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01/04/2019

2. Synchronicités ? Détour par l‘astrophysique et la cosmologie (pensée des multivers, voyage dans l’étrange…).

UNIVERS A BARRAU .jpgMultivers ? Vers l'écriture des MultiRêves (Jean-Philippe Cazier, voir ci-dessous).

UNIVERS LIVRE C GALFARD.jpgJe disais donc (note précédente) que, pour comprendre plus facilement ces notions si complexes, si difficiles à envisager avec nos codes de pensée, il fallait se tourner vers des informations du côté de la science (recherches qui, d’ailleurs, font retomber sur philosophie et poésie…).

Et, pour commencer, le double DVD d’ARTE, coffret. Documentaire en plusieurs partes. Une extraordinaire réussite, et c’est très beau… (S’être intéressé d’abord à la synchronicité entraîne plus loin… )

DVD 1 : Espace, illusion du temps, saut quantique, univers et multivers. 

DVD 2 : Le rêve d’Einstein, la théorie des cordes, la 11ème dimension.

"La magie du cosmos et l’univers élégant"...  https://boutique.arte.tv/detail/la_magie_du_cosmos_l_univ...

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Multivers ? Un billet sur un article posthume de Stephen Hawking. RFI science... http://www.rfi.fr/science/20180505-stephen-hawking-theori...

VIDÉO. CONFÉRENCE. Par l’astrophysicien et cosmologiste Aurélien Barrau, sur l’idée des multivers. A l’Institut de Physique Théorique du CEA. Avec un détour important par la philosophie, au début...  https://www.youtube.com/watch?v=sKsiJgYUG50

VIDÉO. CONFÉRENCE (TEDx) en 10 minutes. Passionnante et claire. "Univers parallèles et révolution quantique". Par le physicien Christophe Galfard, qui fut doctorant avec Stephen Hawking…  https://www.youtube.com/watch?v=J8PEymuDf6A

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LIVRE MULTIREVES.jpgExpérience de pensée, expérience de création. Un LIVRE... "Théorie des MultiRêves". Écrire le "vertige de faire face à  l’impossible, l’impensable, l’infigurable". Voilà ce que fut l’enjeu, pour l’écrivain Jean-Philippe Cazier… 

A partir d'une "matrice scientifique" fournie par Aurélien Barrau, auteur, notamment, d’un livre sur les univers multiples, dits multivers (hypothèse scientifique troublant notre conception du temps et de l’espace…), écrire (mais pas pour un compte-rendu de lecture, pour tout à fait autre chose : une métamorphose de pensée - et donc d'écriture). On est entre science et projection onirique quand on saisit cette possible réalité… Le résultat, ce livre, "Théorie des MultiRêves", a été publié par Dis Voir éds., coll. "Contes illustrés pour adultes". Ce que cette proposition a fait naître est une oeuvre très poétique. 

A lire, la présentation sur Diacritik, excellente recension… Par Lucien Raphmaj, 2017... https://diacritik.com/2017/09/19/jean-philippe-cazier-the...

A lire aussi, sur Diacritik, un entretien avec Jean-Philippe Cazier au sujet de cette expérience de création. "Penser c’est inclure l’étranger en soi" (L'étranger, c’est à la fois le sujet du livre, et le triangle des créateurs : le scientifique, l’écrivain, l’illustrateur. Mystère de la présence de ces univers multiples, écho des pensées autres, intégration de l’étrange en soi)... https://diacritik.com/2017/12/21/penser-cest-inclure-letr...

Cette mise en situation d’une épreuve d’étrangeté, c’est ce que nous devons faire aussi.

Que ce soit pour accueillir la possibilité de l’hypothèse des multivers, des univers parallèles, même. Ou que ce soit pour s’interroger au sujet des synchronités qui ont été le fil à dérouler de cette entrée dans "l’impensable".. 

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Mise à jour 11-05-19
 
"Dieu écrit avec les bactéries et les galaxies".
Val del Omar (cinéaste espagnol, et poète, qui rejoint ici la parole de Jorge Luis Borges, texte mis en exergue du blog de Jean-Pierre Luminet, sur "cet objet secret et conjectural"… "l'inconcevable univers").
 
L’astrophysique (ou la contemplation du cosmos…) mène à des questionnements qui dépassent la pensée au ras du sol, prise dans les habitudes d’un quotidien ordinaire… Cela rejoint la volonté de sortir d’une rationalité limitante, pour accepter d’affronter les questions de l’absolu, ce que font souvent les scientifiques de l’univers, ceux qui étudient l’espace et ses mystères. Quand on accepte cela on est moins étonné aussi par les phénomènes synchrones.
De Jean-Pierre Luminet, astrophysicien et poète, lire
ceci
: "La poésie dit beaucoup avec peu de mots. Les mathématiques
aussi".
Et ceci : "Le but de l’astrophysique est d’explorer
le cosmos. Or le philosophe Gaston Bachelard évoque justement
la double profondeur du cosmos et de l’âme humaine, elle-même
thème de prédilection de la poésie". Et "Lire de la poésie,
pratiquer l’art en général, permet une fertilisation
souterraine de l’esprit."
Entretien.. 
- Le Temps.ch..
https://www.letemps.ch/sciences/jeanpierre-luminet-poesie... 
A propos de son BLOG "Luminesciences" Jean-Pierre Luminet précise son intention au sujet du partage de ce qui le passionne. C'est "à l’intersection de la science, la littérature, l’art, la philosophie". En exergue de ce blog, donc, Jorge Luis Borgeshttps://blogs.futura-sciences.com/luminet/
 
Un LIVRE de Jacques Arnould. "Sous le voile du cosmos" / "Quand les scientifiques parlent de Dieu"… http://www.economie-spiritualite-yoga.com/content/sous-le...

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NOTE QUI SUIT : "Synchronicité, suite… LIENS (articles, textes, dossiers, recherches universitaires, essais, et sites dédiés).

Synchronicité moins impensable maintenant, peut-être, après ces lectures...

Car pour envisager que des synchronicités (que nous pouvons constater dans nos vies), ne sont  pas seulement le pur produit de hasards sans signification (et totalement indépendants de notre pensée, de notre conscience, de notre énergie), pour commencer à oser penser cela, il faut aussi pouvoir concevoir que des informations circulent entre nous et le réel d’une manière qui n’est pas celle que notre conception limitée de l’univers ne peut laisser imaginer… Conscience, autre conscience, autre réalité, et autres possibles… 

MC San Juan

31/03/2019

1. Synchronicités (conscience, univers connecté, rêves et autre temporalité)

INEXPLORE SYNCHRONICITES.jpgOn doit évoquer de temps en temps les ombres idéologiques, qui sont des menaces réelles... Alors c'est bon de compenser cela en allant vers les rêves de notre conscience (on le fait aussi en créant poèmes ou photographies).
 
Synchronicités, cela peut surprendre, comme sujet. Jung a écrit un livre, majeur, sur ce sujet, et d'autres (analystes, philosophes, scientifiques) ont étudié cette question (qu'on laisse ouverte). Parfois il est nécessaire de lâcher la rationalité courante pour s'autoriser à aborder le réel et ses voiles autrement. Rationalité, mais autre. Et ceux qui ont vu les quatre documentaires d'Arte sur l'espace cosmique (La Magie Du Cosmos : l'univers, le temps et l'illusion du temps, l'hypothèse des multivers, le saut quantique - voir lien en fin de note...) seront en pays familier.
 
J’ai utilisé trois articles de la revue "Inexploré" (Inrees), et complété la documentation par des liens vers des sites, d'autres articles (notamment de Diacritik, note suivante), des essais (dont deux mémoires de recherches universitaires, à lire en ligne), des fiches et des bibliographies intégrées. 
Sur des sujets qui provoquent un recul sceptique chez certains (qui, alors, appliquent la méthode du doute au sujet mais pas à leur propre réticence), je crois nécessaire d’interroger d’abord nos peurs et ignorances, et d’appliquer ensuite une posture mentale pragmatique. (Qui vit quoi et expérimente quoi… ?).
 
Mais ce qui donne sens à ma manière de penser aussi le rapport à l’étrange, qui interpelle, ce sont les deux textes de Diacritik : une recension et un entretien (note qui suit). 
Multivers, écriture et multirêves… 
Ce que cherche à déchiffrer la création de textes ou d’images : notre conscience devant un réel qui échappe à la saisie immédiate des sens. 
Et comment l’intellect peut accepter de renoncer à une fausse rationalité en passant par la création et le rêve.
Car l’irrationnel serait plutôt dans la crispation sur des données que l’habitude mentale fait accepter, en refusant de lâcher prise pour faire ce "saut quantique" de notre imaginaire et pouvoir penser autrement.
La synchronicité ne peut être comprise à partir de schémas réducteurs. Des données différentes de la science (ou des hypothèses) permettent de concevoir des causalités, des processus rendant cela possible. Des faits mystérieux restitués dans un contexte de réalités encore plus étonnantes… 
 
ARTICLE. "Des rêves connectés au futur"… Qu’est-ce que le temps ? Une ligne passé-présent-futur, vérité linéaire, ou une sorte d’espace, ou une dimension de l’espace (espace-temps) ? Une illusion que notre mental crée, incapable de penser ce qui le dépasse ?
Pouvons-nous influencer notre vie en utilisant les synchronicités, en les appelant, voire en les provoquant ? Si les différents moments du temps peuvent être connectées, grand mystère, fascinantes questions.
"Ainsi, dans la culture aborigène d’Australie la notion de rêve est centrale et cette cinquième dimension a sa propre temporalité."… (Voir aussi, note suivante, donc, les deux articles de Diacritik, où les rêves interviennent dans une démarche qui mesure l’écriture au mystère de multivers, théorie, hypothèse qui peut donner des clés pour tenter de saisir le mystère d’un temps qui ne serait plus le temps, et d’un univers multiple aux dimensions peut-être parallèles)... https://www.inrees.com/articles/reves-connectes-futur-cha... 

ARTICLE. "Créer ses synchronicités". Titre troublant… Que dit cet article ? Il part de l'expérience d'un chercheur passé par le chamanisme - dont l'utilisation d'herbes aidant à des changements d'état de conscience. L'article, entretien, aborde un sujet qui est traité dans un livre publié chez Trédaniel. Les synchronicités (celles dont parle Jung) et la rétrocognition (ce que fait la conscience, ce qu'elle peut faire encore plus), dont parlent plutôt ceux qui s'intéressent à ce que les prolongements de la physique quantique modifient de notre conception du temps et de l'espace. (Arte a produit et diffusé un passionnant documentaire, DVD maintenant, qui vulgarise ces notions). Tout est-il figé,  inscrit, provoqué par des causalités qu'on ne maîtrise pas, individuellement et collectivement ?  Ou, paradoxalement, ne créons-nous pas, parfois, des négativités qui forgent ce qu'on appelle des "prophéties autoréalisatrices" (dont la loi des séries est un exemple). Ou, au contraire, des opportunités que peut-être notre conscience a projetées dans le réel, par le mystère de notre possible connexion au Tout de ce qui est. Univers, multivers…  Lire cet article. Surtout le passage sur la rétrocognition et l'effet possible, sur le réel, des actions de la conscience (individuelle ou collective). Et peut-être, ensuite, ouvrir le livre de Romuald Leterrier, "Se souvenir du futur"... https://www.inrees.com/articles/creer-ses-synchronicites/

ARTICLE. "Univers connecté : entretien avec Nassim Haramein", Inrees… Ces hypothèses qui peuvent paraître étranges sont plus compréhensibles quand on les situe dans un contexte d’univers connecté, en suivant les recherches et théories de Nassim Haramein, qui explique un peu, dans cet entretien de vulgarisation, ce qu’il entend par univers connecté. "Ce qu’il présente", dit l’introduction, "est une théorie du champ unifié, une théorie qui fait se rejoindre la relativité d’Einstein et la mécanique quantique." Sa conception est l’idée d’un univers holographique où tout (l'information) est aussi dans un proton. Quand il parle de l’énergie du vide (et des possibilités techniques que cela suppose) il semble retrouver  les intuitions de Tesla, et les presciences d’Einstein, tant philosophiques que scientifiques (voir le passage sur la géométrie)...https://www.inrees.com/articles/univers-connecte-conscien...

Mais pour comprendre plus facilement ces notions si complexes, si difficiles à envisager avec nos codes de pensée, rien de tel que des recherches du côté de la science (recherches qui, d’ailleurs, font retomber sur philosophie et poésie…).

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Jean-Pierre Luminet, astrophysicien et poète, dit ceci : "Le but de l’astrophysique est d’explorer le cosmos. Or le philosophe Gaston Bachelard évoque justement la double profondeur du cosmos et de l’âme humaine, elle-même thème de prédilection de la poésie." Entretien... https://www.letemps.ch/sciences/jeanpierre-luminet-poesie...

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Inès Safi, chercheuse en théorie de physique quantique 
(CNRS, Paris, et Institut à Casablanca), et méditante
soufie, parle, dans un entretien du Quotidien d’Oran,
des liens (ou oppositions) entre religion et science,
et aborde la question de la spiritualité et de la
rationalité spirituelle (autre conception de la
rationalité, fondée sur sa perception des changements
mentaux induits par les découvertes de la théorie
quantique.)...

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274560

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Pour ces recherches… NOTE QUI SUIT : "Synchronicités ? Détour par l‘astrophysique et la cosmologie (pensée des multivers, voyage dans l’étrange…"). LIENS vers articles, 2 conférences en ligne (astrophysique, cosmologie), DVD d'Arte, livres... 

MC San Juan

01/08/2015

"les événements, les faits, les circonstances"

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« Ma conviction est que nous devrons toujours refuser de nous incliner devant les événements, les faits, les circonstances, la richesse et le pouvoir, l’histoire comme elle procède, le monde comme il va. Nous voulons voir la condition humaine telle qu’elle est. Et nous la connaissons désormais en profondeur. C’est l’horrible condition qui exige des charretées de cadavres et des siècles d’histoire pour provoquer une modification infime dans le destin de l’homme. » (…) « Combien  de Socrate ont été assassinés en Europe, ces dernières années ? C’est un signe. Le signe que seul un esprit socratique d’indulgence envers les autres et de rigueur envers nous-mêmes peut constituer une réelle menace pour une civilisation fondée sur le meurtre. Un signe, donc, que seul cet esprit peut rénover le monde. Toute action, fût-elle la plus admirable, qui aurait pour finalité d’asseoir la domination et le pouvoir, ne peut que mutiler l’homme encore plus atrocement. » Albert Camus, « La crise de l’homme » conférence prononcée en 1946 aux Etats-Unis, à la Colombia University. Texte publié par la NRF en janvier 1996.

Ce qu’il dit là après les ravages d’une terrible guerre, l’horreur de l’holocauste, Camus aurait pu le redire en 2015. C’est toujours la même réalité sombre qu’on constate : domination et intérêt, règne de la violence et de la mort.

Actuellement, désespérant spectacle des luttes autour des problèmes et des choix de la Grèce : dureté, mépris, fracture politique, lutte nord-sud dans une Europe plus déchirée qu’on pouvait croire. Pays en posture de bouc émissaire, et pays en position de jeux de règne. Aux frontières, la souffrance, la peur, la mort : migrants (et tout un continent qui interroge la géopolitique, les stratégies mondiales). Pour cela aussi faillite de la pensée qui ne sait s’en saisir, de l’éthique qui se dilue dans des peurs adverses. Plus loin, Asie, autres migrants, Rohingyas musulmans persécutés par des bouddhistes intégristes et racistes : faits sidérants, contraires aux catégories mises en place. Mais, au contraire, terreur diffusée par d’autres musulmans, fondamentalistes, intégristes, stratèges manipulateurs, eux : les islamistes habiles à installer la porosité idéologique qui fait recruter. Terroristes, mais qui se réfèrent à une religion, dont ils ont une vision où la spiritualité a disparu (à des années lumières de la superbe mystique des soufis, et même de la simple pratique du quotidien de tous ceux qui leur échappent et qu’ils voudraient détruire). Le terme « islamistes » contenant le radical « islam » certains réfutent son emploi, mais il est pourtant le seul à désigner le soubassement du système mis en place. Le fait que les confusions soient possibles, les projections et amalgames aussi, cela ne peut justifier le déni. Cela nous impose juste une vigilance accrue : penser des pôles inverses en même temps. Toujours sur le fil du rasoir. Et lire, beaucoup. Relire. Camus autant que la presse, où on trouve des débats de qualité. Terrorisme, il faut mettre le pluriel : les faits dramatiques récents, en Israël, le démontrent, comme la répétition des assassinats de noirs aux USA. « Meurtre », concept clé (rappel de Camus). Même un roi lion se fait assassiner par quelqu’un qui peut payer le droit de cruauté. Meurtre et peine de mort… encore largement répandue. Meurtres, massacres, bombardements, mensonges. « Refuser de nous incliner ». Et soutenir ceux qui refusent…

Mais fil du rasoir et grand écart, pas seulement pour la pensée. Aussi pour savoir quelle place donner en soi aux trois pointes de l’angle. A la préoccupation du monde (qui peut devenir hantise, dérive militante anesthésiante), d’un côté. A la contemplation de la beauté des choses dans ce même monde, à la création pour la déchiffrer, d’un autre côté. Et, enfin, au cheminement intérieur vers plus de conscience, de silence, de l’autre. Trois pieds, trois yeux. Donc, là, pendant que je lisais des poèmes (notes précédentes, notamment, une partie de mon « marché » de la poésie de juin), et pendant que je photographiais et écrivais, j’avais constamment en tête tous les bruits des faits, les mots de la presse, le texte de Camus, et d’autres, chroniques ou éditos, entretiens parfois : documents accumulés, lus stylo en main. Textes (très récents ou beaucoup moins récents…) qui me paraissent donner des clés, mériter relecture, aider à penser l’actualité, pour refuser l’emprise des faits, pour ne pas être prisonniers de leur pouvoir. Textes que je relis, pour moi, textes que je pose en citations dans des notes (ou dans les listes en marge des notes : réserve de pensées, de questionnements, et d'informations prises en compte dans la lenteur contraire aux précipitations des faits donnés en pâture sur des chaînes qui paradoxalement nous coupent du réel).

Indépendamment de ces liens, et pour accompagner Camus, en écho éthique, je note des citations diverses… ci-dessous.

« Pour la majorité d’entre nous qui, n’ayant pas les moyens de stopper la barbarie, est condamnée à la subir, reste la solitude partagée. Ce n’est pas rien. Car plus les êtres humains seront nombreux à être seuls, plus ils constitueront un espace susceptible de reprendre un jour la parole. Car qu’est-ce que l’éthique, pour finir, sinon tenir bon et refuser d’obéir, y compris sans le soutien de l’espoir ? ». Dominique Eddé, texte dans « L’orient littéraire », fragment cité par Marc Saghié, éditorial du Courrier international, hors série sur « L’islam en débat », début 2015 : http://www.lorientlitteraire.com/

La solitude partagée, cela peut donner ce qui suit… Entrer en empathie dans la réalité de la vie d’autrui, sa solitude, en gardant la nôtre, pour dire.

« La route est là ». Ce fut une expo à la Goutte d’Or  (Portes d’or): douleur des migrants. Les artistes du quartier ont choisi de porter la souffrance des exilés de la guerre, des dictatures et de la misère, d’en prendre une part et de la dire. Voici comment cette démarche fut introduite : « Ils quittent leur monde, traversent des mondes, transpercent les cloisons du monde. Ils en meurent, ici. Là, ils s’arrêtent mais ne sont jamais arrivés. Quand ils arrivent on les arrête. Ils repartent, s’envolent et font tourner la terre. Et nous les voyons passer, parfois mourir ; alors un peu de nous tous meurt avec chacun d’eux. ». Texte complet de la présentation de l’exposition collective, Portes d’or, lien, pdf : http://bit.ly/1LXvD5z 

Ce peut être aussi la solitude métaphysique, philosophique, conscience d’un exil sur terre, plus intense que l’exil d’un pays. Solitude commune à Atiq Rahimi et Albert Camus, dans la compréhension intime qu’en a Atiq Rahimi (qui, comme des lecteurs indiens, sait voir en lui une parenté méconnue : avec un Orient de l’esprit). Dans son commentaire sur sa lecture de L’Etranger, paru dans La Croix du 28-07-2011, il témoigne d’autres grandes proximités, comme Shams, ce mystique splendide, maître de Rûmi, Erri de Luca, et Dostoïevski. Et il cite Shams : « Le grand scripte a écrit trois textes, l’un qui pouvait être lu par les autres et par lui-même ; le deuxième qui pouvait être lu seulement par lui-même ; et le troisième qui ne peut être lu ni par les autres ni par lui : c’est moi. ». L’entretien, La Croix : http://bit.ly/1Di59uq

Solitude du refus du troupeau (idéologique, politique, identitaire, religieux…). « Le citoyen c’est l’homme sans étiquette », dit Régis Debray (entretien, Marianne, 5-11 juin 2015 : http://bit.ly/1MEDOp0

En fait la question du choix de la place des sujets sociaux, idéologiques, politiques - les faits, l’actualité, dans l’espace de notre pensée et de notre action, ce n’est pas seulement un problème de temps à consacrer à cela « contre » le temps du reste, c’est principalement la saisie d’un enjeu de langage. Thomas Clerc, ainsi, parle de l’abjection du langage, danger idéologique double : corruption abjecte de la pensée complaisante, idéologiquement paresseuse, d’une part, et anéantissement du langage par l’univers de la terreur, Libération : http://bit.ly/1ICOwJV

Mais, en deçà de la terreur, la politique, déjà, oppose une langue pervertie (par trop de cadres mentaux ?) à la présence du langage en poésie, qui est travail du questionnement, des marges et du doute, un « flou » qui fait traverser les couches du sens. On retrouve cette manière de penser chez Jérôme Ferrari : « La politique pourrit la langue, c’est-à-dire qu’elle fait à la langue l’exact contraire de la poésie ». Voir ce qu’il dit sur la physique quantique - le rapport au réel qu’elle bouleverse, et le rapprochement avec la démarche de la poésie soufie. Dans L’orient littéraire : http://bit.ly/1OW24kH