Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/11/2016

Peindre sans peindre... ou le regard.

658215738.jpegJuste regarder, sans les mains dans la couleur…

 

658215739.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fulgurance d’un instant, comme un don, un cadeau du réel…

 

 

 

 

mms_img-881100058.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une pause consolatrice, quand l’actualité délivre ses laideurs…

24/11/2016

MAURITANIE. Un jeune blogueur risque d'être exécuté...

ECPM.jpgDécision de la justice attendue, pour le blogueur Mohamed Ould Cheikh Ould Mkhaitir condamné à mort en Mauritanie. On l'accuse d'être un apostat (crime dans ce contexte...), alors qu'il ne l'est pas. Donc, on projette sur lui de fausses accusations pour masquer d'autres raisons. Il serait apostat on devrait le soutenir de même, pour la liberté de conscience... Mais il est important que nous comprenions ce qui se joue là. Ce jeune homme fait partie de la caste des forgerons, méprisés et diffamés (on leur invente même des "crimes" contre le prophète du temps de Mahomet). Des groupes haineux utilisent la religion pour refuser de mettre en question le déclassement perpétuel d'une catégorie de gens qu'on enferme dans un statut dont ils sont prisonniers. Le mot "forgeron" est celui qui se cache derrière le mot "apostat". Ainsi on peut dresser des gens contre lui, pour de mauvaises raisons. Le combat de ce jeune blogueur est un combat pour la justice sociale, au nom de son groupe humain persécuté, les forgerons.

D’abord, je reprends cet article d’avril, qui permet de situer le contexte (les débats impossibles, le contexte hostile) avant de citer des textes plus récents… La décision de la justice doit être prise le 20-12 (confirmation de la sentence de mort ou annulation). Décision qui se prendra dans un contexte de fureur haineuse et hystérique de la rue... Les foules haineuses disent parler au nom de leur dieu, de leur prophète, et se réfèrent à leur livre sacré. Sauf que dans le Coran il est écrit : "Celui qui tue un être humain tue toute l'humanité. Celui qui sauve un être humain sauve toute l'humanité". Mais ils vont chercher des textes produits par des idéologues ivres de pouvoir, et, sur des mensonges, ils désirent la barbarie de la mise à mort.

Il a écrit récemment encore une lettre, pour expliquer sa position (publiée sur Facebook pour information par des gens qui le soutiennent). Et il s'adresse autant à ses détracteurs qu' "à mes frères opprimés" (voir lettre...). (( CITATIONS : « Ceux qui osent inventer de faux hadiths et les attribuent au prophète (paix et salut d’Allah sur lui), aucune morale ni religion ne peut l’empêcher d’interpréter à leur guise un article écrit par un simple jeune, novice de surcroît. Ils ne ménageront aucun effort afin de mobiliser la passion du musulman commun au service de leurs intérêts. C’est ainsi qu’ils ont prétendu que les forgerons ont Blasphémé à l’encontre du prophète (paix et salut d’Allah sur lui) à travers un article écrit par un des leurs, tout comme ils avaient prétendu que celui qui avait fait tomber les dents du prophète lors de la bataille du mont Ouhoud était un forgeron. » (…) « Tous les faits et récits que j’ai cité dans mon précédent article revêtent un caractère historique et véridique. Ces récits ont naturellement leurs interprétations littérales et superficielles et leurs sens visés et profonds. » (…)« A tous mes frères opprimés. / Nous devons être totalement conscients du fait que le destin nous a conduits à être les citoyens de cette terre. Nous devons par conséquent défendre notre droit à une citoyenneté pleine et à une vie descente. Ces droits ne nous seront jamais donnés, ils ne seront obtenus que par nos combats dont l’unification et le moyen le plus rapide pour accéder à nos droits. »

Ce que subit son avocathttp://www.chezvlane.com/2016/11/reflexe-maraboutique-le-... 

......

« Un blogueur mauritanien condamné à mort pour blasphème. », article MondArique, 25-04-2016. (Sauf que le blasphème est une accusation fabriquée.) / « La journaliste Mariem Mint Derwich dénonce avec courage un verdict indigne.»... Citations : L’introduction de MondAfrique :« Un jeune blogueur mauritanien de 33 ans, Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir, avait été arrêté début 2014 pour avoir publié sur internet des propos jugés blasphématoires à l’encontre du prophète Mahomet. Des manifestations demandant à ce que des sanctions soient prises contre Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir avaient alors éclaté dans le pays. Plusieurs ONG dont Amnesty international avaient dénoncé cette arrestation et demandé l’annulation de la condamnation à mort. La Cour Suprême doit désormais statuer sur le repentir du jeune homme »... Le début du texte de Mariem Mint Derwich, poète, journaliste, et blogueuse : « « Ce soir je pense à Mkheïtir qui vient de voir sa peine de mort confirmée / Je pense à ces juges qui sont rentrés chez eux retrouver leurs familles, sans que leur décision ne les dérange et les empêche de manger le repas du soir et de continuer à vivre comme si….! / Je pense à tous ces salopards qui se réjouissent que le sang soit demandé pour un crime de pensée! » (…) « Je pense à Mkheïtir et je pleure avec lui devant tant de haine…. »...  http://mondafrique.com/blogueur-mauritanien-condamne-a-mo... 

L’article se réfère aussi aux posts de Mariem Mint Derwich, poète, sur son journal Facebook. Très suivie elle échange avec de nombreux correspondants et lutte contre les idées obscurantistes de fondamentalistes qui croient appliquer une juste loi divine en voulant mettre à mort un jeune, sous prétexte qu’il a osé penser librement. Mais ceci est présenté comme un blasphème, un crime pour les intégristes qui ne pensent qu’en fonction de ce qu’ils croient être la seule vérité. Quand on lit les posts et commentaires des interlocuteurs à ce sujet on constate que le débat se fait principalement en fonction d’interprétations religieuses. C’est le terrain d’intervention possible. Les arguments rationnels, au nom du respect de la liberté de conscience ou contre la peine de mort, ne sont pas entendus. Et là, ce sont des discussions d’intellectuels. La foule, elle, ne discute pas et demande la mort (mais sans doute manipulée pour qu’elle réagisse ainsi). Le jeune blogueur a des avocats courageux qui se dressent contre une majorité de décideurs de la mort. J’ai lu les explications, aussi, d’un doctorant, spécialiste de la charia, qui cherche à utiliser sa connaissance du juridique religieux pour montrer que, même en s’y référant, la mort devrait être refusée. Les partisans de l’abandon de cette condamnation sont obligés de se situer sur ce terrain. Rien d’autre n’est compris autrement.  

…………….

ARTICLES RÉCENTS, Jeune Afrique, 13-11-2016. Fanatisme. Appel des chefs religieux pour la mort…  http://www.jeuneafrique.com/373557/societe/mauritanie-che... 

360.ma (Le360afrique.com / Mauritanie). Dossier sur le jeune mauritanien. Un article et des liens vers plusieurs autres sur le même sujet. Intervention d’imams mauritaniens pour demander la mort ….http://afrique.le360.ma/mauritanie/societe/2016/11/14/752... 

Dont cet article, avec un signe d’espoir (Des entretiens avec le président laisseraient entrevoir une solution apaisante. Mais l’article dit que la décision est influencée par le poids de pressions opposées : les islamistes, d’un côté, et les pays occidentaux, d’un autre, posant des questions sur les droits humains…)… http://afrique.le360.ma/mauritanie/societe/2016/11/19/766... »

L’appel à la mort des religieux musulmans mauritaniens. AfricaNews, 21-11-16...  « Des centaines de manifestants, ainsi que des clercs se sont rassemblés mardi 18 novembre à l’extérieur de la Cour suprême du pays et ont appelé les autorités à exécuter le blogueur Mohamed Ould Cheikh Ould Mkhaitir, condamné à mort en 2014 pour apostasie après avoir écrit un billet sur l’islam et la discrimination raciale » L’article dit que le jeune blogueur a expliqué qu’il avait été mal compris, qu’il s’était repenti. Repentir obligatoire pour espérer être sauvé : repentir qui fait donner comme « faute « , « péché » , « blasphème » le fait d’avoir pensé et de l’avoir écrit… http://fr.africanews.com/2016/11/21/mauritanie-les-religi... 

Autre fait inquiétant. Même un débat sur ce cas devient scandaleux pour les fanatiques… http://www.fr.alakhbar.info/12018-0-Mauritanie-des-manife... 

La justice de la Mauritanie ne semble pas se préoccuper de l’image désastreuse qui est donnée de son pays. Le pouvoir, pas plus. Et désastreuse, l’image, elle l’est. Mais pour eux, l’enjeu est peut-être de développer encore plus la peur, de donner encore plus de pouvoir aux forces les plus réactionnaires, dans le but de verrouiller les esprits, la pensée, de tout faire passer par le filtre de la norme d’une foi obligatoire (et de l’obligation de la définir dans le même cadre sclérosé).

Mais des consciences réagissent autrement, preuve en est cet appel de jeunes mauritaniens et africains qui ont lancé une pétition. Ils se définissent ainsi : « Active Generation, World wide web activists et jeunes africains défenseurs des libertés et de la dignité humaine. » Lettre ouverte (appel à signatures, car ils ajoutent « avec le soutien de défenseurs des droits humains et de la liberté »). Pétition (voir aussi les pétitions dans la note antérieure, en bas de page, ici) : http://talsou.wesign.it/fr 

Je suis revenue sur la pétition, et j’ai tapé un texte de soutien. Mais il n’est pas passé car j’avais déjà signé, il y a sans doute plusieurs mois… Mon message reste valable : « Je trouve cette condamnation scandaleuse et je pense avec tristesse à l'angoisse qui peut être celle de ce jeune blogueur. La Mauritanie donne une image désastreuse d'elle . Et si elle maintient la condamnation cela voudra dire que l'obscurantisme y règne. J'exprime mon estime pour les consciences libres qui défendent la liberté de conscience de ce jeune et refusent la peine de mort, cette infamie. » Oui, estime, car il leur faut du courage… 

……………..

ACTIONS… 

RSF a demandé l’annulation de la peine de mort. Voir la page « Mauritanie » sur le site : https://rsf.org/fr/mauritanie 

Amnesty aussi a agi : https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/04/maurtana-m... 

et, article à ce sujet…  http://aps.sn/actualites/international/article/amnesty-in... 

Rapport Amnesty 2015-2016, Mauritanie : https://www.amnesty.org/fr/countries/africa/mauritania/re... 

Sur Facebook, un groupe soutient ce jeune. Et une page existe, mais la mise à jour n’a pas de dates au-delà d’avril, à ce jour : https://www.facebook.com/NetuezpasOuldMkheitir/ 

Lutte, générale, pour l’abolition de la peine de mort, ECPM : http://www.abolition.fr 

Lutte contre la peine de mort et la torture, générale aussi, Acathttps://www.acatfrance.fr 

………………………………….. 

SYNTHÈSES

Jeune Afrique... http://www.jeuneafrique.com/319194/societe/mauritanie-con... 

Une page wikipedia donne quelques infos (dont le nom d’une militante des droits humains, menacée par une fatwa), mais la fiche n’est pas à jour… https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Ould_Cheikh_M%27Khe...

Dans cette note, antérieure, du 20-04-2016 (et mise à jour), j’avais mis des infos et des liens vers des pétitions… http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/04/20/ap...

.................................

MISE à JOUR, 1er-12-16... Article récent sur des faits qui peuvent inquiéter...  http://www.chezvlane.com/2016/12/voila-pour-comprendre-le... 

23/11/2016

"Habiter poétiquement le monde", Poesis.

HABITER-LE-MONDE-POETIQUEMENT-COUV-300dpi2-668x1024.gif« Riche en mérites, mais poétiquement toujours, / Sur terre habite l’homme. »

                           Friedrich Hölderlin

(Exergue de l’anthologie-manifeste réalisée par Frédéric Brun, et dont le titre s’inspire de cette pensée d’Hölderlin. Formule, non, bien plus. Fragment d’un poème, « En bleu adorable », et vision-programme.)

...

« …Il faut, sans innocence et naïveté, certes, dépasser ses doutes pour s’offrir un chemin de résistance. » 

                                          Frédéric Brun

(Avant-propos de l’anthologie, « chemin de résistance », car il n’est pas évident de suivre avec optimisme la formule d’Hölderlin. Le manifeste que veut être cette anthologie tient compte des difficultés d’un monde traversé par des laideurs qui peuvent masquer sa beauté, sa possible beauté. Résister par un acte de lucidité, un retour sur soi, une volonté de métamorphose. Pour créer un monde plus juste il faut d’abord se mettre en situation de refus. Résistance contre ce qui doit être refusé, et résistance contre la part amnésique de soi, oublieuse de son essence. Ensuite, alors, créer et agir.)... http://www.poesis-editions.fr/habiter-poetiquement-le-mon... 

...

Cette anthologie, très ample (pas loin de quatre cent pages, 367 exactement) ne donne pas à lire des poèmes (sauf fragments de citations), mais des textes « sur » la poésie. Principalement des écrits de poètes sur leur art, mais pas uniquement : penseurs qui sont proches de la poésie, pour en être lecteurs attentifs, ou pour avoir une conception de leur écriture qui s’en rapproche, et personnalités qui, par leur vision et leur action, tentent de définir ce que peut être « habiter poétiquement le monde ». Ainsi Pierre Rabhi est présent, au même titre que Gaston Bachelard ou Hubert Reeves. 

Des poètes présents dans cet ouvrage je retrouve beaucoup de mes propres références. Ainsi, dès l’avant-propos, et dans la table des matières, je vois mentionnés des noms qui sont aussi sur les rayons de ma bibliothèque (mais je ne les citerai pas tous…). Voici : Joubert (celui des « Pensées »), Baudelaire, Dickinson, Rimbaud, Mallarmé, Rilke, Valéry, Tagore, Pessoa, Tsvetaeva, Artaud, Michaux, Paz, Chedid, Borges, Neruda, Bonnefoy, Aleixandre, Juarroz, White, Glissant, Adonis, Sedakova, Deguy, Cheng, Midal (dont j’apprécie les textes dans la revue « Ultreïa »), Bobin (que je retiens à la mesure des résistances que certains lui opposent au nom d’une fausse rationalité confondue avec l’aveuglement arrogant), Bianu, Velter, Siméon… et d’autres. 

J’aurais ajouté certains noms (Nerval...?!), comme celui de Jabès, par exemple…! Camus manque aussi, et Lorca (son texte sur El duende…!). De même Levis Mano, poète et éditeur génial… Et Maria Zambrano, philosophe espagnole, qui a écrit des pages magnifiques sur la poésie…? Et Anna Akhmatova? J’aurais trouvé le moyen de placer Antonio Porchia… Les « trous » dans mon abécédaire idéal peuvent être dus à une volonté de cohérence intérieure, autre que celle que je projette…

(Mais ce n’est pas mon anthologie… et elle est d’une telle richesse que je reviens à mon objectif : picorer, dans l’ordre, des citations, pour me faire, en feuilleton, notes après notes, comme cela viendra, une anthologie miniature… de l’anthologie. Ainsi, partager un plaisir de lecture, en donnant des bribes, pour mener vers la lecture du livre entier ceux qui auront été séduits par l’entreprise - ce considérable travail de lecture et recherche qui a été produit par Frédéric Brun… Mais l’objectif complémentaire, mais pas secondaire, est d’être passeur de ces messages qui ont un sens politique, bien au-dessus des batailles des égos politiciens. Comme le dit Pierre Rabhi, une façon aussi de faire ma part, ce qui est à la source de la raison d’être de ce blog, et de tout ce que je peux écrire, là ou ailleurs…). 

Pour l’instant je ne vais citer, ci-dessous, que l’avant-propos. Puisque « habiter poétiquement le monde » définit tout autant une conception de la manière de choisir de vivre sur cette planète pour le temps qui nous est réservé que de la manière de concevoir le rôle de la poésie, cette écriture spécifique qui manie les mots mais vient d’un regard particulier d’êtres qui engagent une éthique de vie. Regard, âme, spiritualité, conscience… sont des termes qui peuvent aider à traduire ce qu’est l’expérience poétique, ses liens avec le quotidien banal et la hauteur d’une perception de ce qu’est « être », pas seulement exister. En fait, la mystique (que plusieurs assument en tant que telle pour exprimer ce qu’est leur itinéraire entre ciel et terre) rejoint l’écologie et la politique. Non la politique partisane, mais l’engagement d’un Hugo. Non l’écologie comme une mode sans remise en question profonde, mais une écologie qui est tout autant écologie de soi-même - comme l’affirme Michel Deguy, transformation intime, pas vers autre chose (lire Pierre Rabhi..)…

L’autre nom majeur, ici, fondateur, en dehors d’Hölderlin, est celui de Kenneth White, car si éthique il y a, c’est bien dans la pensée de ce très grand poète, dont l’ambition n’est pas, pourtant, d’être cela (un « grand poète » reconnu, ou simplement connu) mais d’impulser une pensée du monde, dans le monde, solidaire, une « géopoétique » d’êtres incarnés, soucieux de leur planète, et conscients de leur place dans le cosmos. 

Consulter ce site : http://www.kennethwhite.org/geopoetique/   

Et celui-ci : http://www.oeuvresouvertes.net/autres_espaces/white.html 

Pour Kenneth White, « la poésie commence par un refus radical du monde », le monde tel qu’il est, fait par les hommes, pour l’injustice, la violence et la haine (ou l’ennui). Monde mobile, inachevé, il est là pour qu’on le crée et qu’on se crée en même temps, et ainsi qu’on crée les liens avec les autres humains, à la mesure de notre connexion cosmique, puisque nous sommes part du cosmos et devons nous en souvenir, pour devenir qui nous sommes… 

De Kenneth White j’ai envie de copier un poème du recueil « La résidence de la solitude et de la lumière » (William Blake and co, 1978). Car il dit une intention principale, sur quels refus se fonde sa démarche essentielle, et donc sur quelle création fondamentale et fondatrice : 

« Travaillant et retravaillant

   les mêmes textes

   jour après jour

   perdant tout sens

   de ‘production’ et de ‘publication’

   toute idée d’une ‘réputation’ à forger

   engagé plutôt dans quelque chose

   — loin de toute littérature —

  que l’on pourrait pertinemment nommer

  un yoga poétique » 

(Sagesse humble, humble du vrai orgueil d’être, qui devrait être méditée par pas mal de gens qui jettent en pâture des écrits trop imprégnés d’une ambition qui suinte entre les mots et les pages, et nous fait remporter  certains livres achetés par erreur, vers des circuits moins exigeants… Car alors l’âme est désertée, il ne reste que le vide un peu trop « littéraire », au très mauvais sens du terme  ).

Je reviens donc à l’avant-propos de Frédéric Brun (une dizaine de pages).

Après avoir cité de nouveau Hölderlin : « Et pourquoi des poètes en temps de détresse? », il rappelle que « l’habitat poétique exige une éthique », pour laquelle l’homme doit cesser de mettre l’économique en première place, et donc changer de priorités « pour retrouver l’essence de son existence ». Pour cela, notamment, se nourrir de beauté, regarder (« s’en inondant l’âme et les yeux »). Et il conclut : « Cette attitude poétique pourrait, si nous étions plus nombreux à l’adopter ou au moins à en prendre conscience, devenir également un acte politique et écologique qui participerait au changement du monde. » 

15/11/2016

13-11..."Fluctuat nec mergitur". Ne pas sombrer, c'est aussi parler, témoigner...

BD Bataclan.jpg« La pluie de demain lavera les taches mais il restera toujours quelque chose dans nos âmes. »

Sting (Fragile)

« Nous sommes ceux qui restent, suivis par une ombre, tous unis par une même idée : ne pas nous laisser tuer deux fois. »

Antoine Leiris (auteur de « Vous n’aurez pas ma haine »)

...

PAS HAINE.jpgNe pas sombrer, c’est le défi des survivants des attentats. Et chacun trouve la manière de forger sa résistance, de remettre les pas dans la vie, de reconstruire son rapport aux autres, tant avec ceux qui sont directement concernés, victimes ou endeuillés, qu’avec ceux qui ne peuvent pas complètement comprendre, entendre la parole de douleur, le traumatisme gravissime. Choix entre se taire, ou parler. Parole de partage et parole thérapeutique. Solidarité.

Bien sûr, il y a des expériences différentes. Quand la colère domine, et quand la haine affleure, dont il faut réprimer les mots pour ne pas heurter - comme le dit de lui un survivant du Bataclan (dossier de Libération daté 12-13/11, riche de plusieurs témoignages différents) : père de famille qui s’est, de plus, heurté à des rigidités diverses (indemnisation problématique, incompréhensions de la situation scolaire de ses enfants par des acteurs de l’éducation nationale, dans la méconnaissance troublante de ce que sont les traumatismes graves et leurs effets). 

Beaucoup de témoignages sont le signe, le plus souvent, d’une force vitale renforcée : ne pas laisser les assassins gagner aussi contre l’esprit et le temps. 

Refus de la haine, comme l’a exprimé pour tous Antoine Leiris dans sa lettre spontanée, celle qui a jailli dans la proximité de la douleur la plus grande, et dans la conscience de tout ce qu’il fallait préserver pour son enfant… « Vous n’aurez pas ma haine »…  https://www.facebook.com/antoine.leiris/posts/10154457849... 

Cette lettre est devenue un livre, pour aller au plus loin du message… http://www.fayard.fr/vous-naurez-pas-ma-haine-9782213701295 

Et un documentaire a été créé par Antoine Leiris, qui donne la parole à ceux qui ont vécu la même tragédie…   (Rediffusé le 3-12, France 5, minuit)… http://www.france5.fr/emission/vous-naurez-pas-ma-haine 

« Alice et Aristide » est un documentaire de Laetitia Krupa, qui raconte le parcours du rugbyman Aristide Barraud et de sa soeur, survivants tous les deux (il est passé très près de la mort, et en le sachant). Le corps, la douleur, le doute, la peur, le courage, et le désir de rejouer, donc de vaincre tous les obstacles physiques. Pour soi, et pour les autres : être pour autrui ce que d’autres ont été pour lui, des repères de courage, de ténacité devant l’adversité. Et revenir sur le terrain pour tous ceux qui sont morts. Alice, aussi, accepte d’attendre mais pas de ne plus faire ce qu’elle aime, artiste du corps. Et elle va revenir à la vie du cirque… Ne pas renoncer, jamais…. (« On n’a pas choisi ce qui nous arrive, mais on va choisir ce qu’on va en faire», a dit Aristide, pour sa soeur et lui). A voir… http://www.lequipe.fr/Medias/Actualites/-alice-et-aristid... 

« Mon Bataclan » est une bande dessinée de Fred Dewilde, qui fait le récit de son cauchemar de survivant. Le dessinateur se libère ainsi de l’obsession des images : il les transcrit et s’en délivre… http://www.lemieux-editeur.fr/Fred-Dewilde-sortir-du-Bata... 

Voir aussi des vignettes sur L’Express… http://www.lexpress.fr/actualite/societe/en-images-un-sur... 

Trouver la manière de dire c’est trouver (ou retrouver) la matière, sa matière : les pages pour des mots, les crayons pour dessiner, la voix et l’instrument pour le chant, le corps pour la danse ou le sport de compétition, ou les gestes du quotidien d’un travail retrouvé. Je pense à une agricultrice vue dans un reportage, et qui disait « Ils sèment la mort, moi je sème des graines ». 

fluctuat nec mergitur,13 novembre,terrorisme,islamisme,racisme,intégrismes,fragile,sting,antoine leiris,vous n’aurez pas ma haine,solidarité,alice et aristide,laetitia krupa,mon bataclan,fred dewilde,la belle équipe,stade,traumatismes,résilience,douleur,courage,témoignages,noumouké sidibé,ali charrihi,nicole guiraud,fraternité,abdennour bidar,ikhwan,planète soufie,fondation conscience soufieUn livre très précieux, ainsi, celui de Georges Salines : « L’indicible de A à Z », Seuil. Médecin, père d’une victime du Bataclan, et président de l’association 13 novembre, il met par écrit, en abécédaire de fragments médités qui échappent à toute classification de genre, ce qui lui permet de se regarder souffrir et penser, pour que la pensée, justement, demeure possible. Un livre et un engagement irrécupérables… http://www.seuil.com/ouvrage/l-indicible-de-a-a-z-georges... 

L’anniversaire commémoré m’a fait revoir les visages, photographies dans les journaux, souvenir du choc d’alors. Ainsi ceux de La Belle Équipe. Et lire ou écouter les entretiens. La Belle Équipe, le Bataclan, le Stade, les autres lieux. Penser au présent de ceux qui poursuivent, marqués mais là. Attentive aux mots de Noumouké Sidibé, le chef de sécurité du Bataclan, toujours en arrêt, blessé par les soupçons du chanteur du groupe Eagles of Death Metal, blessé par les méconnaissances, et préoccupé par le risque de bascule dans le terrorisme de jeunes qu’on pourrait sauver de cela.

Commémorations, donc (Nice, Paris…). Elles ont été critiquées par certains commentateurs, (trop ceci, pas assez cela) mais les victimes les désiraient et disent en avoir tiré un apaisement. Comme Ali Charrihi, dont la mère, Fatima, est morte à Nice le 14 juillet. L’hommage rendu est pour lui un signe fort : « La nation entière va honorer ma mère » (cité dans un article du Parisien du 15 octobre). Sa réaction à lui est de décider de s’engager auprès de Latifa Ibn Ziaten, mère d’une victime de Mohamed Merah. Lutter contre les radicalisations, tenter de prévenir.

Ondes de choc… Le temps des secousses dure plus qu’on ne peut croire. Ainsi Nicole Guiraud, victime d’un attentat, enfant, pendant la guerre d’Algérie (le Milk Bar, Alger) le dit dans une lettre ouverte à Zohra Drif.  (Zohra Drif avait posé la bombe visant des civils dans un bar recevant des enfants, d’où son nom, et a réagi récemment, agressivement, à la déclaration du père d’une victime du Bataclan qui parlait de terrorisme dans ce cas précis - puisque le terrorisme est défini par le fait d’attaquer des civils, dont des enfants). Nicole Guiraud la désigne comme son bourreau, car les séquelles de son amputation d’un bras demeurent (douleurs, soins). Plasticienne, elle est aussi privée d’une main pour créer. La mémoire du terrorisme elle la retrouve chaque matin. 

Comme doivent la retrouver des personnes en Algérie, victimes des attentats de la décennie noire. (Et le Milk Bar a encore, alors, été visé…). Nicole Guiraud, comme Danielle Chich, a refusé la haine (au contraire, elle a participé à des actions fraternelles de liens entre les rives). Mais elle a fait de la lutte contre le terrorisme son engagement principal, y compris par la création (comme dans son exposition « Survivre »), ou le partage avec des artistes algériennes (comme lors d’une exposition à trois en Allemagne, à Berlin.).

Ondes de choc… autour. Nous, individuellement, et nous, collectivement.

Le risque des fractures intensifiées, sur lesquelles les extrémistes tirent pour les accentuer. 

…Que ce soient les stratèges de l’islamisme, jouant sur la victimisation (inversant les rôles) et glissant petit à petit leurs codes rigides, qui veulent emprisonner les êtres corps et âmes, et les femmes d’abord. Manipulation et taqiya (avancer masqués). 

…Que ce soient les partis d’extrême droite, racistes, et leurs alliés, dédiabolisés ou pas, ou le fatras des complotistes et antisémites.. 

Une réponse est l’écran construit contre les haines diverses, les peurs, les ignorances. 

..Se méfier des obsédés qui pensent tout à travers le filtre de la peur de l’islam (confondant musulmans et islamistes). 

..Se méfier des idéologues complaisants qui se font complice des manipulateurs, par bêtise, conviction, intérêt. Les idiots utiles. A l'inverse de cela, Abdennour Bidar met l'accent sur la fraternité, sans négliger la lutte contre les intégrismes mensongers, et il développe un mouvement de citoyens... https://www.fraternite-generale.fr 

Résister.

Mais résister ne peut faire l’économie d’une vigilance concertée et totale pour débusquer les pièges des totalitarismes concurrents. 

..Soutenir IkhwanInfo (Mohamed Louizi, Soufiane Zitouni, Caroline Fourest, Antoine Sfeir, etc.…)… http://www.ikhwan.whoswho  

..Soutenir les messagers d’un islam du respect, de haute spiritualité humaniste, comme Planète soufie…http://www.aktab.ma/veille/  ou Fondation conscience soufie… http://conscience-soufie.com 

..Faire passer le message aux politiques, contre le clientélisme aveugle et la diplomatie de complaisance. 

..Soutenir les associations qui luttent contre le racisme et les confusions (liste Agir, marge gauche… ici).

08/11/2016

« O-Dieux ». Semblables et séparés, se penser avec le théâtre de Kheireddine Lardjam…

O-DIEUX.jpg« Je veux montrer la complexité du conflit israélo-palestien. J’ai eu l’idée de monter cette pièce à force de discuter avec des jeunes et de constater à quel point ils ne comprennent rien à ce conflit mais le mettent à toutes les sauces. Des enfants ici naissent avec l’intifada dans le sang. »  

Kheireddine Lardjam, metteur en scène, Compagnie El Ajouad. Sur ses choix de mise en scène, pour "O-Dieux", pièce de Stefano Massini...

 

Fiche... http://www.vitry94.fr/actualites/fiche/o-dieu-hors-les-mu...

SITE de la Compagnie El Ajouad... http://www.elajouad.com 

Refus du manichéisme. Une actrice, Marie-Cécile Ouakil, joue les trois rôles (admirable performance...) : une Israélienne pacifiste qui est bouleversée par un attentat, et déchirée entre des émotions et pensées contraires, une Palestinienne future kamikaze, qui est décidée à se sacrifier, mais est elle aussi traversée par des errements intérieurs, et une Américaine qui intervient avec des militaires israéliens, qui voit les deux peuples avec un certain recul un peu cynique. On voit la proximité possible des êtres et le contexte invivable par les tensions et la peur. La mort omniprésente, et finale, absurdement. Le choix de l'actrice seule en scène fait percevoir autrement l'humanité commune. Et l'installation mobile (mise en scène dépouillée) permet de figurer autant les barrages, la symbolique de l'emprisonnement dans les identités et la peur, le quotidien, les lieux des attentats, les autres suggérés et la solitude de chacun dans son destin. Juste la voix, le jeu des gestes pour représenter chaque personnage, à la fois assez différent pour qu’on comprenne et pas trop pour qu’on saisisse la force d’un questionnement qui dépasse le récit factuel mais devient question sur l’essence humaine. Qui sommes-nous? Ceux qu’une identité nationale définit? Une religion? Ou des êtres au-delà de cela qui se sont fait piéger dans des situations qui les emprisonnent dans des cadres identitaires en fait interchangeables?

A peine le bruit des sirènes (police, ambulances, secours, armée) un instant, après celui d'une musique de boîte (où des jeunes tentent de vivre une normalité apparente). Mourir, tuer, deux faces des destins... Pas de parti pris. Le conflit est vu en hauteur : pas de volonté de traduction politique (ou pire, partisane). Mais, comme l’a dit dit le metteur en scène, c’est un regard méditerranéen (donc en empathie avec ceux qui sont pris dans ce long conflit, empathie par commune matrice culturelle, celle de cette mer Méditerranée), celui de l'auteur italien et du créateur algérien, Kheireddine Lardjam, fidèle à son message d'humanisme, de fraternité. On ne nous donne pas à haïr, mais à comprendre.

Nous sommes en face de nos doubles contradictoires, enfermés dans la peur qui sépare, et pourtant si semblables. Même si le « feu » final vient d’une riposte israélienne pour éviter un attentat programmé, on ne doit pas comprendre cela comme une invitation à porter la culpabilité sur Israël seul, je pense. Le croire serait trahir le message d’humanisme. Deux des personnages meurent quand le troisième est un des soldats qui tirent, l’Américaine venue en renfort (et pour la protection de son ambassade, dit-elle à un moment). Un voile posé sur la tête pour éviter la pluie crée une confusion entre la terroriste  palestinienne (kamikaze), décrite par les renseignements, et la jeune femme israélienne. Car les identités sont brouillées, en réalité. Et donc les rôles dont on se vêt. « Feu ». Et c’est la nuit totale, d’un coup, celle de la mort qui hante toute la pièce. Mort choisie pour l’une, mais qui rate sa fin, puisqu’elle est abattue. Mort par le hasard du « mauvais endroit au mauvais moment », pour l’autre, absurdement car ce n’est pas ce dont elle a peur qui la tue, mais une peur plus large, un climat qui fait de n’importe quel autre un ennemi possible. 

Cela parle d’un conflit, mais dans la réalité du monde actuel cela parle de bien des lieux et de beaucoup de sociétés, dont la nôtre. En fait la peur est porteuse de mort. Mais comment lui échapper quand on est devant des menaces? En refusant de s’y perdre…

Volonté de ne pas accepter l’instrumentalisation du conflit israélo-palstinien, ici notamment, piège rendu possible par l’ignorance et qui produit de la haine. Contrairement à l’analyse que j’ai lue dans un article de L’Humanité qui disait que la jeune femme israélienne s’enfonce dans la haine, après le traumatisme d’un attentat, alors qu’elle était une pacifiste engagée, j’ai vu plutôt quelqu’un qui était de plus en plus habitée par la peur, la peur produisant la méfiance, la séparation. Cela peut ressembler à la haine, mais la haine c’est plus violent, viscéral, alors qu’elle continue à s’interroger, déchirée. De même la jeune palestinienne est obsédée par ce qu’elle pense sa mission, être une kamikaze quand elle aura franchi les étapes initiatiques à l’intérieur d’un cheminement de mort, mais elle aussi on la sent déchirée, même hésitante à un moment. Et elles ont les mêmes mots pour se demander si l’autre peuple envahit leur espace, cherchant (d’une certaine manière) ce qu’elles sont. Et on sent la question de l’absurdité des guerres des humains, quand d’autres solutions pourraient tout changer. Absurdité des conflits qui font se heurter des semblables, si proches, mais qui ne le savent plus, et donc si lointains. Tellement semblables que la mort leur prêtera la même identité… L’Américaine, elle, est étrangère aux deux réalités, et cela accentue la proximité, paradoxale en apparence, des deux autres.

………………………

Voir la page du théâtre de l’Aquarium sur O-Dieux, avec des précisions sur le contenu du texte de Stefano Massini.  ... http://www.theatredelaquarium.net/O-DIEU 

Texte posé lors des représentations programmées là, associées à celle d’une autre pièce, Page en construction.

………………………

Page en construction, justement…  Le texte est de Fabrice Melquiot, qui a pris comme sujet la personne même du metteur en scène, qui doit donc jouer son rôle, en maniant humour et émotion, recul et regard intérieur, pudeur et mise à nu. Page en construction (éd. L’Arche, 2015) est une oeuvre passionnante, qui traite de la mémoire personnelle et historique, de l’identité héritée, complexe, et de celle qui se construit, que nous construisons nous-mêmes. Comment on tente à la fois de se défaire des normes imposées, de la subjectivité qui peut trahir le réel, mais en même temps comment on maintient ses repères culturels car ils nous font tenir debout, et comment on respecte sa subjectivité libre, car elle est l’axe de notre individualité. La création a été le résultat d’un dialogue fécond, d’un regard de l’auteur sur son « personnage » qui n’en est pas un. Comme si l’auteur entrait dans les pensées secrètes du metteur en scène comédien, le révélant à lui-même, et éclairant plus que lui. Car les thèmes traités, les questions posées, sont des sujets qui nous concernent tous, et particulièrement dans cette période d’interrogations sur nos appartenances, de risques de fractures entre des pans entiers de la population. Les traces de la guerre d’Algérie (blessures et liens, mémoire familiale), la religion (entre spiritualité et culture) et les projections causées par l’ignorance. La double identité, le métissage, la transmission : ce que l’on a reçu des générations précédentes, et surtout, du père et de la mère, proches ou pas, présents ou pas, et ce qu’on va faire passer de soi à l’enfant. Appartenance à deux rives et imprégnation double des codes parfois contradictoires. Difficultés, et immense richesse. Agacements (quand on croise la bêtise ou l’agressivité). Partage et fraternité. La page qui  se construit c’est à la fois la personne et le pays qui s’invente (en tout cas dont on espère qu’il sache le faire). Espoir possible, inquiétudes. On ne cesse de naître, en fait, car l’identité n’est  pas figée, elle est un processus. Et cela concerne l’aspect psychologique et culturel, mais aussi le corps, qui est une carte à déchiffrer. Pièce d’une forte actualité : comment nous situons-nous? Nous acceptons-nous multiples et nomades, ou nous figeons-nous dans des peurs? Quel rapport entre les rives algériennes et françaises? Et quelles perspectives pour ces pays où nous vivons, ces « ici » mobiles? 

Il faut espérer que cette pièce puisse être découverte par ceux qui ne l’ont pas encore vue. Car elle nous concerne tous. Ce « je » n’est pas un étranger : il nous tend un miroir…

…...

Ces deux pièces qui font partie de la programmation 2016-2017 (voir sur le site de la compagnie) ont en commun des interrogations qui sont en fait celles, fondamentales, d’une possible bascule de conscience de l’humanité (si elle entend les questions, voit l’absurdité créée par les passions, les manipulations, et l’illusion identitaire) ou au contraire d’un risque d’embrasement, si un réveil ne se produit pas, si l’aveuglement général perdure…