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31/01/2015

« Libérons Internet du Négationnisme ! ». Pétition

PRIMO LEVI HOMME.jpgSHOAH 2.jpgRobert Antelme ESPECE.png

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« N'oubliez pas que cela fut, / Non, ne l'oubliez pas »

Primo Levi

Poème en exergue à « Si c’est un homme », Pocket éd.

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« Vint, vint. / Vint une parole, vint » (...) « Cendre. / Cendre, cendre. / Nuit. »

Paul Celan

Grille de parole, Christian Bourgois éditeur

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 « Saviez-vous que la souffrance n’a pas de limite / l’horreur pas de frontière / Le saviez-vous/  Vous qui savez. »

Charlotte Delbo, « Aucun de nous ne reviendra », Eds. de Minuit

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Il suffit de faire des recherches sur Internet pour tomber par hasard sur des blogs négationnistes, des pages négationnistes sur des sites qui n’ont rien à voir avec l’Histoire, des rumeurs sur des forums, du complotisme dans des commentaires de vidéos ou d’articles, du mensonge et du mensonge... Donc, oui, il est nécessaire de lutter, tous, contre cela : la Toile ne doit pas être le domaine de la propagande négationniste et haineuse. A nous, d’abord, d’occuper l’espace avec des pages conformes aux exigences du respect de la réalité, des pages pour une éthique de la pensée et de la transmission. Culture,  connaissance, contre l’ignorance et la mauvaise foi de blogueurs ou d’idéologues (encartés ou pas). A nous de dialoguer, aussi, avec les expéditeurs de messages qui (sans que ces internautes s’en rendent forcément compte) contiennent des éléments associés à ces idéologies problématiques. Répondre par l’information. A nous de signaler (LICRA, ACAT, PHAROS, etc.) les contenus illicites.  

Prises de conscience et réactions. Mais ce n’est pas juste une gentille intention. C’est un engagement : être attentif, savoir repérer les clés, les codes, les réseaux. Chercher qui est qui. (Un discours anodin – page, vidéo - peut être un masque : c’est un ensemble de signes qui révèle comment situer un positionnement et son éventuelle dangerosité). Il y a ce qui sera évident pour tout le monde, et le reste, plus dur à déceler. Boris Cyrulnik l’a dit récemment en parlant des attentats (et c’est lié) : il faut « s’armer intellectuellement ».  [Sur ce sujet, complotisme et négationnisme, voir, notamment, note précédente, 30-01-15 (« Négationnisme contre mémoire et Histoire de l’Holocauste »)  et note du 26-01-15 (« Complotisme chrétien, dans le lit général d’une bêtise sans innocence »)]... [Mise à jour 02-02-15... Vigilance d'autant plus nécessaire que les nazis ont encore une présence dans des chaînes de liens qui impliquent des réseaux divers, des pays divers. Lire, article du Monde du 02-02-15, par Géraldine Schwarz. Titre papier : "Les nazis ne meurent jamais", titre web "Enquête sur la seconde vie des nazis" : http://www.lemonde.fr/international/article/2015/02/01/enquete-sur-la-seconde-vie-des-nazis_4567656_3210.html ]

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Libérons Internet du Négationnisme !

PETITION UEJF et UDA (avec d'autres associations).

POUR SIGNER : http://freetheinternetfromdenial.wesign.it/fr

(Pétition publiée dans Libération du 27-01-15 / Page Rebonds, sous le titre de la pétition, en Tribune).

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« Aujourd'hui, qui recherche des informations sur la Shoah via les grandes plateformes d'échange et de diffusion en ligne tombe immanquablement sur des discours qui cherchent à prouver que la Shoah n’aurait pas existé. De nombreuses vidéos figurant parmi les premiers résultats de la recherche mobilisent des arguments pseudo-scientifiques afin de démontrer que l’extermination des Juifs et des Roms en Europe ne fut pas ce que l’on prétend dans les livres d’histoire. 

Avant les négationnistes d’aujourd’hui, les nazis eux-mêmes ont cherché à effacer toute trace du génocide afin d’oblitérer leur crime. Aujourd’hui, le négationnisme est un délit dans un grand nombre de pays, et aux yeux de l’Organisation des Nations-Unies depuis 2007.

Alors qu’Internet est devenue la source d’information essentielle pour les nouvelles générations, la diffusion du négationnisme contribue à la banalisation du racisme et de l’antisémitisme dans notre société, augmente l’indifférence et provoque des passages à l’acte violents. Les réseaux sociaux se sont donnés les moyens de bannir le fléau des contenus pédo-pornographiques, et d’interdire les incitations à la haine. 

Aujourd’hui, nous demandons aux grands réseaux sociaux de prendre leurs responsabilités et d’interdire les contenus négationnistes dans leurs conditions d'utilisation.

Nous, survivants de la Shoah, refusons qu’au 70ème anniversaire de notre libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, les outils de la modernité soient laissés à ceux qui veulent détruire notre monde de valeurs.

Nous, étudiants, dernière génération à connaître des rescapés, refusons que les réseaux sociaux que nous utilisons au quotidien abondent de contenus et vidéos négationnistes.

Nous, dirigeants d’associations engagées dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, refusons d’abandonner la liberté pour laquelle nous combattons à ceux qui en font un alibi de la haine.

Nous, citoyens, refusons qu’Internet légitime la violence et la manipulation.

La vérité de l'histoire a besoin que chaque citoyen responsable s'engage pour veiller sur elle. Il est déjà plus que temps que tous les hommes de bonne volonté, de toutes les nations, simple utilisateur, architecte ou investisseur d'Internet, s'impliquent pour la défense de la vérité. Car si Internet est notre bien commun, il dépend de chacun de nous que la vérité y triomphe du mensonge. »

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Premiers signataires :

A l'initiative de l'Union des Etudiants Juifs de France [UEJF] et de l'Union des Déportés d'Auschwitz [UDA]

Raphaël Esraïl, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz

Sacha Reingewirtz, Président de l’Union des Etudiants Juifs de France

Benjamin Orenstein, Président de l’Amicale des Déportés d’Auschwitz du Rhône

Elie Buzyn, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Alberto Israel,  rescapé d’Auschwitz-Birkenau

David Schulhof, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Zesia Laskier, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Alfred Szalawecz, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Claude Bloch, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Sam Rupkowski, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Jeannette Deplace, rescapée d’Auschwitz-Birkenau

Julien Godet, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Yvette Levy, rescapée d’Auschwitz-Birkenau

Nicolas Roth, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

David Brin, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

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Organisations signataires :

William Martinet, Président de l’UNEF

Alexandre Leroy, Président de la FAGE

Olivier Vial, Président de l’UNI

Andi Gergely, Chairperson of the World Union of Jewish Students

Jane Braden-Golay, Président de l'EUJS (European Union of Jewish Students)

Gilles Clavreul, Préfet, Délégué Interministériel à la Lutte Contre le Racisme et l’Antisémitisme

Dominique Sopo, Président de SOS RACISME

Benjamin Abtan, Président de l’EGAM (European Grassroots Antiracist Movement)

Alain Jakubowicz, Président de la LICRA

David Harris, Directeur de l’American Jewish Committee

Simone Rodan-Benzaquen, Directrice de l'American Jewish Committee en France

Richard Odier, Directeur du Centre Simon Wiesenthal France

Seta Papazian, Présidente du Collectif V.A.N. (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme)

Marcel Kabanda, Président d’Ibuka-France (pour la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda)

Alain Daumas, Président de l’U.F.A.T. (Union Française des Associations Tsiganes)

Souâd belhaddad, Présidente de Citoyenneté Possible

François Durpaire, historien

Philippe Coen, président de l'Initiative de Prévention de la Haine - Respect Zone

30/01/2015

NEGATIONNISME CONTRE MEMOIRE ET HISTOIRE DE L’HOLOCAUSTE

 

Nuit et brouillard.jpgLa DOULEUR.png

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 « Nous sommes de petites haches / à fendre l’immensité / d’avant notre naissance, / d’après notre mort. / Et nous dirons de chaque vie / qu’elle est un pore de l’éternité. »

Monique Rosenberg

Le sucre de mes pas, Jacques André éditeur

« Une étoile triste dans les cieux. / Ils sont venus me chercher dans ma propre maison. / Ils m’ont pris et emmené au camp, / Où ils m’ont brûlé jusqu’aux cendres. »

Chant populaire en romanès des Roms du Burgenland : http://www.romasintigenocide.eu/fr/home/e-les-survivants/e9-identite-d2019apres-guerre

« Que faire contre l’oubli / Quand les pierres s’effritent et perdent leurs syllabes. »

Tahar Ben jelloun

Les pierres du temps, recueil, éd. Points Seuil/Poésie

"Et tu n'es pas revenu". PHRASE-TITRE, de Marceline Loridan-Ivens : http://grasset.fr/et-tu-nes-pas-revenu-9782246853916

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Communiqué de presse, ONU (Choix de la date du 27 janvier, anniversaire de la libération d'Auschwitz, le 27-01-1945): « LE 27 JANVIER SERA DÉSORMAIS JOURNÉE INTERNATIONALE DE COMMÉMORATION EN MÉMOIRE DES VICTIMES DE L’HOLOCAUSTE,  DÉCIDE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ». 42ème séance plénière, 01-11-2005 : http://www.un.org/press/fr/2005/AG10413.doc.htm :

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HOLOCAUSTE, SHOAH, PORAJMOS/SAMUDARIPEN... GENOCIDE...  extermination...

Mémoire...

Sur le site du Mémorial de la Shoah l’accent est mis sur le mot SHOAH ("catastrophe"), qui dit en hébreu l’extermination des Juifs, centrale : plus de 6 millions de Juifs exterminés de manière systématique. Les Tziganes ont eux aussi des termes pour désigner leur génocide (car c’en est un : ½ million de Tziganes exterminés, ce qui, proportionnellement à leur nombre en Europe, est une destruction considérable). Meurtre collectif : "Porajmos", "Samudaripen". Dans la décision de l’ONU, le terme « HOLOCAUSTE » réunit toutes les victimes de cette entreprise de suppression  de la surface de la terre des peuples qu’on veut faire disparaître (Juifs, d’abord – obsession nazie, Tziganes, et groupes ethniques, ainsi les Noirs). Mais aussi  des êtres qui vivent leur humanité (leur sexualité) d’une manière que les nazis refusent de faire entrer dans l’humain : les homosexuels (le Triangle rose). Et les handicapés, êtres inenvisageables dans ce délire de pureté aryenne où les accidents de la nature et la fragilité humaine ne peuvent pas être pensés. Toutes les victimes de ce moment historique particulier de volonté génocidaire programmée et industrialisée. Et uniquement de ce moment singulier, car il est tel qu’il représente le summum de ce qui peut être conçu et mis en œuvre pour détruire l’humain. Et détruit justement l’humain.

Déshumanisation de nous tous, y compris maintenant, si nous ne gardons pas mémoire pour tenter de comprendre comment on peut arriver à créer une « industrie » du génocide. Tragédie historique unique, qui défie la pensée. Qu’il y ait eu, avant et depuis, d’autres génocides, et des massacres, n’enlève pas la singularité de ce moment de l’Histoire européenne. Pour penser le Cambodge, par exemple, nous avons besoin de penser l’Holocauste (Holocauste /Shoah/ Porajmos..).  Mort de tous. Et  ici, maintenant. De même pour penser le terrorisme. De quelle part de l’homme vient la capacité d’être décideur de génocide, acteur actif de génocide, acteur passif (simple exécutant qui ne résiste pas à l’innommable et obéit aux ordres de meurtre ou de torture), témoin indifférent (ceux qui voyaient leurs voisins juifs être emmenés, ou disparaître – Rafle du Vel D’Hiv, ceux qui passaient sans s’émouvoir au bord de camps, comme celui de Drancy près de Paris, ceux qui, même, trouvaient normal que les Juifs doivent porter l’étoile jaune). Dans quel tréfonds des êtres, de notre être, demeure ce pouvoir de haine, de mort, de destruction de tout sens ?

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Le communiqué de l’ONU insiste sur le fait que le texte de l’Assemblée rejette « tout déni de l’Holocauste », « que ce déni soit total ou partiel ». Le négationnisme est désigné clairement. En 2005. En 2015, avec le développement d’Internet il envahit des sphères culturelles (de sous-culture...) plus vastes, de manière plus pernicieuse, car donnant à lire facilement une contre-Histoire dont le mensonge peut prendre dans ses filets des cerveaux divers.

Il sort, ce négationnisme, de l’univers  de l’extrême droite proche des néonazis (et il parle fort). Il  fait signer des pétitions de soutien à Faurisson (sous prétexte de liberté d’expression), pour s’adjoindre diverses sortes de mouvances idéologiques antisémites. Qui sont :

L’islamisme, instrumentalisation politique de l’islam, jusqu’au djihadisme. Négationnisme, ici, qui légitime les voies meurtrières, et que l’actualité révèle tragiquement.

Une ultragauche radicale (écologiste parfois), sous prétexte du soutien aux Palestiniens : le soutien devenant haine, la critique du gouvernement israélien (qui serait acceptable, légitime - comme pour tout gouvernement, tout pouvoir, tout parti ou courant idéologique - mais dans un tout autre cadre éthique...)... devenant déni du droit d’Israël à exister, rejet élargi à tout un peuple, puis à tous les Juifs (mais la chronologie peut être inverse...). Par haine on devient négationniste, pour ne pas avoir à reconnaître une singularité qui nécessite de passer sur le terrain du questionnement ontologique, loin des slogans.

L’intégrisme catholique (qui retrouve l’impensé de ses aversions ancestrales : jusqu’au désir de meurtre). Voir la note du 26-01-15 ("Complotisme chrétien" : catholique intégriste, précisément...).

Un espace sous-culturel confus, sans frontières définies, celui d’un certain ésotérisme. Où l’apparent désir de comprendre le monde, le goût des significations souterraines du réel, la curiosité pour une démarche interprétative des symboles, finit par rejoindre (à force de mauvaises questions sur les signes, sans repères conceptuels) l’univers du complotisme. (Et comme celui-ci est associé au négationnisme historique, de glissement en glissement cet ésotérisme flou peut être capté par l’ésotérisme d’extrême droite, politiquement assumé).

Refus, dans tous les cas, de ce que le judaïsme interroge dans le monde, depuis, à la source, la pensée du monothéisme, qui écarte les dieux pluriels et les idoles, et remplace les jeux de miroir des récits antérieurs par la pensée d’une transcendance, et, en ce sens, est fondateur des religions qui suivent, et de la culture issue du monde méditerranéen. Culture qui a essaimé dans le monde entier sous les formes diverses du christianisme et de l’islam (ou leurs marges culturelles), et dialogue avec les mythes grecs. Refus de la source (car penser ainsi la source de ce qu’on est interroge qui on est). Refus du commentaire infini dont le judaïsme authentique fait une constante philosophique et éthique. Car cet infini de la pensée, de la lecture, ne peut coïncider avec les raccourcis des certitudes.

Refus de voir la réalité du génocide des Tziganes, aussi,  quand actuellement on met les Roms dans une marge en stigmatisant, excluant, et en globalisant le réel. Peuple nié, génocide nié.

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POUR MEMOIRE... POUR SAVOIR. GUERRE, CAMPS, GENOCIDE :  

« SHOAH, l'histoire contre les fanatismes ». Editorial, Le Monde, 28-01-15 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/27/shoah-l-histoire-contre-les-fanatismes_4564244_3232.html (["(Pour ne pas) nier la singularité absolue du massacre des Juifs (et des Tziganes) d’Europe par le régime nazi."]

La SHOAH. DOSSIER Hérodote : (Chronologie des faits. Genèse de l’antisémitisme nazi. L’extermination des Juifs.) :  http://www.herodote.net/La_Shoah-synthese-334.php 

27 janvier 2015. Libération du camp d'Auschwitz-Birkenau. Hérodote : http://www.herodote.net/27_janvier_1945-evenement-19450127.php

Génocide des Tziganes, Mémoires tsiganes : http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/genocide.html

Génocide. « Le destin des Tziganes pendant la seconde guerre mondiale », romasintigenocide.eu : http://www.romasintigenocide.eu/fr/home/d-genocide

HistoQuiz. Génocide des Tziganes, par Marie-Christine Hubert et Daniel Laurent : http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/seconde/tziganes/Dossiers.htm

26 FILMS sur la SHOAH/l’HOLOCAUSTE. Sens critique : http://www.senscritique.com/liste/Films_sur_la_Shoah_l_holocauste/179896

Des LIVRES pour ne pas oublier, shoah-memory.org : http://shoah-memory.org/livres_sur_la_shoah.shtml

Liste de LIVRES. Seconde guerre mondiale, génocide. Fiche wikipedia :   http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27%C5%93uvres_litt%C3%A9raires_inspir%C3%A9es_par_la_Seconde_Guerre_mondiale#G.C3.A9nocide_des_Juifs 

"Etre sans destin", Imre Kertesz, Actes Sud : http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/e...

« Aucun de nous ne reviendra », Charlotte Delbo, TEXTES : http://www.escabelle.com/spectacle_extrait.asp?spectacle=23

MEMORIAL de la SHOAH : http://www.memorialdelashoah.org 

TEMOIGNAGE. "Si je suis resté vivant...". Rencontre avec Henri BORLANT, par Natalie Levisalles, Libération, 26-01-15 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/26/si-je-suis-reste-vivant_1189283 

HISTOIRE. "Le cheminement de la mémoire de la déportation". Entretien avec Annette Wieviorka, historienne, spécialiste de la Shoah et de l'histoire des Juifs au XXè siècle. Libération, 26-01-15. Propos recueillis par Natalie Levisalles : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/26/auschwitz-est-u... 

"Auschwitz, le combat permanent contre l'oubli", Le Parisien, 27-01-15, article, par Eric Hacquemand, et vidéo-témoignage : http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/auschwitz-le-combat-permanent-contre-l-oubli-27-01-2015-4481615.php

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SITE du Mémorial de la Shoah. Deux documents :

« LE TEXTE du COMMUNIQUE de L'ONU: Décision historique à l'Assemblée générale pour marquer chaque année la mémoire de l'Holocauste ». (CITATIONS (début de la page): « 1 novembre 2005.  L'Assemblée générale a adopté aujourd'hui une résolution "historique" proclamant le 27 janvier, jour de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz, "Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste", pour se souvenir des crimes du passé et pour prévenir les actes de génocide dans le futur. / Déposée par Israël, co-parrainée par 104 pays et adoptée par consensus, la résolution sur la mémoire de l'Holocauste "prie instamment les Etats membres d'élaborer des programme d'éducation qui graveront dans l'esprit des générations futures les enseignements de l'Holocauste, afin d'aider à prévenir les actes de génocide". / Le texte rejette "tout déni de l'Holocauste", c'est-à-dire l'entreprise d'extermination systématique du peuple juif, "en tant qu'événement historique, que ce déni soit total ou partiel". » (...) « L'Assemblée générale avait entamé hier un débat sur la "Mémoire de l'Holocauste" au cours duquel le représentant israélien avait déclaré que "si cette tentative barbare et systématique pour éliminer un peuple entier à une échelle sans parallèle dans l'Histoire avait été une tragédie unique pour le peuple juif, ses leçons demeuraient universelles". » (...) « "Nous sommes nés des cendres de la deuxième guerre mondiale, après l'Holocauste, et non seulement il fait partie de notre histoire mais nous avons aussi la responsabilité sacrée d'en enseigner les leçons, d'encourager la tolérance et de lutter contre l'anti-sémitisme et d'autres discriminations", avait souligné Kofi Annan (voir notre dépêche du 15 mars 2005). » (...) « Plus d'une trentaine de personnalités avait pris la parole pour rendre hommage aux victimes des tortionnaires nazis et exhorter la communauté internationale à tirer les leçons de ce qui s'est passé à Auschwitz. / "Les génocides du Cambodge et du Rwanda n'auraient jamais dû avoir lieu, et ce qui se passe au Darfour, dans l'indifférence générale, ne devrait pas se produire. Le monde ne tirera donc jamais les enseignements de ce qui s'est passé à Auschwitz et dans les autres camps de la mort ?", avait demandé Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix et rescapé des camps de concentration nazis. » (...) « Plus de 6 millions de Juifs, dont au moins 1,2 millions d'enfants, ont été exterminés par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale, sur les 9 millions de Juifs vivant en Europe à la veille de la guerre. Dans les camps de la mort du régime nazi d'Adolf Hitler, ont aussi péri près d'un demi-million de Tziganes et près de 250.000 handicapés, ainsi que des milliers d'opposants au régime, d'intellectuels et d'homosexuels. / Le 27 janvier 1945, le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, où trois millions de personnes ont été victimes des chambres à gaz et des fours crématoires, a été libéré par les Alliés. / Voir la page spéciale consacrée à la session commémorative extraordinaire pour le 60e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis. »

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Tribune d’Avishai Margalit (philosophe, universitaire à Jérusalem, auteur de « L’Ethique du souvenir », à paraître le 10 février). Parue dans Le Monde du 27-01-2015. (CITATIONS : « Je distingue deux façons de poser le problème de la mémoire et de sa formation : la politique de la mémoire et l'éthique du souvenir. La politique de la mémoire met en jeu l'utilisation que divers régimes font de la mémoire, et de l'oubli, pour établir leur légitimité. Dans le cadre de l'éthique du souvenir, la question porte sur le devoir de se remémorer tel ou tel événement, et sur le sujet de ce devoir. En outre, l'éthique du souvenir s'efforce de savoir s'il n'y a pas également un devoir d'oubli permettant le pardon. Ici, je ne me préoccuperai que d'éthique du souvenir, et non de politique de la mémoire, même s'il reste toujours autour du souvenir de la Shoah beaucoup de politique. /// La question éthique est la suivante : la commémoration de la Shoah est-elle un devoir et, si tel est le cas, à qui incombe ce devoir ? A l'humanité entière : telle est la réponse contenue dans l'idée d'établir une journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste. Je suis d'avis qu'il est légitime d'exiger cette commémoration de l'ensemble de l'humanité, tout en ayant conscience que cela ne va pas de soi et qu'une telle injonction requiert d'être justifiée.  (...) « S'il y a un sens à ce que l'ensemble de l'humanité s'associe à cette commémoration, c'est parce que la Shoah est une manifestation du mal radical. » (...) « Avec leur conception raciste, leur politique de destruction systématique des juifs, les nazis ne se sont pas contentés d'adopter une conduite immorale dans les faits. Ils ont ébranlé le présupposé fondamental sur lequel repose une humanité partagée. La Shoah constitue une agression contre la possibilité même d'un ordre de la moralité et, en ce sens, elle représente bien un signal d'alarme qui s'adresse à toute l'humanité. L'établissement d'un ordre de la moralité est l'intérêt supérieur de tout homme. C'est pourquoi la commémoration de la Shoah est dans l'intérêt de toute la communauté humaine. " ») 

MISE à JOUR 18-02-15. LIVRE. "Les philosophes face au nazisme. Avant, pendant, après Auschwitz". Philo Eds, janvier 2015. Collectif. La philosophie à l'épreuve du mal.

Philosophie magazine :  http://www.philomag.com/les-idees/les-philosophes-face-au-nazisme-avant-pendant-apres-auschwitz-11015

Fiche DECITRE : http://www.decitre.fr/livres/les-philosophes-face-au-nazisme-9782953813050.html

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MISE à JOUR 01-03-15. Holocauste. "Shoah : ces Tsiganes qu'on rejette", par Ouri Wesoly, CCLJ : http://www.cclj.be/article/3/6410

Série documentaire. "Jusqu'au dernier, La destruction des Juifs d'Europe", de William Karel et Blanche Finger, France 2, produite par Paul Rozenberg et Céline Nusse : http://www.france2.fr/evenements/jusqu-au-dernier-la-destruction-des-juifs-d-europe

..........MISE à JOUR 08-05-15. Un SITE à découvrir absolument : Mémorial 98 (écho au centenaire de l'Affaire Dreyfus, 1998) : http://www.memorial98.org/ Sur le site, adresse du blog associé, plus Facebook et twitter... 

20/03/2011

Le 19 mars 62, Algérie. Cessez-le-feu et feu. Une fin de guerre sans date… ?

Comme exergue, j’emprunte la citation qui introduit la rubrique « Histoire » du site rapatries-gauche.org :  « Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète où sont les véritables causes des évènements. »  Honoré de Balzac : http://rapatries-gauche.org/spip.php?rubrique18

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Pour commencer, un questionnement. « Quelle date pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie ? » : http://felina.pagesperso-orange.fr/doc/alg/19mars.htm  (source : Libération, page ldh).

Et des liens, pour quelques infos :

Le 19 mars. Histoire sur herodote.net : http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19620319  (Cessez-le-feu, Algérie 1962, et morts du 26 mars, à Alger)

Rubriques du Cercle algérianiste (histoire, mémoire, culture). Certains positionnements peuvent nécessiter nuances, questionnements, et réflexions contradictoires (notamment sur  les injustices de la réalité coloniale, qu'on ne peut occulter, mais qui est le résultat d'un système créé par la France, métropole, et imposé autant aux communautés arabo-berbères qu'aux populations méditerranéennes immigrées qui ont produit le métissage pied-noir : Espagnols, Italiens, Maltais, Gitans, etc.). Mais on trouve des informations et questions qui ne sont pas présentes ailleurs (vérités des témoignages, mémoires d'une communauté humaine assez ostracisée, les clichés diffusés en France masquant la réalité des êtres). Et le souci du lien avec l'Algérie actuelle se manifeste par l'organisation de rencontres avec des auteurs algériens, par exemple : ceux qui reconnaissent en eux, Pieds-Noirs, des Algériens légitimes) : http://www.cerclealgerianiste.fr/

Autre regard, assez antinomique, de Pieds-Noirs qui ont créé une association en 2008, pour exposer une autre manière d'analyser l'histoire et l'actualité, ce qui est légitime : "Les Pieds-Noirs progressistes". Mais   là aussi, autrement, il sera nécessaire de nuancer, questionner. Car pour s'opposer aux nostalgiques du passé colonial (si minoritaires...) on peut reprocher la tendance à évacuer les critiques nécessaires quand on évoque le FLN (idéologie, terrorisme, choix antidémocratiques, instrumentalisation de la religion devenant élément de la dimension nationale, refus d'une pluralité de l'algérianité, arabisation forcée éliminant longtemps le berbère, répression des incroyants ou convertis, etc.). Ce reproche s'impose parfois quand on voit certaines réactions ou certains silences. Mais on trouve aussi la possibilité de lire une analyse de gauche sur une histoire commune, sans reniement de l'identité partagée, et avec un souci réel de conscience du présent, dans l'intérêt porté à l'Algérie contemporaine. Lien : http://rapatries-gauche.org

Des adhérents du PS avaient, plus anciennement, créé aussi une association (accueillant des Harkis, des Pieds-Noirs, des Algériens ou Franco-Algériens, dans le but de trouver une paix des mémoires) : l'Araprem. Le site existe toujours (on voit un engagement-programme qui se déroule, phrase à valeur de charte). Mais le site n'est plus mis à jour, la communication ayant, pour les responsables, migré sur Facebook, en réseau informel. Lien : http://www.araprem.asso.fr  

Commémoration du 5 décembre, quai Branly. Colère de JP Rondeau en 2005, à titre de document : http://www.babelouedstory.com/thema_les/5_decembre/822/822.html    [ On pourra trouver que ce texte, avec ses excès (billet d’humeur, de conviction), fait des généralisations sans distanciation, d’une part, et que, d’autre part, il s’inscrit dans une démarche revendicative installée dans la perspective d’une histoire subjective, nostalgique, attachée à des conceptions  associées à une certaine vision de l’histoire  de l’Algérie et des natifs de ces anciens départements – devenus pays indépendant. Mais il exprime cependant des émotions légitimes que beaucoup ressentent devant les négations de leurs souffrances, les projections, les ignorances, les approximations, le mépris et le déni. Pour les ressentir aussi tous ne partagent cependant pas les mêmes analyses au sujet du 5 décembre et du Quai Branly.]

 Le 19 mars, lui, reste très mal vécu, certainement, aussi, par les Harkis rapatriés. Comment reconnaître la fin d’une guerre dans  une date qui, même si elle symbolise un cessez-le-feu officiel, est suivie de massacres ?  26 mars (Alger, armée qui tire sur une foule pacifique), semaines et mois qui suivent, 5 juillet (Oran, massacre de civils, et armée française laissant faire), abandon des Harkis et très nombreux morts...  http://www.harkisetverite.info/ 

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Mais comment inscrire dans les mémoires une histoire qui ait du sens pour tous ?

Il faudrait déjà soustraire la question à l’idéologie combattive. Faire entrer la complexité et la conscience dans la pensée.

Que cesse la permanence de la guerre dans le regard sur les peuples ou sur les communautés. Algérie française vue sans nuances et colonisation passée idéalisée, par les uns, diabolisation des mêmes réalités, par les autres, terrorisme sanctifié, par certains, qui fabriquent alors des héros discutables.

Le pire, c’est ce que j’ai lu, par hasard, dans un article de l’Humanité, il n’y a pas si longtemps. Rappelant le drame de Charonne, qui fit quelques morts (sur lesquels, cependant, on n’a pas tiré) l’auteur entraîne son sujet vers le… négationnisme. Qui sont les négationnistes ? Les Pieds-Noirs, bien sûr. (Qui n’étaient pourtant pas là).  Mais ce n’est pas grave, en parlant de « leurs » morts PN, qu’ils veulent honorer (est-ce crime?), l'article passe de ces victimes de Charonne à celles du 26 mars, en ramenant à l’histoire du Quai Branly : ces noms de victimes civiles, associées aux morts militaires. Scandale ! Pour l’Humanité… OAS ! Eh bien, ils font exactement, à l’Huma, comme les extrémistes qui voient un islamiste derrière chaque musulman : eux voient l’OAS derrière chaque Pied-Noir.  [« Bientôt 45 ans que nous avons été "Rapatriés d’Algérie" et toujours cette même querelle sur notre mémoire, Pieds noirs = colons = OAS. » 16-09-08, citation tirée d'un article du site des Pieds-Noirs progressistes.  

 Et s’il est mort, ce Pied-Noir, c’est qu’il devait mourir… car, forcément, il était OAS… !!! (D’ailleurs les stèles sont forcément « à la gloire de l’OAS », même quand rien de tel n'est noté. Le 26 mars, les victimes, malgré les documents, les vidéos, les témoignages, pour le PCF c’est toujours la mort justifiée de méchants activistes. Donc, si on compare, deux manifs se finissent mal, et il y a des morts (nombreux à Alger). Mais pour le PC il y a morts et morts… Et les Pieds-Noirs sont tous des fascistes. Ignorance. Et… négationnisme, au bout du compte, mais à l’inverse de ce qui était annoncé : celui de l’auteur, celui du PCF. Massacre occulté. Le PC trouverait-il normal qu’on tire sur une foule pacifique (qui portait secours à un quartier populaire victime d’une sorte de blocus) ? Sous prétexte que cette foule aurait eu des idées contestables (au sens de l’auteur) ? Dans l’article, le nom des victimes civiles de la rue d’Isly inscrites au Quai Branly, cela signifie « le terrorisme de l’OAS qui continue ». Délire. http://humanite.fr/09_02_2011-charonne-%C2%AB-le-n%C3%A9gationnisme-un-danger-permanent-pour-la-m%C3%A9moire-%C2%BB-464693 (09-02-11)   Ces projections  qui faussent la perception réelle des faits à leur juste mesure, comme elles sont permanentes, renouvelées à de multiples occasions, là ou là, ont des effets problématiques, pernicieux : on accule autrui ainsi. 

« …nostalgiques de l’Algérie française, fascistes et racistes ». Là, même article, ce sont ceux qui ont cru bon de montrer leur désaccord avec le film Hors-la-Loi (contestation de données du film qui ne correspondent pas aux chiffres réels, selon les protestataires, qui ont vu, là aussi, un déni d’Histoire…). Oui, heurts de mémoires, et totale maladresse (je serais presque tentée de dire « bêtise ») de ceux qui ont manifesté pour cela. Si parmi eux  certains pouvaient être des « nostalgiques » et peut-être, pour une petite frange mêlée aux autres, des gens à situer à la droite extrême (il y a bien un Breton célèbre et, malheureusement, sa blonde fille : il y en a forcément aussi parmi les rapatriés...) ce n’était sans doute pas un ramassis de fascistes et de racistes : plutôt des écorchés vifs un peu trop militants... (Mais pour le PC, apparemment, tout « rapatrié », terme que je n’aime pas, est un « fasciste raciste ». PC qui, pourtant, a vu ses électeurs se sauver pour se jeter dans les bras du FN, et qui, donc, devrait commencer par balayer devant sa porte : qu’est-ce que cette idéologie qui peut laisser faire une telle bascule ?). 

Peut-être parce qu’ils sont passés d’une « vérité » à une autre ? Car, parlant d’Histoire, l’auteur oppose des « vérités ». « La vérité est pourtant à l’opposé », dit-il, craignant de « voir double ». Mais justement, c’est voir double qu’il faudrait : voir la vérité des uns et la vérité des autres. (Et ne plus parler de vérité, à mon sens, mais de faits : laisser les certitudes pour les questionnements devant ces faits). Voir, d’une part, les Algériens luttant pour l’indépendance, aux  combattants encouragés par Sartre à tuer ceux qu’il définit tous comme des « colons » (préface au livre de Fanon). Et voir les natifs d’Algérie issus d’un melting pot de gens simples (et qui n’ont pas su se défaire des puissants, ceux-ci plus « Français » qu’eux, et pas de la meilleure manière). Souffrances des uns et des autres. Tous victimes d’un système qu’ils n’avaient pas créé. (Car les immigrés espagnols chassés d’Andalousie par la misère n’ont pas décidé, eux, la colonisation de l’Algérie : pour donner un exemple. Non, ce sont les ancêtres des autres, restés en France métropolitaine, qui l’ont fait). Une certaine frange politique de la France se débarrasse de son héritage historique sur une communauté chargée de tous les crimes. Et si certains « rapatriés » revendiquent, eux, cet héritage, par désir d’appartenance et traumas d’exilés, cela ne les rend pas pour autant ontologiquement plus coupables (si coupables il y a…).

L’Histoire sera faite par les historiens (et par les historiens algériens aussi). Mais cette Histoire aura besoin des archives de la mémoire. Le déni que ressentent ici des Pieds-Noirs, blessés par ces histoires de dates, pourrait être corrigé par un peu d’humanité : l’humanisme contre les constructions idéologiques. A condition de « voir double » (au bon sens du terme). Cette humanité  vient parfois bien plus de l’autre rive que de celle-ci. Elle est aussi présente dans le dialogue de rive à rive des natifs dispersés, diasporas dialogiques. 

Et dans le contexte actuel, plutôt que de viser des cibles imaginaires, de fantasmer sur des ennemis à combattre (là où il n’y a, au pire, que des errants perdus), voir plutôt les  vrais risques actuels dans ce délitement de la raison qui transforme une extrémiste « faite maison », et pas du tout « rapatriée » en blonde icône du racisme médiatique, se rêvant présidente…

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Dates d’après le 19… qui expliquent les refus de cette date, le malaise...

Le  26 mars 62. Histoire. Le massacre, sur L’Internaute : http://www.linternaute.com/histoire/categorie/evenement/49/1/a/48077/massacre_de_la_rue_d_isly_a_alger.shtml

Enterrés clandestinement : http://www.babelouedstory.com/thema_les/26_mars/902/902.h...

Dossier : http://www.babelouedstory.com/thema_les/26_mars/00_accuei...

Fiche wikipedia (voir aussi les liens externes, documents, dont films)  https://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_de_la_rue_d%27Isly

Vidéos sur le 26 mars : http://www.dailymotion.com/video/x5c27e_fusillade-du-26-mars-1962-rue-d-isl_news#from=embed  (documents et témoignages)

Vidéos INA : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAF90005855/algerie-les-evenements-du-lundi-26-mars-1962.fr.html 

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Après le 19 mars, aussi, massacres de harkis. Voir sur harkis.com (Ajir pour les harkis) : http://www.harkis.com/article.php3?id_article=25

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5 juillet 62 sur herodote.nethttp://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19620705

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_du_5_juillet_1962

Georges Marc Benhamou, sur le 5 juillet 62 et un livre de Jean Monneret , « La tragédie dissimulée » :http://nice.algerianiste.free.fr/pages/benamou12.html

Témoignage, 5 juillet : http://nice.algerianiste.free.fr/pages/bouq_com/monneret3.html

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19 mars ? Les cessez-le-feu des guerres ne sont-ils jamais vraiment la fin de la mort ? Et les dates ne sont-elles pas  toujours le déni de ce qui les suit, la promesse de mensonges, une faille ouverte aux crimes occultés ?

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MEMOIRE… HISTOIRE… REFLEXIONS… vers la fin de la concurrence mémorielle  (qui n’est peut-être pas tant entre des communautés humaines impliquées qu’entre des courants idéologiques qui veulent instrumentaliser les émotions et les douleurs des uns et des autres).

Conflit de mémoire et de chiffres : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1830

 La mémoire meurtrie de Mohamed Harbi : http://www.mafhoum.com/press4/114P57.htm (Le Monde, 11-10-02)

Une vie debout, Mémoires politiques. M.Harbi : http://www.lematindz.net/news/81-Mohamed-Harbi--une-vie-d...

Texte de l’historien Mahfoud Kaddache (pour la fin du clivage Histoire coloniale/Histoire nationaliste, vers le dialogue scientifique) : http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2006/08/03/2403201.html