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14/05/2022

Poésie. Jeudi des mots. Retour sur le projet de livre solidaire...

Jeudi.pngJe reviens sur le projet d'anthologie en solidarité avec les Ukrainiens, ces Mots de paix et d'espérance. Cette fois pour lancer la bouteille à la mer, avec des extraits de deux poèmes, le mien, Des mots en bleu (ce n'est pas souvent que j'en pose de moi, et c'est bien de corriger ce retrait instinctif de temps en temps...) et celui que j'ai traduit, La guerra, de Consuelo Jiménez (traduction le moins possible littérale). Manière, aussi, de rappeler ce livre collectif en gestation, qui sera publié par Oxybia éditions (Carole Mesrobian). Une lecture est prévue au Marché de la Poésie, le samedi 11 juin, 15h. (Je serai la veille en fin d'après-midi au stand Unicité, avec mes livres, Le réel est un poème métaphysique sort début juin).
Hommage, aussi, cette note, à Marilyne Bertoncini qui a pris le temps de lancer cet appel international et de faire tout le travail qui s'y associe, publiant les poèmes dans l'espace de Jeudi des mots, tout en continuant à agir avec Recours au poème, la revue (co-direction avec Carole Mesrobian, éditrice pour Oxybia éditions, et publiée aussi, notamment, par Unicité), et en menant sa propre démarche de création, poésie et photographie (un livre sort justement, XXL...S, Atelier du Grand Tétras).
Recours au poème... https://www.recoursaupoeme.fr
Jeudi des mots (chercher, marge droite, la catégorie Mots de paix et d'espérance)... http://jeudidesmots.com 
Blog personnel de Marilyne Bertoncini. Minotaura (avec mention de ses dernières publications)... http://minotaura.unblog.fr


Les deux poèmes, CITATIONS... 
Des mots en bleu, Marie-Claude San Juan, extraits

Si j’étais libellule

je partirais

dans le bleu de mes longues ailes transparentes

glissant loin un souffle 

sur le front des enfants d’Ukraine

en magicienne protectrice…

Un souffle 

sur le front de tous.

 

Mais libellule je ne suis pas

ni même serpent bénéfique

pouvant, ailleurs, 

piquer le crâne d’idéologues malfaisants,

insuffler alors un renversement de conscience.


Ni libellule ni serpent,

juste quelqu’un qui écrit.

Refusant les bulles d’enfermement

et souffrant des fêlures du réel

dont les ondes d’horreur 

sont un noir océan de douleur.

(...)

Mais moi, ni libellule ni serpent ni médecin,

juste quelqu’un qui écrit,

je ne veux pas nourrir mon âme de cendres.

(...)

Parole foule, autrement, les poèmes, fils tissant le monde.

Tissu de cris contre la mort.

(...)

Écriture, pour l’instant. 

Peut-être un cri, dans le gouffre de toutes nos voix,

collectif pouvoir.

..................................................
La guerra, de Consuelo Jiménez (poème un peu plus court, je le mets donc en entier)

Un lienzo triste, acopio de nubes grises,

parece maldecir la vida.

Todos los pájaros se han volado,

huyen despavoridos de la guerra.

Ráfagas de metralla devastan un país.

Entre escombros yacen los cadáveres del vulgo.

Me avergüenzo del hombre y sus crímenes.

Existe un ruido atroz en el cielo,

que crucifica  los corazones.

El amor, parece una burla de todos los dioses,

sumido en la garganta del odio,

hecho añicos, va quebrando sin remedio.

¿ A quién rezarle ?

¿ Dónde están los corros de gorriones que inspiraban las calles ?

¿ Dónde ha quedado aquel sigilo calmo de la paloma 

que anidaba en la azotea de cualquier casa ?

Siempre me han dado miedo las gaviotas,

ahora, anhelo su regreso,

planeando sobre nuestras cabezas.

Entre la herrumbre, se escucha el llanto de una madre, 

los buitres siguen sin tener piedad.

En la alcantarilla, asoma otro muerto más.

La que escribe, tiene entre ceja y ceja, al universo.

.............

La guerre, de Consuelo Jiménez, trad MC San Juan

Une toile triste, amas de nuages gris,

semble maudire la vie.

Les oiseaux, tous envolés,

fuient dans la frayeur de la guerre.

Des rafales d’obus dévastent un pays.

Les cadavres gisent entre les décombres, un peuple.

L’humain et ses crimes, de cela j’ai honte.

Atroce ce bruit dans le ciel,

qui crucifie les cœurs.

L’amour, broyé au fond de la gorge de la haine,

brisé sans espoir de salut,

comme une farce de tous les dieux.

Qui prier ?

Où sont les vols circulaires des moineaux, inspirateurs des rues ? 

Où est passé ce discret calme de la colombe

nichant sur n’importe quelle maison ?  

Toujours m’ont effrayée les mouettes,

maintenant j’aspire à leur retour,

planant au-dessus de nos têtes.

Dans l’altération des lieux on entend les pleurs d’une mère,

les vautours demeurent sans pitié.

Des égouts surgit la vision d’un autre mort de plus.

Celle qui écrit porte l’univers, entre ses yeux.

.............................

Volet 7, Jeudi des mots, où on peut lire les deux poèmes en entier, et d'autres auteurs, France et autres pays, dont le texte de Jean-Claude Bourdet et poèmes traduits par Marilyne Bertoncini
(Sur le site  tous les textes depuis le début et d'autres contributions.
 Marge droite, catégorie Mots de paix et d'espérance, volets 1 à 7... )
 
Je remets deux liens posés dans la note sur les initiatives, car ils complètent le message.
 
Alors je vais en parler. Un poème de Serhiy Zhadan, poète ukrainien, Jeudi des mots, 28 février 22... 
 
Le mur Lennon, à Prague, recouvert de poèmes envoyés du monde entier. Présentation de l'événement par Marilyne Bertoncini, en relation avec son projet, livre collectif de pages pour la paix en solidarité avec l'Ukraine. Suit le poème de John F. Mc Mullen, La communion des poètes, qui convient pour Prague et pour le livre en gestation. Jeudi des mots, 7 avril 22...

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