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13/11/2019

Islamophobie ? Sur la marche du 10-11 et le piège du mot.

S'il faut refuser (combattre) la musulmanophobie, comme toute haine 
associée aux croyances ou origines, les slogans au sujet de la soi-disant
islamophobie (terme dont l'emploi est discutable) masquent le refus de
toute pensée critique.
Et le seul choix possible était de ne pas soutenir (mais au contraire
critiquer) l'organisation de cette manifestation. Quand on sait ce que
recouvre l'idéologie du CCIF et de divers signataires, qui osent mettre
en question les lois laïques (qu'ils désignent comme liberticides),
c'est-à-dire la vision fondamentaliste et antirépublicaine d'un islam
politique qui n'a rien à voir avec une quelconque orientation spirituelle.
Les complices politiques de cet événement sont irresponsables
(ces islamisto-gauchistes sans culture).
Car ils aident une extrême droite islamiste à prendre en otage
les nombreux musulmans qui ne partagent pas ces visions.
Dans la marche il y avait sans doute des gens sincères, mais aussi
des acteurs de manipulations (l'étoile jaune vue, scandaleuse confusion,
et certains slogans, plus que hors sujet).
Bonne mise au point... "Islamophobie : pourquoi je ne manifesterai
pas le 10 novembre". L’édito de Michel Taube -
Opinion Internationale...
https://www.opinion-internationale.com/2019/11/08/islamop...
 
 
Pas étonnant de ce support, si j'en crois la manière dont ils ont traité le sujet.
Évidemment que le mot islamophobie n'a pas été créé par les Iraniens, il est attesté depuis le début du XX ème s. Mais c'était par des orientalistes voulant mettre en garde, alors, la méconnaissance, par des administrateurs, de l'islam. Sauf que depuis il a été récupéré par des gens qui n'ont pas du tout la même optique. Et qui effectivement refusent tout regard critique sur l'islam, et font des amalgames en dénonçant toutes les options laïques et mettent dans leurs listes de faits islamophobes des expulsions d'islamistes ou des fermetures de lieux porteurs de discours de haine. De plus le contexte a changé, la connaissance est autre. Culturellement il y a une ouverture à l'oeuvre d'auteurs, islamologues ou mystiques.
Quant aux références, dans cet article, elles sont une preuve de leur méconnaissance.
Le Pen pour dévaloriser les vrais laïques et les assimiler à l'extrême droite (c'est exactement le discours des islamistes).  Et Messaoudene qui est un personnage plus que problématique, antilaïque militant, et auteur de déclarations qui sont inadmissibles. Cet individu qui blague après l'assassinat monstrueux des enfants à Toulouse par Merah...! Aucune info sur ce qu'il est réellement. 
Et bien sûr le rappel de l'aversion visant C. Fourest, en la légitimant, puisque mentionnée comme normale. Aversion qui est née surtout de son opposition à T. Ramadan,  notamment sur le choix de celui-ci du "moratoire" au sujet de la lapidation des femmes adultères (elle qui savait ce qu'il en était de ses adultères et viols présumés - objets de plaintes et enquêtes depuis - par des témoignages reçus). 
 
Ce mot est celui d'un refus des lois républicaines (cf. texte d'appel à la marche) et du respect de la laïcité,  dont droit au blasphème, au changement de croyance ou au rejet des croyances institutionnalisées (qu'on soit agnostique ou athée. - agnostique ne signifiant pas forcément loin de toute spiritualité, mais libre à ce sujet). 
Le rejet des musulmans en tant que tels a un nom, musulmanophobie. 
La phobie de l'islam ou des autres religions est un droit. D'autant plus que le fondamentalisme de l'islam politique a donné plus que des raisons de crainte. 
 
Il vaut mieux relire des rappels de qui sont les certains leaders autoproclamés.
 
 
Plus, note de blog de Naëm Bestandji... https://www.naembestandji.fr/dossiers/ccif/accuse-detre-u... ?
 
Ceci aussi est important. Un des faits de la manif. Provocation de Marwan Muhammad, autre personnage sulfureux, la mauvaise foi des justifications (cautionnées par Libération et démontées par Marianne)...

31/03/2017

Le livre de Charb...

CHARB.jpgOui. Le livre de Charb sur la notion d'islamophobie vaut lecture et réflexion. Il est nécessaire. Deux points me gênent cependant dans ce bref ouvrage dense : la conviction communiste un peu butée, et la certitude athée, avec un certain mépris pour ceux qui ont une foi quelconque. Il pense que seul l'athéisme est le choix rationnel, cela est un peu arrogant, alors que l'athéisme est une croyance comme une autre (seul l'agnostique laisse le doute rationnel ouvert, d'une part, et, d'autre part, les grands textes mystiques sont le signe d'unie évidente maîtrise de la raison, que leurs auteurs confrontent à leur expérience d'un mystère transcendant...). Mais tout le reste est essentiel. Totalement. Car il pose les principes d'un absolu refus des manipulations idéologiques, quelles que soient leurs sources. Et parce qu'il permet d'inscrire des principes clairs, qui peuvent servir d'éclairage pour dénoncer des manoeuvres intégristes et des complaisances inacceptables…

Ce qui est inquiétant c’est que des représentations scéniques de ce texte (spectacle créé par le metteur en scène Gérald Dumont) ont été annulées par deux fois (Lille et Avignon). 

LIENS… 

Article du Monde, 2015. « Le livre posthume de Charb » … http://lemde.fr/2olfu6l  

Le spectacle programmé refusé à Lille et Avignon. Une forme de censure. Page sur LCI, « La lettre de Charb aux escrocs de l’islamophobie fait-elle peur? »… http://bit.ly/2nG0BIB 

Article du Figaro, « Le pamphlet posthum de Charb sur l’islamophobie censuré à Lille »… http://bit.ly/2orHXV0 

Page de l’éditeur, Librio… http://www.librio.net/Albums_Detail.cfm?id=50440 

Excellent résumé sur la page de Decitre… http://bit.ly/2ok95YG 

21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

kamel daoud,daoud,chroniques algériennes,algérie,journalisme,idéologie,islamisme,islamistes,salafistes,islamophobie,intégristes,intégrisme,laïcité,religions,islam,musulmans,identité,peurs,politique,imaginaire,haine,autre,frères musulmans,liberté,pensée,critique,presse,inquisitionJ’ai lu la chronique d’Aziz BenyahiaAlgérie-Focus, publiée le 19-02-16, publiée aussi sur la page Facebook « Chroniques algériennes » sous le même titre  « Notre soutien sans faille avec Kamel Daoud »… (J’ai  posé ma réaction en commentaire sur la page FB).  Voici ce que j’ai écrit : 

Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

J'ai lu « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix idéologiques et des objectifs. (Le lien ne fonctionne plus).

Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

......

MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali, 22-02-2016. Synthèse remarquable. CITATIONS : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Polémiques destructrices causées par des censeurs...

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Que ce soit dans Le Quotidien d'Oran (cf. illustration), ou que ce soit sur d'autres supports, on lit... pour plus de lucidité, pour un miroir qui nous renvoie des questions souvent douloureuses. Pour plus d'être. Voir ici ses chroniques reprises sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

 .

Choquée en lisant dans Le Monde une tribune hostile (agressive, violente, fermée), et attristée en lisant sa réaction, car on y lisait la lassitude de l’auteur devant l’incompréhension malveillante, j’ai posé un commentaire au post publié, m’adressant à lui, comme d’autres internautes, lecteurs. Puis j’ai repris ce commentaire, tel que, en le modifiant à peine, juste en l’adaptant aux destinataires. (mediateur@lemonde.fr et courrier-des-lecteurs@lemonde.fr). Faire passer le message au journal. J’ai précisé que j’en faisais une copie sur mon blog. 

Et c’est ceci : « Tristesse, immense, en lisant la tribune contre Kamel Daoud (sans aucun commentaire du Monde, qui n’aurait pas dû publier cela…). Et tristesse immense en lisant la chronique de Kamel Daoud, où la lassitude est telle devant toutes ces attaques que celui qui a été primé meilleur journaliste (mais est aussi la cible d’une menace de mort)  serait prêt à tout arrêter. On a tous besoin de grandes consciences. Et il en est une, majeure. Il est un des grands esprits algériens, qui fait honneur à la fois à ce pays, à la francophonie, et à l'humanité libre de penser. Ceux qui ont signé cette abjecte tribune (qui se disent intellectuels, affichant leurs titres, mais qui apparemment ne savent pas lire puisqu'ils n'ont rien compris) sont les complices objectifs des intégristes. (Et le Monde avec eux, en leu donnant cet espace). C’est grave d’'avoir accepté de publier cette infamie signée à plusieurs. Nous sommes dans une période où les aveugles et les complaisants règnent. Nous devons tous nous dresser, chacun comme il le peut, contre l'obscurantisme (et tous ses visages) : écrivains, blogueurs, poètes, artistes. En signant. ll y a bien plus de gens qui le lisent et le soutiennent que de gens comme ces auteurs d'une lâche tribune, ces infirmes de la pensée. Ils ont fait une faute grave. "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle" a écrit Lautréamont. La leur ne sera lavée par rien, sauf par l'aveu de leur ignorance et de leur faillite idéologique. Et celle du Monde? »

….

Donc, je reprends ici les textes de Kamel Daoud. Et deux réactions (de deux femmes) qui s’opposent aux censeurs « bien-pensants »… 

La chronique de Kamel Daoud, suite aux attaques ignobles (tribune parue dans Le Monde, après la sienne, et déformant le sens de ce qu’il disait). « Lettre à un ami étranger » : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224963  

CITATION : « J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie. /  Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses. / D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. » Suite sur la page du journal…

La chronique précédente qui a déclenché les foudres des censeurs autosatisfaits. Kamel Daoud montrait le double jeu de renvois fantasmatiques, pour démonter les pièges idéologiques, tout en affrontant les questions, refusant le déni de réalité  (des uns) et les projections racistes (des autres). « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 31-01-16  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li... 

Il a publié aussi une réflexion sur la sexualité et le rapport aux femmes, NYTimes, 14-02-16, « La misère sexuelle du monde arabe ». (Refuser les tabous, regarder en face les situations, causes et conséquences). Texte en français : http://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-miser... 

Un autre texte de Kamel Daoud me semble important, dans ce débat. Car c’est bien la question du sujet de la conscience qui est en jeu ici. On veut enfermer l’auteur dans des silences exigés par le « nous », la communauté, l’appartenance figée, et lui interdire la pensée du « je ». (Alors que, comme l’inscrit la blogueuse en exergue, nous sommes pluriels, et que comme l’analysent Amin Maalouf et Amartya Sen dans leurs livres, nos identités ramenées à des singularités obligatoires sont des prisons.)

Ce texte est celui-ci, "Le procès permanent du 'je' par le 'nous'" : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224664 (Citations : « Le crime est celui d'avoir donné de l'encre à la voix ou d'avoir écrit ce que chacun dit. Le crime est la dénonciation de l'entre-nous, la transgression du murmure clandestin de sa propre culture. Le crime est la voix et le porte-voix. /  Et cela vous use. /Sous l'inquisition d'un Occident en pleine errance d'âme, qui essaye de trouver en vous le chamane de ses angoisses, le témoin de ses convictions peureuses et la preuve de ses théories sur l'Autre. / Sous l'inquisition des siens qui vous lapident pour votre singularité, ne comprennent pas le ‘je’  dans l'étable du ‘nous’ dominant, ne s'expliquent pas votre vision sauf sous l'angle de l'alimentaire, ne peuvent voir plus loin que la théorie du complot et la salive de l'âge d'or mort et enterré. / Piégé, sommé, obligé, repoussé, brûlé, incompris et soupçonné ou trop coloré et aromatisé comme un exotisme trop convenant. / Texte tarifé ou sommation du groupe. » (…) « C'est alors que l'épuisement guette la clairvoyance. ».

Et j'ajoute ce lien, sa réflexion sur les fascismes, entretien, dans Le Devoir  http://www.ledevoir.com/culture/livres/456378/tous-les-fa... 

...

La chronique sur Cologne a donc déclenché l’hostilité de gens se déclarant anthropologues, historiens, sociologues (cela ne donne pas une bonne idée de ce que peuvent être ces sciences humaines dans les mains de tels signataires…). Leur texte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantas... (MISE à JOUR, 23-02-16. Mais QUI sont-ils vraiment? Lire cette note sur l'identité idéologique des signataires en question... http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. ») 

Voici une réaction à cette tribune hostile à Kamel Daoud. Par une juriste, Soraya Addi, qui insiste aussi sur le ridicule d’un chroniqueur condescendant qui s’exprime dans Algérie-Focus, pour défendre, en fait, la loi du silence et critiquer Kamel Daoud). Nouvel Obs, LePlus: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482058-kamel-da...  (CITATION / « Que l'on soit d'accord ou non avec les articles "Cologne : lieu de fantasmes" et "La misère sexuelle du monde arabe", on ne peut nier que Kamel Daoud a permis, dans un éclat international, d'ouvrir le débat sur un sujet enfermé dans un silence de plomb et qui ne pouvait être abordé qu'à l’extérieur du monde musulman mais qui, grâce à sa traduction en arabe par le "New York Times", atteindra le premier public concerné. Car il est nécessaire que les sociétés musulmanes modérées prennent conscience du profond malaise que génère le tabou du sexe afin de combattre les clichés dévastateurs propagés par les islamistes. Et ni la peur de l’islamophobie occidentale, ni la honte du regard extérieur posé sur les souffrances du monde arabe ne devraient être des obstacles à ce combat. ») 

Une autre réaction, une femme encore, une blogueuse qui met en exergue de son blog ses identités plurielles : « La dangereuse guerre du silence faite à Kamel Daoud sur la terre de la liberté d’expression » : https://journaldunebougnouleeclairee.wordpress.com/2016/0...  (CITATIONS :  « Chers Mesdames et Messieurs les anthropologues, historiens et sociologues bien-pensants, permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous avez tort. En tant que femme, musulmane, française de naissance, algérienne ayant vécu une décennie en Algérie, permettez-moi de vous dire que vous avez tort. L’islamophobie que vous devriez combattre n’est pas celle de Kamel Daoud mais la vôtre. En effet dans son premier texte, comme dans le second publié par le New York Times « The sexual misery of the Arab World », M. Daoud ne blâme pas l’Islam pour le rapport malsain des musulmans au sexe, mais l’Islamisme. Or dans votre lecture hâtive vous avez fini par assimiler ces deux très différentes notions, et c’est cela l’Islamophobie. » (…) « La France est un pays qui n’aime pas les tabous, et pourtant ici comme ailleurs, il y a culturellement des choses qui se ne disent pas. Or dire que le monde musulman a un rapport malsain au sexe n’a rien de choquant, certaines femmes sont cachées sous des draps sombres, il n’y a pas de preuve plus criante que cela. C’est un appel nécessaire qui aspire à un changement aujourd’hui vital. »)

20/01/2016

Deux fois le féminin pour interroger le rapport au religieux et à la société...

Les communautés qui affrontent le plus d’hostilité actuellement sont les Juifs et les Musulmans, en France. L’antisémitisme a des effets plus dramatiques car il entraîne l’adhésion à des idéologies meurtrières, mais les agressions contre les musulmans ont triplé, d'après les dernières statistiques. Cependant, malgré cela, les actes antisémites sont deux fois plus nombreux, 806 dénombrés en 2015, pour 400 actes antimusulmans (actes dont le nombre est contesté par certains* quand des associations spécifiques intègrent à cela des réactions à des pratiques discutables ou à des discours de haine : expulsions d'imams qui se mettent hors la loi). Les uns et les autres subissent des stigmatisations d’une sorte ou d’une autre. Cela interroge le rapport des individus à l’idéologie, et à la religion, quand elle devient soit le prétexte à se faire haïr ou tuer soit le prétexte pour haïr et tuer. Poser les bonnes questions et trouver des éléments de réponse, cela dépasse de loin le seul débat intellectuel mais devient une question de survie. « Sauver » est le terme qu’utilisent les mères de la Brigade des mères. Résoudre les conflits, y compris celui qui oppose Israéliens et Palestiniens et entraîne souffrances et morts, c’est un des thèmes de la réflexion de Delphine Horvilleur, qui rappelle l’assassinat de Yitzhak Rabin.

* (cf. une tribune d'Eric Conan, dans Marianne du 15 au 21 janvier, qui traite de la laïcité et de la polémique déclenchée par un interview d'Elisabeth Badinter, qui posait la question de la nécessité de pouvoir critiquer toutes les religions, islam compris - alors que le mot "islamophobie" est souvent utilisé pour faire barrage à tout questionnement...)

Voilà ce qu’écrivent en tête de leur site des femmes musulmanes, antiracistes, et désireuses de sortir des pièges de la victimisation ou de la radicalisation : « Nous sommes toutes Mères et françaises. Nous allons lancer des ponts de la connaissance entre les banlieues et les centres villes, entre Paris et Sevran, et créer l’Ecole de la République des Mères. Nous voulons que les lois de la République soient appliquées pour sauver les Mères et les enfants. Nous sommes contre la Radicalisation, l’Islamophobie, L’Antisémitisme, la Victimisation, le clientélisme. C’est terminé. » Nadia Remadna : http://www.brigadedesmeres.org ((Pour ma part je préfère parler de haine des musulmans, ce qui rejoint une forme de racisme, que d'islamophobie, ce terme d' "islamophobie" restant controversé car au spectre trop large et à la définition floue : qu'entend-on vraiment par cela? Si c'est le questionnement de l'idéologie associée à une certaine vision de la religion, ce questionnement est légitime et nécessaire. Si c'est le refus d'accepter la foi des croyants, et par extension ces croyants, c'est problématique. Dans quel cadre peut-on faire entrer la critique de l'islam radical, politique? Dans quel cadre peut-on faire entrer un regard critique sur le fondamentalisme? L'antisémitisme, par exemple, ne recouvre pas la critique qu'on peut faire des postures intégristes de certains courants juifs (et que les Juifs laïques font eux-mêmes) : il recouvre clairement la haine des Juifs en tant que Juifs. La Brigade des mères entend certainement par islamophobe la haine des musulmans en tant que tels...))

Delphine Horvilleur, elle, rabbin libéral, parle du féminin, du « va-et-vient entre le texte et l’humain », qui est central dans la pratique religieuse, et elle évoque les positions conservatrices, en France, des instances religieuses (et des mentalités) en général. Elle invite ainsi à un questionnement intime et social, en relation avec l’actualité et la résolution des conflits. Car « l’altérité est au coeur du conflit ». Elle nomme le fondamentalisme (présent dans toutes les religions : on l'a vu lors des débats sur le mariage pour tous...) qui est une fermeture qui fige tout, pensée et langage, codifie les comportements (en utilisant notamment la notion de pudeur pour dominer la femme), empêche la liberté : http://www.telerama.fr/idees/le-rabbin-delphine-horvilleu...

09/02/2015

ISLAMISME, triple piège...

ISLAL CHAHLA  CHAFIQ.gifMINARET ensanglanté.jpgLA LOI de DIEU.jpg

 

((Piège? Triple? Oui. Ne pas voir les masques du fondamentalisme. Ne pas voir les masques de ceux qui attisent peurs et amalgames. Ou, complices objectifs, creuser les failles en croyant combattre l’intégrisme...))

[SOMMAIRE  de cette note : EXERGUES, citations : Imre Kertesz (entretien, Le Monde, 28-01-15, sur la présence toujours recommencée de l’ombre du fascisme), Jacques André (démocratie et inconscient), Wole Soyinka (entretien, JDD, 08-0-215, sur sa colère contre l’aveuglement des pouvoirs devant l’évolution de la radicalité islamiste, celle des « agents d’un fondamentalisme à l’échelle du globe »)/ REFLEXION personnelle (Comprendre : mon commentaire, en italique) / + CITATION (Fatih Akin, sur responsabilité de tous)... / + SUITE REFLEXION / Et... REVUE de LECTURES (résumés, citations, liens) : Kamel Haddar (directeur d’Algérie-Focus/analyse des failles), Rochdy Alili, historien (D’où vient le fanatisme musulman ? Rigorisme et radicalisation...), Joseph Yacoub, universitaire ( les causes plurielles de ce terrorisme), Slim Laghmani , journaliste (dire la distinction islam/islamisme ne suffit pas : ce n’est pas entendu car on s’y prend mal – il faut expliquer comment cela fonctionne pour distinguer)/ Ali Malek, écrivain (l’esprit du Coran est trahi par les oulémas, le problème vient des hadiths : l’islam des islamistes a les mêmes « maîtres » depuis le XVIè siècle – et les signes religieux apparents revendiqués comme formes spirituelles, voile ou halal, sont des marges hors spiritualité authentique qui donnent une image faussée de la religion, dans le déni des valeurs)/ Abderrahman Al-Rached, directeur du plus important quotidien panarabe,  dénonce « Le crime des manipulateurs » / Chala Chafiq, analyse en sociologue les motivations des jeunes séduits par l’islamisme (et elle met l’accent sur l’idéologie, négligée quand on ne voit que le djihadisme, qui en découle) / Dalal El-Bizri nous donne des éléments pour comprendre comment la parole sur l’islam, dans des pays musulmans, peut-être une cause d’angoisse, un risque majeur pris, et que cela induit une double peur : « pour » et « de » l’islam,    Islamophobie » interne(« intime »), qui est en miroir de la peur de l’islam vu de l’extérieur... / Wole Soyinka    dit sa colère devant l’insuffisante lucidité des gouvernements successifs du Niger, qui n’ont pas mesuré à temps la force et la violence de la radicalisation islamiste, et la dimension mondiale du fondamentalisme militant. / Pierre-Jean Luizard analyse le danger de l’universalisme calculé de Daech et son projet de choc, non entre Orient et Occident (comme le croit Huntington), mais entre deux mondes : croyants (quelles que soient leurs origines), et incroyants (fussent-ils Arabes ou musulmans de culture, mais mauvais musulmans selon les critères de Daech /  Gilles Kepel  (spécialiste de l’islam) constate que Daech est en train de mettre en place la stratégie  de l’idéologue syrien Abou Moussab al-Souri (dont il a traduit les thèses), visant la provocation d’une situation de guerre civile entre musulmans et non musulmans (par la revendication au nom de l’islam pour développer le rejet de ces derniers et leur radicalisation en réaction). Utiliser les fractures et les accentuer (le choix des cibles est pensé aussi dans ce but... La réponse ? Le 11 janvier en était une (‘sursaut’, ‘digue culturelle’. Donc... digues similaires.../ Philip Stephens  met en garde (Financial Times, Londres) contre la dangerosité idéologique et politique du FN, toujours présente, malgré les camouflages de la ‘dédiabolisation’.../ ENTRETIEN avec José Luis Zapatero, ex-Premier ministre socialiste espagnol. Le Parisien, magazine. Des réponses après les attentats... (laïcité et démocratie, pluralisme religieux, dialogue interreligieux, rejet du message anti-immigration, discours d'intégration...) / LIENS complémentaires : ARTICLES, BLOGS et sites, LIVRES ]

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 EXERGUES...

« Jusqu’à aujourd’hui, je me suis appliqué à étudier la façon dont s’élabore la langue de toutes les dictatures. » (...) « Mon souci principal, encore une fois, est d’analyser la manière dont les gens sombrent dans le totalitarisme. » (...) «  Avant même les attaques de janvier à Paris, j’avais fait la remarque que l’Europe était en train de mourir de sa lâcheté et de sa faiblesse morale, de son incapacité à se protéger et de l’ornière morale évidente dont elle ne pouvait s’extraire après Auschwitz. La démocratie reste impuissante à se défendre et insensible devant la menace qui la guette. Et le risque est grand de voir les gardes-frontières qui entreprennent de défendre l’Europe contre la barbarie montante, les décapitations, la ‘’tyrannie orientale’’, devenir à leur tour des fascistes. Que va devenir l’humanité dans ces conditions ? Auschwitz n’a pas été un accident de l’histoire, et beaucoup de signes montrent que sa répétition est possible. » (...) « Je ne crois nullement que chaque Allemand porte le nazisme dans ses gènes, et je suis sur ce point en désaccord avec l’historien américain Daniel Goldhagen (...) pour qui il aurait existé un ‘antisémitisme exterminateur’ spécifique à l’Allemagne »

 Imre Kertesz. Entretien, Le Monde, 28-01-15 : http://www.lemonde.fr/international/article/2015/01/27/auschwitz-n-a-pas-ete-un-accident-de-l-histoire_4564126_3210.html

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« L’inconscient est un sauvage, jamais la démocratie ne sera l’héritière de l’inconscient. Elle se fera toujours contre lui, il n’y a ni égalité ni fraternité dans l’inconscient. S’il y a une liberté, c’est une liberté absolue et sauvage. »

Jacques André, psychanalyste (Entretien, propos recueillis par Natalie Levisalles et Eric Loret, Libération, daté 14-01-2015 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/13/dieu-c-est-un-autre-nom-pour-le-surmoi_1180025 )

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« Avant d’être un Nigerian et un Africain, je suis un être humain. Je ne me sens pas agressé en tant que Nigerian dans un pays souverain mais en tant qu’homme face à des crimes contre l’humanité. » 

Wole Soyinka (Prix Nobel de littérature 1986), entretien, JDD, 08-02-15 : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Wole-Soyinka-Prix-Nobel-de-litterature-Le-Nigeria-se-rend-compte-que-le-gouvernement-s-est-reveille-trop-tard-717128  

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Comprendre ce qui est en jeu... Islamisme...? Le rigorisme rigide porte en lui les germes d’une possible radicalisation, qui, elle, peut mener au pire, mais il n’est pas toujours prêt au pire. Le djihadisme, politique, qui semble exacerber le religieux, en fait s’en éloigne de plus en plus, tout en le théâtralisant, et en y trouvant le prétexte de choix sinistres, pour se diriger vers un nihilisme qui explique les dérives monstrueuses vers de plus en plus de violence et vers des crimes contre l’humanité. Donc quand on voit dans le musulman authentique, pratiquant (ou simplement croyant) un complice virtuel du terrorisme, on fait un contresens dramatique (quelles qu’en soient les motivations) et on crée le terrain des discriminations. (Cela ne contredit pas la nécessité, pour l’islam contemporain, de faire un travail de relecture, décryptage, tri, et la refonte rationnelle des références et interprétations : comme c’est nécessaire dans toutes les religions, et dans tous les systèmes de pensée. Lire les éditoriaux de Ghaleb Bencheikh sur le site de 'Religions pour la paix'. Il réagit aux crimes et attentats avec colère. C'est un message d'urgence... Mais la refondation qu'il réclame - lui et tant d'autres - n'est pas aidée par les complaisances idéologiques et politiques de La France à l'égard de dictatures qui instrumentalisent la religion pour opprimer gravement, torturer, emprisonner qui veut penser, et écraser les femmes.) 

Contresens, oui, que la confusion musulman/islamiste potentiel. Car l’authentique rapport au religieux, au sacré (importante dimension culturelle) crée un rapport différent avec soi-même, et donc avec autrui. Spiritualité, d’un côté, qui fonde une éthique, une esthétique, un lien avec la vie, un rapport différent avec le corps, la joie  possible, le rire possible. Spirale du vide, de l’autre côté, où il n’y a plus de conscience-sujet, en soi, et plus de sujet perçu dans les êtres, hors de soi : on peut alors manipuler, torturer,  massacrer : vide intensifié par le collectif et par des références erronées, par un pervers rapport au langage. Et cela attire, comme si c’était un trou noir destructeur, toutes les fragilités, marges de délinquance, tous les désespoirs suicidaires, la part sombre des êtres. On oublie parfois, quand on écrit sur cela (presse, sites), les questions déjà posées par les systèmes de  terreur passés. Fascisme, nazisme. Pourquoi tant suivent ? Instinct de mort... Et on oublie cette « banalité du mal » interrogée par Hannah Arendt, peu comprise souvent. (Il n’excuse rien, ce regard sur les êtres et le fonctionnement des systèmes totalitaires : il ramène à l’interrogation sur l’humain, et devrait nous faire relire Robert Antelme, Primo Levi, Charlotte Delbo, Imre Kertesz...). 

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Fascisme tapi dans l’islamisme... (titre de ma note précédente...). Tapi, oui (au double sens de genèse et de masque). Mais, toujours, garder en mémoire que l'idéologie politique n'est pas la réalité religieuse. (Quand l'islam, en tant que source religieuse, porte en lui ce qui a pu produire la haute spiritualité, la haute sagesse qu'est le soufisme - à dimension philosophique, et éthique). Donc.... la cause est-elle si caractérisée qu’on puisse se contenter de  « désigner » et, réfugiés dans la peur, mettre un confortable écran entre les coupables et nous. (Quand on voit, par exemple, les Kurdes combattre Daech/EI, pour eux - et pour nous, soyons-en conscients... Peu aidés, longtemps abandonnés. Quand on voit, dans certains pays, des milliers de musulmans se faire massacrer : musulmans, eux, d'abord.). Les maladies de l’humanité sont nos maladies à tous. Guerres et meurtres, massacres et génocides. Comment faire cesser si on en ignore le rôle de symptôme ? C’est ce que veut nous dire aussi, d’une certaine manière, le réalisateur turco-allemand de « The Cut », Fatih Akin, héritier de l’histoire turque (le génocide arménien sur lequel il fait son film) et héritier, autrement, de l’histoire allemande, par la naissance, le lieu de vie, la culture partagée, l’identité partagée, la langue partagée (donc héritier d’une autre appartenance historique à penser). Il se pose doublement cette question de la confrontation au réel historique et actuel. Pour lui, d’abord, les deux génocides, dans le passé, dans l’histoire, puis l’islamisme, dans notre présent.  « ‘’Ce n’est pas une question de culpabilité, c’est une question de responsabilité. Avant, en tant que turco-allemand, je me disais  ‘ l’Holocauste n’est pas mon crime. J’ai mon propre génocide à affronter.  Aujourd’hui, je me dis que l’Holocauste comme le génocide arménien sont de notre responsabilité à tous. Pas en tant que Turcs ou Allemands, en tant qu’humains.’’  De même, il voit l’Etat islamique comme "le sanglant syndrome d’un monde malade depuis longtemps". ’La vraie question, c’est celle des racines du mal. ‘’ ». Libération, Fatih Akin, portrait,par Cordélia Bonal, « Portrait »/ « Bosse fort la mémoire », 14-01-15 : http://www.liberation.fr/culture/2015/01/13/fatih-akin-bosse-fort-la-memoire_1179963

Syndrome, symptômes, responsabilité... Questions qui font retour à l’histoire religieuse, et histoire générale... (Comme le font les auteurs d’articles qui suivent, plus bas, citations qui ouvrent des perspectives de pensée). 

Et, à l’autre bout, que dire à ceux qui ne sont pas séduits du tout (à juste titre!), mais qui, au contraire, devant les crimes et attentats, revendiqués au nom de l’islam (« au nom d’une lecture pervertie du Coran » comme le dit l’écrivain nigerian Wole Soyinka, voir ci-dessous, un entretien du JDD), ont peur...  Peur des terroristes (c’est normal), mais aussi de la religion, de l’univers de la religion dont se réclament les terroristes. Glissement apparemment logique. Qui peut induire une crainte de ceux qui appartiennent à cette culture. Crainte et rejet qui stigmatisent des gens, sous prétexte d’identité religieuse. Qu’ils arborent des signes ostensibles et aient des revendications remarquées... Ou  qu’au contraire, s’exprimant comme n’importe qui d’autre dans le pays, dans la banalité d’une réalité française commune, ils ne vivent leur religiosité, leur spiritualité, que très intimement.

Cependant cette opposition même est excessivement binaire : n'y-a-t-il choix qu'entre, d'une part, la mise en scène des corps, des gestes, ou des rites, et, d'autre part, une retenue qui fasse complètement disparaître de la sphère sociale toute dimension spirituelle ou religieuse. L'équilibre, je crois plutôt, est dans la tension entre les deux. Il faudrait s'inspirer de ce que dit François Cheng sur le vide médian, que, selon lui la culture occidentale ne comprend pas bien de la culture chinoise. Ni yin ni yang, seulement, mais aussi l'entre deux qui circule et bouge les formes, les limites, les repères - ou frontières... i noir d'encre, ni blanc transparent, mais un aller-retour entre trop de visibilité et trop peu de visibilité, donc d'existence. Lire la 'Lettre aux candidats' de 'Carrefour des mondes et des cultures'. Elle pose exactement cette question, en 2012... 

Que penser ? Que dire ? Comment comprendre le processus qui efface toute distinction, remplace le mot ‘islamisme’ par ‘islam’ et les termes ‘islamistes’, ‘terroristes’ , par ‘musulmans’ ? Confusion qui agit sur le vocabulaire : jusqu’à parler de ‘musulmans modérés’ parfois (ce qui n’a pas de sens). Jusqu’à entretenir une perception obsessionnelle de la présence de ces derniers dans le paysage social de tous (donc de la réalité à partager), comme si c’était une présence de trop. Jusqu’à dire qu’il ne faut pas parler des risques d'amalgame entre islamistes-terroristes et musulmans, pour dénoncer et prévenir (comme si cela occultait la réalité des attentats, faisait oublier les victimes juives, et l’antisémitisme islamiste - lié au complotisme et au négationnisme). Alors que les revendications d’appartenance religieuse des terroristes désignent automatiquement la masse des musulmans (ou censés l'être) dans une rhétorique immédiate utilisée par les extrêmes droites et voulue par l’Etat islamique/Daech (voir articles...). Ne pas dénoncer le piège c’est tomber dans le piège.

Quelque chose de l’ordre de l’islamophobie (terme controversé, mais ancien, plus qu'on ne le dit : occurrences en 1910-1912...) peut cependant être constaté là  où on n’aurait pas pensé que ce puisse être trouvé : dans des pays à dominante musulmane. Là, c’est le ressenti interne de musulmans, pour des raisons que présente Dalal El-Bizri dans un article publié à Beyrouth. Peur ‘pour’, peur ‘de’...

LIRE...

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Questions sur l’actualité, les sources plus ou moins récentes des faits... Kamel Haddar, Franco-algérien qui dirige le site Algérie-Focus. Bouleversé par les attentats, malgré l’émotion, prend le temps de dire ses colères contre toutes les « inactions » des pouvoirs, contre la « discrimination », réelle, le regard des « médias », irresponsables souvent dans leur manière de jouer avec les peurs, le retrait de la « majorité silencieuse au sein de la communauté française d’origine maghrébine » (« je déteste la victimisation »), les « appels aux musulmans, depuis les attentats, pour qu’ils expriment leur désolidarisation d’avec ces événements »... « Mais... nous sommes Français avant tout ». Il met en question (à juste titre !) « les liens... des pays occidentaux » avec « l’Arabie saoudite ou le Qatar ». « Qui vend des armes à Daech ? Qui a financé le terrorisme au Nigéria, au Moyen-Orient ? Les terroristes se nourrissent au sein des wahhabites. Que les pays occidentaux en tirent les conséquences. » Article à lire intégralement... (Compte-rendu d’entretien paru dans L’Orient-Le Jour (Beyrouth), le 16-0-15, propos recueillis par Emilie Sueur. Courrier international, 22/28-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/22/j-etais-un-sale-arabe-mais-je-suis-francais ) 

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«  Islam : un rigorisme en proie à la radicalisation ». Par Rochdy Alili, historien. Le Monde des Religions, janvier-février 2015. Dossier titré « Les Fous de Dieu », sous-titre : « L’histoire du fanatisme » (Judaïsme, Christianisme, Islam, Hindouisme, Bouddhisme). Le titre est déjà une annonce de l'analyse qui analysera la source de la radicalisation. Lien vers l’article et d’autres titres : http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2015/69/islam-un-rigorisme-en-proie-a-la-radicalisation-17-12-2014-4414_212.php  [Le chapeau de l’étude résume le processus étudié : « Du VIIe au XXe siècle, les islamistes ont honoré les mêmes maîtres et respecté le même dogme, parfois poussé à la démesure. Mais l’histoire récente, ravivant ressentiments et luttes de pouvoir, a vu l’émergence de groupes d’une violence extrême. » /// CITATIONS : « Depuis 1258 jusqu’à la colonisation au XIX è siècle, des figures du rigorisme musulman définissent l’idéal islamique qui va plus tard nourrir la réflexion de l’islam contemporain. » (...) « La colonisation occidentale va contraindre les musulmans à s’interroger. Une pensée réformiste moderniste s’élabore. » (...) « Le socle doctrinal des islamistes s’ancre dans ce que nous avons caractérisé comme un rigorisme (...) aujourd’hui poussé à l’extrême. » (Mais l’auteur définit trois manières de vivre le « puritanisme musulman », ou « salafisme » : le « quiétisme », tendance majoritaire, sans projet politique ; les islamistes politiques mais sans violence, et les djihadistes, politiques,  forgés dans des luttes, et de plus en plus violents.

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Un autre article, même dossier, entretien avec  Joseph Yacoub, non musulman (universitaire, Sciences Politiques, Fac catholique de Lyon), traite du fondamentalisme. « Cet âge d’or où l’islam a rayonné ne sert jamais de référence aux radicaux » / « Pour Joseph Yacoub les arguments religieux des djihadistes n’ont rien à voir avec le fondamentalisme et le rêve d’un retour à une période faste de l’islam. » / Il rappelle que les conflits religieux sont « récurrents » (partout dans le monde), situe la montée du fondamentalisme musulman d’aujourdhui dans les années 1970. Dit de ne pas négliger plusieurs éléments (causalités) comme « le sentiment d’une profonde injustice lié au conflit israélo-arabe, dont on ne dira jamais assez l’importance », « l’échec du nationalisme arabe », « l’absence de démocratie », la « déception » concernant « les politiques menées par l’Occident », la « faillite des partis communistes »...  Mais « la politique des djihadistes » est « intégralement nihiliste ».

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Et donc, ne pas confondre les mots et les gens... Mais ne pas craindre de relier les dérives à ce dont elles se réclament, en le faussant. Islamisme et islam. Pour distinguer, mais autrement. Slim Laghmani met en question les méthodes : « Pour se débarrasser de l'islamisme qui génère le terrorisme et montrer qu'il est différent de l'islam, il faut promouvoir de nouvelles techniques d'interprétation des textes sacrés. ».  Dire que l’islam n’est pas  l’islamisme, dit-il, ne sert à rien. « Que l'islamisme, sans qu'il en ait le monopole, génère le terrorisme, cela on le savait déjà : l'Algérie a compté ses victimes par centaines de milliers dans l'indifférence générale de la société internationale à l'époque [les années 1990]. » Dire que l’islam n’est pas  l’islamisme, dit-il, ne sert à rien.  On n’arrive pas à montrer « en quoi l'islamisme est différent de l'islam »...  « parce que l'on s'y prend très mal ». (...) « Quitte à choquer, je dirais que l'islamisme, c'est aussi l'islam – de même que la Sainte Inquisition, c'était aussi le christianisme. La question n'est pas de savoir ce qu'est l'islam ou ce qu'est le christianisme, mais comment on les comprend. » Conclusion : i « immense travail » à faire, méthodologique, d’interprétation... Article publié dans Leaders  (Tunis), le 12-01-15. Courrier international, 29/01-04/02-2015 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/13/comment-distinguer-l-islamisme-de-l-islam

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Travail d’autant plus nécessaire, note l’écrivain Ali Malek, que l’esprit du Coran a été trahi par les oulémas « en s’appuyant exclusivement sur les hadiths, ces paroles prêtées au fondateur de l’islam ». Et, conclut-il,  « Les musulmans européens font un grand tort à leur religion en la réduisant au port du voile et à la viande halal. Il y a dans le Coran des valeurs plus importantes que la prière, le ramadan et le pèlerinage réunis. ‘Dieu ordonne la justice, la bienfaisance...’ ». Car « Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. ». Et « Tous les problèmes qui collent à la peau des musulmans proviennent de cette chose qu’on appelle le hadith. » (Raisons factuelles de l’apparition des hadiths ‘’sur leur route’’ ». Et... « Oussama Ben Laden est un pur produit des compilations de hadiths. » : Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. Le Monde,  31-01-15, "Comment l'islam est perverti par ses fidèles": http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/31/comment-l-islam-est-perverti-par-ses-fideles_4567342_3232.html

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Pourquoi le terrorisme peut-il se répandre et perdurer ? Parce que des pouvoirs, des médias, des représentants institutionnels le justifient et le soutiennent. Criminels à blâmer, à dénoncer, plus encore que les terroristes, dit Abderrahman Al-Rached, directeur du plus important quotidien panarabe,  dénonce « Le crime des manipulateurs », (Asharq Al-Awsat, Londres, 08-0-15, et Courrier international, 15/21-01-15). CITATIONS : « Il s’agit du même constat : l’extrémisme est le fait de musulmans. Les lieux du crime sont différents, mais la source du crime est la même. / Nous traversons une énorme épreuve. C’est le début d’une avalanche de violences. Elle prend sa source dans des idées, est organisée par des terroristes et dispose de beaucoup de moyens. » / (Il évoque le complotisme, les mensonges de ceux qui justifient les crimes) / « Ces “justificateurs” couvrent les terroristes et leur donnent une légitimité. » (...) « Ce sont eux qui, depuis des années, ont permis au terrorisme de s’implanter dans notre région. De couverture médiatique en justifications politiques et soutiens financiers, leur crime n’est pas moindre que celui des terroristes eux-mêmes. » (...) « Paris est pris pour cible par les mêmes idées, armes et médias qui pourrissent notre région ». http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/08/le-crime-des-manipulateurs

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« Pourquoi  l’offre islamiste séduit une jeunesse en  mal d’héroïsme ». L’analyse que fait Chala Chafiq dans Le Monde du 06-02-15 (sociologue, écrivain) part des paroles des jeunes eux-mêmes (recherche menée à Lille en 2008-2009), qu’elle analyse. Elle met l’accent sur la dimension idéologique, disant qu’on la néglige, alors que, pourtant,   « le djihadisme est une des facettes de l’islamisme », qui « travestit la religion en une idéologie à caractère totalitaire ».  La fascination pour une telle idéologie tient au fait qu’elle répond à des besoins complexes et même parfois contradictoires, explique-t-elle. On donne des « règles », il y a des « interdits » : cadres qui rassurent, et obligations qui permettent d’échapper (pas de choix libres) aux « doutes inhérents à la liberté ». Ensuite on propose une « hiérarchisation sexuée » : séduisante pour les garçons qui considèrent que l’égalité hommes-femmes est un leurre, et pour des filles qui ont envie d’être soumises, croyant que l’amour est « obéissance », parce qu’elles ont intériorisé cette idée de l’infériorité des femmes... « Double essentialisation » du « monde musulman » d’un côté », et de « l’Occident », de l’autre (l’un idéalisé et devant « se défendre », l’autre diabolisé, car vu comme  « raciste » et « islamophobe », et... « pro-juif »... Réduction « du culturel au cultuel », « sentiment d’appartenance à une oumma attaquée ». Idéologisation du « djihad ». « Trouver du sens et des liens », « ordre et rébellion » à vivre dans le même cadre... cela répond à des demandes de jeunes. Chahla Chafiq dit donc que le rappel à la loi ne suffira pas. Qu’il faut « proposer une offre alternative forte » dans l’éducation.  Pour amener les jeunes à « se construire dans l’autonomie et la pensée critique. »

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 « L’islamophobie commence au Moyen-Orient ». Al-Modon (Beyrouth), le 18-01-15, Courrier international, 29-1/04-02-2015. Dalal El-Bizri (sociologue spécialiste des mouvements islamistes contemporains) part d’un constat. En 2004, un crime est fait en accusant l’assassiné d’islamophobie. Peine de mort directe pour... islamophobie. Ce terme, dont, contrairement à ce qui est dit, on trouve des occurrences anciennes, a été réactualisé, en quelque sorte, par les idéologues de l’islamisme pour justifier des crimes, ou simplement la répression, quand toute critique, même interne, devient suspecte d’islamophobie. : « Theo van Gogh, le réalisateur d’un film [Soumission] jugé “offensant pour le Prophète”, a été assassiné en 2004 (lire aussi p. 38). Alors qu’il lui assénait des coups de couteau, l’assassin répétait : “Tu es islamophobe ! Tu es islamophobe !” C’est n’est pas une blague, mais la réalité d’un crime qui ressemble à des dizaines d’autres, si ce n’est des centaines, commis par des islamistes contre des Juifs, contre des artistes, contre des journalistes ou contre d’autres que les islamistes ... prennent pour cibles. » Son analyse est très intéressante, car rare, et convaincante : logique.  Au lieu de réagir avec agressivité et colère aux craintes concernant l’islam (tout court, islam, pas islamisme), l’auteur les explique : « Or l’islamophobie résulte tout naturellement de tous les assassinats individuels ou collectifs qui ont été commis au nom de la ‘défense de l’islam’. ». Pourquoi l’islamophobie commence-t-elle au Moyen-Orient ? La réponse est là : Islam seule culture et seul sacré « seul et unique héritage, nous n’en avons pas d’autre. » Donc « crainte ‘pour’ l’islam ». Mais cela va avec « crainte ‘de’ l’islam » Car la peur « pour » (institutionnalisée, soutenue, instrumentalisée contre la démocratie) rend dangereuse toute expression un peu distancée... Donc peur. « La peur de l’islam, c’est la peur de la mort, de la mise à l’index, de la prison. » (...) Peur « intime, proche ». A « déconstruire » avec une « montagne de courage ». Et quand les instances officielles parlent des musulmans blessés (par les caricatures par exemple)  elles « font ce qu’on leur demande » (les Etats qui les contrôlent) «  à savoir accaparer la parole de tous les musulmans . »  (Alors que la parole ils ne l’ont pas eue...). Peur... « Peur que les islamistes exportent vers l’Occident. » : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/l-islamophobie-commence-au-moyen-orient

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« Je suis en colère » (titre, papier), « Le Nigeria se rend compte que le gouvernement s’est réveillé trop tard » (titre, site), ENTRETIEN avec Wole Soyinka (Prix Nobel de littérature 1986). Propos recueillis par François Clemenceau, JDD, 08-02-15 : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Wole-Soyinka-Prix-Nobel-de-litterature-Le-Nigeria-se-rend-compte-que-le-gouvernement-s-est-reveille-trop-tard-717128 (CITATIONS: « Le président actuel, ­Goodluck Jonathan, est coupable, avec d'autres, de ne pas avoir compris à quel point ce défi de l'islam radical ne pouvait aller que crescendo. » (...) « Boko Haram / Cette insurrection est barbare, absolument, elle appartient à une "espèce" qui a quitté depuis longtemps la communauté des êtres humains. Mais ils ne sont pas uniquement Nigerians. Ce sont les agents d'un fondamentalisme à l'échelle du globe, avec une capacité de recrutement d'autant plus facile qu'ils se nourrissent d'une lecture pervertie du Coran afin de faire de tous ceux qui ne leur ressemblent pas des ennemis, y compris chez les musulmans. Ajoutez-y les inégalités sociales, la marginalisation, la pauvreté, et le phénomène devient explosif. »

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Piège de Daech... Pierre-Jean Luizard et Gilles Kepel se rejoignent pour dire les pièges dans lesquels il ne faudrait pas tomber, et qui sont d’autant plus dangereux que l’Etat islamique s’appuie sur les failles sociales et culturelles existantes. Sans analyse géopolitique et distance critique, sans informations claires et rappel de certains faits à l’ensemble de la société, nous pouvons être les complices objectifs de la réussite de cette stratégie et laisser venir heurts graves et possible guerre civile, par aveuglement.

D’autant plus que cette stratégie de Daech est aidée, analyse Philip Stephens (Londres), par le jeu pervers du FN, qui, sous le masque d’une dédiabolisation, ne fait qu’adapter sa propre stratégie, qui a pour but de 'faire des musulmans des ennemis du peuple’, suspects, selon les tactiques de Marine Le Pen. (Alors que les Juifs avaient ce rôle principal de suspects du temps du Père à la direction) : père qui est toujours Président d’honneur... ‘Préjugés ethniques’, et ‘altérité’ culturelle suggérée sans cesse, légitiment en fait le racisme et peuvent légitimer la violence.     

« L'Etat islamique veut entraîner la France dans le piège du 'choc des civilisations' », par Pierre-Jean Luizard , Le Monde, 17-01-15 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/16/l-etat-islamique-veut-entrainer-la-france-dans-le-piege-du-choc-des-civilisations_4558056_3232.html  (CITATIONS : « Amedy Coulibaly s’est mis sous l’ombrelle de EI (...)Si cette paternité revendiquée semble difficile à authentifier, il n’en demeure pas moins qu’elle illustre une volonté délibérée du groupe salafiste-djihadiste :internationaliser au maximum le combat qu’il mène contre les « mécréants » (...) « Le terrorisme au nom d’Allah en France vise à susciter des réactions communautaires en chaîne, voire une guerre ouverte entre musulmans et non-musulmans français. » (...) « Loin de se réduire aux caprices d’une idiosyncrasie culturelle barbare, le discours de l’EI a une puissante dimension universaliste qui séduit bien au-delà de sa base arabe sunnite moyen-orientale. Quand on relit ‘Le Choc des civilisations’, de Samuel Huntington, on est frappé du jeu de miroirs qui s’instaure avec les conceptions du salafisme djihadiste. / L’EI reprend parfois mot pour mot les thèses de Huntington afin de mettre en scène un tel choc des civilisations. Il ne s’agit pas d’un conflit entre deux cultures, entre Orient et Occident, entre arabité et monde euro-atlantique, mais d’un choc de titans entre islam et mécréance. » (Dans la conception de l’EI...

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« Daech escompte des situations de guerre civile », par Gilles Kepel, Libération, 14-01-15 : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/14/daech-escompte-des-situations-de-guerre-civile_1180804 (CITATIONS : « Le contexte des attentats, c’est celui d’un mouvement, Daech [l’acronyme arabe de l’Etat islamique, ndlr Libération], qui a identifié ce qu’il estime être des fractures culturelles et confessionnelles dans les sociétés européennes - en particulier la France - et qui agit pour que ces fractures soient approfondies, transformées en failles. Le groupe escompte qu’elles se traduiront par des situations de guerre civile entre des populations d’origine musulmane et les «islamophobes», ceux-ci devenant très nombreux à cause des attaques jihadistes. Les populations musulmanes, elles, se radicaliseraient en réaction, jusqu’à considérer les jihadistes comme leurs héros. Cette stratégie a été énoncée en décembre 2004 par Abou Moussab al-Souri, un idéologue syrien dont j’ai traduit les thèses en 2008 dans mon livre ‘Terreur et Martyre’. Elle n’a pas pu se mettre en place à l’époque, car il fallait qu’elle s’appuie sur les réseaux sociaux et sur la proximité d’un terrain de jihad et d’entraînement - qui n’existaient pas encore. Aujourd’hui, on a YouTube, Twitter et le champ de bataille syro-irakien à portée de charter. » (...) « Dans la communication des autorités, il est fondamental de rappeler à l’ensemble de notre société que, parmi les victimes de prédilection des jihadistes, il y a aussi les musulmans désignés par eux comme ‘apostats’, comme c’est le cas du brigadier Ahmed Merabet qui a été délibérément abattu » (...) «  et que la plupart des victimes de Daech sont des musulmans. »)

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« Marine Le Pen : le diable dans les détails », par Philip Stephens, Financial Times (Londres, 22-01-15), Courrier international, 29-01-15. « Même si le FN a adouci son image, il ne faut pas perdre de vue la vraie nature de cette formation, qui dénonce l’islamisation de la France. » : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/marine-le-pen-le-diable-dans-les-details (CITATIONS : « Dans toute l’Europe, la droite populiste a élaboré un discours qui consiste à faire des musulmans des ennemis du peuple, au même titre que le capitalisme libéral, les Etats-Unis et les élites politiques. » (...) « Et elle (Marine Le Pen / pour « modérer son discours pour l’emporter ») a renoncé au racisme et à l’antisémitisme déclarés qui étaient propres aux militants FN de la génération de son père. Sa fille préfère attiser les craintes de voir la France envahie par les musulmans. Le père était un démagogue endurci, la fille choisit ses mots avec soin. / « Mais même si le FN... »  (...) « Les préjugés ethniques sont présents dans chacune des déclarations de son état-major.  Les mises en garde contre ‘ l’islamisation ’ sont calculées. Elles ont pour but de créer un environnement permissif pour les éléments les plus violents du parti et de semer la peur dans les esprits (...) »  (...) « Marine Le Pen n’a pas besoin de s’en prendre directement aux musulmans. Il  lui suffit d’alerter sur leur ‘altérité’ et de se demander si l’islam et le républicanisme laïc pourront jamais coexister pacifiquement. De même que l’antisémitisme de Père Jean-Marie Le Pen remettait en cause la loyauté des Juifs, Marine Le Pen sème le doute sur celle des musulmans. L’ennemi c’est l’étranger, comme toujours avec ce nationalisme infâme que l’Europe ne connaît que trop bien. »)

Il faudrait conseiller la lecture d'Imre Kertesz aux gens attirés par les thèses du FN, avant et depuis les attentats... Non, il n'y a pas plus de gènes 'islamistes' chez des Français musulmans, ou musulmans de n'importe quel pays, qu'il n'y a de gènes nazis hérités par les Allemands (voir, ci-dessus, exergue...). L'idéologie n'est pas une identité ethnique ou religieuse...

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Après les attentats, et devant les menaces idéologiques et terroristes, comment répondre tant à l’islamisme qu’au FN (et autres extrêmes droites), dangers conjoints... ? Voici une réponse (de plus, dans le débat ample qui nous concerne – réponse de plus mais essentielle et  fort intéressante : nous devons entendre ce qui vient d’ailleurs, frontières proches, regards en proximité aussi, mais regards qui, du dehors, peuvent mettre le doigt sur des manques, rendre plus lucides). Dans le Magazine du Parisien, José Luis Zapatero, qui dirigea l’Espagne après le terrible attentat du 11 mars 2004 à Madrid. (Le gouvernement de droite de José Maria Aznar s’était trompé en attribuant d’abord l’attentat à l’ETA, qui avait effectivement été souvent coupable de terrorisme, alors que la tragédie était causée par Al-Qaïda, donc l’islamisme, pas les séparatistes basques). José Luis Zapatero, ex-Premier ministre socialiste de l’Espagne, fait part de son expérience dans un entretien, l’expérience espagnole donc. Réponses qui ont prouvé leur efficacité (dont certaines peuvent surprendre, en France, comme la décision de légaliser 700 000 travailleurs sans papiers, au lieu de répondre par la peur accentuée des étrangers, des  immigrés...). Mais, surtout, il parle de ce qui favorise le dialogue, et d’une conception de la laïcité qui ne s’oppose pas à la prise en compte du fait religieux

LIRE, Le Parisien, magazine, 06-02-15. « Les Français m’ont ému », ENTRETIEN avec José Luis Zapatero, ex-Premier ministre espagnol. Propos recueillis par Stéphane Loignon : http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/jose-luis-zapatero-les-francais-m-ont-emu-04-02-2015-4505661.php (CITATIONS Je lui ai aussi dit » (à l’ambassadeur de France) « que le terrorisme se combattait avec la police, les services secrets, la coopération internationale, mais qu’il ne pouvait être vaincu qu’avec une action politique, culturelle et idéologique poussant toute la société et toutes les confessions religieuses à rejeter en bloc la violence. »  (...) « Dans notre pays, majoritairement catholique, nous avons promu le dialogue et la coopération avec les religions minoritaires, dont la première, l’islam, compte 1,5 million de fidèles. Avec l’appui des communautés religieuses, nous avons créé, en 2005, la fondation publique Pluralisme et vivre-ensemble, qui mène des actions en faveur de la paix et du dialogue. Nous avons aussi ouvert un observatoire du pluralisme religieux, qui conseille les administrations publiques et les communautés confessionnelles sur l’exercice de la liberté religieuse. » (...) « Les religions doivent s’unir et établir un code dans lequel elles déclareraient que rien n’est plus contraire à la foi que la violence. » (...) « C’est, à mes yeux, la tâche première de la République que de diffuser les valeurs de liberté, de pluralisme et de paix. Pour cela, nous avons fait voter en 2006 une loi qui créait un enseignement ‘d’éducation des citoyens’. » (..) « Le caractère laïque de l’Etat ne doit pas être une limite au dialogue avec et entre les religions. Le fait religieux a des implications sociales, identitaires, culturelles, idéologiques... L’Etat, tout en maintenant sa laïcité, garantie de la démocratie, doit se saisir de cette réalité. Ensuite le message anti-immigration est profondément négatif. Un discours d’intégration permet la paix, le vivre-ensemble et le rejet de la violence. » ).

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LIENS :

Articles complémentaires :

Après les attentats, entretien. Islam et islamisme, djihadisme, antisémitisme associé à ce substrat idéologique, et positionnements des jeunes. Olivier ROY, ENTRETIEN, 11-01-2015 : http://seminesaa.hypotheses.org/2642

Sur les musulmans, les enjeux, la  peur, Olivier Roy, ARTICLE. « La peur d’une communauté qui n’existe pas », 09-01-2015 : http://campvolant.com/2015/01/09/la-peur-dune-communaute-qui-nexiste-pas-par-olivier-roy/ 

« Voile, la crise des valeurs », par Chahla Chafiq et Fatima Lalem-Hachilif, Libération, 16-12-2003 : http://www.liberation.fr/tribune/2003/12/16/voile-la-crise-des-valeurs_455517

« Ramadan antiféministe », par Chahla Chafiq, Fatima Lalem, et Maya Surduts, 12-11-2003 : http://www.liberation.fr/tribune/2003/11/12/ramadan-antifeministe_451498

« La gauche radicale a eu tort d’attaquer la prétendue islamophobie de Charlie » : http://www.lattention.net/p/christophe-ramaux.html

Mise à jour 02-06-2016. Ramadan et le Qatar, article de Marianne... http://www.marianne.net/tariq-ramadan-assure-qu-il-n-est-... 

BLOGS et sites :

Antoine SFEIR. Blog (Voir notamment les rubriques "Monde", "Religion", "Décryptages") : https://antoinesfeir.wordpress.com/

Cahiers de l’Orient. Blog : https://cahiersdelorient.wordpress.com/

Chahla CHAFIQ, sociologue. Site : http://www.chahlachafiq.com

LIVRES :

Chahla CHAFIQ, sociologue, « Islam politique, sexe et genre. A la lumière de l’expérience iranienne », 2011. (« Analyse de l’islamisme : idéologisation du religieux, modèle politique totalitaire, phénomène moderne qui s’élève contre la modernité »).  : http://www.puf.com/Autres_Collections:Islam_politique,_sexe_et_genre

Pierre-Jean LUIZARD, historien, « Le piège Daech. L’Etat islamique ou le Retour de l’Histoire », Ed. La découverte, 02-2015 : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_piege_Daech-9782707186102.html

Marc TREVIDIC, juge antiterroriste, « Terroristes : Les 7 piliers de la déraison », Eds JC Lattès, 02-2015 http://www.editions-jclattes.fr/livre-terroristes-marc-tr... 

Antoine SFEIR, directeur des Cahiers de l’Orient, « Dictionnaire géopolitique de l’islamisme », éd. Fayard, 2009 : http://www.franceculture.fr/oeuvre-dictionnaire-g%C3%A9opolitique-de-l-islamisme-de-dirig%C3%A9-par-antoine-sfeir.html

Mise à jour 02-06-2016. « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zaouri... http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

Mise à jour 02-06-2016. Adonis, « Violence et islam »... http://www.seuil.com/ouvrage/violence-et-islam-adonis/978...