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23/05/2017

Islam et islamisme... Distinguer.

« Comment dénoncer l’islamisme sans servir les causes malveillantes du rejet des autres en Occident et ailleurs ? Comment proclamer l’altérité comme lieu de réflexion entre les jérémiades du Sud et les indifférences sophistiquées du Nord ? Comment dénoncer et dire ? Comment appeler à résister au Mal, à traquer en soi ses signes escamotés sous le prétexte de la communauté, de la religion ou de la spécificité culturelle, sans tomber dans l’offre de service aux radicalités d’en face ?  Comment écrire sans être sommé ? » 

                     KameL Daoud (Introduction au recueil de ses chroniques 2010-2016, "Mes indépendances", Barzakh / Actes Sud 2017).

Il est extrêmement important de distinguer l'islam (la religion de croyants qui ne sont pas des idéologues mais seulement des gens qui accordent une place à la spiritualité dans leur vie, en fonction de la culture transmise) et l'islamisme (construction idéologique et politique à visée totalitaire). Si on crée la confusion on stigmatise des gens qu'on voue ainsi à l'enfermement identitaire (et, pour les plus fragiles psychologiquement ou socialement, à une possible radicalisation). "Aimer" ou pas une religion ou les religions n'est ni de l'ordre d'une pensée politique ni une démarche laïque authentique. La séparation des églises et de l'État que définit la loi de 1905 n'exige ni amour ni détestation : juste de la vigilance et de la rigueur. Ce n'est pas la droite en tant que telle mais les extrêmes droites qui rejettent l'islam (et englobent les êtres dans leur détestation qui devient alors une forme de racisme) : le FN, les identitaires, des associations comme Riposte laïque. De même la complaisance à l'égard des islamistes a pour origine les analyses erronées non de la gauche mais des extrêmes gauches (aveuglement ancien qui date de la guerre d'Algérie et se poursuit aussi dans certains réseaux pro-palestiniens univoques et antisémites). La gauche a suivi (pas toujours) du fait d'un malaise néocolonial qui est dans certains cas un alibi. Enfin, l'anticléricalisme est une chose, mais "ne pas aimer les religions" n'est pas un marqueur de gauche (il y a des croyants engagés à gauche, autant que d'incroyants - même si ce terme de "croyants" n'est pas vraiment adapté car réducteur : des individus pour qui la spiritualité est part intégrante de leur vie, dans une religion ou hors de toute structure religieuse). Les marqueurs de gauche sont l'action pour la justice sociale, le respect de la liberté de conscience et de l'intégrité de la personne, des valeurs s'exprimant notamment par des refus (abolition de la peine de mort...). Les confusions produisent aussi des totalitarismes (et cela commence par le choix des mots) ; les pièges sémantiques deviennent des pièges dialectiques. Sur la question des religions... le stalinisme a érigé l'athéisme en "religion" de remplacement : ce n'est pas un modèle à suivre. La nature du totalitarisme se définit par une emprise sur la conscience des individus, en fonction de ce que le pouvoir du moment croit être la juste manière de penser, croire, ou ne pas croire. Les dictatures islamistes imposent de croire à leur manière, l'Inquisition catholique le fit aussi, avec la même violence, mais le stalinisme imposa tout aussi violemment de ne pas croire...

 

02/04/2017

« Si le lien des mots à leur référence est coupé… »

FERRARI.jpg« Si le lien des mots à leur référence est coupé, toutes les manipulations sont possibles »

Jérôme Ferrari, entretien, L’Humanité

Acuité des questionnements sur l’actualité, dans cet entretien. L’auteur (qui enseigne la philosophie) publie des chroniques parues dans La Croix (il dit ne pas être croyant mais avoir une sorte d’attirance pour quelque chose qui est de l’ordre de la spiritualité, sans savoir pourquoi). Il a voulu, à travers ces chroniques, ne pas répondre à l’immédiateté vaine, mais prendre le recul de la pensée, appliquer les outils de la philosophie pour poser un regard sur le mouvant des événements, des thèmes de la période. Parce qu’il en percevait la nécessité. L’urgence sans précipitation, en quelque sorte. Et effectivement il met l’accent sur des failles  importantes qui menacent la communication et l’information : les fausses vérités auxquelles des gens vont croire et les réalités factuelles qu’ils refuseront de prendre en compte en croyant faire oeuvre de vigilance, alors qu’ils se laisseront prendre aux pièges du complotisme ou de ces « faits alternatifs » inventés par des manipulateurs. Il repère, pour l’avoir étudié sur lui-même, les modalités de l’enfermement dans des codes conformes (le groupe, le courant, la norme militante qui refuse la complexité, le doute, le retrait et le questionnement dérangeant de l’individu). Il examine le lien entre le social et ce qui fait cadre autrement, pour interroger la crise politique que nous vivons (la présidentielle en est un symptôme…). Et enfin (parmi les éléments que je choisis de citer, parce qu’ils me semblent centraux, il questionne, d’un côté, les pièges identitaires et leur instrumentalisation politique (nation figée, appartenance close et univoque), et, d’un autre côté, le fondamentalisme religieux, particulièrement dans une dérive de l’islam en islamisme (dérive qui est associée à un autre piège identitaire, quand l’identité se mêle à des concepts liés au sacré). 

Citations (entretien) : « En 1951, Hannah Arendt a écrit : « Le citoyen idéal d’un régime totalitaire n’est pas un militant convaincu, c’est quelqu’un pour qui la distinction entre vérité et mensonge n’a plus aucun sens. » Nous y sommes : » (…) « Mon expérience m’a guéri du militantisme. Il conduit, selon moi, à une grégarisation de la pensée. Je parle d’un conformisme social qui imprègne les individus et n’a rien à voir avec leur intelligence. » (…) « Les superstructures ne correspondent plus à la réalité sociale. Peut-être qu’en France l’explosion de la droite et de la gauche, pour des raisons assez symétriques, est le signe de cette crise. Avec des choses inacceptables : être un homme politique, voir les tentations identitaires, le gros danger qui guette, et trouver que c’est une bonne idée d’en jouer, c’est criminel, indigne. » (…) « Avoir vécu dans des pays arabes à majorité musulmane permet de faire l’expérience de la pluralité de l’islam, de constater que, de fait, c’est la version fondamentaliste qui tend à se répandre majoritairement. C’est inquiétant parce que cela tend à valider l’identification qui est faite ici entre islam et fondamentalisme. » 

L’entretien, L’Humanité, 24 mars 2017... http://bit.ly/2nYeSDb 

Deux liens sur le livre qui reprend les chroniques de La Croix : « Il se passe quelque chose », de Jérôme Ferrari, Flammarion… 

La Cause littéraire… http://www.lacauselitteraire.fr/il-se-passe-quelque-chose... 

Fiche Decitre… http://www.decitre.fr/livres/il-se-passe-quelque-chose-97... 

31/03/2017

Le livre de Charb...

CHARB.jpgOui. Le livre de Charb sur la notion d'islamophobie vaut lecture et réflexion. Il est nécessaire. Deux points me gênent cependant dans ce bref ouvrage dense : la conviction communiste un peu butée, et la certitude athée, avec un certain mépris pour ceux qui ont une foi quelconque. Il pense que seul l'athéisme est le choix rationnel, cela est un peu arrogant, alors que l'athéisme est une croyance comme une autre (seul l'agnostique laisse le doute rationnel ouvert, d'une part, et, d'autre part, les grands textes mystiques sont le signe d'unie évidente maîtrise de la raison, que leurs auteurs confrontent à leur expérience d'un mystère transcendant...). Mais tout le reste est essentiel. Totalement. Car il pose les principes d'un absolu refus des manipulations idéologiques, quelles que soient leurs sources. Et parce qu'il permet d'inscrire des principes clairs, qui peuvent servir d'éclairage pour dénoncer des manoeuvres intégristes et des complaisances inacceptables…

Ce qui est inquiétant c’est que des représentations scéniques de ce texte (spectacle créé par le metteur en scène Gérald Dumont) ont été annulées par deux fois (Lille et Avignon). 

LIENS… 

Article du Monde, 2015. « Le livre posthume de Charb » … http://lemde.fr/2olfu6l  

Le spectacle programmé refusé à Lille et Avignon. Une forme de censure. Page sur LCI, « La lettre de Charb aux escrocs de l’islamophobie fait-elle peur? »… http://bit.ly/2nG0BIB 

Article du Figaro, « Le pamphlet posthum de Charb sur l’islamophobie censuré à Lille »… http://bit.ly/2orHXV0 

Page de l’éditeur, Librio… http://www.librio.net/Albums_Detail.cfm?id=50440 

Excellent résumé sur la page de Decitre… http://bit.ly/2ok95YG 

06/06/2016

Ramadan, réalité et regards pluriels...

ARKOUN.jpgRespect. Pour ceux qui choisissent de le faire par désir de vivre une spiritualité ou une culture, et qui ne sont pas forcément de sombres intégristes...! Occasion de sortir des visions schématiques. On peut avoir une autre religion, être agnostique, ou athée, et respecter les choix des autres. 

RAMADAN... D’authentiques laïques le font, pour des raisons spirituelles qui leur sont propres.

Je ne supporte pas plus les certitudes trop affichées d'un athéisme militant que les rigidités de croyants trop conformes, ou dogmatiques. A lire les commentaires sur les réseaux sociaux, il est évident que le doute manque, là où on en fait parfois un précepte à imposer... aux autres. La raison, c'est aussi le temps de l'humilité, pas de l'hystérie militante. Il y a les Lumières des philosophes, il y a la lutte contre tous les intégrismes (tous...), et il y a aussi le constat culturel : la réalité est complexe, la conscience a plusieurs chemins. Et les sagesses diverses, issues de voies qui pensent la transcendance, ont donné de hautes pensées, de grandes oeuvres : une autre manière de penser aussi les Lumières. Lire ou relire les textes des soufis (ou ce simple roman, assez magique, "Soufi, mon amour", d'Elif Shafak, disponible en 10/18, qui contient trois livres en un...)... pour prendre un peu de distance avec une raison qui serait, elle, dogmatique, et donc pas si rationnelle que cela. 

Et, évidemment, là où le jeûne est obligatoire, si on réprime des gens qui le refusent : engagement total pour les soutenir. De même, soutien, si on réprime quelqu'un pour son refus de croire. Liberté de conscience…

Et le VOILE (signe-symptôme, dans ces temps de ramadan, ou en dehors, et dans ces temps de terrorisme…). Il y a deux postures idéologiques hystériques : le voile donné comme norme obligatoire, valeur, etc. (piège islamiste, support de propagande du wahhabisme saoudien religieux et politique), d’un côté, et, d’un autre côté, le soupçon porté systématiquement sur toute femme voilée (cf. petit voile discret sur les cheveux, pour des raisons qui peuvent être fort diverses). L'hystérisation du débat (dans un sens ou son contraire) ne peut qu'aider les radicaux et donner du pouvoir, donc, aux extrémistes intégristes. Si la position sur le voile devient une sorte de code de reconnaissance pour montrer qu'on est du bon côté des croyants ou du bon côté des laïques (et caresser son ego en exprimant un mépris agressif des femmes voilées), c'est aussi dangereux que l'aveuglement sur les raisons des radicaux de faire du voile un marqueur politique. C'est là que la complexité du regard et de la pensée est plus que nécessaire (même si ce n'est pas facile). D’autant plus que, foi ou incroyance, ramadan assumé ou rejeté (respecté, qui que l’on soit, ou moqué), islamisme dénoncé (et ses variantes salafistes aux doux masques) ou flatté par complicité idéologique objective, voile questionné ou voile-thème d’un refus obsessionnel… dans tous les cas, exprimer une opinion sur ces sujets fera croiser des commentateurs qui chercheront alliance pour de tout autres raisons idéologiques (ou politiques), donc à l’opposé de ce qu’on tente de définir comme repères universels. L’apparent accord sur un point (cf. le voile) risque de légitimer des positions haïssables (carrément racistes, par exemple). Il reste à penser sur le fil du rasoir…

GHALEB.jpgMais, dans le temps de ce mois, on peut saisir l’occasion de s’interroger sur ce que l’on sait de l’islam et des textes issus de l’islam (commentaires, mystiques).

 

 

 

 

Le ramadan, infos… 

Explications minimales de L’Internaute : http://www.linternaute.com/actualite/societe/1233170-rama... 

Fiche wikipedia, le ramadan:https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramadan 

Article de L’Obs, 2012 (mais questions toujours actuelles), « Le ramadan entre spiritualité et business » : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/597267-le-ramada... 

RUMI.jpgLa voie spirituelle la plus haute dans l’islam est le soufisme. On peut lire cet article qui présente un ouvrage d’Eric Geoffroy, islamologue spécialiste du soufisme (et voir des liens vers plusieurs autres articles sur le thème du soufisme, avec des pistes de recherche ou lecture), SaphirNews : http://www.saphirnews.com/Eric-Geoffroy-Le-soufisme-mode-... 

Même site, saphirnews, interrogations sur ce qu’est l’islam, et liens vers des articles, des livres… http://www.saphirnews.com/Islam-spirituel-et-soufisme-viv... 

Un passionnant article sur Eva de Vitray-Meyerovitch « chercheuse d’absolu »… http://www.saphirnews.com/Eva-de-Vitray-Meyerovitch-une-c... 

La chronique d’Eric Geoffroy dans la revue Ultreïa… « L’instant soufi » : http://revue-ultreia.com/rubriques/chroniques/linstant-so... 

Sur l’islam, un dossier de la revue Ultreïa (le numéro 3, printemps 2015, qui peut être commandé à l’édition, « L’islam contre l’islam »). Sommaire : http://revue-ultreia.com/revue-par-numero/?numero=1572 

Le ramadan… Mais le contexte de la présence de l’islam dans la société est un aspect important aussi. Les débats, les faux débats, les regards extérieurs. La spiritualité et le fondamentalisme (à l’opposé). Ce que recadre Abdennour Bidar dans cet entretien, Libération, mai 2015 : http://www.liberation.fr/debats/2016/05/05/abdennour-bida...

Et si on doit penser (en associant religion et problèmes de l'actualité violente) aux dérives du jihadisme meurtrier, il sera utile de relire ce texte de Chahla Chafiq, qui, pourtant dans un refus radical du fondamentalisme, considère qu'il faut sortir de cette vision qui voit dans la religion la source ou la solution de tous les problèmes. Non, dit-elle, ce qu'il faut c'est retrouver le sens de l'humanisme laïc. L'humanisme... A lire et méditer... http://bit.ly/1xQNS8G

BIBLIOGRAPHIE. L’islam (dont études sur le Coran), La Procure... http://www.laprocure.com/rayons/islam.html 

BIBLIOGRAPHIE. Le soufisme, librairie La Procure : http://www.laprocure.com/instant-soufi-eric-geoffroy/9782... 

……. Côté ombre…... 

Menace de Daesh sur le ramadan, Direct Matin, 05-06-16 http://www.directmatin.fr/monde/2016-06-05/la-menace-daes... 

Et autre menace possible (sur l’Euro et le ramadan) d’extrême droite (l’histoire de cet homme arrêté avec armes et explosifs), et chez qui on a trouvé un vêtement avec un sigle d’un groupe d’extrême droite : « L'étrange et dangereux arsenal du français arrêté en Ukraine ». Mais prudence (peut-être n’est-ce « que » trafic d’armes). A moins que ce ne soit une manipulation ukrainienne (???) : http://www.leparisien.fr/faits-divers/l-etrange-et-danger...

20/04/2016

Procès en appel (21-04) du jeune blogueur mauritanien Cheikh Ould Mkheitir. Condamné à mort pour apostasie (Additif : Infos 23 et 24-04)

Le procès en appel du jeune blogueur mauritanien Cheikh Ould Mkheitir, 31 ans, condamné à mort pour "apostasie" en 2014, a lieu ce jeudi 21 avril (sans avocat, d’après l’IHEU : voir ci-dessous). On lui a reproché d’avoir publié un texte sur Facebook où il émettait des idées critiques, interrogeant le sectarisme originel dans la religion et la permanence de comportements actuels liés à la religiosité, aux normes transmises. Son texte, en arabe, était intitulé «La religion, la religiosité et les forgerons» (la caste des forgerons étant victime d’humiliations imposées par les religieux traditionnels mauritaniens). Son but était de défendre les forgerons (sa caste), mais le fait qu’il ait lié cela à une réflexion sur les causes idéologiques et religieuses, à l’héritage de normes rigides, a donné matière à l’accusation de blasphème. Cette condamnation à mort pour apostasie est un cas d’exception dans ce pays (dont les règles juridiques sont celles d’une charia rude, mais qui n’a pas exécuté de condamnés depuis trente ans environ : la menace demeure inquiétante).

Communiqué de presse d'AMNESTY, 19 avril 2016 "Il faut annuler la condamnation à la peine capitale": http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Maurit... 

MISE à JOUR 23-04-16. Peine de mort confirmée mais accusation requalifiée en "mécréance" au lieu d'apostasie, ce qui est considéré comme moins grave (...) et pourrait faire obtenir l'abandon de la peine en Cassation. Espoir léger, juridiquement  http://www.rfi.fr/afrique/20160422-mauritanie-peine-mort-...

MISE à JOUR 24-04-16. Mobilisation en Mauritanie... https://www.cath.ch/newsf/mobilisation-mauritanie-sauver-...

A lire :

La note blog d’Hebib Khalil, 20-04-16, chroniqueur au Matin DZ  reprend les infos AFP et pose des liens récents, comme l’article Jeune Afrique du 18-04-16) : http://khalilhebib.over-blog.com/2016/04/mauritanie-conda...

PÉTITION antérieure, elle peut toujours être lue et signée  : http://talsou.wesign.it/fr 

Groupe Facebook de soutien : https://www.facebook.com/groups/312364528953052/

Un article de Mohamed Louizi (16-02-15) sur le silence de la France et des institutions musulmanes en France au sujet de la condamnation à mort du jeune blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheitir. Cridem (infos mauritaniennes) : http://cridem.org/C_Info.php?article=665499  ((Je relève un commentaire (mais certains, aussi, sont hostiles au jeune prisonnier) :  « Ce n'est pas ce jeune homme qu'on condamne à mort , mais c'est la liberté de penser et de s'exprimer qu'on veut ôter au peuple mauritanien. Les autorités veulent continuer à museler tout un peuple. »))

Info, 16-04-2016, en anglais, sur le site de l’IHEU, International Humanist and Ethical Union (« We also understand that he has no lawyer for the appeal process ») :http://iheu.org/young-writer-sentenced-to-death-for-apost...

J'ai retrouvé la page d'Amnesty, 2015, qui précisait que son avocat, soumis à des pressions, renonçait, alors, à le défendre (« La pression est telle que le premier avocat d’Ould Mkheitir, Mohameden Ould Icheddou, jette l’éponge. Il renonce à le défendre, après avoir reçu des menaces de mort. ») : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Abolition-de-la-peine... 

Page 2015, aussi, sur ACAT, secteur Mauritanie (recherche « s’informer » / pays / Mauritanie / 4ème doc.) : https://www.acatfrance.fr  

Et sur la page « Mauritanie » de RSF, il est fait mention de lui : https://rsf.org/fr/mauritanie?

Les associations comme RSF et ACAT, notamment, agissent (et tout n'est pas forcément en ligne)...

03/04/2016

Penser ombre et lumière, sauver le sens : Abdennour Bidar et Kamel Daoud

BIDAR.png2012. Regard d'Abdennour Bidar sur des "récurrences tenaces". Et la lumière quand même… 

2015. Réflexion de Kamel Daoud. Pour que le sens (cherché, ouvert) ne soit pas pris en otage… 

Je retrouve par hasard ces deux textes en même temps. Publiés à trois ans d’intervalle, ils se croisent exactement pour se rejoindre et nous aider à comprendre ce qui est à l’oeuvre actuellement : les attaques contre Kamel Daoud et l’enjeu majeur (soutenir cette voix, la conscience, la laïcité pour la démocratie - sauver la pensée). A travers la force de cette voix soutenir aussi celle des poètes prisonniers (Arabie saoudite, Qatar…). Refuser les injonctions qui traversent les frontières, les compromissions, le silence honteux, les alliances honteuses avec l’oppression. 

Relecture de l'entretien d’Abdennour Bidar (propos recueillis en 2012, Le Monde des Religions) pour penser les attaques contre Kamel Daoud et être plus armé pour le défendre, en mesurant mieux le contexte 2012-2016 (et suite…).

« Comment sortir de la religion », entretien de 2012, donc… Mais explication par avance des racines des alliances entre sociologues et traditionalistes (ou carrément, cf. tribune des 19, entre sociologues et islamistes). Citation : « Les traditionalistes musulmans deviennent de plus en plus sociologues et certains sociologues, vaincus par leur empathie naturelle, viennent de plus en plus au secours des traditionalistes musulmans. » Cette phrase introduit sa réponse à la dernière question de l’entretien, où il précise ce qu’est cette alliance, ce qu’est le contexte (« crise spirituelle » et « sous-culture religieuse ») et ce que sont les « récurrences extrêmement tenaces et critiquables » présentes dans les sociétés musulmanes. Il évoque (en musulman et islamologue), ses fortes divergences avec Tariq Ramadan. Il parle du présent de 2012, mais ce qu’il dénonce se déroule là, en 2016, accentué, évident, plus destructeur encore, et plus assumé. Les attaques contre Kamel Daoud sont à situer dans ce qu’il dit de ce contexte de compromission intellectuelle, de dévoiement de la pensée tombée dans le piège d’une idéologie fourvoyée par complaisance politique à la domination du religieux… Alors qu’on entre dans l’ère de la fin des religions (pas de la spiritualité : des religions)… Cet entretien n’est pas un plaidoyer pour l’athéisme, rien de tel (Abdennour Bidar est plus proche d’un mystique que d’un athée, quand on le lit). Il traite de la fin de la religion (de la religion, pas de la spiritualité ou d’un rapport à la transcendance) pour penser une troisième voie, qui se situerait « par-delà religion et athéisme ». (Réflexion développée dans un ouvrage titré « Comment sortir de la religion », éds Les Empêcheurs de penser en rond / La Découverte, 2012)... http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar... 


mms_img1824734821.jpgRetour vers un texte de Kamel Daoud sur Tunisie Focus
, avril 2015… « Il faut être laïc pour sauver la religion ». Car les attaques contre Kamel Daoud veulent (en posant le soupçon de la dite « islamophobie ») donner de lui une image trompeuse (à laquelle adhèrent parfois ceux qui le défendent, soupçon d’islamophobie en moins mais confusion commune). Kamel Daoud n’est pas dans un combat contre la religion en tant que telle, ou contre les démarches de ceux qui cherchent un sens transcendant. A le lire on comprend qu’il combat les manipulations, les idéologies meurtrières, et, justement, la pollution des concepts qui permettent de penser les questions des êtres humains sur le sens et les réponses qu’ils se donnent. Il n’est pas un militant de l’athéisme, mais un penseur de la laïcité (celle, sans adjectifs, qui respecte autant  les croyants que les agnostiques ou les athées).  

CITATIONS… « Dans le monde dit ‘arabe’ c’est le ciel qui trace les frontières de la Terre et transforme les nations en nuages éphémères. C’est le nouveau siècle et les pays du coin sont des tracés sur le sable…» (…) « Le ciel s’y joue et tue l’homme qui passe ou s’y attarde. Cela se passe ainsi quand on ne sépare pas religion et État, péché et délit.» (…) « Les religieux sincères devraient être les premiers à défendre la laïcité. » (…) « Sauf que le mot a mauvaise presse, sali par ceux-là mêmes qui disent que la laïcité est un crime contre Dieu et un complot de l’Occident. Cela se comprend : l’assassin défend son masque. S’il vous dit que séparer la religion et la politique est un péché c’est parce qu’il fait de la politique au nom de la religion. » (…) « Séparer l’État de la religion sauve al religion de ceux qui la salissent et la manipulent. » (…) « Cela permettrait de libérer une religion de la prise d’otage par la violence. C’est alors que l’on parlera de l’homme, de l’amour d’un Dieu, de sens, de vision, de conviction…»... http://www.tunisiefocus.com/politique/il-faut-etre-laic-p... 

Chroniques de Kamel DAOUD, Impact24.info http://www.impact24.info/category/chroniques/kamel-daoud/ 

Articles de Kamel Daoud, Le Quotidien d’Oran, sur Djazairess… http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud 

Chronique régulière dans Le Point : http://www.lepoint.fr/journalistes-du-point/kamel-daoud

……….

« Cultures d’islam », Abdennour BIDAR sur France Culture, les émissions : http://www.franceculture.fr/personne-abdennour-bidar.html

Article, Abdennour Bidar, octobre 2010, « L’absence de spirituel est un problème, pas l’islam ». CITATION : « Ici en France, une laïcité mal comprise nous a fait expulser hors du champ public toute recherche en commun d’un souverain bien spirituel… Or, cette laïcité française est une chance, si aujourd’hui nous nous en saisissons pour chercher tous, avec nos musulmans, dans le respect et la compréhension mutuelle, ce qui en amont de la dignité de la personne humaine la fonde spirituellement. »... http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/27/l-absence-... 

Livres d’Abdennour Bidar (en rapport avec le sujet traité ici) :

« Comment sortir de la religion », éds. La découverte, coll. Les empêcheurs de penser en rond, 2012. (Sortir de la religion n’est pas, pour lui, sortir de la possibilité de penser la transcendance, mais se libérer des instances qui imposent leurs dogmes. De même, Kamel Daoud, défendre la laïcité, valeur de liberté, ce n’est pas vouloir la disparition des dimensions religieuses, c’est refuser leur instrumentalisation politique. Ils se rejoignent dans l’exigence d’une raison lumineuse…). http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Commen...

et...  « Lettre ouverte au monde musulman », éds. Les liens qui libèrent, 2015 : http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Lettre_ou...

01/03/2016

CONTRE les "chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs". Réflexion, et lecture de la tribune de Pascal Bruckner

mms_img1203484475.jpgSoutien de Kamel Daoud, suite...

Car... "A nous de décider quel monde nous voulons" (Kamel Daoud, Courrier international, 09-01-15 : http://bit.ly/1BLvE7G )

Et car... « Ces dernières décennies, le monde dit musulman vit, à travers les propagandes islamistes, une surexcitation de ces codes sexués patriarcaux que la charia entérine. En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une « occidentalisation » qui détruirait l’identité islamique. La mixité et l’autonomie des femmes sont aussi présentées comme sources de corruption sociale et de désordre. Dans cette optique, la prescription du voile, garant de la pudeur, et des conduites inhérentes à respecter confère d’emblée aux femmes non voilées un caractère impudique. » Chahla Chafik  (Le Monde, 15-01-2016,  tribune intégrale lisible sur le site de l’auteur : http://bit.ly/1UISkPC )

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"Le Monde" a récidivé, en ouvrant une page (partagée) à une des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud (qui reprend les mêmes slogans donnés pour de la pensée… et ne comprend toujours pas ce qu’a écrit l’auteur que ces inquisiteurs accusent de tous les maux). Et en titrant, de manière choquante, « Peut-on critiquer Kamel Daoud? » (Pourquoi ne pas titrer « A-t-on le droit d’appuyer les fatwas contre les auteurs libres? » ou « A-t-on le droit de lyncher avec des mots hypocrites les penseurs qui nous dépassent? » ou « A-t-on le droit d’être les complices complaisants des islamistes? A-t-on le droit d’être des collaborateurs? »)

De quoi s’agit-il? Un auteur, chroniqueur et écrivain (qui depuis des années porte sur la société, les mentalités, les intégrismes, un regard d’une grande lucidité) a réagi à un fait dramatique, l’agression de femmes, à Cologne, par des hommes venant de pays arabo-musulmans (ce que l’enquête a démontré, mais que l’on savait dès les premiers témoignages, malgré le silence gêné d’officiels). Réagir à l’actualité, c’est le travail des chroniqueurs. Tenter de comprendre les causes des faits, de décrypter le réel, c’est du journalisme. 

Des agressions sexuelles? oui, ce fut le cas.

L’ identité des hommes? Oui, ce que disent les faits, les témoins, puis l’enquête, cela conforte le questionnement de Kamel Daoud. Pays, culture, appartenance à un ensemble déterminé par des codes machistes légitimés par des justifications se référant à une interprétation rigide de sources religieuses (ou un dévoiement inventant des règles que les sources ne confirment pas…).

Réelles agressions, occultées par les auteurs de la tribune qu’elles dérangent moins que le fait de les analyser et questionner, apparemment. Le crime de l’auteur est de refuser le déni. Et comme le déni est ce qui remplace la pensée pour les censeurs, il faut condamner celui qui le refuse.

Pourtant il n’y a pas  que Cologne. Le wahhabisme s’étend, là où il a le pouvoir les femmes sont soumises à l’effacement derrière les voiles qui masquent corps et beauté (car autrement les hommes ne sauraient résister aux pulsions?) et à des interdits, une soumission. Le voile sert aux salafistes de marque et d’affiche, et la notion de « pudeur » d’occultation à tout vécu de la sexualité qui ne soit d’emprise.

Il n’y a pas que Cologne. Mais, aussi, il n’y a pas que Kamel Daoud qui interroge et dénonce ce qui doit être interrogé et dénoncé. Pourquoi tant de hargne contre lui? Ce n’est pas seulement pour la grande qualité de son écriture (que les inquisiteurs n’ont pas l’air de savoir apprécier). Ce n’est pas seulement pour sa notoriété. 

Serait-ce parce qu’ils sont dérangés par la grande complexité de sa pensée? Justement? Complexité qui, notamment dans cette chronique sur Cologne, lui faisait renvoyer dos à dos les fantasmes des uns et des autres, les peurs des uns contre les peurs des autres. Ou, autre page, autre jour, dénoncer « les » intégrismes (« L’intégriste universel »). S’il n’accepte pas les pièges de la victimisation jouée et surdouée, qui évacue toute responsabilité, il n’accepte pas plus les pièges d’une idéalisation fausse des réalités occidentales. L’acuité du regard, Kamel Daoud l’exerce sur tout. 

Serait-ce à cause de cette fatwa? Par un désir inconscient de complaire aux salafistes? A moins que ce soit plus que complaire, et plus qu’inconscient? 

Ou, calcul stratégique qui aurait été impulsé par un courant idéologique qui sait infiltrer et capter des passeurs de message, serait-ce parce que, fragilisé par cette fatwa, il est une cible idéale pour ensuite décourager les autres auteurs. (Chroniqueurs, blogueurs, journalistes divers, romanciers, poètes ou philosophes?) On commence avec celui qui est le plus en vue, primé récemment encore (et on se saisit de ce moment, peut-être pas par hasard…), avec l’intention de continuer ensuite avec d’autres. 

Ou…? Je cherche, je réfléchis, depuis plusieurs jours, lisant les réactions des uns et des autres, tous ces soutiens qui sont de plus en plus nombreux. Et je me demande s’il n’y a pas quelque chose qui est de l’ordre du racisme, même si des signataires s’appuient sur leurs noms pour revendiquer une appartenance à l’univers culturel de l’auteur. Le racisme qui est ressenti devant celui qui échappe aux catégories, dont vous craignez qu’il vous ressemble au point que vous ne sachiez plus vous différencier. Kamel Daoud, lui, est très clair. Il est et se dit Algérien, totalement, avec amour pour la terre native et les êtres qui la peuplent. Il en prend toute la culture héritée, ne faisant pas profession d’athéisme. Il a choisi d’écrire en français, comme beaucoup (cette prise revendiquée par le grand Kateb Yacine). Et son esprit saisit le monde autant que le lieu. Son écriture produit des « chroniques algériennes », mais son art rejoint l’universel. Une conscience qu’on ne peut enfermer dans une case, et qui gêne le désir qu’ont certains de se mettre dans de confortables cases conformes : la victime éternelle de l’Histoire coloniale, le croyant toujours stigmatisé, l’antiraciste vigilant (ou qui croit l’être,antiraciste), l’ami « des » musulmans (qu’il confond souvent avec les islamistes, mais…), l’intellectuel (ou croyant l’être car bardé d’éventuels diplômes ou titres) professant le multiculturalisme (mais en fait le mono-culturalisme pluriel tel que défini par Amartya Sen), l’identitaire qui ne sait pas qu’il l’est (mais il l’est : obsédé par l’appartenance, l’origine, la fidélité aux frontières et aux normes dictées).

Oui, racisme sans doute. 

Et peur. Car Kamel Daoud interroge autant les conforts et failles de l’impensé européen (machisme miroir qui refusait de voir du viol là où il y avait viol) que les failles dans ce qu’il dit de son monde d’autre bord de mer. Secousse sur deux rives. 

Si de telles questions viennent d’Algérie, l’onde de choc qui se prolonge peut déchirer bien des certitudes. Et les « sociologues », enfermés dans leurs systèmes, être perdus sans leurs cadres repères. C’est leur statut aussi qu’ils défendent. Leur échec à savoir penser ce qu’un écrivain peut formuler avec d’autres mots et concepts que ceux que leurs schémas ne savent pas saisir. 

Ce que l’exigence de lucidité de Kamel Daoud provoque, c’est un questionnement sur le rapport de la société avec le féminin (plus que le rapport féminin-masculin seul), de manière universelle. Et aussi de la société avec la pensée et les frontières artificielles entre domaines de compétence. La force d’écriture d’un auteur dépasse en rigueur, par son art, les productions dites universitaires. Parfois une chronique vaut plus que certains livres lourds de pages et de certitudes. 

La flamme d’un style contre la glace des intégrismes (même coiffés).

Pour que l’intelligence ne soit pas marquée d’illégitimité…

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Et donc, j’ai lu, aujourd’hui, la tribune de Pascal Bruckner, qui oppose sa lecture des faits et sa perspicacité à l’obscurantisme déguisé en maîtrise. Soutien affirmé de Kamel Daoud. Affirmé et argumenté.

Le titre pose les points sur les « i »… Fatwas. Le « s » associe les signataires (et la récidive individuelle de l’une d’entre eux) à la monstruosité de l’appel du salafiste vouant la pensée à la mort. Car c’est effectivement du même ordre.

« Défendons les libres-penseurs contre les fatwas de l’intelligentsia », est donc le titre (papier) de cette tribune de Pascal Bruckner, dans Le Monde daté 2 mars. Sur le site le complément (« venus du monde musulman ») correspond bien au contenu du texte… (même si la notion de « monde musulman » masque la pluralité des mondes dits de l’islam - où, d’ailleurs, tout n’est pas « islam »… malgré les injonctions de forces dominantes - et où « islam » recouvre des réalités plurielles aussi). 

« Comment faire taire une voix originale ? », dit-il, « Par deux moyens : la menace physique, d’un côté, le discrédit moral, de l’autre. »

Si, insiste-t-il (à juste titre), Kamel Daoud a évoqué la misère sexuelle, la frustration, « Il n’est pas le premier à proposer une telle lecture : de Tahar Ben Jelloun à Fethi Benslama, nombreux sont les écrivains ou psychanalystes, originaires d’Afrique du Nord, à avoir mis en lumière la misère sexuelle, la relégation des femmes, l’interdit de l’homosexualité dans le monde arabe. ». Mais lui, note-t-il, a appliqué sa réflexion aux agressions de Cologne. C’est concret, c’est ici, c’est tabou. Donc : « Il s’agit de lui fermer la bouche en l’accusant de racisme. » Et « Avec cette pétition, on n’est pas dans le débat intellectuel, parfaitement légitime, mais dans la démonologie. » Pour supprimer de l’horizon, de manière inconsciemment magique, ce qui est insupportable car très grave, « il ne faut pas en parler »… « il ne faut rien en dire ». Comme si ne pas nommer avait pouvoir d’évacuer le réel dérangeant... « Une sorte d’interdit pèse sur l’interprétation. » 

Pascal Bruckner porte l’attention sur une inversion de la prise en compte des faits. Se soucier des personnes agressées portant l’attention sur la violence des hommes et leur identité, il ne faut pas le faire : donc se taire est le choix de ceux qui dénient à Kamel Daoud le droit de dire, questionner, analyser des… faits. Non, il faut se soucier plutôt de l’image que cela donnerait des cultures auxquelles ils se rattachent, disent implicitement les censeurs. Et du religieux, dont la présence est dominante. Parler du religieux, là, c’est forcément, explique Pascal Bruckner, être accusé d’islamophobie (ce qui a été fait dans leur tribune pétitionnaire) : « Voilà donc, le terme d’islamophobie, ce mot du vocabulaire colonial du XIX ème siècle, transformé en arme de guerre idéologique par les mollahs de Téhéran en 1979, à nouveau utilisé comme instrument de censure.» Censure, visant les intellectuels au-delà de Kamel Daoud  : « C’est toute la nébuleuse critique de l’intelligentsia franco-maghrébine qui est visée par les pétitionnaires. »

Et, là, Pascal Bruckner fait le lien avec la période stalinienne, où les tabous étaient aussi violents, où l’on désignait comme traîtres réactionnaires ceux qui osaient critiquer l’URSS, alors intouchable au regard de communistes suivistes… Une certaine gauche ne supporte pas de voir ses illusions percées à jour. (Je dirais, pour ma part, une gauche qui frôle l’extrême droite…).

Il dénonce aussi ce qui relève, dit-il, d’une sorte d’apartheid intellectuel (on ne reconnaît pas à l’intellectuel algérien, maghrébin, le droit de critiquer sa propre culture). Le regard critique sur soi étant un privilège d’européen : « mépris néo-colonial masqué sous la défense de l’islam ». Pascal Bruckner regrette qu’au lieu d’aider les penseurs dissidents à « combattre le fanatisme», les intellectuels soutiennent « les pouvoirs dominants » et « cautionnent »... la « bigoterie religieuse en cours » : « trahison des clercs », encore… 

Contre les « chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs » (titre de la note emprunté à cette citation),  Pascal Bruckner en appelle à ceux qui sauront « appuyer ces voix divergentes » : « Il n’est pas de cause plus sacrée ». I agree…! Car l’enjeu est de taille, pour la paix, pour la démocratie, pour le bonheur et l’intelligence des individus. Lien vers le texte (non lisible intégralement…), Le Monde, daté 02-03 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/01/defendons-...

........ MISE à JOUR, 03-03-16 :

Chronique de Kamel Daoud « Mes petites guerres de libération ». Il explique son rapport à l’écriture, ses décisions : « «En règle générale, je n'aime pas parler à la première personne. Le « je » est un abus. Encore plus chez un journaliste. Cela me gêne comme une carapace ou un maquillage. Cela me rappelle ces egos démesurés qui croissent chez les « engagés », les militants, les intellectuels ou chez les bavards. Ecrire est une exigence de la lucidité et cela impose de s'effacer. Au « je », je préfère l'artifice de « chroniqueur ». Un statut d'administrateur de la métaphore. Cela me permet d'écrire tout en gambadant, libre, derrière les mots. Cela donne de l'importance à l'Autre. Laisser courir un vent. Ouvrir une fenêtre sur une poignée de main. Ecouter et rester un peu immobile pour voir surgir l'inattendu dans le buisson des verbes. Exprimer des idées sans les alourdir par son propre ego.   http://www.lequotidien-oran.com/?news=5225706

Plainte de Kamel Daoud contre le salafiste auteur de la fatwa  http://www.impact24.info/plainte-de-kamel-daoud-contre-sa...

Procès. Six mois requis (justice). Décision le 8 mars  http://www.lecourrierdelatlas.com/1097201032016Affaire-Da... 

« Haro sur un écrivain révolté », par Anne Hamidou, 23-02-16  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/23/kamel-da...  

Marianne, 01-03-16. Sur la troisième intervention de Fawzia Zouari (sur France Inter le 1er mars, après des chroniques de soutien à Kamel Daoud parues dans Jeune Afrique et Libération - liens posés ici (note du 21-02, l’une, du 27-02, l’autre) : http://www.marianne.net/kamel-daoud-est-victime-fatwa-lai...

Tribune de Manuel Valls : https://www.actualitte.com/article/tribunes/en-soutien-a-... 

Brice Couturier, France Culture. Texte et document audio http://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires/p...

André Comte-Sponville. Pourquoi philosopher quand… « N’aurait-on pas le droit d’être…? ». L'Express  http://www.lexpress.fr/actualite/societe/andre-comte-spon... Et... A. Comte-Sponville. "Le politiquement correct, l’islam et moi" http://www.causeur.fr/comte-sponville-islam-politiquement...

Note blog de Sébastien Fath, 01-03-16 (laïcité, protestantisme) : « Kamel Daoud, défaite du débat et misère de la sociologie française » : http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2016/03...

Réaction de la Licra (Pas vu d’autre intervention d’associations antiracistes pour l’instant): http://www.licra.org/quels-mots-face-aux-maux/ 

Communiqué signé par Cherifa Kheddar, Blida, Présidente de l’association " Djazairouna" des Familles Victimes du Terrorisme Islamiste, et Huguette Chomsky Magnis, Paris, Secrétaire générale du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme (MPCT). « Solidaires de Kamel Daoud, solidaires de toutes les femmes victimes de violences sexuelles, solidaires de toutes les victimes du terrorisme islamiste » : http://www.mpctasso.org/spip.php?article1484

De Vincent Bonnet, texte. "A propos de la tribune"...  http://www.nuitetjour.xyz/article-free/2016/3/2/a-propos-...

Texte de Myriam Ibn Arabi, publié par Virgil Brill https://blogs.mediapart.fr/virgil-brill/blog/220216/aux-o... 

Additif 9 mars 16. Réaction de Tahar Ben Jelloun  http://www.le360.ma/fr/blog/le-coup-de-gueule/affaire-kam... 

............... Mise à jour 04-03-16

Entretien avec Lydia Guirous, qui situe le contexte idéologique de la polémique…. Les faux débats  et les attaques s’inscrivent dans le cadre d’une lutte où le fondamentalisme trouve des complices. Lydia Guirous dénonce les pièges et dit les enjeux. « L’islamisme c’est le nazisme du XXIème siècle ». par Lydia Guirous, L’écho.be, 02-03-16. Citations : « Nous avons une gauche da­van­tage sou­cieuse d’évi­ter les ac­cu­sa­tions d’is­la­mo­pho­bie que de condam­ner le fa­na­tisme is­la­mique. C’est triste pour la France et c’est in­dé­cent pour toutes les vic­times. » (…) « Les ac­com­mo­de­ments rai­son­nables ont mené à l’échec de l’in­té­gra­tion. Quant au voile, il n’est rien d’autre que le sym­bole de la sou­mis­sion et de l’in­fé­rio­rité de la femme. Le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux est le ter­reau de la ra­di­ca­li­sa­tion. Or, par quoi passe le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux au­jour­d’hui? Par le pro­sé­ly­tisme. Et quels sont les ou­tils de ce pro­sé­ly­tisme? Ce sont les signes os­ten­ta­toires re­li­gieux: voile, burqa, niqab, etc. Ces at­tri­buts sont de­ve­nus le sym­bole du refus d’un mode de vie, de toute forme d’in­té­gra­tion. » (…) « On a fait preuve d’un aveu­gle­ment et d’un ro­man­tisme ef­frayant. L’is­la­misme, c’est le na­zisme du XXIe siècle. » https://m.lecho.be/economie_politique_europe_general/L_is...  

Les deux articles qui suivent illustrent ce que Lydia Guirous explique…

« Manuel Valls, merci pour Kamel Daoud. / Le Premier ministre a frappé fort. Plenel n’a pas apprécié », Causeur, 03-03-16. Dans cet article, Marc Cohen met en question le positionnement d’Edwy Plenel (symbolique d’un aveuglement) : http://www.causeur.fr/manuel-valls-kamel-daoud-edwy-plene... 

Mohamed Louizi, lui, va plus loin en pointant des liens qui lui semblent faire sens : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/110615/med...

27/02/2016

Pour Kamel Daoud. Sur un texte de soutien...

mms_img-2007196497.jpgIslamophobie?

« Quel islam pour quelle phobie ? L'islam de Médine ou l'islam de la Mecque ? L'islam soufi ou l'islam de Daech ? L'islam de Sayyid Qutb ou celui de Mahmoud Taha ? L'islam qui lapide ou l'islam d'Averroès ? L'islam de Mohammed Arkoun ou l'islam des ténèbres ? / N'a-t-on pas le droit de chercher à saisir la frontière qui sépare l'islam de l'islamisme, de comprendre comment l’islamisme se transforme en terrorisme ? »

Karim Akouche, chronique, Marianne, 26-02-16http://bit.ly/1T5aqvJ 

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Les 19 inquisiteurs (la tribune polémique…) osent parler "d'islamophobie" au sujet de Kamel Daoud, ce qui n'a pas de sens et démontre à quel point la notion est utilisée de manière perverse par des gens qui ont traversé la frontière qui sépare la lecture critique (droit que personne ne conteste, si c'est argumenté et fondé) du procès idéologico-religieux. Ils ont aussi traversé la frontière qui sépare le refus éthique de toute discrimination sur la base de l'ethnie ou de la foi et l'hystérisation fanatique de lois communautaires (interdiction de penser autrement que ce qu'exige de nous la norme des appartenances ethniques et religieuses, ou supposées religieuses). C'est poser un interdit sectaire, et refuser la liberté de conscience, droit humain s'il en est, dans la totale confusion. Ces gens devraient lire Amartya Sen…  

J'apprécie beaucoup le passage de l'article où Karim Akouche, en renvoyant un questionnement au sujet de ce soupçon diffamant "d'islamophobie", demande de quel Islam ils parlent. Car on ne peut certainement pas mettre sur le même plan, et derrière le même mot, l'islam lumineux des soufis (dont tous nous pouvons nous nourrir pour grandir en humanité), l'islam dit des Lumières, celui de la haute sagesse, d'une philosophie, d'une métaphysique rigoureuse, l'islam humble des croyants qui entrent une morale de vie, et l'islam de haine de criminels pouvant tuer une petite fille qui fuit, regardant son visage avec des yeux sans conscience... tuer (Toulouse). De criminels voulant débarrasser la terre de la musique, de la danse, des mots de la pensée.  Et ne pensant du corps que la violence (viol, meurtres, décapitations), des femmes que l'effacement et la domination. L'islam des sages et des méditants n'est pas celui des intégristes ou de leurs complices (ces gens qui préparent avec des anathèmes la route des assassins. Et qui le savent (ou sont fous). Non, Kamel Daoud n'est pas seul... La preuve, ces écrits (journalistes, écrivains, blogueurs) de gens qui signent des engagements de liberté. 

« Kamel Daoud ne hait pas les islamistes, il les combat », par Karim Akouche, Marianne, 26-02-16 : http://www.marianne.net/agora-kamel-daoud-ne-hait-pas-les... 

……... Mise à jour, 28-02-16, articles : 

« Kamel Daoud ou la défaite du débat », de Michel Guerrin , Le Monde, 26-02-16. Soutien de K.D., car la défaite n'est pas la sienne. (Et citation de Hugues Lagrange, joint en Inde, et qui soutient Kamel Daoud)  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/26/kamel-daou... 

« Sexe, islam, et polémiques », de Caroline Hayek, 22-02-16. L’Orient-Le-Jourhttps://www.lorientlejour.com/article/971657/sexe-islam-e... 

« La double fatwa », par Michel Onfray (le début, seul en ligne), Le Point, 24-02-16. Pour le titre, très juste, et quelques lignes  http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/mi...

Soutien. "Au-delà du relativisme culturel. pour une défense et illustration de la pensée critique". Par Amira Bouraoui et Maya Boutaghou, 28-02-16 . « …Montrer que notre liberté d’expression et notre esprit critique sont les seules réponses à une forme d’aveuglement bien pensant. »: http://www.chouf-chouf.com/chroniques/au-dela-du-relativi...

« Au nom de Kamel Daoud », par Fawzia Zouari (auteur du livre « Je ne suis pas Diam’s », Stock, ouvrage qui parle d’islam, de féminisme et de laïcité, à partir de sa propre expérience de musulmane laïque et d’une grande culture). Elle donne totalement raison à Kamel Daoud, en rappelant des réalités, en opposant la lucidité à l’aveuglement et aux complaisances. Libération, 28-02-16  http://www.liberation.fr/debats/2016/02/28/au-nom-de-kame... (Citations : « Oui, le concept de ‘oumma' recouvre l’adhésion à des certitudes dogmatiques aujourd’hui plus que jamais attestées sous le voile et le qamis. » (…) « Oui, les intégristes sont dans la culture de la mort. » (…) «Les signataires de la tribune appellent à un «débat apaisé et approfondi». Cela veut dire quoi, au juste ? Qu’on occulte ce qui ne va pas dans nos sociétés ? » (…) « Il existe, en France, une élite de gauche qui entend fixer les critères de la bonne analyse et qui veut faire de nous les otages d’un contexte français traumatisé par la peur de l’accusation d’islamophobie. » (…) « La même élite qui s’essaie à l’exégèse coranique et cherche la bénédiction de religieux devenus ses principaux interlocuteurs, aux dépens des musulmans laïques réfractaires au rôle de victime. » / « Cette tendance à dicter aux intellectuels arabes ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire sur leurs sociétés confine au néocolonialisme » (…) « Or c’est d’un nouveau discours que nous avons besoin de la part de la gauche. » Nous sommes de plus en plus nombreux dans le monde arabo-musulman et ailleurs à penser que le salut de l’islam comprend et exige la relecture de l’islam. » (…) « Et si certains veulent se constituer en brigade anti-islamophobe, assimilant toute critique de l’islam à un sentiment de peur ou de haine, nous estimons que notre rôle à nous est d’éveiller les consciences sur le poids de nos tabous spécifiques et les maux de nos sociétés en attente de liberté. » (…) « Sachez que des Kamel Daoud, il en naît tous les jours de l’autre côté de la Méditerranée. Et c’est là un signe de bonne santé. » (« En cela, et contrairement à ce que vous pensez, ils ne sortent pas de leur monde ni ne souffrent de déni d’identité. Bien au contraire. Ils s’inscrivent dans une autre tradition de l’islam, celle des poètes rebelles et des penseurs du doute… »)

« Kamel Daoud dérange le confortable angélisme sur l’islam », Marianne, 25-02-16. Abdallah Soidri rappelle le contenu de la tribune de Fawzia Zouari parue dans Jeune Afrique et le contexte de sa réponse aux attaques contre Kamel Daoud. (La page comporte plusieurs liens) http://www.marianne.net/fawzia-zouari-kamel-daoud-derange...

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Autres notes : tag Kamel Daoud

 

21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

kamel daoud,daoud,chroniques algériennes,algérie,journalisme,idéologie,islamisme,islamistes,salafistes,islamophobie,intégristes,intégrisme,laïcité,religions,islam,musulmans,identité,peurs,politique,imaginaire,haine,autre,frères musulmans,liberté,pensée,critique,presse,inquisitionJ’ai lu la chronique d’Aziz Benyahia (Algérie-Focus, 19-02-16 : http://www.algerie-focus.com/2016/02/135541/ ), publiée aussi sur la page Facebook « Chroniques algériennes » sous le même titre  « Notre soutien sans faille avec Kamel Daoud »… (J’ai  posé ma réaction en commentaire sur la page FB).  Voici ce que j’ai écrit : 

Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

Lire « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix et des objectifs. Blog. http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e...

J’ajoute ci-dessous six liens, et des citations. Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). : http://www.letempsdz.com/index.php/175478-le-romancier-et... (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

......

MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali. Synthèse remarquable :   http://www.elwatan.com/actualite/les-nouveaux-procureurs-... (Citations : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Polémiques destructrices causées par des censeurs...

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Que ce soit dans Le Quotidien d'Oran (cf. illustration), ou que ce soit sur d'autres supports, on lit... pour plus de lucidité, pour un miroir qui nous renvoie des questions souvent douloureuses. Pour plus d'être. Voir ici ses chroniques reprises sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

 .

Choquée en lisant dans Le Monde une tribune hostile (agressive, violente, fermée), et attristée en lisant sa réaction, car on y lisait la lassitude de l’auteur devant l’incompréhension malveillante, j’ai posé un commentaire au post publié, m’adressant à lui, comme d’autres internautes, lecteurs. Puis j’ai repris ce commentaire, tel que, en le modifiant à peine, juste en l’adaptant aux destinataires. (mediateur@lemonde.fr et courrier-des-lecteurs@lemonde.fr). Faire passer le message au journal. J’ai précisé que j’en faisais une copie sur mon blog. 

Et c’est ceci : « Tristesse, immense, en lisant la tribune contre Kamel Daoud (sans aucun commentaire du Monde, qui n’aurait pas dû publier cela…). Et tristesse immense en lisant la chronique de Kamel Daoud, où la lassitude est telle devant toutes ces attaques que celui qui a été primé meilleur journaliste (mais est aussi la cible d’une menace de mort)  serait prêt à tout arrêter. On a tous besoin de grandes consciences. Et il en est une, majeure. Il est un des grands esprits algériens, qui fait honneur à la fois à ce pays, à la francophonie, et à l'humanité libre de penser. Ceux qui ont signé cette abjecte tribune (qui se disent intellectuels, affichant leurs titres, mais qui apparemment ne savent pas lire puisqu'ils n'ont rien compris) sont les complices objectifs des intégristes. (Et le Monde avec eux, en leu donnant cet espace). C’est grave d’'avoir accepté de publier cette infamie signée à plusieurs. Nous sommes dans une période où les aveugles et les complaisants règnent. Nous devons tous nous dresser, chacun comme il le peut, contre l'obscurantisme (et tous ses visages) : écrivains, blogueurs, poètes, artistes. En signant. ll y a bien plus de gens qui le lisent et le soutiennent que de gens comme ces auteurs d'une lâche tribune, ces infirmes de la pensée. Ils ont fait une faute grave. "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle" a écrit Lautréamont. La leur ne sera lavée par rien, sauf par l'aveu de leur ignorance et de leur faillite idéologique. Et celle du Monde? »

….

Donc, je reprends ici les textes de Kamel Daoud. Et deux réactions (de deux femmes) qui s’opposent aux censeurs « bien-pensants »… 

La chronique de Kamel Daoud, suite aux attaques ignobles (tribune parue dans Le Monde, après la sienne, et déformant le sens de ce qu’il disait). « Lettre à un ami étranger » : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224963  

CITATION : « J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie. /  Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses. / D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. » Suite sur la page du journal…

La chronique précédente qui a déclenché les foudres des censeurs autosatisfaits. Kamel Daoud montrait le double jeu de renvois fantasmatiques, pour démonter les pièges idéologiques, tout en affrontant les questions, refusant le déni de réalité  (des uns) et les projections racistes (des autres). « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 31-01-16  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li... 

Il a publié aussi une réflexion sur la sexualité et le rapport aux femmes, NYTimes, 14-02-16, « La misère sexuelle du monde arabe ». (Refuser les tabous, regarder en face les situations, causes et conséquences). Texte en français : http://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-miser... 

Un autre texte de Kamel Daoud me semble important, dans ce débat. Car c’est bien la question du sujet de la conscience qui est en jeu ici. On veut enfermer l’auteur dans des silences exigés par le « nous », la communauté, l’appartenance figée, et lui interdire la pensée du « je ». (Alors que, comme l’inscrit la blogueuse en exergue, nous sommes pluriels, et que comme l’analysent Amin Maalouf et Amartya Sen dans leurs livres, nos identités ramenées à des singularités obligatoires sont des prisons.)

Ce texte est celui-ci : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224664 (Citations : « Le crime est celui d'avoir donné de l'encre à la voix ou d'avoir écrit ce que chacun dit. Le crime est la dénonciation de l'entre-nous, la transgression du murmure clandestin de sa propre culture. Le crime est la voix et le porte-voix. /  Et cela vous use. /Sous l'inquisition d'un Occident en pleine errance d'âme, qui essaye de trouver en vous le chamane de ses angoisses, le témoin de ses convictions peureuses et la preuve de ses théories sur l'Autre. / Sous l'inquisition des siens qui vous lapident pour votre singularité, ne comprennent pas le ‘je’  dans l'étable du ‘nous’ dominant, ne s'expliquent pas votre vision sauf sous l'angle de l'alimentaire, ne peuvent voir plus loin que la théorie du complot et la salive de l'âge d'or mort et enterré. / Piégé, sommé, obligé, repoussé, brûlé, incompris et soupçonné ou trop coloré et aromatisé comme un exotisme trop convenant. / Texte tarifé ou sommation du groupe. » (…) « C'est alors que l'épuisement guette la clairvoyance. ».

Et j'ajoute ce lien, sa réflexion sur les fascismes, entretien, dans Le Devoir  http://www.ledevoir.com/culture/livres/456378/tous-les-fa... 

...

La chronique sur Cologne a donc déclenché l’hostilité de gens se déclarant anthropologues, historiens, sociologues (cela ne donne pas une bonne idée de ce que peuvent être ces sciences humaines dans les mains de tels signataires…). Leur texte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantas... (MISE à JOUR, 23-02-16. Mais QUI sont-ils vraiment? Lire cette note qui révèle la véritable identité idéologique des signataires en question. "Dis-moi d'où tu écris" : http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e... ...Et celle-ci : http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. ») 

Voici une réaction à cette tribune hostile à Kamel Daoud. Par une juriste, Soraya Addi, qui insiste aussi sur le ridicule d’un chroniqueur condescendant qui s’exprime dans Algérie-Focus, pour défendre, en fait, la loi du silence et critiquer Kamel Daoud). Nouvel Obs, LePlus: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482058-kamel-da...  (CITATION / « Que l'on soit d'accord ou non avec les articles "Cologne : lieu de fantasmes" et "La misère sexuelle du monde arabe", on ne peut nier que Kamel Daoud a permis, dans un éclat international, d'ouvrir le débat sur un sujet enfermé dans un silence de plomb et qui ne pouvait être abordé qu'à l’extérieur du monde musulman mais qui, grâce à sa traduction en arabe par le "New York Times", atteindra le premier public concerné. Car il est nécessaire que les sociétés musulmanes modérées prennent conscience du profond malaise que génère le tabou du sexe afin de combattre les clichés dévastateurs propagés par les islamistes. Et ni la peur de l’islamophobie occidentale, ni la honte du regard extérieur posé sur les souffrances du monde arabe ne devraient être des obstacles à ce combat. ») 

Une autre réaction, une femme encore, une blogueuse qui met en exergue de son blog ses identités plurielles : « La dangereuse guerre du silence faite à Kamel Daoud sur la terre de la liberté d’expression » : https://journaldunebougnouleeclairee.wordpress.com/2016/0...  (CITATIONS :  « Chers Mesdames et Messieurs les anthropologues, historiens et sociologues bien-pensants, permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous avez tort. En tant que femme, musulmane, française de naissance, algérienne ayant vécu une décennie en Algérie, permettez-moi de vous dire que vous avez tort. L’islamophobie que vous devriez combattre n’est pas celle de Kamel Daoud mais la vôtre. En effet dans son premier texte, comme dans le second publié par le New York Times « The sexual misery of the Arab World », M. Daoud ne blâme pas l’Islam pour le rapport malsain des musulmans au sexe, mais l’Islamisme. Or dans votre lecture hâtive vous avez fini par assimiler ces deux très différentes notions, et c’est cela l’Islamophobie. » (…) « La France est un pays qui n’aime pas les tabous, et pourtant ici comme ailleurs, il y a culturellement des choses qui se ne disent pas. Or dire que le monde musulman a un rapport malsain au sexe n’a rien de choquant, certaines femmes sont cachées sous des draps sombres, il n’y a pas de preuve plus criante que cela. C’est un appel nécessaire qui aspire à un changement aujourd’hui vital. »)

 

06/02/2016

LAÏCITÉ... sans adjectifs, mais en débat.

Débat houleux, ces derniers temps. Et faits inquiétants, parallèlement.

Cela rend nécessaire le retour sur des articles récents (polémiques, heurts, malentendus ou hypocrisies) et sur des textes récents et plus anciens, qui donnent des outils pour la  réflexion.

Le débat oppose la ligne de Jean Glavany, par exemple, d’un côté, et de Jean-Louis Bianco (qui, en arrivant à la direction de L’Observatoire de la laïcité, disait qu’il n’y avait pas en France de problème de laïcité…). Le Parisien publiait le 23-01-16 un entretien avec chacun d’eux. On pourra lire l’introduction, qui résume un peu la problématique : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-laicite-e... ((Jean Glavany rappelait cette déclaration de JL Bianco, en réfutant sa véracité, et refusait aussi le fait qu’on ajoute à la notion de laïcité des adjectifs qui la réduisent. « A chaque fois que l’on accole un adjectif au mot de « laïcité » c’est que, en fait, on la combat. » (…) « Je ne connais pas plus de laïcité pure et dure que de laïcité impure et molle. Je connais la laïcité tout court. Ceux qui se disent laïques et qui stigmatisent une religion, quelle qu’elle soit, ne sont pas des laïques. C’est tout. La laïcité n’est pas antireligieuse : elle a fait la paix avec les religions et combat les intégrismes. »—-  Jean-Louis Bianco, lui, réfutait les critiques qu’on adresse à l’Observatoire de la laïcité, considérant qu’il manifeste un recul de l’exigence laïque et des complaisances devant les dérives intégristes. Il rappelait, pour répondre à cela, l’arsenal juridique et les publications de l’Observatoire… Mais s’il reconnaissait des tensions dans les hôpitaux il ne mentionnait pas les faits dérangeants signalés par des travailleurs (cf., à la RATP, des chauffeurs refusant de s’asseoir sur un siège occupé précédemment par une femme, ou, ailleurs, des hommes refusant de serrer les mains d’une femme… comme on l’a vu récemment avec le comportement d’un responsable associatif - de BarakaCity - dans une émission de télévision). Il disait trouver la polémique sur le mot ‘islamophobie’ inutile (sans préciser dans quel sens : car on peut considérer le concept nécessaire pour dénoncer paroles ou faits contre les musulmans en général, ou y voir au contraire une manière de refuser toute critique rationnelle de l’islam, comme on peut faire une critique rationnelle de toute religion ou croyance, même athée…). Il notait que « Certains, notamment à l’extrême droite, instrumentalisent le principe de laïcité pour en faire une arme antimusulmans. » 

Les raisons du malaise des laïques au sujet de l’Observatoire de la laïcité sont analysées dans la tribune de Caroline Fourest dans Le Monde du 21-01-16 (lecture partielle en ligne). Gêne, est-il rappelé, quand on voit des signataires s’associer - dans un appel d’union - au rappeur Médine qui chante « crucifions les laïcards » (les laïcards étant les laïques pour les intégristes). Malaise, aussi, quand on voit Nicolas Cadène, le numéro 2 de l’Observatoire, participer à la campagne du CCIF contre Elisabeth Badinter - qui n’a jamais fait l’apologie de la haine des musulmans, elle qui a toute sa vie lutté contre tout racisme, mais qui a simplement dit qu’il fallait être capable de défendre la laïcité « sans avoir peur d’être traité d’islamophobe »… ce qui est très différent : cela signifie qu’il ne faut pas tomber dans le piège de ceux qui voient de l’islamophobie partout, dès qu’on refuse l’intégrisme ou les dérives idéologiques au nom de la religion. Lien :  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/21/pourquoi-j... 

Marianne (que JL Bianco n’apprécie pas) a rappelé le contenu de ces attaques déformant la parole d’Elisabeth Badinter http://www.marianne.net/elisabeth-badinter-mauvaise-consc...

Dans cet entretien de PhiloMag avec Elisabeth Badinter, la question du rapport au féminin est abordée d’abord, son itinéraire intellectuel, des thèses diverses, puis vient la question sur la laïcité et l’entretien développe alors des thèmes qui lui sont associés (« Il y a une terrible pression du fanatisme dans nombre de banlieues. Je m’y rends régulièrement. ») : « Elisabeth Badinter : ‘Résister à la pression du fanatisme’ » :  http://www.philomag.com/les-idees/entretiens/elisabeth-ba...

Le conflit sur la laïcitéPrécisions au sujet d’une pétition (JL Bianco), ProChoixhttp://www.prochoix.org/wordpress/?p=758

Du côté du judaïsme, voici une parole de sagesse, paisible et claire : Delphine Horvilleur, rabbin libéral, sur religion et laïcité (kippa etc.) : http://www.cclj.be/node/8971

Dans une revue d’anthropologie algérienne on trouve cette réflexion, par Mohammad Abid Al-Jâbirî (ample) sur la notion de laïcité en relation avec la pensée en islam. (Mais elle ne concerne que les pays musulmans, ne peut s’appliquer à notre société et à nos structures - cependant c’est éclairant sur le rapport au terme 'laïcité', en fonction des réalités liées à l’islam qui n’a pas d’Eglise à séparer de l’Etat, mais des autorités religieuses qui interfèrent sur les droits sociaux et la pensée…) : http://insaniyat.revues.org/7974 

Plus adapté à notre réalité est cette tribune parue fin 2014 mais toujours valable. Défense argumentée de la laïcité par un penseur de culture musulmane, Al Quds Al-Arabi http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/13/l... (Alors que j’ai vu une tribune parue sur Saphirnews - et dont je n’ai aucune envie de mettre le lien, pas de pub pour ça ici - d’un universitaire non musulman, qui relie laïcité et ‘islamophobie’, comme si la laïcité était une arme de haine. D’un côté des musulmans laïques - mais qui peuvent être croyants - et d’un autre des ennemis de la laïcité, par pure complaisance, ou ce qu’on appelle « idiots utiles de l’islamisme ». Car il ne faut pas confondre musulmans et islamistes, que ces esprits hostiles à la laïcité confondent, eux, croyant défendre les musulmans dans leur ensemble en défendant les intégristes, et en calquant sur eux leur refus de la laïcité.)

A lire aussi cet entretien avec un imam de banlieue, Mohamed Bajrafil (à Ivry-sur-Seine) originaire des Comores, Le Monde des Religions - dont une question pose problème par l’emploi du mot « laïcards » sans que soit fait un quelconque lien avec des positions extrêmes de laïques (athées militants?). Mais les réponses de l’imam sont éclairantes et assez nuancées : http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/mohamed-bajra... 

Judaïsme et laïcité. Etude de Gérard Fellous (intègre des éléments historiques, une analyse des faits sociaux et religieux), 2014 : http://gerardfellous.com/la-laicite-francaise-lattachemen... 

Trois conceptions juives de la laïcité. Entretiens qui datent de 2003, mais sont fort intéressants et restent très actuels : Philippe Haddad, rabbin (qui met l’accent sur l’acceptation du pacte républicain, mais associe laïcité et rupture avec la croyance - ce qui n’est pas la réalité de tous les laïques, certains étant incroyants d’autres pouvant même être des mystiques, mais c’est sa perception…)—— Philippe Lazar, Président du Cercle Gaston-Crémieux (qui se réfère à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, mais élargit cela à une évolution vers une culture diasporique où la culture de tous enrichit chacun, où l’appartenance culturelle ne s’oppose pas au respect laïc de la diversité partagée). Et David Susskind, cofondateur du Centre communautaire laïc  juif de Bruxelles (La réalité de la guerre et de la Shoah a modifié son regard sur la foi, mais donné une autre dimension au fait d’être Juif. Maintenir la culture et l’étude des textes, reconnaître la judéité en celui qui se considère Juif, même s’il est incroyant. Transmission d’une culture et d’un humanisme nourri des textes du judaïsme. Au-delà du religieux.) : http://www.claudefaber.net/presse/juif-laic.html 

Un dialogue sur christianisme, islam et laïcité, Abdennour Bidar et Fabrice Hadjadj (tout n’est pas lisible mais le début, avec des remarques à retenir, et suivent des liens vers des articles complémentaires), Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/06/05/31003-20150... 

Le protestantisme a vu dans les lois laïques une chance de liberté, pas une menace. texte de Janine Kohler, qui fait une synthèse claire, 1989. A lire avec la pensée des faits actuels… Mise en valeur de la notion de liberté de conscience. (… « Les idées laïques rencontraient les valeurs protestantes, notamment en ce qui concerne l'importance donnée à l'individu, à sa liberté de conscience, à son esprit critique. Pour la laïcité, comme pour le protestantisme, le but de l'éducation est de former un individu autonome, capable de faire seul ses choix et d'exercer sa raison. » (…) « Nous vivons une laïcité qui n'est pas un obstacle à la spiritualité. Nous croyons que la religion peut être facteur d'identité, sans être instrument de guerre ou d'agressivité. Seul l'appauvrissement culturel favorise l'intolérance. La laïcité nous apparaît comme un gage de démocratie. Pour les protestants cette notion reste liée à l'histoire de leurs libertés. Elle affirme que chacun, quelle que soit son origine sociale, ethnique, spirituelle, a sa place dans la communauté des hommes. » : http://www.protestants.org/?id=2027

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Mise à jour, quelques heures après, et quelques articles lus depuis… Communautarisme contre toute ‘parole dissidente’ (article du Monde) et contre les valeurs laïques…

Amine El Khatmi a subi un lynchage virtuel pour avoir affirmé une exigence républicaine, en musulman croyant et pratiquant, élu PS, qui avait été choqué, en regardant une émission, par l’agressivité grossière d’une femme ‘au discours communautarisme militant’ (Le Monde)...

Le Figaro présente les faits, les relie, donne des liens complémentaires  http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/29/31003-20160... 

Le Monde fait, au sujet d'Amine El Khatmi, une analyse approfondie du phénomène des réseaux ciblant des personnes dans l’univers de Twitter ou Facebook. (Tout n’est pas lisible, dommage car les lenteurs du PS - qui ne réagit que tard et peu - sont présentées  précisément, ce qui montre bien cette difficulté idéologique du PS à penser la laïcité, et cette frilosité inquiétante d’un parti à s’interroger sur le lien entre le religieux et le politique) : http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/02/06/le-col... 

Marianne le soutient : http://www.marianne.net/amine-el-khatmi-resistant-laicite... 

 Gilles Clavreul, attaques contre lui, aussi, et regard, ici, sur ses positions réelles, Le Figaro  http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/12/17/31003-20151... 

Il faudra lire le livre de Jean Birnbaum, « Un silence religieux. La gauche face au djihadisme » (Seuil). Car l’intégrisme fait le lit du djihadisme et ceux qui l’affrontent, musulmans critiques principalement, sont sacrifiés sur l’autel de la complaisance lâche. Ce qui libère un espace d'expression (de propagande) tant pour les fondamentalistes que pour l'extrême droite, son instrumentalisation mensongère de la laïcité.

Un exemple de difficulté (choix faits en fonction d'une conception "ouverte" de la laïcité, avec adjectif donc)... Accommodements problématiques et flou (de l’ODL, Observatoire de la laïcité ) sur la notion de  prosélytisme : où commence-t-il, ou pas?  http://www.ufal.org/laicite/laicite-a-lhopital-public-de-...

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RESSOURCES pour la LAÏCITÉ. SITES associatifs, BLOGS...et leurs liens (+ livres, dossiers, revues, textes, bibliographie, citation...).

CLR. Comité Laïcité République (avec, notamment, une bonne revue de presse bien actualisée) : http://www.laicite-republique.org/#&panel1-2 

LaïcArt.orghttp://laicart.org 

Obs. islam radical. IKHWANhttp://www.ikhwan.whoswho 

UFALhttp://www.ufal.org 

ProChoix. Veille/intégrismes : http://www.prochoix.org/wordpress/

FCI. Femmes contre les intégrismeshttp://www.fci-asso.org

CCLJ. Juifs laïques : http://www.cclj.be 

RAJEL. Judaïsme laïquehttp://www.rajel.eu 

Daniel Horowitz, « La Laïcité à la juive » https://blogs.mediapart.fr/daniel-horowitz/blog/150612/la... 

ISLAM laïque, blog : http://islamlaique.canalblog.com 

IQBAL. Pensée critique/créatrice en islamhttp://iqbal.hypotheses.org 

NSAE. Chrétiens laïques, réseau : http://nsae.fr 

BLOG (laïcité, protestantisme évangélique). Sébastien Fath http://www.laicite-republique.org/#&panel1-2 

Regard protestant sur la laïcité. Oratoire du Louvre http://blog.oratoiredulouvre.fr/2014/06/un-regard-protest...

Réponse à un message hostile, sur l’islam laïque. Par Michel Hilal Renard (et réfs. livres)  http://islamlaique.canalblog.com/archives/2014/07/03/3019...

Juifs, Français, Laïcs. Analysehttp://www.revues-plurielles.org/_uploads/pdf/9_6_7.pdf

Voir aussi les BLOGS de Leïla Babès, Jacques Benillouche, Caroline Fourest, Mohamed Louizi (2 blogs), Nadia Geerts, Daniel Horowitz… Etc. Pour diverses notes. Et des sites personnels, comme celui de Chahla Chafiq (ses livres, articles, interventions), ou les billets de Sérénade Chafik, sur HuffingtonPost... (LISTE "Laïcité", marge droite).

Et consulter le site de Religions pour la paix (voir les conférences prévues, l’appel 2014 des 110, signable au-delà, et les éditoriaux de Ghaleb Bencheikh). Options de dialogue, dans le sens d’une citoyenneté laïque : http://www.religionspourlapaix.org

Cahiers de l'islam, REVUE. Philo/religion http://www.lescahiersdelislam.fr 

Revue ÉTUDES. DOSSIER LAÏCITÉhttps://www.revue-etudes.com/archive/report/index.php?cod...

DOSSIER de l’Agora :http://agora.qc.ca/dossiers/Laicite

PHILO MAG. DOSSIER. Contre le fanatisme (doute et raison…) http://www.philomag.com/les-idees/dossiers/guide-dautodef...

PHILO. Point de vue d'un philosophe égyptien, Mourad Wahba. "Pas de démocratie sans laïcité"  http://www.memri.fr/2016/02/12/le-philosophe-egyptien-mou... 

Presse :FRÈRES musulmans et BELGIQUE otage : http://laicite-revue-de-presse.fr/?p=4176  ET... VOILEhttp://laicite-revue-de-presse.fr/?p=7130

Laïcité. Fondements juridiques  http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000095-l...

Manifeste (« Pour une spiritualité laïque et universelle ») : http://www.unisson06.org/manifeste_unisson.htm

CITATION : « La laïcité constitue le cadre qui rend possible la manifestation de la diversité sans morcellement communautariste de l'espace civique, préservé à la fois comme fondement de paix et comme horizon d’universalité. » Henri Pena-Ruiz, phrase en exergue sur le site unisson06.org (Spiritualité laïque).

Fractures, deux conceptions de la laïcité. « Pour le sociologue Philippe d'Iribarne, la notion de «laïcité ouverte» est spécieuse et équivaut à une démission de l'État face aux islamistes. » : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/08/31003-20160... 

ENTRETIEN.Rachid Ahrab. « Laïcité, islam, intégration... On est dans la dictature de l’urgence » http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160126.OBS3425/l... 

ENTRETIEN. Sérénade Chafik. « Femmes et islam. A qui appartient le corps des femmes?» http://yaelmellul.livehost.fr/2015/12/23/femmes-et-islam-...

LIVRE. La marque du sacré, JP Dupuy : http://www.carnetsnord.fr/titre/la-marque-du-sacre 

LIVRE. Dialogue, trois regards (dont place des religions dans Etat laïc), « Les Enfants d’Abraham » http://www.fraternite-dabraham.com/les-enfants-dabraham-u...

LIVRE. « En finir avec la tolérance? Différences religieuses et rêve andalou », d’Adrien Candiard, éd. PUF, 2014. Excellente recension, par Bertrand Wallon, sur ‘Chrétiens de la Méditerranée’ : http://bit.ly/1VZhF6f  

LIVRE. Islam et laïcité : http://www.memoire-mediterranee.com/index.php?p=phom&...

LIVRE. « Femmes sous le voile face à la loi islamique », de Chahla Chafiq et Farhad Khosrokhavar, éd. Le Félin, 1995 : http://bit.ly/1oYQ7De 

LIVRE, synthèse… « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zouari , éd. Stock, sept. 2015 : http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

TEXTE, Jean Jaurès, « La laïcité par légitime défense » : http://www.jaures.eu/ressources/de_jaures/la-laicite-par-...  (Voir aussi à TEXTES et DOCS, liste "Laïcité", marge droite)

BIBLIOGRAPHIE (ample) : http://www.cairn.info/histoire-de-la-laicite-en-france--9... 

TEXTES de référence et vocabulaire : http://www.institut-jacquescartier.fr/2010/10/la-laicite-...   ET… http://abo.marianne.net/hors-series/hs-les-textes-laicite...

Et…documents, ODL.gouv : http://www.gouvernement.fr/documents-de-l-observatoire-de...

05/02/2016

Fondamentalisme, courage, et complaisances...

Si Mohamed Louizi n’avait pas révélé ce qui se préparait à Lille pour le 7 février, on aurait peut-être (ou sans doute?) laissé s’exprimer en France des prédicateurs haineux, qui appellent au meurtre, affichent antisémitisme, homophobie, sexisme, sympathie pour le Jihad. Les réactions qui ont suivi ont permis de faire écarter les intervenants les plus dangereux, les plus évidemment radicaux. Simplement en prévenant que des déclarations inacceptables entraîneraient des poursuites… 

Cependant l’UOIF considère que cela est abusif, y voyant une ‘polémique’ non fondée… Et un site comme Saphirnews publie l’information en allant plutôt dans le sens de cette organisation… en la citant sans nuances.

Cela révèle, plus que n’importe quoi d’autre, l’idéologie globale de l’UOIF. Quand on considère normal d’inviter de tels personnages cela signifie qu’on accorde de l’importance à leur parole, qu’on la cautionne. D’ailleurs, parmi les invités, quelqu’un comme Tariq Ramadan est vu par ceux qui suivent ses interventions dans divers lieux comme un porteur de parole au double langage : une face lisse et des déclarations plus douteuses.

Cela révèle aussi la fragilité de nos démocraties, qui par la liberté même qu’elles permettent, ouvrent des failles utilisées par des propagandistes qui veulent les détruire. La réponse ne peut être le renoncement à ces libertés, mais une vigilance accentuée. 

Enfin, on peut mesurer, à cette occasion comme en d’autres cas, la complaisance complice de ceux qui se réfugient dans le silence, cf. Médiapart (ou une neutralité qui s'en approche, ailleurs), refusant de dénoncer ou condamner, ou ceux qui, même, iront jusqu’à épouser les arguments des intégristes. 

Cela au moment où le débat sur la laïcité s’accentue… 

A lire…. 

La note de Mohamed Louizi sur son blog Médiapart. C’est lui qui a alerté  https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/250116/7-f... (Introduction : « Le 7 février 2016, l’UOIF invite des personnalités sulfureuses, issues de la frérosphère internationale pour parler du thème des : "Jeunes Musulmans". Des personnalités invitées se distinguent par des propos et fatwas sectaires, takfiristes, jihadistes, homophobes et antisémites. Certains invités, en tête d’affiche, avaient appelé au jihad armé en Syrie. Décryptage et alerte citoyenne … »). Suite sur la page… 

Voir ce que dit, sur le 7 février, ce site, Ikhwan (auquel Mohamed Louizi participe, avec d’autres contributeurs)  Sous pression, l’UOIF renonce à ses invités les plus extrémistes… http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9782 (Citation : « C’est une victoire. Suite à l’alerte lancée par Mohamed Louizi sur ce site, de nombreuses voix, à gauche et à droite, se sont élevées contre la venue de prédicateurs connus pour leur apologie du terrorisme, à l’invitation (habituelle) de l’UOIF. La Rencontre Annuelle des Musulmans du Nord (tendance Frères musulmans) doit se tenir ce week-end à Lille sous la houlette d'Amar Lasfar. Or plusieurs des conférenciers annoncés  tiennent des propos invitant à tuer les Apostats, les Juifs, les Homosexuels ou incitent au Jihad armé. Ce qui ne relève donc pas de la liberté d'expression, mais de l'apologie du terrorisme et de l'incitation à la haine. » Suite sur la page…

Article très clair, metronews.fr. Sur les prédicateurs plus que problématiques : http://www.metronews.fr/info/rassemblement-de-l-uoif-a-li...

Marianne, sur l’identité idéologique des invités déprogrammés  http://www.marianne.net/uoif-comment-inviter-predicateurs... 

Le Figaro, sur ce qu’on sait de l’UOIF : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/28/31003-20160... (Citation : « L’UOIF - Union des organisations islamiques de France, forte de plus de 250 associations et d'une soixantaine de grandes mosquées - est la très officielle fédération des Frères musulmans en France. Et la tendance qui s'affirme en son sein n'est pas à une réforme en phase avec les valeurs de notre République, mais affiche au contraire le courant le plus belliqueux de cette idéologie. »)

Un entretien, FigaroVox. Mohamed Louizi explique la matrice idéologique des Frères musulmans, et en quoi l’UOIF appartient à cette mouvance : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/05/31003-20160... 

20/01/2016

Deux fois le féminin pour interroger le rapport au religieux et à la société...

Les communautés qui affrontent le plus d’hostilité actuellement sont les Juifs et les Musulmans, en France. L’antisémitisme a des effets plus dramatiques car il entraîne l’adhésion à des idéologies meurtrières, mais les agressions contre les musulmans ont triplé, d'après les dernières statistiques. Cependant, malgré cela, les actes antisémites sont deux fois plus nombreux, 806 dénombrés en 2015, pour 400 actes antimusulmans (actes dont le nombre est contesté par certains* quand des associations spécifiques intègrent à cela des réactions à des pratiques discutables ou à des discours de haine : expulsions d'imams qui se mettent hors la loi). Les uns et les autres subissent des stigmatisations d’une sorte ou d’une autre. Cela interroge le rapport des individus à l’idéologie, et à la religion, quand elle devient soit le prétexte à se faire haïr ou tuer soit le prétexte pour haïr et tuer. Poser les bonnes questions et trouver des éléments de réponse, cela dépasse de loin le seul débat intellectuel mais devient une question de survie. « Sauver » est le terme qu’utilisent les mères de la Brigade des mères. Résoudre les conflits, y compris celui qui oppose Israéliens et Palestiniens et entraîne souffrances et morts, c’est un des thèmes de la réflexion de Delphine Horvilleur, qui rappelle l’assassinat de Yitzhak Rabin.

* (cf. une tribune d'Eric Conan, dans Marianne du 15 au 21 janvier, qui traite de la laïcité et de la polémique déclenchée par un interview d'Elisabeth Badinter, qui posait la question de la nécessité de pouvoir critiquer toutes les religions, islam compris - alors que le mot "islamophobie" est souvent utilisé pour faire barrage à tout questionnement...)

Voilà ce qu’écrivent en tête de leur site des femmes musulmanes, antiracistes, et désireuses de sortir des pièges de la victimisation ou de la radicalisation : « Nous sommes toutes Mères et françaises. Nous allons lancer des ponts de la connaissance entre les banlieues et les centres villes, entre Paris et Sevran, et créer l’Ecole de la République des Mères. Nous voulons que les lois de la République soient appliquées pour sauver les Mères et les enfants. Nous sommes contre la Radicalisation, l’Islamophobie, L’Antisémitisme, la Victimisation, le clientélisme. C’est terminé. » Nadia Remadna : http://www.brigadedesmeres.org ((Pour ma part je préfère parler de haine des musulmans, ce qui rejoint une forme de racisme, que d'islamophobie, ce terme d' "islamophobie" restant controversé car au spectre trop large et à la définition floue : qu'entend-on vraiment par cela? Si c'est le questionnement de l'idéologie associée à une certaine vision de la religion, ce questionnement est légitime et nécessaire. Si c'est le refus d'accepter la foi des croyants, et par extension ces croyants, c'est problématique. Dans quel cadre peut-on faire entrer la critique de l'islam radical, politique? Dans quel cadre peut-on faire entrer un regard critique sur le fondamentalisme? L'antisémitisme, par exemple, ne recouvre pas la critique qu'on peut faire des postures intégristes de certains courants juifs (et que les Juifs laïques font eux-mêmes) : il recouvre clairement la haine des Juifs en tant que Juifs. La Brigade des mères entend certainement par islamophobe la haine des musulmans en tant que tels...))

Delphine Horvilleur, elle, rabbin libéral, parle du féminin, du « va-et-vient entre le texte et l’humain », qui est central dans la pratique religieuse, et elle évoque les positions conservatrices, en France, des instances religieuses (et des mentalités) en général. Elle invite ainsi à un questionnement intime et social, en relation avec l’actualité et la résolution des conflits. Car « l’altérité est au coeur du conflit ». Elle nomme le fondamentalisme (présent dans toutes les religions : on l'a vu lors des débats sur le mariage pour tous...) qui est une fermeture qui fige tout, pensée et langage, codifie les comportements (en utilisant notamment la notion de pudeur pour dominer la femme), empêche la liberté : http://www.telerama.fr/idees/le-rabbin-delphine-horvilleu...

14/03/2015

Fraternité et résistance... Penser la tension en soi, choisir la vie, la « spiritualisation de nos vies »...

PLAIDOYER Abd BIDAR.jpgLETTRE aux islamistes.gif

« Tout ce qui monte converge »

Teilhard de Chardin, cité par Abdennour Bidar (p.79)

« Mon cœur est devenu capable / d’accueillir toute forme. » (...) « Car l’amour est ma religion et ma foi. »

Ibn Arabi, cité par Abdennour Bidar (p.94)

 « Nous avons aujourd’hui l’occasion historique de changer d’ère en changeant de vision de l’homme. En échangeant cette mesure de l’homme à partir de son inhumanité contre sa mesure à partir de son humanité. » (p.71) / « Le sacré de la fraternité n’impose rien. Il laisse être. » (p.94)

Abdennour Bidar   Plaidoyer pour la fraternité, Albin Michel Spiritualités, 2015 : http://bit.ly/1AzC5Gz

« Savoir endiguer la déferlante extrémiste, ravaler le délabrement moral, guérir du malaise existentiel, en finir avec l’indigence intellectuelle et la déshérence culturelle. Telle est la vision programmatique pour sortir de l’ornière dans laquelle nous nous débattons. L’extrémisme est le culte sans la culture ; le fondamentalisme est la croyance sans la connaissance ; l’intégrisme est la religiosité sans la spiritualité. »

 Ghaleb Bencheikh, Editorial, Religions pour la paix, 10-01-15 : http://bit.ly/1BDoYcc

« Appartenir à deux cultures, loin de créer un choc de civilisations, est au contraire une richesse ; mais s’en tenir exclusivement à une soi-disant « culture d’origine », qui renie l’Autre dans son essence, risque pourtant d’engendrer un choc de cultures. »

Antoine Sfeir, Editorial, Cahiers de l’Orient N° 118, note de son blog, 05-02-15 : http://bit.ly/1FkLAQn

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Deux livres, dont l’un précède l’autre de plusieurs années, trois auteurs, et des expressions récentes répondant à l’actualité (entretiens, articles, tribunes, éditoriaux, émissions). Ce qui est proposé c’est de faire l’effort de penser la réalité en prenant du recul par rapport aux émotions d’abord traversées, en se remettant dans la rationalité de l’exigence fraternelle. Il y a le NON du refus du terrorisme. Mais il y a le OUI de l’engagement qui concerne chacun. Abdennour Bidar nous dit (Albin Michel, 2015) qu’il faut passer des luttes CONTRE aux actions POUR. Sortir du négatif. C’est au citoyen en chacun qu’il s’adresse dans son Plaidoyer, texte indispensable qui répond à l’urgence d’agir (la nôtre, implication concrète, individuelle).

Ni déni ni haine. Au contraire. Nuances dans le regard porté sur l’islam : distinction claire entre ce qui est  spiritualité fondée sur la culture, sur une perception historique, sur le questionnement philosophique, et ce qui n’est que dévoiements de l’ignorance, de la perte de liberté de conscience, et, pire, l'oppression ou la terreur qui veulent faire croire qu’elle sont légitimes.

J’ai noté « Penser la tension », car c’est un fil tendu entre des voies qui semblent parfois, ou semblent à certains, antinomiques. Deux sacralisations s’affrontent, nous dit Abdennour Bidar (liberté et spiritualité). Peut-être, justement, parce que, dans nos sociétés nous avons « évacué la dimension du sacré » et qu’il faut retrouver « un sacré partageable ». Les idéologies ne répondent plus aux questions actuelles, et nous n’avons pas encore réinvesti la valeur de la fraternité. Et ce qui oppose (nos « démons » réciproques souterrains) ce n’est que le miroir tendu qu’on refuse de voir. D’où cet examen de conscience double dont il parle. Son livre nous propose une éthique de la fraternité, pour laquelle un « travail sur soi » est nécessaire. En exergue, Régis Debray. Au cours des pages, des références, des citations : Pierre Rabhi pour « l’insurrection des consciences », Albert Camus, Mohammed Arkoun, Emmanuel Lévinas, Kant... Et, bien sûr, des versets du Coran. La philosophie n’interdit pas l’expérience mystique, au contraire, elle en fait une richesse intérieure enracinée dans le savoir : « Je suis croyant » / « Je crois en philosophe et en mystique ».  

Comment aimer une spiritualité et devoir poser un regard critique... Certains, qui essentialisent les croyants, portent un regard de suspicion sur l’effort de refondation que tentent de plus en plus d’intellectuels, et, ce faisant, ils se laissent atteindre par une dangereuse porosité avec les courants fondamentalistes. Aveuglement ou hypocrisie idéologique. Compromission, dans tous les cas.

Et comment, quand on mesure les dangers qui guettent, être cependant capable d’interroger ce qui fait obstacle à la fraternité, contrôler les pulsions de haine, prendre conscience de la nécessité de faire, sur soi, ce travail « d’intégration » dont parle pour chacun Abdennour Bidar (pour chacun, ,dit-il, pas à projeter sur autrui)... Alors qu’on croit que cela ne concerne que celui qui fait figure d’étranger (à sa foi, son origine, à son imaginaire identité fermée) alors que notre réalité plurielle nous demande de savoir entrer en elle et la faire entrer en nous... "Plaidoyer pour la fraternité"... http://www.albin-michel.fr/Plaidoyer-pour-la-fraternite-E... 

Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir s’adressaient  (en 2008, éd. Bayard) aux islamistes, pour une parole autre, pour dénoncer les pièges. En 2015 le message est toujours valable, mais il est complété, enrichi par leur expression récente : textes divers éclairants. Chez Ghaleb Bencheikh, comme chez Abdennour Bidar, il y a la puissance d’un regard, intérieur à une spiritualité qu’ils veulent sauver des pièges, en croyants qui refusent les fausses lucidités, celles qui sont revendiquées notamment par des non croyants étrangers à l’islam, forts de leur ignorance et qui, pensant être solidaires, sont seulement cyniques par incompétence, et même, dit Abdennour Bidar, méprisants. Antoine Sfeir, lui, parle de l’intérieur d’un Orient originel fraternel, en connaisseur de réalités géopolitiques qui aident aussi à penser les faits religieux. Trois voix précieuses, qui aimeraient qu’on donne plus de place à toutes les autres, celles qui, intellectuelles et/ou mystiques, ouvrent le chemin d’une opportunité, pour la France, de faire un grand pas vers elle-même, pour s’accepter dans sa riche pluralité et barrer la route aux deux dangers complices : l’obscurantisme de la terreur (et ses penseurs voisins), d’une part, l’extrémisme haineux des droites identitaires (et ses idéologues voisins, politiciens ou pas), d'autre part. Porosités dont il faut se méfier... "Lettre aux islamistes"... http://www.decitre.fr/livres/lettre-ouverte-aux-islamiste... 

09/02/2015

ISLAMISME, triple piège...

ISLAL CHAHLA  CHAFIQ.gifMINARET ensanglanté.jpgLA LOI de DIEU.jpg

 

((Piège? Triple? Oui. Ne pas voir les masques du fondamentalisme. Ne pas voir les masques de ceux qui attisent peurs et amalgames. Ou, complices objectifs, creuser les failles en croyant combattre l’intégrisme...))

[SOMMAIRE  de cette note : EXERGUES, citations : Imre Kertesz (entretien, Le Monde, 28-01-15, sur la présence toujours recommencée de l’ombre du fascisme), Jacques André (démocratie et inconscient), Wole Soyinka (entretien, JDD, 08-0-215, sur sa colère contre l’aveuglement des pouvoirs devant l’évolution de la radicalité islamiste, celle des « agents d’un fondamentalisme à l’échelle du globe »)/ REFLEXION personnelle (Comprendre : mon commentaire, en italique) / + CITATION (Fatih Akin, sur responsabilité de tous)... / + SUITE REFLEXION / Et... REVUE de LECTURES (résumés, citations, liens) : Kamel Haddar (directeur d’Algérie-Focus/analyse des failles), Rochdy Alili, historien (D’où vient le fanatisme musulman ? Rigorisme et radicalisation...), Joseph Yacoub, universitaire ( les causes plurielles de ce terrorisme), Slim Laghmani , journaliste (dire la distinction islam/islamisme ne suffit pas : ce n’est pas entendu car on s’y prend mal – il faut expliquer comment cela fonctionne pour distinguer)/ Ali Malek, écrivain (l’esprit du Coran est trahi par les oulémas, le problème vient des hadiths : l’islam des islamistes a les mêmes « maîtres » depuis le XVIè siècle – et les signes religieux apparents revendiqués comme formes spirituelles, voile ou halal, sont des marges hors spiritualité authentique qui donnent une image faussée de la religion, dans le déni des valeurs)/ Abderrahman Al-Rached, directeur du plus important quotidien panarabe,  dénonce « Le crime des manipulateurs » / Chala Chafiq, analyse en sociologue les motivations des jeunes séduits par l’islamisme (et elle met l’accent sur l’idéologie, négligée quand on ne voit que le djihadisme, qui en découle) / Dalal El-Bizri nous donne des éléments pour comprendre comment la parole sur l’islam, dans des pays musulmans, peut-être une cause d’angoisse, un risque majeur pris, et que cela induit une double peur : « pour » et « de » l’islam,    Islamophobie » interne(« intime »), qui est en miroir de la peur de l’islam vu de l’extérieur... / Wole Soyinka    dit sa colère devant l’insuffisante lucidité des gouvernements successifs du Niger, qui n’ont pas mesuré à temps la force et la violence de la radicalisation islamiste, et la dimension mondiale du fondamentalisme militant. / Pierre-Jean Luizard analyse le danger de l’universalisme calculé de Daech et son projet de choc, non entre Orient et Occident (comme le croit Huntington), mais entre deux mondes : croyants (quelles que soient leurs origines), et incroyants (fussent-ils Arabes ou musulmans de culture, mais mauvais musulmans selon les critères de Daech /  Gilles Kepel  (spécialiste de l’islam) constate que Daech est en train de mettre en place la stratégie  de l’idéologue syrien Abou Moussab al-Souri (dont il a traduit les thèses), visant la provocation d’une situation de guerre civile entre musulmans et non musulmans (par la revendication au nom de l’islam pour développer le rejet de ces derniers et leur radicalisation en réaction). Utiliser les fractures et les accentuer (le choix des cibles est pensé aussi dans ce but... La réponse ? Le 11 janvier en était une (‘sursaut’, ‘digue culturelle’. Donc... digues similaires.../ Philip Stephens  met en garde (Financial Times, Londres) contre la dangerosité idéologique et politique du FN, toujours présente, malgré les camouflages de la ‘dédiabolisation’.../ ENTRETIEN avec José Luis Zapatero, ex-Premier ministre socialiste espagnol. Le Parisien, magazine. Des réponses après les attentats... (laïcité et démocratie, pluralisme religieux, dialogue interreligieux, rejet du message anti-immigration, discours d'intégration...) / LIENS complémentaires : ARTICLES, BLOGS et sites, LIVRES ]

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 EXERGUES...

« Jusqu’à aujourd’hui, je me suis appliqué à étudier la façon dont s’élabore la langue de toutes les dictatures. » (...) « Mon souci principal, encore une fois, est d’analyser la manière dont les gens sombrent dans le totalitarisme. » (...) «  Avant même les attaques de janvier à Paris, j’avais fait la remarque que l’Europe était en train de mourir de sa lâcheté et de sa faiblesse morale, de son incapacité à se protéger et de l’ornière morale évidente dont elle ne pouvait s’extraire après Auschwitz. La démocratie reste impuissante à se défendre et insensible devant la menace qui la guette. Et le risque est grand de voir les gardes-frontières qui entreprennent de défendre l’Europe contre la barbarie montante, les décapitations, la ‘’tyrannie orientale’’, devenir à leur tour des fascistes. Que va devenir l’humanité dans ces conditions ? Auschwitz n’a pas été un accident de l’histoire, et beaucoup de signes montrent que sa répétition est possible. » (...) « Je ne crois nullement que chaque Allemand porte le nazisme dans ses gènes, et je suis sur ce point en désaccord avec l’historien américain Daniel Goldhagen (...) pour qui il aurait existé un ‘antisémitisme exterminateur’ spécifique à l’Allemagne »

 Imre Kertesz. Entretien, Le Monde, 28-01-15 : http://www.lemonde.fr/international/article/2015/01/27/auschwitz-n-a-pas-ete-un-accident-de-l-histoire_4564126_3210.html

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« L’inconscient est un sauvage, jamais la démocratie ne sera l’héritière de l’inconscient. Elle se fera toujours contre lui, il n’y a ni égalité ni fraternité dans l’inconscient. S’il y a une liberté, c’est une liberté absolue et sauvage. »

Jacques André, psychanalyste (Entretien, propos recueillis par Natalie Levisalles et Eric Loret, Libération, daté 14-01-2015 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/13/dieu-c-est-un-autre-nom-pour-le-surmoi_1180025 )

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« Avant d’être un Nigerian et un Africain, je suis un être humain. Je ne me sens pas agressé en tant que Nigerian dans un pays souverain mais en tant qu’homme face à des crimes contre l’humanité. » 

Wole Soyinka (Prix Nobel de littérature 1986), entretien, JDD, 08-02-15 : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Wole-Soyinka-Prix-Nobel-de-litterature-Le-Nigeria-se-rend-compte-que-le-gouvernement-s-est-reveille-trop-tard-717128  

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Comprendre ce qui est en jeu... Islamisme...? Le rigorisme rigide porte en lui les germes d’une possible radicalisation, qui, elle, peut mener au pire, mais il n’est pas toujours prêt au pire. Le djihadisme, politique, qui semble exacerber le religieux, en fait s’en éloigne de plus en plus, tout en le théâtralisant, et en y trouvant le prétexte de choix sinistres, pour se diriger vers un nihilisme qui explique les dérives monstrueuses vers de plus en plus de violence et vers des crimes contre l’humanité. Donc quand on voit dans le musulman authentique, pratiquant (ou simplement croyant) un complice virtuel du terrorisme, on fait un contresens dramatique (quelles qu’en soient les motivations) et on crée le terrain des discriminations. (Cela ne contredit pas la nécessité, pour l’islam contemporain, de faire un travail de relecture, décryptage, tri, et la refonte rationnelle des références et interprétations : comme c’est nécessaire dans toutes les religions, et dans tous les systèmes de pensée. Lire les éditoriaux de Ghaleb Bencheikh sur le site de 'Religions pour la paix'. Il réagit aux crimes et attentats avec colère. C'est un message d'urgence... Mais la refondation qu'il réclame - lui et tant d'autres - n'est pas aidée par les complaisances idéologiques et politiques de La France à l'égard de dictatures qui instrumentalisent la religion pour opprimer gravement, torturer, emprisonner qui veut penser, et écraser les femmes.) 

Contresens, oui, que la confusion musulman/islamiste potentiel. Car l’authentique rapport au religieux, au sacré (importante dimension culturelle) crée un rapport différent avec soi-même, et donc avec autrui. Spiritualité, d’un côté, qui fonde une éthique, une esthétique, un lien avec la vie, un rapport différent avec le corps, la joie  possible, le rire possible. Spirale du vide, de l’autre côté, où il n’y a plus de conscience-sujet, en soi, et plus de sujet perçu dans les êtres, hors de soi : on peut alors manipuler, torturer,  massacrer : vide intensifié par le collectif et par des références erronées, par un pervers rapport au langage. Et cela attire, comme si c’était un trou noir destructeur, toutes les fragilités, marges de délinquance, tous les désespoirs suicidaires, la part sombre des êtres. On oublie parfois, quand on écrit sur cela (presse, sites), les questions déjà posées par les systèmes de  terreur passés. Fascisme, nazisme. Pourquoi tant suivent ? Instinct de mort... Et on oublie cette « banalité du mal » interrogée par Hannah Arendt, peu comprise souvent. (Il n’excuse rien, ce regard sur les êtres et le fonctionnement des systèmes totalitaires : il ramène à l’interrogation sur l’humain, et devrait nous faire relire Robert Antelme, Primo Levi, Charlotte Delbo, Imre Kertesz...). 

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Fascisme tapi dans l’islamisme... (titre de ma note précédente...). Tapi, oui (au double sens de genèse et de masque). Mais, toujours, garder en mémoire que l'idéologie politique n'est pas la réalité religieuse. (Quand l'islam, en tant que source religieuse, porte en lui ce qui a pu produire la haute spiritualité, la haute sagesse qu'est le soufisme - à dimension philosophique, et éthique). Donc.... la cause est-elle si caractérisée qu’on puisse se contenter de  « désigner » et, réfugiés dans la peur, mettre un confortable écran entre les coupables et nous. (Quand on voit, par exemple, les Kurdes combattre Daech/EI, pour eux - et pour nous, soyons-en conscients... Peu aidés, longtemps abandonnés. Quand on voit, dans certains pays, des milliers de musulmans se faire massacrer : musulmans, eux, d'abord.). Les maladies de l’humanité sont nos maladies à tous. Guerres et meurtres, massacres et génocides. Comment faire cesser si on en ignore le rôle de symptôme ? C’est ce que veut nous dire aussi, d’une certaine manière, le réalisateur turco-allemand de « The Cut », Fatih Akin, héritier de l’histoire turque (le génocide arménien sur lequel il fait son film) et héritier, autrement, de l’histoire allemande, par la naissance, le lieu de vie, la culture partagée, l’identité partagée, la langue partagée (donc héritier d’une autre appartenance historique à penser). Il se pose doublement cette question de la confrontation au réel historique et actuel. Pour lui, d’abord, les deux génocides, dans le passé, dans l’histoire, puis l’islamisme, dans notre présent.  « ‘’Ce n’est pas une question de culpabilité, c’est une question de responsabilité. Avant, en tant que turco-allemand, je me disais  ‘ l’Holocauste n’est pas mon crime. J’ai mon propre génocide à affronter.  Aujourd’hui, je me dis que l’Holocauste comme le génocide arménien sont de notre responsabilité à tous. Pas en tant que Turcs ou Allemands, en tant qu’humains.’’  De même, il voit l’Etat islamique comme "le sanglant syndrome d’un monde malade depuis longtemps". ’La vraie question, c’est celle des racines du mal. ‘’ ». Libération, Fatih Akin, portrait,par Cordélia Bonal, « Portrait »/ « Bosse fort la mémoire », 14-01-15 : http://www.liberation.fr/culture/2015/01/13/fatih-akin-bosse-fort-la-memoire_1179963

Syndrome, symptômes, responsabilité... Questions qui font retour à l’histoire religieuse, et histoire générale... (Comme le font les auteurs d’articles qui suivent, plus bas, citations qui ouvrent des perspectives de pensée). 

Et, à l’autre bout, que dire à ceux qui ne sont pas séduits du tout (à juste titre!), mais qui, au contraire, devant les crimes et attentats, revendiqués au nom de l’islam (« au nom d’une lecture pervertie du Coran » comme le dit l’écrivain nigerian Wole Soyinka, voir ci-dessous, un entretien du JDD), ont peur...  Peur des terroristes (c’est normal), mais aussi de la religion, de l’univers de la religion dont se réclament les terroristes. Glissement apparemment logique. Qui peut induire une crainte de ceux qui appartiennent à cette culture. Crainte et rejet qui stigmatisent des gens, sous prétexte d’identité religieuse. Qu’ils arborent des signes ostensibles et aient des revendications remarquées... Ou  qu’au contraire, s’exprimant comme n’importe qui d’autre dans le pays, dans la banalité d’une réalité française commune, ils ne vivent leur religiosité, leur spiritualité, que très intimement.

Cependant cette opposition même est excessivement binaire : n'y-a-t-il choix qu'entre, d'une part, la mise en scène des corps, des gestes, ou des rites, et, d'autre part, une retenue qui fasse complètement disparaître de la sphère sociale toute dimension spirituelle ou religieuse. L'équilibre, je crois plutôt, est dans la tension entre les deux. Il faudrait s'inspirer de ce que dit François Cheng sur le vide médian, que, selon lui la culture occidentale ne comprend pas bien de la culture chinoise. Ni yin ni yang, seulement, mais aussi l'entre deux qui circule et bouge les formes, les limites, les repères - ou frontières... i noir d'encre, ni blanc transparent, mais un aller-retour entre trop de visibilité et trop peu de visibilité, donc d'existence. Lire la 'Lettre aux candidats' de 'Carrefour des mondes et des cultures'. Elle pose exactement cette question, en 2012... 

Que penser ? Que dire ? Comment comprendre le processus qui efface toute distinction, remplace le mot ‘islamisme’ par ‘islam’ et les termes ‘islamistes’, ‘terroristes’ , par ‘musulmans’ ? Confusion qui agit sur le vocabulaire : jusqu’à parler de ‘musulmans modérés’ parfois (ce qui n’a pas de sens). Jusqu’à entretenir une perception obsessionnelle de la présence de ces derniers dans le paysage social de tous (donc de la réalité à partager), comme si c’était une présence de trop. Jusqu’à dire qu’il ne faut pas parler des risques d'amalgame entre islamistes-terroristes et musulmans, pour dénoncer et prévenir (comme si cela occultait la réalité des attentats, faisait oublier les victimes juives, et l’antisémitisme islamiste - lié au complotisme et au négationnisme). Alors que les revendications d’appartenance religieuse des terroristes désignent automatiquement la masse des musulmans (ou censés l'être) dans une rhétorique immédiate utilisée par les extrêmes droites et voulue par l’Etat islamique/Daech (voir articles...). Ne pas dénoncer le piège c’est tomber dans le piège.

Quelque chose de l’ordre de l’islamophobie (terme controversé, mais ancien, plus qu'on ne le dit : occurrences en 1910-1912...) peut cependant être constaté là  où on n’aurait pas pensé que ce puisse être trouvé : dans des pays à dominante musulmane. Là, c’est le ressenti interne de musulmans, pour des raisons que présente Dalal El-Bizri dans un article publié à Beyrouth. Peur ‘pour’, peur ‘de’...

LIRE...

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Questions sur l’actualité, les sources plus ou moins récentes des faits... Kamel Haddar, Franco-algérien qui dirige le site Algérie-Focus. Bouleversé par les attentats, malgré l’émotion, prend le temps de dire ses colères contre toutes les « inactions » des pouvoirs, contre la « discrimination », réelle, le regard des « médias », irresponsables souvent dans leur manière de jouer avec les peurs, le retrait de la « majorité silencieuse au sein de la communauté française d’origine maghrébine » (« je déteste la victimisation »), les « appels aux musulmans, depuis les attentats, pour qu’ils expriment leur désolidarisation d’avec ces événements »... « Mais... nous sommes Français avant tout ». Il met en question (à juste titre !) « les liens... des pays occidentaux » avec « l’Arabie saoudite ou le Qatar ». « Qui vend des armes à Daech ? Qui a financé le terrorisme au Nigéria, au Moyen-Orient ? Les terroristes se nourrissent au sein des wahhabites. Que les pays occidentaux en tirent les conséquences. » Article à lire intégralement... (Compte-rendu d’entretien paru dans L’Orient-Le Jour (Beyrouth), le 16-0-15, propos recueillis par Emilie Sueur. Courrier international, 22/28-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/22/j-etais-un-sale-arabe-mais-je-suis-francais ) 

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«  Islam : un rigorisme en proie à la radicalisation ». Par Rochdy Alili, historien. Le Monde des Religions, janvier-février 2015. Dossier titré « Les Fous de Dieu », sous-titre : « L’histoire du fanatisme » (Judaïsme, Christianisme, Islam, Hindouisme, Bouddhisme). Le titre est déjà une annonce de l'analyse qui analysera la source de la radicalisation. Lien vers l’article et d’autres titres : http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2015/69/islam-un-rigorisme-en-proie-a-la-radicalisation-17-12-2014-4414_212.php  [Le chapeau de l’étude résume le processus étudié : « Du VIIe au XXe siècle, les islamistes ont honoré les mêmes maîtres et respecté le même dogme, parfois poussé à la démesure. Mais l’histoire récente, ravivant ressentiments et luttes de pouvoir, a vu l’émergence de groupes d’une violence extrême. » /// CITATIONS : « Depuis 1258 jusqu’à la colonisation au XIX è siècle, des figures du rigorisme musulman définissent l’idéal islamique qui va plus tard nourrir la réflexion de l’islam contemporain. » (...) « La colonisation occidentale va contraindre les musulmans à s’interroger. Une pensée réformiste moderniste s’élabore. » (...) « Le socle doctrinal des islamistes s’ancre dans ce que nous avons caractérisé comme un rigorisme (...) aujourd’hui poussé à l’extrême. » (Mais l’auteur définit trois manières de vivre le « puritanisme musulman », ou « salafisme » : le « quiétisme », tendance majoritaire, sans projet politique ; les islamistes politiques mais sans violence, et les djihadistes, politiques,  forgés dans des luttes, et de plus en plus violents.

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Un autre article, même dossier, entretien avec  Joseph Yacoub, non musulman (universitaire, Sciences Politiques, Fac catholique de Lyon), traite du fondamentalisme. « Cet âge d’or où l’islam a rayonné ne sert jamais de référence aux radicaux » / « Pour Joseph Yacoub les arguments religieux des djihadistes n’ont rien à voir avec le fondamentalisme et le rêve d’un retour à une période faste de l’islam. » / Il rappelle que les conflits religieux sont « récurrents » (partout dans le monde), situe la montée du fondamentalisme musulman d’aujourdhui dans les années 1970. Dit de ne pas négliger plusieurs éléments (causalités) comme « le sentiment d’une profonde injustice lié au conflit israélo-arabe, dont on ne dira jamais assez l’importance », « l’échec du nationalisme arabe », « l’absence de démocratie », la « déception » concernant « les politiques menées par l’Occident », la « faillite des partis communistes »...  Mais « la politique des djihadistes » est « intégralement nihiliste ».

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Et donc, ne pas confondre les mots et les gens... Mais ne pas craindre de relier les dérives à ce dont elles se réclament, en le faussant. Islamisme et islam. Pour distinguer, mais autrement. Slim Laghmani met en question les méthodes : « Pour se débarrasser de l'islamisme qui génère le terrorisme et montrer qu'il est différent de l'islam, il faut promouvoir de nouvelles techniques d'interprétation des textes sacrés. ».  Dire que l’islam n’est pas  l’islamisme, dit-il, ne sert à rien. « Que l'islamisme, sans qu'il en ait le monopole, génère le terrorisme, cela on le savait déjà : l'Algérie a compté ses victimes par centaines de milliers dans l'indifférence générale de la société internationale à l'époque [les années 1990]. » Dire que l’islam n’est pas  l’islamisme, dit-il, ne sert à rien.  On n’arrive pas à montrer « en quoi l'islamisme est différent de l'islam »...  « parce que l'on s'y prend très mal ». (...) « Quitte à choquer, je dirais que l'islamisme, c'est aussi l'islam – de même que la Sainte Inquisition, c'était aussi le christianisme. La question n'est pas de savoir ce qu'est l'islam ou ce qu'est le christianisme, mais comment on les comprend. » Conclusion : i « immense travail » à faire, méthodologique, d’interprétation... Article publié dans Leaders  (Tunis), le 12-01-15. Courrier international, 29/01-04/02-2015 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/13/comment-distinguer-l-islamisme-de-l-islam

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Travail d’autant plus nécessaire, note l’écrivain Ali Malek, que l’esprit du Coran a été trahi par les oulémas « en s’appuyant exclusivement sur les hadiths, ces paroles prêtées au fondateur de l’islam ». Et, conclut-il,  « Les musulmans européens font un grand tort à leur religion en la réduisant au port du voile et à la viande halal. Il y a dans le Coran des valeurs plus importantes que la prière, le ramadan et le pèlerinage réunis. ‘Dieu ordonne la justice, la bienfaisance...’ ». Car « Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. ». Et « Tous les problèmes qui collent à la peau des musulmans proviennent de cette chose qu’on appelle le hadith. » (Raisons factuelles de l’apparition des hadiths ‘’sur leur route’’ ». Et... « Oussama Ben Laden est un pur produit des compilations de hadiths. » : Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. Le Monde,  31-01-15, "Comment l'islam est perverti par ses fidèles": http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/31/comment-l-islam-est-perverti-par-ses-fideles_4567342_3232.html

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Pourquoi le terrorisme peut-il se répandre et perdurer ? Parce que des pouvoirs, des médias, des représentants institutionnels le justifient et le soutiennent. Criminels à blâmer, à dénoncer, plus encore que les terroristes, dit Abderrahman Al-Rached, directeur du plus important quotidien panarabe,  dénonce « Le crime des manipulateurs », (Asharq Al-Awsat, Londres, 08-0-15, et Courrier international, 15/21-01-15). CITATIONS : « Il s’agit du même constat : l’extrémisme est le fait de musulmans. Les lieux du crime sont différents, mais la source du crime est la même. / Nous traversons une énorme épreuve. C’est le début d’une avalanche de violences. Elle prend sa source dans des idées, est organisée par des terroristes et dispose de beaucoup de moyens. » / (Il évoque le complotisme, les mensonges de ceux qui justifient les crimes) / « Ces “justificateurs” couvrent les terroristes et leur donnent une légitimité. » (...) « Ce sont eux qui, depuis des années, ont permis au terrorisme de s’implanter dans notre région. De couverture médiatique en justifications politiques et soutiens financiers, leur crime n’est pas moindre que celui des terroristes eux-mêmes. » (...) « Paris est pris pour cible par les mêmes idées, armes et médias qui pourrissent notre région ». http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/08/le-crime-des-manipulateurs

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« Pourquoi  l’offre islamiste séduit une jeunesse en  mal d’héroïsme ». L’analyse que fait Chala Chafiq dans Le Monde du 06-02-15 (sociologue, écrivain) part des paroles des jeunes eux-mêmes (recherche menée à Lille en 2008-2009), qu’elle analyse. Elle met l’accent sur la dimension idéologique, disant qu’on la néglige, alors que, pourtant,   « le djihadisme est une des facettes de l’islamisme », qui « travestit la religion en une idéologie à caractère totalitaire ».  La fascination pour une telle idéologie tient au fait qu’elle répond à des besoins complexes et même parfois contradictoires, explique-t-elle. On donne des « règles », il y a des « interdits » : cadres qui rassurent, et obligations qui permettent d’échapper (pas de choix libres) aux « doutes inhérents à la liberté ». Ensuite on propose une « hiérarchisation sexuée » : séduisante pour les garçons qui considèrent que l’égalité hommes-femmes est un leurre, et pour des filles qui ont envie d’être soumises, croyant que l’amour est « obéissance », parce qu’elles ont intériorisé cette idée de l’infériorité des femmes... « Double essentialisation » du « monde musulman » d’un côté », et de « l’Occident », de l’autre (l’un idéalisé et devant « se défendre », l’autre diabolisé, car vu comme  « raciste » et « islamophobe », et... « pro-juif »... Réduction « du culturel au cultuel », « sentiment d’appartenance à une oumma attaquée ». Idéologisation du « djihad ». « Trouver du sens et des liens », « ordre et rébellion » à vivre dans le même cadre... cela répond à des demandes de jeunes. Chahla Chafiq dit donc que le rappel à la loi ne suffira pas. Qu’il faut « proposer une offre alternative forte » dans l’éducation.  Pour amener les jeunes à « se construire dans l’autonomie et la pensée critique. »

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 « L’islamophobie commence au Moyen-Orient ». Al-Modon (Beyrouth), le 18-01-15, Courrier international, 29-1/04-02-2015. Dalal El-Bizri (sociologue spécialiste des mouvements islamistes contemporains) part d’un constat. En 2004, un crime est fait en accusant l’assassiné d’islamophobie. Peine de mort directe pour... islamophobie. Ce terme, dont, contrairement à ce qui est dit, on trouve des occurrences anciennes, a été réactualisé, en quelque sorte, par les idéologues de l’islamisme pour justifier des crimes, ou simplement la répression, quand toute critique, même interne, devient suspecte d’islamophobie. : « Theo van Gogh, le réalisateur d’un film [Soumission] jugé “offensant pour le Prophète”, a été assassiné en 2004 (lire aussi p. 38). Alors qu’il lui assénait des coups de couteau, l’assassin répétait : “Tu es islamophobe ! Tu es islamophobe !” C’est n’est pas une blague, mais la réalité d’un crime qui ressemble à des dizaines d’autres, si ce n’est des centaines, commis par des islamistes contre des Juifs, contre des artistes, contre des journalistes ou contre d’autres que les islamistes ... prennent pour cibles. » Son analyse est très intéressante, car rare, et convaincante : logique.  Au lieu de réagir avec agressivité et colère aux craintes concernant l’islam (tout court, islam, pas islamisme), l’auteur les explique : « Or l’islamophobie résulte tout naturellement de tous les assassinats individuels ou collectifs qui ont été commis au nom de la ‘défense de l’islam’. ». Pourquoi l’islamophobie commence-t-elle au Moyen-Orient ? La réponse est là : Islam seule culture et seul sacré « seul et unique héritage, nous n’en avons pas d’autre. » Donc « crainte ‘pour’ l’islam ». Mais cela va avec « crainte ‘de’ l’islam » Car la peur « pour » (institutionnalisée, soutenue, instrumentalisée contre la démocratie) rend dangereuse toute expression un peu distancée... Donc peur. « La peur de l’islam, c’est la peur de la mort, de la mise à l’index, de la prison. » (...) Peur « intime, proche ». A « déconstruire » avec une « montagne de courage ». Et quand les instances officielles parlent des musulmans blessés (par les caricatures par exemple)  elles « font ce qu’on leur demande » (les Etats qui les contrôlent) «  à savoir accaparer la parole de tous les musulmans . »  (Alors que la parole ils ne l’ont pas eue...). Peur... « Peur que les islamistes exportent vers l’Occident. » : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/l-islamophobie-commence-au-moyen-orient

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« Je suis en colère » (titre, papier), « Le Nigeria se rend compte que le gouvernement s’est réveillé trop tard » (titre, site), ENTRETIEN avec Wole Soyinka (Prix Nobel de littérature 1986). Propos recueillis par François Clemenceau, JDD, 08-02-15 : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Wole-Soyinka-Prix-Nobel-de-litterature-Le-Nigeria-se-rend-compte-que-le-gouvernement-s-est-reveille-trop-tard-717128 (CITATIONS: « Le président actuel, ­Goodluck Jonathan, est coupable, avec d'autres, de ne pas avoir compris à quel point ce défi de l'islam radical ne pouvait aller que crescendo. » (...) « Boko Haram / Cette insurrection est barbare, absolument, elle appartient à une "espèce" qui a quitté depuis longtemps la communauté des êtres humains. Mais ils ne sont pas uniquement Nigerians. Ce sont les agents d'un fondamentalisme à l'échelle du globe, avec une capacité de recrutement d'autant plus facile qu'ils se nourrissent d'une lecture pervertie du Coran afin de faire de tous ceux qui ne leur ressemblent pas des ennemis, y compris chez les musulmans. Ajoutez-y les inégalités sociales, la marginalisation, la pauvreté, et le phénomène devient explosif. »

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Piège de Daech... Pierre-Jean Luizard et Gilles Kepel se rejoignent pour dire les pièges dans lesquels il ne faudrait pas tomber, et qui sont d’autant plus dangereux que l’Etat islamique s’appuie sur les failles sociales et culturelles existantes. Sans analyse géopolitique et distance critique, sans informations claires et rappel de certains faits à l’ensemble de la société, nous pouvons être les complices objectifs de la réussite de cette stratégie et laisser venir heurts graves et possible guerre civile, par aveuglement.

D’autant plus que cette stratégie de Daech est aidée, analyse Philip Stephens (Londres), par le jeu pervers du FN, qui, sous le masque d’une dédiabolisation, ne fait qu’adapter sa propre stratégie, qui a pour but de 'faire des musulmans des ennemis du peuple’, suspects, selon les tactiques de Marine Le Pen. (Alors que les Juifs avaient ce rôle principal de suspects du temps du Père à la direction) : père qui est toujours Président d’honneur... ‘Préjugés ethniques’, et ‘altérité’ culturelle suggérée sans cesse, légitiment en fait le racisme et peuvent légitimer la violence.     

« L'Etat islamique veut entraîner la France dans le piège du 'choc des civilisations' », par Pierre-Jean Luizard , Le Monde, 17-01-15 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/16/l-etat-islamique-veut-entrainer-la-france-dans-le-piege-du-choc-des-civilisations_4558056_3232.html  (CITATIONS : « Amedy Coulibaly s’est mis sous l’ombrelle de EI (...)Si cette paternité revendiquée semble difficile à authentifier, il n’en demeure pas moins qu’elle illustre une volonté délibérée du groupe salafiste-djihadiste :internationaliser au maximum le combat qu’il mène contre les « mécréants » (...) « Le terrorisme au nom d’Allah en France vise à susciter des réactions communautaires en chaîne, voire une guerre ouverte entre musulmans et non-musulmans français. » (...) « Loin de se réduire aux caprices d’une idiosyncrasie culturelle barbare, le discours de l’EI a une puissante dimension universaliste qui séduit bien au-delà de sa base arabe sunnite moyen-orientale. Quand on relit ‘Le Choc des civilisations’, de Samuel Huntington, on est frappé du jeu de miroirs qui s’instaure avec les conceptions du salafisme djihadiste. / L’EI reprend parfois mot pour mot les thèses de Huntington afin de mettre en scène un tel choc des civilisations. Il ne s’agit pas d’un conflit entre deux cultures, entre Orient et Occident, entre arabité et monde euro-atlantique, mais d’un choc de titans entre islam et mécréance. » (Dans la conception de l’EI...

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« Daech escompte des situations de guerre civile », par Gilles Kepel, Libération, 14-01-15 : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/14/daech-escompte-des-situations-de-guerre-civile_1180804 (CITATIONS : « Le contexte des attentats, c’est celui d’un mouvement, Daech [l’acronyme arabe de l’Etat islamique, ndlr Libération], qui a identifié ce qu’il estime être des fractures culturelles et confessionnelles dans les sociétés européennes - en particulier la France - et qui agit pour que ces fractures soient approfondies, transformées en failles. Le groupe escompte qu’elles se traduiront par des situations de guerre civile entre des populations d’origine musulmane et les «islamophobes», ceux-ci devenant très nombreux à cause des attaques jihadistes. Les populations musulmanes, elles, se radicaliseraient en réaction, jusqu’à considérer les jihadistes comme leurs héros. Cette stratégie a été énoncée en décembre 2004 par Abou Moussab al-Souri, un idéologue syrien dont j’ai traduit les thèses en 2008 dans mon livre ‘Terreur et Martyre’. Elle n’a pas pu se mettre en place à l’époque, car il fallait qu’elle s’appuie sur les réseaux sociaux et sur la proximité d’un terrain de jihad et d’entraînement - qui n’existaient pas encore. Aujourd’hui, on a YouTube, Twitter et le champ de bataille syro-irakien à portée de charter. » (...) « Dans la communication des autorités, il est fondamental de rappeler à l’ensemble de notre société que, parmi les victimes de prédilection des jihadistes, il y a aussi les musulmans désignés par eux comme ‘apostats’, comme c’est le cas du brigadier Ahmed Merabet qui a été délibérément abattu » (...) «  et que la plupart des victimes de Daech sont des musulmans. »)

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« Marine Le Pen : le diable dans les détails », par Philip Stephens, Financial Times (Londres, 22-01-15), Courrier international, 29-01-15. « Même si le FN a adouci son image, il ne faut pas perdre de vue la vraie nature de cette formation, qui dénonce l’islamisation de la France. » : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/marine-le-pen-le-diable-dans-les-details (CITATIONS : « Dans toute l’Europe, la droite populiste a élaboré un discours qui consiste à faire des musulmans des ennemis du peuple, au même titre que le capitalisme libéral, les Etats-Unis et les élites politiques. » (...) « Et elle (Marine Le Pen / pour « modérer son discours pour l’emporter ») a renoncé au racisme et à l’antisémitisme déclarés qui étaient propres aux militants FN de la génération de son père. Sa fille préfère attiser les craintes de voir la France envahie par les musulmans. Le père était un démagogue endurci, la fille choisit ses mots avec soin. / « Mais même si le FN... »  (...) « Les préjugés ethniques sont présents dans chacune des déclarations de son état-major.  Les mises en garde contre ‘ l’islamisation ’ sont calculées. Elles ont pour but de créer un environnement permissif pour les éléments les plus violents du parti et de semer la peur dans les esprits (...) »  (...) « Marine Le Pen n’a pas besoin de s’en prendre directement aux musulmans. Il  lui suffit d’alerter sur leur ‘altérité’ et de se demander si l’islam et le républicanisme laïc pourront jamais coexister pacifiquement. De même que l’antisémitisme de Père Jean-Marie Le Pen remettait en cause la loyauté des Juifs, Marine Le Pen sème le doute sur celle des musulmans. L’ennemi c’est l’étranger, comme toujours avec ce nationalisme infâme que l’Europe ne connaît que trop bien. »)

Il faudrait conseiller la lecture d'Imre Kertesz aux gens attirés par les thèses du FN, avant et depuis les attentats... Non, il n'y a pas plus de gènes 'islamistes' chez des Français musulmans, ou musulmans de n'importe quel pays, qu'il n'y a de gènes nazis hérités par les Allemands (voir, ci-dessus, exergue...). L'idéologie n'est pas une identité ethnique ou religieuse...

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Après les attentats, et devant les menaces idéologiques et terroristes, comment répondre tant à l’islamisme qu’au FN (et autres extrêmes droites), dangers conjoints... ? Voici une réponse (de plus, dans le débat ample qui nous concerne – réponse de plus mais essentielle et  fort intéressante : nous devons entendre ce qui vient d’ailleurs, frontières proches, regards en proximité aussi, mais regards qui, du dehors, peuvent mettre le doigt sur des manques, rendre plus lucides). Dans le Magazine du Parisien, José Luis Zapatero, qui dirigea l’Espagne après le terrible attentat du 11 mars 2004 à Madrid. (Le gouvernement de droite de José Maria Aznar s’était trompé en attribuant d’abord l’attentat à l’ETA, qui avait effectivement été souvent coupable de terrorisme, alors que la tragédie était causée par Al-Qaïda, donc l’islamisme, pas les séparatistes basques). José Luis Zapatero, ex-Premier ministre socialiste de l’Espagne, fait part de son expérience dans un entretien, l’expérience espagnole donc. Réponses qui ont prouvé leur efficacité (dont certaines peuvent surprendre, en France, comme la décision de légaliser 700 000 travailleurs sans papiers, au lieu de répondre par la peur accentuée des étrangers, des  immigrés...). Mais, surtout, il parle de ce qui favorise le dialogue, et d’une conception de la laïcité qui ne s’oppose pas à la prise en compte du fait religieux

LIRE, Le Parisien, magazine, 06-02-15. « Les Français m’ont ému », ENTRETIEN avec José Luis Zapatero, ex-Premier ministre espagnol. Propos recueillis par Stéphane Loignon : http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/jose-luis-zapatero-les-francais-m-ont-emu-04-02-2015-4505661.php (CITATIONS Je lui ai aussi dit » (à l’ambassadeur de France) « que le terrorisme se combattait avec la police, les services secrets, la coopération internationale, mais qu’il ne pouvait être vaincu qu’avec une action politique, culturelle et idéologique poussant toute la société et toutes les confessions religieuses à rejeter en bloc la violence. »  (...) « Dans notre pays, majoritairement catholique, nous avons promu le dialogue et la coopération avec les religions minoritaires, dont la première, l’islam, compte 1,5 million de fidèles. Avec l’appui des communautés religieuses, nous avons créé, en 2005, la fondation publique Pluralisme et vivre-ensemble, qui mène des actions en faveur de la paix et du dialogue. Nous avons aussi ouvert un observatoire du pluralisme religieux, qui conseille les administrations publiques et les communautés confessionnelles sur l’exercice de la liberté religieuse. » (...) « Les religions doivent s’unir et établir un code dans lequel elles déclareraient que rien n’est plus contraire à la foi que la violence. » (...) « C’est, à mes yeux, la tâche première de la République que de diffuser les valeurs de liberté, de pluralisme et de paix. Pour cela, nous avons fait voter en 2006 une loi qui créait un enseignement ‘d’éducation des citoyens’. » (..) « Le caractère laïque de l’Etat ne doit pas être une limite au dialogue avec et entre les religions. Le fait religieux a des implications sociales, identitaires, culturelles, idéologiques... L’Etat, tout en maintenant sa laïcité, garantie de la démocratie, doit se saisir de cette réalité. Ensuite le message anti-immigration est profondément négatif. Un discours d’intégration permet la paix, le vivre-ensemble et le rejet de la violence. » ).

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LIENS :

Articles complémentaires :

Après les attentats, entretien. Islam et islamisme, djihadisme, antisémitisme associé à ce substrat idéologique, et positionnements des jeunes. Olivier ROY, ENTRETIEN, 11-01-2015 : http://seminesaa.hypotheses.org/2642

Sur les musulmans, les enjeux, la  peur, Olivier Roy, ARTICLE. « La peur d’une communauté qui n’existe pas », 09-01-2015 : http://campvolant.com/2015/01/09/la-peur-dune-communaute-qui-nexiste-pas-par-olivier-roy/ 

« Voile, la crise des valeurs », par Chahla Chafiq et Fatima Lalem-Hachilif, Libération, 16-12-2003 : http://www.liberation.fr/tribune/2003/12/16/voile-la-crise-des-valeurs_455517

« Ramadan antiféministe », par Chahla Chafiq, Fatima Lalem, et Maya Surduts, 12-11-2003 : http://www.liberation.fr/tribune/2003/11/12/ramadan-antifeministe_451498

« La gauche radicale a eu tort d’attaquer la prétendue islamophobie de Charlie » : http://www.lattention.net/p/christophe-ramaux.html

Mise à jour 02-06-2016. Ramadan et le Qatar, article de Marianne... http://www.marianne.net/tariq-ramadan-assure-qu-il-n-est-... 

BLOGS et sites :

Antoine SFEIR. Blog (Voir notamment les rubriques "Monde", "Religion", "Décryptages") : https://antoinesfeir.wordpress.com/

Cahiers de l’Orient. Blog : https://cahiersdelorient.wordpress.com/

Chahla CHAFIQ, sociologue. Site : http://www.chahlachafiq.com

LIVRES :

Chahla CHAFIQ, sociologue, « Islam politique, sexe et genre. A la lumière de l’expérience iranienne », 2011. (« Analyse de l’islamisme : idéologisation du religieux, modèle politique totalitaire, phénomène moderne qui s’élève contre la modernité »).  : http://www.puf.com/Autres_Collections:Islam_politique,_sexe_et_genre

Pierre-Jean LUIZARD, historien, « Le piège Daech. L’Etat islamique ou le Retour de l’Histoire », Ed. La découverte, 02-2015 : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_piege_Daech-9782707186102.html

Marc TREVIDIC, juge antiterroriste, « Terroristes : Les 7 piliers de la déraison », Eds JC Lattès, 02-2015 http://www.editions-jclattes.fr/livre-terroristes-marc-tr... 

Antoine SFEIR, directeur des Cahiers de l’Orient, « Dictionnaire géopolitique de l’islamisme », éd. Fayard, 2009 : http://www.franceculture.fr/oeuvre-dictionnaire-g%C3%A9opolitique-de-l-islamisme-de-dirig%C3%A9-par-antoine-sfeir.html

Mise à jour 02-06-2016. « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zaouri... http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

Mise à jour 02-06-2016. Adonis, « Violence et islam »... http://www.seuil.com/ouvrage/violence-et-islam-adonis/978...