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30/01/2015

NEGATIONNISME CONTRE MEMOIRE ET HISTOIRE DE L’HOLOCAUSTE

 

Nuit et brouillard.jpgLa DOULEUR.png

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 « Nous sommes de petites haches / à fendre l’immensité / d’avant notre naissance, / d’après notre mort. / Et nous dirons de chaque vie / qu’elle est un pore de l’éternité. »

Monique Rosenberg

Le sucre de mes pas, Jacques André éditeur

« Une étoile triste dans les cieux. / Ils sont venus me chercher dans ma propre maison. / Ils m’ont pris et emmené au camp, / Où ils m’ont brûlé jusqu’aux cendres. »

Chant populaire en romanès des Roms du Burgenland : http://www.romasintigenocide.eu/fr/home/e-les-survivants/e9-identite-d2019apres-guerre

« Que faire contre l’oubli / Quand les pierres s’effritent et perdent leurs syllabes. »

Tahar Ben jelloun

Les pierres du temps, recueil, éd. Points Seuil/Poésie

"Et tu n'es pas revenu". PHRASE-TITRE, de Marceline Loridan-Ivens : http://grasset.fr/et-tu-nes-pas-revenu-9782246853916

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Communiqué de presse, ONU (Choix de la date du 27 janvier, anniversaire de la libération d'Auschwitz, le 27-01-1945): « LE 27 JANVIER SERA DÉSORMAIS JOURNÉE INTERNATIONALE DE COMMÉMORATION EN MÉMOIRE DES VICTIMES DE L’HOLOCAUSTE,  DÉCIDE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ». 42ème séance plénière, 01-11-2005 : http://www.un.org/press/fr/2005/AG10413.doc.htm :

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HOLOCAUSTE, SHOAH, PORAJMOS/SAMUDARIPEN... GENOCIDE...  extermination...

Mémoire...

Sur le site du Mémorial de la Shoah l’accent est mis sur le mot SHOAH ("catastrophe"), qui dit en hébreu l’extermination des Juifs, centrale : plus de 6 millions de Juifs exterminés de manière systématique. Les Tziganes ont eux aussi des termes pour désigner leur génocide (car c’en est un : ½ million de Tziganes exterminés, ce qui, proportionnellement à leur nombre en Europe, est une destruction considérable). Meurtre collectif : "Porajmos", "Samudaripen". Dans la décision de l’ONU, le terme « HOLOCAUSTE » réunit toutes les victimes de cette entreprise de suppression  de la surface de la terre des peuples qu’on veut faire disparaître (Juifs, d’abord – obsession nazie, Tziganes, et groupes ethniques, ainsi les Noirs). Mais aussi  des êtres qui vivent leur humanité (leur sexualité) d’une manière que les nazis refusent de faire entrer dans l’humain : les homosexuels (le Triangle rose). Et les handicapés, êtres inenvisageables dans ce délire de pureté aryenne où les accidents de la nature et la fragilité humaine ne peuvent pas être pensés. Toutes les victimes de ce moment historique particulier de volonté génocidaire programmée et industrialisée. Et uniquement de ce moment singulier, car il est tel qu’il représente le summum de ce qui peut être conçu et mis en œuvre pour détruire l’humain. Et détruit justement l’humain.

Déshumanisation de nous tous, y compris maintenant, si nous ne gardons pas mémoire pour tenter de comprendre comment on peut arriver à créer une « industrie » du génocide. Tragédie historique unique, qui défie la pensée. Qu’il y ait eu, avant et depuis, d’autres génocides, et des massacres, n’enlève pas la singularité de ce moment de l’Histoire européenne. Pour penser le Cambodge, par exemple, nous avons besoin de penser l’Holocauste (Holocauste /Shoah/ Porajmos..).  Mort de tous. Et  ici, maintenant. De même pour penser le terrorisme. De quelle part de l’homme vient la capacité d’être décideur de génocide, acteur actif de génocide, acteur passif (simple exécutant qui ne résiste pas à l’innommable et obéit aux ordres de meurtre ou de torture), témoin indifférent (ceux qui voyaient leurs voisins juifs être emmenés, ou disparaître – Rafle du Vel D’Hiv, ceux qui passaient sans s’émouvoir au bord de camps, comme celui de Drancy près de Paris, ceux qui, même, trouvaient normal que les Juifs doivent porter l’étoile jaune). Dans quel tréfonds des êtres, de notre être, demeure ce pouvoir de haine, de mort, de destruction de tout sens ?

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Le communiqué de l’ONU insiste sur le fait que le texte de l’Assemblée rejette « tout déni de l’Holocauste », « que ce déni soit total ou partiel ». Le négationnisme est désigné clairement. En 2005. En 2015, avec le développement d’Internet il envahit des sphères culturelles (de sous-culture...) plus vastes, de manière plus pernicieuse, car donnant à lire facilement une contre-Histoire dont le mensonge peut prendre dans ses filets des cerveaux divers.

Il sort, ce négationnisme, de l’univers  de l’extrême droite proche des néonazis (et il parle fort). Il  fait signer des pétitions de soutien à Faurisson (sous prétexte de liberté d’expression), pour s’adjoindre diverses sortes de mouvances idéologiques antisémites. Qui sont :

 L’islamisme, instrumentalisation politique de l’islam, jusqu’au djihadisme. Négationnisme, ici, qui légitime les voies meurtrières, et que l’actualité révèle tragiquement.

Une ultragauche radicale (écologiste parfois), sous prétexte du soutien aux Palestiniens : le soutien devenant haine, la critique du gouvernement israélien (qui serait acceptable, légitime - comme pour tout gouvernement, tout pouvoir, tout parti ou courant idéologique - mais dans un tout autre cadre éthique...)... devenant déni du droit d’Israël à exister, rejet élargi à tout un peuple, puis à tous les Juifs (mais la chronologie peut être inverse...). Par haine on devient négationniste, pour ne pas avoir à reconnaître une singularité qui nécessite de passer sur le terrain du questionnement ontologique, loin des slogans.

L’intégrisme catholique (qui retrouve l’impensé de ses aversions ancestrales : jusqu’au désir de meurtre). Voir la note du 26-01-15 ("Complotisme chrétien" : catholique intégriste, précisément...).

Un espace sous-culturel confus, sans frontières définies, celui d’un certain ésotérisme. Où l’apparent désir de comprendre le monde, le goût des significations souterraines du réel, la curiosité pour une démarche interprétative des symboles, finit par rejoindre (à force de mauvaises questions sur les signes, sans repères conceptuels) l’univers du complotisme. (Et comme celui-ci est associé au négationnisme historique, de glissement en glissement cet ésotérisme flou peut être capté par l’ésotérisme d’extrême droite, politiquement assumé).

Refus, dans tous les cas, de ce que le judaïsme interroge dans le monde, depuis, à la source, la pensée du monothéisme, qui écarte les dieux pluriels et les idoles, et remplace les jeux de miroir des récits antérieurs par la pensée d’une transcendance, et, en ce sens, est fondateur des religions qui suivent, et de la culture issue du monde méditerranéen. Culture qui a essaimé dans le monde entier sous les formes diverses du christianisme et de l’islam (ou leurs marges culturelles), et dialogue avec les mythes grecs. Refus de la source (car penser ainsi la source de ce qu’on est interroge qui on est). Refus du commentaire infini dont le judaïsme authentique fait une constante philosophique et éthique. Car cet infini de la pensée, de la lecture, ne peut coïncider avec les raccourcis des certitudes.

Refus de voir la réalité du génocide des Tziganes, aussi,  quand actuellement on met les Roms dans une marge en stigmatisant, excluant, et en globalisant le réel. Peuple nié, génocide nié.

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POUR MEMOIRE... POUR SAVOIR. GUERRE, CAMPS, GENOCIDE :  

« SHOAH, l'histoire contre les fanatismes ». Editorial, Le Monde, 28-01-15 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/27/shoah-l-histoire-contre-les-fanatismes_4564244_3232.html (["(Pour ne pas) nier la singularité absolue du massacre des Juifs (et des Tziganes) d’Europe par le régime nazi."]

La SHOAH. DOSSIER Hérodote : (Chronologie des faits. Genèse de l’antisémitisme nazi. L’extermination des Juifs.) :  http://www.herodote.net/La_Shoah-synthese-334.php 

27 janvier 2015. Libération du camp d'Auschwitz-Birkenau. Hérodote : http://www.herodote.net/27_janvier_1945-evenement-19450127.php

Génocide des Tziganes, Mémoires tsiganes : http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/genocide.html

Génocide. « Le destin des Tziganes pendant la seconde guerre mondiale », romasintigenocide.eu : http://www.romasintigenocide.eu/fr/home/d-genocide

HistoQuiz. Génocide des Tziganes, par Marie-Christine Hubert et Daniel Laurent : http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/seconde/tziganes/Dossiers.htm

26 FILMS sur la SHOAH/l’HOLOCAUSTE. Sens critique : http://www.senscritique.com/liste/Films_sur_la_Shoah_l_holocauste/179896

Des LIVRES pour ne pas oublier, shoah-memory.org : http://shoah-memory.org/livres_sur_la_shoah.shtml

Liste de LIVRES. Seconde guerre mondiale, génocide. Fiche wikipedia :   http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27%C5%93uvres_litt%C3%A9raires_inspir%C3%A9es_par_la_Seconde_Guerre_mondiale#G.C3.A9nocide_des_Juifs 

"Etre sans destin", Imre Kertesz, Actes Sud : http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/e...

« Aucun de nous ne reviendra », Charlotte Delbo, TEXTES : http://www.escabelle.com/spectacle_extrait.asp?spectacle=23

MEMORIAL de la SHOAH : http://www.memorialdelashoah.org 

TEMOIGNAGE. "Si je suis resté vivant...". Rencontre avec Henri BORLANT, par Natalie Levisalles, Libération, 26-01-15 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/26/si-je-suis-reste-vivant_1189283 

HISTOIRE. "Le cheminement de la mémoire de la déportation". Entretien avec Annette Wieviorka, historienne, spécialiste de la Shoah et de l'histoire des Juifs au XXè siècle. Libération, 26-01-15. Propos recueillis par Natalie Levisalles : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/26/auschwitz-est-u... 

"Auschwitz, le combat permanent contre l'oubli", Le Parisien, 27-01-15, article, par Eric Hacquemand, et vidéo-témoignage : http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/auschwitz-le-combat-permanent-contre-l-oubli-27-01-2015-4481615.php

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SITE du Mémorial de la Shoah. Deux documents :

« LE TEXTE du COMMUNIQUE de L'ONU: Décision historique à l'Assemblée générale pour marquer chaque année la mémoire de l'Holocauste ». (CITATIONS (début de la page): « 1 novembre 2005.  L'Assemblée générale a adopté aujourd'hui une résolution "historique" proclamant le 27 janvier, jour de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz, "Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste", pour se souvenir des crimes du passé et pour prévenir les actes de génocide dans le futur. / Déposée par Israël, co-parrainée par 104 pays et adoptée par consensus, la résolution sur la mémoire de l'Holocauste "prie instamment les Etats membres d'élaborer des programme d'éducation qui graveront dans l'esprit des générations futures les enseignements de l'Holocauste, afin d'aider à prévenir les actes de génocide". / Le texte rejette "tout déni de l'Holocauste", c'est-à-dire l'entreprise d'extermination systématique du peuple juif, "en tant qu'événement historique, que ce déni soit total ou partiel". » (...) « L'Assemblée générale avait entamé hier un débat sur la "Mémoire de l'Holocauste" au cours duquel le représentant israélien avait déclaré que "si cette tentative barbare et systématique pour éliminer un peuple entier à une échelle sans parallèle dans l'Histoire avait été une tragédie unique pour le peuple juif, ses leçons demeuraient universelles". » (...) « "Nous sommes nés des cendres de la deuxième guerre mondiale, après l'Holocauste, et non seulement il fait partie de notre histoire mais nous avons aussi la responsabilité sacrée d'en enseigner les leçons, d'encourager la tolérance et de lutter contre l'anti-sémitisme et d'autres discriminations", avait souligné Kofi Annan (voir notre dépêche du 15 mars 2005). » (...) « Plus d'une trentaine de personnalités avait pris la parole pour rendre hommage aux victimes des tortionnaires nazis et exhorter la communauté internationale à tirer les leçons de ce qui s'est passé à Auschwitz. / "Les génocides du Cambodge et du Rwanda n'auraient jamais dû avoir lieu, et ce qui se passe au Darfour, dans l'indifférence générale, ne devrait pas se produire. Le monde ne tirera donc jamais les enseignements de ce qui s'est passé à Auschwitz et dans les autres camps de la mort ?", avait demandé Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix et rescapé des camps de concentration nazis. » (...) « Plus de 6 millions de Juifs, dont au moins 1,2 millions d'enfants, ont été exterminés par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale, sur les 9 millions de Juifs vivant en Europe à la veille de la guerre. Dans les camps de la mort du régime nazi d'Adolf Hitler, ont aussi péri près d'un demi-million de Tziganes et près de 250.000 handicapés, ainsi que des milliers d'opposants au régime, d'intellectuels et d'homosexuels. / Le 27 janvier 1945, le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, où trois millions de personnes ont été victimes des chambres à gaz et des fours crématoires, a été libéré par les Alliés. / Voir la page spéciale consacrée à la session commémorative extraordinaire pour le 60e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis. »

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Tribune d’Avishai Margalit (philosophe, universitaire à Jérusalem, auteur de « L’Ethique du souvenir », à paraître le 10 février). Parue dans Le Monde du 27-01-2015. (CITATIONS : « Je distingue deux façons de poser le problème de la mémoire et de sa formation : la politique de la mémoire et l'éthique du souvenir. La politique de la mémoire met en jeu l'utilisation que divers régimes font de la mémoire, et de l'oubli, pour établir leur légitimité. Dans le cadre de l'éthique du souvenir, la question porte sur le devoir de se remémorer tel ou tel événement, et sur le sujet de ce devoir. En outre, l'éthique du souvenir s'efforce de savoir s'il n'y a pas également un devoir d'oubli permettant le pardon. Ici, je ne me préoccuperai que d'éthique du souvenir, et non de politique de la mémoire, même s'il reste toujours autour du souvenir de la Shoah beaucoup de politique. /// La question éthique est la suivante : la commémoration de la Shoah est-elle un devoir et, si tel est le cas, à qui incombe ce devoir ? A l'humanité entière : telle est la réponse contenue dans l'idée d'établir une journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste. Je suis d'avis qu'il est légitime d'exiger cette commémoration de l'ensemble de l'humanité, tout en ayant conscience que cela ne va pas de soi et qu'une telle injonction requiert d'être justifiée.  (...) « S'il y a un sens à ce que l'ensemble de l'humanité s'associe à cette commémoration, c'est parce que la Shoah est une manifestation du mal radical. » (...) « Avec leur conception raciste, leur politique de destruction systématique des juifs, les nazis ne se sont pas contentés d'adopter une conduite immorale dans les faits. Ils ont ébranlé le présupposé fondamental sur lequel repose une humanité partagée. La Shoah constitue une agression contre la possibilité même d'un ordre de la moralité et, en ce sens, elle représente bien un signal d'alarme qui s'adresse à toute l'humanité. L'établissement d'un ordre de la moralité est l'intérêt supérieur de tout homme. C'est pourquoi la commémoration de la Shoah est dans l'intérêt de toute la communauté humaine. " ») 

MISE à JOUR 18-02-15. LIVRE. "Les philosophes face au nazisme. Avant, pendant, après Auschwitz". Philo Eds, janvier 2015. Collectif. La philosophie à l'épreuve du mal.

Philosophie magazine :  http://www.philomag.com/les-idees/les-philosophes-face-au-nazisme-avant-pendant-apres-auschwitz-11015

Fiche DECITRE : http://www.decitre.fr/livres/les-philosophes-face-au-nazisme-9782953813050.html

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MISE à JOUR 01-03-15. Holocauste. "Shoah : ces Tsiganes qu'on rejette", par Ouri Wesoly, CCLJ : http://www.cclj.be/article/3/6410

Série documentaire. "Jusqu'au dernier, La destruction des Juifs d'Europe", de William Karel et Blanche Finger, France 2, produite par Paul Rozenberg et Céline Nusse : http://www.france2.fr/evenements/jusqu-au-dernier-la-destruction-des-juifs-d-europe

..........MISE à JOUR 08-05-15. Un SITE à découvrir absolument : Mémorial 98 (écho au centenaire de l'Affaire Dreyfus, 1998) : http://www.memorial98.org/ Sur le site, adresse du blog associé, plus Facebook et twitter... 

11/06/2014

Passé et présent… Mémoire, commémorations, et menaces actuelles…

Passé ET présent… Passé présent…

1944-2014… Commémoration du débarquement de Normandie, et heures diplomatiques... 

Pensée pour le débarquement de Provence, l'Armée d’Afrique : ce qui sera fait en août 2014… peut-être rien.

Décryptages...

2014… On parle du débarquement, de la lutte contre le nazisme... Et l'extrême droite tend sa toile… sur fond de recul passéiste, façade repeinte et radicalité identique, mêmes réseaux, et sulfureuses alliances. Documentaires qui inquiètent.

En miroir, autres extrémismes :  les complotistes, les islamistes radicaux. Radicalisme qui est interrogé de diverses manières. Contradictions, projections, questions.

D’un extrémisme à l’autre, d’un racisme à un autre, parfois les discours se croisent, sur la Toile. Ils s’empruntent des fantasmes, des ignorances, des mensonges. Les causes profondes ne se rejoignent-elles pas, en un sens ? Maladies idéologiques sur fond de pauvreté de pensée, de misère intérieure. Hannah Arendt avait cerné cette réalité trouble qui nous est insupportable : cette « banalité du mal » (concept qui a donné lieu à des interprétations polémiques et n’a pas été bien compris, alors qu’il offre une clé pour tenter de comprendre ces humaines dérives, tragiques et criminelles – tant par les mots que par les actes que les mots justifient). Maladie de l’affect. Lire l’analyse d’Aurore Mréjen sur Raison publique, publiée le 06-05-2013, « Absence  de pensée et responsabilité chez Hannah Arendt. A propos d’Eichmann » : http://www.raison-publique.fr/article606.html  (« La « banalité du mal » se caractérise par l’incapacité d’être affecté par ce que l’on fait et le refus de juger. Elle révèle une absence d’imagination, cette aptitude à se mettre à la place d’autrui. «  ). Et lire ce texte, de Damien Theillier, sur  Contrepoints, 29-05-2013, « Arendt versus Eichmann : la banalité du mal » http://www.contrepoints.org/2013/05/29/125917-arendt-versus-eichmann-la-banalite-du-mal  (La question posée est donc, finalement, celle de la responsabilité collective : « Il y a seulement la médiocrité et le laisser-aller de tous, qui finit par produire des effets monstrueux à grande échelle. ». Paresse générale, inattention, manque de vigilance et de pensée, et les conditions des catastrophes sont créées…).

2014… Et le monde continue à tourner, avec les prisonniers d’opinion, les femmes torturées, les exécutions, et autres délices totalitaires. Donc les pétitions se rajoutent aux pétitions, rempart qu'on tente d'opposer à l'effondrement.

19/10/2011

Le 17 octobre 1961. Crime ? Oui. Crime d'Etat ? Oui. La mémoire, oui. Mais... toute la mémoire ?

OCTOBRE 61.jpg

Lire pour s’informer. Mais aussi se poser quelques questions…

ARTICLES

Le Monde (deux grandes pages). Titre papier : « 17 octobre 1961, Toute une Histoire », titre sur le site : « Les plus faibles, ils les achevaient jusqu'à la mort » (reprenant une parole citée). 17-10-2011 : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/10/17/17-octobre-1961-toute-une-histoire_1587334_3246.html

L’article du Monde donne beaucoup d’informations, et il est donc à lire, mais on peut lui reprocher, d’abord, de ne pas donner assez le contexte de ce jour précis.

« Ce jour-là, les "Français musulmans d'Algérie" manifestaient à l'appel de la fédération de France du FLN contre le couvre-feu qui leur avait été imposé par le préfet de police de Paris,Maurice Papon.  Cantonnés habituellement aux bidonvilles de banlieue, plus de 20 000 hommes, femmes et enfants défilent alors pacifiquement dans les rues du Quartier latin, sur les Grands Boulevards, aux abords des Champs-Elysées. La violence policière est inouïe. »

(Et j’ajouterai un autre reproche : il participe du déséquilibre de la mémoire, non par ce qu'il est, mais par les manques qui lui font face. Aura-t-on en mars deux pages sur le 26-3-62 ? Aura-t-on en juillet deux pages  sur le 5-7-62 ? Et sans amalgames ? Pas sûr… Mise à jour années suivantes : non, pas de pages...).

 Pour bien comprendre le drame, réel, de ce jour du 17 octobre il faut que nous ayons en mémoire qui est ce Maurice Papon, alors préfet de Paris : « Homme politique et haut fonctionnaire français, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944, sous l'occupation allemande. » Et «Préfet de police en mars 1958, il a également été impliqué dans la répression sanglante de la manifestation organisée par le FLN, et dans celle du 8 février 1962, organisée pour protester contre l'O.A.S., connue sous le nom de l'affaire de la station de métro Charonne. ». C’est un  rappel minimal, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Papon  (Par contre sur wikipedia les chiffres donnés pour le 17 octobre ne sont pas très fiables).

Si le 17 octobre a mis beaucoup de temps à entrer dans la mémoire collective, signe d’une résistance à assumer certaines réalités de l’Histoire, et n’a pas la reconnaissance officielle que certains demandent, il est des drames similaires qui souffrent encore d’une longue amnésie, française ou algérienne : 26 mars 62 (Alger), 5 juillet 62 (Oran). (Quand, donc, deux grandes pages dans Le Monde pour le 5 juillet ?). Et, pire, ils sont l’occasion, quand l’amnésie fait une pause, d’une stigmatisation supplémentaire, déformations des faits, amalgames divers.

Oui, le 17 octobre, à Paris, était une manifestation à l’appel du FLN. Mais les manifestants, désarmés, ne devaient sans doute pas être tous des militants du FLN, et de loin (il y avait même des enfants !)… D’ailleurs tous les représentants du GPRA ne l’avaient pas approuvée. Et, oui, de même, les manifestants du 26 mars à Alger n’étaient pas des activistes de l’OAS (la plupart arrêtés ou enfuis…). Désarmés, de même : familles pacifiques parties au secours d’un quartier (et des enfants, aussi… !). Mais l’armée a tiré sur eux, et, là aussi, des blessés ont été achevés. Et le 5 juillet 62 ? Des criminels, ces Oranais ? Méritant un massacre que l’armée française a l’ordre de laisser se perpétrer sans intervenir ?

Et si les manifestants du 17 octobre qui sont morts sont effectivement les victimes d’un crime qu'il faut dénoncer, le FLN, qui appelait à cette manifestation, en avait déjà commis beaucoup, et en commettrait bien d'autres.

Donc, 17 octobre 1961, LISONS… REVUE de PRESSE (très nombreuses références) sur bdic.fr : http://www.bdic.fr/pdf/periodiques_17_octobre.pdf?9c91740d9bfb80d546734817b6e5c348=dba13e62d4b493063af1d8b1b0bd09cb   On tombe d’abord sur une page noire… Mais en cliquant  sur l’icône représentant deux feuillets pour un fichier (en haut  à gauche) la page s’ouvre sans problème…

Des FILMS ?

Je note, d’abord, UN film, car… je ne le vois mentionné nulle part. Et pourtant le 17 octobre 1961 y est largement évoqué… !(Mais l’occulterait-on parce que, dans un autre film, le réalisateur traite aussi du 5 juillet 1962 ? Fort possible… et révélateur de ce qu’est la mémoire des faits de l’Histoire, pour certains commentateurs et acteurs de commémorations. Victimes… ET victimes… On fait des cases, on tue deux fois les uns, croyant servir les autres, et enfermant tout le monde dans les frontières de la haine.).

« Algérie, mes fantômes », documentaire  de Jean-Pierre Lledo, 2004. Long passage sur le 17 octobre, avec des documents et des témoignageshttp://www.filmsdocumentaires.com/films/524-algeries-mes-...

« Chaque personnage témoin d'une blessure, est un fantôme opérant dans le travail de deuil, mais aussi pièce du puzzle d'une Algérie "imaginaire" dont il faut recoller les fragments éclatés, à partir de quoi peut s'élaborer une nouvelle identité… ». C’est ainsi que ce film est présenté sur Africultures : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=film&no=762

Le 5 juillet 1962, c'est dans « Algérie, histoires à ne pas dire, 2007, 3ème volet d’une trilogie commencée avec Un rêve algérien, 2003. Deux liens : https://www.youtube.com/watch?v=g8NPraqczuo  et http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/02/26/algerie-h...  

Autres FILMS sur le 17 octobre 1961 : Trois documentaires, et un drame  « Ici on noie les Algériens », 2011, de Yasmina Adi ; «17 octobre 1961 : dissimulation d'un massacre », de Daniel Kupferstein, 2001; « Octobre à Paris »,de Jacques Panijel, 1962. Le drame : « Nuit noire, 17 octobre 1961 », d’Alain Tasma, 2004.

17 octobre 61, les films vus par Le Monde, 14-10-2011 : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/14/octobre-a-paris-et-ici-on-noie-les-algeriens-le-17-octobre-1961-la-justice-se-noya-dans-la-seine_1587857_3476.html  

Une bande dessinée, Octobre noir, de Daeninckx et Mako, 2011 : http://www.bedetheque.com/serie-29903-BD-Octobre-noir.html

Une ASSOCIATION, « 17 octobre 1961 : contre l’oubli » : http://17octobre1961.free.fr/pages/association.htm

Et une autre… « Au nom de la mémoire ». Mémoire qui, là, semble très partielle et partiale, à mon sens, quand on voit les objectifs et les projets :  http://www.africine.org/?menu=fichedist&no=3026

Lesquels, parmi ceux qui réclament la reconnaissance du drame d'octobre 61 seraient d'accord pour remémorer les tragédies du 26 mars et du 5 juillet 1962 (dates censées être… après la fin de la guerre…) ? Certains, peut-être oui, d’autres sûrement pas : il en est pour qui il y a victimes et victimes…

Mais, de même, tous ceux qui commémorent, à juste titre, aussi, le 26 mars et le 5 juillet 1962, seraient-ils prêts à dénoncer avec la même force ce crime du 17 octobre?

C'est à ce prix, un partage des mémoires, si difficile que cela puisse paraître parfois, que le dialogue sur l'Histoire et la mémoire pourra véritablement s'instaurer entre les différentes communautés qui ont dû vivre des drames épouvantables, mal compris, oubliés ou occultés (et... objets de projections idéologiques et politiques, ou d'instrumentalisations diverses, par les uns ou par les autres). C'est ce travail sur soi-même, individuellement et collectivement, qui pacifiera les esprits. Cela commence par l'information, pour un regard vers l'autre débarrassé des miasmes de l'ignorance (méconnaissance qui va avec toutes les formes de la haine).

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17 octobre 61... Le FLN, qui appelait à cette manifestation, mais il était en proie à des divisions et luttes pour le pouvoir. Une partie était déjà en train d’éliminer ceux dont il ne voulait pas pour un partage du pouvoir après l’indépendance, par des assassinats ou par des manœuvres politiques.  Cette manifestation a peut-être été utilisée par un courant contre l'autre. Et le fait qu'un livre qui parlait de la répression du 17 octobre ait été censuré, effacé, par la volonté du FLN, est un signe (voir note du 09-11-11, lien ci-dessous, en bas de cette page). Mais pour ceux qui ont participé, appelés à protester contre les injustices de cette guerre et, concrètement contre le couvre-feu et le système très répressif de Maurice Papon c'était autre chose qu'un éventuel piège : l'expression d'une réelle révolte. Ceci dans le contexte du refus du pouvoir français d'accepter l'indépendance, pourtant inéluctable, mais retardée par les blocages politiques et idéologiques...  refus inséparable de la répression.

Le FLN, lui, autre face de cette tragédie, avait commis nombre de crimes, et allait en commettre d’autres, juste après l’indépendance et bien après. Voici un regard très acide sur les multiples commémorations qui se font en France, en oubliant toujours de mentionner la nature du FLN (nature que l’Algérie a payé très cher), et dans l’oubli de dates qui ne correspondent pas à la grille de lecture associée à une certaine vision de l’Histoire : http://ecrivainsmaghrebins.blogspot.com/2011/10/massacre-du-5-octobre-1988.html (Post sur <ecrivainsmaghrebins.blogspot>.« Massacre du  5 octobre 1988 ». Citation : « Pour ceux qui célèbrent le 17 Octobre à grande pompe, spécialement les Français, je précise que ces MILITANTS FLN INTÉGRISTES ont fait un triple CRIME contre leur propre Jeunesse en 1988, et d’autres après l’indépendance… »).

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Oui, police et armée de ce temps, il y a des CRIMES à dénoncer (armée, police, FLN, OAS). Mais…TOUS ! 17 octobre 1961, 26 mars 1962, 5 juillet 1962 (pour ne citer que ces trois dates, et malheureusement il y en  a bien d'autres…). Ces gens assassinés sont tous natifs de la même terre, Frères de terre, Frères de Rive...S. Tous victimes des erreurs et crimes de l’Histoire… 

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Ne pas oublier…

Deuils en partage. Meurtres en partage. L’horreur de la haine aveugle, de la bêtise criminelle.

Cheikh Raymond Leyris. Assassiné à Constantine, en juin 61. Infos : http://judeoandalouse.free.fr/cheikhraymond.html et http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LaCulture/malouf.htm  

Mouloud Feraoun. Assassiné en mars 62. Lire : http://mouloudferaoun.free.fr/biographie.html et http://felina.pagesperso-orange.fr/doc/alg/feraoun.htm  (avec un texte de Germaine Tillion).

Jean Sénac, assassiné bien plus tard... Lire « Assassinat d’un poète », de Jean-Pierre Péroncel-Hugoz. http://www.decitre.fr/livres/assassinat-d-un-poete-978286...  

Voir aussi le film d’Abdelkrim Bahloul, « Le Soleil assassiné », sur Jean Sénac... Fiche wikipedia sur le film ... https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Soleil_assassiné  Et fiche sur AlloCiné (synopsis, bande-annonce, critiques presse...)... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=44858.html

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Voir aussi, NOTE suivante, du 09-11-2011 http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/11/09/17...