17/07/2018
Jean-Claude Tardif cité par Philippe Claudel. Un exergue, un livre... (et un 2ème exergue, JC Pirotte)
Être le greffier du temps,
quelconque assesseur que l’on voit rôder
lorsque se mélangent l’homme et la lumière
Jean-Claude Tardif, L’Homme de peu,
éd. La Dragonne. (Citation posée en exergue, par Philippe Claudel, pour son roman Les Âmes grises.
« Je suis là. Mon destin est d’être là. », Un voyage en automne. (Cette ligne de Jean-Claude Pirotte est l’autre exergue du roman de Philippe Claudel)
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18/12/2017
Gilbert Lascault. Un regard essentiel...
Un regard essentiel. Une écriture essentielle...
Critique majeur que Gilbert Lascault. Nourriture magique que ses chroniques lues régulièrement des années dans La Quinzaine littéraire (puis dans « En attendant Nadeau », en ligne). Livre essentiel que ses "Écrits timides sur le visible", de ces livres coups de foudre qu'on garde précieusement pour des relectures infinies (et qui entrent automatiquement dans la liste pour l'île déserte, réelle ou symbolique).
Bonheur de découvrir une année (il y a deux ans ?), au Marché de la Poésie, chez Tarabuste, un magnifique volume regroupant critiques et oeuvres commentées, méditées. Une pensée essentielle. Un art.
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17/12/2017
Etty Hillesum. Retour sur une oeuvre magnifique...
Retour sur une oeuvre magnifique (à lire et relire infiniment), d’une femme fascinante, à la voix, l’écriture, lumineuse (sa voix non séparable de sa voie, sublime, vécue et écrite...).
Née en 1914, Esther (Etty) Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre 1943.
Je viens de découvrir par hasard une note de blog (de juin 2015, lien ci-dessous, avec d’autres) qui m’a fait ressortir encore le livre d’Etty Hillesum, son Journal 1941-43 (journal, et rares lettres du camp de transit, puis le silence), publié au Seuil en 1985, sous le titre « Une vie bouleversée » (disponible maintenant dans la collection Points Seuil. L’édition a publié depuis l’intégralité des lettres, « Les écrits d’Etty Hillesum »).
28/07/2017
Kamel Daoud, lire et relire...
Kamel Daoud est primé pour une reconnaissance de son oeuvre de chroniqueur engagé pour les droits humains. Lui préfère se dire « concerné », et, oui, il l’est. Oeuvre marquée par la publication d’un choix, ample, de ses textes dans « Mes indépendances », livre publié par Actes Sud. Superbe.
Que ses chroniques soient lues abondamment, elles qui mettent en scène, en quelque sorte, le balancement subtil entre le total "oui" à la vie et la tension du "non". "Mes indépendances". Magnifique écriture d'un grand chroniqueur (nouvelliste et romancier aussi), mais l'écrivain est complètement présent dans les pages profondes, brillantes, du journaliste.
Exercice de lucidité, processus de questionnement permanent.
04/04/2017
"La poésie comme vivre...", Aédàn...
La poésie comme vivre qui inclut l'idée plutôt que de lui obéir. La poésie comme rappel à ce qui est vivant en soi, à ce qui toujours échappe : comme cet instant. Être-devenir dans un mouvement qui en même temps se saisit et en même temps relâche, qui embrasse et qui se défait. La poésie, essence de vitalité qui brûle les lèvres, éveille les sens et parfois déchire, parfois nous adoucit le cœur.
Ananda (Aédàn)
Texte en accueil d’un site entre poésie et mystique (ou sagesse), Un jardin derrière le portique, Ananda. / Sous-titre, Poésie de l’ éveil et Sagesses du Corps. Site d’Ananda… (MISE à JOUR. L'auteur a supprimé le site. On le retrouve sur sa page Facebook, Spiritualité sauvage, et avec le nom Aédàn. Lien ci-dessous...).
Je mets en illustration la couverture d'un livre de Kenneth White dont le titre peut représenter la démarche d'Ananda/Aédàn et dire le "lieu" de son écriture...
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02/04/2017
« Si le lien des mots à leur référence est coupé… »
Si le lien des mots à leur référence est coupé, toutes les manipulations sont possibles.
Jérôme Ferrari, entretien, L’Humanité
Acuité des questionnements sur l’actualité, dans cet entretien. L’auteur (qui enseigne la philosophie) publie des chroniques parues dans La Croix (il dit ne pas être croyant mais avoir une sorte d’attirance pour quelque chose qui est de l’ordre de la spiritualité, sans savoir pourquoi). Il a voulu, à travers ces chroniques, ne pas répondre à l’immédiateté vaine, mais prendre le recul de la pensée, appliquer les outils de la philosophie pour poser un regard sur le mouvant des événements, des thèmes de la période. Parce qu’il en percevait la nécessité. L’urgence sans précipitation, en quelque sorte.
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23/11/2016
Habiter poétiquement le monde, Poesis. Anthologie... / NOTE mise à jour, juin 2022
Riche en mérites, mais poétiquement toujours, / Sur terre habite l’homme.
Friedrich Hölderlin, En bleu adorable, cité dans Habiter poétiquement le monde, Poesis, 2016
(Exergue de l’anthologie-manifeste réalisée par Frédéric Brun, et dont le titre s’inspire de cette pensée d’Hölderlin. Formule, non, bien plus. Fragment d’un poème, et vision-programme.)
...
Il faut, sans innocence et naïveté, certes, dépasser ses doutes pour s’offrir un chemin de résistance.
Frédéric Brun, Avant-propos, Habiter poétiquement le monde
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03/10/2016
Ni avancer, ni reculer. Avancer et reculer…
J’ai lu (diffusée par Etre Présence, sur Facebook) une page de BD. Tsai Chih Chung, reprend une sorte de koan zen d’un maître nommé ici Fayun… qui dit qu’il ne faut "ni avancer ni reculer, mais avancer ET reculer". Avancer, est-il écrit, c’est perdre le Tao, reculer perdre la manifestation, la vie, ne rien faire c’est être comme la pierre…
Ce paradoxal enseignement de sagesse en bande dessinée (non dénué d'humour...) correspond à mon état d'esprit, en ce moment en tout cas. En fin d'après-midi, alors, je lisais (pause café en terrasse, comme j'aime). Et, sur ma table, les journaux avec un fatras d'horreurs et, quand même, des faits plus souriants. Mais la pensée de la Syrie, Alep, en arrière-plan de toutes les phrases.
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03/07/2016
"Sous la cendre"... la lumière du regard. Un itinéraire d'écriture...
Elle avait tant désiré vouloir être haute et intelligible. Autre que sous-entendue, en suspens, voire insoupçonnable.
Roland Chopard, La voix du silence / Sous la cendre (incipit)
Je porte le temps brûlé dans mes yeux et je voyage vers vous
Nizar Kabbani, Femmes (Arfuyen)
Après le feu, le bois devient cendre; le bois ne peut contempler les cendres, et les cendres ne peuvent voir le bois.
Tozan (Hokyo Zan Mai), cité par Taisen Deshimaru, La Pratique du zen (Albin Michel)
Les êtres sont en attente, ils l’étaient avant l’incendie, ils l’étaient sous la cendre, ils le sont, plus que jamais, en ce livre né du feu et en réponse au désastre.
Claude Louis-Combet, Postface / Sous la cendre
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25/05/2016
"Vent immobile", ou écrire la "soif d'autre chose", pour et par la soif d'autre sens...
De Charles Duits, longtemps j’ai gardé l’image de l’homme qui était entré dans l’éclairement. Il se tenait debout au bord d’une haie de laurier, comme en équilibre dans la lumière verticale. Chaque pétale de fleur faisait éclore une éternité. Tout autour, un vent qui n’eût fait aucun bruit emportait tout.
Christian Le Mellec, Vent immobile, éd. Le bois d’Orion, p. 15
Maintenant, je sais au moins nommer l’objet de mon ambition. Je sais que je cherche l’illumination. Je veux devenir ce qu’est devenu le prince Siddhartha sous l’arbre de la Bodhi.
Charles Duits (cit. p. 38)
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03/05/2016
Jean-Claude Xuereb. Répondre aux questions graves...
Aux questions les plus graves, nous répondons, en fin de compte, par notre existence entière. Ce que l’on dit entre temps n’a aucune valeur, car lorsque tout est achevé, on répond avec l’ensemble de sa vie aux questions que le monde vous a posées.
Sándor Márai, Les Braises
En exergue à son ouvrage, Le jour ni l’heure, Jean-Claude Xuereb a choisi de poser cette pensée profonde d’un écrivain hongrois au destin douloureux, dans les secousses de l’Histoire, Sándor Márai. Antifasciste qui doit fuir son pays, puis homme inquiet et déçu quand le régime communiste s’installe en Hongrie. Longtemps méconnu, puis enfin révélé. Solitude et deuils, et permanence d’une cohérence, d’une fidélité à ses valeurs.
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26/07/2015
"Terre sentinelle", poésie sentinelle… livre de Fabienne Raphoz
Si on aime les oiseaux et les arbres, les couleurs des rivières, le silence des abeilles... et la poésie, on peut aimer aussi les questions qui restent questions, et lire avec intérêt le recueil-somme Terre sentinelle, de Fabienne Raphoz, 2014. [ Présentation de l’éditeur, Héros-Limite (le nom de l’édition vient du titre d’un recueil de Ghérasim Luca) : http://www.heros-limite.com/livres/terre-sentinelle ]
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24/07/2015
Au sud de l’Occident, livre de Laurent Doucet
Effacement, écrit Christian Viguié en introduction, effacement pour laisser parler autre chose que soi.
Oui, dans ce livre, un silence d’écoute semble être une sorte de programmation intérieure pour un voyage particulier. Laurent Doucet l’écrit dès la première page - "voir sans être vu". Espaces entre les lignes, marge blanche qui signifie ce silence pour rendre le regard possible. Juste des notations sur des fragments de paysages, choses vues, la nature et les signes du lieu. Le végétal (peuplier / cèdre / roseau (…) coquelicot (…) blé … palmeraies… Le minéral : sable…).
Mais les portes, le khôl, des "fils d’or", réels ou métaphoriques : l’humain, par les objets, les corps, les yeux.
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30/03/2015
"La Parole contraire". Présence contre l’absence et l’évitement... Mots autres...
On reproche à Erri De Luca une "incitation" à la violence, pour avoir utilisé le mot "saboter", en répondant à une question de journaliste au sujet de la ligne Lyon Turin que la région concernée refuse et qui présente de grands dangers environnementaux et de santé publique. Il soutient le refus et prête ses mots d’écrivain à ce refus. Reprenant une injonction biblique il dit devoir "ouvrir la bouche pour les muets", parler pour les "sans-voix", pour défendre ce droit à la parole des autres. De ce projet contestable du Val de Suse ("réaliser un lieu qui n’existe pas") il dit : "Une utopie, et des pires qui soient, est l’asservissement d’un territoire à une spéculation déclarée stratégique pour de plus grands abus." (p.19). Il rappelle que cela passe par "Le percement et la pulvérisation des gisements d’amiante" (pp. 19 et 39). Et il évoque de même les gisements de pechblende (radioactif) qui doivent aussi être percés (p.40). Mais son propos principal est la revendication de son droit de parole d’écrivain et le refus de la distorsion du sens des mots qui est à la base de l’accusation."Saboter", ce n’est pas, pour lui, faire violence, c’est "entraver", rendre impossible ce qu’on refuse, et entraver les mensonges et la désinformation. Il répond aux accusations dans son livre La parole contraire.
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29/03/2015
Confidences d’un homme en quête de cohérence, de Thierry Janssen. En exergue, Nietzsche
Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse.
Friedrich Nietzsche
(Citation que Thierry Janssen a mise en exergue du livre Confidences d'un homme en quête de cohérence, Les liens qui libèrent, 2012, et Pocket, 2014 )
Superbe phrase de Nietzsche, superbe choix dont on comprend la raison quand on lit ce livre. Un homme agissant, capable de changer de métier, d’y revenir autrement, de se dévoiler totalement. (Autant que peut se dévoiler quelqu’un qui fait le récit de sa démarche, de son advenir, en allant chercher dans les ombres et les douleurs ce qui nourrit sa richesse intérieure, ce qui construit). Capable, aussi, l’auteur, de décrypter les clés des accidents de la vie, un problème de santé qui a du sens, comme tout peut se déchiffrer et signifier, mais parce qu’il le trouve lui-même (car il met en garde, dans ces pages, sur ceux qu’il appelle les "donneurs de sens", c’est-à-dire ceux qui font métier de capter le sens des autres, de dicter leur traduction personnelle, charlatans de l’interprétation, alors que seul l’individu peut savoir lire la signification personnelle de son histoire singulière). Je connaissais déjà Thierry Janssen, par des articles, des conférences, mais je n’avais encore rien lu des livres publiés, tout en sachant que je le ferais, estimant ce que je percevais de cette conscience libre.






















