Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/02/2020

IDLIB, tragédie syrienne et catastrophe internationale...

syrie,idlib,kurdes,assad,ei,russie,poutine,erdogan,turquie,europe,États-unis,violence,guerre,terreur,les portes du néant,la mort est une corvée,la femme,la vie,la liberté,bibliographies"Toute la douleur et la détresse du monde était là à cet instant, nous sommes brisés d’impuissance. (…) O peuple du Levant, d'Irak, de la Mésopotamie, des Deux Lieux Saints, du Nil, de l'Anatolie et de ceux qui vivent sur les mers de pétrole noir qui a la noirceur de leurs cœurs, et tous les humains sur terre. 
Vous avez tous participé à son meurtre."
Housam Adnan, médecin, Afrin Syrie
(Parlant de la petite Imane Leyla que son père a tenté de sauver mais qui est morte de froid. Témoignage diffusé sur Facebook, posts publics destinés à être partagés pour informer).
 
 
La page 2 du Monde de jeudi, daté vendredi 14-02, contient deux articles. L'un présente les faits : "Erdogan menace de frapper la Syrie". L’autre concerne précisément Idlib, cette "plaie béante du Nord-Ouest syrien" (lien en bas de note). 
Le premier texte montre la complexité et les paradoxes d'une réalité qui fait que la population est prise en otage, dans une situation humanitaire catastrophique, et dans le désespoir - en constatant l'indifférence du monde, en tout cas l'inaction. Déplacements des civils (familles, enfants) pour fuir les bombardements. Hôpitaux et cliniques qui ne fonctionnent plus (comme dit dans l'article ci-dessous). 
syrie,idlib,kurdes,assad,ei,russie,poutine,erdogan,turquie,europe,États-unis,violence,guerre,terreur,les portes du néant,la mort est une corvée,la femme,la vie,la liberté,bibliographiesEnfants qui meurent (bombes, maladies, froid). Dans le dernier post public de Julien Fares sur Facebook, aujourd'hui, la photo d'une fillette qui est morte de froid, et le texte du médecin qui annonce sa mort, avec désespoir et rage (la traduction google fait comprendre l'essentiel) : fragment cité ci-dessus en exergue de la note. Il s’agit de la petite Imane Leyla, morte peu après son arrivée à l’hôpital d’Afrin.
Les faits qui causent cela ? Des pouvoirs qui s'opposent sur ce terrain. Erdogan voulant abattre le régime d'Assad (pas par goût de la démocratie, certes, ou refus de la dictature du sanguinaire Assad, mais pour défendre les positions de la Turquie dans la région d'Idlib et éliminer la présence kurde). Poutine soutenant Assad et reprochant à Erdogan ("favorable à la rébellion", rappelle l'article) de "ne rien faire pour neutraliser les terroristes" (les "terroristes" étant autant les vrais djihadistes qu'effectivement Erdogan ne semble pas vouloir vraiment combattre, que des civils démocrates combattant la dictature que Poutine soutient, lui). Les Iraniens et les Russes aident l'armée d'Assad à pousser les populations syriennes de la région vers la frontière turque fermée par un mur.

syrie,idlib,kurdes,assad,ei,russie,poutine,erdogan,turquie,europe,États-unis,violence,guerre,terreur,les portes du néant,la mort est une corvée,la femme,la vie,la liberté,bibliographiesEn dernière page du Monde, même numéro, deux autres articles importants.
. L'éditorial, "Empêcher un bain de sang à Idlib", fait le point sur la tragédie actuelle, en rappelant le terrible bilan et les coupables erreurs stratégiques de l'Europe et des États-Unis... (Lien en commentaire).
. L'autre article est la tribune d'Alain Frachon, "En Syrie avec la dame de Rakka". Il témoigne du courage de Leïla Mustapha, maire de Rakka, qui a connu d'abord, en tant que Syrienne kurde, "l'ostracisme de Damas à l'égard des Kurdes", "la dictature du clan Assad", la guerre, et "la tyrannie sanguinaire de l'Ei". Comme l'ensemble des Kurdes elle craint "l'épuration ethnique" et " l'exode massif". Les Kurdes qui ont lutté victorieusement contre l'Ei ont été abandonnés, autant par les Russes que par l'Europe et les USA. Leïla Mustapha tente de reconstruire sa ville (vers une Syrie future) en pratiquant, dans l'esprit des Kurdes, "démocratie municipale, réconciliation arabo-kurde, égalité femmes-hommes". Elle a publié un livre, "La femme, la vie, la liberté" (Stock), avec une journaliste, Marine de Tilly (lien en commentaire). 
... Pour refuser l'indifférence, même si nous sommes assez impuissants, au moins informons-nous auprès de ceux qui connaissent le terrain et relaient faits et analyses.
Ainsi Julien Fares et Firas Kontar, dont les posts publics sont lisibles sur Facebook.
Ainsi Raphaël Pitti, médecin français engagé auprès des médecins syriens, qui n'a cessé de lancer des alertes.
////////////////////
 
 
LIENS… 
 
L’ACTUALITÉ. Sur Le Point, dépêches et articles…
 
"Dans la région d’idlib, on approche du point de rupture", Le Monde, 13-02-20… 
 
Le médecin urgentiste humanitaire Raphaël Pitti, engagé en Syrie auprès des médecins et de la population, ne cesse de dire ce qui se passe… France Inter, 26-12-19… (En marge droite de ce blog, en haut, vignette permanente, liste Humanité : cliquer sur l'image, note intérieure sur lui).
 
"Tout le monde sait que la Russie et Assad tuent les Syriens mais personne ne bouge"... Note sur Political.fr...
 
Post de Firas Kontar introduisant une vidéo de Raphaël Glucksmann réagissant aux termes d'un député européen du RN parlant "d'exterminer les rebelles syriens" (!!!).(Le RN, on le sait, est un soutien inconditionnel de Poutine et de ses actions en Syrie). Le post : "Merci cher Raphaël Glucksmann rare personnalité politique à ne pas oublier la Syrie et les Syriens. Oui le fascisme n'a rien à faire au Parlement européen, mais les sbires de Poutine se sentent pousser des ailes face au recul des forces démocratiques."
 
L'éditorial du Monde du 14-02-20, "Syrie. Empêcher un bain de sang à Idlib".... Le pire, dit le journal, serait "la poursuite de l'offensive", qui entraînerait plusieurs catastrophes. La tragédie syrienne, rappelle l'éditorial, "a déjà causé la mort de 500 000 personnes et forcé à fuir des millions d'autres". C'est un échec international, et notamment un échec de l'Europe et des États-Unis, " faute d'une stratégie cohérente et conséquente à l'égard de la rébellion anti-Assad".
 
LIVRETémoignage."La femme, la vie, la liberté". De Leïla Mustapha et Marine de Tilly, Stock, 29-01-20... Témoignage.
 
LIVRE. Roman sur la réalité syrienne... "La mort est une corvée", de Khaled Khalifa, Actes Sud, 2018. Page Babelio.... 
 
LIVRE. "Les portes du néant", de Samar Yazbek, Stock, 2016…
 
BIBLIOGRAPHIES...
 
DIX LIVRES. Babelio. Note de 2016, mais références à garder…
 
Livres sur la Syrie, L’Orient littéraire, 2011. Mais sur les structures du régime, donc choix valables encore…
 
262 LIVRES sur la SYRIE, BABELIO… 
...............................................................................................................
 
Voir aussi la liste de liens "Syrie", marge gauche du blog
(descendre). Et la vignette-note sur Raphaël Pitti
(marge droite, en haut)... 

26/05/2016

KOBANÉ... Cri, chant, plainte et mort.

KURDES.jpgPlainte pour le peuple kurde, ce chant écouté il y a plusieurs jours, reste dans ma mémoire. Solidarité minimale que cette écoute, ce partage… 

Lamentation pour KOBANÊ (sous-titres en français). Viyan Peyman (barde et combattante) est décédée depuis… Et sa voix demeure, cri tragique... https://www.youtube.com/watch?v=V2TLtyiwRoI&feature=p... 

KOBANÉ, ville frontière (Turquie-Syrie) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kobané

Comme elle, de nombreuses femmes sont engagées pour la survie de leur peuple http://television.telerama.fr/television/kurdistan-la-gue... 

Pour mémoire :

Juin 2015, massacre des habitants de Kobané par les djihadistes de l’Ei)... http://www.lexpress.fr/actualite/syrie-les-djihadistes-d-... 

Juillet 2015, bombardements turcs sur Kobané : « Ankara poursuit sa campagne de bombardements en Irak et en Syrie, visant pour la première fois les Kurdes de Kobané. Dans un communiqué, les Unités de protection du peuple (YPG), la force militaire kurde de Kobane, ont exhorté ce matin la Turquie à cesser son ‘agression’.»... http://www.rfi.fr/moyen-orient/2min/20150727-turquie-offe...

INFOS récentes (une autre ville, mais toujours les Kurdes, pris entre deux feux, pouvoir syrien et djihadistes…).
KURDES du sud-est… Habitants de la ville de SUR, victimes de l’AKP : « Après le génocide des populations, voici donc le génocide culturel. Il y a un siècle, les Arméniens étaient les cibles. C'est désormais la population kurde du coeur historique de Diyarbakir (au moins 24 000 personnes) qui a été expulsée manu militari de ses habitations (quand elle n'a pas été pilonnée sur place). Ce serait en tout 500 000 Kurdes qui auraient été déplacés en-dehors des différentes villes kurdes du sud-est de la Turquie. Des centaines de civils auraient été tués selon plusieurs ONG. »... SUR, mai 2016 : http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=93825

Offensive pour libérer Raqqa : http://fr.euronews.com/2016/05/24/syrie-les-milices-kurde... 

...

Histoire. Les Kurdes sur Hérodote : https://www.herodote.net/Les_Kurdes-synthese-2054.php 

LIVRE : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogu... 

14/11/2011

Soufi mon amour, d’Elif Shafak. (En exergue, Shams de Tabriz)

soufi mon amour,elif shafak,turquie,rûmi,poésie,philosophie,littérature,citations,exergue,roman,spiritualité,amour,soufisme,islam,musulmans,ponts,sagesse,universel,shams de tabriz,dominique letellier,wodka.over-blog,ouverture du coeursoufi mon amour,elif shafak,turquie,rûmi,poésie,philosophie,littérature,citations,exergue,roman,spiritualité,amour,soufisme,islam,musulmans,ponts,sagesse,universel,shams de tabriz,dominique letellier,wodka.over-blog,ouverture du coeur

 

 

 

 « Quand j’étais enfant, / je voyais Dieu, / je voyais les anges ; / je regardais les mystères des mondes d’en haut et d’en bas. / Je croyais que tous les hommes voyaient la même chose. / J’ai fini par comprendre qu’ils ne voyaient pas… »

Shams  de  Tabriz

………………………….

Cette citation est mise en exergue en tête de l’ouvrage d’Elif Shafak, romancière turque, « Soufi mon amour », 2010 (éd. 10/18 2011). Traduction, de l’anglais, par Dominique Letellier.

Fille de diplomate Elif Shafak est née à Strasbourg, a vécu en Espagne, puis en Turquie, a enseigné aux Etats-Unis. Elle vit à Istanbul.

Site officiel (en anglais), Elif Shafak : http://www.elifshafak.com/index.php

BioBibliographie, fiche wikipedia, Elif Shafak : « Féministe engagée, cosmopolite, humaniste et profondément imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, Şhafak défie ainsi par son écriture toute forme de bigoterie et de xénophobie. » (…) « Le soufisme a toujours joué un rôle central dans l'écriture de Şhafak mais ce n'est qu'avec son dernier roman en date, « Soufi, Mon amour », qu'elle aborde pleinement le sujet. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Elif_Shafak

Ce roman tisse des histoires croisées. D’une part, Ella, américaine de culture juive, et Aziz, européen converti à l’islam, photographe, écrivain et voyageur passionné, soufi (et qui semble avoir ainsi retrouvé là une identité d’âme bien plus ancienne…), des êtres de notre temps, qui vont s’aimer et bousculer leur vie pour être fidèles à eux-mêmes. Et, d’autre part, le grand Rûmi, érudit, mystique, et poète, et son maître Shams de Tabriz, le derviche errant, dans un temps bien plus lointain( le XIIIè siècle), et dans un monde peuplé d’êtres très divers qui seront tous marqués d’une manière ou d’une autre par la rencontre déstabilisante de Shams, l’accoucheur d’âmes. Un roman dans le roman ("Doux blasphème"), des pensées de sagesse dans le roman : c’est là un livre dont la lecture est infinie et qu’on se remet à parcourir pour y puiser du sens bien après avoir refermé à regret la dernière page. L’ouvrage met l’amour au centre de toute réalisation de soi, et le soufisme y est présenté comme une clé  possible, une voie vers ce centre intérieur . Voilà des pages qui permettent d’entrer dans la compréhension de cette haute spiritualité musulmane qu’Elif Shafak connaît si bien. Histoire, sagesse, mystique, éthique et questionnements simplement humains… voilà des pages qui donnent matière à réflexion et méditation (et qu’il faudrait donner à lire à tous les faiseurs d’amalgames). « Je crois que la visée de l’art, et en particulier de l’art du récit, est de construire des ponts. », dit l’auteur dans un entretien de qualité, publié sur son site.  (Elle y donne des références pour dire ses lectures sur le thème du soufisme).

cccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccc

CITATIONS :

« Pour moi, le soufisme est une tapisserie où s’entrelacent couleurs et motifs. Dans mon roman, je ne présente pas le soufisme comme une notion abstraite ou un enseignement théorique, mais comme une énergie vitale, chaude, apaisante. Je m’intéresse à ce que le soufisme représente dans notre monde moderne. Je souhaite montrer la portée de la philosophie de Rûmi aujourd’hui, alors même que nous avons l’impression d’être à des lieues et à des siècles de celle-ci. »

« De l'ouverture du cœur dépend celle de l'esprit. Point n'est besoin de tout abandonner ni de se faire pauvre hère pour tenter d'approcher cette sagesse universelle. Elif Shafak invite chacun, croyant, agnostique ou athée, à ce travail sur lui-même : accepter de se changer pour que change sa vie. »

....

Page éditeur, Phébus (BioBiblio. Cliquer sur les couvertures des livres, dont celui-ci, pour lire les présentations): http://www.editionsphebus.fr/fiche-auteur2577/elif-shafak 

Et sur 10/18 (BioBiblio): http://www.10-18.fr/site/elif_shafak_&181&28786.h... 

Critiques du livre… 

La lecture d’Hervé Bonnet : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2012/11/01/elif-sha... 

Et celle de Sabine Mustakim : http://publikart.net/soufi-mon-amour-un-livre-de-elif-sha...

Critique (élogieuse) du livre d’Elif Shafak. Par Kate, sur wodka-over.blog : http://wodka.over-blog.com/article-elif-shafak-soufi-mon-amour-56420106.html