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07/11/2019

Abdelwahab Meddeb, à lire et relire. Un article d'Adil Hajji

Meddeb.jpgUn précieux article d'Adil Hajji sur Abdelwahab Meddeb, revue Esprit . Qui mentionne son excellent dernier livre, "Portrait du poète en soufi", 2014, mais aussi l'ouvrage rédigé avec Benjamin Stora, sur les relations entre juifs et musulmans, et rappelle son engagement contre l'intégrisme mortifère, après le choc du 11-09-2001. Auteur important. Une publication posthume récente, "Islam, la part de l'universel" prolonge la réflexion sur l'islam de l'ouvrage "La maladie de l'islam", 2002, (il désignait ainsi l'intégrisme). Il nommait les ombres et la lumière.

L'article d'Adil Hajji... CITATIONS... "Tissé, « créolisé » par de nombreuses cultures, Meddeb portait en lui une infinité de mondes. " / "Philosophe-artiste, descendant d’une lignée de théologiens tunisiens de la Zitouna, curieux de tout, il a célébré sans relâche ce qu’il appelait sa « double généalogie », européenne et islamique, française et arabe. " / "Meddeb incarnait une forme d’humanisme radical. Et qu’est-ce que l’humanisme, sinon la foi dans l’intelligence et la raison de l’homme, potentiellement infinies, ainsi qu’en son libre arbitre, la certitude que l’étude des lettres et des grands auteurs du passé a une finalité éthico-spirituelle et que les qualités essentielles à développer chez l’homme sont l’amour de ses semblables, la relation pacifique, l’esprit d’œcuménisme, la tolérance et la quête d’un universalisme fédérateur ?"...

LIEN...  https://esprit.presse.fr/article/adil-hajji/relire-meddeb...

Un FILM de Bénédicte Pagnot, Islam pour mémoire, un parcours selon Abdelwahab Meddeb... "La réalisatrice prolonge la voie tracée par le poète et intellectuel franco-tunisien aujourd’hui disparu pour qui « une des façons de lutter contre l’intégrisme est de reconnaître à l’Islam sa complexité et ses apports à l’universalité »." (AlloCiné).

LIEN... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=253511.html

07/04/2019

ALGÉRIE. Revue de presse...

algérie,algériens,bouteflika,idéologie,presse algérienne,laïcité,fondamentalisme,religion,islam,femmes,liberté-algérie,algérie focus,el watan,le matin d’algérie,huffpost maghreb,observalgérie,couleurs d’algérie,abdelkhalek labbize,algérie penser librement,forum france-algérie,les algériennes,femmes insoumises dzJe reprends ici une sélection de mes lectures, depuis la note du mois dernier. Des articles que j’ai d’abord partagés sur mon mur Facebook, et par Messenger, et autour desquels des échanges se font, dont certains en messages (MP). Je vois souvent certains amis algériens les partager à leur tour (c’est ma contribution indirecte…), et réciproquement j’en partage des leurs. Quelques semaines où, comme je le dis dans la note d’hier, beaucoup de choses ont évolué. Des victoires, des avancées heureuses. Mais aussi des crispations qui révèlent un peu plus les fractures qu’on connaît déjà. En Algérie, quand on veut résumer, on peut dire qu’il y a une faille entre ceux qui aiment Kamel Daoud et les chroniqueurs critiques (bien plus nombreux à les apprécier que les autres ne le disent...) et ceux qui ont une aversion pour ces auteurs (en général à cause de leur conception laïque de la spiritualité - qu’ils soient croyants, agnostiques, ou  athées). Dans les réactions de rejet le mot ‘islamophobie' est vite sorti, ce concept qui cible le plus souvent la critique des idées (car la musulmanophobie n’a rien à voir avec ça). Et suivent les injures (‘traîtres’ pour les auteurs haïs, ou ‘racistes’ pour ceux qui ne sont ni musulmans ni Algériens…). J’ai lu récemment un post d’un internaute algérien (que je ne peux partager, même s’il était public, car il n’est pas en ligne ailleurs) où l’auteur, exaspéré par ces attaques injustes, et pour avoir réfléchi souvent à ces questions, résumait son point de vue avec cette formule, en titre : 'L’islamophobie : une invention des ténébreux’ (c’est-à-dire des islamistes). Et il commentait en rappelant que, si le mot est attesté bien avant cette instrumentalisation, son utilisation actuelle est leur création. 
 
Donc, lectures… ARTICLES dans l’ordre chronologique des parutions.
Sources algériennes, surtout, mais expression sur les deux rives, presse algérienne ou française. Et analyses extérieures aussi.
 
09-03-19, Kamel Daoud, Le Point. En ligne, seul le début est lisible, mais le lire, pour le regard de l'auteur sur ce qui se produit en Algérie (en accord avec ses intuitions antérieures), "La renaissance du corps algérien"… https://bit.ly/2Z4EuOg
 
"Derrière chaque voile, 3000 ans de haine envers la femme qui nous regarde" - Site "Socialisme libertaire"… Par Mohamed Kacimi, 10-03-19. L'auteur va rechercher dans les racines historiques des religions monothéistes - et des cultures qui sont le contexte de leur élaboration - les sources de cette injonction du voilement. Et le sens est celui de la volonté de soumettre la femme considérée comme inférieure aux hommes... https://bit.ly/2Ijgd17
 
Analyse d'Amin Zaoui, "Les deux mots qui fâchent les Algériens", Liberté Algérie14-03-19.
Citation : "La régionalisation et la laïcité, deux mots qui fâchent l’Algérie entière ou presque. Deux mots qui sèment l’animosité chez les Algériens, du moins la plupart. Un état mental sociétal qui surpasse l’appartenance à un tel groupe social ! Et pourtant ces deux mots, ces deux concepts demeurent, à mon sens, une clé parmi d’autres capable de répondre à un grand lot de nos problèmes modernes. Dans le sens philosophique de ces deux mots résident quelques réponses aux échecs qui gangrènent notre société, aux agacements à caractère socioéconomique et aux contrariétés à caractères religieux-identitaires. Mais pour approprier ces deux mots qui fâchent les Algériens, il faut une classe politique propre et courageuse et une intelligentsia visionnaire, critique et rationnelle."… https://bit.ly/2uV42iZ
 
"En Algérie, la longue marche de la société civile", The Conversation, 14-03-19. Par E. Matteudi, M. Péricard, avec Arab Irazouken (interviewé).
Sur le mouvement de révolte, qui n'est pas apparu spontanément mais est le résultat d'années d'implications associatives, d'initiatives culturelles de toutes sortes. Mais... "La ligne de crête est fragile entre une société civile qui a investi l'espace public, pacifique et rassemblée, et les écueils de part et d'autre de la violence ou du fondamentalisme toujours à l'affût."… https://bit.ly/2TGDW2l
Par Fiona Moghaddam. 
"Une contestation affranchie de tout parti",
France Culture, 15-03-19."
Une contestation qui
s'est construite sans les partis d'opposition."
(...) "En Algérie, l'opposition
est muselée, censurée, interdite dans les médias
publics. Les paroles qui ne seraient pas en accord
avec le discours officiel sont bannies des radios
et télévisions publiques."
https://bit.ly/2ColLni
"Le 'pouvoir' est aussi loin d’être une structure 
de clans
plaquée comme un corps étranger sur la
société." (…)
"Le ‘pouvoir' et la société
entretiennent un commerce étroit".

Par Jean-Pierre Peyroulou,
Esprit, 15-03-19
https://bit.ly/2YZGvv5
"Les Émirats arabes unis, le coffre fort du pouvoir 
algérien
", MondAfrique, par Nicolas Beau, 22-03-19.
Émirats qui rêvent d’un pouvoir fort en Algérie
et abritent les fortunes du clan. (Fuite des capitaux)… 
Voir aussi l'analyse du MondAfrique sur les
"sombres desseins" des Émiratis et Saoudiens(au 07-04).
https://bit.ly/2TRTG2l

"Écroué parce qu’il s’était opposé au cinquième mandat /
Qu’attend-on pour libérer Hadj Ghermoul ?!
".

Algérie Focus, 28-03-19. Il est prisonnier depuis
le 29 janvier pour ce qui a mis toute l’Algérie
dans la rue. On l’a accusé d’outrage, ses camarades
disent que la raison est son opposition au 5ème mandat…
https://bit.ly/2G3Ln9N
"Pourquoi l’Algérie ne sera pas islamiste !", 
El Watan, 28-03-19.
Par Meriem Khelifi, sociolinguiste
spécialiste du discours religieux.
Texte précieux, qui
montre que le traumatisme de la décennie noire est
souterrainement dans les mémoires collectives, dans une
sorte "d'habitus social" (concept de Vincent Cespedes).
L'analyse nuancée distingue les islamistes politiques
(dont elle pense qu'ils ne peuvent représenter un danger,
le contexte géopolitique et la période étant différents).
Mais elle considère cependant qu'un "islamisme' culturel"...
"interpelle". Rigorisme religieux, voilement...
Malgré la "salafisation du rapport au religieux",
qu'elle note, une "dynamique de résistance" et la
créativité populaire "protègent des dérives", et aussi
"la capacité d'une critique
de la religiosité"…
https://bit.ly/2OZZOjp
"Vague d’indignation après l’agression du 
'carré féministe',ce vendredi :
la démocratie se fera avec les femmes
ou ne se fera pas !
".

El Watan, 31-03-19, par Mustapha Benfodil.
Agression verbale et physique. ("Nous avons subi
la haine et la rage de manifestants"), avec, comme
argument que "ce n’est pas le moment" (d’exprimer
des revendications au sujet des droits des femmes,
les féministes pensant qu’au contraire c’est essentiel)… 
https://bit.ly/2WU88nt
"L’Algérie sera fédérale et laïque, ou ne sera pas",
Marianne, 02-04-19. Chronique de Karim Akouche,
écrivain,
qui définit un plan en six points pour
établir une démocratie
algérienne laïque. Donc…
Libérer la femme, l’histoire,
choisir la laïcité -
État coupé de la religion, supprimer
la hiérarchisation
des langues, rompre avec l’ethnicisme
régional
et le blocage des tabous, élaborer une Algérie

plurielle et laïque. Il insiste sur la nécessité d’une
révolution double - "institutionnelle et
civilisationnelle,
juridique et culturelle".
Il espère une rupture radicale avec

les formes du passé...
https://bit.ly/2Im8pMb
"Bouteflika démissionne" / "L'as de pique ne piquera plus", par Hebib Khalil, Le Matin d'Algérie, 02-04-19. Mais ce n'est pas fini... Il évoque la liste qu'il faudra faire de ceux qui devront partir et rendre des comptes. Et il résume ainsi le constat en voyant en Bouteflika 'l'as de pique'. Restent rois et valets à éliminer aussi. et... Citation : "Ce qui est sûr, est que le départ de Bouteflika n'est que le début d'une lutte contre ce qu'a semé son régime mafieux en graines du mal, en poison et en bombes à retardement. Il faut désamorcer le pays, le cultiver, le faire fleurir pour que les générations futures puissent vivre enfin le rêve de l'indépendance."… https://bit.ly/2IjqE4Q
Une chronique de Yassine Temlali, sur son blog 
hébergé par HuffpostMaghreb
"La révolution nous rend-elle meilleurs? Gare à l’autoglorification !"
C’est u
n exercice de lucidité, appliqué ici à l'actualité algérienne, mais
d'une pertinence qui concerne bien au-delà. Ou comment penser
le rapport à l'engagement et au politique (au politique, pas 'à la’),
02-04-19
https://bit.ly/2IkfXPj
Par Daikha Dridi,journaliste-reporter, blog hébergé par HuffpostMaghreb, chronique, 02-04-19.
"Comment une nation qui a eu honte du 5e mandat n’a-t-elle pas honte de traiter ses femmes comme des sous-citoyennes ?"
(Dans son texte elle précise que cette phrase n’est pas une accusation mais un programme, car les
Algériens ont commencé à parler de tout, et doivent continuer et tout aborder, aidant même par le dialogue ceux qui n’ont pas la même perception qu’eux de ce qu’il faut faire).
Citations : "Une ligne de fracture est apparue parmi les intervenantes entre celles qui pensent qu’il faut se battre ici et maintenant pour l’égalité totale et celles qui estiment que “ce n’est pas le moment" (...) "Les agressions contre les manifestantes féministes ont provoqué une onde de choc parmi les femmes et les hommes qui considèrent le combat pour l’égalité comme une priorité." (...) "Mais ces agressions, ne l’oublions pas, ont également suscité un véritable élan de solidarité envers les militantes qui ont été prises à partie et insultées."… https://bit.ly/2UoCuBH
 
Kamel Daoud, après la démission de Bouteflika,
"Nous pouvons enfin décider de choses, le pays nous appartient",
France-Inter, 03-04-2019. L'écrivain s'est beaucoup exprimé
pour soutenir l'élan de ce mouvement, et il est très suivi
sur son mur Facebook, très commenté. Beaucoup de ceux qui
le suivent le remercient, pour ses analyses et prises de position,
conscients que son engagement, pour dénoncer les dérives d'un
système rejeté, a certainement joué un rôle dans les prises
de conscience et le courage de dire, qui a toujours
été le sien, malgré des menaces. Il participe d'ailleurs aux
marches à Oran. Il exprime sa joie, mais dans ses posts il fait
aussi un travail de veilleur, mettant en garde contre les pièges
et les dérives. Sachant que le pouvoir et ses alliés
(privilégiés et compromis) résistera…
https://bit.ly/2I91978
"Bouteflika de la sacralisation à l’humiliation", 
Le Matin d’Algérie, Par Tawfiq Belfadel, 03-04-19
Il rend compte dans cette chronique du bouleversement
total créé par les manifestations. Inversion totale
des conditions et perceptions.Les masques tombent,
et le peuple algérien apparaît dans sa vérité positive,
loin des clichés. Et l'humiliation change de camp.
La honte est pour le pouvoir, le clan corrompu…
https://bit.ly/2Garsra
"L'après Bouteflika c’est maintenant",
par Philippe Martinat, Le Parisien, 04-04-19.
Citation :
"L'incertitude sur la suite et la transition
à venir est totale."…
https://bit.ly/2D2xQ1K
Entretien avec Nadia Tazi,  philosophe. Marianne, 05-04-19.
 "Agression transphobe de Julia" (c'était en marge d'une manif de la diaspora algérienne à Paris).
(D'elle, ce livre, "Le genre intraitable : politiques de la virilité dans le monde musulman").
 Citation : "Dès qu’il s’agit d’islam, l’embarras est palpable à gauche" (Elle en donne une explication : s’opposer à ‘l’islamophobie’ des Le Pen et autres. Mais elle rappelle aussi la proximité des positions sur la femme et les homosexuels, entre les populistes et les islamistes). … https://bit.ly/2uRhK6B
 
"En Algérie, la révolution des artistes-monde". France-Culture, 05-04-19.
Mention d'un "frémissement artistique libérateur" qui annonçait des changements depuis quelques années, avec des "signaux d’une résistance par l’art". Wassyla Tamzali, créatrice des "ateliers sauvages" a trouvé un nom pour ces créateurs contemporains : les "artistes monde" (expression venue de la littérature). Melissa Ziad, la danseuse dont la photographie est célèbre, dit ceci : "Une alternative au système dominant peut s’exprimer par la créativité artistique et amorcer une révolution des modes de pensée."… https://bit.ly/2WVGyWW
 
"Révolution joyeuse en Algérie : des jeunes filles lynchées à Alger". Par Pica Ouazi, 06-04-19, ObservAlgérie. Cette agression s’est passée à la fin de la manifestation du 5. Les agresseurs étaient apparemment drogués et dans un état de furie, au point que les témoins n'ont rien pu faire (les jeunes filles ont témoigné et des pages féministes en ont parlé). Ce fait (pas isolé, mais plus violent que d’autres) semble être une conséquence de l’appel au lynchage posé (vidéo ensuite retirée mais partagée) par un internaute algérien vivant à Londres (et qui a été interpellé) : il visait les femmes revendiquant des droits. Mais l’article précise aussi que la Toile a été le lieu d’une "campagne des 'islamo-conservateurs' contre la présence des femmes dans la rue". D’autres incidents sont signalés aussi. Des liens intégrés à l’article permettent de situer tout le contexte… https://bit.ly/2UHrr62
 
"En Algérie, le risque du naufrage économique", par Karim Kebir, correspondant du JDD à Alger. Le JDD (Journal du Dimanche), le 07-04-19. Chasser les corrupteurs et profiteurs ne suffira pas à relancer l’économie si une relance n’est pas provoquée par la diversification et pour lutter contre la dépendance aux hydrocarbures. L’article n’est pas lisible en ligne (sauf le début), mais l’auteur parle de la menace du ‘syndrome vénézuélien’ (pour les mêmes raisons). Il cite notamment un expert économique, Ferhat Aït Ali, inquiet… https://bit.ly/2YYvEBJ
 
O7-04-19. MondAfrique.
Très important article, une connaissance fine du contexte géopolitique...
"Les sombres dessins des Émiratis et des Saoudiens"...
 
Idir, propos du chanteur algérien recueillis par François Clemenceau. Pas lisiblement intégralement en ligne, mais déjà une ample partie du long article... A la fin ( non en ligne) il dit qu'il faudra vite travailler sur la Constitution (articles 1 et 2 notamment). Il parle aussi de la démocratie, la vraie, fondée sur l'État de droit, pas à la façon démocratie populaire des dictatures communistes. Et il cite un proverbe mexicain que lui a fait connaître son cousin:"Ils veulent nous enterrer, mais ils oublient que nous sommes des graines."
Le JDD, 07-04-19https://bit.ly/2UGicTD
Quotidien d’Oran. A signaler, un entretien avec
Inès Safi
,
née en Tunisie, chercheuse en théorie
de physique quantique,
CNRS. Regard sur l’islam
et point de vue sur la rationalité

spirituelle...
http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274560
Mais tout n’est pas fiable dans le Quotidien d’Oran.
Voilà un article qui (entre autres points discutables)
prend Philippe de Villiers pour un historien et adhère
à ses thèses sur l’Europe créée par des… nazis…!!!
(Livre en question démonté par tous les historiens…
Point de vue d’un souverainiste très très à droite et
ami de Poutine). On sent l’effet RT sur la presse, là.
Contagion du conspirationnisme et de son vocabulaire
("les maîtres du monde")….
 http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5275271

Mise à jour, 9 mars.
Algérie-Focus, 08-04-19. "Algérie : La contre-révolution est à l'oeuvre ! La vigilance est de mise."
La page expose les « usages » et manipulations de la contre-révolution (sujets : élites isolées, désinformation, répression, déstabilisation par des actes violents, régionalisme)… https://bit.ly/2UcY9It
Au sujet du régionalisme, voir cet ancien article d’Abdou Semmar  (sens inchangé), Algérie-Focus, 2016...
"Je ne parle pas le kabyle et alors ?!!"… https://bit.ly/2Z2ZIMD
 
Article du Quotidien d’Oran sur une séance du Parlement en
l’absence de l’opposition.
Par Moncef Safi, le 09-04-19...
 
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5275322
INFO RADIO, 9 mars...
Un président a été élu pour trois mois...
 
MISE à JOUR, 11 mars
10-04-19, Maghreb Émergent, par Nabil Mansouri
"Gaïd Salah utilise la menace et le spectre de la main étrangère"… https://bit.ly/2Z0Rkgw
Sur la stratégie de Gaid Salah (transition?)…
MondAfrique, 10-04-19… https://bit.ly/2uZvGeY
Mais l’article d’Abdou Semmar nuance la problématique,
Algérie Part10-04-19... https://bit.ly/2Z7hXAH
Grave, et inquiétant…
(signe de la contre-révolution crainte par Algérie-Focus, voir texte du 08-04-19 ?)
 
10-04-19, ALGER. "La voiture de l'épouse d’Abdou Semmar incendiée".
TSA (Tout sur l’Algérie)… https://bit.ly/2D6vxL6
Et, rappel des difficultés passées, MondAfrique (Juin 2017)
Article sur Abdou Semmar, d’Algérie Focus à Algérie Part… 
"Algérie. Abdou Semmar un journaliste insubmersible"… 
 
En marge de l’actualité
Un sujet qui concerne notre culture commune, la langue,
ce 'butin de guerre’ (Kateb Yacine). Algérie Part (19-02-19)
"Plus de 509 millions de francophones dans le monde : 
quelle place pour les Algériens ?"... 

PAGES Facebook
...
PAGE Fb "Algérie Penser Librement
En couverture, comme exergue,une citation de Nietzsche, une pensée d' "Ainsi parlait Zarathoustra", sagesse contre la violence : "Sur le chemin qu'ils suivaient ils ont inscrit le signe du sang, et leur folie enseignait qu'avec le sang on témoigne de la vérité. Mais le sang est le plus mauvais témoin de la vérité ; le sang empoisonne la doctrine la plus pure et la transforme en folie et en haine des coeurs.". En post 'épinglé', sorte de manifeste-programme éthique, un texte signé du nom de la page, paragraphe dense, comme un éditorial pour dire qu'il faut se libérer de l'obligation d'être un croyant, pour pouvoir être un citoyen. Ce n'est pas une profession de foi athée, mais (sous le signe des références à Mohamed Arkoun, penseur majeur du rapport des consciences libres à la spiritualité) l'exposition des conditions de la libération réelle d'un peuple du joug de pouvoirs oppressifs. Il faut refuser que la religion soit instrumentalisée pour manipuler (et donc asservir). Il faut rejeter toute utilisation de la religion comme outil de "combat politico-idéologique". La condition essentielle peut se résumer ainsi : commencer par se libérer soi-même. Ou on remplacera "une dictature par une autre, indéfiniment, car nous n'aurons pas été libres nous-mêmes."
LIEN PAGE...
 
PAGE Fb "Forum France-Algérie" 
Regard des Franco-Algériens sur l'actualité et la culture.
PAGE Fb,"Les Algériennes" (Toutes Les Algériennes)… 
Expression libre des femmes…
https://www.facebook.com/toutesLesAlgeriennes/
PAGE Fb "Femmes insoumises dz" 
PHOTOGRAPHIES des manifestations, El Hirak. 
Couleurs d’Algérie, SITE d’Abdelkhalek Labbize
https://bit.ly/2G5vVua
Et sa PAGE RB... https://www.facebook.com/pg/Labbize/posts/
………………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

06/04/2019

ALGÉRIE, suite... Une démission, des questions, des espoirs. Symbolique matin d'Algérie...

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Les manifestations ont donc continué jusqu’à la démission de Bouteflika, car le rejet du 5ème mandat ne pouvait tolérer un 4ème mandat prolongé. Mais la prise de conscience algérienne va plus loin. L’exigence est une rupture avec tout le système, le désir de se débarrasser de tout le clan du pouvoir, de la corruption de cette « famille » (au sens étroit, frère du président et alliés divers, et au sens large, c’est-à-dire tous les réseaux qui ont bénéficié d’avantages et privilèges). 
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Cependant la transition à créer, pour construire une démocratie réelle, ne se présente pas facilement. Il va falloir que des personnes sûres puissent obtenir la confiance de la population, et si des visages apparaissent, rien n’est encore acté. (Même s’il est évident qu’il y a des forces vives qui pourront jouer un rôle).
Il va falloir déjouer les pièges, et certains ont déjà été tendus. Des informations sortent, qui montrent que le pouvoir ne lâche pas aisément, et qu’il semblerait même qu’un officier de haut rang ait évité une catastrophe en refusant des ordres demandant d’affronter la foule. Rumeur ou réalité, le temps le dira.
 
En marge, des délires. On voit aussi des personnages, de partis associés au pouvoir, faire des discours délirants (des vidéos ont circulé). Ainsi une femme (qui a été ensuite la cible de moqueries cinglantes sur les réseaux sociaux algériens, francophones en tout cas) a pu dire, avec rage et conviction, que… les Juifs étaient les organisateurs de ce mouvement contre le pouvoir, pour détruire l’Algérie !!! Et revoilà le grand complot des conspirationnistes amateurs de RT, la voix du Kremlin, et autres sites du même genre.
Je n’ai pu que faire le lien avec autre chose que j’avais remarqué, juste avant. A circulé, sur des pages algériennes (Facebook et sans doute ailleurs) le texte d’un général français d’extrême droite, actif ou retraité je ne sais pas (personnage que tous les sites extrémistes adorent diffuser : RT, bien sûr, mais aussi des sites négationnistes, comme celui de Soral). Ce texte, donc largement présent en ligne, disait (je résume) que BHL était à la manoeuvre au sujet de l’Algérie : le texte "prévenait"(!). Et la réception était (commentaires...) une désolation horrifiée (BHL étant la métaphore du diable "sioniste" dans un certain imaginaire algérien - et maghrébin). On lui prête des faits multiples, on lui attribue la responsabilité de toutes les catastrophes. Et donc, pour certains, c’était cohérent. Sans qu’ils voient que le général soi-disant "protecteur" faisait passer un message de doute, sur un fond antisémite. (L’extrême droite française n’aimant les Algériens et les musulmans que pour tenter de partager avec eux un antisémitisme qu'elle leur prête d’avance, et qu’elle cherche à flatter, comme une certaine extrême gauche française, dans les milieux pro-palestiniens d’abord, car la Palestine est pour certains un mantra obsessionnel incontournable, dans l’oubli de bien d’autres conflits et drames du monde...).
Il y a un écho en Algérie pour cela. Et le pouvoir rejeté a bien joué avec, pour appuyer sa domination. Mais le rejet ne va pas encore, pour tous, jusqu’à refuser les effets idéologiques d’une longue propagande, et d’un formatage qui a utilisé autant la religion que l’éducation et les manipulations de l’Histoire officielle).
 
Pas pour tous, ce rejet de l’idéologie avec le système qui l’a modelée, mais chez beaucoup d’esprits, cultivés, lucides, et critiques : oui. 
Le fait que la presse algérienne ait réussi (malgré des difficultés - voir les pages Algérie de RSF) à maintenir une pluralité et à produire deux ou trois générations de chroniqueurs de grand talent, cela a permis que les idées circulent, que des intellectuels élaborent des pensées autonomes, radicalement en rupture.  
Autre facteur intéressant, la jeunesse de la population, qui a pu être désespérée par les blocages sociaux et le manque de perspectives, au point de risquer la mort (et trop souvent la trouver), en fuyant vers une Europe peut-être idéalisée. Car d’autres ont choisi d’agir. De nombreuses initiatives ont été le fait de jeunes (tant dans le domaine artistique qu’économique, environnemental, ou littéraire). 
Ces chroniqueurs, ces auteurs, ont certainement joué un rôle de pionniers, chacun à sa façon (parfois adulés, parfois détestés). 
Ainsi Kamel Daoud, Yasmina Khadra, Boualem Sansal, Aziz Chouaki, Anouar Benmalek, Mustapha Benfodil, Mohamed Kacimi, Amin Zaoui, Karim Akouche, Tawfiq Belfadel, Abdou Semmar (créateur d'Algérie Focus puis d'Algérie Part), Hebib Khalil, Khaled Belkouche (créateur du site web ObservAlgérie).et quelques autres… 
Et des femmes, affrontant elles aussi les tabous, les blocages, dans un souci de partage non conflictuel. Comme Daikha Dridi (journaliste-reporter), Nadia Tazi (philosophe), Meriem Khelifi (sociolinguiste spécialiste du discours religieux). Elles questionnent, expliquent... Elles et plusieurs autres (poètes, cinéastes, romancières...).
 
Et comment ne pas penser à la longue patience agissante (et visionnaire) de Mohamed Benchicou (créateur du journal "Le Matin d’Algérie") et à son livre sur Bouteflika, "Mystère Bouteflika, radioscopie d’un chef d’État". 
Rôle, aussi, à ne pas négliger, des diasporas, par le frottement à d’autres lieux et cultures, d’autres visions sociales et politiques, d’autres philosophies. Frottement à des démocraties fondées sur la laïcité, donc la séparation de la religion et de l’État, et une égalité juridique des femmes et des hommes. (Même si elles ne sont pas parfaites, même si l’idéal a ses failles, l’ouverture est un horizon).
 
De même, un courant a tracé sa route, bien avant ces manifestations. C’est celui des revendications des femmes pour une égalité à conquérir, juridiquement, concrètement et symboliquement. Beaucoup travaillent, certaines sont créatrices et chefs d’entreprises : l’égalité des droits est pour elles une évidence. Les femmes ont été dès le début très présentes dans les manifestations. Et la jeune danseuse qui en fut une très belle image en est un symbole flamboyant (voir la note précédente, lien en bas de celle-ci…). Mais un malaise a fini par être exprimé. Certaines se sont dit qu’elles risquaient de n’être qu’un faire-valoir d’un mouvement qui ne bénéficierait finalement peut-être qu’aux hommes, si les statuts qui gèrent la vie des femmes n’étaient pas changés. Et des pancartes avec des slogans féministes sont apparues (que ce féminisme ait le langage du féminisme européen, lui-même multiple et divisé, ou pas du tout ce langage). Ces signes de conscience féminine (ou féministe) ont affolé des marges conservatrices, et des réactions hostiles ont pu être constatées, que des pages de femmes ont dénoncé en relayant des témoignages. Ainsi la page Facebook "Les Algériennes", et d’autres pages que celle-ci partage aussi, comme "Femmes insoumises dz
Des faits ont beaucoup choqué, et entraîné de nombreuses réactions en Algérie. D’abord, donc, des bousculades ou agressions, de femmes - leurs slogans perçus par certains comme des provocations : même marginaux ces faits ont frappé les esprits, sidéré, même. (Et c’est ainsi qu’on a pu l’apprendre, par les témoignages et les réactions). Puis l’agression homophobe à Paris, place de la République, en marge de la manifestation de la diaspora algérienne. Et, ensuite, l’appel, sur vidéo, d’un homme hystérique demandant que des hommes agressent à l’acide des femmes ayant des comportements qu’ils trouveraient répréhensibles. Immédiatement tout a été fait pour le repérer (il vit à Londres, et l’on a même vu une photo de lui avec sa femme). Stupéfaction : vie apparemment anodine, allure moderne, femme non voilée, alors qu’on pouvait s’attendre à voir un "barbu" avec ses codes. Plaintes déposées. Et signalements des diffusions de la dite vidéo. Mais épisode similaire, un autre a refait la même chose. Plainte, encore. Puis, cette semaine, le lynchage de jeunes filles qui avaient des pancartes de revendications féministes (voir note suivante, un article daté 06-04-19). 
 
Tous ces remuements de pensée, sur les deux rives (et multiples rives diasporiques, parfois lointaines), ont produit des effets divers. Il y a donc des visions diverses et des fractures (qui peuvent se résoudre en pluralité acceptée ou provoquer des tensions, comme on peut le voir aux réactions de certains devant les textes de tel ou tel auteur, ou les positions de tel ou tel citoyen anonyme). 
... Fractures liées à la religion, déjà. Comme en France il y a des croyants, des agnostiques, et des athées. En Algérie les musulmans peuvent être des laïques convaincus ou des conservateurs (ou même des intégristes proches des théories des Frères musulmans). Il y a toujours des islamistes, qui guettent mais ne correspondent plus à ce qu’est l’Algérie de 2019 : ce qui n’empêche pas que la vigilance soit nécessaire, car ces courants ont des appuis, y compris à l’étranger, appuis idéologiques et financiers, et leurs stratégies sont habiles. Les menaces sont les mêmes que celles qu'on peut constater en France : manipulation, mensonge, masques (taqiya) et entrisme.
Les chroniques revendiquant des positions laïques sont, elles, de plus en plus nombreuses.
... Fractures, donc, liées au statut de la femme
... Et cassure au sujet de la Palestine (voir, note suivante, un article de Karim Akouche, daté du 02-04-19). Soutien obsessionnel très partagé, évident pour beaucoup. Mais des voix s’entendent, qui disent autre chose. Une exaspération, même. ("Assez avec la Palestine !"). 
... Fracture autre, celle liée à la France - que le pouvoir a voulu faire haïr, ramenant toutes les difficultés du pays à la colonisation, aux "colons" et aux harkis, dans une mystique du "traître". Pourtant, là aussi s’expriment des pensées autres, un regard nuancé. Et si Kamel Daoud avait, dans une chronique célèbre, regretté qu’il n’y ait pas eu un Mandela en 62 (pour que l’Histoire évolue autrement et que les Pieds-Noirs restent construire l’Algérie indépendante avec tous), d’autres disent espérer que le changement de régime change le regard sur le passé et fasse se rejoindre les mémoires de tous (dont natifs pieds-noirs et harkis, ou leurs descendants restés attachés aux racines algériennes). On peut associer à cette fracture celle autour d'Albert Camus, référence ou rejet (référence, ce dont témoignent des auteurs, et aussi des jeunes, dans un documentaire, disponible en DVD, Vivre avec Camus, où s'exprimaient deux jeunes algériens dont la lecture de Camus avait changé la vie, l'un pour l'avoir éloigné du suicide, l'autre pour l'avoir amené à s'engager dans des actions solidaires.)
Voir, pour tout cela, la revue de presse, qui évoque ces fractures : note qui suit...
 
Mais, comme le dit la philosophe Nadia Tazi (voir note suivante, entretien), l'essentiel est que le débat se soit installé, qu'il y ait parole, quels que soient les points de vue.
 
L’Algérie vit un moment enthousiasmant qui peut déboucher sur des transformations très heureuses, vers une réelle démocratie plurielle. Mais c’est une transition qui doit vaincre pièges et résistances. On doit espérer la réussite. Éthique de l’optimisme. Donc, encore, espoir.

Je ne mets ici que quatre LIENS : un ample article, des pages sur les deux livres mentionnés dans l’article, et ma note précédente (Algérie).

Dans la note qui suit je pose une revue de presse, qui complète, avec des textes récents, les lectures relatives aux premières revendications, mentionnées dans la note antérieure.
 
ARTICLE-dossier, par Brice Perrier, 3 avril 2019, Le Parisien week-end.
Parcours historique, réalisé à partir d’entretiens avec deux auteurs de livres importants.
D’une part avec Mohamed Benchicou. Et d’autre part avec Ardavan Amir-Aslani.
"Le 15 avril 1999  est élu président de l’Algérie."...https://bit.ly/2P0Ygpv
 
LIVRE. "Le Mystère Bouteflika, Radioscopie d’un chef d’État", de Mohamed Benchicou, éd. Riveneuve, mars 2018.
 
LIVRE. "L’Âge d’or de la diplomatie algérienne", d'Ardavan Amir-Aslani, éds. du Moment, 2015. 
 Fiche Decitre (dont résumé)... https://bit.ly/2X5KqVF
 
NOTE précédente, Trames nomades, 04-03-19. "Algérie. Refus, élans, inquiétudes et espoir."
(dossier d’analyses, revue de presse, et liens presse)... 
Note qui suit : revue de presse, 07-04-19...
………………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

24/07/2017

COMPLEXITÉ. Le voile inquiétant... et le voile autrement.

DIAMS.jpgLaïque inconditionnelle, oui. Exaspérée par les injonctions des intégristes qui utilisent le voile des femmes comme marqueurs, et désirant combattre leur idéologie à visée politique, oui. (D'ailleurs,  j'ai diffusé l'info sur la manif des femmes sans voiles, pour ce droit de refuser et d'analyser les enjeux et la portée). MAIS je tiens au regard complexe sur des faits complexes. J'ai lu avec intérêt le livre important de Fawzia Zouari, "Je ne suis pas Diam's", contre le voile,  qui, dans ce qu'elle en sait, n'a été qu'un porteur de domination et d'enfermement, ravageur, mortel. Cependant je lis aussi les témoignages et analyses qui expriment une autre perception. Et j'écoute. Ne soyons pas naïfs, car les islamistes ne le sont pas, non. Stratèges dangereux, autocrates menaçants et exécuteurs, quand ils ont le pouvoir. Pervers et haineux quand ils manipulent pour y accéder. Mais ne soyons pas non plus d'arrogants justiciers froids. Luttons avec les armes de la laïcité. Refusons les prêches obscurantistes, le complotisme,  l'antisémitisme (tout cela s'associe). Refusons la maltraitance des fillettes qu'on voile, protestons contre les manoeuvres clientélistes de certains élus, ou leur complaisance. Soyons solidaires avec celles qui refusent le voile au péril de leur vie. ET ne soyons pas persuadés de savoir ce qu'il y a dans la conscience d'une jeune fille ou femme qui fait un choix surprenant pour nous, dérangeant. Les sujets, pour combattre la radicalité inquiétante ne manquent pas. Alors prenons un peu distance pour dépassionner celui-ci… Sous les voiles il y a des visages. Ne mettons pas d'écrans entre ces visages et nous. On se croise et on se rencontre dans le hasard du quotidien, il faut que là aussi on laisse entrer ce tissu des liens d'un instant avec des inconnues. Un jour les parfums remplaceront les voiles. Alors faisons l'éloge des parfums, de la danse, des couleurs, et de la lecture. Quant à l'infâme niqab, si laid, la loi existe… Les couleurs, justement. Le fondamentalisme les a en horreur puisqu’il recouvre les femmes d’un linceul (quelle que soit la valeur symbolique que les intégristes puissent donner au noir…). En donner le goût dès l’enfance serait une prévention à ne pas négliger… même si cela paraît à certains un écran dérisoire... 

VOILE.jpgJ’ajoute à cette réflexion des liens… qui renvoient à des analyses diverses.

ENTRETIEN. Le Point, 2015. Fawzia Zouari, journaliste tunisienne, parle du livre ("Je ne suis pas Diam's", éds Stock) dans lequel elle interpelle Diam’s, dont elle nie la légitimité à la représenter, à parler pour elle. Diam’s, convertie, se voilant pour, pense-t-elle, être conforme à sa foi. Diam’s étant à l’opposé de ce qu’être musulmane signifie pour l’auteur… L’article dit bien en quoi et pourquoi elle s’insurge... « Diam’s ne peut pas parler en mon nom »… http://bit.ly/2tAIXZb 

Article de Jeune Afrique, 2015  (journal dont elle est la collaboratrice), sur le livre de Fawzia  Zouari…L’article dit bien en quoi et pourquoi elle s’insurge. (Et mentionne aussi les titres des deux livres de Diam’s, où celle-ci raconte son itinéraire et justifie ses choix.)... http://bit.ly/2eLUt1c  

Présentation du livre, page des éditions StockCITATION : « L’ auteur s’engage avec passion en faveur d’un islam des Lumières, intégré dans le pays de la laïcité dont elle défend les valeurs. »... http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

Voici un article (Revue des deux mondes, 2016, par Valérie Toranian )qui dénonce la compromission de certaines marques de la mode avec les codes d’un islam puritain, "Fausse pudeur et vraie imposture". Des commentaires divers le suivent (pour, contre, sincères ou de mauvaise foi). J’en retiens un, qui pose le problème de l’injonction renvoyée par ces critiques sans nuances à des femmes qui, pour une raison ou pour une autre, ont choisi le voile : « Arrêtez de stigmatiser le port du voile, vous soumettez vous-même une pression identitaire à ces femmes et elles ne savent plus où elles en sont. Elles qui sont entre 2 pressions l’une politique et l’autre salafiste. Elles sont vraiment courageuses !! Qu’elles portent le voile ou non. » (Cela va dans le sens de ce que je ressens. Poser des questions, oui, mais sortir des certitudes en parlant de vécus qui ne sont pas les nôtres.)… http://www.revuedesdeuxmondes.fr/fausse-pudeur-et-vraie-i...  

Mais j’ai trouvé une analyse, 2016  (sur Orient XXI, journal libanais de qualité) d’une chercheuse musulmane, Neslihan Çevik, qui porte un regard nuancé sur la complexité des évolutions, ne signifiant pas forcément l’enfermement qu’on craint (pas pour toutes,du moins). Car elle prend en compte des modifications dans les goûts et la mode où se construisent des identités qui ne se veulent pas conformes. D’où ce courant « hipster » (volonté d’une affirmation personnelle différente des normes religieuses des rigoristes, mais en phase avec l’identité musulmane revendiquée), et cela donne mipster… (le m pour « musulmane »)... « Le foulard islamique, la mode et l’émancipation » http://bit.ly/2tXYQIm  

Et, sur Paris-Match, 2015, le compte-rendu d’une enquête auprès de femmes voilées, « Jamais sans mon voile », avec la mention de deux livres, dont celui de Nahida Nakad, « Derrière le voile ». L’article n’évacue pas le rôle des Frères musulmans dans ces pressions faites aux femmes, et il mentionne le voilement choquant d’enfants, cette maltraitance. Mais il donne la parole à des femmes voilées qui disent leur ressenti (pas toujours compris, ce ressenti, d’ailleurs, par les musulmans de leur famille ou de leur entourage, qui se méfient de leur évolution, et s’interrogent sur le sens que cela a, car effectivement cela peut être aussi signe de radicalisation inquiétante, si le choix est le niqab)... http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Jamais-sans-mon-vo... 

ENTRETIEN. Nahida Nakad, Paris-Match, 2013, "Le voile est l'arbre qui cache la forêt". Au sujet de son livre. CITATIONS  (parlant de son expérience des déchirements au Liban sur ces questions d’identité religieuse, et leurs pièges) : « Je suis très respectueuse de l’importance de la laïcité, et en même temps de la religion. » (…) « J’ai voulu expliquer combien il était important d’apaiser le débat, et de le recentrer sur les vraies questions. Car – et c’est ce que j’espère avoir expliqué dans ce livre - le problème n’est pas le voile, il est ailleurs. Il l’est devenu en France, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. A force de ne regarder que le voile, on laisse passer des choses, on ne fait pas attention à ce qui se passe en profondeur dans la société française, qui est une islamisation réelle, et plus que cela – ce que j’explique dans le chapitre «La Oumma» - ce sentiment d’appartenance à la communauté religieuse plus qu’à la Nation. Or, c’est le plus grand danger qui puisse exister dans un pays. Je l’ai vu au Liban, et je le crains en France – dans une bien moindre mesure, toutefois, car c’est un pays ancien qui a des racines démocratiques bien ancrées, et qui a ses garde-fous. »... http://bit.ly/2vGS0ZH  

« Derrière le voile », de Nahida Nakad, éds. Don Quichotte. Présentation de l’éditeurCITATION : « Les musulmanes revendiquent quant à elles leur liberté individuelle et de culte lorsqu’elles veulent se couvrir, et vivent difficilement l’incompréhension qui leur est opposée. Tous s’appuient sur la même loi, tous s’opposent au nom du même principe. Mais alors, quel est le vrai sens du voile – des voiles ? »…http://bit.ly/2eLLOff 

LIVRES… Si vous mettez « voile musulman, livres » sur google, images, en recherche (« musulman », pour ne pas tomber sur les bateaux à voile…) vous aurez de nombreuses couvertures de livres sur ce sujet… 

BIBLIOGRAPHIES. Il y en a une du CNRS, « Le corps, la voix, le voile », très ample, mais dépassant de loin le thème du voile… http://books.openedition.org/editionscnrs/3675?lang=fr

Celle de Sens critique, 2015, est brève donc incomplète. 13 livres et des pistes. « Le voile : Femmes, islam et visibilité en France »… http://bit.ly/2tXwDS2 

Celle de Préfixes, ample, 2013 (Bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon)  a une introduction qui semble un peu partiale. Le thème englobe des études généralistes sur l’islam et des titres spécifiquement sur le voile. Sont cités Dounia Bouzar (plusieurs fois…), Alain Gresh… Mais aussi, Mohamed Arkoun, précieuse référence, et Abdennour Bidar (regard mystique et authentiquement laïque).. "Le voile islamique en France : une bibliographie"... http://prefixesmom.hypotheses.org/1173

..............  Pour compléter, une adresse précieuse. SITE. Une ample étude sur l’islamisme et le déni à son sujet. Cela permet de rester dans un cadre qui n’accepte pas la naïveté, même si (c’est mon cas) il défend la fraternité, dans le respect des altérités. C’est le feuilleton d'André Versaille, intégralement lisible en ligne, et qui deviendra livre... http://www.andreversaille.be

06/06/2016

Ramadan, réalité et regards pluriels...

ARKOUN.jpgRespect. Pour ceux qui choisissent de le faire par désir de vivre une spiritualité ou une culture, et qui ne sont pas forcément de sombres intégristes...! Occasion de sortir des visions schématiques. On peut avoir une autre religion, être agnostique, ou athée, et respecter les choix des autres. 

RAMADAN... D’authentiques laïques le font, pour des raisons spirituelles qui leur sont propres.

Je ne supporte pas plus les certitudes trop affichées d'un athéisme militant que les rigidités de croyants trop conformes, ou dogmatiques. A lire les commentaires sur les réseaux sociaux, il est évident que le doute manque, là où on en fait parfois un précepte à imposer... aux autres. La raison, c'est aussi le temps de l'humilité, pas de l'hystérie militante. Il y a les Lumières des philosophes, il y a la lutte contre tous les intégrismes (tous...), et il y a aussi le constat culturel : la réalité est complexe, la conscience a plusieurs chemins. Et les sagesses diverses, issues de voies qui pensent la transcendance, ont donné de hautes pensées, de grandes oeuvres : une autre manière de penser aussi les Lumières. Lire ou relire les textes des soufis (ou ce simple roman, assez magique, "Soufi, mon amour", d'Elif Shafak, disponible en 10/18, qui contient trois livres en un...)... pour prendre un peu de distance avec une raison qui serait, elle, dogmatique, et donc pas si rationnelle que cela. 

Et, évidemment, là où le jeûne est obligatoire, si on réprime des gens qui le refusent : engagement total pour les soutenir. De même, soutien, si on réprime quelqu'un pour son refus de croire. Liberté de conscience…

Et le VOILE (signe-symptôme, dans ces temps de ramadan, ou en dehors, et dans ces temps de terrorisme…). Il y a deux postures idéologiques hystériques : le voile donné comme norme obligatoire, valeur, etc. (piège islamiste, support de propagande du wahhabisme saoudien religieux et politique), d’un côté, et, d’un autre côté, le soupçon porté systématiquement sur toute femme voilée (cf. petit voile discret sur les cheveux, pour des raisons qui peuvent être fort diverses). L'hystérisation du débat (dans un sens ou son contraire) ne peut qu'aider les radicaux et donner du pouvoir, donc, aux extrémistes intégristes. Si la position sur le voile devient une sorte de code de reconnaissance pour montrer qu'on est du bon côté des croyants ou du bon côté des laïques (et caresser son ego en exprimant un mépris agressif des femmes voilées), c'est aussi dangereux que l'aveuglement sur les raisons des radicaux de faire du voile un marqueur politique. C'est là que la complexité du regard et de la pensée est plus que nécessaire (même si ce n'est pas facile). D’autant plus que, foi ou incroyance, ramadan assumé ou rejeté (respecté, qui que l’on soit, ou moqué), islamisme dénoncé (et ses variantes salafistes aux doux masques) ou flatté par complicité idéologique objective, voile questionné ou voile-thème d’un refus obsessionnel… dans tous les cas, exprimer une opinion sur ces sujets fera croiser des commentateurs qui chercheront alliance pour de tout autres raisons idéologiques (ou politiques), donc à l’opposé de ce qu’on tente de définir comme repères universels. L’apparent accord sur un point (cf. le voile) risque de légitimer des positions haïssables (carrément racistes, par exemple). Il reste à penser sur le fil du rasoir…

GHALEB.jpgMais, dans le temps de ce mois, on peut saisir l’occasion de s’interroger sur ce que l’on sait de l’islam et des textes issus de l’islam (commentaires, mystiques).

 

 

 

 

Le ramadan, infos… 

Explications minimales de L’Internaute : http://www.linternaute.com/actualite/societe/1233170-rama... 

Fiche wikipedia, le ramadan:https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramadan 

Article de L’Obs, 2012 (mais questions toujours actuelles), « Le ramadan entre spiritualité et business » : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/597267-le-ramada... 

RUMI.jpgLa voie spirituelle la plus haute dans l’islam est le soufisme. On peut lire cet article qui présente un ouvrage d’Eric Geoffroy, islamologue spécialiste du soufisme (et voir des liens vers plusieurs autres articles sur le thème du soufisme, avec des pistes de recherche ou lecture), SaphirNews : http://www.saphirnews.com/Eric-Geoffroy-Le-soufisme-mode-... 

Même site, saphirnews, interrogations sur ce qu’est l’islam, et liens vers des articles, des livres… http://www.saphirnews.com/Islam-spirituel-et-soufisme-viv... 

Un passionnant article sur Eva de Vitray-Meyerovitch « chercheuse d’absolu »… http://www.saphirnews.com/Eva-de-Vitray-Meyerovitch-une-c... 

La chronique d’Eric Geoffroy dans la revue Ultreïa… « L’instant soufi » : http://revue-ultreia.com/rubriques/chroniques/linstant-so... 

Sur l’islam, un dossier de la revue Ultreïa (le numéro 3, printemps 2015, qui peut être commandé à l’édition, « L’islam contre l’islam »). Sommaire : http://revue-ultreia.com/revue-par-numero/?numero=1572 

Le ramadan… Mais le contexte de la présence de l’islam dans la société est un aspect important aussi. Les débats, les faux débats, les regards extérieurs. La spiritualité et le fondamentalisme (à l’opposé). Ce que recadre Abdennour Bidar dans cet entretien, Libération, mai 2015 : http://www.liberation.fr/debats/2016/05/05/abdennour-bida...

Et si on doit penser (en associant religion et problèmes de l'actualité violente) aux dérives du jihadisme meurtrier, il sera utile de relire ce texte de Chahla Chafiq, qui, pourtant dans un refus radical du fondamentalisme, considère qu'il faut sortir de cette vision qui voit dans la religion la source ou la solution de tous les problèmes. Non, dit-elle, ce qu'il faut c'est retrouver le sens de l'humanisme laïc. L'humanisme... A lire et méditer... http://bit.ly/1xQNS8G

BIBLIOGRAPHIE. L’islam (dont études sur le Coran), La Procure... http://www.laprocure.com/rayons/islam.html 

BIBLIOGRAPHIE. Le soufisme, librairie La Procure : http://www.laprocure.com/instant-soufi-eric-geoffroy/9782... 

……. Côté ombre…... 

Menace de Daesh sur le ramadan, Direct Matin, 05-06-16 http://www.directmatin.fr/monde/2016-06-05/la-menace-daes... 

Et autre menace possible (sur l’Euro et le ramadan) d’extrême droite (l’histoire de cet homme arrêté avec armes et explosifs), et chez qui on a trouvé un vêtement avec un sigle d’un groupe d’extrême droite : « L'étrange et dangereux arsenal du français arrêté en Ukraine ». Mais prudence (peut-être n’est-ce « que » trafic d’armes). A moins que ce ne soit une manipulation ukrainienne (???) : http://www.leparisien.fr/faits-divers/l-etrange-et-danger...

20/04/2016

Procès en appel (21-04) du jeune blogueur mauritanien Cheikh Ould Mkheitir. Condamné à mort pour apostasie (Additif : Infos 23 et 24-04)

Le procès en appel du jeune blogueur mauritanien Cheikh Ould Mkheitir, 31 ans, condamné à mort pour "apostasie" en 2014, a lieu ce jeudi 21 avril (sans avocat, d’après l’IHEU : voir ci-dessous). On lui a reproché d’avoir publié un texte sur Facebook où il émettait des idées critiques, interrogeant le sectarisme originel dans la religion et la permanence de comportements actuels liés à la religiosité, aux normes transmises. Son texte, en arabe, était intitulé «La religion, la religiosité et les forgerons» (la caste des forgerons étant victime d’humiliations imposées par les religieux traditionnels mauritaniens). Son but était de défendre les forgerons (sa caste), mais le fait qu’il ait lié cela à une réflexion sur les causes idéologiques et religieuses, à l’héritage de normes rigides, a donné matière à l’accusation de blasphème. Cette condamnation à mort pour apostasie est un cas d’exception dans ce pays (dont les règles juridiques sont celles d’une charia rude, mais qui n’a pas exécuté de condamnés depuis trente ans environ : la menace demeure inquiétante).

Communiqué de presse d'AMNESTY, 19 avril 2016 "Il faut annuler la condamnation à la peine capitale": http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Maurit... 

MISE à JOUR 23-04-16. Peine de mort confirmée mais accusation requalifiée en "mécréance" au lieu d'apostasie, ce qui est considéré comme moins grave (...) et pourrait faire obtenir l'abandon de la peine en Cassation. Espoir léger, juridiquement  http://www.rfi.fr/afrique/20160422-mauritanie-peine-mort-...

MISE à JOUR 24-04-16. Mobilisation en Mauritanie... https://www.cath.ch/newsf/mobilisation-mauritanie-sauver-...

A lire :

La note blog d’Hebib Khalil, 20-04-16, chroniqueur au Matin DZ  reprend les infos AFP et pose des liens récents, comme l’article Jeune Afrique du 18-04-16) : http://khalilhebib.over-blog.com/2016/04/mauritanie-conda...

PÉTITION antérieure, elle peut toujours être lue et signée  : http://talsou.wesign.it/fr 

Groupe Facebook de soutien : https://www.facebook.com/groups/312364528953052/

Un article de Mohamed Louizi (16-02-15) sur le silence de la France et des institutions musulmanes en France au sujet de la condamnation à mort du jeune blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheitir. Cridem (infos mauritaniennes) : http://cridem.org/C_Info.php?article=665499  ((Je relève un commentaire (mais certains, aussi, sont hostiles au jeune prisonnier) :  « Ce n'est pas ce jeune homme qu'on condamne à mort , mais c'est la liberté de penser et de s'exprimer qu'on veut ôter au peuple mauritanien. Les autorités veulent continuer à museler tout un peuple. »))

Info, 16-04-2016, en anglais, sur le site de l’IHEU, International Humanist and Ethical Union (« We also understand that he has no lawyer for the appeal process ») :http://iheu.org/young-writer-sentenced-to-death-for-apost...

J'ai retrouvé la page d'Amnesty, 2015, qui précisait que son avocat, soumis à des pressions, renonçait, alors, à le défendre (« La pression est telle que le premier avocat d’Ould Mkheitir, Mohameden Ould Icheddou, jette l’éponge. Il renonce à le défendre, après avoir reçu des menaces de mort. ») : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Abolition-de-la-peine... 

Page 2015, aussi, sur ACAT, secteur Mauritanie (recherche « s’informer » / pays / Mauritanie / 4ème doc.) : https://www.acatfrance.fr  

Et sur la page « Mauritanie » de RSF, il est fait mention de lui : https://rsf.org/fr/mauritanie?

Les associations comme RSF et ACAT, notamment, agissent (et tout n'est pas forcément en ligne)...

03/04/2016

Penser ombre et lumière, sauver le sens : Abdennour Bidar et Kamel Daoud

BIDAR.png2012. Regard d'Abdennour Bidar sur des "récurrences tenaces". Et la lumière quand même… 

2015. Réflexion de Kamel Daoud. Pour que le sens (cherché, ouvert) ne soit pas pris en otage… 

Je retrouve par hasard ces deux textes en même temps. Publiés à trois ans d’intervalle, ils se croisent exactement pour se rejoindre et nous aider à comprendre ce qui est à l’oeuvre actuellement : les attaques contre Kamel Daoud et l’enjeu majeur (soutenir cette voix, la conscience, la laïcité pour la démocratie - sauver la pensée). A travers la force de cette voix soutenir aussi celle des poètes prisonniers (Arabie saoudite, Qatar…). Refuser les injonctions qui traversent les frontières, les compromissions, le silence honteux, les alliances honteuses avec l’oppression. 

Relecture de l'entretien d’Abdennour Bidar (propos recueillis en 2012, Le Monde des Religions) pour penser les attaques contre Kamel Daoud et être plus armé pour le défendre, en mesurant mieux le contexte 2012-2016 (et suite…).

« Comment sortir de la religion », entretien de 2012, donc… Mais explication par avance des racines des alliances entre sociologues et traditionalistes (ou carrément, cf. tribune des 19, entre sociologues et islamistes). Citation : « Les traditionalistes musulmans deviennent de plus en plus sociologues et certains sociologues, vaincus par leur empathie naturelle, viennent de plus en plus au secours des traditionalistes musulmans. » Cette phrase introduit sa réponse à la dernière question de l’entretien, où il précise ce qu’est cette alliance, ce qu’est le contexte (« crise spirituelle » et « sous-culture religieuse ») et ce que sont les « récurrences extrêmement tenaces et critiquables » présentes dans les sociétés musulmanes. Il évoque (en musulman et islamologue), ses fortes divergences avec Tariq Ramadan. Il parle du présent de 2012, mais ce qu’il dénonce se déroule là, en 2016, accentué, évident, plus destructeur encore, et plus assumé. Les attaques contre Kamel Daoud sont à situer dans ce qu’il dit de ce contexte de compromission intellectuelle, de dévoiement de la pensée tombée dans le piège d’une idéologie fourvoyée par complaisance politique à la domination du religieux… Alors qu’on entre dans l’ère de la fin des religions (pas de la spiritualité : des religions)… Cet entretien n’est pas un plaidoyer pour l’athéisme, rien de tel (Abdennour Bidar est plus proche d’un mystique que d’un athée, quand on le lit). Il traite de la fin de la religion (de la religion, pas de la spiritualité ou d’un rapport à la transcendance) pour penser une troisième voie, qui se situerait « par-delà religion et athéisme ». (Réflexion développée dans un ouvrage titré « Comment sortir de la religion », éds Les Empêcheurs de penser en rond / La Découverte, 2012)... http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar... 


mms_img1824734821.jpgRetour vers un texte de Kamel Daoud sur Tunisie Focus
, avril 2015… « Il faut être laïc pour sauver la religion ». Car les attaques contre Kamel Daoud veulent (en posant le soupçon de la dite « islamophobie ») donner de lui une image trompeuse (à laquelle adhèrent parfois ceux qui le défendent, soupçon d’islamophobie en moins mais confusion commune). Kamel Daoud n’est pas dans un combat contre la religion en tant que telle, ou contre les démarches de ceux qui cherchent un sens transcendant. A le lire on comprend qu’il combat les manipulations, les idéologies meurtrières, et, justement, la pollution des concepts qui permettent de penser les questions des êtres humains sur le sens et les réponses qu’ils se donnent. Il n’est pas un militant de l’athéisme, mais un penseur de la laïcité (celle, sans adjectifs, qui respecte autant  les croyants que les agnostiques ou les athées).  

CITATIONS… « Dans le monde dit ‘arabe’ c’est le ciel qui trace les frontières de la Terre et transforme les nations en nuages éphémères. C’est le nouveau siècle et les pays du coin sont des tracés sur le sable…» (…) « Le ciel s’y joue et tue l’homme qui passe ou s’y attarde. Cela se passe ainsi quand on ne sépare pas religion et État, péché et délit.» (…) « Les religieux sincères devraient être les premiers à défendre la laïcité. » (…) « Sauf que le mot a mauvaise presse, sali par ceux-là mêmes qui disent que la laïcité est un crime contre Dieu et un complot de l’Occident. Cela se comprend : l’assassin défend son masque. S’il vous dit que séparer la religion et la politique est un péché c’est parce qu’il fait de la politique au nom de la religion. » (…) « Séparer l’État de la religion sauve al religion de ceux qui la salissent et la manipulent. » (…) « Cela permettrait de libérer une religion de la prise d’otage par la violence. C’est alors que l’on parlera de l’homme, de l’amour d’un Dieu, de sens, de vision, de conviction…»... http://www.tunisiefocus.com/politique/il-faut-etre-laic-p... 

Chroniques de Kamel DAOUD, Impact24.info http://www.impact24.info/category/chroniques/kamel-daoud/ 

Articles de Kamel Daoud, Le Quotidien d’Oran, sur Djazairess… http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud 

Chronique régulière dans Le Point : http://www.lepoint.fr/journalistes-du-point/kamel-daoud

……….

« Cultures d’islam », Abdennour BIDAR sur France Culture, les émissions : http://www.franceculture.fr/personne-abdennour-bidar.html

Article, Abdennour Bidar, octobre 2010, « L’absence de spirituel est un problème, pas l’islam ». CITATION : « Ici en France, une laïcité mal comprise nous a fait expulser hors du champ public toute recherche en commun d’un souverain bien spirituel… Or, cette laïcité française est une chance, si aujourd’hui nous nous en saisissons pour chercher tous, avec nos musulmans, dans le respect et la compréhension mutuelle, ce qui en amont de la dignité de la personne humaine la fonde spirituellement. »... http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/27/l-absence-... 

Livres d’Abdennour Bidar (en rapport avec le sujet traité ici) :

« Comment sortir de la religion », éds. La découverte, coll. Les empêcheurs de penser en rond, 2012. (Sortir de la religion n’est pas, pour lui, sortir de la possibilité de penser la transcendance, mais se libérer des instances qui imposent leurs dogmes. De même, Kamel Daoud, défendre la laïcité, valeur de liberté, ce n’est pas vouloir la disparition des dimensions religieuses, c’est refuser leur instrumentalisation politique. Ils se rejoignent dans l’exigence d’une raison lumineuse…). http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Commen...

et...  « Lettre ouverte au monde musulman », éds. Les liens qui libèrent, 2015 : http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Lettre_ou...

27/02/2016

Pour Kamel Daoud. Sur un texte de soutien...

mms_img-2007196497.jpgIslamophobie?

« Quel islam pour quelle phobie ? L'islam de Médine ou l'islam de la Mecque ? L'islam soufi ou l'islam de Daech ? L'islam de Sayyid Qutb ou celui de Mahmoud Taha ? L'islam qui lapide ou l'islam d'Averroès ? L'islam de Mohammed Arkoun ou l'islam des ténèbres ? / N'a-t-on pas le droit de chercher à saisir la frontière qui sépare l'islam de l'islamisme, de comprendre comment l’islamisme se transforme en terrorisme ? »

Karim Akouche, chronique, Marianne, 26-02-16http://bit.ly/1T5aqvJ 

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Les 19 inquisiteurs (la tribune polémique…) osent parler "d'islamophobie" au sujet de Kamel Daoud, ce qui n'a pas de sens et démontre à quel point la notion est utilisée de manière perverse par des gens qui ont traversé la frontière qui sépare la lecture critique (droit que personne ne conteste, si c'est argumenté et fondé) du procès idéologico-religieux. Ils ont aussi traversé la frontière qui sépare le refus éthique de toute discrimination sur la base de l'ethnie ou de la foi et l'hystérisation fanatique de lois communautaires (interdiction de penser autrement que ce qu'exige de nous la norme des appartenances ethniques et religieuses, ou supposées religieuses). C'est poser un interdit sectaire, et refuser la liberté de conscience, droit humain s'il en est, dans la totale confusion. Ces gens devraient lire Amartya Sen…  

J'apprécie beaucoup le passage de l'article où Karim Akouche, en renvoyant un questionnement au sujet de ce soupçon diffamant "d'islamophobie", demande de quel Islam ils parlent. Car on ne peut certainement pas mettre sur le même plan, et derrière le même mot, l'islam lumineux des soufis (dont tous nous pouvons nous nourrir pour grandir en humanité), l'islam dit des Lumières, celui de la haute sagesse, d'une philosophie, d'une métaphysique rigoureuse, l'islam humble des croyants qui entrent une morale de vie, et l'islam de haine de criminels pouvant tuer une petite fille qui fuit, regardant son visage avec des yeux sans conscience... tuer (Toulouse). De criminels voulant débarrasser la terre de la musique, de la danse, des mots de la pensée.  Et ne pensant du corps que la violence (viol, meurtres, décapitations), des femmes que l'effacement et la domination. L'islam des sages et des méditants n'est pas celui des intégristes ou de leurs complices (ces gens qui préparent avec des anathèmes la route des assassins. Et qui le savent (ou sont fous). Non, Kamel Daoud n'est pas seul... La preuve, ces écrits (journalistes, écrivains, blogueurs) de gens qui signent des engagements de liberté. 

« Kamel Daoud ne hait pas les islamistes, il les combat », par Karim Akouche, Marianne, 26-02-16 : http://www.marianne.net/agora-kamel-daoud-ne-hait-pas-les... 

……... Mise à jour, 28-02-16, articles : 

« Kamel Daoud ou la défaite du débat », de Michel Guerrin , Le Monde, 26-02-16. Soutien de K.D., car la défaite n'est pas la sienne. (Et citation de Hugues Lagrange, joint en Inde, et qui soutient Kamel Daoud)  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/26/kamel-daou... 

« Sexe, islam, et polémiques », de Caroline Hayek, 22-02-16. L’Orient-Le-Jourhttps://www.lorientlejour.com/article/971657/sexe-islam-e... 

« La double fatwa », par Michel Onfray (le début, seul en ligne), Le Point, 24-02-16. Pour le titre, très juste, et quelques lignes  http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/mi...

Soutien. "Au-delà du relativisme culturel. pour une défense et illustration de la pensée critique". Par Amira Bouraoui et Maya Boutaghou, 28-02-16 . « …Montrer que notre liberté d’expression et notre esprit critique sont les seules réponses à une forme d’aveuglement bien pensant. »: http://www.chouf-chouf.com/chroniques/au-dela-du-relativi...

« Au nom de Kamel Daoud », par Fawzia Zouari (auteur du livre « Je ne suis pas Diam’s », Stock, ouvrage qui parle d’islam, de féminisme et de laïcité, à partir de sa propre expérience de musulmane laïque et d’une grande culture). Elle donne totalement raison à Kamel Daoud, en rappelant des réalités, en opposant la lucidité à l’aveuglement et aux complaisances. Libération, 28-02-16  http://www.liberation.fr/debats/2016/02/28/au-nom-de-kame... (Citations : « Oui, le concept de ‘oumma' recouvre l’adhésion à des certitudes dogmatiques aujourd’hui plus que jamais attestées sous le voile et le qamis. » (…) « Oui, les intégristes sont dans la culture de la mort. » (…) «Les signataires de la tribune appellent à un «débat apaisé et approfondi». Cela veut dire quoi, au juste ? Qu’on occulte ce qui ne va pas dans nos sociétés ? » (…) « Il existe, en France, une élite de gauche qui entend fixer les critères de la bonne analyse et qui veut faire de nous les otages d’un contexte français traumatisé par la peur de l’accusation d’islamophobie. » (…) « La même élite qui s’essaie à l’exégèse coranique et cherche la bénédiction de religieux devenus ses principaux interlocuteurs, aux dépens des musulmans laïques réfractaires au rôle de victime. » / « Cette tendance à dicter aux intellectuels arabes ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire sur leurs sociétés confine au néocolonialisme » (…) « Or c’est d’un nouveau discours que nous avons besoin de la part de la gauche. » Nous sommes de plus en plus nombreux dans le monde arabo-musulman et ailleurs à penser que le salut de l’islam comprend et exige la relecture de l’islam. » (…) « Et si certains veulent se constituer en brigade anti-islamophobe, assimilant toute critique de l’islam à un sentiment de peur ou de haine, nous estimons que notre rôle à nous est d’éveiller les consciences sur le poids de nos tabous spécifiques et les maux de nos sociétés en attente de liberté. » (…) « Sachez que des Kamel Daoud, il en naît tous les jours de l’autre côté de la Méditerranée. Et c’est là un signe de bonne santé. » (« En cela, et contrairement à ce que vous pensez, ils ne sortent pas de leur monde ni ne souffrent de déni d’identité. Bien au contraire. Ils s’inscrivent dans une autre tradition de l’islam, celle des poètes rebelles et des penseurs du doute… »)

« Kamel Daoud dérange le confortable angélisme sur l’islam », Marianne, 25-02-16. Abdallah Soidri rappelle le contenu de la tribune de Fawzia Zouari parue dans Jeune Afrique et le contexte de sa réponse aux attaques contre Kamel Daoud. (La page comporte plusieurs liens) http://www.marianne.net/fawzia-zouari-kamel-daoud-derange...

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Autres notes : tag Kamel Daoud

 

16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Polémiques destructrices causées par des censeurs...

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Que ce soit dans Le Quotidien d'Oran (cf. illustration), ou que ce soit sur d'autres supports, on lit... pour plus de lucidité, pour un miroir qui nous renvoie des questions souvent douloureuses. Pour plus d'être. Voir ici ses chroniques reprises sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

 .

Choquée en lisant dans Le Monde une tribune hostile (agressive, violente, fermée), et attristée en lisant sa réaction, car on y lisait la lassitude de l’auteur devant l’incompréhension malveillante, j’ai posé un commentaire au post publié, m’adressant à lui, comme d’autres internautes, lecteurs. Puis j’ai repris ce commentaire, tel que, en le modifiant à peine, juste en l’adaptant aux destinataires. (mediateur@lemonde.fr et courrier-des-lecteurs@lemonde.fr). Faire passer le message au journal. J’ai précisé que j’en faisais une copie sur mon blog. 

Et c’est ceci : « Tristesse, immense, en lisant la tribune contre Kamel Daoud (sans aucun commentaire du Monde, qui n’aurait pas dû publier cela…). Et tristesse immense en lisant la chronique de Kamel Daoud, où la lassitude est telle devant toutes ces attaques que celui qui a été primé meilleur journaliste (mais est aussi la cible d’une menace de mort)  serait prêt à tout arrêter. On a tous besoin de grandes consciences. Et il en est une, majeure. Il est un des grands esprits algériens, qui fait honneur à la fois à ce pays, à la francophonie, et à l'humanité libre de penser. Ceux qui ont signé cette abjecte tribune (qui se disent intellectuels, affichant leurs titres, mais qui apparemment ne savent pas lire puisqu'ils n'ont rien compris) sont les complices objectifs des intégristes. (Et le Monde avec eux, en leu donnant cet espace). C’est grave d’'avoir accepté de publier cette infamie signée à plusieurs. Nous sommes dans une période où les aveugles et les complaisants règnent. Nous devons tous nous dresser, chacun comme il le peut, contre l'obscurantisme (et tous ses visages) : écrivains, blogueurs, poètes, artistes. En signant. ll y a bien plus de gens qui le lisent et le soutiennent que de gens comme ces auteurs d'une lâche tribune, ces infirmes de la pensée. Ils ont fait une faute grave. "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle" a écrit Lautréamont. La leur ne sera lavée par rien, sauf par l'aveu de leur ignorance et de leur faillite idéologique. Et celle du Monde? »

….

Donc, je reprends ici les textes de Kamel Daoud. Et deux réactions (de deux femmes) qui s’opposent aux censeurs « bien-pensants »… 

La chronique de Kamel Daoud, suite aux attaques ignobles (tribune parue dans Le Monde, après la sienne, et déformant le sens de ce qu’il disait). « Lettre à un ami étranger » : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224963  

CITATION : « J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie. /  Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses. / D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. » Suite sur la page du journal…

La chronique précédente qui a déclenché les foudres des censeurs autosatisfaits. Kamel Daoud montrait le double jeu de renvois fantasmatiques, pour démonter les pièges idéologiques, tout en affrontant les questions, refusant le déni de réalité  (des uns) et les projections racistes (des autres). « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 31-01-16  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li... 

Il a publié aussi une réflexion sur la sexualité et le rapport aux femmes, NYTimes, 14-02-16, « La misère sexuelle du monde arabe ». (Refuser les tabous, regarder en face les situations, causes et conséquences). Texte en français : http://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-miser... 

Un autre texte de Kamel Daoud me semble important, dans ce débat. Car c’est bien la question du sujet de la conscience qui est en jeu ici. On veut enfermer l’auteur dans des silences exigés par le « nous », la communauté, l’appartenance figée, et lui interdire la pensée du « je ». (Alors que, comme l’inscrit la blogueuse en exergue, nous sommes pluriels, et que comme l’analysent Amin Maalouf et Amartya Sen dans leurs livres, nos identités ramenées à des singularités obligatoires sont des prisons.)

Ce texte est celui-ci, "Le procès permanent du 'je' par le 'nous'" : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224664 (Citations : « Le crime est celui d'avoir donné de l'encre à la voix ou d'avoir écrit ce que chacun dit. Le crime est la dénonciation de l'entre-nous, la transgression du murmure clandestin de sa propre culture. Le crime est la voix et le porte-voix. /  Et cela vous use. /Sous l'inquisition d'un Occident en pleine errance d'âme, qui essaye de trouver en vous le chamane de ses angoisses, le témoin de ses convictions peureuses et la preuve de ses théories sur l'Autre. / Sous l'inquisition des siens qui vous lapident pour votre singularité, ne comprennent pas le ‘je’  dans l'étable du ‘nous’ dominant, ne s'expliquent pas votre vision sauf sous l'angle de l'alimentaire, ne peuvent voir plus loin que la théorie du complot et la salive de l'âge d'or mort et enterré. / Piégé, sommé, obligé, repoussé, brûlé, incompris et soupçonné ou trop coloré et aromatisé comme un exotisme trop convenant. / Texte tarifé ou sommation du groupe. » (…) « C'est alors que l'épuisement guette la clairvoyance. ».

Et j'ajoute ce lien, sa réflexion sur les fascismes, entretien, dans Le Devoir  http://www.ledevoir.com/culture/livres/456378/tous-les-fa... 

...

La chronique sur Cologne a donc déclenché l’hostilité de gens se déclarant anthropologues, historiens, sociologues (cela ne donne pas une bonne idée de ce que peuvent être ces sciences humaines dans les mains de tels signataires…). Leur texte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantas... (MISE à JOUR, 23-02-16. Mais QUI sont-ils vraiment? Lire cette note sur l'identité idéologique des signataires en question... http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. ») 

Voici une réaction à cette tribune hostile à Kamel Daoud. Par une juriste, Soraya Addi, qui insiste aussi sur le ridicule d’un chroniqueur condescendant qui s’exprime dans Algérie-Focus, pour défendre, en fait, la loi du silence et critiquer Kamel Daoud). Nouvel Obs, LePlus: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482058-kamel-da...  (CITATION / « Que l'on soit d'accord ou non avec les articles "Cologne : lieu de fantasmes" et "La misère sexuelle du monde arabe", on ne peut nier que Kamel Daoud a permis, dans un éclat international, d'ouvrir le débat sur un sujet enfermé dans un silence de plomb et qui ne pouvait être abordé qu'à l’extérieur du monde musulman mais qui, grâce à sa traduction en arabe par le "New York Times", atteindra le premier public concerné. Car il est nécessaire que les sociétés musulmanes modérées prennent conscience du profond malaise que génère le tabou du sexe afin de combattre les clichés dévastateurs propagés par les islamistes. Et ni la peur de l’islamophobie occidentale, ni la honte du regard extérieur posé sur les souffrances du monde arabe ne devraient être des obstacles à ce combat. ») 

Une autre réaction, une femme encore, une blogueuse qui met en exergue de son blog ses identités plurielles : « La dangereuse guerre du silence faite à Kamel Daoud sur la terre de la liberté d’expression » : https://journaldunebougnouleeclairee.wordpress.com/2016/0...  (CITATIONS :  « Chers Mesdames et Messieurs les anthropologues, historiens et sociologues bien-pensants, permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous avez tort. En tant que femme, musulmane, française de naissance, algérienne ayant vécu une décennie en Algérie, permettez-moi de vous dire que vous avez tort. L’islamophobie que vous devriez combattre n’est pas celle de Kamel Daoud mais la vôtre. En effet dans son premier texte, comme dans le second publié par le New York Times « The sexual misery of the Arab World », M. Daoud ne blâme pas l’Islam pour le rapport malsain des musulmans au sexe, mais l’Islamisme. Or dans votre lecture hâtive vous avez fini par assimiler ces deux très différentes notions, et c’est cela l’Islamophobie. » (…) « La France est un pays qui n’aime pas les tabous, et pourtant ici comme ailleurs, il y a culturellement des choses qui se ne disent pas. Or dire que le monde musulman a un rapport malsain au sexe n’a rien de choquant, certaines femmes sont cachées sous des draps sombres, il n’y a pas de preuve plus criante que cela. C’est un appel nécessaire qui aspire à un changement aujourd’hui vital. »)

 

16/12/2015

Ashraf FAYAD, POÈTE condamné en Arabie saoudite…

mms_img890865515.jpgmms_img-1046065589.jpg………………………………………………………………………………………………….

« Le vent est un être invisible

même quand il danse

avec les arbres »  (Logique)

« La terre

cet enfer apprêté pour… les réfugiés »  (Amnistie)

« La perte de l'âme exige un temps qui ne suffira pas

Pour consoler tes yeux effrayés de ce qu’ils ont coulé comme pétrole »  (Du mérite du pétrole sur le sang)

« Dieu sur son trône

Et tu essaies maintenant

de réparer tes ailes »  (Corbeau volant sur deux bâtons)

Ahsraf Fayad / ‘Instructions internes’ (recueil, 2007, éd. Dar al Farabi, Beyrouth/Liban). Poèmes traduits par Abdellatif Laâbi (Plusieurs poèmes sont sur le site du Marché de la Poésie : http://poesie.evous.fr  ou sur celui du Printemps des poètes : http://www.printempsdespoetes.com

...

PÉTITION de soutien (fermée mais toujours en ligne)... SUR CHANGE.ORG https://www.change.org/p/sauvons-le-poète-palestinien-ash...

.....................

... MISE à JOUR, 14-01-2016... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/01/14/so... 

08/05/2015

En ARABIE SAOUDITE... penser librement est dangereux...

Amnesty.jpg

Penser... croire autrement... ou ne pas croire.

En Arabie saoudite oser évoquer la démocratie ou questionner les croyances met en danger (prison, torture, mort). Si nous voulons être solidaires de ceux qui subissent la répression pour leurs idées (ou pour défendre les droits de leurs compatriotes), il nous est plus que jamais nécessaire d’être vigilants : les stratégies géopolitiques tendent des pièges, le marché aussi... (C’est vrai pour ce pays, vrai pour d’autres, cf. le Qatar).Ci-dessous, quelques informations et liens...Hier, 7 mai, en fin de journée, place Igor Stravinsky, à Paris, des associations ont pris la parole pour soutenir ceux dont la parole est empêchée...

Fiche wikipedia. Rappel d’informations minimales, pour situer la problématique de la répression et l’enfermement de gens qui expriment simplement des idées mais sont considérés comme de dangereux dissidents http://fr.wikipedia.org/wiki/Arabie_saoudite (CITATIONS : « L'Arabie saoudite est une monarchie islamique de type absolu contrôlée par la famille Saoud. / La Constitution du pays se fonde sur le Coran et la sunna selon la compréhension des ‘Compagnons de Mahomet’. Aucune manifestation ou culte d'une autre religion n'est acceptée et ceux qui expriment à ce titre une opinion différente sont déclarés apostats et passibles de la peine de mort. La liberté de religion de la population non musulmane d'origine y est très restreinte, et doit s'exercer exclusivement dans le domaine privé. » (...) Les femmes sont « sous la tutelle des hommes » et « L'Arabie saoudite est le dernier pays au monde où les femmes sont privées du droit de conduire ». (...) Sont « passibles de la peine de mort » des « crimes »... « comme l'apostasie ou le prosélytisme non musulman. » (...) « L'islam sunnite est la religion d’Etat du royaume. » (...) « Une police religieuse, la Muttawa, veille à la stricte application des préceptes musulmans » (...) «  Le code vestimentaire en Arabie saoudite suit strictement les principes du hijab (le principe islamique de la pudeur... »

Samar Badawi, portrait, Le Monde, 05-05-15 (devenue le porte-parole des dissidents – son frère est le blogueur emprisonné qui a subi le fouet, son mari, avocat, a été condamné à quinze ans de prison en 2014) : http://bit.ly/1F23szF  

DOSSIER Arabie saoudite, fil d’infos, Courrier international : http://www.courrierinternational.com/fiche-pays/arabie-saoudite  

Page sur Raif Badawi, toujours emprisonné, Amnesty international : http://bit.ly/1JsUATd  

Raif Badawi (condamné il y a un an à dix ans de prison et 1000 coups de fouet pour la création d'un forum de discussion en ligne et son expression libre sur la Toile). Informations complémentaires, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Raif_Badawi

Arabie saoudite... « Bilan épouvantable » d’Amnesty international « en matière de droits humains », L’Obs, 05-05-2015 : http://bit.ly/1zPuoCF

RSF demande une « réaction forte » à François Hollande au sujet de Raif Badawi, 04-05-15. (« Il est inconcevable que la France puisse garder ainsi le silence sur la condamnation barbare de ce jeune blogueur, qui pourrait à tout moment être rejugé pour apostasie et être condamné à la peine de mort, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. » : http://bit.ly/1ETz9Kc

Texte collectif des associations ayant appelé au rassemblement de soutien aux prisonniers d’opinion en Arabie saoudite, ce 7 mai 2015, Place Igor Stravinsky à Paris  : « N’oublions pas les militants des droits humains en prison en Arabie saoudite. Des avocats, des professeurs engagés, ainsi que des journalistes sont poursuivis en justice pour avoir mené  des activités jugées subversives ou terroristes par les autorités. » / « Raif Badawi, Waleed Abu Al-Khair, les membres de l’ACPRA (Association Saoudienne des droits civils et politiques) et d’autres militants sont condamnés pour des faits tels que ‘désobéissance au souverain’, ‘manipulation de l’opinion publique contre les autorités’ ou d’autres chefs d’accusation formulés en termes vagues, rassemblés dans de nouvelles lois antiterroristes qui criminalisent de fait toutes les formes de dissidence pacifique. »

03/02/2015

Parler du fascisme tapi dans l'islamisme...(MAIS...). Lectures... Courrier international...

COURRIER international.jpgCOURRIER ISLAM.jpgParler du fascisme, oui. Fascisme... C'est cela que désignent les auteurs de ces articles, journalistes ou écrivains, qui s'expriment dans le monde - et, précisément, aussi (voir les deux derniers articles), dans le "monde arabe" (notion controversée, mais qui recouvre une réalité culturelle et géopolitique cependant). Fondamentalisme qui est avant tout idéologique, politique. Fascisme qui ment en prenant le masque d'un attachement à une appartenance religieuse (même si celle-ci peut interroger ce qui en elle permet cette captation), et en emprisonnant les populations dont c'est la croyance ou la culture. (Ou dont c'est une des cultures, car les êtres sont tissés de cultures plurielles, surtout dans le contexte de notre univers mondialisé, diasporique, métissé, voyageur, nomade, connecté, traversé de réseaux...). Totalitarisme qui a un projet (fou peut-être, mais d'autres folies ont déjà réussi à opprimer terriblement : mémoire de l'Inquisition, du nazisme, du stalinisme...). Idéologie fondée sur des constructions mentales manipulatrices, une rationalité mêlée considérablement d'irrationalité (complotisme et négationnisme n'étant que deux aspects de la mise hors raison). Plongée mortifère dans le culte du passé, la peur de la femme, la peur du rire, du sport, de la musique, de l'art, de la pensée...

Fascisme tapi dans l'islamisme... PAS dans l'islam (vision haineuse que veut imposer l'extrême droite, pour rejeter les musulmans, par pur racisme, xénophobie en tout cas, refus culturel, peur identitaire). Pas dans l'islam tel que le pratiquent la majorité des gens qui le vivent comme spiritualité. Donc pas en eux, seulement croyants parfois, ou même pratiquants - plus ou moins, comme dans toutes les religions. Pas en eux, sur lesquels on risque de projeter l'ombre des terroristes revendiqués musulmans. Projeter cela c'est projeter la peur, et ouvrir la place (dont d'autres pourront se saisir) pour les agressions, verbales ou physiques. Attention, NE PAS confondre... Eviter de superposer les mots et les gens (ou idéologie et croyance religieuse). L'extrême droite nous tend et nous tendra ce piège, qui n'est que le miroir de celui que tendent les islamistes djihadistes (cela conforte leurs analyses jumelles fondées sur la haine de l'Autre...). Confondre, c'est pratique, facile... c'est penser en raccourci. Ne pas penser en raccourci, c'est, aussi, interroger, comme le font de nombreux intellectuels musulmans et des islamologues, ce qui, dans les sources de la religion, peut autoriser la violence, la légitimer. Dans tous les textes de ces intellectuels, donnés à lire dans les revues de presse de plusieurs de mes notes (et dans les références de livres) la complexité est présente. Mais, si la complexité est présente, dans la pensée comme dans la réalité, l'interrogation devra se porter aussi sur le lien des religions avec les revendications identitaires, et sur le lien des appartenances idéo-religieuses avec la perception que les uns ont des autres (croyants ou incroyants, et croyants autrement). [En Norvège, Anders Behring Breivik, le terroriste chrétien qui tua 77 personnes et en blessa 151 en juillet 2011 - des cibles idéologiques - ne le fit évidemment pas au nom de l'islam, mais bien au nom de ses convictions politiques d'extrême droite, sous-tendues par le désir de défendre sa conception d'une identité européenne associée à la chrétienté, qu'il voulait préserver... Preuve que des fanatiques idéologiques peuvent se saisir du religieux à des fins politiques. Stratégiquement parfois, ou même sincèrement... Car le rapport avec la foi est subjectif, donc facilement passionnel, et peut devenir doctrinaire si les questionnements n'ouvrent pas la lecture des textes aux interprétations divergentes. Et, au-delà, si des clés ne sont pas données, culturellement, pour dire comment distinguer ce qui est de l'ordre de la spiritualité, de la recherche de sens, et ce qui est de l'ordre de la politique.] Religion, et religions, ou cultures imbriquées... Rien n'est simplement cela ou le contraire.     

Complexité? Bien mise à mal, encore, quand on enferme les êtres dans des catégories. Car que veut-on dire quand on dit "musulmans"? Ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs, ni bouddhistes? (Cela ne rend pas forcément musulman...). N'y-a-t-il pas dans cette appellation, y compris pour refuser (à juste titre) tout amalgame avec les terroristes, une manière de désigner une origine? C'est hypocrite et mensonger. Lire la tribune d'Ahmed Benchemsi, parue dans Le Monde du 16-01-15 : "Le 'musulman modéré', une version actualisée du bon nègre". [Citations : "En les qualifiant de 'musulmans', on les singularise déjà." (...) "L'islam, c'est d'une ridicule évidence, n'est inscrit dans le patrimoine génétique de personne." (...) "Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme)"]. Texte intégral : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html   

Donc, LECTURES (citations...), pour commencer (ou poursuivre), la confrontation, avec, réellement, ce qu'est l'islamisme... Et non pas ce que nos paresses, notre idéologie, ou notre inconscient, voudraient nous faire croire (dans un sens ou un autre...). Vu de... Québec (l'idéologie...), Ukraine (ne pas tolérer l'intolérable, car ce serait renoncer à la démocratie...), Liban (répondre au fascisme...), Tunisie (des fascistes... imbéciles... qui osent se réclamer d'Allah..), presse monde arabe à Londres (Explications... Non, ni la France, ni les Juifs, n'ont mérité ça. Caricatures? Comprendre que se moquer du Prophète c'est comme se moquer de Moïse. Oui, on peut se moquer de Moïse, mais pas de l'Holocauste, car ce n'est pas la même chose... ), Syrien en exil à Londres (racines historiques de l'islamisme, la source : idéologues refusant la modernité et voulant faire du religieux la norme qui régente tout...). Un dossier, sous forme de revue de presse, qui est une bonne synthèse de questions essentielles...

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Vu de Québec. « Quand l'idéologie tue », par Paul Journet, La Presse (Montréal, 09-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-quebec-quand-l-ideologie-tue [ CITATIONS : « (S’interroger sur...) la part de responsabilité du modèle français d’intégration des minorités. Cet examen est prématuré et simpliste. Il repose sur une confusion entre trois concepts liés mais distincts. L’intégration des immigrants (...), la laïcité (...) et enfin l’intégrisme, la religion devenue militante et violente. Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l’intégration déficiente ne causent l’intégrisme. Et elles ne suffiront pas à l’éteindre. (...) L’islamisme existe aussi dans des pays où l’intégration ne pose pas problème. ( ...) On oublie que les musulmans forment les plus nombreuses victimes des islamistes et que leur ras-le-bol augmente au Pakistan et ailleurs. Les djihadistes ne correspondent pas à un profil unique. (...) Certains sont fous, d’autres sont diaboliquement rationnels. ». L’auteur insiste sur la nécessité « d’admettre le pouvoir meurtrier de l’idéologie » et d’éviter deux pièges. Le premier est de réagir en adhérant aux thèses de l’extrême droite, récupérant les attentats pour « amalgamer les islamistes à l’ensemble des musulmans qui pratiquent pourtant leur foi dans la paix. » De réagir en croyant à la « bête théorie du choc des civilisations » qui « sert les islamistes » - par la polarisation qu’ils veulent créer pour « mieux recruter ». Au contraire, « Il faut dénoncer sans relâche cette xénophobie. ». L’autre piège, l’autre danger, est « non pas de récupérer, mais d’étouffer le débat sur l’islamisme. »]

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Vu d’Ukraine. « Le prix sanglant du ‘politiquement correct’ », par Sergueï Grabovskiy, Den (Kiev, 09-0-115), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-d-ukraine-le-prix-sanglant-du-politiquement-correct [ CITATIONS : « Pour l’heure, ni l’Europe, ni les Etats-Unis, ni l’Ukraine ne sont prêts à exprimer ouvertement les faits essentiels qui ont abouti aux attentats terroristes à Paris, ni la réalité fondamentale qui se dissimule derrière ces actes. » (...) « On ne parle pas seulement de religion, mais de politique parée d’atours religieux. Nous sommes face à une chose digne de l’obscurantisme médiéval ou des Cent-Noirs [mouvement nationaliste, monarchiste et antisémite apparu dans l’Empire russe au début du XXème siècle.] Pour être plus précis, cette idéologie terroriste est un ‘fascisme islamiste’, qui s’appuie sur des idées totalitaires et nourrit des ambitions planétaires. /// En dépit de cette réalité la majorité des journalistes et des dirigeants (...) parlent d’atteinte aux médias et à la liberté d’expression’. Or, ce terrorisme est très particulier, car il a pour objectif ultime la liquidation de la civilisation euro-atlantique (ou ‘judéo-chrétienne’ comme elle se définit elle-même). » (...) « Attentats (...) absurdes » ( ?). « Non. » (...) « ... ce sont des actes complètement rationnels qui s’inscrivent dans le cadre de cette vision du monde totalitaire. » (...) « Il y a eu le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, la vague de l’extrême gauche appelant à une révolution mondiale dans les années 1970, et maintenant il y a l’islam militant. » L’auteur dit que, à son avis, la réponse aux attentats de Paris est « la fin de toute ‘tolérance’ face aux agissements des fondamentalistes et des tenants du fascisme islamiste. » (...) Car ne pas le faire « revient à saper les fondements de la démocratie européenne tout en donnant aux musulmans qui défendent les valeurs démocratiques le sentiment d’être abandonnés face au totalitarisme. »]

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Vu du Liban. « Le poing du fascisme », par Alex Rowell, Now (Beyrouth, 07-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-liban-le-poing-du-fascisme  [ CITATIONS : « Les rues de Paris, qu’ont autrefois foulées Descartes, Diderot et Voltaire, ont été ensanglantées. Une fois de plus, l’esprit humoristique, ironique et intellectuel est frappé en pleine face par le poing du fascisme.3 (...) « Insondables illusions. Certains, bien entendu, verront dans ce qui s’est passé une sorte de justice expéditive à l’égard du passé colonial de la France ou de ses interventions récentes au Mali ou en Libye. Peu importe aux yeux de ces gens que la seule ‘vengeance’ invoquée par les tueurs l’ait été au nom du Prophète... » (...) « Plus dangereux sont ceux qui diront que ce qui s’est passé aujourd’hui prouve la nécessité de montrer plus de ‘sensibilité’ ou (de façon plus paternaliste) de ‘sens commun’ dans ce que les medias publient au sujet de la religion. » (...) « ... La réalité a toujours prouvé exactement le contraire : ceux qui répondent à la satire par le meurtre doivent être non pas moins mais encore plus critiqués... »]

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Vu de Tunisie. « Des imbéciles qui se réclament d'Allah », par Slaheddine Charlie Dchicha, Kapitalis (Tunis, 08-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les fascistes qui ont tué les journalistes de Charlie Hebdo sont les mêmes qui égorgent des policiers et des soldats en Tunisie, et sèment la désolation en Irak, en Syrie et en Libye. Ainsi donc deux ou trois sinistres individus, parce que le hasard les a fait naître dans une famille musulmane, s’autoproclament porte-parole des musulmans et s’érigent en représentants de Mahomet voire d’Allah sur terre. Quelle prétention ! Quelle fatuité ! Quelle suffisance ! » (...) « Ces criminels fanatiques et imbéciles prennent en otage les musulmans de France et d’ailleurs. » (...) « Car ces fascistes sont les agents et les promoteurs autoproclamés d’un ordre totalitaire, le même qui émet une fatwa contre Kamel Daoud en Algérie. L’autoproclamation, voilà la malédiction du monde arabe et musulman. » (...) « Le génial journaliste algérien Kamel Daoud a mille fois raison lorsqu’il affirme : ‘Si l’on ne tranche dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer... La question religieuse devient  vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer.’ »]

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Vu du monde arabe. « Non, la France n'a pas mérité ça ! », par Hazem Saghieh, Al-Hayat (Londres, 10-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les auteurs du crime contre la revue satirique Charlie Hebdo ont eu comme seules paroles, d’après ce qu’on en sait, les cris “Allahu Akbar” et l’affirmation qu’ils voulaient “venger le Prophète”. En revanche, des éditorialistes [arabes] et des militants des réseaux sociaux se sont efforcés de trouver des raisons auxquelles les criminels eux-mêmes n’auraient pas pensé et qui sont très loin de leur univers mental simpliste de terroristes. ///Cette ambiguïté, voire complaisance, dont ces éditorialistes font preuve face au crime s’explique par le sentiment que dans nos contrées le réflexe de faire l’unité [entre musulmans] prime les autres considérations. Alors qu’en un clin d’œil on voit les multiples guerres civiles qui déchirent le monde arabo-musulman, ce qui donne à cette “unité” un côté pathologique. Mettons de côté les accusations contre le sionisme, les mises à l’index de la France, des Etats-Unis et des puissances occultes, ainsi que les discours oiseux selon lesquels “eux-mêmes” [la France] l’ont cherché. » (...) « Certains Arabes disent que les caricaturistes se sont moqués de l’islam mais pas de l’Holocauste. Le fait est qu’il y a une différence profonde entre les deux. Selon les dessinateurs de ce journal et selon les lois de leur pays, on a le droit de heurter les sensibilités religieuses et d’attaquer les symboles du sacré. » (...) « C’est tout autre chose que de se moquer de drames humains récents, ayant fait des victimes dont des proches sont encore en vie. On peut se moquer de Moïse, mais pas de l’Holocauste. » (...) « D’autres veulent “que les Juifs dégustent un peu, eux aussi, des souffrances que nous subissons” !  /// Or les Juifs ont bien assez dégusté au cours des dizaines de siècles, bien plus que nous Arabes. Personne, pas même les racistes parmi les Juifs, ne dit que les Arabes devraient subir la même chose. Certes, l’islamophobie existe dans les pays occidentaux. Mais il ne faut pas oublier que ces pays sont les seuls qui débattent de ce phénomène, l’analysent et le condamnent. C’est probablement la frustration que nous ressentons depuis [l’échec] des révolutions, échec qui nous prive de la liberté qui nous aurait permis, à nous aussi, de débattre de ces phénomènes, de les analyser et de les condamner. »]

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VU de Londres (article d’un écrivain, opposant syrien). « Comment l'islamisme a triomphé », par Yassine al-Haj Saleh, Al-Quds Al-Arabi (Londres, 10-01-15), Courrier international, 29-01/04-02 :  http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/comment-l-islamisme-a-triomphe [Intro. Courrier int. : « Pour cet écrivain et opposant syrien, l’attrait de la modernité a été supplanté dans les pays arabes par la religion à partir des années 1970, alors que l’instruction cessait d’être un gage de progrès social et que se répandait la corruption. » /// ARTICLE. CITATIONS : « L’acclimatation à la modernité n’a pas rencontré de résistance particulière dans le monde musulman pendant environ un siècle, de la deuxième moitié du XIXe siècle aux années 1970. Cela allait de pair avec l’amélioration des conditions de vie et l’apparition d’opportunités de promotion sociale, d’abord pour les hommes, ensuite pour les femmes. » (...) « Quoi qu’il en soit, ce qui meut les sociétés arabes, à l’instar de n’importe quelle société, c’est la perspective d’améliorer la vie en ce bas monde. Et dans aucun pays arabe la lutte anticoloniale n’a été essentiellement religieuse, même si l’islam a fait partie des éléments de mobilisation. » (...) « Jusque dans les années 1970, la tendance générale était à la modernisation des institutions, de la société... » (...) « Certes, cette modernité a rencontré des résistances... » (...) « Que s’est-il donc passé dans les années 1970 pour que les choses s’inversent, pour que le voile soit à nouveau répandu et que les islamistes puissent prétendre se substituer à l’autorité de l’Etat ? On l’explique couramment par l’islam ou par une structure mentale propre aux musulmans. Cette vision des choses correspond à celle des islamistes eux-mêmes puisqu’ils prônent le ‘retour au véritable islam’ et la primauté de la religion dans tous les aspects de la vie. » // « Cette explication n’en est pas une. Pour commencer, parce que les musulmans ne sont pas entièrement  structurés par la religion. En revanche on peut faire remonter cette tendance, dont l’Etat islamique [Ei, Daech] représente le point culminant, à une idée forgée par  Sayyid Qutb, (...) l’idéologue égyptien des islamistes, idée selon laquelle il fallait s’écarter de la modernité. » (Idée, dit-il, qui s’est développée au moment où « les libertés reculaient » – dictateurs, enrichissements de tyrans. » (...) « Ce nouveau climat a permis aux islamistes de répandre leur vision du monde. Aujourd’hui la première tâche consiste à renouer avec le progrès, c'est-à-dire à offrir au plus grand nombre des opportunités pour une vie meilleure.»]

15/01/2015

Lecture de Charlie, numéro 1178 : irrévérence, questions, tristesse, rire ...

CHARLIE MERCREDI.jpgLIBERATION du 15 janvier.jpgCANARD.png

 J’ai lu, aujourd’hui, intégralement, Charlie Hebdo... Digne de la Une, à laquelle je disais déjà hier que j’adhérais complètement (et ravie de trouver dans Libération, ce jeudi, une analyse qui rejoint ma lecture : résumé et citations dans la mise à jour de la note du 14-01...). Celle de Soufiane Zitouni, qui enseigne la philosophie au lycée Averroès.

Dans Charlie, l’éditorial de Gérard Biard, « L’Apéro », pose la question des « Oui, mais »... (Dessins et critiques de Charlie, oui, mais, quand même...). Crainte du retour aux frilosités critiques antérieures. (A juste titre : j’entends, infos, que le Pape catholique a protesté contre ce qui, pour lui, est atteinte au sacré des uns ou des autres. Veut-il, le Pape, remettre au goût du jour la question du blasphème, et être suivi par les Français qui partagent sa foi ?). Colère, dans l'édito, contre les manœuvres des complotistes, actifs dès le 7... Et insistance sur la notion de laïcité : « pas la laïcité-je-ne-sais-quoi, la laïcité point final. »

Jean-Yves Camus, dans sa chronique, « Les charognards du complot », décrypte ce phénomène inquiétant. Citation : « Si on laisse de côté les indécrottables tarés de l’ultradroite antisémite, pour qui tout est « sioniste » et « juif », il ne faut pas se leurrer : ce complotisme est un problème de la gauche radicale et de la sous-culture islamo-gauchiste qui sévit sur les forums. ».

Laurent Léger, lui, interroge les « trous dans le filet » du renseignement..

Le reste : émotion, réflexions, dessins, humour et humour sur larmes... c’est dans le journal. « Charlie » 1178 est  en vente plusieurs jours encore (plus d’exemplaires le matin dans les boutiques importantes, qui ont plus de place que les petits kiosques...). 

LAÏCITE... Au début de l’éditorial, il y a l’affirmation du refus de l’expression « laïcard intégriste », que Gérard Biard aimerait voir « disparaître  du vocabulaire intellectuel et politique ». Sauf que pour cela il faudrait que cela disparaisse de la réalité. Or les « laïcards intégristes » cela existe  : conception erronée de la laïcité, qui n’est plus, chez certains, séparation des églises et de l’Etat ("laïcité point final"), mais volonté d’imposer une vision, et mépris de tous ceux qui oseraient affirmer une foi quelconque – sans pour autant s’abstraire d’une société laïque. (Ce n'est pas une laïcité qu'on réduirait, à laquelle on enlèverait quelque chose, mais une laïcité à laquelle on ajoute quelque chose : on la colore, vision "laïcarde", d'une obligation de. croyance, athéisme imposé comme norme d'une pensée qui se voudrait laïque). Certains croient à une transcendance, d’autres pas. Point. Ils ne sont pas plus « crétins » les uns que les autres (vocabulaire qui pourtant désigne plus facilement les uns que les autres dans la parole des athées convaincus que sont souvent les laïcards, pas forcément les laïques, même militants, et vocabulaire qu'on retrouve parfois dans les expressions "des" Charlie).  

Crainte du retour des « oui, mais »... Oui, l’irrévérence et le droit au blasphème ne doivent pas se heurter aux « oui, mais » qui peuvent vite rejoindre l’appel à la contrainte ou à la censure. Oui, irrévérence et droit au blasphème "point final" aussi, cf. G. Biard... Cependant, malgré le massacre, on ne doit pas non plus sacraliser Charlie au point de refuser la critique. C’était, c’est, et cela reste un journal : ce serait une erreur d’en faire un emblème intouchable. Justement, dans Charlie, la critique féroce des religions, des pouvoirs,  et des postures idéologiques ou politiques qui ont leur ridicule, cela doit continuer. Mais il ne faudrait pas oublier une autre posture qui s’apparente au religieux : l’athéisme militant, bardé de certitudes qui ne sont pas plus fondées que celles sur le dieu (Dieu...) ou les dieux des autres. D’ailleurs ce mot de « dieu » ne recouvre pas forcément dans l’esprit de croyants un personnage de conte pour enfant : ce peut être simplement la croyance en une transcendance, quelque chose qu’on suppose, hors ou dans l’être humain, dépasser le petit personnage que nous sommes tous, piégé dans une pauvre identité limitée et en partie illusoire.  

(Et ce « dieu » dans l’esprit des agnostiques c’est seulement un point d’interrogation, pour ces êtres qui disent « je ne sais pas », donc les moins « religieux » qui soient... et peut-être les plus authentiquement laïques... Car comment prendre une posture totalitaire avec un « je ne sais pas » ?).

Critère du « je ne sais pas », donc, tant pour lire Charlie que pour interroger ses propres éventuelles « croyances ». Pour que la laïcité (mal comprise) ne devienne pas le mot clé du risque d’un autre obscurantisme. (Après tout des régimes totalitaires ont fait du refus du religieux une matière de la répression... de la liberté d’expression : les églises ne régentaient plus l’Etat, certes, mais l’Etat, lui, régentait un vide spirituel pour mieux opprimer). Sauf à tomber dans le piège dans lequel semble être tombé Amnesty international (2010), qui voit de la discrimination dans un outil de la laïcité (« la laïcité point final », comme le dit Gérard Biard. L'erreur d' Amnesty... donc.  Alors, oui, même si j’aime bien ajouter des « mais » aux « oui », pour quoi que ce soit (comment, autrement, penser les nuances et la complexité ?), devant de telles dérives associatives, on attend avec impatience la caricature qui pourra s’en inspirer... Amnesty et les « curés » fondamentalistes d’un islam dévoyé... Décidément, la dérision est nécessaire... (Mais je continuerai à signer des pétitions d'Amnesty : autres...).

Et, j'y reviens, le regard critique sur toute lecture...Voir, dans Charlie à venir, ce qui manquerait (en fonction de l'actualité). Voir ce qui est en trop (une chronique acceptée, il y a des années, par erreur, sur un brûlot, choix corrigé ensuite). Regard attentif, et critique s'il le faut. Cela aussi c'est respecter. 

[Mise à jour, 16-01-15. Obsèques émouvantes... Mais... je ressens un malaise, en entendant (infos) Mélenchon se lancer dans un discours tremblant d’émotion, lui qui, là, représenterait une figure critique libre du soutien de Charlie, lui, l’ami de Chavez, le soutien du pouvoir répressif de Cuba. Présence qui a été préférée à celle de Jeannette Bougrab, qui semble avoir dérangé. Les raisons de cet éloignement ne sont pas connues : ce peut être du fait de ses appartenances politiques ou pour d'autres résistances qui, dans tous les cas, choquent dans le contexte (il semble qu'elle ait décidé de ne pas venir ou qu'elle ne l'ai pu), malgré sa douleur évidente. Si c'est un rejet motivé par des préjugés idéologiques, c'est blessant, si la cause est émotionnelle (rivalité de proximité dans le deuil) c'est troublant. En tout cas, d'elle, on ne peut que saluer l'immense courage, prouvé par les risques pris afin de réaliser un documentaire, bien digne du courage de Charb. (Qu’importe qu’une relation soit officielle ou pas, discrète ou pas : si on est peiné on doit être invité à vivre sa peine...). Autre chose, triste signe des errances idéologiques dans la mouvance PCF, bien avant le massacre de Charlie Hebdo, à la fête de L’Humanité, où Charb vint (il votait PC, dit-on), un rappeur, Médine, était invité. (Lui qui crie « Crucifions les laïcards » dans un clip (« Don’t Laïk », je crois) pour ne relever qu’un exemple de ce qui n’est pas loin de l’appel au meurtre... et quoi qu'il puisse dire, depuis : les mots sont plus que des sons). Le mot "laïcards" signifie "laïques", là...  Triste coïncidence : « Médine, l’étrange invité à la fête de l’Humanité », Marianne, 27-09-2014 : http://www.marianne.net/Medine-l-etrange-invite-de-la-Fete-de-l-Humanite_a241577.html

MISE à JOUR 18-01-2015 (obsèques, suite...). ARTICLE : « La double peine de Jeannette Bougrab », Le Parisien, 18-01-2015 http://bit.ly/1xlT3aD (« Il manquait quelqu'un vendredi aux obsèques de Charb, à Pontoise. Jeannette Bougrab, qui, la semaine dernière, avait de façon forte et émouvante crié sa douleur sur les plateaux de télévision, révélant qu'elle était la compagne du dessinateur, n'aura pas pu lui rendre un dernier hommage et assister à ses funérailles. » / «... hospitalisée au Val-de-Grâce à Paris depuis plusieurs jours, n'est rentrée chez elle qu'hier. »

Mise à jour 24-01-15. Déclaration de l’avocat de Jeannette Bougrab. Le Point, 23-01-15 :  http://mobile.lepoint.fr/people/mise-en-cause-de-sa-relation-avec-charb-jeannette-bougrab-prete-a-aller-en-justice-23-01-2015-1898972_2116.php

Mise à jour, 02-02-15. Lecture de cette page : "Le 'oui-mais' est une formule assassine", Le Huffingtonpost, par Pauline Bebe, 1ère femme rabbin, 19-01-15 : http://huff.to/163pAeA

Mise à jour, 02-02-15. Réactions (pays) au numéro du 14 janvier. Huffingtonpost, 14-01-15 : http://huff.to/1Dvh5nx 

La lecture  de Charlie (à entendre lecture de ce numéro, et lecture du journal en général), cette lecture ne serait pas complète sans proposer la réflexion de Nicolas Bedos, sur le courage de l’humour (l’estime qu’il exprime pour les caricaturistes de Charlie, et l’affirmation de sa propre démarche, courageuse et engagée). Son admiration pour les journalistes assassinés ne l’empêche pas de soumettre un questionnement d'humoriste, questions à lui-même aussi), tout en rappelant le refus de l’autocensure : « Nicolas Bedos : ‘ Laissez-nous l’ouvrir et risquer notre peau ’ », Le Monde, 10-01-2015. Entretien : « Pleurer la bande Charlie n’empêche pas de rappeler son combat offensif, quasi hebdomadaire, à l’encontre des symboles islamiques. Non, Charlie n’était pas un repaire de déconneurs bon enfants. Et alors ? J’étais de tout cœur avec eux. Mais nier l’obsession satirique de Charb concernant l’Islam serait une provocation à l’égard des jeunes musulmans - ceux-là même qui, jamais, n’ont souhaité une telle barbarie. Charlie avait le droit - et le devoir – de concentrer son vitriol sur l’Islam radical mais on ne peut pas dire qu’il était un journal satirique classique. C’est faire de l’angélisme, du politiquement correct, et ça risque d’attiser le sentiment d’exclusion des jeunes musulmans. Qui pourraient se dire : ‘S’ils ne reconnaissent pas que certains dessins étaient extrêmement véhéments, alors j’emmerde Charlie et la France’ ». Article complet : http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/01/10/nicolas-bedos-laissez-nous-l-ouvrir-et-risquer-notre-peau_4553347_3246.html

...... Echo de plusieurs questions évoquées ici, dans « Le canard enchaîné » : complotisme (article « Complètement complot » (etc.)......

...... Site de Charlie Hebdo : http://www.charliehebdo.fr/

........ Site du Canard enchaîné http://lecanardenchaine.fr/

22/12/2011

HANOUCCA, fête des lumières, début : 21 décembre 2011

Menorah de Hanoucca.jpgRetour d'une fête...

A lire. Recueil de textes sur harissa.com : http://www.harissa.com/news/article/hanoucca-des-juifs-de-tunisie-textes-recettes-et-coutumes

Dont ces deux pages :

L’histoire de Hanoucca, par Ruben Corcos : http://www.harissa.com/D_Religion/hannoucarcorcos.htm

Les rituels, par Léon Masliah : http://www.harissa.com/D_Religion/hanoukka5760lm.htm

A lire ou relire, la note du 04-12-10, ample, fruit de lectures et recherches, Hanoucca, fête des lumières : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2010/12/04/hanoucca-fete-des-lumieres-en-ce-debut-decembre-2010.html

Et, récente, 14-12-11, celle sur la lumière, car la symbolique est là, Lumière et lumières, regard… : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/12/14/lumiere-et-lumieres-regard-photographie-fete-meditation-et-p.html

Une autre fête des lumières, a été organisée par les soufis parisiens, le 18 décembre au Forum 104 : http://www.soufisme.org/rps/  (Cliquer sur "soufisme"...).

Et, bientôt, Noël...

Signe, ces dates fêtées par les trois religions et cultures du Livre, que cette période au cœur de l’hiver et des jours raccourcis, est bien celle d’une recherche réelle et symbolique de la lumière dans toutes les voies spirituelles…

14/11/2011

« Avec les chrétiens d’Orient », hors-série du journal La Croix

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 « Avec les chrétiens d’Orient », le hors-série présenté sur le site de La Croix https://librairie.la-croix.com/avec-les-chretiens-d-orien... 

 

 

 

Et sur le site de L'Oeuvre d'Orient  http://www.oeuvre-orient.fr/page-la-croix-hors-serie-avec-les-chretiens-d-orient-326.html?PHPSESSID=f718d4d815fd9e048c003bfb886d4fe7

« Qui sont les chrétiens d'Orient aujourd'hui ? / Cibles d'attentats organisés par des groupes terroristes, vivant dans une région très instable, leur avenir semble incertain. Beaucoup, pourtant, s'accrochent. / Comment comprendre les épreuves qu'ils traversent? Quels sont leurs rêves, leurs attentes, leurs espoirs ? »  (…) «… reportages, analyses et portraits… témoignages »

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Voir aussi :

La page du PORTAIL wikipedia, Chrétiens d’Orient : http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Chr%C3%A9tiens_d'Orient

« La mosaïque des chrétiens d’Orient », slate.fr, 07-01-2011 : http://www.slate.fr/story/32509/la-mosaique-des-chretiens-dorient

« Le douloureux exode des chrétiens d’Orient », Libération , 26-03-2010 : http://www.liberation.fr/monde/01012327834-le-douloureux-exode-des-chretiens-d-orient 

« Les Chrétiens d’orient broyés par l’histoire », Le Point, 02-11-2010 : http://www.lepoint.fr/monde/ou-va-le-monde-pierre-beylau/les-chretiens-d-orient-broyes-par-l-histoire-02-11-2010-1257328_231.php

« Chrétiens d’Orient, impuissance et lâcheté » (occidentale), blog/Le Figaro d’Yves Thréard : http://blog.lefigaro.fr/threard/2011/01/chretiens-dorient-impuissance.html

DOSSIER . La Croix, Les chrétiens d’Orient : http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Les-chretiens-d-Orient-_NG_-2011-05-06-575736