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26/11/2019

Une heure de jour en moins, poèmes de Jim Harrison

1 JIM.jpgJe relis le recueil de poèmes de Jim Harrison. 
Le lisant j'ai un peu l'impression de vivre
ce qu'il dit, lui, de sa lecture de Su Tung p'o.
Il lit un auteur mort et lui parle comme
il parlerait à son père. Je lis Jim Harrison
et je dialogue avec un ami mort (en 2016),
jamais rencontré. Il fait le récit de souvenirs
et de moments présents, il confie des
pensées intimes, des peurs et des joies.
La nature est omniprésente, paisible ou
très sauvage. Les animaux, chiens, oiseaux
(beaucoup...), ours, serpents... Des êtres
rencontrés, des humbles, des auteurs.
Il parle du zen, avec un regard ironique
sur lui-même et de l'estime et tendresse
pour des maîtres rencontrés.
Et, de page en page, des aphorismes
profonds sont insérés dans le fil de sa parole.
Sa femme est évoquée, discrètement (ainsi par la pensée qu'après
tant de nuits ensemble l'un des deux partira le premier, et par
quelques anecdotes).
Il parle de la vieillesse, de la mort, de la tristesse d'avoir l'impression de ne plus
reconnaître son pays, et de la vie, simplement. Je pourrais beaucoup citer.
Je choisis un fragment : "Finis le vin dans ce champ aéré, retourne au cimetière
dans l'obscurité et tresse entre les pierres la danse lente de ton nom seulement
visible des oiseaux."
https://www.jailu.com/Catalogue/litterature-etrangere/une...

25/11/2019

Tao-tö king. À lire et relire...

1 TAO .jpgCitations... 
" Tout être porte sur son dos l'obscurité et serre 
dans ses bras la lumière." "Seul le rien s'insère dans ce qui n'a pas de failles.
À quoi je reconnais l'efficace du non-agir." "Le Tao caché n'a pas de nom. Et pourtant c'est lui
seul qui soutient et parachève tous les êtres."
Lao-Tseu
Absolu sommet. Le taoïsme essentiel. L'écriture nue
qui ne se perd jamais en dispersions inutiles. J'en ai
deux volumes. Relus et relus. Celui de la collection
Idées de Gallimard, poche. (Deux cent pages, dont
une cinquantaine pour la préface d'Étiemble). Et
celui des Mille-Et-Une-Nuits. Bilingue, pour 4 euros
environ. Avec 55 notes et une brève postface de
Catherine Despeux.
Deux traductions différentes.
Celle de Liou Kia-Hway pour Idées/Gallimard
et celle de Stanislas Julien pour Mille-Et-Une-Nuits. "Livre de la Voie et de la Vertu"... Trace d'un sage méditant passé de l'autre côté du miroir de la conscience.
Ne pas prendre le mot "vertu" au sens qu'aimeraient les pudibonds.
Ni la "voie" comme un chemin figé. Bien au contraire.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-S...

13/11/2019

Islamophobie ? Sur la marche du 10-11 et le piège du mot.

S'il faut refuser (combattre) la musulmanophobie, comme toute haine 
associée aux croyances ou origines, les slogans au sujet de la soi-disant
islamophobie (terme dont l'emploi est discutable) masquent le refus de
toute pensée critique.
Et le seul choix possible était de ne pas soutenir (mais au contraire
critiquer) l'organisation de cette manifestation. Quand on sait ce que
recouvre l'idéologie du CCIF et de divers signataires, qui osent mettre
en question les lois laïques (qu'ils désignent comme liberticides),
c'est-à-dire la vision fondamentaliste et antirépublicaine d'un islam
politique qui n'a rien à voir avec une quelconque orientation spirituelle.
Les complices politiques de cet événement sont irresponsables
(ces islamisto-gauchistes sans culture).
Car ils aident une extrême droite islamiste à prendre en otage
les nombreux musulmans qui ne partagent pas ces visions.
Dans la marche il y avait sans doute des gens sincères, mais aussi
des acteurs de manipulations (l'étoile jaune vue, scandaleuse confusion,
et certains slogans, plus que hors sujet).
Bonne mise au point... "Islamophobie : pourquoi je ne manifesterai
pas le 10 novembre". L’édito de Michel Taube -
Opinion Internationale...
https://www.opinion-internationale.com/2019/11/08/islamop...
 
 
Pas étonnant de ce support, si j'en crois la manière dont ils ont traité le sujet.
Évidemment que le mot islamophobie n'a pas été créé par les Iraniens, il est attesté depuis le début du XX ème s. Mais c'était par des orientalistes voulant mettre en garde, alors, la méconnaissance, par des administrateurs, de l'islam. Sauf que depuis il a été récupéré par des gens qui n'ont pas du tout la même optique. Et qui effectivement refusent tout regard critique sur l'islam, et font des amalgames en dénonçant toutes les options laïques et mettent dans leurs listes de faits islamophobes des expulsions d'islamistes ou des fermetures de lieux porteurs de discours de haine. De plus le contexte a changé, la connaissance est autre. Culturellement il y a une ouverture à l'oeuvre d'auteurs, islamologues ou mystiques.
Quant aux références, dans cet article, elles sont une preuve de leur méconnaissance.
Le Pen pour dévaloriser les vrais laïques et les assimiler à l'extrême droite (c'est exactement le discours des islamistes).  Et Messaoudene qui est un personnage plus que problématique, antilaïque militant, et auteur de déclarations qui sont inadmissibles. Cet individu qui blague après l'assassinat monstrueux des enfants à Toulouse par Merah...! Aucune info sur ce qu'il est réellement. 
Et bien sûr le rappel de l'aversion visant C. Fourest, en la légitimant, puisque mentionnée comme normale. Aversion qui est née surtout de son opposition à T. Ramadan,  notamment sur le choix de celui-ci du "moratoire" au sujet de la lapidation des femmes adultères (elle qui savait ce qu'il en était de ses adultères et viols présumés - objets de plaintes et enquêtes depuis - par des témoignages reçus). 
 
Ce mot est celui d'un refus des lois républicaines (cf. texte d'appel à la marche) et du respect de la laïcité,  dont droit au blasphème, au changement de croyance ou au rejet des croyances institutionnalisées (qu'on soit agnostique ou athée. - agnostique ne signifiant pas forcément loin de toute spiritualité, mais libre à ce sujet). 
Le rejet des musulmans en tant que tels a un nom, musulmanophobie. 
La phobie de l'islam ou des autres religions est un droit. D'autant plus que le fondamentalisme de l'islam politique a donné plus que des raisons de crainte. 
 
Il vaut mieux relire des rappels de qui sont les certains leaders autoproclamés.
 
 
Plus, note de blog de Naëm Bestandji... https://www.naembestandji.fr/dossiers/ccif/accuse-detre-u... ?
 
Ceci aussi est important. Un des faits de la manif. Provocation de Marwan Muhammad, autre personnage sulfureux, la mauvaise foi des justifications (cautionnées par Libération et démontées par Marianne)...

08/11/2019

Voix, d'Antonio Porchia, encore...

1 VOIX.jpgC'est cet ouvrage que j'ai d'abord lu en découvrant Antonio Porchia, ses "Voix". Fragments de sagesse, aphorismes-poèmes, "haut langage" au sens de Jean Cohen. Depuis j'ai récupéré d'autres éditions, plus complètes ou intégrales. Mais c'est ce livre qui reste ma référence préférée (le premier, de 1979, postérieur cependant à des fragments publiés par Guy Lévis Mano). Même si j'accorde de l'importance à d'autres, comme la publication bilingue chez erès, la source à lire en espagnol... Voix... En très peu de lignes une sagesse qui vient d'une sorte de méditation permanente dans le simple quotidien. Un constant exercice de lucidité, aussi. À lire et relire infiniment.

"Je n'ai trouvé qu'en Antonio Porchia une aussi haute coïncidence entre la sagesse de la vie et la sagesse du langage."
Roberto Juarroz (extrait de la 4ème de couverture).
 
Citations...
 
Avant de parcourir mon chemin, j'étais mon chemin.
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Quand je crois que la pierre est pierre, que le nuage est nuage, je suis en état d'inconscience.
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Ce que je sais je le supporte avec ce que je ne sais pas.
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Maintenant que mes idées embrassent avec mes yeux, mes bras sont sans objet.
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Ce qui est hors de moi est une imitation mal faite de ce qui est en moi.
 

07/11/2019

Abdelwahab Meddeb, à lire et relire. Un article d'Adil Hajji

Meddeb.jpgUn précieux article d'Adil Hajji sur Abdelwahab Meddeb, revue Esprit . Qui mentionne son excellent dernier livre, "Portrait du poète en soufi", 2014, mais aussi l'ouvrage rédigé avec Benjamin Stora, sur les relations entre juifs et musulmans, et rappelle son engagement contre l'intégrisme mortifère, après le choc du 11-09-2001. Auteur important. Une publication posthume récente, "Islam, la part de l'universel" prolonge la réflexion sur l'islam de l'ouvrage "La maladie de l'islam", 2002, (il désignait ainsi l'intégrisme). Il nommait les ombres et la lumière.

L'article d'Adil Hajji... CITATIONS... "Tissé, « créolisé » par de nombreuses cultures, Meddeb portait en lui une infinité de mondes. " / "Philosophe-artiste, descendant d’une lignée de théologiens tunisiens de la Zitouna, curieux de tout, il a célébré sans relâche ce qu’il appelait sa « double généalogie », européenne et islamique, française et arabe. " / "Meddeb incarnait une forme d’humanisme radical. Et qu’est-ce que l’humanisme, sinon la foi dans l’intelligence et la raison de l’homme, potentiellement infinies, ainsi qu’en son libre arbitre, la certitude que l’étude des lettres et des grands auteurs du passé a une finalité éthico-spirituelle et que les qualités essentielles à développer chez l’homme sont l’amour de ses semblables, la relation pacifique, l’esprit d’œcuménisme, la tolérance et la quête d’un universalisme fédérateur ?"...

LIEN...  https://esprit.presse.fr/article/adil-hajji/relire-meddeb...

Un FILM de Bénédicte Pagnot, Islam pour mémoire, un parcours selon Abdelwahab Meddeb... "La réalisatrice prolonge la voie tracée par le poète et intellectuel franco-tunisien aujourd’hui disparu pour qui « une des façons de lutter contre l’intégrisme est de reconnaître à l’Islam sa complexité et ses apports à l’universalité »." (AlloCiné).

LIEN... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=253511.html