié dans Le Monde daté 11-12 janvier, une page entière de publicité, financée par les signataires. Une page sobre, noircie de quelques 500 noms essentiellement arabes, intitulée « Nous ne céderons pas à la peur ». Rédigée avant l’autre tuerie, la prise d’otages du supermarché juif, elle s’adressair aux familles des victimes de Charlie Hebdo. « A leurs tueurs, nous disons qu’ils nous trouveront en travers de leur chemin, au côté de la liberté. » (...) « Artistes, universitaires, écrivains, journalistes, médecins, avocats, militants associatifs... Cinq cent signatures réunies en 48 heures – un record – en surmontant, pour certains, de profondes divergences. Cette page était, en soi, un événement. Qui l’a vue ? A-t-elle été signalée, analysée, décryptée. / Nous sommes là au cœur de nos contradictions françaises. Nous nions la différence, mais nous voudrions l’entendre. Et lorsqu’elle s’exprime, nous ne l’entendons pas. » /// Cependant, on peut réfuter quelque chose à ce regret : si Le Monde avait laissé cette page en lecture libre sur la Toile elle aurait sans doute été plus lue...)

Les TRACES de cette PAGE sur la TOILE. « Nous ne céderons pas à la peur » :

Page sur le site de l’ATF (Association des Tunisiens de France) : http://www.atf-paris.fr/spip.php?article832

et  sur le site de la FTCR, « Citoyens des deux Rives » (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives) : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=4054:petition-paru-ce-jour-dans-l-le-monde-r-l-l-nous-ne-cederons-pas-a-la-peur-r

Page dans « L’ACORT » (originaires de Turquie) :http://acort.org/?p=1218

(Pétition reprise dans El Watan, Algérie)

Pétition annoncée par un communiqué de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme » ,sur Newspress :  http://www.newspress.fr/Communique_FR_285140_364.aspx

Et... cet article (mise à jour 20-01-15) : « Des intellectuels musulmans s’unissent contre la terreur », par Dominique Eddé, Le Monde daté 21-01-15 (pas trouvé en ligne...)

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Publication, dans Le Monde daté 11/12-01-15, d'une tribune, par un collectif (Jamel Debbouze, Rachid Taha, Malik Bentalha, etc.) : "Et maintenant qu'Est-ce qu'on fait?" : ("Ces assassinats sont l'expression du pire"...). (...) "Terrifiés. Mais prêts à la mobilisation citoyenne contre les esprits sombres." Texte intégral et SIGNATAIRES, sur la page du Monde : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/01/10/e...

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Voix musulmanes et toutes voix (en réaction aux attentats) dans les notes des vignettes et dans les notes depuis le 07-01-2015..

Mise à jour 02-02-15. PETITION INTERNATIONALE, MUSULMANS du monde. (Volonté d'engagement contre l'utilisation de l'islam pour justifier le terrorisme. Signataires s'engageant à lutter pour promouvoir le droit, les droits humains, la citoyenneté). Note du 27-01-15  : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/27/petition-internationale-musulmans-du-monde-notre-responsabil-5545947.html Page de la pétition : http://www.petitions24.net/notre_responsabilite_a_legard_... 

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Mise à jour 09-03-15. Ample article passionnant sur Oxmo Puccino, rappeur, "poétiseur" (synthèse de poète et synthétiseur...). Rencontre avec lui pendant qu'il est à Haïti, en mission d'ambassadeur de l'Unicef. Le Monde, 06-02-15. Propos recueillis par Stéphanie Binet. Sur les attentats contre Charlie et l'Hypercacher il dit ceci : "Il faut davantage penser dans ces moments-là que parler. Je me méfie des réactions sous le coup de l'émotion.. ça demande du recul. Ranger sa part de chagrin, mettre son ego de côté, oublier ses propres malheurs. Se poser la question de 'Qu'est-ce qu'on fait maintenant?'. Cultiver sa lumière, coûte que coûte. L'enjeu n'est même plus de rendre le monde meilleur, mais qu'il devienne moins pire.": http://www.lemonde.fr/musiques/article/2015/02/05/oxmo-puccino-profession-poetiseur_4570763_1654986.html

.... VOIX musulmanes, voir aussi la note sur la pétition internationale, Musulmans du monde... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/27/pe... 

18/12/2014

« Portrait du poète en soufi ». Lire Abdelwahab Meddeb, conscience éclairante...

 

SOUFI.jpgIncipit : "Ô souffle ô voix / ô saveur ô parfum / l'eau que la bouche donne et reçoit / la fleur qui dans l'oreille bruit / le jardin où les mains sont fleurs / le nombril que l'œil boit "  (1, p.7)

Citations :" que serait l'aurore / sans le noir de la nuit? "   (deux vers du fragment '54', p.47)

"matière soufie dense infinie en perpétuelle / découverte dire encore et toujours et à jamais / sur la voie inventer ses haltes ses points de fuite / et reprendre le chemin de logis en maison / où se vit et s'entend la jouissance autre / parfois sur le pré de désolation ou à son bord / ou à l'ombre de la maison de contrition / ailleurs ça peut être sur les rives de la jubilation / en mouvement sans cesse sans s'arrêter / porteur d'un feu qui..." (...) // (début du poème '97', p.107)   

"Portrait du poète en soufi", coll. L’Extrême contemporain, éd. Belin, 2014 (155 poèmes comme fragments de méditation).

J'ai choisi trois pages pour introduire cette lecture : la présentation du livre sur le site de l'édition, le portrait que fait Nicolas Truong de l'écrivain, un texte de lui sur le conflit israélo-palestinien. Et, bien sûr, trois citations, dont l'incipit. J'admire depuis fort longtemps cet auteur, brillant intellectuel né en Tunisie, qui, au-delà de ses dons de poète, de lecteur, de penseur, avait une faim du monde, un désir d'universalité, une grande exigence spirituelle. Force éthique exprimée dans la douleur du constat que nous sommes forcés, tous, de faire, devant la lâcheté hypocrite des enfermements complaisants dans la bêtise et la haine (dans la bêtise de la haine...). Dénonciation des murs dressés par les fausses croyances identitaires, par une sorte de goût mortifère du conflit avec l'Autre qu'on croit autre, ce goût de la mort contre la vie... Il le dit, notamment, cela, avec rage et souffrance, en humaniste profond, dans le texte "Pornographie de l'horreur". Voix perdue, l'immédiate : il est décédé en novembre 2014. Mais ses livres demeurent : la voix porte, à la fois intemporelle - par sa dimension spirituelle - et intensément dans le temps de nos vies, temps de ce monde qu'il pensa.    

Fiche éditeur : ("Pensées d'un néo-nomade" : "Le poète, soufi d'un nouveau genre en quête de la poésie globale de notre temps, trouve sa matière en réinventant sa patrie dans un nomadisme à l'horizon du monde" / (...) "Abdelwahab Meddeb, tunisien de culture française, est une personnalité importante du monde culturel. Il est écrivain, poète, philosophe et universitaire. Il produit et anime chaque vendredi sur France Culture l'émission "Cultures d'islam". Il a enseigné aux universités de Yale, Genève et Nanterre. Il a été lauréat en France de plusieurs prix littéraires.") :http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-portrait-du-poete-en-soufi-23819.php

PORTRAIT « Mort de l’essayiste et romancier Abdelwahab Meddeb (1946-2014) », Le Monde, 06-11-2014, par Nicolas Truong : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/11/06/mort-de-l-essayiste-et-romancier-abdelwahab-meddeb-1946-2014_4519799_3382.html (CITATIONS : «Poète, islamologue, essayiste et romancier, né en 1946 à Tunis, Abdelwahab Meddeb est mort à la clinique Bizet, à Paris, mercredi 5 novembre, d’un cancer du poumon. Grand érudit, pétri de culture musulmane et occidentale, il plaidait sans relâche pour un Islam des Lumières, un dialogue des civilisations face au choc des nations, des images et des représentations. / « Passionné par la littérature la plus exigeante, ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui conduisirent ce poète et romancier franco-tunisien à descendre dans l’arène des débats. « Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne, l'intégrisme est la maladie de l'islam », écrivait-il en ouverture à La Maladie de l’islam (Seuil, 2002), son ouvrage-phare, dans lequel il invitait le monde musulman à balayer « devant sa porte » et à rompre avec la spirale de la violence et du ressentiment. Il ne cessa de combattre l’islamisme radical, tout comme le mépris ignare pour les musulmans dans lequel se complaisent certains intellectuels français.  / « Une position singulière, qui lui valut d’avoir des adversaires dans chaque camp. Mais aussi de nombreux amis et soutiens, tels... » (... voir l’article...). » / (...) «"Je porte en moi la maladie de l’islam’’ », disait-il encore alors qu’il luttait contre son cancer. » / « Pour lutter contre le littéralisme et l’intégrisme, séparer le politique du théologique, il propose de chercher dans la tradition du soufisme d’Ibn Arabi (1165-1240) notamment, la voie d’un islam ouvert à la pluralité des mondes. Cette préoccupation est au cœur du Portrait du poète en soufi, son dernier ouvrage. ») 

Cette remarquable ouverture de conscience se voit dans ce texte qui met dos à dos les violences et la terreur dans le conflit Israël-Palestine : « Pornographie de l'horreur », A.Meddeb, Le Monde, 12-01-2009 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2009/01/12/pornographie-de-l-horreur-par-abdelwahab-meddeb_1140741_3232.html