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16/06/2018

Sergio Larrain, photographe. Ou capturer la présence...

sergio larrain,photographe,photographie,xavier barral,agnès sire,irène attinger,l’oeil de la photographie,el rectangulo en la manoUn photographe, Sergio Larrain,  né à Santiago du Chili et mort en 2012. 

Dans l’article d’Irène Attinger (lien ci-dessous, L’Oeil de la photographie,) je relève deux citations de Sergio Larrain.

J’aime beaucoup sa façon de définir la démarche photographique, l’irruption de ce qui advient. Miracle, dit-il, car cela advient dans la rencontre de l'instant d'une plongée en soi et d'une présence capturée par le regard.

Et j’apprécie ce qu’il dit de la « géométrie » agissante dans ce qu’on capte en photographiant. Que la structure soit organisée autour de silhouettes ou de formes abstraites, c’est vrai : géométrie.

sergio larrain,photographe,photographie,xavier barral,agnès sire,irène attinger,l’oeil de la photographie,el rectangulo en la manoNombreuses photographies reproduites sur le site de L’oeil de la photographie et sur le site de l’édition Xavier Barral. Avec, même site, en pdf, lecture offerte de recensions de presse, de quoi glaner des informations sur l’artiste, qui s’était retiré pour méditer. Un itinéraire qui lui faisait se méfier de l’ego…  

CITATIONS...   

« Je veux que ma photographie soit une expérience immédiate et non une mastication » (...) « La photographie, comme n’importe quel art, on doit la chercher au fond de soi. L’image parfaite est un miracle, elle advient dans une irruption de lumière, de formes, du sujet et dans un état d’âme limpide – on appuie sur le déclencheur presque sans le savoir –, ainsi le miracle se produit. »  

« La réalité visible mais aussi le jeu qui consiste à organiser un rectangle sont la base du processus photographique. C’est la géométrie que je cherche, le rectangle à la main (l’appareil photo). Photographie : ce qui (le sujet) est donné par la géométrie. »... https://loeildelaphotographie.com/fr/sergio-larrain-el-re...

LIVRES, éd. Xavier Barral… 

El rectangulo en la mano, 1963 (Cadernos brasileiros), réédition 2018... http://exb.fr/fr/home/343-rectangulo-en-la-mano.html

Monographie, Sergio Larrain, réalisée par Agnès Sire qui correspondit beaucoup avec lui, 2013… http://exb.fr/fr/le-catalogue/101-sergio-larrain-vagabond... 

Fiche auteur, Sergio Larrain, éd. Xavier Barral… http://exb.fr/fr/auteurs?id=153 

Lire aussi cet article, Le Monde, 2013. (Citation : « Sergio Larrain, qui a été membre de l'agence Magnum, n'était pas fait pour le photojournalisme et ses contraintes. Il voyait la photographie comme une révélation, un acte magique : si les conditions sont réunies, disait-il, ‘les images arriveront comme des fantômes, des esprits’ ».)… https://www.lemonde.fr/livres/article/2013/12/12/sergio-l...

28/09/2016

ALEP… Prendre le temps de lire et de regarder…

SYRIE.jpgD’abord, le récit bouleversant de Karam Al-Masri, jeune photographe, correspondant syrien de l’AFP, sur le blog de l’AFP… https://making-of.afp.com/couvrir-alep-la-peur-au-ventre-... 

 

 

 En complément utile, l’éditorial, très juste, de Laurent Joffrin : « Cyniques »… La barbarie cynique du couple Assad-Poutine, l’impuissance ou le cynisme complice des témoins… http://www.liberation.fr/planete/2016/09/26/cyniques_1511... 

J’ai écrit, hier ou avant-hier, ailleurs, ceci, que je reprends ici : « Si on ne se sent pas concerné par cela, tout le reste est inutile : écrire, peindre, photographier, danser, chercher, ou... méditer... Tout le reste est alors contemplation vaine et vide de son ego… » 

J’ai aimé une oeuvre de Jean-Marc Musial, titrée « Sortir de l’enfer », que j’ai associée (mon regard intérieur) aux photographies d’Alep, parents dévastés devant le corps de leur enfant, enfants fuyant (tentant de fuir). J’y voyais la même douleur, le sang, les pierres, le désastre. Heureusement, l’art peut dire le réel, en sortant des médiocres  remuements sentimentaux. Ses oeuvres sont visibles sur sa page Facebook (« Un dessin par nuit »). Une autre création m’a retenue, très sombre, très nocturne, j’y ai vu des yeux effarés (où je les ai inventés : peu importe, c’est fait pour cela, pour qu’on invente aussi, qu’on projette rêves et angoisses, et tristesse de l’impuissance contre la violence et la guerre…). Page : https://www.facebook.com/undessinparnuit 

« Éloge de la haine », couverture paradoxale comme icône symbolique de cette note contre la violence, la guerre, et la haine. Justement. Pour la référence nécessaire (connaître par les Syriens les problématiques réelles, leurs racines, et tenter de comprendre la réalité dramatique pour laquelle, simples citoyens, nous nous sentons si impuissants). 

Donc, des livres… Écrivains syriens, L’Orient littéraire : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=16&a... 

Déjà, en 2012, Khaled Khalifa le disait, Nouvel Obs. Complicité internationale… http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/02/08/lecri... 

et... Le Monde... https://www.actualitte.com/article/monde-edition/l-ecriva... 

Entretien avec Khaled Khalifa, 2011, au sujet de son livre « L’Éloge de la haine »... http://www.jeuneafrique.com/191163/culture/khaled-khalifa... 

Page sur le livre, Actes Sud... http://www.actes-sud.fr/catalogue/sciences-politiques-et-... 

Pour s’informer régulièrement sur la Syrie, « Un oeil sur la Syrie », blog Le Monde... http://syrie.blog.lemonde.fr

30/11/2015

BRUNO HADJIH... METAPHORA, Le REGARD qui répare...

mms_img-329636550.jpgmms_img-1995844623.jpg"On a oublié de clôturer le visage. Offert à l’énigme. Regard errant dans le noir de ce visage, cherchant l’issue. L’autre issue. Prisonnier d’une opacité. Ne voyant pas que c’est même chose, même issue. Qu’il y a sans doute un tracé foudroyant l’espace. Ne heurtant plus rien. Plus rien ‘d’ici’ où tout se ramène à un visage. Ton visage en toutes choses et elle en toi. Il faut donc aller plus loin, creuser la blessure, ouvrir plus encore la brèche."(Pierre-Albert Jourdan,  ‘Brèche’, ’L’espace de la perte’)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Le visage me demande et m’ordonne. Sa signification est un ordre signifié."
(Emmanuel Lévinas, ‘Ethique et infini’)

"Tu as pensé aussi / qu’on te laisserait / rejoindre l’arbre, / les pierres… / Reprendre ta place / parmi eux" (Jean-Louis Giovannoni, ‘Au fond de l’air’)

"Nul arbre. Le désir. Et la mort / qui regarde / Une absence innommable des choses" (Roger Giroux, ‘L’autre temps’)

"Bruno Hadjih est un magnétiseur qui fait oeuvre de sismologue." (…) "A équidistance d’un désastre natif et d’une possible catastrophe terminale, Bruno Hadjih n’a pas d’autre visée alors, s’il veut transfigurer la nuit profonde de notre présent aveugle, que celle de la lucidité consistant, comme le souligne Walter Benjamin, à ‘organiser le pessimisme’." (Saad Chakali)... Superbe écriture, texte, exposé, qui fait une lecture de l’oeuvre en rapport avec l’origine du monde, y voyant éléments et signes qui viennent de très loin dans le passé, dans un questionnement inquiet, car lucide, de l’avenir de notre univers… et donc le nôtre.

En exergue à l’exposition, une citation de Walter Benjamin (sur le seul discours que tient une oeuvre, ‘…Celui qu’elle tient aux autres oeuvres, et qui ne se déploie pas dans le domaine du langage. Celui de l’engagement.’)

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METAPHORA, titre de l’exposition…

C’était le 14 novembre. L’artiste et la galerie avaient décidé de maintenir le vernissage (pour ne pas offrir un renoncement aux terroristes), et nous, nous avions décidé d’y aller.

Regarder des photographies, dans ces conditions, c’est entrer dans un espace du regard qui transcende toute approche ‘technique’, et même peut-être ‘esthétique’. Nous avions besoin de consolation et nous nous sommes mis sous les mains photographiées par l’artiste. Voir les reflets de nos corps sous la lumière de ces mains si humaines, à la peau presque palpable, grandes mains sombres aux doigts puissants, protecteurs, cela pouvait mettre les larmes aux yeux.

J’ai photographié ce reflet, et d’autres où deux espaces se mêlaient, nous ici à Paris, dans le cocon de la galerie, et plus loin d’autres lieux, d’autres êtres.

Nous sommes encore dans la sidération du 13 au soir, et là nous nous heurtons à une autre sidération, double.

La beauté. Le silence. La peau, les yeux. Et le bois, la matière. 

Nous entrons dans une expérience particulière, difficile à définir. Comme si la démarche était archéologique, pour une part. 

mms_img-1017221335.jpgmms_img-655907459.jpgFouiller dans la profondeur d’un visage, aux rides comme de la terre, et lui associer les signes du temps d’un arbre. Ces yeux nous regardent, et le cercle associé (la photographie accolée, installée dans le même cadre) fait venir ce regard de très loin, du fond du temps (tant passé que futur). Terre destinée à la terre, l’humain qui meurt. Visage seul, dont on ne sait rien de la vie. Être humain interrogeant le sens d’être là, sa destinée à lui, ses questions à lui. Peut-être son désespoir. Ou peut-être pas. Juste la question du rapport à cet univers du temps

mms_img-818883163.jpgLe bois, encore (je crois), mais vertical, pour accompagner un visage plus jeune.  Ascension, humanité. Et ce même regard qui interroge, qui semble interroger. Qui suis-je? Et, nous dit-il, qui es-tu? Toi qui regardes, qui?. Est-ce aussi la question du photographe? Quelles identités se rencontrent? 

Metaphora… Métaphore. Ne restez pas, nous dit le titre, à la surface d’une apparence. Allez plus loin. Percevez. Voyez votre propre métaphore, si vous voulez - votre représentation, humains. 

Voici un photographe qui est aussi un reporter, avide d’humanité ‘juste’. Il montre donc des beautés (visages, mains, corps, couleurs, lieux) et des réalités douloureuses, pour dénoncer des scandales. Ainsi certaines photographies (et un documentaire) nous font tomber, choc sur choc, sur un double secret d’Etat. Secret car tout n’est pas su, et beaucoup est tu. Les bombes, le nucléaire, espaces sacrifiés, le vivant sacrifié, Sahara… Visages du grand sud brûlé… Brûlé, ce sud, au sens plus fort que celui de l’impact du soleil, puisque Bruno Hadjih photographie aussi des êtres irradiés, et leurs descendants (un diaporama reprend des séries qui correspondent à un travail systématique de défrichement. Sahara : l’ordinateur est là, pour voir les êtres et le bleu de leurs vêtements, et celui du ciel, comme le voit Bruno Hadjih, un bleu intense).mms_img1535058292.jpgmms_img880101725.jpg

mms_img44757957.jpg

Ce regard répare. L’art répare. La conscience ici  trouve sa densité. Présence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien de doucereux dans cette ‘réparation’. Gifle, plutôt. Justement, c’est cela qui répare : nous avons besoin de lucidité. Kafka le dit pour les livres, c’est vrai pour les photographies aussi : la hache qui brise la glace… et le 14, le froid émotionnel nous faisait trembler et trembler ne suffisait pas à défaire le gel figé… Les visages sur les murs, oui, ils pouvaient. Et le cercle, et le bois, et l’ombre.

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SITE de la GALERIE Mamia Bretesché, 77 rue Notre Dame de Nazareth, 75003, Métro Réaumur Sébastopol (on peut aussi arriver par la 5 à République et marcher un peu en suivant cette rue.  L’expo continue jusqu’au 18-12-15. Quelques PHOTOGRAPHIES visibles sur le site   http://www.mamiabreteschegallery.com/?p=1361 

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BRUNO HADJIH. Éléments complémentaires

PAGE (riche et à jour) sur ses travaux, picturetank (sur ‘les mutations des sociétés musulmanes et particulièrement sur les failles historiques de ces dernières’, ‘travail sur le soufisme durant 15 années’,travail sur ‘les espaces sahariens’) : http://www.picturetank.com/creative.php?id=830

BIO, et travaux, dont la dernière exposition, Algériades : http://www.algeriades.com/bruno-hadjih/article/bruno-hadjih 

BIO, Africultures (pas mise à jour… mais des éléments complémentaires)  http://www.africultures.com/php/index.php?nav=personne&am...

Page sur des expos de groupe (2005 à 2015), artfacts.net  http://www.artfacts.net/fr/artiste/bruno-hadjih-75262/ligne-directrice.html

LIVRE. « Avoir 20 ans à Alger », avec Aziz Chouaki, éd. Gallimard : https://www.librairiedialogues.fr/personne/bruno-hadjih/7... 

PORTFOLIO, Le Monde (« Être algérien aujourd’hui ») : http://www.lemonde.fr/le-monde-2/portfolio/2009/03/27/etr... 

Article de La Dépêche sur le documentaire d'Élisabeth Leuvrey , d’après les photographies de Bruno Hadjih, sur les essais nucléaires français de 61 à 66, Sahara), At-h-ome : http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/03/2117283-cinema-jeudi-at-h-ome-en-presence-de-bruno-hadjih.htmlmms_img-1110822157.jpgmms_img2066377143.jpg