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28/02/2011

ECRIVAINS libyens, de Sifaw El Mahroug à Kamal Ben Hameda. Parcours…

libye,littérature,culture,poésie,citations,dictature,exil,amazighité,livres« Ne ressent la brûlure du feu que celui qui marche dessus. » Kamal Ben Hameda, écrivain (texte, Le Monde, 25-2-11).

Connaît-on la littérature libyenne ? (Quand on ne savait rien sur la société même…).

Nous étions tellement obnubilés (à juste titre, mais pas de la même manière que certains dirigeants) par le dictateur à la tête de ce pays (les attentats, les mensonges, la haine, et les menaces), que cela a fait écran. Et notre perception de la réalité sociale de la Libye en a été déformée. On pense « terrorisme » (et c’est), et on n’a plus la place mentale pour penser que, là, des gens écrivent, malgré tout. Certains en meurent, d’autres s’exilent ou sont emprisonnés, d’autres, encore, tentent de créer des bribes de société civile, pour plus de droits (voir, ci-dessous, 2009 : des écrivains sont impliqués).

Dans un entretien du JDD, où une question est posée à Luis Martinez sur l’existence d’une opposition en Libye (pas seulement les révoltes de rue et les manifestations et combats, mais des organisations préparées à une relève) le chercheur (Sciences-Po), avant de répondre, évoque d’abord l’alphabétisation, la culture (puis les études à l’étranger) : « On a très mal pris en compte la société libyenne ces dernières années. Le taux d’alphabétisation est de 90% et celui d’urbanisation de 80%. Bien que ce soit interdit, toutes les familles ont des paraboles et savent très bien ce qui se passe à l’extérieur. » (Journal du Dimanche, 27-2-11).

Donc notre ignorance était grande.

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Traces de ces écritures, de ces résistances, des informations quilaissent leurs petits cailloux de sens, montrant la genèse des évolutions. Je les ai notées chronologiquement.
De 1994 à 2011, on meurt, on écrit, on part, on écrit… Parcours de dates, de noms, et de faits.
Sifaw El Mahroug est un poète berbère libyen, né en 1946, dissident et harcelé, mort en1994 des suites d’un accident douteux, d’après l'ancien site berberoscope :  
CITATION :
«Tant de gens
Ont oublié leurs noms
Après avoir oublié
Leur accent.»
(Ce fragment de poème, peut symboliser aussi, je trouve, des annéesaprès,la situation des 
Libyens dans un pays
au système dictatorial
plus qu’étouffant, et celle des exilés. L’accent
sera à
comprendre, non plus comme le seul signe perdu de l’ « amazighité », signe qu’il est
mais comme la marque d’une perte d’identité
plus générale : perte d’être dans un monde brutal
qui écrase,
perte des racines pour celui qui doit s’éloigner. Formes diverses de l’exil.)
...
SurSifaw El Mahroug, et de lui, lire cette page, dans le supplément littéraire mensuel de 
L'Orient Le Jour (Liban) : http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=... 
....

 libye,littérature,culture,poésie,citations,dictature,exil,amazighité,livresKamal Ben Hameda (cité en exergue), libyen de Tripoli, est exilé aux Pays-Bas. Et le texte de lui que je viens de lire, dans Le Monde du 24-2-11, est loin d’être juste un article, mais vraiment la page forte d’un écrivain. Ce texte peut servir d’introduction à la pensée, à l’écriture, de ce poète. Un cri, le souffle de la colère et de la douleur : celle de celui qui n’a pas revu sa mère, morte seule, elle aussi exilée, mais là où elle fut toujours («… cette jeune vieille dame que j'appelais jadis maman »), et qui sait que nombreuses sont les mères en deuil de leurs enfants, fils forcés de partir à la mort. « Elles resteront tapies dans la brûlure du manque, ces mères-là, car le grand désert a englouti les leurs dans ses replis ». Il nous parle de la marche des « folles » de Benghazi (écho aux célèbres mères de disparus), qui les premières « ont ouvert un champ à l'espoir » et de ce « Bédouin autiste aux mille visages, golem du désert » que l’Occident semble découvrir après l’avoir accueilli… En humaniste, il poursuit : « Ma parole ne saura qu'ourler nos ruptures et tisser nos distances si le sentiment de l'humain n'est pas en notre partage. » Et il conclut par une anecdote. (Un passant lui ayant demandé d’où il venait, donc qui il était, «… au regard de mon faciès basané », il répondit par un mot latin: « Mens », esprit, «un être humain ») . http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/24/qu-il-part...

Commencer par lire, ou relire, et faire lire, un auteur libyen, c’est commencer à entrer dans l’apprentissage de cette culture trop méconnue.

Cinq titres chez L’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=3003 

Présentation du livre « Le Saint Je » (poème monosyllabique), 2003 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=15844

Et du recueil de poèmes  « La tentation de la lumière », 2002 :  http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=5047  (« Deuil du moi pour l'ouvrir à toutes les contrées des fonds de l'invisible… ")

« Plis de lumière », 2007 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=23992

Texte à lire sur le site africultures.com, Aube... http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&...

EXTRAITS :

« Poésie, acte de connaissance.
Connaissance dans l'acception primaire, matérielle et sensuelle de naissance à l'autre, avec l'autre, aux mondes. Une naissance comme toute autre, réelle et palpable qui élit une nudité, nomme une transparence. » 
(…) « La poésie, cet instant-là, devient le chemin qui mène de soi vers le Soi, un voyage initiatique, initiation à sa propre parole. »

Dernier livre paru : La compagnie des Tripolitaines, éd. Elyzad, 2011. http://www.babelio.com/livres/Ben-Hameda-La-compagnie-des...

25/02/2011

Actes Sud... Objets d’écrivains et témoignages d'auteurs (actualité 2011: Libye, Syrie, Égypte)

actes sud,vidéos,voyage dans l'anthropocène,littérature,culture,écrivains,libye,syrie,égypteHier,  consultant  la newsletter d’Actes Sud, du 23-2-11, j'y ai découvert... des objets, des titres, des questions...

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ECRIVAINS. « L’objet de… », par Actes Sud, édition.  Seize vidéos.

A partir du choix d’un objet porteur de sens, découvrir une entrée pour se glisser dans l’univers d’un écrivain, et peut-être vouloir le lire. Il est précisé que la série, créée par David Unger, a été produite par Actes Sud et diffusée par Paris Première. (Cela résonne, pour moi, avec l’émission littéraire de Philippe Lefait, « Des mots de minuit », sur France 2, le mercredi soir à minuit trente : il demande aux auteurs de choisir un objet et d’en parler, s’ils le désirent…)...  http://www.dailymotion.com/ActesSud#videoId=xgxcty      

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C’est en allant de la newsletter au site http://www.actes-sud.fr/ que j’ai vu le dossier sur les témoignages d'écrivains : revue de presse (dont je connaissais certains articles, cités déjà, mais pas du tout les autres), et vidéos d’émissions, ou entretiens radiophoniques. Nombreux liens : http://www.actes-sud.fr/actualites/egypte-alaa-el-aswany-sonallah-ibrahim-khaled-al-khamissi-temoignent   actes-sud.fr

Les écrivains égyptiens, ainsi, ont conscience de leur rôle dans la révolte actuelle, du fait  d’avoir peint les souffrances et les réalités complexes de leur société, d’avoir semé des graines, par leur expression, la création. Ils dénoncent, au passage, des préjugés (le regard qu’on porte sur leur pays, sur les peuples de ces régions) et, lucides, ils restent vigilants, sachant que rien n’est gagné : une étape est franchie, mais les mots des intellectuels et des artistes seront nécessaires encore, pour déchiffrer les mutations, leurs dérives possibles, pour donner corps aux chances de la démocratie (celle de la justice et de la liberté, car le mot démocratie, en soi, ne suffit pas).

Même si tous les pays sont différents, ces dossiers transcendent les problématiques liées à une identité nationale, à l’histoire d’un peuple. Notre réflexion et nos questionnements peuvent aller bien au-delà. Et, heureusement, contrairement aux échecs de la diplomatie, il y a la place donnée par des éditeurs à ces écrivains d’au-delà frontières et mer : réussites de la culture…

11/02/2011

LECTURE d’ Anise Koltz le 10 février, L’Entrepôt, Paris

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« Casser le mot / comme une noix / en extraire le noyau / le broyer entre les dents / le recracher au poème »     L’ailleurs des mots, coll. Carnets spirituels, éd. Arfuyen, 2007

« Dans les paumes de ma mère / où tous les temps coexistent  / je lis mon avenir »  Je renaîtrai (coll. Cahiers d’Arfuyen, janvier 2011)

                                                                                                       Anise Koltz

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C'était là : http://www.lentrepot.fr  Prétexte à relecture... 

Le lecteur ne sort pas indemne d’une telle lecture, de cette oeuvre qui lui fait affronter les désastres du siècle (retour, dans "Lune noircie", sur la mort de son mari, en 1974, lui qui avait été torturé par les nazis), et les questionnements de l’être, entre naissance, mort, renaissance évoquée ou refusée, deuil qui est plus que mémoire du deuil, oeuvre qui repousse les limites du rapport à la langue et à l’intériorité. Elle peut écrire, dans "L’ailleurs des mots", « Nous sommes de la matière des astres »,   nous laissant interpréter cela comme la prescience d’un « plus » d’être, et elle peut dire qu’elle renaît  « dans la crasse / Et le sang », victoire d’une mise au monde « Jour par jour », ou force vitale dans l’effort de vivre, douloureusement.  Litanie de ce en quoi elle ne croit plus, refus des dogmes imposés, colère ou rage contre la mort inscrite dans tous les choix humains, lamentation, mais, aussi, constat de réalité : vie. Paradoxe d’une revendication du blasphème (non à la religion, non à Dieu…) et d’une recherche qui le dépasse et le nie.   

Complexité d’une pensée…  Dans le discours fait en 2009 à l’occasion de son prix européen Jean Arp, elle dit d’abord ceci : « Je suis chaque fois désorientée et embarrassée lorsqu’on me demande de prendre la parole. Dès que je prononce une phrase j’ai déjà envie de la rejeter pour dire, dans la suivante, le contraire. » Et elle achève son intervention sur cette phrase : « Notre  langue reste sacrée. Notre devoir est de la protéger, de la veiller, comme un feu qui ne doit jamais s’éteindre. Car c’est lui qui précisément doit éclairer la nuit du monde. ». Entre ces deux fragments elle évoque la solitude de l’homme et la violence, la brutalité du siècle, mais aussi le phénomène en jeu dans l’esprit du poète, son mystère, ce lien avec le « grand ‘Tout’ ».  

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FICHE AUTEUR (BioBibliographie, et revue de presse),  sur le site de l’édition Arfuyen : clés essentielles pour comprendre les raisons de l’itinéraire en langues de celle qui passera de l’allemand au français dans l’élaboration de son œuvre : http://www.arfuyen.fr/koltz.html 

Lire, sur le livre "L’ailleurs des mots" : http://www.arfuyen.fr/html/fichelivre.asp?id_livre=374     

 Et sur le recueil récemment publié, Je renaîtrai : "Ce nouvel ouvrage, Je renaîtrai, renoue avec la forme poétique. Son titre, brandi comme un véritable défi par cette femme de 82 ans, fait référence au premier texte du recueil". Citation « J’ai escorté mon nom / jusqu’à l’oubli // Demain je renaîtrai  / surgissant de l’argile // Mon ombre gravite déjà / autour d’une nouvelle effigie »... http://www.arfuyen.fr/html/fichelivre.asp?id_livre=443 

Ample revue de presse, et nombreuses citations dans les recensions ( http://www.arfuyen.fr/koltz.html ) :  Ainsi, dans l’analyse fouillée de Gaston Carré, sur L’ailleurs des mots, La Voix, 2008, il est écrit : « Noir certes est son ailleurs. Ténébreux et fuligineux, féroce souvent, ardent toujours. Anise s'expose au vertige du miroir, moire glacée où se mirent l'ego, le logos et le monde, et nous rapporte sans concession ce qu'en leur tréfonds elle sonde. » Alors que Sahkti note, au sujet des récits de Lune noircie, l’adhésion à l’emprise d’une écriture, belle par la forme et par le sens à déchiffrer : « L’écriture d'Anise Koltz est superbe, tellement humaine, forte et fragile à la fois. Je me suis laissée submerger par ses lignes, cet amour qui émane de sa plume, en particulier lorsqu'elle fait face à l'adversité. »

Anthologie permanente Anise Koltz, POEZIBAO :  http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/01/anthologie-permanente-anise-koltz.html

CITATIONShttp://surduvent.hautetfort.com/archive/2011/01/27/anise-...  

10/02/2011

Lecture de Marie Etienne et Philippe Beck, le 10-2, Librairie Tschann


livres,littérature,marie étienne,haute lice,le livre des recels,les yeux fermés,josé corti,philippe beck,poésies premières,un journal,flammarion,poésie,librairie tschan,citations,cultureIl y avait plusieurs lectures le même jour : un choix à faire, donc. Mais aussi un prétexte trouvé, si on ne pouvait être là, pour se procurer les ouvrages, faire des recherches, lire les auteurs…

Marie Etienne et Philippe Beck, le 10 février   

Librairie Tschann, 125 bd. Du Montparnasse, Paris 6°       

http://www.tschann.fr

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livres,littérature,marie étienne,haute lice,le livre des recels,les yeux fermés,josé corti,philippe beck,poésies premières,un journal,flammarion,poésie,librairie tschan,citations,cultureMarie Etienne
 
:

 « Certains écrits surgissent, pareils aux rêves dans le sommeil.»

Marie Etienne, 4ème de couverture, Haute lice, coll. Domaine français, éds José Corti, 2011

CITATIONS :

« Les matins de semaine, je conduisais mon corps au bord de la rivière, espérant le laver, le soigner de son déjà trop lourd passé ; je le rangeais dans son étui après l’avoir soigneusement plié en quatre, comme ma mère m’avait appris, et retournais à mon école, y suivre la dictée du jour. »                                                                                         

     Les yeux fermés, coll. En lisant en écrivant,  éds. José Corti, 2011

  « On tue une femme ou elle se tue. On ne sait pas. On la retrouve dans le fleuve. On l’a vue sur le pont, il fait nuit. Le fleuve, le pont : un paysage. »                 

   Le livre des recels, Poésie/Flammarion, 2011

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« Une enfance en Asie et une jeunesse africaine » (…) « une vingtaine d'ouvrages »  

Sur le site des éditions Corti, 4ème de couverture, fiche auteur, extrait :                                                                                    http://www.jose-corti.fr/titresfrancais/Haute_lice_Etienne.html 

Biobibliographie, recensions, extraits (Anthologie permanente / Poezibao) : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/01/anthologie-permanente-marie-etienne.html 

Note de lecture, Haute lice, par Angèle Paoli, Terres de femmes... http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2011/02/marie-%C3%A9tienne-haute-lice.html     (« Pénétrer dans l’arène intérieure de Marie Étienne, c’est se confronter avec elle aux chimères du rêve. »)

Le livre des recels : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/01/poezibao-a-re%C3%A7u-n-157-dimanche-16-janvier-2011.html   (lecture…)

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livres,littérature,marie étienne,haute lice,le livre des recels,les yeux fermés,josé corti,philippe beck,poésies premières,un journal,flammarion,poésie,librairie tschan,citations,culturePhilippe Beck :

« Les paupières de l’aube, les paupières de l’aspiration à mieux que des arbres et des derricks. »       

                        Poésies Poésies premières, éd.Flammarion, 2011 (regroupement de recueils épuisés)

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Extraits du recueil Poésies premières  (Anthologie permanente, poezibao) :                              http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/01/anthologie-permanente-phil.html     

Un journal, Flammarion, 2008, résumé sur evene.fr :                                                                 http://www.evene.fr/livres/livre/philippe-beck-un-journal-33101.php

Fiche auteur, sur le site de l’édition Flammarion (bibliographie) : http://editions.flammarion.com/Peoples_Detail.cfm?ID=133245&levelCode=litterature

09/02/2011

Andrée CHEDID, POETE. 20-3-1920/6-2-2011, Le Caire/Paris. Hommage

Au coeur du coeur.jpg

« S’écoulent les mots / Qui délivrent le cri / Relais / De fièvres et d’aube / De chant et de chagrins » / (…) / « Entre le doute et la voie / Veille en ta parole ». Andrée Chedid, « Par-delà les mots », éd. Flammarion.

A peu de jours près, deux poètes meurent en même temps, deux êtres venus, l’un, d’au-delà des mers, l’autre d’au-delà des frontières : Edouard Glissant, Andrée Chedid. Tous deux pétris de cultures croisées, ouverts au monde. Tous deux écrivains majeurs, donnant à la langue une ampleur éthique, au pays une identité traversée, questionnée, enrichie.  

La qualité de  l’écriture d’Andrée Chedid a été reconnue par des auteurs comme Char, Lévis Mano (poète et éditeur), Jabès, et bien d’autres…

Poèmes, mais aussi nouvelles, romans, essais, théâtre... Et, dans l’œuvre poétique, des proses, notes brèves, entre poème et aphorisme : ainsi les textes de « Terre et poésie ». Le Printemps des poètes l’a célébrée en 2010, et dans le métro parisien on pouvait lire ce texte affiché : « Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui – sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à la voix d’un ami. »   …

On peut découvrir la poésie d’Andrée Chedid, simplement, avec un tout petit livre, une anthologie de la collection Librio : publication à l’occasion du Printemps des Poètes. « Au cœur du cœur » : les textes ont été choisis et préfacés par le poète Jean-Pierre Siméon et Matthieu Chedid, M, son petit-fils musicien. De la préface je retiendrai deux passages qui éclairent la démarche, insistent sur ce qui, profondément, nourrit l’ancrage universel de cette écriture : « La poésie chez Andrée est une philosophie de l’existence, elle fonde une éthique de la fraternité » et « Oui, il y a une rebelle dans Andrée Chedid, une objection résolue à ce qui ment, à ce qui dégrade ».

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En exergue à la fiche d’evene.fr, cette citation : « Ecrire, c’est très dur, avec de grandes fenêtres de joie » http://www.evene.fr/celebre/biographie/andree-chedid-3083.php  (biographie, citations, bibliographie, hommage, lien vidéo INA, entretiens, dont un interview de Louis Chedid, son fils, le chanteur).

Site (en anglais) : http://www.andreechedid.com/

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Hommages en ligne :

(Sur le site du Printemps des Poètesun texte de Jean-Pierre Siméon, article paru dans L’Humanité du 8 février, « Ce qui fonde à mes yeux la valeur exceptionnelle de son œuvre et qui lui assurera, je crois, une postérité plus longue qu’on imagine peut-être, c’est son enjeu éthique », et un lien avec la page dédiée du site de Guy Allix,  « Andrée était un très grand poète dont il faudra peu à peu relire l’œuvre pour l’apprécier à sa juste mesure, loin des faiseurs à la mode. »

Sur poezibao, par Bernard Mazo : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/02/hommage-%C3%...

Ecrits-vains, Andrée Chedid et le pouvoir de l’écriture, par Renée Laurentine : http://ecrits-vains.com/points_de_vue/renee_laurentine01....   (« Lors d'une interview, Andrée Chedid a parlé de son œuvre comme de l'éternelle quête d'une humanité. ») et lecture du recueil « Territoires du souffle », par Renée L. aussi : http://ecrits-vains.com/recueils/chedid.htm (« Bien qu'Andrée Chedid soit aussi romancière, nouvelliste et dramaturge, la poésie reste une " source essentielle " »)

Dossier sur Terres de femmes« Les traversées poétiques d’Andrée Chedid », soirée IMA pour le Printemps des Poètes 2006, traversées très méditerranéennes, pour une méditerranéenne d’importance). Sur le même site, des textes « poèmes du jour », anthologie, et des notes. (Liens à la suite du texte sur cette page)... http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2006/03/les_tr...

medi@terranée, journal de la Méditerranée :  http://www.mediaterranee.com/20110207168811/France/Cultur... (citation des différents hommages officiels) 

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Revue de presse

Télérama : « Un poème pour saluer Andrée Chedid », par Martine Laval : http://www.telerama.fr/livre/un-poeme-pour-saluer-andree-chedid,65387.php («  Elle qui écrivait « Je lutte et résiste » ne faisait qu’une seule âme avec la poésie »). Le texte cité,  est « Le Rien », « Rythmes », 2003 (« J’ai traversé le Rien / Aux jours de mon enfance /  Déchiffrant la mort »…).  

L’Express : http://www.lexpress.fr/culture/livre/andree-chedid-est-morte_959612.html  (« Dans ses romans elle parle de ce que l'Egypte lui a apporté et dresse parfois des parallélismes touchants »)

Elle : (« Andrée Chedid laisse derrière elle une vingtaine de recueils  de poèmes dont quelques-uns pour enfants ») : http://www.elle.fr/elle/Loisirs/Livres/News/La-romanciere...

Le JDD : http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Actualite/La-romancier...  (« Andrée Chedid rejoint le cercle des poètes disparus » / « Poétesse du ‘Double pays’ »)

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Nombreuses CITATIONS sur babelio.com : http://www.babelio.com/auteur/Andree-Chedid/5687/citations

05/02/2011

Edouard Glissant, le poète, le penseur du Tout-Monde, de la « créolisation » du monde. Hommage

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Il est de fouiller son sous-sol
Où un espace meuble est gardé
Brûlant, pour ce que l'arbre dit » 

 

(Plus… sur : http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/glissant_champ.html )

« Au plus fort de mon activité politique dans les années 60, j’écrivais des poèmes résolument opaques. L’obscur est le renoncement aux fausses vérités des transparences. Je réclame pour tous le droit à l’opacité.» (Cité dans l’article de Gilles Anquetil, Le Nouvel Observateur) http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110203.OBS7408/hommage-le-cyclone-glissant.html

« L’écrivain est l’ethnologue de soi-même », cité par René de Ceccaty, Le Monde (papier), 4-2-11.

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INSTITUT du Tout-Monde, fondé en 2006 par Edouard Glissant : http://www.tout-monde.com/

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Un grand écrivain vient de mourir, le 3 février 2011, à 82 ans. Parmi les essais, « Soleil de la conscience », et « Traité du Tout-Monde » (Poétique I et IV), éd. Gallimard. Poèmes, diverses éditions, et en collection de poche (Poésie/Gallimard), dont un volume préfacé par Jacques Berque. Ce penseur est surtout un poète, mais de ses romans, on peut noter, déjà, le premier, « La Lézarde », 1958. Dans un entretien télévisuel, qui vient d’être cité en partie sur France 2, il dit écrire enraciné dans les cultures du monde, les identités, les spiritualités, les malheurs du monde. Ne pas oublier ces deux ouvrages, écrits avec Patrick Chamoiseau, « Quand les murs tombent », et « L’intraitable beauté du monde » (éds. Galaade).

Dénonçant  l’enfermement dans une identité limitative qui resterait figée, il opposait notamment les notions de créolité et de créolisation, ce dernier concept se posant dans la dynamique d’un monde moderne exigeant de l’individu l’acceptation d’une réflexion sur son identité, pas pour la renier, mais pour prendre conscience de sa nécessaire transformation du fait des interférences culturelles, des échanges. L’éthique entre les peuples devant être celle de la relation, pas de la domination.

Important, donc, est ce livre d’Edouard Glissant, choix de textes, dans l’esprit de cette ouverture aux cultures d’un monde pluriel : « La terre, le Feu, l’Eau et les Vents, Une anthologie de la poésie du Tout-Monde », éd. Galaade,  2010 . Une sélection qui intègre des genres autres, comme l’essai ou le roman (on peut donc comprendre « poésie » comme genre mais aussi comme modalité du regard sur le monde, esthétique de l’éthique des interférences).

Lire (note blog de Christian Tortel, papalagi) ...http://papalagi.blog.lemonde.fr/2010/03/16/attendue-une-a...  ...Et tout le blog est une illustration de l'éthique culturelle du "tout-monde". On y trouve une pensée traversée par le goût de l'ailleurs mêlé d'ici et inversement, une identité qui se tisse avec les mots et l'art du lointain. L'auteur passe d'un article sur l'actualité (avec des humeurs, parfois - qui peuvent se traduire aussi en poème) à l'évocation d'une oeuvre littéraire (en prenant soin de citer) ou artistique. Et se glissent là, discrètement, comme des pauses en marge, des haïkus, des fragments poétiques qui sont la photographie des jours (les siens au regard du monde, yeux vers l'horizon questionné). 

Voir la page de l'édition Galaadehttp://www.galaade.com/oeuvre/la-terre-le-feu-l-eau-et-le...

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BIO-BIBLIOGRAPHIE et nombreux LIENShttp://ile-en-ile.org/glissant/ « l'un des plus grands écrivains contemporains de l'universel » (Jacques Cellard, Le Monde) », cité sur cette page. 

RADIO. Emissions sur France Culture, dossier radiophonique consacré à l’écrivain le 4 février. On peut aussi réécouter le très riche entretien du 6 juin 2010, avec Alain Veinstein (émission « Du jour au lendemain ») : http://www.franceculture.com/2011-02-03-disparition-d-edo...   

TELEVISION. Emissions sur France Ô et Outre-mer, dont celles des 5 et 9 février : http://www.newstele.com/article-france-o-et-outre-mer-ren...

VIDEOS :  « L’intraitable beauté du monde ». Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau  (Entretien sur la beauté du monde, dans la relation entre les êtres, les paysages, les pays, dans la diversité) : http://www.dailymotion.com/video/x81q9n_edouard-glissant_... et « le Tout-Monde contre l’identité nationale » : http://www.dailymotion.com/video/x5lnuj_glissant-le-tout-...

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CITATION:

« La littérature telle que je la conçois et la pratique a pour fonction d’exprimer ce métissage, avec toutes ses joies, mais aussi ses dérélictions, ses massacres, ses génocides, ses contradictions ou ses banalisations. » (…) « Les « emmêlements » à l’œuvre ont rendu le monde complexe. Nous devons nous habituer désormais à l’idée que nous pouvons vivre le monde sans avoir l’ambition de le prévoir ou de le régenter. Nous devons aussi nous accoutumer à l’idée que notre identité va changer profondément au contact de l’Autre comme la sienne à notre contact, sans que pour autant l’un et l’autre ne se dénaturent ni ne se diluent dans un magma multiculturel. Ce sont des notions difficiles à concevoir et encore plus difficiles à mettre en pratique. Cela donne la mesure de ce que j’appelle le chaos-monde. »

HOMMAGES en LIGNE :

africultures.com : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=murmure&... « Considéré comme l'un des fils spirituels d'Aimé Césaire, il voulait souligner l'importance de la diversité, et de la spécificité des cultures, non dans un monde "universalisé", mais dans un "tout-monde" fait de partage, de respect et d'alliage des cultures »

« Edouard Glissant (1928-2011), un héritage magnifique », par Boniface Mongo-MboussaAfricultures : «  Edouard Glissant est mort, mais il nous laisse ses mots : un héritage magnifique, protéiforme et fertile. » (…) «Edouard Glissant affronte Hegel de manière oblique. A cette vision totalisante, prétendument universelle, Edouard Glissant oppose l'Opacité, le Divers, le Rhizome et surtout la Relation. Ce refus des systèmes sera durant toute sa vie, sa marque de fabrique. De ce point de vue, la pensée Glissantienne, qui est une ode à la fraternité, recoupe, à certains égards, celles de Derrida et Levinas : deux pensées de l'Autre mais aussi deux discours de l'opacité. »  (Ce très beau texte est à lire intégralement sur le site.  Il fait une synthèse très éclairante de l’apport d’Edouard Glissant.  http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=9929 

Page sur Présence africaine : http://www.presenceafricaine.com/237_glissant-edouard

ARTICLES :

Le Nouvel Observateur, article de Gilles Anquetil, et liens, dossier... Hommage ("Le cyclone Glissant").  Le Nouvel Observateur, article de Gilles Anquetil, et liens, dossier « Ce poète chantait l’imaginaire parce qu’il rassemble. Il a honni l’idéologie car elle divise. Le militant du «tout-monde» a toujours refusé toute séparation entre le poète, le romancier, le philosophe, le professeur ou le danseur. » (…) « Ce chantre de la créolisation généralisée du monde a toujours été rétif à tout esprit de système. Ses grands  livres tels «le Discours antillais» (1981) ou «Poétique de la relation» (1990) sont des machines de guerre joyeuse contre les tentations de repli sur des identités uniques »... http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110203.OBS7408/hommage-le-cyclone-glissant.html 

 Le Monde, 3-2-11 (reprise d’un entretien de 2005 « Pour l’écrivain Edouard Glissant la créolisation du monde est irréversible »). http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2011/02/04/pou...  CITATIONS« Nous vivons dans un bouleversement perpétuel où les civilisations s'entrecroisent, des pans entiers de culture basculent et s'entremêlent, où ceux qui s'effraient du métissage deviennent des extrémistes » (…) «… les vieilles pensées de systèmes ne peuvent comprendre le chaos-monde. » (Seules des pensées « incertaines », « métisses », « créoles » le peuvent, dit-il).  « La créolisation, c'est un métissage d'arts, ou de langages », «…une façon de se transformer de façon continue sans se perdre », « C'est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l'interférence deviennent créateurs. » (…) « Les identités fixes deviennent préjudiciables à la sensibilité de l'homme contemporain engagé dans un monde-chaos et vivant dans des sociétés créolisées. L'Identité-relation, ou l'"identité-rhizome" comme l'appelait Gilles Deleuze semble plus adaptée à la situation. C'est difficile à admettre, cela nous remplit de craintes… » (…)  « Mais nous devons changer notre point de vue sur les identités, comme sur notre relation à l'autre. »

Lire aussi ceci (titre et citation), Métro, 03-02-2011  :  « Le métissage perd un de ses grands défenseurs » / « Auteur d'une oeuvre complexe mêlant souvenirs, légendes, images poétiques, propos polémiques et réflexions théoriques…»

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Fiche sur evene.fr : http://www.evene.fr/celebre/biographie/edouard-glissant-3...  (biographie, titres, trois citations – dont exergue – et des liens).

Dans un autre registre... voyage dans la culture antillaise. Site Or des îles : http://www.ordesiles.com

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Prolonger la réflexion sur l’identité, en lisant ou relisant « Les identités meurtrières » d’Amin Maalouf et « Mes démons » d’Edgard Morin. Consulter le site de l’INSTITUT du Tout-Monde, en allant au-delà du programme de l’hommage à Edouard Glissant  http://www.tout-monde.com/  ... Visiter le blog de Christian Tortel (Papalagi)http://papalagi.blog.lemonde.fr  Fréquenter les sites qui couvrent l'actualité culturelle des îles et de l'Afrique (histoire littéraire, actualité ou racines diasporiques...) : Présence africaine, Africultures, Or des îles, etc.

.................... MISE à JOUR... Lecture (identité...). Aussi : "Identité et violence" d'Amartya Sen... Pour savoir nos pluralités, celles qui créent la réelle multiculture, qu'il oppose au mono-culturalisme pluriel.