Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/06/2016

Deuil de blogs... Certains s'arrêtent et c'est annoncé, certains disparaissent en silence. Et parfois c'est la mort....

mms_img-2058331286.jpg

 

 

 

 

MUSIQUE, Andalousie, fraternité. Il y avait un blog au nom héritier de l’Andalousie et de la pensée de Lorca. Une page sur "El Gusto", et le mot qui rejoint, en sens algérois, la signification  du duende andalou. La musique, et Enrico Macias, plus comme musicien que chanteur (chanteur aussi mais importance donnée à sa musique, à son orchestre andalou). 

Mais elduende.musicblog.fr ne peut plus être trouvé. La blogueuse l'avait écrit, disant qu'elle pensait arrêter, sans cesser d'aimer ce qu'elle aimait, fidèle à ses passions. Lassitude. Impression d'écrire dans le vent, dans la solitude, sans vraiment beaucoup de retour. Pourtant son blog était consulté. Moi je l'aimais particulièrement. Mais c'est vrai qu'on peut apprécier sans forcément commenter et contacter... Les notes sont des bouteilles à la mer, qui trouvent des échos inconnus souvent. Et puis, le temps… Elle tenait ce blog depuis longtemps, je crois, et voulait passer à autre chose. Mais c'est dur de découvrir que, voilà, c'est fait, le blog n'apparaît plus que par traces où plus rien ne peut se lire, mais où on voit qu'il y eut là des signes, du langage, des émotions, de l'amour... 

Le BLOG El Duende, était sous-titré « Enrico et nos Andalousies ». Mais malheureusement les liens renvoient maintenant à un blog musical qui n'a rien à voir... 

On y trouvait beaucoup de références, de vidéos (souvenirs et actualités). Ainsi « Joselito chante toujours », (celui qu’on nommait autrefois « l’enfant à la voix d’or »). Dans la riche rubrique « Andalousie », il y avait un montage sur la ville de Grenade, en vidéo, avec, en fond musical, « Granada », avc la voix de la blogueuse, musicienne. Pour comprendre cette notion de « duende »  il faut se référer à ce qu'en dit Lorca (un feu créatif intérieur, qui est, ou pas : s'il est il y a art, et sinon, rien). Les thèmes  du blog étaient : l’Andalousie, et Enrico Macias  (passion qu’on retrouve souvent chez des blogueurs soucieux de culture andalouse et d'humanisme). Parmi ses catégories  (nombreuses) : chanteurs, musique maghrébine arabo-andalouse, chanteurs pieds-noirs, Enrico Macias et l'Andalousie (bien sûr). Mais aussi sa région en France (la Charente) et divers coups de coeur et coups de colère, comme celui-ci, notamment, qui va si bien avec les valeurs andalouses, affirmées dans une note ("Nous sommes tous des terriens"), et sur le profil.

...............

BLOG Kdi.musicblog  (« Enrico et moi »). Ce blog aussi a disparu (cela tient peut-être à l'hébergeur, le même que celui d'el duende...). 

Le blogueur « kdi » (Khadi), lui aussi, s'intéressait, dans son blog, à la culture plurielle d'une Algérie fraternelle, diasporique ou pas. (Une vidéo présentait un moment d’interview où est évoquée la ville d’Enrico Macias : Smaïn sur Constantine et Enrico Macias - interviewé par « kdi »). Chez lui aussi beaucoup de notes sur Enrico Macias, dont les dernières informations. Dans ses derniers posts, des infos sur les albums de Macias, et une photographie de la maison d'Enrico Macias à Constantine (lui, Khadi, devant la maison d'Enrico Macias à Constantine). Sur son blog, se mêlent Algériens natifs de diverses origines (Algériens et Pieds-Noirs), mais aussi (êtres et visages, peu importe d'où), d'autres artistes, dont Pierre Perret. Parmi les rubriques, l'Algérie, et sa ville de naissance en France, Thionville (plusieurs notes pour ces deux références). Fraternité... Et, pour des amis, il chante Enrico Macias.

...............

Autre disparition (mais apparemment programmée dès le début...), celle d'un blog littéraire très fourni. "La ruelle bleue". Voici la note (mise à jour, éléments sur les difficultés et enjeux)... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/11/22/la-ruelle-bleue-blog-litteraire-en-exergue-kafka.html

...............

Et cette fois c'est un blog hébergé par hautetfort. qui s'est arrêté.. Dont je voyais l'annonce de ses mises à jour passer parfois...

Les SONGES d'une NUIT. Blog de Pôl Kraly (son pseudo de blogueur). Des notes jusqu’en novembre 2016. Il y a une démarche très personnelle, une recherche. Pages méditées qui cherchent une cohérence entre exigence spirituelle et éthique laïque. Beaucoup de citations, poésie très présente, et des notes sur la spiritualité, ou même l’ésotérisme (ou des approches moins conventionnelles). Puis une
dernière note qui est un adieu, pour dire l’interruption du blog, qui reste cependant disponible, avec toutes ses notes déposées régulièrement, longtemps. Donc, le 29-11-2016, "Clap de fin", pour dire qu’il n’y aura plus de signes : "Une nouvelle aube se lève… et je dis adieu à ce blog tant aimé", car "je dois aller vers d’autres chemins’". C’est signé Franck, qui  ajoute "À bientôt sur d’autres chemins"… Il nous laisse toutes les notes à consulter, les poèmes à lire, les livres mentionnés, et des liens (sites et blogs, où Trames nomades est dans son choix)…  http://lessongesdunenuit.hautetfort.com/archive/2013/12/1...

...............

D'ailleurs cela pose un vrai problème de la mémoire (de la trace) de ces oeuvres qui ont accumulé des connaissances, des références, des pensées... Et qui disparaissent complètement. Deuil à faire d'un lien et de tout un tissu de pages croisées.

...............................................................................................................................................

Emotion triste aussi - c’est autre chose - quand des sites ou blogs sont arrêtés par la mort du blogueur (forcément cela arrive : ainsi « Pataouète », arrêté tout d’un coup). 

Deuil, en 2011, de Pataouète, le blog de Bab-El-Oued, "patawet", celui d’Yves, natif d’Algérie, qui dit l’exil et la fraternité. Blog d’humaniste. Blog de quelqu'un ayant mémoire du passé réel, et coeur ouvert. 
En septembre 2011, le blog s’est tu. Puis des proches ont dit le décès. Et posés des messages. Même au moment de l’assassinat des journalistes de Charlie, pour dire qu’il aurait été Charlie, lui, comme les siens.
Page 1. L’expression du souvenir, 2018, 7 ans déjà… Quelques notes.
Page 2, Plusieurs notes des proches endeuillés, dont une de son frère, brève, pour remercier ceux qui visitent encore le blog, une d’un ami aimant le sport (souvenirs partagés), Claude, et un poème de Daniel Ruig, sur un rêve où il planerait au-dessus d’Alger, dans leur terre natale, une lettre d’une amie peintre, et une de ses neveux… Des adieux. Et le blog est une mémoire..
Page 3. Message de sa femme, et d'elle et sa fille,en commentaires.
Page 4. Ses dernières notes, juillet-août, peu. Émouvantes, l'hôpital.
Pour lire les hommages, il y a une catégorie (liste en marge : "A YVES Hommages’" 
...J’ai regardé les tags (les mots clés, qui disent l’univers d’un blog, ce qui revient le plus. Les siens sont : Algérie, pataouète (la langue),Alger. Et je trouve aussi : hand, Berbères, Camus, Chaouis… Parmi les listes (catégorie, liens), une est consacrée à l’Algérie.
 
...Et la note que j’avais faite, plus tard, ayant su la mort  du blogueur (des silences m’avaient inquiétée) : je ne le connaissais pas, mais son univers m’était familier, et je l’avais découvert par le mot "pataouète", sans doute en faisant des recherches sur ce sujet de la langue populaire de l’autre rive… http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2012/03/18/pataouete-sur-hautetfort-com-le-blogueur-n-est-plus-la.html
 
...J’espère qu’hautetfort va le maintenir en ligne. Car les notes nombreuses peuvent être consultées. Et c’est un espace de cet univers collectif, divers, qui est encore enrichi par les pages qui sont là… 
……………………………...........................................................................................................................

Et tristesse autrement, quand des blogs perdurent, mais silencieux depuis... un an, deux ans, ou plus. Et on ne sait pas pourquoi ce silence : lassitude, maladie, dépression, ou mort ? Et même si en fait c'est le contraire, une vie passée à autre chose, qui prend le temps de s'échapper autrement... même cela est en rapport avec la mort, la fin, la disparition, l'éphémère... J’en connais un, de blog, entre vent et poème, ainsi silencieux. Quand je le consulte (archives riches) je parle en moi à la blogueuse (« Où es-tu, toi? », « Et qui maintient ce blog alors que tu ne parles plus? »), comme à une amie qui manquerait, une inconnue familière qu’on aurait aimé rencontrer…

Leçons de sagesse. Oui, rien n'est éternel, et encore moins dans cet espace virtuel. Et nous, pas plus. Car dans le miroir c'est notre propre finitude qu'on voit, et la sagesse n'est pas toujours au bord des yeux. Cependant il y a un autre questionnement, qui n'est pas personnel, pas pour une peine individuelle. La toile tissée est une oeuvre collective. Pourquoi perdre ces fragments? Pire quand ces fragments sont la seule mémoire de lieux, le seul témoignage de certains vécus collectifs, de certains exils. Le témoin meurt avec sa mémoire, et personne ne pourra tracer à sa place l’identique... Il manque quelque chose dans ce domaine.

Brisure, brisures. Justement, le traduire avec cette photographie, née de la trace d’une violence de rue. Vitre brisée, mais qui tenait encore. Cependant, en me déplaçant, le regard sur un éclat agressif s’est métamorphosé en vision de mandala, rayonnement partant d’un centre pour créer une étoile, métaphore d’un cosmos lumineux… accidenté par les consciences en recherche de sens. Même le hasard des signes nous enseigne. 

22/11/2011

La Ruelle bleue, blog littéraire. En exergue, Kafka…/ (Blog né en 2010, fermé en 2013, voir la note mise à jour)

RUELLE.png

« Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous »

                              Kafka 

Ce blog a été fermé en 2013, après trois ans d'activité, et à la place on trouve maintenant une offre de vente de l'espace. Mais je ne supprime pas cette note. (J'ai fait une mise à jour en relisant et supprimé les liens devenus inutiles) car c'est en même temps une information sur la vie des blogs. Reste l'exergue, des traces ici, et un entretien intéressant (ci-dessous, lien toujours actif) qui permet une réflexion sur ce qu'est bloguer (et surtout en sachant que le blog n'existe plus).

La Ruelle bleue était un blog littéraire :  (celui d’une lectrice, pas d’une critique, c’est ainsi qu’elle le définit, même si la profession qu'elle veut faire est en rapport avec les livres).

L’exergue était cette phrase de Kafka que j’apprécie particulièrement. Comme c’est juste… Bonne idée que mettre cette pensée en exergue d’un blog qui dit l’amour de la  lecture. Oui, si un livre n’est que de la confiture tiède, peu importe qu’on le lise ou pas : il ne changera rien, ne donnera ni force ni courage ni lucidité ni joie ni rien. Secouer, bousculer, questionner, heurter, voilà ce que doit faire un livre.

En accueil il y avait l’image bleue d’une femme qui tend une coupe. Beau symbole : don, offrande, nourriture intellectuelle partagée, curiosité offerte pour enrichir autrui… Le bleu de l'illlustration, le bleu du nom. Bleu? La mer du voyage? Le ciel du rêve? Couleur froide, dit-on, que la symbolique associe à la spiritualité, à la réflexion, au mystère, à l'incertitude... Beau symbole, donc, doublement.  

J’avais découvert ce blog en fouinant sur la Toile, pour lire des articles sur le livre d’Arturo Pérez Reverte, Cadix ou la diagonale du fou. Et, parmi d’autres pages, j’avais trouvé celle-ci. J’ai d’abord repéré l’exergue, en ouvrant le lien… Nuage de mots-clefs (ou « tags »), en accueil (comme sur tous les blogs, et cela fait toujours sens). J’en avais relevé certains : Actes Sud, adolescence, altérité, coup de cœur, création, détresse sociale, enfance, engagement, politique, Europe, existence, femme, Histoire, intrigue, quête d’identité, quête initiatique, racines…

ENTRETIEN. « Qui se cache derrière La Ruelle bleue ? ». Par Stéphanie Joly, sur pariscilaculture.fr

Stéphanie Joly avait questionné la blogueuse. Dans les réponses données on voit les raisons qui lui feront effectivement arrêter le blog.
Blog littéraire mené de manière presque professionnelle dans une période de transition (elle dit que ce fut sa motivation première, structurer son temps libre, ensuite seulement est venu le goût du partage (dont elle dit qu’il se fait plus en coulisses que par des commentaires : oui, c’est souvent le cas). 170 notes rédigées en un an, essentiellement sur des livres lus (le blog existait depuis 2010). C’est un rythme impossible à tenir si on a une activité autre. Il faut au contraire laisser du temps vide, n’écrire que lorsque cela est senti comme une exigence. 
Elle parle ensuite des contacts, des opportunités nés de cela, et à la question "Envisagez-vous d’arrêter un jour ?" elle répond que oui. Car "La gestion d’un blogue est très chronophage." (C'est vrai, il faut donc faire des pauses et ne faire des notes que choisies très consciemment). Mais elle parle aussi de doutes au sujet de sa légitimité critique (car c’était l’axe unique de son blog). Pour le reste c'est lisible sur le site... Cet entretien est toujours en ligne (vérifié encore début février 2020...). http://www.pariscilaculture.fr/2011/10/qui-se-cache-derriere-www-laruellebleue-com/

On trouve la trace (liens et textes) de titres de notes de 2010, et de quelques lignes (de décembre à août) sur un blog qu’elle devait tenir sur Médiapart. Même nom (et l’image bleue, profil-signature, se devine). Une vingtaine de notes dont une sur la rétrospective du photographe André Kertesz  (majeur, pour moi), une sur Jack Kerouac, et enfin une page  sur un thriller de David Peace, Tokyo ville occupée. Cependant le renvoi vers un blog inactif ne permet pas une lecture complète, ou donne une page vide.

cccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccccc

MISE à JOUR... La Ruelle bleue a mentionné (2013) que les publications s'arrêtaient après trois ans d'activité intense... Les 280 articles sont restés lisibles un certain temps. Mais c'est terminé.