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30/10/2015

"Des âmes et des corps"...

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"Le grand péril de l’humanité, c’est que la nourriture des hommes est entièrement faite d’âmes". Pierre Michon reprend la citation d'un chaman Inuit, citation qui est importante dans le livre de Philippe Dessola, dans sa chronique du Monde du 11-09-15, au début de sa recension de Par-delà nature et culture (Folio/Essais/2015)...  http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/09/10/on-repren... .


Et, continuant son analyse, en profondeur, Pierre Michon note :  « Nous redoublons les formes qui ensachent notre âme commune. / Ainsi parle l’animiste. De ce "scandale logique", dit Philippe Descola, est née l’anthropologie. » Donc, notre pensée clive Culture et Nature, système duel que l’auteur du livre laisse pour étudier ce qui, selon lui, organise vraiment notre réalité et sa perception : le partage entre les âmes et les corps. Les ontologies diverses se définissent suivant leur conception d’une continuité ou discontinuité de cette réalité duelle : animisme, naturalisme, analogie, totémisme. 

La chronique redonne une définition de ces différentes approches du réel, faisant la synthèse de l’étude développée dans l’ouvrage. 

Je n’ai pas encore lu ce livre (une somme de 794 p.) mais le lirai. Déjà les questions font trace… De toute façon, l’animisme, qui accompagne toute lecture anthropologique du monde, est présent dans d’autres espaces où le rencontrer : ainsi, l’univers des pratiques chinoises gestuelles et méditatives est celui d’une ontologie animiste, et, de même, la parole de « sages » se référant à des expériences mystiques ouvrant la conscience à un autre regard sur le monde, les choses, la nature, et les êtres qui y vivent, animaux ou humains. Peut-être que la source de beaucoup de nos drames est là : on se nourrit d’âmes, donc de morts, en ne croyant qu’à des corps inhabités, chosifiés. (Ou, plutôt, on se nourrit de mort au singulier). On inhale la violence et l’aveuglement. Effets sur la planète. Effets sur les peuples. Destructions. Guerres. Sommes-nous en crise pour sortir du clivage…?

Raphaël Bessis  reprenait lui aussi la citation du chaman Inuit, citation qui a un rôle central dans ce livre publié d’abord en 2005 (puis en poche, Folio, en 2015) mais il la citait plus loin dans son analyse. Texte paru dans la revue Multitudes, en 2006, La syntaxe des mondes, et lisible en ligne sur Cairn info.

Citations… "Ainsi, au cœur de la subjectivité animique se loge un trouble métaphysique et moral, ce qu’exprime limpidement cette parole du chaman Inuit Ivaluardjuk : « le plus grand péril de l’existence vient du fait que la nourriture des hommes est tout entière faite d’âmes. » (p.392) / Tandis que l’animisme déchiffre les signes de l’altérité dans la discontinuité des corps, le naturalisme les reconnaît dans la discontinuité des esprits » (p.399)."

Lien…  https://www.cairn.info/revue-multitudes-2006-1-page-53.htm

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