Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/11/2020

ACTU. Le temps qu'il fait, entre pandémie, complotisme, et terrorisme islamiste...

1 Courrier intcouv-ok_1.jpgSi l’homme veut se faire Dieu, il s’arroge le droit de vie ou de mort sur les autres. Fabricant de cadavres, et de sous-hommes, il est sous-homme lui-même et non pas Dieu, mais serviteur ignoble de la mort.
                                                                  Albert Camus, L'Homme révolté
 
 
Alors justement il faut vivre.
Patrick Pelloux, Urgences de vivre
 
................................................................................................
Note sur le climat actuel. Deux parties dans cette note.
. Terrorisme, islamisme, idéologie… Mais s’il faut critiquer que ce soit sans haine, car autrement on continue à porter les germes de ce qui tue.
. Épidémie, confinement, antivaccins, complotisme.
 
Je reviens sur des faits récents, des sujets présents dans notre actualité. En note de blog je n’aime pas l’immédiateté des réactions. Notre horizon est fait de pandémie et confinement, de diffusions complotistes, de terrorisme, et de débats sur les pressions idéologiques de courants identitaires islamistes, qui nourrissent le terrorisme. Sur ce dernier sujet ce sont souvent des intellectuels de culture musulmane (croyants ou agnostiques ou athées) qui savent le mieux en parler, ne tombant pas dans le piège de la crainte d’être taxés d’islamophobie. Et connaissant de l’intérieur la culture (dont la pensée des gens simples) ils évitent aussi les projections et rejets. Ils refusent l’amalgame que font les islamistes entre musulmans et islamistes (pour reporter sur toute une communauté le fantasme de stigmatisation quand seuls eux sont dénoncés). Mais hélas la porosité est aussi un fait entre une population attachée à sa croyance et des idéologues qui veulent la capturer. 


Mon premier post, sur Facebook (après un long temps de silence et suivant l’horreur des derniers attentats, dont l’assassinat terrifiant de Samuel Paty), fut pour dire mon refus de parler, alors, de ce que j’ai pu publier récemment (poésie), et la difficulté à sortir du silence quand les mots semblent impuissants.
Je reprends ce que j’avais écrit : 
Pas envie de parler du confinement et des nécessaires mesures à  respecter par civisme et aussi par souci de soi. 
Pas envie de publier un texte lu, si beau soit-il, qui soit une manière d'échapper au réel immédiat, s'il parle d'autre chose que ce qui nous sidère.
Et pas d'humeur à prendre du temps pour évoquer mes propres récentes publications, pour l'instant je trouverais cela indécent.
Je préfère partager un communiqué du Comité Laïcité République, qui pose les questions adéquates. "Plus de place, dit-il, pour les idiots utiles et les accusations d’islamophobie"…  https://www.laicite-republique.org/face-a-la-barbarie-plu...
 
J’avais associé à cela deux hommages.
De Damien Saez , chant pour les victimes du 13 novembre… 
Et
d'Olivier Steiner, un excellent, et long, texte publié par Diacritik, hommage et profonde réflexion : "Cent trente"...
Mais il faut donner à lire des analyses sur les questions idéologiques relatives à l'islamisme qui nourrit le terrorisme… 
Ainsi…
"Les mots laïques de l'écrivain", de Kamel Bencheikh.  Voir notamment ce qu'il dit de l'islamogauchisme...
Il écrit ceci dans une note introductive : "Tout dire, et le dire à ma façon, voilà ma spécialité. Cette certitude absolue. Difficile d’en démordre quand on a soif de vérité et de liberté."
Voici une parole d'écrivain qui sait que parfois on doit poser d'un côté ses textes littéraires et prendre le temps d'inscrire ce que l'éthique et la raison exigent de soi sur l'autre part du réel, celle qui met en danger justement toute poésie et toute beauté. 
https://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-mots...
De lui aussi, cette chronique sur les pressions antilaïques…
Et "La critique sauve les religions de ce qui les menace", voici ce que dit Rachid Benzine, islamologue… Page FranceInfo… 
Aussi…
Une chronique d’Amin Zaoui, sur Liberté-Algérie (où il publie régulièrement) qui évoque la rupture entre, d'un côté, les fanatiques religieux, et, de l'autre, les trois espaces pour une pensée libre : philosophie, poésie, laïcité.
Éditorial, Liberté-Algérie, par Hassane Ouali, "Gagner la bataille idéologique" (texte écrit après l’attentat de Nice). Ne pas faire l’erreur de cibler les musulmans en tant que tels, dit-il, mais mener la lutte "en amont", "sur le front idéologique".
De Kamel Daoud, "Il faut démanteler l’islamisme". Document audio, et page avec citations…  
Mohamed Adel Mtimet, chercheur, ne considère pas qu'il ne faut pas parler d'islamisme...
"Islam et dissonance cognitive"... Tribune de Maya Ksouri...
Cela date de 2015, et de 2016, mais c'est un témoignage important. D'Ahmed Meguini... 
et sur Huffingtonpost...
 
Puis... 
Entretien avec le préfet Michel Delpuech qui met en garde contre les remplis identitaires et l’islam radical… 
Didier Daeninckx, écrivain :
"Qui aurait pu imaginer que la gauche se déchirerait
à propos d’un délit imaginaire forgé par
des assassins ?"(Et liens vers d’autres articles)…
https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/28/didier-da...
Et enfin, un dossier du Courrier international… Texte introductif, et des liens...
Mais, hélas, un entretien qui est un des textes qu’on peut lire dans la presse pour mettre en question les refus exposés par les laïques… 
Très discutable développement d'Edgar Morin, penseur dont l'apport est pourtant indéniable, mais qui, dans cet entretien du Monde reprend, au nom de la pensée complexe, les clichés de bien des aveuglements. Alors qu'on pourrait co-signer plusieurs passages, pour l'ouverture qu'il veut affirmer et le respect d'autrui, et adhérer à l'intention générale, la volonté éthique, la référence à Montaigne et Spinoza, le refus d'une hystérie collective née de l'émotion (assassinat et caricatures). 
Dans la masse du propos il glisse cependant des éléments très problématiques. Et ce texte résume les enjeux du débat sur ces questions. Non, le terme "islamisme" n'occulte pas la "diversité" musulmane (ce mot nomme l'idéologie mortifère qui nourrit le terrorisme, c'est factuel). Non le terme islamo-gauchisme ne correspond pas à une réalité imaginaire. (Il n'y a qu'à voir les récentes déclarations d'un Aurélien Taché,  qui voit jusqu'à la polygamie comme une pratique culturelle qu'il faudrait tolérer...! Et le reste est du même ordre). Par islamogauchisme (qu'Edgar Morin repousse comme faux constat : "notion imaginaire", voir citations plus bas) on désigne l'idéologie de ceux qui, sous prétexte de respecter les musulmans et l'islam (et pour plaire à une clientèle électorale aussi) font plus que flirter avec le fondamentalisme le plus réactionnaire et les thèses islamistes les plus indéfendables. On peut dire islamisto-gauchisme, si on préfère, mais le sens est le même. Autre exemple d'islamo-gauchisme : les Verts et leurs positions diverses dans les municipalités...
Dire qu'il y a une "islamophobie" grandissante est une erreur de vocabulaire et d'analyse. L'islamophobie est un terme qui est utilisé pour refuser toute critique de l'islam. Or la critique des religions, et des idéologies associées, est un droit. Ce qui grandit c'est la colère contre les idées qui nourrissent le terrorisme. Et contre les pressions des fondamentalistes musulmans pour imposer leurs codes. Comme le voilement des femmes, qui est un marqueur d'oppression, en France comme en Iran ou ailleurs (pas une "liberté" à conquérir ou imposer en France). Si les femmes iraniennes se révoltent contre ça, courageusement, c'est pour le dire.
La pensée complexe trouve ses limites (hélas) dans l’idéologie. Car le problème n’est pas que "le fanatisme meurtrier", il est ce qui le fonde, et l’emprise contagieuse sur les êtres. 
Article du Monde, donc... Entretien, par Nicolas Truong.
Citations (Edgar Morin) : 
"Le mot 'islamisme' occulte cette diversité pour n’y voir que prosélytisme et refus de démocratie et de laïcité." (...). "Je suis pour la liberté des femmes qui se dévoilent en Iran et pour la liberté des femmes qui se voilent en France. Voilà 'd’où je parle' : ni islamiste ni gauchiste, mais montaigniste et spinoziste. Aussi je souhaite que nous regardions la situation dans toute sa complexité. Ce qui n’atténue en rien la condamnation du fanatisme meurtrier des djihadistes islamistes." (...) "Cet assassinat suscite une immense émotion chez les enseignants et dans toute la société. Elle déchaîne les dénonciateurs du  'laxisme officiel' et de la complaisance islamo-gauchiste (notion imaginaire qui unit en elle deux termes considérés comme horrifiques)." (Lecture critique confirmée par ces citations, hélas)...
Lien… 
D’autres faits sont intervenus. Une atroce pétition contre Hassen Chalghoumi, motivée souterrainement par ses positions de paix, son engagement contre l’islamisme et son refus de l’antisémitisme. Il s’exprime simplement, comme il l’a fait pour dire sa compassion et colère au moment de l’assassinat de Samuel Paty. Ce n’est pas un intellectuel, certes. Et alors ? On peut ne pas être d’accord avec certaines de ses positions, oui, mais ce n’est pas le sujet.
Désolante pétition qui cible quelqu'un de menacé de mort, déjà, par les islamistes. B. Khiari donne des réponses erronées à  Marianne. Hassen Chalghoumi est bien moins présent que d'autres dans les médias (on lui reproche de l'être trop). Ce qui dérange c'est son message de fraternité et l'estime que lui portent ceux qui combattent l'islamisme. Il n'est peut-être pas un théologien érudit (et peu importe) mais il a su  trouver les mots qu'il fallait pour réagir à l'assassinat immonde de Samuel Paty (et aux autres attentats) avec le cœur et l'idée qu'il se fait de sa religion. Ce n'est pas par hasard que les islamistes le détestent. Ce n'est pas un islam spirituel et fraternel qu'ils veulent promouvoir, comme lui le désire, mais une force politique totalitaire. 
On lui reproche parfois de ne pas être un "vrai" imam. Sauf que nombre d'imams sont autoproclamés, et que le titre est relatif. Il s'est pourtant formé. Et on peut le préférer de loin aux nombreux imams fonctionnaires turcs, payés par le pouvoir d'Erdogan et faisant sa propagande. 
Ce qui est très problématique c'est ce que révèle le nombre de signataires : la porosité entre ces courants haineux et des croyants qui ont pourtant parfois d'autres discours mais qui se laissent entraîner dans un soutien objectif du pire. Ce qui apparaît aussi c'est le rôle toxique de personnalités qui naviguent entre religion et politique (du Sénat à  l'ICI, par exemple, ou inversement). Et enfin on a là l'image de réflexes communautaires qui font perdre toute rationalité et toute éthique.
Pas de pétition quand Ramadan paradait chez Taddeï et ailleurs, parlant de moratoire pour la lapidation des femmes...
Pas de pétition contre d’officielles associations tenues par des islamistes.
Pas de pétition contre l'imam qui a diffusé la vidéo de menaces contre Samuel Paty.
 Choquant. Et plus.
Le post introductif de Marianne : 
"Une pétition circule contre l’imam Hassen Chalghoumi, menacé de mort depuis longtemps par la galaxie islamiste. Cette fois, une personnalité proche d’Emmanuel Macron, Bariza Khiari, membre du bureau exécutif de La République en Marche, ex-vice-présidente du Sénat, signe et relaie ce texte dangereux... Nous l'avons contactée".
Et, ce qui est très décevant, car ses déclarations sont souvent autres, Ghaleb Bencheikh a, dans un entretien dans TSA, Algérie, attaqué durement Hissen Chalghoumi mais aussi la France, en parlant de haine des Français contre les musulmans. (Voir aussi l’autre article donné en lien, sur un choix de la FIF, et une rencontre en septembre avec la FIM, aux responsables et orientations problématiques…). 
Sur tous ces sujets, voir aussi le blog de Naëm Bestandji (ou ses posts sur Facebook).
………………………………………………………………….
.........................................................
 
2 vignette Le Un.pngPandémie, vaccins, et COMPLOTISME.
 
L’autre face des blocages idéologiques, le complotisme...
Défiance, soupçons, inventions, rejet de la science, la raison est loin. S’il est légitime de se questionner au sujet des événements perturbants, anxiogènes, liés à la pandémie, on peut s’inquiéter de la manière dont certains instrumentalisent les craintes pour faire passer leurs thèses, très liées à des intervenants d’extrême droite se faisant passer pour des connaisseurs (qui cachent autant qu’ils le peuvent leurs orientations politiques). Cependant leurs publications sont aussi diffusées par des gens qui ne se situent pas ainsi, mais se disent et se pensent de gauche, signe des porosités idéologiques quand elles s’appuient sur des émotions de même nature, comme le malsain ressentiment. Comme toujours le complotisme utilise un habile mélange de faits et de mensonges, et cible des personnalités pour des raisons qui n’ont souvent rien à voir avec le sujet, ou en inversant le sens de leurs idées ou actions. En général des personnalités juives sont ciblées, car d'un complotisme à l'autre l'antisémitisme n'est jamais loin (et si on regarde les liens et réseaux, le négationnisme non plus).
couv courrier science.jpgUn film, diffusé largement et qui se dit une démonstration d’un complot mondial lié au Covid, est un délire qui veut faire croire qu’il y aurait une volonté génocidaire pour éliminer les pauvres devenus inutiles. Inutilité des humbles fantasmée, comme le confinement a pu au contraire prouver l’importance des métiers qui permettent à tous de survivre. Le but réel de ces intox est politique : déstabiliser les démocraties. 
Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, analyse les racines du complotisme et traite du ressentiment. Mais elle évoque aussi les failles qui rendent cela possible. Dans l’incertitude certains cherchent à affirmer une maîtrise, même dans la paranoïa. Elle critique le « rationalisme gestionnaire » qui ne permet pas de répondre aux craintes et besoins, et elle fait référence au message freudien pour « activer les forces de sublimation des pulsions ressentimistes (culture, éducation, soin) »,  et ne pas tout estimer par l’ordre du « quantitatif ». Elle parle aussi du langage, de sa « désubstantialisation » (« novlangue, langue de bois, double langage » )… 
Sur la question des antivaccins, lire aussi ceci…
"Le succès interpellant des antivaccins"… Page du CCLJ belge...
On trouve à lire pas mal de démontages des thèses complotistes. Et des analyses critiques sur Conspiracy watch… 
Le Un a publié un dossier sur le complotisme… 
"Voyage au cœur du complotisme"...
 
Et Courrier international sort aussi un numéro sur la science.
"Comment la science peut nous aider."..
..............................................
Mise à jour… 17-12-20
 
Islamisme… 
Puis vaccins (des réponses contre le complotisme, et des faits).
 
Islamisme. Une chronique du 07-12-20, parue sur le site du CCLJ, Centre juif laïc belge… 
Une guerre sans arme mais non sans munitions...
Par Willy Wolsztain (Opinion).
Il commence par rappeler la décapitation du chevalier de la Barre, en 1766, pour avoir profané un crucifix, avant d’évoquer la tragédie de l’assassinat de Samuel Paty, en octobre 2020, 250 ans après… C’est une critique argumentée de l’idéologie qui nourrit le terrorisme, ce "fatras" obscurantiste qu’est l’islamisme.
Et un choix affirmé de la réponse qu’il faut faire : "Quand les tueurs islamistes passent à l’acte, il est trop tard. D’où la nécessité d’assécher le marais où fermentent les idées mortifères. Cela fera l’objet d’un prochain article. Car si l’ennemi possède ses munitions, nous possédons les nôtres. Encore faut-il vouloir s’en servir."
…..
Vaccins. Des réponses simples à certaines questions (parfois 
légitimes, parfois avec des arrières-pensées complotistes…
si on voit les commentaires étranges sur la Toile)...
Marianne... 
https://www.marianne.net/societe/sante/va-t-il-modifier-m...
Le Parisien…. 
https://www.leparisien.fr/societe/sante/effets-indesirabl...
Car les anti-vaccins peuvent être de dangereux activistes, 
pour certains, quand d’autres sont des oublieux de l’histoire.
Ainsi...
https://www.leparisien.fr/societe/une-balle-dans-la-tete-...
Un rappel. Ou comment des créateurs de vaccins font la 
preuve de leurs motivations éthiques…
Albert Sabin, médecin juif né en Pologne, réfugié aux USA. 
A découvert le vaccin de la poliomyélite, et refusé de déposer
le brevet pour qu’il soit à la portée de tous. Et sauver des gens...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Sabin 
(Alors que les complotistes inventent qu’on veut vacciner 
pour tuer, exterminer, accusant des éveilleurs de conscience...).

Écrire un commentaire