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07/03/2016

Deux petits films créés par des Syriens en exil...

Dire en quelques images le refus de l’obscurantisme des fondamentalistes, ou les douleurs de la guerre et de l'exil... 

Court film créé par des Syriens exilés au Liban. « Fade to black »  https://www.youtube.com/watch?v=WIrSDKcO-4M 

Et celui-ci, pour dire la douleur… « Yaman »  https://www.youtube.com/watch?v=Bjuev58SGCo&ab_channe... 

Voir aussi la liste de liens "SYRIE", en marge gauche, dont NOTES (2016, 2020...).

13/10/2015

"Une bouteille à la mer", film de Thierry Binisti, le 13-10-15, sur la 3

israël,palestine,israéliens,palestiniens,gaza,films,cinéma,culture,une bouteille à la mer,humanisme,dialogue,identité,identités,thierry binistiLe film est repris sur la 3, ce soir, à 23h10. Voici l’occasion de sortir du manichéisme…  Certains critiques ont voulu absolument parler de  «bons sentiments», préférant sans doute des visions plus dures, la séparation des regards. Ce n’est pas, à mon avis, avec le goût des ressassements pessimistes qu’on peut faire évoluer les esprits, ici et ailleurs, sur l’histoire et l’actualité, qu’on parle d’Israël et de la Palestine, ou de la France et de l’Algérie (par exemple). Evidemment cela nous demande de tenter de nous échapper des certitudes, d’accepter de porter attention aux faits dérangeants, de faire un effort sur nous-mêmes pour sortir des cages identitaires qui nous emprisonnent (et cela ne veut en aucun cas trahir ses appartenances et ses ancrages : l’identité n’est pas une idéologie), et, enfin, d’avoir la force, non de renoncer à ressentir des émotions (tristesse, colère, révolte, etc.) mais de prendre le temps de les examiner en soi (car elles sont effectivement là) pour en savoir la source réelle et les transmuter… Nos pensées sont aussi des bouteilles à la mer, et le filet que nous lançons induit ce qu’il ramasse... 

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24/07/2013

"Méditerranées", d’Olivier Py. Le court métrage commenté sur plusieurs blogs et sites...

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« L’ensemble de mon travail au cinéma comme au théâtre est une interrogation sur l’identité de « méditerranéen »  Olivier Py (citation en exergue, article de Version originale)

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Sur le site « Vivre à Belcourt » de Luc Demarchi, une vidéo : extrait d’un court métrage d’Olivier Py, « Méditerranées » (le 's' de nos pluralités…)  http://belcourtois.com/index.php/2015/05/11/mediterranees...

Du commentaire de Luc Demarchi, je copie la conclusion, beau message qui correspond totalement à ma vision de la Méditerranée : le lien que cette mer crée entre les êtres divers qui vivent sur ses rives, la fraternité à l’horizon. Voici :

« Le réalisateur conclut son film en évoquant la Mer Méditerranée comme une dimension commune à tous ceux qui vivent ou qui ont vécu dans les pays qui la bordent et c’est bien grâce à ces Méditerranées que nous nous rejoignons et que nous nous retrouvons.

Au-delà des conflits passés ou présents, la Mer apparaît comme le lieu sacré du baptême qui nous mène ensemble vers la voie de la paix et de la fraternité.

On ne peut visionner ce document sans faire la relation avec l’œuvre passionnée d’Albert Camus pour ce pays, une œuvre que l’on perçoit en filigrane tout au long du film. »

J'ai regardé. C'est très bref, cet extrait, mais suffisant pour capter la beauté de ces moments simples. Il y a de l'amour dans le regard de ces êtres, et de l'amour dans le double regard porté sur eux : regard de ceux qui filment, se filment (dans la présence de l'instant), et de celui qui reprend ces bribes familiales et les recrée. Une étrange sorte de double énonciation... Mais là ce ne sont pas des personnages qu'un auteur fait vivre devant nous : des personnes réelles dans un passage fugace de leur vie. Bribes de temps méditerranéen... Que la mer y est belle! Image de paix... Et je les vois, attentive, avec, en surimpression, l'accélération des vies, le fracas de la guerre, la rupture avec leur lieu d'ancrage, l'exil, les années qui passent. Et puis simplement, de nouveau, comme des méditerranéens à la source de leur force vitale. D'une rive à l'autre c'est toujours la même Méditerranée, la terre des Noces de Camus (Luc Demarchi a raison de faire le lien). Terre de danseurs, comme le père, jeune, dans son arbre, ou la mère, qu'elle marche ou nage... Magnifique. 

Il me faudra voir intégralement ce film, que je découvre avec grand retard...

Ce que j'ai lu de la démarche d'Olivier Py me fait adhérer totalement à cette démarche. Et je cosigne la première citation, mise en exergue de ma note... 

Entretien avec Olivier Py sur mickrociné. Passionnant (Et les commentaires sont aussi à lire) : http://on.fb.me/1aIrwq3  [Il insiste sur cette réalité métisse du Méditerranéen, et du Pied-Noir, sur le croisement de l’intime et de l’Histoire, sur la souffrance familiale, le refoulé, évoque les Harkis, les camps. Identité (nous pourrions tous écrire ça) : « Et comme il y a un exil qui est un peu à l'origine de l'histoire familiale, le centre en est la Méditerranée, pas une terre. Le rapport que certains peuvent avoir avec une terre je l'ai avec une mer. C'est pour ça que je suis arabo-italo-espagnol, et c'est plus fondamental pour moi que mon identité française par exemple. » Politique et identité (Le difficile lien… Il est conscient de donner des clés, loin des jugements anachroniques.) : « Le matériau que j’avais me permettait en quelque sorte d’utiliser un voile poétique pour raconter une histoire sans jeter de jugements politiques qui n'ont plus de sens. Je suis très content en tout cas si jamais une partie des Pieds-Noirs retrouvait leur histoire et leur identité à travers ce film. »

« Méditerranées », sur Doc en courts (Palmarès 2012, nominé).   : (Où il est dit ce que je percevais en surimpression, mais qui n’est pas encore explicite dans l’extrait présenté) : « Comment montrer l’Histoire ? Comment parler d’un souvenir aussi vibrant que la pellicule Super 8 sur lequel il est inscrit ? » (…) « Ici la guerre est en coulisse, mais qu’est-ce qu’une image de la guerre finalement? » / Lien devenu inactif...

Et sur Mémoblog de Paul Souleyre (blog référencé ici, cf. liste « Pages tissées… ») : « Olivier Py est un méditerranéen » :http://www.memoblog.fr/olivier-py-est-un-mediterraneen/ (Où il évoque la rencontre, idéologique et éthique, avec Luc Demarchi (de « Vivre à Belcourt » et la portée du film d’Olivier Py). Comment la conscience de l’identité méditerranéenne permet (Olivier Py, Luc Demarchi, Paul Souleyre – sur cette page) de vivre en cohérence son identité particulière et d’échapper aux enfermements des appartenances, quand elles sont limitantes (Pieds-Noirs, fils de Pieds-Noirs, ici – mais c’est une vérité qui est valable pour toutes les communautés humaines). Beau portrait du webmestre de Vivre à Belcourt dans cette page, et ample citation.

Autre note, Mémoblog : « Méditerranées, un film d’Olivier Py » http://www.memoblog.fr/film-olivier-py/ (Où Paul Souleyre dit son agacement, à la lecture d’une fiche wikipedia, devant un contenu erroné sur l’enfance d’Olivier Py – comme si le message de l’œuvre n’avait pas été compris : déni, là aussi, dans cette incompréhension, explique-t-il à juste titre).

Ample et bel article, sur Algériades, au cœur de l’identité méditerranéenne comprise à travers l’origine et la référence algérienne : http://www.algeriades.com/olivier-py/article/mediterranees-d-olivier-py (En conclusion, citation d’Olivier Py – entretien : « Nous avons une histoire en commun mais aussi un avenir. Et c’est ce monde de la Méditerranée qui aujourd’hui me semble une vraie, une magnifique utopie". »)

Sur cinemaniac.fr, une lecture qui tient compte de l’essentiel du message, compris profondément. Le film intégral se déroule, comme si nous étions en train de le visionner : « Méditerranées, l’été qui ne reviendra plus » : http://www.cinemaniac.fr/news/mediterranees-l-ete-qui-ne-reviendra-plus 

Article de Version originale : (En exergue, une citation d’Olivier Py : « L’ensemble de mon travail au cinéma comme au théâtre est une interrogation sur l’identité de « méditerranéen ».) / Lien devenu inactif...

Le blogueur, sur Vu du balcon, rappelant le Grand Prix obtenu par ce film au Festival de Nice 2012, relie les souvenirs évoqués dans le film aux siens, jeune à Paris, pendant la guerre d’Algérie… Histoire : http://vudubalcon.blogspot.fr/2012/10/mediterranees.html

... Deux pages sur le site d’ARTE... 

Le film… http://cinema.arte.tv/fr/article/mediterranees-dolivier-py 

Zoom… http://cinema.arte.tv/fr/article/zoom-mediterranees

... Le DVD, page FNAC... http://video.fnac.com/a6211320/Mediterranees-DVD-DVD-Zone-2

.................. Voir aussi, note, Andalousie (illusion?)... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2013/10/18/an... 

................... Andalousie, Méditerranée, voir catégories et TAGS...

15/04/2013

Le premier homme, Camus. Du livre au film

CAMUS FILM.jpg

Le premier homme, d’Albert Camus…  Le livre commence ainsi : « Au-dessus de la carriole qui roulait sur une route caillouteuse, de gros et épais nuages filaient vers l’est dans le crépuscule. ». De ce livre j’aime tout, les pages solaires qui donnent le parfum de la terre, les lignes sombres des souffrances, les bribes de textes des  annexes en fin de volume, fragments lucides qui font penser aux carnets. A lire et relire. Le film de Gianni Amelio traduit la vérité de l’écrivain, son exigence et son désespoir-espoir d’humaniste. Du livre, je retiens aussi la « patience » de la mère, la pauvreté présente comme réalité et comme concept, la « tristesse africaine » du père disparu, la mémoire des exils, et je reprends un passage en fin de volume : « Il faudrait vivre en spectateur de sa propre vie. Pour y ajouter le rêve qui l’achèverait. Mais on vit et les autres rêvent votre vie. » Que le film donne envie de revenir au livre, et qu’il humanise le regard sur les êtres et les communautés du pays de Camus, quand l’idéologie ferme encore trop souvent le cœur.

Première. Synopsis, bandes-annonces, critiques : http://www.premiere.fr/film/Le-Premier-Homme-233094

22/03/2012

LE RACISME TUE… (3). Terrorisme. Les armes tuent. Et les mots, les livres, les films…

Le 19 (après les assassinats des 11 et 15 mars) une fusillade terrible, sur fond de racisme et d’idéologie fascisante. Réactions, émotions (légitimes). Une horreur qui atterre tout le monde. C’est ici, ce sont nos compatriotes, à l’intérieur de frontières repérables. Les faits sont qualifiés de monstrueux (ce qu’ils sont). Ce soir c’est le tueur que j’ai entendu qualifier de monstre par le Président de la République. Monstre? C’est rassurant de se dire que l’auteur de tels actes échappe à l’humain, que nous sommes d’une autre nature. Rassurant mais faux. Psychopathologie qui va chercher dans la part la plus sombre, la plus perverse, de l’humain, à partir de délires idéologiques construisant une haine obsessionnelle. Le mal. On a sans doute inventé le Diable pour figurer ce puits où sombrent des individus, et des groupes, ou masses, d’individus, de temps en temps dans l’Histoire, et dans l’actualité, pour leur malheur et le nôtre... Le serial killer a des motivations personnelles plus ou moins inconscientes : le fanatique politique structure autrement la pensée de ses passages à l’acte, qu’il soit d’ultra droite (attentat de Norvège, juillet 2011, près d’une centaine de morts : http://www.lefigaro.fr/international/2011/07/23/01003-201... ), ou islamiste (les crimes de Montauban et Toulouse). Le militaire américain qui a massacré récemment seize personnes en Afghanistan (dont femmes et enfants) est-il, lui, un fou, ou un fasciste d’un autre genre, projetant tout d’un coup sa haine ? Quel genre de terroriste est-il, lui? (http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/03/14/a... )

Si seuls les « monstres » tuaient de manière barbare il n’y aurait pas de crimes de guerre, pas de crimes contre l'humanité, pas de trafics d’armes, mais une société paisible secouée parfois par des « accidents » tragiques.

Le président dit que ces actes qui viennent de nous déchirer ne sont pas explicables. Peut-être le dit-il pour réagir à des tentatives d’explication un peu sommaires. (Nous cherchons tous maladroitement à comprendre, car comprendre peut aider à lutter contre cela, mais aussi des personnalités politiques cherchent sans doute, trêve de campagne ou pas, à inscrire leur différence, leur stratégie, ou leur récupération – jugeant, critiquant, projetant). Mais si ces actes ne sont pas du tout explicables, alors la barbarie gagnera toujours. Actes explicables? Ils ne sont en aucun cas justifiables, mais explicables, forcément un peu, avec des grilles diverses que la raison peut nous permettre d’utiliser pour entrer dans la trame complexe des causalités nombreuses. Tenter d’expliquer ne veut pas dire que nous allons désigner des coupables, mais peut-être accepter d’interroger nos fonctionnements, nos manques éventuels.

Cela se passe dans un monde que nous créons quotidiennement, qui est héritier des violences et des guerres précédentes, modelé par les guerres présentes, par les discours haineux des uns et des autres, dont les folies et les frustrations individuelles peuvent se saisir pour donner matière d'argumentation à la violence démente. (D'autant plus que des armes circulent, et se trouvent facilement. De cela qui est complice? Quand fera-t-on le lien entre le terrorisme et le nécessaire contrôle des armes?).

Climat idéologique, donc, qui ne peut être cause principale mais qui est cause aggravante. (Climat créé par les excès des extrémistes de tous bords : extrême droite, extrême gauche – qui se rejoignent souvent, par exemple, dans l’antisémitisme, sous des formes variables plus ou moins assumées - et servent directement ou indirectement les délires des islamistes, notamment, ou des ultras. Mots et discours démultipliés sur la Toile, sans règles et sans contrôle efficace).

Depuis qu’on sait qui est l’auteur des crimes, Mohamed Merah, djihadiste, on critique ceux qui ont pu oser soupçonner l'ultra droite. Mais les enquêteurs, aussi, portaient leur questionnement vers elle, au début. Qu’on ait pensé à l’extrême droite, en voyant des victimes musulmanes dans les premiers meurtres, ce n’est pas étonnant. Et qu’on y ait pensé alors qu’on est assailli de déclarations qui rejoignent des thématiques de haine, ça l’est moins encore. Aucun groupe précis n’a été désigné à tort, cependant… (Cela choque, cette hypothèse formulée là, alors que le soupçon, pour la Norvège, qui a fait penser aux islamistes, quand c’était un ultra droite, cette hypothèse n’a pas gêné les mêmes…).

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Mais... on ne déchiffre jamais l'archéologie d'une histoire du terrorisme, de la théorisation acceptée de sa légitimation (pour certaines causes, dans certains cas... quand on confond terrorisme ciblant les civils et résistance) et des traces qui perdurent... de cette complaisance idéologique avec le pire. Ainsi, des films sont les supports de cette acceptation complice. Et, là, d'un jour à l'autre, condamnation générale d'actes abjects, dans toute la presse (d'un côté), le 19. le lendemain, dans le pays même qui vit ces drames, à la télévision publique, éloge du terrorisme fantasmé, auréolé d'héroïsme.

… Donc, le 19, l'horreur dans une école, le 20, film sur la 3. Non, pas de déprogrammation pour donner des clés, aider à penser les drames. Non. Après un journal qui dénonce l’impensable, un film qui met en scène la justification de faits similaires. « Pour Djamila », de Caroline Huppert, titre emprunté au texte de Simone de Beauvoir, publié au moment du procès.

Voici un article, révélateur de l’esprit de la critique en général, regard sympathique porté sur le film, et courte réflexion. Le Parisien, 20-03-2012 : http://www.leparisien.fr/espace-premium/culture-loisirs/h...

De nouveau la thématique terroriste, après le film sur Zohra Drif, poseuse de bombes. 

Que le film Pour Djamila parle d’une lutte pour l’indépendance, dans le cadre de la décolonisation générale, qu'il évoque un désespoir qui porte certains au pire, cela fait partie du regard sur l’Histoire. Que ce film dénonce la torture, cela rejoint les nécessaires combats pour les droits humains, contre des procédés inadmissibles. Et que l'histoire de cette femme rende compte de la torture qui fut utilisée contre elle, c'est légitime. (Elle fut torturée et violée). Mais qu'à travers un portrait très positif, et l'oubli de la réalité des actes des poseuses de bombes, on magnifie et justifie cette forme d'engagement, cela n'est en rien acceptable. Pas de preuves, pas d'aveux, est-il dit. En fait elle avait avoué avoir posé une bombe, et était revenue sur ses aveux, après avoir rencontré Gisèle Halimi. (Vérité ou faux aveux sous l'infamie de la torture? Vérité ou stratégie de défense dans la négation de la culpabilité?). Les enquêteurs et les juges pensaient, eux, avoir suffisamment d'éléments pour considérer qu'elle était coupable.

Je porte un regard très critique sur ce film qui évoque l'histoire de Djamila Boupacha et le procès... Il y a donc les faits (présentés diversement suivant les auteurs), une part du réel, et la manière dont on rend compte de tout le réel. Le film, je trouve, est surtout fidèle à la radicalité de Simone de Beauvoir et de Gisèle Halimi : partiel, et partial. Qu'il dédramatise l’utilisation du terrorisme, effaçant d’un trait les victimes civiles, les morts ou les blessés graves (adultes et enfants), cela n’est pas acceptable. Sartre, préfaçant Frantz Fanon, avait appelé au meurtre des civils (les «colons», écrivait-il…), sans états d’âme, et il reste le maître à penser (ou ne pas penser) de certains faiseurs de «culture»...

Pour appuyer cette justification de l’immonde (le terrorisme : les bombes qui tuent et blessent des civils), un certain manichéisme sous-tend tout le récit, et là encore ce sont les Pieds-Noirs qui sont la cible - forcément des coupables, forcément des gens à abattre, fussent-ils des bébés, des petites filles ou des petits garçons ("nés quelque part" où on ne leur reconnaît pas, dans une certaine marge de la France métropolitaine, d'avoir eu le droit de naître...).. La seule parole qui les concerne est celle de la mère de Djamila Boupacha, qui dit ceci (je cite de mémoire, pas tout à fait complètement, mais le sens est là) : « Les Français de France, il y a des gens bien, mais les Français d’Algérie, des méprisants, et il y a des barbares. Tout pour eux, rien pour nous. ». Rapide raccourci. Dénoncer les injustices d'un système à défaire, oui, mais l'anathème qui globalise, non... On se demande pourquoi les Pieds-Noirs seraient accueillis si fraternellement en Algérie s’ils avaient tous été des gens aussi abjects ? Et pourquoi Aït Ahmed aurait dit d’eux, ses compatriotes de naissance, qu’il aurait fallu construire l’Algérie indépendante avec eux – précisant « avec eux, pas avec les Français, avec les Pieds-Noirs » Donc, dans le film, les Pieds-Noirs, funestes gens, sont les représentants du Mal absolu, le terrorisme, lui, est une option acceptable. (Mais qui donc avait colonisé l’Algérie, si ce n’est le pouvoir de la France métropolitaine ? Sûrement pas des immigrés de tous les pays méditerranéens, devenus Français par leur ancrage en Algérie. Et qui avait torturé, alors, si ce n’est l’armée française ?)

Et si c'était, si c'est, acceptable, alors le terrorisme actuel l'est aussi.Pas grave, on pleurera plus tard, au Journal de la nuit, ou du lendemain, en revenant sur les crimes récents…

Que fait-on dire à Djamila Boupacha ? « Le terrorisme, l’arme de ceux qui ne peuvent pas se défendre, ça a toujours été comme ça, ce sera toujours comme ça. ». Rien de plus complexe n'intervient pour compenser... Voilà la lutte contre le terrorisme réglée d’un coup. Il faut dire que, quand le terrorisme F.L.N touchait les Pieds-Noirs il ne dérangeait personne. Pas de LDH prête à s’émouvoir  Pas de soutien pour supporter les traumatismes, alors. Seul le terrorisme de l’OAS (plus tardif, sur une seule année), qui toucha aussi la métropole, a été condamné comme tel. Et bien plus tard seulement, les massacres de Harkis.

Sauf que… Cette vision d’un terrorisme légitime (et même héroïque) a inspiré celui d’autres régions du monde, et, en Europe, des factions d’extrême gauche, persuadées de faire une juste guerre révolutionnaire. Il a inspiré aussi les acteurs de la décennie noire (années 90) en Algérie. Il a nourri l’idéologie des intégristes et leur violente doctrine politique.

(Et voilà comment nos chaînes nationales luttent contre le terrorisme…)

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Pour plus de lucidité et d’humanisme je renverrai encore au "Journal" de Mouloud Feraoun, car il aborde subtilement ces questions 

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Mise à jour. 24-03, soir.

Sur ConspiracyWatch trois autres articles en relation avec le terrorisme (islamiste ou d'extrême droite). Deux analyses précieuses.

Drames de Montauban et Toulouse. Les conspirationnistes s'en mêlent! Déclaration du candidat Poutou (NPA), corrigée maladroitement, ensuite par celle, officielle, de son parti. A lire sur conspiracywatch.info : http://www.conspiracywatch.info/Tuerie-de-Toulouse-Poutou-n-ecarte-pas-une-tentative-de-diversion_a809.html   

A partir de la tuerie en Norvège, "La nouvelle extrême droite" : http://www.conspiracywatch.info/Le-cas-Anders-Behring-Breivik-et-la-nouvelle-extreme-droite-europeenne_a805.html

"Le péril islamique existe-t-il?" : http://www.conspiracywatch.info/Le-peril-islamique-existe-t-il_a433.html 

 

19/10/2011

Le 17 octobre 1961. Crime ? Oui. Crime d'Etat ? Oui. La mémoire, oui. Mais... toute la mémoire ?

OCTOBRE 61.jpg

Lire pour s’informer. Mais aussi se poser quelques questions…

ARTICLES

Le Monde (deux grandes pages). Titre papier : « 17 octobre 1961, Toute une Histoire », titre sur le site : « Les plus faibles, ils les achevaient jusqu'à la mort » (reprenant une parole citée). 17-10-2011 : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/10/17/17-octobre-1961-toute-une-histoire_1587334_3246.html

L’article du Monde donne beaucoup d’informations, et il est donc à lire, mais on peut lui reprocher, d’abord, de ne pas donner assez le contexte de ce jour précis.

« Ce jour-là, les "Français musulmans d'Algérie" manifestaient à l'appel de la fédération de France du FLN contre le couvre-feu qui leur avait été imposé par le préfet de police de Paris,Maurice Papon.  Cantonnés habituellement aux bidonvilles de banlieue, plus de 20 000 hommes, femmes et enfants défilent alors pacifiquement dans les rues du Quartier latin, sur les Grands Boulevards, aux abords des Champs-Elysées. La violence policière est inouïe. »

(Et j’ajouterai un autre reproche : il participe du déséquilibre de la mémoire, non par ce qu'il est, mais par les manques qui lui font face. Aura-t-on en mars deux pages sur le 26-3-62 ? Aura-t-on en juillet deux pages  sur le 5-7-62 ? Et sans amalgames ? Pas sûr… Mise à jour années suivantes : non, pas de pages...).

 Pour bien comprendre le drame, réel, de ce jour du 17 octobre il faut que nous ayons en mémoire qui est ce Maurice Papon, alors préfet de Paris : « Homme politique et haut fonctionnaire français, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944, sous l'occupation allemande. » Et «Préfet de police en mars 1958, il a également été impliqué dans la répression sanglante de la manifestation organisée par le FLN, et dans celle du 8 février 1962, organisée pour protester contre l'O.A.S., connue sous le nom de l'affaire de la station de métro Charonne. ». C’est un  rappel minimal, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Papon  (Par contre sur wikipedia les chiffres donnés pour le 17 octobre ne sont pas très fiables).

Si le 17 octobre a mis beaucoup de temps à entrer dans la mémoire collective, signe d’une résistance à assumer certaines réalités de l’Histoire, et n’a pas la reconnaissance officielle que certains demandent, il est des drames similaires qui souffrent encore d’une longue amnésie, française ou algérienne : 26 mars 62 (Alger), 5 juillet 62 (Oran). (Quand, donc, deux grandes pages dans Le Monde pour le 5 juillet ?). Et, pire, ils sont l’occasion, quand l’amnésie fait une pause, d’une stigmatisation supplémentaire, déformations des faits, amalgames divers.

Oui, le 17 octobre, à Paris, était une manifestation à l’appel du FLN. Mais les manifestants, désarmés, ne devaient sans doute pas être tous des militants du FLN, et de loin (il y avait même des enfants !)… D’ailleurs tous les représentants du GPRA ne l’avaient pas approuvée. Et, oui, de même, les manifestants du 26 mars à Alger n’étaient pas des activistes de l’OAS (la plupart arrêtés ou enfuis…). Désarmés, de même : familles pacifiques parties au secours d’un quartier (et des enfants, aussi… !). Mais l’armée a tiré sur eux, et, là aussi, des blessés ont été achevés. Et le 5 juillet 62 ? Des criminels, ces Oranais ? Méritant un massacre que l’armée française a l’ordre de laisser se perpétrer sans intervenir ?

Et si les manifestants du 17 octobre qui sont morts sont effectivement les victimes d’un crime qu'il faut dénoncer, le FLN, qui appelait à cette manifestation, en avait déjà commis beaucoup, et en commettrait bien d'autres.

Donc, 17 octobre 1961, LISONS… REVUE de PRESSE (très nombreuses références) sur bdic.fr : http://www.bdic.fr/pdf/periodiques_17_octobre.pdf?9c91740d9bfb80d546734817b6e5c348=dba13e62d4b493063af1d8b1b0bd09cb   On tombe d’abord sur une page noire… Mais en cliquant  sur l’icône représentant deux feuillets pour un fichier (en haut  à gauche) la page s’ouvre sans problème…

Des FILMS ?

Je note, d’abord, UN film, car… je ne le vois mentionné nulle part. Et pourtant le 17 octobre 1961 y est largement évoqué… !(Mais l’occulterait-on parce que, dans un autre film, le réalisateur traite aussi du 5 juillet 1962 ? Fort possible… et révélateur de ce qu’est la mémoire des faits de l’Histoire, pour certains commentateurs et acteurs de commémorations. Victimes… ET victimes… On fait des cases, on tue deux fois les uns, croyant servir les autres, et enfermant tout le monde dans les frontières de la haine.).

« Algérie, mes fantômes », documentaire  de Jean-Pierre Lledo, 2004. Long passage sur le 17 octobre, avec des documents et des témoignageshttp://www.filmsdocumentaires.com/films/524-algeries-mes-...

« Chaque personnage témoin d'une blessure, est un fantôme opérant dans le travail de deuil, mais aussi pièce du puzzle d'une Algérie "imaginaire" dont il faut recoller les fragments éclatés, à partir de quoi peut s'élaborer une nouvelle identité… ». C’est ainsi que ce film est présenté sur Africultures : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=film&no=762

Le 5 juillet 1962, c'est dans « Algérie, histoires à ne pas dire, 2007, 3ème volet d’une trilogie commencée avec Un rêve algérien, 2003. Deux liens : https://www.youtube.com/watch?v=g8NPraqczuo  et http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/02/26/algerie-h...  

Autres FILMS sur le 17 octobre 1961 : Trois documentaires, et un drame  « Ici on noie les Algériens », 2011, de Yasmina Adi ; «17 octobre 1961 : dissimulation d'un massacre », de Daniel Kupferstein, 2001; « Octobre à Paris »,de Jacques Panijel, 1962. Le drame : « Nuit noire, 17 octobre 1961 », d’Alain Tasma, 2004.

17 octobre 61, les films vus par Le Monde, 14-10-2011 : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/14/octobre-a-paris-et-ici-on-noie-les-algeriens-le-17-octobre-1961-la-justice-se-noya-dans-la-seine_1587857_3476.html  

Une bande dessinée, Octobre noir, de Daeninckx et Mako, 2011 : http://www.bedetheque.com/serie-29903-BD-Octobre-noir.html

Une ASSOCIATION, « 17 octobre 1961 : contre l’oubli » : http://17octobre1961.free.fr/pages/association.htm

Et une autre… « Au nom de la mémoire ». Mémoire qui, là, semble très partielle et partiale, à mon sens, quand on voit les objectifs et les projets :  http://www.africine.org/?menu=fichedist&no=3026

Lesquels, parmi ceux qui réclament la reconnaissance du drame d'octobre 61 seraient d'accord pour remémorer les tragédies du 26 mars et du 5 juillet 1962 (dates censées être… après la fin de la guerre…) ? Certains, peut-être oui, d’autres sûrement pas : il en est pour qui il y a victimes et victimes…

Mais, de même, tous ceux qui commémorent, à juste titre, aussi, le 26 mars et le 5 juillet 1962, seraient-ils prêts à dénoncer avec la même force ce crime du 17 octobre?

C'est à ce prix, un partage des mémoires, si difficile que cela puisse paraître parfois, que le dialogue sur l'Histoire et la mémoire pourra véritablement s'instaurer entre les différentes communautés qui ont dû vivre des drames épouvantables, mal compris, oubliés ou occultés (et... objets de projections idéologiques et politiques, ou d'instrumentalisations diverses, par les uns ou par les autres). C'est ce travail sur soi-même, individuellement et collectivement, qui pacifiera les esprits. Cela commence par l'information, pour un regard vers l'autre débarrassé des miasmes de l'ignorance (méconnaissance qui va avec toutes les formes de la haine).

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17 octobre 61... Le FLN, qui appelait à cette manifestation, mais il était en proie à des divisions et luttes pour le pouvoir. Une partie était déjà en train d’éliminer ceux dont il ne voulait pas pour un partage du pouvoir après l’indépendance, par des assassinats ou par des manœuvres politiques.  Cette manifestation a peut-être été utilisée par un courant contre l'autre. Et le fait qu'un livre qui parlait de la répression du 17 octobre ait été censuré, effacé, par la volonté du FLN, est un signe (voir note du 09-11-11, lien ci-dessous, en bas de cette page). Mais pour ceux qui ont participé, appelés à protester contre les injustices de cette guerre et, concrètement contre le couvre-feu et le système très répressif de Maurice Papon c'était autre chose qu'un éventuel piège : l'expression d'une réelle révolte. Ceci dans le contexte du refus du pouvoir français d'accepter l'indépendance, pourtant inéluctable, mais retardée par les blocages politiques et idéologiques...  refus inséparable de la répression.

Le FLN, lui, autre face de cette tragédie, avait commis nombre de crimes, et allait en commettre d’autres, juste après l’indépendance et bien après. Voici un regard très acide sur les multiples commémorations qui se font en France, en oubliant toujours de mentionner la nature du FLN (nature que l’Algérie a payé très cher), et dans l’oubli de dates qui ne correspondent pas à la grille de lecture associée à une certaine vision de l’Histoire : http://ecrivainsmaghrebins.blogspot.com/2011/10/massacre-du-5-octobre-1988.html (Post sur <ecrivainsmaghrebins.blogspot>.« Massacre du  5 octobre 1988 ». Citation : « Pour ceux qui célèbrent le 17 Octobre à grande pompe, spécialement les Français, je précise que ces MILITANTS FLN INTÉGRISTES ont fait un triple CRIME contre leur propre Jeunesse en 1988, et d’autres après l’indépendance… »).

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Oui, police et armée de ce temps, il y a des CRIMES à dénoncer (armée, police, FLN, OAS). Mais…TOUS ! 17 octobre 1961, 26 mars 1962, 5 juillet 1962 (pour ne citer que ces trois dates, et malheureusement il y en  a bien d'autres…). Ces gens assassinés sont tous natifs de la même terre, Frères de terre, Frères de Rive...S. Tous victimes des erreurs et crimes de l’Histoire… 

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Ne pas oublier…

Deuils en partage. Meurtres en partage. L’horreur de la haine aveugle, de la bêtise criminelle.

Cheikh Raymond Leyris. Assassiné à Constantine, en juin 61. Infos : http://judeoandalouse.free.fr/cheikhraymond.html et http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LaCulture/malouf.htm  

Mouloud Feraoun. Assassiné en mars 62. Lire : http://mouloudferaoun.free.fr/biographie.html et http://felina.pagesperso-orange.fr/doc/alg/feraoun.htm  (avec un texte de Germaine Tillion).

Jean Sénac, assassiné bien plus tard... Lire « Assassinat d’un poète », de Jean-Pierre Péroncel-Hugoz. http://www.decitre.fr/livres/assassinat-d-un-poete-978286...  

Voir aussi le film d’Abdelkrim Bahloul, « Le Soleil assassiné », sur Jean Sénac... Fiche wikipedia sur le film ... https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Soleil_assassiné  Et fiche sur AlloCiné (synopsis, bande-annonce, critiques presse...)... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=44858.html

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Voir aussi, NOTE suivante, du 09-11-2011 http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/11/09/17... 

30/01/2011

Un Balcon sur la mer, film de Nicole Garcia

J’ai vu récemment ce film. Merci, Nicole Garcia, merci Jacques Fieschi, son coscénariste. Les acteurs sont excellents, et on oublie qu’ils jouent : Jean Dujardin et Marie-Josée Croze, notamment, mais pas uniquement, loin de là (forte présence du père pied-noir, par exemple). Histoire de double ? Mais double double… Jeune femme qui retrouve son amour d’enfance, mais qui, confondue avec une autre, maintient la confusion, s’y perd ; homme qui vit une identité apparente, dans une vie « normale », et une autre, cachée à lui-même, refoulée, dans une amnésie de survie. C’est tellement vrai cette vision du problème identitaire des exilés, surtout quand s’ajoutent les traumatismes de l’incompréhension des autres et les silences des aînés, enfermés dans leur douleur. Ce n’est pas une quelconque nostalgie qui intéresse Nicole Garcia, mais la question du déchirement intérieur, de cette identité troublée : quelle est la part de l’authenticité, la part des mensonges qu’on se fait à soi-même ? Guérit-on de son exil ? Quand, à la fin du film le personnage de Jean Dujardin dit s’être perdu et qu’il parle de l’instant, du lieu, j’entends autre chose : perdu à moi-même dans l’oubli de mes souvenirs de cet ailleurs de l’enfance. Et cela se passe aux abords du théâtre où celle qu’il recherche va jouer : de nos identités lesquelles ne sont que des rôles auxquels on croit? Quand elle répétait son rôle et croyait ne pas trouver le ton juste, alors que justement elle l’avait trouvé, elle parlait du regard (comme en parle Nicole Garcia dans l’interview de TGV magazine, mais en tant que metteur en scène qui ne peut se regarder elle-même comme actrice, qui comme actrice a besoin du regard d’un autre). Les yeux ont beaucoup d’importance dans la reconnaissance complexe entre les deux personnages, et ils en ont beaucoup dans ce qu’on ressent de nos appartenances : les yeux de l’autre… A Oran l’homme assis, Algérien au beau visage, qui dit à Jean Dujardin qu’il peut monter sur la terrasse, a des yeux fraternels, des yeux qui reconnaissent celui qui est né là. Comme cela se passe si souvent, en réalité, dans les retours des Pieds-Noirs… Il y a trop souvent, ici, les regards qui exilent (hostiles ou indifférents, ou loin de comprendre) et il y a, à cet instant, sur cette rive, le regard qui ancre.  Les lieux sont magistralement filmés : Oran de la mémoire, en flash-back, et Oran du présent, Nice, le sud… C’est un film très méditerranéen : voilà une identité magnifiée par ce film, et celle-ci, exil ou pas, se retrouve d’une rive à l’autre, perdure.

Dans le TGV magazine de décembre-janvier 2011, j’ai lu un entretien intéressant dont je choisis deux passages, pour compléter cette note sur cet excellent film (Nicole Garcia répond à Olivier Boucreux). « Quand on retourne sur un lieu de son enfance après un exil, on retrouve un peu de cette enfance à jamais perdue. Et c’est déchirant. » (…) Et, parlant  de la tristesse de la génération de ses parents : « L’Histoire a été sévère avec cette communauté que l’on a appelé plus tard les Pieds-Noirs. » (J’ajoute la majuscule, puisque c’est une identité collective…).

 Sur le site telerama.fr  on peut lire un long et passionnant entretien (et voir des vidéos) : http://www.telerama.fr/cinema/nicole-garcia-en-compagnie-des-ombres-1-2,63544.php « J’étais déjà retournée à Oran pour des voyages officiels, et j’avais ressenti une émotion étrange, très animale. Ni romantique, ni nostalgique. Plutôt le sentiment violent d’un temps à jamais perdu. Comme une déflagration. »

Dans cet entretien Nicole Garcia évoque son rôle, comme actrice, dans le film de Laurent Heynemann, « La Question »    (à partir du livre d’Henri Alleg), participation nécessaire et difficile (du fait des confusions faites entre l’armée française et les Français d’Algérie dans divers courants de l’opinion).  Occasion pour elle d’un retour sur mémoire, déjà, d’un retour dans le pays de l’enfance. Elle précise aussi, pour son dernier film, l’importance de Jacques Fieschi, son coscénariste, lui aussi originaire d’Algérie, et attaché à cette origine de manière plus tripale, et qui, dit-elle, l’a plongée dans l’eau de ce sujet (situer cette histoire de double dans l’arrachement de l’exil) comme on jette dans une piscine. Parce que, certainement, la résistance est grande. Et d’autant plus grande que la douleur enfouie est forte ? Elle parle du silence de son père, de l’origine espagnole, de la fuite de la langue du père.

A lire, critique de Télérama, 18-12-10, par Guillemette Odicino : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:vwrjOCgddFAJ:www.telerama.fr/cinema/films/un-balcon-sur-la-mer,418551,critique.php+un+balcon+sur+la+mer+telerama&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr  « Un Balcon sur la mer, le sixième film de Nicole Garcia, est un retour aux sources pour cette cinéaste d'origine oranaise. Et ce qui l'intéresse, dans cette histoire de passé retrouvé, c'est le vertige. Celui que l'on ressent en se penchant d'un balcon sur lequel on aura, trop longtemps, refusé de monter. »

Voir aussi synopsis et vidéo : http://www.telerama.fr/cinema/films/un-balcon-sur-la-mer,418551.php    

Lire aussi les critiques diverses de cette revue de presse : http://www.allocine.fr/film/revuedepresse_gen_cfilm=145167.html

Je sais que certains lui ont reproché de n’avoir montré qu’un attentat de l’OAS (la petite fille qui meurt, et qu’aimait, enfant, le personnage principal, était la fille d’un communiste indépendantiste : un attentat OAS les avait tués, et cette mort avait été cachée au petit garçon amoureux, déjà traumatisé par l’arrachement à son pays de naissance). Ainsi ce film est démonté par un blogueur  (qui pourtant sur son site dénonce aussi des crimes de l’OAS, ailleurs) : voir les liens ci-dessous. Car il ne comprend pas pourquoi  le scénario retient un attentat (fictionnel, ici, mais s’inspirant de faits réels) et pas d’autres, ne faisant aucune allusion au massacre du 5 juillet 1962 à Oran, par exemple, massacre qui a traumatisé toute une ville (et que des Oranais algériens qualifient de génocide dans le documentaire de Jean-Pierre Lledo  «Algérie, histoires à ne pas dire » : voir la bande-annonce du film et des critiques dans les liens de ce blog, albums, et vidéos).  

Je ne ferai pas du tout les mêmes reproches à ce film. Le but n’était pas de réaliser un documentaire équilibré sur les torts des uns et des autres, ou de rentrer dans des débats historiques, ou de traiter du terrorisme (FLN ou OAS). Le sujet était d’abord le thème du double, soutenu par la question de l’exil (dont le traumatisme crée forcément une dualité intérieure, et nourrit donc ce déchirement identitaire de l’individu). Si le scénario avait intégré d’autres problématiques le film aurait dévié et le sujet n’aurait plus été traité : il aurait perdu sa part d’universalité. Et cela aurait été bien dommage. C’est donc, pour moi, un film qu’il faut voir et soutenir. Elle ne parle que d’un attentat OAS ? Mais d’autres n’en parlent jamais : ça équilibre… 

29/12/2010

Jafar Panahi, cinéaste iranien, arrêté et condamné. Mobilisation internationale...

Mobilisation pour le cinéaste iranien Jafar Panahi. Article du Monde, 21-12-2010... http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/12/21/jafar-panahi-les-intellectuels-francais-expriment-leur-indignation_1456136_3218.html

Relire le message du cinéaste au festival de Cannes, 18 mai 2010 (arrêté pour un projet de film)... http://www.lefigaro.fr/festival-de-cannes/2010/05/18/03011-20100518ARTFIG00649-le-message-poignant-de-jafar-panahi.php  (« Le réalisateur iranien Jafar Panahi ne cesse de hanter les esprits » (...) « «Ici, des milliers de prisonniers sans défense n'ont même pas une seule personne pour relayer leur détresse. Ils n'ont, tout comme moi, pas commis le moindre crime. Et mon sang n'est pas plus important que le leur.»

Biographie et filmographie de Jafar Panahi, sur allocine.fr... http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=21762.html

... Mise à jour...

Cinéaste résistant, arte.tv... TAXI Téhéran... http://cinema.arte.tv/fr/article/jafar-panahi-cineaste-re...

FICHE wikipedia. Biographie et filmographie... https://fr.wikipedia.org/wiki/Jafar_Panahi