Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/03/2017

Le livre de Charb...

CHARB.jpgOui. Le livre de Charb sur la notion d'islamophobie vaut lecture et réflexion. Il est nécessaire. Deux points me gênent cependant dans ce bref ouvrage dense : la conviction communiste un peu butée, et la certitude athée, avec un certain mépris pour ceux qui ont une foi quelconque. Il pense que seul l'athéisme est le choix rationnel, cela est un peu arrogant, alors que l'athéisme est une croyance comme une autre (seul l'agnostique laisse le doute rationnel ouvert, d'une part, et, d'autre part, les grands textes mystiques sont le signe d'unie évidente maîtrise de la raison, que leurs auteurs confrontent à leur expérience d'un mystère transcendant...). Mais tout le reste est essentiel. Totalement. Car il pose les principes d'un absolu refus des manipulations idéologiques, quelles que soient leurs sources. Et parce qu'il permet d'inscrire des principes clairs, qui peuvent servir d'éclairage pour dénoncer des manoeuvres intégristes et des complaisances inacceptables…

Ce qui est inquiétant c’est que des représentations scéniques de ce texte (spectacle créé par le metteur en scène Gérald Dumont) ont été annulées par deux fois (Lille et Avignon). 

LIENS… 

Article du Monde, 2015. « Le livre posthume de Charb » … http://lemde.fr/2olfu6l  

Le spectacle programmé refusé à Lille et Avignon. Une forme de censure. Page sur LCI, « La lettre de Charb aux escrocs de l’islamophobie fait-elle peur? »… http://bit.ly/2nG0BIB 

Article du Figaro, « Le pamphlet posthum de Charb sur l’islamophobie censuré à Lille »… http://bit.ly/2orHXV0 

Page de l’éditeur, Librio… http://www.librio.net/Albums_Detail.cfm?id=50440 

Excellent résumé sur la page de Decitre… http://bit.ly/2ok95YG 

01/03/2016

CONTRE les "chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs". Réflexion, et lecture de la tribune de Pascal Bruckner

mms_img1203484475.jpgSoutien de Kamel Daoud, suite...

Car... "A nous de décider quel monde nous voulons" (Kamel Daoud, Courrier international, 09-01-15 : http://bit.ly/1BLvE7G )

Et car... « Ces dernières décennies, le monde dit musulman vit, à travers les propagandes islamistes, une surexcitation de ces codes sexués patriarcaux que la charia entérine. En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une « occidentalisation » qui détruirait l’identité islamique. La mixité et l’autonomie des femmes sont aussi présentées comme sources de corruption sociale et de désordre. Dans cette optique, la prescription du voile, garant de la pudeur, et des conduites inhérentes à respecter confère d’emblée aux femmes non voilées un caractère impudique. » Chahla Chafik  (Le Monde, 15-01-2016,  tribune intégrale lisible sur le site de l’auteur : http://bit.ly/1UISkPC )

................

"Le Monde" a récidivé, en ouvrant une page (partagée) à une des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud (qui reprend les mêmes slogans donnés pour de la pensée… et ne comprend toujours pas ce qu’a écrit l’auteur que ces inquisiteurs accusent de tous les maux). Et en titrant, de manière choquante, « Peut-on critiquer Kamel Daoud? » (Pourquoi ne pas titrer « A-t-on le droit d’appuyer les fatwas contre les auteurs libres? » ou « A-t-on le droit de lyncher avec des mots hypocrites les penseurs qui nous dépassent? » ou « A-t-on le droit d’être les complices complaisants des islamistes? A-t-on le droit d’être des collaborateurs? »)

De quoi s’agit-il? Un auteur, chroniqueur et écrivain (qui depuis des années porte sur la société, les mentalités, les intégrismes, un regard d’une grande lucidité) a réagi à un fait dramatique, l’agression de femmes, à Cologne, par des hommes venant de pays arabo-musulmans (ce que l’enquête a démontré, mais que l’on savait dès les premiers témoignages, malgré le silence gêné d’officiels). Réagir à l’actualité, c’est le travail des chroniqueurs. Tenter de comprendre les causes des faits, de décrypter le réel, c’est du journalisme. 

Des agressions sexuelles? oui, ce fut le cas.

L’ identité des hommes? Oui, ce que disent les faits, les témoins, puis l’enquête, cela conforte le questionnement de Kamel Daoud. Pays, culture, appartenance à un ensemble déterminé par des codes machistes légitimés par des justifications se référant à une interprétation rigide de sources religieuses (ou un dévoiement inventant des règles que les sources ne confirment pas…).

Réelles agressions, occultées par les auteurs de la tribune qu’elles dérangent moins que le fait de les analyser et questionner, apparemment. Le crime de l’auteur est de refuser le déni. Et comme le déni est ce qui remplace la pensée pour les censeurs, il faut condamner celui qui le refuse.

Pourtant il n’y a pas  que Cologne. Le wahhabisme s’étend, là où il a le pouvoir les femmes sont soumises à l’effacement derrière les voiles qui masquent corps et beauté (car autrement les hommes ne sauraient résister aux pulsions?) et à des interdits, une soumission. Le voile sert aux salafistes de marque et d’affiche, et la notion de « pudeur » d’occultation à tout vécu de la sexualité qui ne soit d’emprise.

Il n’y a pas que Cologne. Mais, aussi, il n’y a pas que Kamel Daoud qui interroge et dénonce ce qui doit être interrogé et dénoncé. Pourquoi tant de hargne contre lui? Ce n’est pas seulement pour la grande qualité de son écriture (que les inquisiteurs n’ont pas l’air de savoir apprécier). Ce n’est pas seulement pour sa notoriété. 

Serait-ce parce qu’ils sont dérangés par la grande complexité de sa pensée? Justement? Complexité qui, notamment dans cette chronique sur Cologne, lui faisait renvoyer dos à dos les fantasmes des uns et des autres, les peurs des uns contre les peurs des autres. Ou, autre page, autre jour, dénoncer « les » intégrismes (« L’intégriste universel »). S’il n’accepte pas les pièges de la victimisation jouée et surdouée, qui évacue toute responsabilité, il n’accepte pas plus les pièges d’une idéalisation fausse des réalités occidentales. L’acuité du regard, Kamel Daoud l’exerce sur tout. 

Serait-ce à cause de cette fatwa? Par un désir inconscient de complaire aux salafistes? A moins que ce soit plus que complaire, et plus qu’inconscient? 

Ou, calcul stratégique qui aurait été impulsé par un courant idéologique qui sait infiltrer et capter des passeurs de message, serait-ce parce que, fragilisé par cette fatwa, il est une cible idéale pour ensuite décourager les autres auteurs. (Chroniqueurs, blogueurs, journalistes divers, romanciers, poètes ou philosophes?) On commence avec celui qui est le plus en vue, primé récemment encore (et on se saisit de ce moment, peut-être pas par hasard…), avec l’intention de continuer ensuite avec d’autres. 

Ou…? Je cherche, je réfléchis, depuis plusieurs jours, lisant les réactions des uns et des autres, tous ces soutiens qui sont de plus en plus nombreux. Et je me demande s’il n’y a pas quelque chose qui est de l’ordre du racisme, même si des signataires s’appuient sur leurs noms pour revendiquer une appartenance à l’univers culturel de l’auteur. Le racisme qui est ressenti devant celui qui échappe aux catégories, dont vous craignez qu’il vous ressemble au point que vous ne sachiez plus vous différencier. Kamel Daoud, lui, est très clair. Il est et se dit Algérien, totalement, avec amour pour la terre native et les êtres qui la peuplent. Il en prend toute la culture héritée, ne faisant pas profession d’athéisme. Il a choisi d’écrire en français, comme beaucoup (cette prise revendiquée par le grand Kateb Yacine). Et son esprit saisit le monde autant que le lieu. Son écriture produit des « chroniques algériennes », mais son art rejoint l’universel. Une conscience qu’on ne peut enfermer dans une case, et qui gêne le désir qu’ont certains de se mettre dans de confortables cases conformes : la victime éternelle de l’Histoire coloniale, le croyant toujours stigmatisé, l’antiraciste vigilant (ou qui croit l’être,antiraciste), l’ami « des » musulmans (qu’il confond souvent avec les islamistes, mais…), l’intellectuel (ou croyant l’être car bardé d’éventuels diplômes ou titres) professant le multiculturalisme (mais en fait le mono-culturalisme pluriel tel que défini par Amartya Sen), l’identitaire qui ne sait pas qu’il l’est (mais il l’est : obsédé par l’appartenance, l’origine, la fidélité aux frontières et aux normes dictées).

Oui, racisme sans doute. 

Et peur. Car Kamel Daoud interroge autant les conforts et failles de l’impensé européen (machisme miroir qui refusait de voir du viol là où il y avait viol) que les failles dans ce qu’il dit de son monde d’autre bord de mer. Secousse sur deux rives. 

Si de telles questions viennent d’Algérie, l’onde de choc qui se prolonge peut déchirer bien des certitudes. Et les « sociologues », enfermés dans leurs systèmes, être perdus sans leurs cadres repères. C’est leur statut aussi qu’ils défendent. Leur échec à savoir penser ce qu’un écrivain peut formuler avec d’autres mots et concepts que ceux que leurs schémas ne savent pas saisir. 

Ce que l’exigence de lucidité de Kamel Daoud provoque, c’est un questionnement sur le rapport de la société avec le féminin (plus que le rapport féminin-masculin seul), de manière universelle. Et aussi de la société avec la pensée et les frontières artificielles entre domaines de compétence. La force d’écriture d’un auteur dépasse en rigueur, par son art, les productions dites universitaires. Parfois une chronique vaut plus que certains livres lourds de pages et de certitudes. 

La flamme d’un style contre la glace des intégrismes (même coiffés).

Pour que l’intelligence ne soit pas marquée d’illégitimité…

………………………………………………………………………………………………………………………................................................

Et donc, j’ai lu, aujourd’hui, la tribune de Pascal Bruckner, qui oppose sa lecture des faits et sa perspicacité à l’obscurantisme déguisé en maîtrise. Soutien affirmé de Kamel Daoud. Affirmé et argumenté.

Le titre pose les points sur les « i »… Fatwas. Le « s » associe les signataires (et la récidive individuelle de l’une d’entre eux) à la monstruosité de l’appel du salafiste vouant la pensée à la mort. Car c’est effectivement du même ordre.

« Défendons les libres-penseurs contre les fatwas de l’intelligentsia », est donc le titre (papier) de cette tribune de Pascal Bruckner, dans Le Monde daté 2 mars. Sur le site le complément (« venus du monde musulman ») correspond bien au contenu du texte… (même si la notion de « monde musulman » masque la pluralité des mondes dits de l’islam - où, d’ailleurs, tout n’est pas « islam »… malgré les injonctions de forces dominantes - et où « islam » recouvre des réalités plurielles aussi). 

« Comment faire taire une voix originale ? », dit-il, « Par deux moyens : la menace physique, d’un côté, le discrédit moral, de l’autre. »

Si, insiste-t-il (à juste titre), Kamel Daoud a évoqué la misère sexuelle, la frustration, « Il n’est pas le premier à proposer une telle lecture : de Tahar Ben Jelloun à Fethi Benslama, nombreux sont les écrivains ou psychanalystes, originaires d’Afrique du Nord, à avoir mis en lumière la misère sexuelle, la relégation des femmes, l’interdit de l’homosexualité dans le monde arabe. ». Mais lui, note-t-il, a appliqué sa réflexion aux agressions de Cologne. C’est concret, c’est ici, c’est tabou. Donc : « Il s’agit de lui fermer la bouche en l’accusant de racisme. » Et « Avec cette pétition, on n’est pas dans le débat intellectuel, parfaitement légitime, mais dans la démonologie. » Pour supprimer de l’horizon, de manière inconsciemment magique, ce qui est insupportable car très grave, « il ne faut pas en parler »… « il ne faut rien en dire ». Comme si ne pas nommer avait pouvoir d’évacuer le réel dérangeant... « Une sorte d’interdit pèse sur l’interprétation. » 

Pascal Bruckner porte l’attention sur une inversion de la prise en compte des faits. Se soucier des personnes agressées portant l’attention sur la violence des hommes et leur identité, il ne faut pas le faire : donc se taire est le choix de ceux qui dénient à Kamel Daoud le droit de dire, questionner, analyser des… faits. Non, il faut se soucier plutôt de l’image que cela donnerait des cultures auxquelles ils se rattachent, disent implicitement les censeurs. Et du religieux, dont la présence est dominante. Parler du religieux, là, c’est forcément, explique Pascal Bruckner, être accusé d’islamophobie (ce qui a été fait dans leur tribune pétitionnaire) : « Voilà donc, le terme d’islamophobie, ce mot du vocabulaire colonial du XIX ème siècle, transformé en arme de guerre idéologique par les mollahs de Téhéran en 1979, à nouveau utilisé comme instrument de censure.» Censure, visant les intellectuels au-delà de Kamel Daoud  : « C’est toute la nébuleuse critique de l’intelligentsia franco-maghrébine qui est visée par les pétitionnaires. »

Et, là, Pascal Bruckner fait le lien avec la période stalinienne, où les tabous étaient aussi violents, où l’on désignait comme traîtres réactionnaires ceux qui osaient critiquer l’URSS, alors intouchable au regard de communistes suivistes… Une certaine gauche ne supporte pas de voir ses illusions percées à jour. (Je dirais, pour ma part, une gauche qui frôle l’extrême droite…).

Il dénonce aussi ce qui relève, dit-il, d’une sorte d’apartheid intellectuel (on ne reconnaît pas à l’intellectuel algérien, maghrébin, le droit de critiquer sa propre culture). Le regard critique sur soi étant un privilège d’européen : « mépris néo-colonial masqué sous la défense de l’islam ». Pascal Bruckner regrette qu’au lieu d’aider les penseurs dissidents à « combattre le fanatisme», les intellectuels soutiennent « les pouvoirs dominants » et « cautionnent »... la « bigoterie religieuse en cours » : « trahison des clercs », encore… 

Contre les « chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs » (titre de la note emprunté à cette citation),  Pascal Bruckner en appelle à ceux qui sauront « appuyer ces voix divergentes » : « Il n’est pas de cause plus sacrée ». I agree…! Car l’enjeu est de taille, pour la paix, pour la démocratie, pour le bonheur et l’intelligence des individus. Lien vers le texte (non lisible intégralement…), Le Monde, daté 02-03 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/01/defendons-...

........ MISE à JOUR, 03-03-16 :

Chronique de Kamel Daoud « Mes petites guerres de libération ». Il explique son rapport à l’écriture, ses décisions : « «En règle générale, je n'aime pas parler à la première personne. Le « je » est un abus. Encore plus chez un journaliste. Cela me gêne comme une carapace ou un maquillage. Cela me rappelle ces egos démesurés qui croissent chez les « engagés », les militants, les intellectuels ou chez les bavards. Ecrire est une exigence de la lucidité et cela impose de s'effacer. Au « je », je préfère l'artifice de « chroniqueur ». Un statut d'administrateur de la métaphore. Cela me permet d'écrire tout en gambadant, libre, derrière les mots. Cela donne de l'importance à l'Autre. Laisser courir un vent. Ouvrir une fenêtre sur une poignée de main. Ecouter et rester un peu immobile pour voir surgir l'inattendu dans le buisson des verbes. Exprimer des idées sans les alourdir par son propre ego.   http://www.lequotidien-oran.com/?news=5225706

Plainte de Kamel Daoud contre le salafiste auteur de la fatwa  http://www.impact24.info/plainte-de-kamel-daoud-contre-sa...

Procès. Six mois requis (justice). Décision le 8 mars  http://www.lecourrierdelatlas.com/1097201032016Affaire-Da... 

« Haro sur un écrivain révolté », par Anne Hamidou, 23-02-16  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/23/kamel-da...  

Marianne, 01-03-16. Sur la troisième intervention de Fawzia Zouari (sur France Inter le 1er mars, après des chroniques de soutien à Kamel Daoud parues dans Jeune Afrique et Libération - liens posés ici (note du 21-02, l’une, du 27-02, l’autre) : http://www.marianne.net/kamel-daoud-est-victime-fatwa-lai...

Tribune de Manuel Valls : https://www.actualitte.com/article/tribunes/en-soutien-a-... 

Brice Couturier, France Culture. Texte et document audio http://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires/p...

André Comte-Sponville. Pourquoi philosopher quand… « N’aurait-on pas le droit d’être…? ». L'Express  http://www.lexpress.fr/actualite/societe/andre-comte-spon... Et... A. Comte-Sponville. "Le politiquement correct, l’islam et moi" http://www.causeur.fr/comte-sponville-islam-politiquement...

Note blog de Sébastien Fath, 01-03-16 (laïcité, protestantisme) : « Kamel Daoud, défaite du débat et misère de la sociologie française » : http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2016/03...

Réaction de la Licra (Pas vu d’autre intervention d’associations antiracistes pour l’instant): http://www.licra.org/quels-mots-face-aux-maux/ 

Communiqué signé par Cherifa Kheddar, Blida, Présidente de l’association " Djazairouna" des Familles Victimes du Terrorisme Islamiste, et Huguette Chomsky Magnis, Paris, Secrétaire générale du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme (MPCT). « Solidaires de Kamel Daoud, solidaires de toutes les femmes victimes de violences sexuelles, solidaires de toutes les victimes du terrorisme islamiste » : http://www.mpctasso.org/spip.php?article1484

De Vincent Bonnet, texte. "A propos de la tribune"...  http://www.nuitetjour.xyz/article-free/2016/3/2/a-propos-...

Texte de Myriam Ibn Arabi, publié par Virgil Brill https://blogs.mediapart.fr/virgil-brill/blog/220216/aux-o... 

Additif 9 mars 16. Réaction de Tahar Ben Jelloun  http://www.le360.ma/fr/blog/le-coup-de-gueule/affaire-kam... 

............... Mise à jour 04-03-16

Entretien avec Lydia Guirous, qui situe le contexte idéologique de la polémique…. Les faux débats  et les attaques s’inscrivent dans le cadre d’une lutte où le fondamentalisme trouve des complices. Lydia Guirous dénonce les pièges et dit les enjeux. « L’islamisme c’est le nazisme du XXIème siècle ». par Lydia Guirous, L’écho.be, 02-03-16. Citations : « Nous avons une gauche da­van­tage sou­cieuse d’évi­ter les ac­cu­sa­tions d’is­la­mo­pho­bie que de condam­ner le fa­na­tisme is­la­mique. C’est triste pour la France et c’est in­dé­cent pour toutes les vic­times. » (…) « Les ac­com­mo­de­ments rai­son­nables ont mené à l’échec de l’in­té­gra­tion. Quant au voile, il n’est rien d’autre que le sym­bole de la sou­mis­sion et de l’in­fé­rio­rité de la femme. Le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux est le ter­reau de la ra­di­ca­li­sa­tion. Or, par quoi passe le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux au­jour­d’hui? Par le pro­sé­ly­tisme. Et quels sont les ou­tils de ce pro­sé­ly­tisme? Ce sont les signes os­ten­ta­toires re­li­gieux: voile, burqa, niqab, etc. Ces at­tri­buts sont de­ve­nus le sym­bole du refus d’un mode de vie, de toute forme d’in­té­gra­tion. » (…) « On a fait preuve d’un aveu­gle­ment et d’un ro­man­tisme ef­frayant. L’is­la­misme, c’est le na­zisme du XXIe siècle. » https://m.lecho.be/economie_politique_europe_general/L_is...  

Les deux articles qui suivent illustrent ce que Lydia Guirous explique…

« Manuel Valls, merci pour Kamel Daoud. / Le Premier ministre a frappé fort. Plenel n’a pas apprécié », Causeur, 03-03-16. Dans cet article, Marc Cohen met en question le positionnement d’Edwy Plenel (symbolique d’un aveuglement) : http://www.causeur.fr/manuel-valls-kamel-daoud-edwy-plene... 

Mohamed Louizi, lui, va plus loin en pointant des liens qui lui semblent faire sens : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/110615/med...

16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Polémiques destructrices causées par des censeurs...

kamel daoud,daoud,pensée,idéologie,polémiques,religion,islam,islamisme,intégrisme,islamophobie,censure,censeurs,bien-pensance,bien-pensants,sexualité,misère sexuelle,monde arabe,occident,tabous,guerre du silence,soraya addi,blog,journaldunebougnouleeclaireeVoix essentielle... Kamel Daoud.

Que ce soit dans Le Quotidien d'Oran (cf. illustration), ou que ce soit sur d'autres supports, on lit... pour plus de lucidité, pour un miroir qui nous renvoie des questions souvent douloureuses. Pour plus d'être. Voir ici ses chroniques reprises sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

 .

Choquée en lisant dans Le Monde une tribune hostile (agressive, violente, fermée), et attristée en lisant sa réaction, car on y lisait la lassitude de l’auteur devant l’incompréhension malveillante, j’ai posé un commentaire au post publié, m’adressant à lui, comme d’autres internautes, lecteurs. Puis j’ai repris ce commentaire, tel que, en le modifiant à peine, juste en l’adaptant aux destinataires. (mediateur@lemonde.fr et courrier-des-lecteurs@lemonde.fr). Faire passer le message au journal. J’ai précisé que j’en faisais une copie sur mon blog. 

Et c’est ceci : « Tristesse, immense, en lisant la tribune contre Kamel Daoud (sans aucun commentaire du Monde, qui n’aurait pas dû publier cela…). Et tristesse immense en lisant la chronique de Kamel Daoud, où la lassitude est telle devant toutes ces attaques que celui qui a été primé meilleur journaliste (mais est aussi la cible d’une menace de mort)  serait prêt à tout arrêter. On a tous besoin de grandes consciences. Et il en est une, majeure. Il est un des grands esprits algériens, qui fait honneur à la fois à ce pays, à la francophonie, et à l'humanité libre de penser. Ceux qui ont signé cette abjecte tribune (qui se disent intellectuels, affichant leurs titres, mais qui apparemment ne savent pas lire puisqu'ils n'ont rien compris) sont les complices objectifs des intégristes. (Et le Monde avec eux, en leu donnant cet espace). C’est grave d’'avoir accepté de publier cette infamie signée à plusieurs. Nous sommes dans une période où les aveugles et les complaisants règnent. Nous devons tous nous dresser, chacun comme il le peut, contre l'obscurantisme (et tous ses visages) : écrivains, blogueurs, poètes, artistes. En signant. ll y a bien plus de gens qui le lisent et le soutiennent que de gens comme ces auteurs d'une lâche tribune, ces infirmes de la pensée. Ils ont fait une faute grave. "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle" a écrit Lautréamont. La leur ne sera lavée par rien, sauf par l'aveu de leur ignorance et de leur faillite idéologique. Et celle du Monde? »

….

Donc, je reprends ici les textes de Kamel Daoud. Et deux réactions (de deux femmes) qui s’opposent aux censeurs « bien-pensants »… 

La chronique de Kamel Daoud, suite aux attaques ignobles (tribune parue dans Le Monde, après la sienne, et déformant le sens de ce qu’il disait). « Lettre à un ami étranger » : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224963  

CITATION : « J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie. /  Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses. / D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. » Suite sur la page du journal…

La chronique précédente qui a déclenché les foudres des censeurs autosatisfaits. Kamel Daoud montrait le double jeu de renvois fantasmatiques, pour démonter les pièges idéologiques, tout en affrontant les questions, refusant le déni de réalité  (des uns) et les projections racistes (des autres). « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 31-01-16  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li... 

Il a publié aussi une réflexion sur la sexualité et le rapport aux femmes, NYTimes, 14-02-16, « La misère sexuelle du monde arabe ». (Refuser les tabous, regarder en face les situations, causes et conséquences). Texte en français : http://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-miser... 

Un autre texte de Kamel Daoud me semble important, dans ce débat. Car c’est bien la question du sujet de la conscience qui est en jeu ici. On veut enfermer l’auteur dans des silences exigés par le « nous », la communauté, l’appartenance figée, et lui interdire la pensée du « je ». (Alors que, comme l’inscrit la blogueuse en exergue, nous sommes pluriels, et que comme l’analysent Amin Maalouf et Amartya Sen dans leurs livres, nos identités ramenées à des singularités obligatoires sont des prisons.)

Ce texte est celui-ci : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224664 (Citations : « Le crime est celui d'avoir donné de l'encre à la voix ou d'avoir écrit ce que chacun dit. Le crime est la dénonciation de l'entre-nous, la transgression du murmure clandestin de sa propre culture. Le crime est la voix et le porte-voix. /  Et cela vous use. /Sous l'inquisition d'un Occident en pleine errance d'âme, qui essaye de trouver en vous le chamane de ses angoisses, le témoin de ses convictions peureuses et la preuve de ses théories sur l'Autre. / Sous l'inquisition des siens qui vous lapident pour votre singularité, ne comprennent pas le ‘je’  dans l'étable du ‘nous’ dominant, ne s'expliquent pas votre vision sauf sous l'angle de l'alimentaire, ne peuvent voir plus loin que la théorie du complot et la salive de l'âge d'or mort et enterré. / Piégé, sommé, obligé, repoussé, brûlé, incompris et soupçonné ou trop coloré et aromatisé comme un exotisme trop convenant. / Texte tarifé ou sommation du groupe. » (…) « C'est alors que l'épuisement guette la clairvoyance. ».

Et j'ajoute ce lien, sa réflexion sur les fascismes, entretien, dans Le Devoir  http://www.ledevoir.com/culture/livres/456378/tous-les-fa... 

...

La chronique sur Cologne a donc déclenché l’hostilité de gens se déclarant anthropologues, historiens, sociologues (cela ne donne pas une bonne idée de ce que peuvent être ces sciences humaines dans les mains de tels signataires…). Leur texte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantas... (MISE à JOUR, 23-02-16. Mais QUI sont-ils vraiment? Lire cette note qui révèle la véritable identité idéologique des signataires en question. "Dis-moi d'où tu écris" : http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e... ...Et celle-ci : http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. ») 

Voici une réaction à cette tribune hostile à Kamel Daoud. Par une juriste, Soraya Addi, qui insiste aussi sur le ridicule d’un chroniqueur condescendant qui s’exprime dans Algérie-Focus, pour défendre, en fait, la loi du silence et critiquer Kamel Daoud). Nouvel Obs, LePlus: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482058-kamel-da...  (CITATION / « Que l'on soit d'accord ou non avec les articles "Cologne : lieu de fantasmes" et "La misère sexuelle du monde arabe", on ne peut nier que Kamel Daoud a permis, dans un éclat international, d'ouvrir le débat sur un sujet enfermé dans un silence de plomb et qui ne pouvait être abordé qu'à l’extérieur du monde musulman mais qui, grâce à sa traduction en arabe par le "New York Times", atteindra le premier public concerné. Car il est nécessaire que les sociétés musulmanes modérées prennent conscience du profond malaise que génère le tabou du sexe afin de combattre les clichés dévastateurs propagés par les islamistes. Et ni la peur de l’islamophobie occidentale, ni la honte du regard extérieur posé sur les souffrances du monde arabe ne devraient être des obstacles à ce combat. ») 

Une autre réaction, une femme encore, une blogueuse qui met en exergue de son blog ses identités plurielles : « La dangereuse guerre du silence faite à Kamel Daoud sur la terre de la liberté d’expression » : https://journaldunebougnouleeclairee.wordpress.com/2016/0...  (CITATIONS :  « Chers Mesdames et Messieurs les anthropologues, historiens et sociologues bien-pensants, permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous avez tort. En tant que femme, musulmane, française de naissance, algérienne ayant vécu une décennie en Algérie, permettez-moi de vous dire que vous avez tort. L’islamophobie que vous devriez combattre n’est pas celle de Kamel Daoud mais la vôtre. En effet dans son premier texte, comme dans le second publié par le New York Times « The sexual misery of the Arab World », M. Daoud ne blâme pas l’Islam pour le rapport malsain des musulmans au sexe, mais l’Islamisme. Or dans votre lecture hâtive vous avez fini par assimiler ces deux très différentes notions, et c’est cela l’Islamophobie. » (…) « La France est un pays qui n’aime pas les tabous, et pourtant ici comme ailleurs, il y a culturellement des choses qui se ne disent pas. Or dire que le monde musulman a un rapport malsain au sexe n’a rien de choquant, certaines femmes sont cachées sous des draps sombres, il n’y a pas de preuve plus criante que cela. C’est un appel nécessaire qui aspire à un changement aujourd’hui vital. »)

 

09/11/2011

17 octobre 61, suite. « FLN, censure intestine », un article du Monde des livres

Voilà un article (et la postface d’un livre) qui donnent des clés précieuses pour comprendre un moment historique, ses suites, et de complexes réalités politiques…

« FLN, censure intestine », Le Monde des livres, daté 14-10-2011. Par Catherine Simon http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/10/13/fln-censure-intestine_1586849_3260.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20111014-[player_evenement]  :

"Marcel et Paulette Péju (soutiens inconditionnels  du FLN pendant les années 60…) avaient fini de rédiger leur livre sur le 17 octobre 1961 en 1962. Ils voulaient le publier ( il ne sera publié que maintenant, donc des années après, à l’initiative de l’historien Gilles Manceron, qui l’enrichit d’une postface expliquant l’étrange histoire de cet ouvrage…). Le livre, qui voulait témoigner et dénoncer un crime (celui de Maurice Papon et de l’Etat français) fut censuré… par le FLN (Ordre de Houari Boumédiène et Ahmed Ben Bella...).  Cette censure émanait de la ligne du FLN qui avait pris le pouvoir en éliminant politiquement et physiquement ceux qui ne partageaient pas sa vision de l’Algérie à construire - fondée sur une conception ethnique et religieuse de l’appartenance nationale… (Il ne fallait pas, pour cette ligne du FLN, risquer de mettre en avant un courant qu’on voulait repousser dans l’ombre - et qui avait été l’initiateur de la manifestation du 17 octobre. Plutôt sacrifier la mémoire des victimes."

( Parenthèse Trames nomades)... Habituelle méthode des pouvoirs : la France fait pareil avec les 26 mars et 5 juillet 62, pour ne parler que de deux dates de la même histoire algérienne –auxquelles on peut ajouter l’attentat du Milk Bar à Alger – dont les victimes doivent supporter de voir la télévision française rendre hommage aux terroristes qui posèrent les bombes – cause de morts et d’immenses catastrophes personnelles pour les victimes survivantes, méconnues).

"Le couple Péju obéit à ses maîtres idéologiques, et le livre ne parut pas, silence qui contribua à la chappe de plomb posée sur les morts du 17 octobre 1961. (Jacques Vergès, qui dément, bien sûr, aurait joué un rôle dans cette occultation, d’après Gilles Manceron). Les victimes l’auront été doublement : effacées par les luttes internes du FLN et les « faiblesses » du PCF et des partis politiques français."

cccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccc

Le LIVRE : "Le 17 octobre des Algériens", de Marcel et Paulette Péju, suivi de "La triple occultation d'un massacre", postface de Gilles Manceron. Ed. La Découverte.

ccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccc

A lire : « Pour une reconnaissance, pas une repentance ». Entretien avec Qassa Aïssi, Le Point, 17-10-2011 : http://www.lepoint.fr/monde/france-algerie-17-octobre-1961-pour-une-reconnaissance-pas-une-repentance-17-10-2011-1385700_24.php

Et j’ajoute (mise à jour) un titre suggéré par un internaute : " Les ratonnades d'octobre". Par Michel Levine, Editions Jean-Claude Gawsewitch, 2011. Il est d’ailleurs mentionné dans une liste de titres proposés par El Watan : http://www.djazairess.com/fr/elwatan/343617 

cccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccc

NOTE antérieure, du 18-10-2011 http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/10/18/le... 

06/11/2011

Liu Xia (artiste et femme de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix, prisonnier, expose au Musée de Boulogne-Billancourt jusqu’au 9 novembre

EXPO Liu Xia.png 

Liu Xia, qui écrit, peint, photographie (et qui est assignée à résidence par la justice chinoise) a le crâne rasé pour protester contre l’emprisonnement des artistes dissidents. (Liu Xiaobo, son époux, prix Nobel de la paix est en prison depuis 2009).  

« La Force Silencieuse » de Liu Xia au Musée de Boulogne-Billancourt, RSF, 03-11-2011 : (« Peintre, poète et photographe...  Liu Xia... (...)  Aujourd’hui pour la première fois, ses œuvres sont exposées publiquement à Boulogne-Billancourt. Révoltée, l’artiste a souhaité révéler au monde ses photographies »). Mise à jour, avril 2016 : les liens posés pour cette exposition ont été retirés car devenus inactifs...

Précisions sur le site de Boulogne Billancourt :  (« Les Boulonnais auront la primeur de la découverte de l’oeuvre photographique de l’artiste chinoise Liu Xia, épouse de Liu Xiaobo, qui, depuis 30 ans, se bat pour la défense des droits de l’Homme, de la démocratie, de la liberté d’expression. Très jeune, Liu Xia se passionne pour la poésie, la peinture et la photographie. »(…) « Elle n’a plus aucun contact avec l’extérieur et ne reçoit personne à l’exception des membres de sa famille. » (…) « » »Vivre avec ces poupées / Me remplit d’une force silencieuse / Quand le monde se ferme de tous côtés / Nous communiquons avec les gestes’’, écrit-elle dans un poème intitulé La Force silencieuse (1998). Commencée après son mariage (1996), cette série de photos est sa façon de communiquer avec son mari, et de contourner la censure tandis que lettres ou autres textes auraient été confisqués. »)

.....................

MISE à JOUR avril 2016. (Bilan des infos - rares - qu'on a au sujet de Liu Xia et de Liu Xiaobo) :

Peintre, poète et photographe, recluse chez elle (en résidence surveillée depuis le prix Nobel de son mari Liu Xiaobo). Fiche wikipedia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Liu_Xia_(artiste) 

2012. Article du Monde sur un bref entretien avec elle, pendant une pause des gardiens (rappel des circonstances, mention d’une pétition de Prix Nobel réclamant la libération de Liu Xiaobo et de sa femme, et d’une lettre d’intellectuels chinois)  : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/12/06/l... 

2013. Article du Monde, qui rend compte du procès fait au frère de Liu Xia, rétorsion en réaction aux visites de militants, pression sur elle. Précisions sur sa situation (coupée de tout, à part des visites extérieures surveillées) : prisonnière sans inculpation motivée : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/04/23/l... 

2014. Article de La Croix, sur une vidéo clandestine  qui donne des nouvelle d’elle (toujours coupée de tout, déprimée, malade) et cite les fragments d’un poème (« Est-ce un arbre ? C’est moi, toute seule. Est-ce un arbre en hiver ? C’est ainsi, durant toute l’année »). Elle lit deux poèmes (dans le corps de l’article, la vidéo, sous-titrée en anglais, mise en ligne par le PEN club) : http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/L-epouse-du-Nobel... 

2014. Que devient Liu Xiaobo? Et que font les Occidentaux? (Silence de Sarkozy et Hollande devant les officiels chinois...). France Info : http://www.franceinfo.fr/emission/que-devient-le-dissiden... 

Et, NOTES, TAGS Liu Xiaobo... Liu Xia... Chine (et listes ACTU et PÉTITIONS)...

10/12/2010

Liu XIAOBO, dissident, Prix Nobel, prisonnier, et intellectuel diffamé (2010 + additif liens notes suivantes)

En ce moment le prix Nobel est remis symboliquement, à Oslo, à un jeune homme qui représente ainsi Liu Xiaobo. Ce, devant la photographie et la chaise vide du célèbre prisonnier (dont la femme, apprend-on, est harcelée et privée de communication : téléphone coupé, même, ces jours-ci).

On a lu des articles, écouté des informations, vu certaines images, cherché des vidéos*,

et Liu Xiaobo est entré dans notre univers, comme une grande figure de la dissidence,

de la lutte pour les droits de l'homme.

    * http://www.youtube.com/watch?v=iH1KNNISwgQ&feature=re... 

(Dans une des vidéos sa femme témoigne).

 

Il n'est pas le seul dissident à être poursuivi pour s'être exprimé et avoir déplu aux gouvernants,

mais il en est un représentant majeur.

Militant des droits de l'homme, en première ligne.

 

L'emprisonnement de Liu Xiaobo est à situer dans un contexte de répression générale (autres cas, nombreux, situation des dissidents, des journalistes, des artistes, des blogueurs, des citoyens critiques), comme on peut en voir des signes sur la page "CHINE" de RSF ou sur les dossiers des associations des droits humains : ACAT, HRW, Amnesty, etc.

(Harcèlement, emprisonnement, lourdes condamnations pour une note sur twitter, censure sous diverses formes, répression de toutes les formes de dissidence  : les cas sont multiples, mais les voix qui s'élèvent, malgré tout, sont nombreuses aussi). 

  

Simplement, il est accusé, lui, d'avoir rédigé (principal rédacteur) un texte considéré comme  particulièrement subversif, la Charte 8, qui revendique une transformation démocratique du pays, texte qui a été cosigné par d'autres voix courageuses - 300 environ, alors, puis "...ratifié par 10000 signataires en vingt-quatre heures, avant que le site ne soit censuré" ( Le Figaro*, 9-12-10), et représente donc un danger pour le système, qui louvoie entre totalitarisme (finissant?) et libéralisme économique grandissant.   

 

Qu'est donc ce texte? Le mieux est de le lire : la Charte 8 a été intégralement publiée par Courrier international http://www.courrierinternational.com/article/2008/12/17/d... 

C'est un texte collectif (dont Liu Xiaobo est donc l'artisan principal), le manifeste de dissidents, un projet démocratique complet (qui s'appuie sur une analyse approfondie de la situation actuelle du pays, et la connaissance des racines historiques et idéologiques des problèmes).

Vo aussi la fiche wikipedia. Chine, Charte 08  https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_08

 

L'arrestation aura suivi rapidement - décembre 2008, puis le procès - 2009,

et la condamnation (onze ans de prison).

L'appel ne changera rien : tout sera confirmé - 2010. Le cas Liu Xiaobo :

http://www.slate.fr/story/17335/le-cas-liu-xiaobo  (slate.fr, 13-2-10)    

Ce qu'il faut lire, aussi, c'est sa déclaration, du 23 décembre 2009, faite lors de son procès.

Ce texte dit ce qu'est l'homme, son intégrité, son courage, mais aussi son humilité, et, contrairement aux thèses de la propagande, son exigence de citoyen chinois, militant pour son pays, et trouvant dans l'épreuve l'occasion d'une sorte d'ascèse, pour, comme il le dit, transformer la haine en amour.

C'est le texte de quelqu'un qui a un idéal de sagesse, au sens le plus noble du terme.

(Car comment trouver le courage de ne pas haïr, quand on est victime de tant d'injustice?).  

http://www.rue89.com/chinatown/2010/02/11/jespere-etre-la-derniere-victime-de-linquisition-intellectuelle-en-chine-137842    

 

C'est tout à l'honneur de la Norvège d'avoir choisi de couronner une telle dissidence authentique, et d'avoir eu le courage de ne pas céder aux pressions de la Chine officielle.

 

Mais, évidemment, les réactions chinoises ne se sont pas faites attendre.

Colère... et répression. Arrestations  (dont certaines inquiétantes, quand les proches ne savent pas où sont les détenus) :

Pourtant, des voix dissidentes  continuent à affronter censure et répression :

Pour conclure, nous pouvons encore être solidaires, en rester vigilants : ne pas laisser le temps nous faire oublier que cet homme fait partie des militants chinois durement réprimés et qu'il a une stature qui ne le protège qu'en partie. 

Voilà donc cet homme qui provoque la colère du gouvernement de son grand pays...

Dissident, que le pouvoir chinois, à travers la presse contrôlée, présente comme une sorte d'arriviste reniant son pays et voulant se mettre en avant pour la gloire.

Dans le journal du Peuple**, on lui fait exprimer des idées qui ne peuvent que choquer le lecteur non informé : il mépriserait son pays, regarderait de haut ses compagnons de prison, voudrait soumettre la Chine à l'Occident, etc.

Il suffit de lire son intervention au procès qui va le faire condamner à onze ans de prison pour constater d'évidence la manipulation. Ce que n'a pas su faire un site français, au moins, qui reprend les arguments, comme des évidences.

Je ne ferai pas de publicité à ce site (aucun intérêt, étranges motivations : peut-être se démarquer pour sembler en savoir plus, quand on comprend moins...). Mais je mentionne ce fait car j'ai remarqué là un lien entre une fascination pour... les théories du complot, d'un côté (et la peur, la méfiance) et d'autre part la facilité à reprendre des propagandes, si elles peuvent soutenir des thèses un peu confuses. 

Alliance d'acteurs ou de rêveurs du totalitarisme, d'ennemis des mêmes. 

Pourquoi parler de cela, sans nommer?

Parce que c'est révélateur des luttes idéologiques souterraines qui sont en jeu actuellement et traversent les frontières.  

... 

Chine complexe... Il  y a ce pouvoir qui réprime, et tous ces êtres si libres, intérieurement, malgré le danger. Il y a une histoire qui pèse lourd, et une modernisation cependant en marche. Et, toujours, l'immense richesse d'une culture magnifique.  

Pour ma part, née en Algérie et vivant à Paris, j'ai tant reçu de la Chine (lecture de ses grands sages, lecture de ses auteurs, découverte toujours renouvelée de ses artistes, pratique du chi qong et enrichissement de ma propre vie par tout ce que cette culture offre de conscience en partage) que j'ajoute ce pays à mes rives intérieures intimes.   

 

.... MISE à JOUR... 

2014. Que devient Liu Xiaobo? Et que font les Occidentaux? (Silence de Sarkozy et Hollande devant les officiels chinois...). France Info : http://www.franceinfo.fr/emission/que-devient-le-dissiden...  

Voir aussi, note du 06-11-11 (mise à jour en avril 2016), sur Liu Xia, sa femme (poète, peintre, photographe), assignée à résidence sans raisons (pendant qu’il est prisonnier depuis 2009 pour avoir participé à la rédaction de la Charte 8, sur la démocratie : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/11/06/li...

......

RSF, infos CHINE : https://rsf.org/fr/chine 

ACAT, ample dossier Chine (dont Liu Xiaobo) : http://www.acatfrance.fr/actualites/?pays=CHN 

ACAT, fiche Chine (titrée rapport 2010 - mise à jour 2016) : http://www.acatfrance.fr/un-monde-tortionnaire/chine-rapp... 

AMNESTY international, dossier Chine : https://www.amnesty.org/fr/countries/asia-and-the-pacific...

...... Et, NOTES... TAGS Liu Xiaobo... Liu Xia... Chine (et listes ACTU et PÉTITIONS)... 

Note du 16-12-2010 (Le prix Nobel... et la colère du pouvoir chinois) : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2010/12/16/li... 

Note du 15-12-2012 (Initiative des Prix Nobel): http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2012/12/15/li... 

Note du 06-02-2013 Pétition Amnesty, 2013): http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2013/02/06/am...