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27/06/2016

Notes voyageuses, Méditerranée et lointains… PAGES TISSEES.

mms_img-652806128.jpgVoyageuses, ces pages, car métisses. Ancrées ici, héritières, parfois, de divers ailleurs. Ou ancrées ailleurs, et lançant des fils de mots vers nous. Ou, aussi, ayant simplement le goût du lointain, de la traversée nécessaire des frontières, réelles ou imaginaires. Proximité, par ces écritures sur la Toile, immédiateté du partage. Mais la lecture patiente des livres peut suivre l’approche instantanée. On sort de notre quartier mental, et ces mots modifient notre identité, pour l’enrichir de conscience.

Goût du lointain. Recherche de ce qui pourrait nous échapper. Regard porté sur les marges au-delà des terres et des océans, puisque, dans une perception de l’humain universel, nous sommes tous traversés par nos marges. Et nous-mêmes sommes marges d’autres centres apparents. Apparents, car il n’y a pas de centre, en fait. Il n’y a qu’un tissu d’interférences croisées. 

Goût des îles, de périphéries (« ultrapériphéries », même, chez Christian Tortel). Essentiel… d’associer ce blog à cette note, au moins en le mentionnant (mais sa présentation plus ample interviendra dans la note suivante…). C’est « Papalagi », blog Le Monde ("littératures éparses et ultrapériphériques"). Passionnantes lectures (et poésie) http://papalagi.blog.lemonde.fr 

Anouar Benmalek. Entretien, « Écrire ici ou là-bas, le plus important reste d’écrire ! » : https://www.facebook.com/notes/anouar-benmalek/vous-qui-a... 

... Et, autre entretien, à propos de son livre où il traite de la Shoah (et d’un génocide antérieur en Afrique), août 2015 : http://geopolis.francetvinfo.fr/anouar-benmalek-la-shoah-... 

... Complément, biographie (partielle) sur un site d’éditeur, Calmann-Levy, qui mentionne notamment qu’il est l’un des fondateurs du Comité algérien contre la torture : http://calmann-levy.fr/auteurs/anouar-benmalek/  A compléter par la fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anouar_Benmalek 

... Et par la lecture du site officiel de l'écrivain (livres et articles) : http://anouarbenmalek.free.fr 

Joha, blog d’Abdelmadjid Kaouah. Latinité ou universalisme aux racines méditerranéennes et africaines. Pensée de Camus, lecture de JC Xuereb. Lire, réflexion d’Abd. Kaouah, "Un rêve méditerranéen" : http://wwwjohablogspotcom-kaouah.blogspot.fr/2015/05/un-r... 

BabelMéd, site : culture, littérature. Comme cette note sur François Cheng (livre d’entretiens) http://www.babelmed.net/letteratura/241-francia/13855-201...

Sur un livre de Mohammed Assaoui, critique et auteur, la recension de Laurent David Samama, sur son blog. « Comment dit-on humour en arabe? » : http://laregledujeu.org/2015/12/08/26696/de-lhumour-arabe...

Ibn Arabi ou l’Unité de l’existence, par Mohammed Taleb, avril 2015, blog Le Monde des Religions http://www.lemondedesreligions.fr/sso/blogs/post.php?id_b... 

...Et sa note sur l’écologie (racines, le passé et le futur), "Quelle mémoire pour le futur?" http://www.lemondedesreligions.fr/sso/blogs/post.php?id_b... 

Vision d’encre, blog de Raynaldo Pierre-Louis. "Un crime d’être insulaire?"...  http://raynaldopierrelouis.over-blog.com/2014/04/quand-il... 

Sur Passion gitane, un hommage à Martin Gray...  http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.fr/2016/05/1-l... 

...Mise en ligne, sur le même blog, d’une vidéo (Youtube), « Vertiges, du flamenco à la transe », spectacle musical de Tony Gatlif (cinéaste, gitan, natif d’Algérie). Magnifique (et sur youtube, plusieurs autres titres en marge, flamenco) : https://www.youtube.com/watch?v=M3pQiwrYNyg  Pour lire son commentaire, voir la note intégrale - avec un texte double, et deux vidéos, après les voeux de janvier 2016, sur la musique, dimension mystique et cosmique, et sur le lien avec la nature, par une citation d’un responsable de l’association Four Winds, Christian Larqué. (On arrive en bas de la page : glisser pour remonter au début)  : http://fleurdecorailpassiongitane.blogspot.fr/2016/01/1-b... 

Sur Epistrophe, "Les Confins", poème de Cléanthe : http://epistrop.blogspot.fr/2015/03/les-confins-1.html 

... Et « Aux Seuils d’absence » http://epistrop.blogspot.fr/2016/06/aux-seuils-dabsence-9... 

Regards croisés, par Charlotte. Journal de création. Ainsi, Rêveries chamanes, avril 2016, sur une oeuvre en chantier, sa matérialité : http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2016/04/02/reve... 

... Et, note ancienne, de 2009, la philosophie et la générosité, plus un rituel potlach : http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2009/06/20/ces-...  

Mbougar Sarr, sur son blog Choses revues (sous-titre : La littérature au lieu de la Vie) pose textes et réflexions sur l’écriture, la littérature. Ainsi, page de 2013, texte sur la lecture. « Relire ». Elle ne pouvait que m’intéresser, moi qui ai pour devise (pour pratique, et, même, méthode) que « lire, c’est relire » : http://chosesrevues.over-blog.com/tag/solipsismes/

Blog de Patricia Grange, Papillons de mots. « L’arbre et la pirogue », métaphore du métissage, de l’hésitation entre ancrage et errance nomade. Poésie :  http://www.papillonsdemots.fr/2015/03/30/larbre-et-la-pir... 

Entre deux rives, blog littéraire (Pages de Jearthwood, pseudo). Paris plage… http://lespagesdejearthwood.blogs.courrierinternational.c...   

Sur le blog de Léon Mazzella, Sally Vasco (entre littérature et connaissances vinicoles et autres), une recension qui pose des questions théoriques sur la manière de concevoir l’écriture, relayant la réflexion un peu désabusée d’un auteur. (La poésie n’est pas le sujet, cependant…) : http://leonmazzella.hautetfort.com/archive/2016/06/22/la-... 

Guérir à Oran, texte de Paul Souleyre (site Mémoblog, voir liste Pages tissées) https://www.facebook.com/notes/paul-souleyre/guérir-à-ora... 

Vivre à Belcourt. Luc Demarchi. La terrasse...  http://belcourtois.com/index.php/projet/la-terrasse/  

Marie Mint Derwich. Le blog, Mille et un Je (poèmes, fragments) : http://milleetunje.blogspot.fr 

... Un portrait d'elle: http://www.noorinfo.com/Mariem-Mint-Derwich-chroniqueuse-... 

Page à part… Saïd el-Mahroug, dit Sifaw, hommage sur L’Orient littéraire, presse (Liban) : http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=...

Les songes d’une nuit. Texte, "Euphonie et conscience"... http://lessongesdunenuit.hautetfort.com/archive/2015/04/0...

02/05/2015

De phrase... en phrases lues, relues, danser en esprit. CITATIONS

BIBLIO médiante.jpg

« Vent tissé », seuils et pas... (C’était le titre de la note du 04-12-2010. Exergues...).

Trames... Vent tissé, fils brisés, parfois. Tisser, c’est faire pont, mais c’est aussi dénouer les nœuds mensongers, dénoncer l’injuste, par le murmure ou par le cri. Cependant, toujours, revenir au silence, au poème, au regard…  Voici mon manifeste aux mots empruntés. Goût de citer, d’extraire, qui n’est séparable, pour moi, ni de la lecture, ni de l’écriture… Seuils et pas.

Je reprends, ci-dessous, plusieurs des exergues posés en 2010, au moment de la création du blog sur hautetfort... et un peu après. Et, là, cette anthologie miniature, sorte de manifeste aux mots empruntés, s’enrichit encore de quelques citations... qui me sont essentielles. Exercice : bribes notées au fil des lectures, cristal des livres, essence nourricière. Anthologie, et autoportrait... Danser en esprit... Être.

Autoportrait, peut-être, aussi, ce fragment de l’intime sur deux étagères... Lire (trames... errance / écriture... / identités traversées... / être...).

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« La seconde métaphore est la trame. » 

  Jorge Luis Borges,

  Treize poèmes.

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« Notre vie est du vent tissé. »   

   Joseph Joubert,

   Pensées.   

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« Cela qui fait de nous l’humanité

Tissage et métissage »

Salah STETIE, Le Bleu de la question (ds A poèmes ouverts, Anthologie, choix de JP Siméon, éd. Points)

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 « Je suis seuil et je suis chemin.

 Je suis pierre qui dit l'horizon.

 Je suis l'enclos des pas nomades.

 Je suis paume où se lisent les lignes de l'ailleurs. »

  Jacques Lacarrière

    A l'Orée du pays fertile

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« Trame parmi les incidents / Peut lui être augure »

Ted Berrigan

Les sonnets 

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« Il est urgent de réveiller le nomade que chacun porte en soi. »

Jean Malaurie

Ultima Thulé

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« On n'est pas originaire d'un lieu mais de plusieurs. »

Eric Faye

Somnambule dans Istanbul

(cité par Florence Bouchy, Le Monde du 29-11-2013) ......

 « Salut aux passeurs, aux errants, aux exilés. »

Jean-Claude Xuereb, Ulysse ou l’ultime épreuve

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« ... l’habité, l’inhabité. / Voué à l’errance. »

Edmond Jabès

Récit

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 « Ils construisent des murs et ils détruisent le vent. »

Jean-Marie Kerwich, poète gitan, cité par Alexandre Romanès, poète et directeur de cirque.

Nomades, nous resterons : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/26/nomades-nous-resterons-par-alexandre-romanes_1485448_3232.html )     

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« Développez votre étrangeté légitime. »

René Char

Fureur et mystère

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« errance de qui ne se lasse pas / de traverser les frontières »

Abdelwahab Meddeb

Portrait du poète en soufi

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« Sur cet îlot de l’univers / L’univers seule patrie »

Ahmed Azeggah

Arrêtez (Anthologie de la poésie algérienne, « Quand la nuit se brise », dirigée par Abdelmadjid Kaouah, Points)

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« La pensée avant d’être œuvre est trajet. »

Henri Michaux

Poteaux d’angle

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« La Nature est une Maison Hantée – mais l’Art – une Maison qui essaie de l’être. »

Emily Dickinson

Autoportrait au roitelet

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 « -- Et cela pourriez-vous le décrire? Et je répondis : -- Oui, je le peux. »

        Anna Akhmatova    

       Requiem

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« Dans de la colle durcie, Ce pas. Oh, que d'efforts Pour repousser pour rebrousser la route De l'opinion commune! » 

      Marina Tsvétaeva         Le Poème de l'air

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 « Qui dira l’intérieur d’une orange ? / Qui peut à cette clarté-là lire au-dedans des pierres précieuses ? »

Rainer Maria Rilke

Chant éloigné

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« De jour tu écris le poème / qui écrit / en toi / la nuit »

Henry Bauchau

Nous ne sommes pas séparés

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« Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre / Ce qu’à la fin j’ai su comment le faire entendre / Comment ce que je sais le dire de mon mieux »

Aragon

Le roman inachevé

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« Un livre ouvert c’est aussi la nuit. »

Marguerite Duras

Ecrire

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« Affirmer et garder par un poème, / ce qu’est la durée. »

Peter Handke

Poème à la durée

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« J’efface en écrivant. J’écris en effaçant. Je l’un ou l’autre, ou l’inverse. N’importe. Je cultive les passerelles. »

Lyonel Trouillot

Eloge de la contemplation/Poésie

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« Travaillant et retravaillant / les mêmes textes / jour après jour / perdant tout sens / de ‘production’ et de ‘publication’ / toute idée d’une ‘réputation’ à forger / engagé plutôt dans quelque chose / -- loin de toute littérature -- / que l’on pourrait pertinemment nommer / un yoga poétique. »

Kenneth White

La Résidence de la solitude et de la lumière / méditations pyrénéennes 1

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« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » (...) « C’était le nombre  issu stellaire » (...) « Rien n’aura eu lieu que le lieu » (...) « Toute Pensée émet un Coup de Dés »

Stéphane Mallarmé

Un coup de dés

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« Pour chercher le ‘duende’*, il n’existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu’il brûle le sang comme une pommade d’éclats de verre... » (« Le ‘duende’ opère sur le corps de la danseuse comme le vent sur le sable. »

Federico Garcia Lorca

Jeu et théorie du duende

[* el duende : (intraduisible...). La flamme de l’art, qui rend possible l’art, la poésie. Le souffle du flamenco, le feu qui jaillit de l’élan du corps, hors de toute maîtrise technique. Une magie qui opère à la frontière de la souffrance et de la joie. De l’ordre de la transe mystique ou sensuelle. Transcende tout. C’est présent ou pas, et on le sait.]

Federico Garcia Lorca

Jeu et théorie du duende

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« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. » (...) « Enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

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« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse. »

Arthur Rimbaud

Les Illuminations

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« Les labyrinthes érudits de Borges ont ouvert mon troisième œil en me faisant découvrir les profondeurs des sagas et des mythologies. »

Erri de Luca

La parole contraire

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 « Mon pays, / C'est toutes parts où des hommes. / Mon pays? / Toutes parts où des soleils. »

Gabriel Audisio, poème

Hommes au soleil, 1923

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« Sur cet îlot de l’univers / L’univers seule patrie »

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« Seul un esprit socratique d'indulgence envers les autres et de rigueur envers nous-mêmes peut constituer une réelle menace pour une civilisation fondée sur le meurtre. »       

Albert Camus      

Conférence, 1946, Columbia University, USA. NRF, janvier 1996, n° 516.

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« Si l'homme nouveau n'invente pas un vocabulaire à la mesure de sa conscience / Que s'écroule l'homme nouveau. » Jean Sénac Citoyens de beauté 

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« On se croit libre de vivre sa vie d’être humain et d’écrivain, ne se reconnaissant d’autres obligations que celles que vous dicte votre conscience d’être humain ordinaire, semblable — et singulier pourtant — à des milliards d’autres êtres humains.

Et on se retrouve face à une foultitude d’individus et d’institutions qui ne rêvent que de vous inclure de gré ou de force dans une division du monde en troupeaux ethniques, évidemment hiérarchisés les uns par rapport aux autres. » 

Anouar Benmalek

De la malédiction d’être arabe

et de quelques moyens, pour un écrivain arabe, d’y échapper

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 « Vivre ailleurs que là a changé pour moi le sens du mot vivre. »

Marie Cardinal

Au pays de mes racines

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 « Qu’avons-nous appris ? A vivre sans sombrer dans la haine. »

René-Jean Clot

Une Patrie de Sel

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« Les paysages sont comme les livres : ils nous ouvrent à la vie mais leur sens change selon l’âge et les circonstances. (…) Et, matrice de notre mémoire, ils nous constituent à jamais. C’est en eux que s’élaborent, jour après jour, notre sensibilité et notre métaphysique du monde. »

Jean Pélégri

Ma mère, l’Algérie

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« Un honnête homme, un homme de cœur, ne saurait se taire ni se boucher les oreilles. »

Mouloud Feraoun

Journal 1955-1962

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« Jamais l'Obscur en soi ne fut si parfait / car toutes les haines emmêlées / à la liasse des remords / ont saccagé les derniers relents de la lumière »

Umar Timol

(Source : africultures.com / Rubrique POESIE)

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« Oui, j’essaierai d’être. Car je crois que c’est orgueil de n’être pas. »

Antonio Porchia

Voix

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« Je suis l’analogue de ce qui est. »

Paul Valéry

Ego scriptor

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« As-tu déjà regardé l’ombre de tes larmes ? Ce n’est pas une ombre ordinaire, ça n’a rien à voir. C’est une ombre venue exprès pour nos cœurs d’un autre monde lointain. »

Haruki Murakami

Chroniques de l’oiseau à ressort

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« Prends et lis! Prends et lis! »

Augustin (de Thagaste, 654-430)

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« le monde est un tissu d’épiphanies / toute chose visible porte en elle / les traces de l’Invisible »

Abdelwahab Meddeb, Portrait du poète en soufi (Belin)

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« Indemne, qui le prétend ? / Mais d’où survient le lien, la ligature du moment ? »

 Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes (Dumerchez)

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« L’Orient n’a jamais commis l’erreur de verser dans la poésie individuelle ; tout ce qui a une valeur dans la poésie orientale traite de l’universel. »  Antonin Artaud, Préface (élogieuse) au recueil de Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent  (Poésie/Gallimard)

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« Je ne reconnaîtrai jamais le droit d’écrire ou de peindre qu’à des voyants » Roger Gilbert-Lecomte (à propos de Sima), Puisque peinture il y a... / Œuvres complètes (Gallimard)

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« Nous ne voulons pas écrire, nous nous laissons écrire. » Roger Gilbert-Lecomte, Avant-propos au premier numéro du Grand Jeu (Poésie/Gallimard et Oeuvres complètes, Gallimard) 

05/06/2013

Yasmina Khadra dans le dictionnaire Robert... (de natif à natif...)

Robert.jpgYasmina Khadra, écrivain algérien que j'apprécie particulièrement est une des nouvelles "entrées" dans le dictionnaire Robert des noms propres, 2013. (Il est l'auteur, notamment, du livre "Ce que le jour doit à la nuit", regard humaniste sur les liens entre les natifs d'Algérie, des individus des différentes communautés, liens que seuls des natifs peuvent traduire).

La presse algérienne a réagi à cette information, et la Toile de même, avec satisfaction, globalement. Mais j’ai vu, aussi, des commentaires aigres, comme deux réactions au-dessous d’un article du journal « Liberté », qui mentionnait seulement le fait, en citant aussi quelques autres nomsUn des internautes dit que pour lui c’est un non-événement, sans expliquer pourquoi (un autre lui demande si c’est parce qu’il ne l’a pas lu ou ne l’aime pas ou pour une autre raison). Et quelqu’un exprime son agacement devant ce qu’il interprète comme un « besoin maladif » des Algériens d’être reconnus par la France (autrement ils ne relèveraient pas cette entrée comme un fait qui mérite information, sous-entend-il). Double (ou triple) erreur de mesure (très réductrice), à mon sens, dans l’agacement de cet internaute. D’abord, mentionner cela et en être satisfait n’a sans doute rien à voir avec un quelconque désir de prendre sens en fonction de ce qui se dirait en France. Ensuite, dans le contexte mondialisé qui est celui de notre société en 2013, dans ce début du XXIème siècle, il n’est pas anodin de repérer les noms qui apparaissent dans un tel dictionnaire, référence culturelle de poids, quel que soit le pays (ou, aussi, d’apprécier qu’un écrivain de son pays soit traduit en de nombreuses langues et lu dans le monde entier). Qu’un auteur algérien, américain, ou français, soit présent dans ces pages, cela ne signifie pas (seulement) qu’en France on le « reconnaît », mais que le choix s’impose par l’évidence d’une présence au-delà d’une lecture purement française – constatation d’une portée de l’œuvre bien loin d’une petite appréciation hexagonale. (Et, en plus, d'un écrivain qui écrit en français, comme beaucoup d'auteurs algériens, depuis la "prise de guerre" notée par Kateb Yacine parlant de la langue française, conservée comme un butin). Ne pas oublier la réciprocité : on remarque, en France, quand des créations sont appréciées en Algérie ou que des faits vont dans le sens du dialogue. Doit-on éternellement lire ce qui traverse la frontière symbolique à la lumière du référent « colonisation » ? Ne doit-on interpréter les réactions qu’en y cherchant le soupçon d’un syndrome postcolonial (dans un sens ou dans un autre)? Non. Et ceux qui tranquillement constatent avec plaisir que la place d’un écrivain dépasse les frontières réelles et les pièges idéologiques de l’Histoire sont les plus libres, intérieurement : ils ont une identité qui n’a plus besoin, justement, de revendiquer une séparation, car elle est. Simplement : elle est .  Le temps des amertumes doit laisser la place aux fils tendus entre les rives. Enfin, ce dictionnaire Robert fut créé par un lexicographe né en Algérie... Et son œuvre contribue, longtemps après sa mort, à faire connaître aux lecteurs contemporains les êtres remarquables de sa terre natale… Symboliquement voilà un signe intéressant : la boucle est bouclée… fil tendu de natif à natif de la même terre.

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Le dictionnaire, et Paul Robert :

La « philosophie » du Robert, selon le site les-dictionnaires.com : « Paul Robert est né en 1910 en sol algérien. C’est à la suite de la rédaction de sa thèse de doctorat en économie politique que cet homme minutieux décide de l’inaptitude des dictionnaires de l’époque. Dès 1945, il entreprend de créer lui-même un nouveau dictionnaire mieux adapté aux réalités de cette seconde moitié du 20e siècle. » (…) « Paul Robert a changé le visage du dictionnaire pour lui donner une aura plus intellectuelle et une note plus moderne aussi. »: http://www.les-dictionnaires.com/robert.html

Le créateur du dictionnairele lexicographe Paul Robert (1910/Algérie-1980/France)? Voir la biographie et l'oeuvre sur la fiche wikipedia, infos et liens. De la naissance à Orléansville/Chlef, Algérie, à la création de l’édition en 1951, sans oublier l’ouvrage personnel publié en 1970 sur cette aventure – cette entreprise -  intellectuelle, les différents dictionnaires "Robert" : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Robert_(lexicographe)  (Il eut une équipe importante de collaborateurs, dont Alain Rey, Josette Rey-Debove, Henri Cottez, Roger-Georges Morvan…). »

Sur la genèse de cette création, écouter l'entretien du 12-11-1968 (Paul Robert parle d’une évidence, idée venue en 1935, « illumination » soudaine), conscience d’un manque dans ce domaine du dictionnaire, de la lexicographie, et élaboration du projet. Vidéo : http://bit.ly/1aN5ZL8  

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Yasmina Khadra :

Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasmina_Khadra

Le site officiel de l’auteur : http://www.yasmina-khadra.com/

Page de l’édition Julliard : http://bit.ly/12sKmA2

06/12/2011

Gilbert Lascault, citations : territoire, frontières, concentration, dispersion, détail

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« Avec  acharnement, à longueur de nuits et de journées, certains philosophes, certains professionnels de la culture se demandent ce qu’est l’art, ce qu’il n’est pas, quelles sont ses frontières, comment l’organiser, comment interdire son territoire à ceux qui ne seraient pas dignes d’y entrer, comment y établir des ordres et des hiérarchies. »

(…)

« L’école nous avait appris à nous concentrer, à nous tendre, à préférer les notions aux sensations, les concepts à la riche multiplicité des choses. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de cette éducation. Nous ne serons jamais assez dispersés, assez nonchalants. »

Gilbert Lascault

Apologie du pluriel

Ecrits timides sur le visible, coll. 10/18 1979), pages 13-14 / 2008, éds du Félin http://www.decitre.fr/livres/Ecrits-timides-sur-le-visible.aspx/9782866456696

Suite de la note d’hier… A l’opposé d’une autre position sur la création et d’un autre regard sur l’éducation (Alain Finkielkraut, écrivains ou lecteurs, concentration ou expression- note du 5-12-11) : Gilbert Lascault fait un éloge du pluriel, des sensations, de la dispersion… A sa réflexion il  ajoute un appel à ne pas oublier le détail au profit du général. (« On nous répète qu’il faut nous méfier des arbres qui cachent la forêt. » (…) Mais, dit-il « Trop souvent nous vivons dans un monde où le mot forêt  sert à nous cacher la présence de chaque merisier, de chaque tremble. ». La forêt, parfois, ce peut être le mot « écrivains », le mot « lecteurs », qui cache la singularité des itinéraires de création...