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08/02/2018

Maurice Merleau-Ponty. Le regard, la création...

MERLEAU-PONTY.jpg« Le peintre, quel qu'il soit, pendant qu'il peint, pratique une théorie magique de la vision. »

Maurice Merleau-Ponty (cité, exergue, sur la page de France Culture).

Phénoménologie du regard ? (France Culture a donné à lire des extraits de « L’Oeil et l’Esprit » de Maurice Merleau-Ponty). Sur la page, un très beau texte sur le "voyant" visible, sur cette énigme du ressenti de la vision qui fait que voit ce "soi" qui est vu aussi. Donc un regard dans un corps-conscience perçoit en étant dans l'espace du concret, au milieu des choses. Rien d'abstrait. Expérience ordinaire de celui qui regarde. Mais ensuite, expérience extraordinaire de celui qui donne à regarder ce qu'il est seul à saisir. Matérialité de la peinture. Matérialité immatérielle de la photographie. Et, autre transcription du regard, les mots, quand il n'y a plus de trace autre que mentale.
Cette magie de la peinture, je veux bien la penser pour la photographie... Et, même, la poésie... Mais il existe aussi un regard qui crée dans l'absolu sans forcément produire une trace de son opération mentale - ou plus que mentale.
Merleau-Ponty est à relire bien au-delà d’un fragment, pour méditer avec lui sur nous, regardant… https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-... 

Merleau-Ponty 2.jpg« L’Oeil et l’Esprit »… « Merleau-Ponty réinterroge la vision, en même temps que la peinture. Il cherche, une fois de plus, les mots du commencement, des mots, par exemple, capables de nommer ce qui fait le miracle du corps humain, son inexplicable animation, sitôt noué son dialogue muet avec les autres, le monde et lui-même – et aussi la fragilité de ce miracle.» Claude Lefort (page de l’édition)… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

Relire aussi « Signes »… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

Maurice Merleau-Ponty, fiche wikipedia (de la matière, beaucoup, même s’il est dit que des références manquent)… https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Merleau-Ponty 

Document PDF... Sur Philopsis... « La perception selon Marleau-Ponty », par Pascal Dupond… http://www.philopsis.fr/IMG/pdf_perception_merleau-ponty_... 

07/06/2016

Deuil de blogs...

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MUSIQUE, Andalousie, fraternité. Il y avait un blog au nom héritier de l’Andalousie et de la pensée de Lorca. Une page sur "El Gusto", et le mot qui rejoint, en sens algérois, la signification  du duende andalou. La musique, et Enrico Macias, plus comme musicien que chanteur (chanteur aussi mais importance donnée à sa musique, à son orchestre andalou). 

Mais elduende.musicblog.fr ne peut plus être trouvé. La blogueuse l'avait écrit, disant qu'elle pensait arrêter, sans cesser d'aimer ce qu'elle aimait, fidèle à ses passions. Lassitude. Impression d'écrire dans le vent, dans la solitude, sans vraiment beaucoup de retour. Pourtant son blog était consulté. Moi je l'aimais particulièrement. Mais c'est vrai qu'on peut apprécier sans forcément commenter et contacter... Les notes sont des bouteilles à la mer, qui trouvent des échos inconnus souvent. Et puis, le temps… Elle tenait ce blog depuis longtemps, je crois, et voulait passer à autre chose. Mais c'est dur de découvrir que, voilà, c'est fait, le blog n'apparaît plus que par traces où plus rien ne peut se lire, mais où on voit qu'il y eut là des signes, du langage, des émotions, de l'amour... 

D'ailleurs cela pose un vrai problème de la mémoire (de la trace) de ces oeuvres qui ont accumulé des connaissances, des références, des pensées... Et qui disparaissent complètement. Deuil à faire d'un lien.

Emotion triste aussi - c’est autre chose - quand des sites ou blogs sont arrêtés par la mort du blogueur (forcément cela arrive : ainsi « Patawet », arrêté tout d’un coup). 

Et tristesse autrement, quand des blogs perdurent, mais silencieux depuis... un an, deux ans, ou plus. Et on ne sait pas pourquoi ce silence : lassitude, maladie, dépression, ou mort? Et même si en fait c'est le contraire, une vie passée à autre chose, qui prend le temps de s'échapper autrement... même cela est en rapport avec la mort, la fin, la disparition, l'éphémère... J’en connais un, de blog, entre vent et poème, ainsi silencieux. Quand je le consulte (archives riches) je parle en moi à la blogueuse (« Où es-tu, toi? », « Et qui maintient ce blog alors que tu ne parles plus? »), comme à une amie qui manquerait, une inconnue familière qu’on aurait aimé rencontrer…

Leçons de sagesse. Oui, rien n'est éternel, et encore moins dans cet espace virtuel. Et nous, pas plus. Car dans le miroir c'est notre propre finitude qu'on voit, et la sagesse n'est pas toujours au bord des yeux. Cependant il y a un autre questionnement, qui n'est pas personnel, pas pour une peine individuelle. La toile tissée est une oeuvre collective. Pourquoi perdre ces fragments? Pire quand ces fragments sont la seule mémoire de lieux, le seul témoignage de certains vécus collectifs, de certains exils. Le témoin meurt avec sa mémoire, et personne ne pourra tracer à sa place l’identique... Il manque quelque chose dans ce domaine.

Brisure, brisures. Justement, le traduire avec cette photographie, née de la trace d’une violence de rue. Vitre brisée, mais qui tenait encore. Cependant, en me déplaçant, le regard sur un éclat agressif s’est métamorphosé en vision de mandala, rayonnement partant d’un centre pour créer une étoile, métaphore d’un cosmos lumineux… accidenté par les consciences en recherche de sens. Même le hasard des signes nous enseigne. 

24/01/2015

Des mots, des signes, des films. Comment nommer, et quoi ? Besoin d’images...

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« As-tu déjà regardé l’ombre de tes larmes ? Ce n’est pas une ombre ordinaire, ça n’a rien à voir. C’est une ombre venue exprès pour nos cœurs d’un autre monde lointain. En les voyant, je me suis demandé si, en réalité, ce n’était pas mon ombre qui pleurait de vraies larmes, dont les miennes n’étaient que le pâle reflet. »

Haruki Murakami

Chroniques de l’oiseau à ressort

(pp. 934-935, éd. 10/18)

Murakami est aussi l’auteur d’Underground, enquête sur un terrible attentat au Japon, dans le métro

Nécessité de penser les attentats des jours derniers, penser le terrorisme, les meurtres et les suicides jihadistes, les haines et leur contraire.

PENSER... Caricatures, musique, articles, livres, émissions... Pour réagir à l’horreur des faits, nous avons lu et relu, écouté, échangé, noté, repris, remanié, cherché à comprendre ce que l’intelligence ne peut saisir, cet innommable de la pure violence humaine. C’est parce que les mots étaient impuissants dans l’instant du choc que Joachim Roncin a créé une image avec une formule minimale sur fond noir, et c’est pour la même raison que tout le monde s’en est saisi, et, je crois, pour cela aussi qu’elle a recouvert tous les morts : journalistes (les cinq dessinateurs et leurs divers collègues), Juifs, policiers...  Après, toutes les questions sont apparues. Que faire de la peur, de la tristesse ? Que faire contre le terrorisme ? Comment nommer les faits, et comment nommer ce terrorisme (islamisme, salafisme, fascisme...)? Comment nommer ses acteurs ? Que mettre derrière ces mots ? Quelles causes analyser et quelles réponses donner ? Dans quels pièges ne pas tomber (ceux que les manipulateurs commanditaires des crimes de ce fondamentalisme totalitaire – commanditaires d’une manière ou d’une autre – nous tendent, stratèges du chaos qu’ils voudraient installer, de la haine qu’ils voudraient provoquer, ayant décidé de sacrifier au passage ceux qui appartiennent à une culture religieuse dont ils se réclament.). Quelle réalité de notre pays cela nous dit-il (quand les auteurs de l’effroyable sont d’ici, même s’ils ont puisé ailleurs les strates délirantes d’une pensée qui légitime le pire) ? Et qu’est-il dit ainsi du passé refoulé, de l’amnésie historique et des rejets, des erreurs politiques (géopolitiques) considérables, de cet inconscient du pays qui produit une terrible explosion, un désastre ? Comme l’acting out de quelqu’un qui est dépassé par les tensions internes.

Liberté d’expression, laïcité, appartenances identitaires, pays, fonctions... tout a explosé en questions et domaines multiples : idéologie, politique, géopolitique, anthropologie, sociologie, philosophie. Mais pas pour anéantir le désir d’intelligence. Au contraire. Quelque chose de vif s’est mis en place, pour une exigence de compréhension et d’action (chacun à sa mesure).

CHOC, autre choc. Quand j’ai lu que des jeunes fils ou petit-fils de Pieds-Noirs étaient partis « faire le Jihad », j’ai trouvé que cela était très significatif : pour ces quelques adolescents, qui ont fait le même choix que des camarades musulmans, le processus de radicalisation s’appuie, je crois, sur le même refoulé de la conscience collective française. Eux aussi ont en eux l’humiliation et le rejet vécu par leurs parents ou grands-parents, le poids des non-dits, des exclusions, de l’ostracisme, des mensonges. Et cette difficulté à savoir qui on est vraiment, quelle est cette identité qui n’est pas reconnue (métissage de plusieurs immigrations, mélange devenu part de la France), qui est stigmatisée (même le Musée de l’immigration occulte...). Cela sort violemment dans une colère qui ne sait pas ce qu’elle traite. Leur engagement vers la mort (et leur faux retour vers un Orient perdu) donne des clés pour comprendre ces autres jeunes manipulés par des gens qui les sacrifient. Lereligieuxn’est pas l’essentiel (même s’il ne faut pas du tout le négliger) : l’essentiel c’est le désespoir. Le constat c’est un échec national, préparé par les années du confort de l’exclusion. Il n’y a pas que l’extrême droite qui enferme et rejette ceux qui ont des racines traversées d’un ailleurs marqué par des mémoires générationnelles d’exil, de guerre, d’exil. Elle le fait, sûr. Mais cela se porte aussi très bien à gauche, et encore mieux à l’extrême gauche (sous prétexte d’anticolonialisme mal compris, car il déplace les responsabilités de la colonisation, comme le dirent si bien Jean Pélégri dans « Ma mère, l’Algérie » et René-Jean Clot dans « Une Patrie de Sel »).Enfin cela se porte très bien, de manière générale... Evidemment ce questionnement n’annule pas les questions sur le salafisme jihadiste et sa criminelle responsabilité propagandiste. Mais une pièce a deux faces, la réalité aussi. Et même plus...

IMAGES pour penser encore, autrement. Ce besoin de regarder et regarder les dessins des artistes assassinés, de leurs collègues survivants, et de ces caricaturistes ou humoristes ou poètes du trait, d’ici et d’ailleurs. Besoin d’images...

Besoin d’images, et besoin de visages. Dans les films il y a des visages...Et la mort et la vie.

Visages de jeunes, notamment. Le cinéma a interrogé les dérives jihadistes et le désespoir nihiliste bien avant 2015. Méditation répétée dans le cinéma algérien ou marocain pour penser, interroger, combattre les racines du terrorisme (et cela donne des œuvres fortes). Prescience d’un film français, mal entendu (La désintégration). Mémoire algérienne dans les interrogations et les portraits de films de Jean-Pierre Lledo et évocation de massacres (cf.  octobre 1961 et Oran, 5 juillet 1962). Message d’Abd Al Malik, son itinéraire (film reprenant son livre autobiographique"Qu'Allah bénisse la France"). Documentaires sur l’OAS, cet autre terrorisme. Documentaire, aussi, sur le procès fait à Charlie Hebdo. Etc. 

Et si le traumatisme vécu localement, Paris, a d’abord effacé de notre conscience, dans sa violence, des horreurs parallèles dans le temps, monstrueuses par le nombre des victimes (Nigeria...) il ne les a pas occultées totalement, même si ce qui pétrifie et emplit l’esprit d’effroi ne laisse pas dans l’instant de place au vaste... L’Afrique est présente aussi dans des films...et l’intérêt qu’on leur porte est réel.

Titres de films et de pièces (références) et lien vers une vidéo essentielle, voir la note suivante... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/25/re... 

04/01/2015

« Aux yeux d’une fleur »... Ou retour sur Noël, Hanouccah, l’Aïd El Mouloud...

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 « Aux yeux d’une fleur, / le monde est une fleur. / Aux yeux d’une épine, / le monde est une épine. » Texte d’une chanson d’Ani Chöying Drolma, nonne star du Népal (d’origine tibétaine). /// Paraphrasons en détournant... Aux yeux d’une étoile Noël serait une fête lumineuse, aux riches symboles... Aux yeux d’une ombre ce serait fantaisie ridicule, piège idéologique, danger à écarter, liberté à détruire. (L’ombre étant suivant les lieux et moments un idéologue bouffi de certitudes, un tyran maître en dictature, un fondamentaliste rêvant d’exclure toute croyance autre que la sienne, toute pensée s’écartant de ses normes.) En France on a vu des épines se déguiser en fleurs (l’extrême droite tentant de récupérer la symbolique chrétienne pour en faire un masque identitaire...) et des épines afficher leur part d’ombre (de faux laïques se disant libres penseurs... et proposant une vision assez totalitaire, car marque par un militantisme extrême contre toute dimension spirituelle - et ce n'est pas cela être laïque...).

Crèches...? « La crèche dépasse la sphère du religieux », Le JDD, 21-12-2014, entretien : http://www.lejdd.fr/Societe/Religion/Creches-de-Noel-La-creche-depasse-la-sphere-religieuse-707826

« étoile qui survit à ses ternissures / comment la voit-on de l’infini où elle s’insère ? » Fragment d’un poème d’Abdelwahab Meddeb (page 12, « Portrait du poète en soufi »).

Dans les disputes idéologiques entre étoiles et épines... l’infini est oublié, celui que le poète inscrit justement dans sa méditation...

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Noël, fête heureuse dans certains pays, situation terrifiante dans d’autres (voir le livre ci-dessous, tour du monde des réalités diverses...), malaise ailleurs, moins gravement, ou pressions ridicules, autres lieux, cf. Chine : « Pékin appelle à résister à Noël, ‘’fête kitsch de l’Occident’’ », titre du Monde, 28-29 déc. 2014. 

« Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde  http://www.xoeditions.com/livres/le-livre-noir-de-la-cond...

Mais (autre livre), au-delà du drame de Tibhirine, un témoignage magnifique permet un regard où l’espoir de fraternité demeure. « Le jardinier de Tibhirine ». Surtout ne pas instrumentaliser l’assassinat des moines de Tibhirine : ce serait les trahir et trahir celui qui poursuit la présence et incarne le message, ce « jardinier » de Tibhirine, jardinier concrètement et « jardinier » spirituellement http://www.lecerclepoints.com/livre-jardinier-tibhirine-j...

Noël, c’est un ensemble de symboles (étudiés dans des notes précédentes) et de mythes, dont cette présence fantasmatique qui fait rêver l’enfance...  « Le mythe du père noël », de Viara Timtcheva, éd. L’Harmattan, 2006. L’ouvrage reprend l’histoire de ce mythe des origines à la fin du XXè siècle : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=22617

Richesse des signes... Mais qui remarque la concordance des dates ? Hanouccah dont le huitième jour rejoint Noël, l’Aïd El Mouloud qui suit Noël de peu. Le penser peut aider à saisir la fraternité au-delà des drames, le dialogue malgré des réalités divergentes... L'origine des fêtes religieuses n'a souvent que peu de rapport avec la religion, les dates s'inscrivant dans la continuité de rituels païens, liés au rapport avec la nature.

Hanouccah : http://www.evous.fr/Hanouka-ou-la-fete-des-lumieres,1180116.html

L’Aïd El Mouloud, naissance du Prophète pour les musulmans : http://www.joursferies.fr/al-mawlid.php

Donc, traces pour mémoire...

Fêtes, trois religions du livre : http://icalendrier.fr/religion/

Fêtes au fil des mois : http://www.calendrier-des-religions.ch/fetes.php

Ce pour... 12 traditions : http://www.calendrier-des-religions.ch/fetes.php?t=0

Le site se limite ainsi aux dates, mais il s’ouvre vers le site de l’édition (Suisse) du calendrier, riche : revue de presse interreligieuse – dans un but culturel et éducatif avec textes lisibles en ligne, liens nombreux...

Revue de presse : http://editions-agora.ch/page.php?label=revue_presse

Liens : http://editions-agora.ch/page.php?label=liens_utiles

Liens... dont Religioscope : http://www.religion.info/  (liste d’articles, double, en anglais et en français, et lien avec l’actualité, cf. l’Ei, le jihadisme, etc.). Cf. texte (ample) : « Analyse: djihadisme et "dérives sectaires" », questionnement de Jean-François Mayer : http://religion.info/french/articles/article_652.shtml#.VJX13CsgBg  ou Eurel http://www.eurel.info/  (données diverses, pays européens) et Clims (Infos sur mouvements spirituels et minorités) : http://www.clims.ch  (réflexion sur l’intégrisme, mais aussi sur l’universalisme...).  

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Dialogue interreligieux et interculturel (site de l’UNESCO) : http://www.unesco.org/new/fr/culture/themes/dialogue

Dialogue interreligieux, fiche wikipedia :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Dialogue_interreligieux

Lecture pour prolonger la réflexion sur ces cultures religieuses. Un livre : « Petit guide des religions à l’usage des mécréants ». Passionnant entretien avec l’auteur, Alain de Botton, Le Monde, 23-05-2012 : http://www.lemondedesreligions.fr/culture/alain-de-botton-pour-un-athee-les-religions-restent-une-source-de-sagesse-extraordinaire-23-05-2012-2520_112.php

Et, pour conclure, citation d’une ancienne page du Forum 104. « Interspirituel ou interreligieux ? », par Yvon Le Mince :  « L’interspirituel n’est pas l’interreligieux. Il se préoccupe moins de hiérarchie, de dogme, d’institution... » (...) « L’interspirituel n’est cependant pas totalement autre que l’interreligieux. »)

18/07/2013

« Elle murmure des signes à ses doigts »

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« Elle murmure des signes à ses doigts »

 « Rêves, aspirations à la présence ! Et il marche

 Voué à l’éveil, à la nuit qui n’est pas la mort »

  « Chaque arbre est introspection »

 Les SONNETS

Ted Berrigan

Traduit de l’anglais (USA), par Martin Richet

Voilà… pause dans les signes. Retomber sur les nuages, ou tendre la main vers les nuages. Non ceux de l’irréalité illusoire pour se promener dans un monde imaginaire sans racisme et sans haine (petites fleurs et sentiments doucereux…), mais ceux de l’énergie ascensionnelle, de la présence, du sens, du retour sur soi . Pour ne pas s’engoncer dans l’émotion de la colère. La dire, la vivre, mais lâcher l’emprise des émotions. Ainsi, agir, corps libre des miasmes. Hier, ma colère était causée par l'ostracisme, rencontre répétitive : les gens, souvent, s'enferment dans des refuges de haine, érigent des murs de clichés et vous les renvoient avec l'arrogance de l'ignorance (quelle que soit l'identité ainsi heurtée). On tombe, alors, sur des conversations captées, des phrases de trop dans des articles, une remarque choquante à la radio. Impossible, après, d'accepter de se nourrir de textes fades.

Mais vient la rencontre heureuse d'un vers magique, qui semble émerger d'une profonde contemplation, du seul regard qui sache. 

« Elle murmure des signes à ses doigts ». Tant de sens pour ce vers répété par Ted Berrigan… Regard d’un homme sur la danse des doigts d’une femme retirée en elle-même ? Elle, ou je, quand on écrit. Et quand on lit. Sens offert dans la communication, signes donnés. Murmure, pour soi, du corps à lui-même, murmure de la conscience intérieure. Détour par le silence, même si, ensuite, il faut crier pour dire l’injuste, quand on reviendra au monde, nourri de densité. Réconcilié...

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Sur Ted Berrigan :

Page éditeur (éds. joca seria): http://bit.ly/12zwcte   (sur le site on peut feuilleter les premières pages…)

Page de Florence Trocmé, sur Dezibao, 08-04-2013 (avec des liens) : http://bit.ly/10Ke7Ip

Sur Remue.net, un petit dossier, et plusieurs poèmes, offerts au site par le traducteur de Ted Berrigan, Martin Richet : http://bit.ly/195KfxZ