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19/05/2016

La poésie, ou "Le présent dans sa respiration". A L'Index numéro 30, revue...

INDEX 30.jpg

Lire une revue littéraire, une revue de poésie, c’est, déjà, palper le papier, regarder le frontispice, lire la quatrième de couverture (quand elle existe - et c’est le cas pour A L’Index…), passer à l’éditorial, chercher le sommaire, les noms (qui connaît-on? ou pas?), les titres (c’est important, les titres…), et voir si, parmi les auteurs publiés cette fois, il y a des passeurs de langues, des voyageurs ou des exilés, ou simplement des poètes venus d’ailleurs, passés par l’art de la traduction (et c’est souvent le cas pour cette revue, avide d’ouverture au-delà des frontières, de connaissance des « autres », autres par la nationalité, la langue, quand ce n’est pas par le continent). Prénoms féminins et masculins sont en équilibre dans ce sommaire : les femmes ne sont pas des oubliées, pour cet éditeur (ce n’est pas comme pour les programmes du bac, ou pour la tribune de certaines rencontres poétiques : de celles qui me donnaient l’impression d’être devant les costumes gris d’un gouvernement…).

Plaisir de lecture d’avance, quand c’est une revue dont on connaît la qualité, et à laquelle on est fidèle. Et j’y suis fidèle, de plusieurs façons (en lisant, en écrivant). (Ce qui ne veut pas dire ne pas lire les autres revues et oublier de saisir le tissu de ces publications qui sauvent la poésie de l’inexistence. Lire et parfois aimer beaucoup… Ou tenter de lire, d’autres fois, et ne rien trouver qui mérite d’être relu et gardé… cela arrive, et on n’y reviendra pas, alors).

Revues, justement c’est le sujet de l’éditorial de ce numéro, de cette introduction qui présente l’essentiel. En poésie les revues qui tiennent ne sont pas si nombreuses, même s’il y en a beaucoup qui se publient en même temps : beaucoup disparaissent aussi. Comme la presse ne parle que peu ou pas des publications de poésie, et pas tellement plus des livres, que pour la radio et la télévision (à part quelques rares émissions de qualité, confidentielles) c’est moins important que les vidéos sur youtube… tenir est de l’ordre d’une persévérance folle. Qui demande d’être soutenue. Mais ceux qui écrivent et publient (ou veulent publier) sont-ils conscients suffisamment de ces enjeux, du caractère collectif de la création? L’éditeur dit son agacement devant ceux qui exigent publication, sans avoir vérifié si ce qu’ils proposent correspond à l’esprit du support qu’ils convoitent. Cela me fait penser à un article lu, il y a quelques mois peut-être, où un éditeur de poésie, marocain, ayant compté le nombre de poètes publiés en revues ou dans des petites maisons d’édition, s’était dit qu’il aurait suffi qu’ils soient vraiment lecteurs des autres pour que l’édition marocaine de poésie soit largement bénéficiaire au lieu d’être en permanent danger de faillite… C’est un phénomène étrange, et apparemment commun, que cette désaffection de lecture des principaux intéressés. Pourtant je ne crois pas que quelqu’un puisse produire une oeuvre de qualité sans être intensément lecteur. D’abord lecteur, et toujours lecteur. Lire, et donc, surtout, relire. 

Donc, la couverture... Frontispice permanent, signature symbolique… Dans un carré d’encre (page?) un personnage (poète? éditeur? lecteur?) pousse une spirale, comme en dansant. Spirale monde ou temps, centre d’écriture déroulé ou centre en construction, perspective cosmique, si je veux le voir ainsi, et c’est ainsi que je le lis. Il ne pourrait y avoir meilleure traduction de ce qui est offert ensuite dans les pages. Une part de jeu et de danse avec les mots, mais dans un contexte d’engagement, d’ancrage réel dans le monde tel qu’il est. 

Et c’est ce qu’affirme le très beau texte de Jean-Pierre Chérès qui sert de manifeste permanent, paragraphe dense de la quatrième de couverture… « …Préserver le présent dans sa respiration ». L’écriture, la poésie, le corps, le monde… L’humain. L’humain d’abord. Dans la réciprocité du regard, dans l’inscription de tous les sens. L’autre, différent ou étranger, l’autre respecté. Ethique d’une poésie qui se soucie peu de fariboles superficielles. (Echo, pour moi, à ce que je viens de relire d’Abdellatif Laâbi (« L’arbre à poèmes », anthologie)… L’auteur y expliquant que, vraiment, pour lui, pas de fleurs et de papillons au coeur du poème, mais le souci du monde, cette présence dont parle aussi Jean-Pierre Chérès. C’est le même langage, la même famille d’esprit. Beaucoup de ceux qui écrivent ainsi sont dans un permanent grand écart entre l’engagement (qui ne peut être "que" d’écriture, même s’il doit être d’écriture) et la création. Engagement non doctrinaire. Au contraire, liberté rebelle de la pensée critique, recherche en profondeur de sa propre authenticité, en poète « possédé par le monde », ce qui est l’inverse de la volonté dogmatique de possession du monde et de la pensée d’autrui. La poésie réelle est une clé contre le fanatisme. 

PEU.jpgL’éditeur est écrivain. Jean-Claude Tardif. Livres divers publiés chez divers éditeurs, textes régulièrement proposés. J’ai envie de citer le fragment de poème que Philippe Claudel a mis en exergue de son livre « Les Âmes grises », extrait de « L’Homme de peu »  : Être le greffier du temps / quelconque assesseur que l’on voit rôder / lorsque se mélangent l’homme et la lumière. » (L’autre exergue était une citation de Jean-Claude Pirotte, tirée du livre « Un voyage en automne »). Exergue, ou hommage et direction de sens. Ce bref extrait de texte est suffisant pour dire un écrivain. Que « se mélangent l’homme et la lumière », n’est-ce pas le but ultime de l’écriture poétique?. Sur « L’Homme de peu », lire : http://www.francopolis.net/francosemailles/jeantardif.htm 

ETE.jpgDernier ouvrage, poèmes (à quatre mains, avec Jean Chatard), « Choisir l’été » : http://factorie.fr/jean-claude-tardif-2/  

Dans la revue, un texte de lui, prose fictionnelle. « Le Syndrome ». Etrange titre, étrange texte, volontairement étrange, qu’il faut relire pour défaire la distance avec l’apparent sujet. La rencontre d’une femme, jamais revue (des obstacles, des freins, le hasard des rendez-vous ratés), un homme croisé (qui pourrait parler d’elle, peut-être : mais cela n’est pas sûr), et, à la fin, on ne sait pas : il tentera de la rejoindre, et ratera l’instant, ou sera tellement en retard que la rencontre sera ratée d’avance. Relisant, j’ai automatiquement fait le lien avec ce que dit Javier Cercas (écrivain espagnol, sa chronique dans Le Monde des livres). Un roman, une fiction, de qualité, a « un sujet visible et un sujet invisible », l’un permettant d’accéder à l’autre, plus essentiel. Qu’importe réellement la trame apparente, qui n’est que surface? Que dit d’autre ce texte? Rapport au temps : demander l’heure, chercher « le fil du temps », courir et rater le moment. C’est-à-dire, dans le fond, se demander où on est dans cette chronologie devenue confuse, et dont le présent échappe. Et, s’il échappe, qui court après le temps? Est-ce comédie, presque théâtrale (on se moque un peu de soi)?. Est-ce, plus gravement, une sorte de méditation inquiète sur la procrastination relationnelle? Sur les évitements qu’on s’invente pour ne pas affronter les vrais visages? Sujet universel. 

Il y a aussi d’autres nouvelles, et un texte bref. Dans la continuité d’une exigence d’écriture où rêve et réel se tissent ensemble, où d’une page on passe à l’autre sans heurt. Je suis plus attentive à la poésie (prose ou vers ou alternance). 

LUIS.jpgCependant j’ai été très émue par le texte (prose, mémoire, réflexion) de Luis Porquet sur la valise de son père (en bois…). Valise monde, ancrage et errance, exil et patrie. Moi aussi, comme lui, « j’éprouve pour les valises une tendresse de plus en plus grande » (même si celle de mon père était en… carton : comme lui, je la garde, symbole de douleur et de liberté, de départ toujours possible vers un ailleurs choisi, quand il faut). Et comment pourrais-je être indifférente au texte d’un « citoyen planétaire », à mémoire d’Espagne? Même si mon Espagne est plus lointaine dans le temps et dans l’espace, et mêlée d’autres rives... J’adhère à ce qu’il dit des exilés, des réfugiés : initiés. On est dans le monde des libertaires… Il y a ainsi des textes qui justifient ou signifient tout l’ensemble. Qui suffisent. A lire : http://www.luis-porquet.com . Livre, « Le nuage et la montagne », poèmes, éditions de L’Aiguille : http://leseditionsdelaiguille.blogspot.fr/2015_05_01_arch... 

LIVRE ANNA JOUY.jpgEt j’ai lu et relu le « Journal » d’Anna Jouy (qui vit en Suisse romande, et que je ne connaissais pas). Je relirai encore. C’est dense. Sur l’écriture (de « textes sans marges »…), le lever « dévêtue de mon âme », l’interrogation sur le « dire », le « geste ». et cette note : « J’apprends à parler la nuit ». Plongée en soi, interrogation et lucidité, écriture comme philtre magique pour capturer le mystère au lieu d’être capturé par lui et par ce qui rejoint la mort… Novembre 2015, extraits. (Novembre 2015… Évidemment?). J’espère qu’une écriture ira au-delà de novembre 2015, au-delà de toutes les nuits… On peut avoir besoin de ce texte et de ce qui suivrait. J’ai posé le nom sur la Toile, et j’ai trouvé un journal en ligne. Autres pages : http://jouyanna.ch  J’ai cherché encore, et trouvé un ouvrage, aux éditions Alcyone, collection Surya (« De l’acide citronnier de la lune ») : http://www.editionsalcyone.fr/425207624 

La revue est très structurée. Des rubriques reviennent. Ainsi la petite anthologie portative (poèmes à découvrir), ainsi les notes de lecture, recensions de quelques ouvrages. Des traductions, textes bilingues (portugais, roumain, américain, turc : toute une équipe au travail…!). Des dessins de Jean-Marc Couvé, contributeur régulier : dessins qui nous font voyager, je trouve, dans un univers digne d’Alice au pays des merveilles. (Elle s’y retrouverait, entre rêve et peur, devant des plantes, aux yeux fleurs ou feuilles, à la tête oiseau, ou des monstres marins qui font presque hésiter le soleil, caché en partie à l’horizon…). 

J’ai parlé du refus du jeu des gentils papillons (écho, Abdellatif Laâbi, sa déclaration…). 

LEYLA.jpgEt justement, le premier poème, pourtant, arbore un titre qui l’impose (« Papillonner »), et le premier vers inscrit un papillon. Mais rien à voir avec ce que les refus dénonçaient de cette fausse poésie gentillette et sans présence ancrée. C’est à l’opposé. Lucide texte tranchant de Leyla Al-Sadi (née à Poitiers, origine irakienne). Pas de jeu, pas d’espoir : « le noir règne ». Et le poème suivant parle de conflits, de feu, de morts. Regard sans illusion, très loin de la moindre mièvrerie. Poésie dans l’axe, de quelqu’un qui sait, et dit les douleurs, pas la flânerie des amours tendres… hors du monde. Elle peut co-signer l’engagement de J-P Chérès. Comme tous ceux qui reviennent dans cette parution… Livre, « Liens de sang - Thé rouge », poèmes, EditInter : http://www.editinter.fr/al-sadi.html 

BASSE VISAGES.jpgJacques Basse, lui, aborde la question métaphysique de la vie la mort, le sens de cela ou l’absence, l’hypothèse d’autres vies, le « mystère » d’avant ou après « l’ultime nécrose » : « un labyrinthe sans fin est notre vie » . Poésie haute, de celui qui est aussi peintre... Découvrir (ou redécouvrir) : http://www.jacques-basse.net  Poèmes et bibliographie : http://www.le-capital-des-mots.fr/2014/11/le-capital-des-... 

 

 

Livre, « Visages de poésie » : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2010/02/visages-de-p...  Sur son site de portraits, ce que dit la revue Texture : http://revue-texture.fr/Le-site-de-Jacques-Basse.html  De Jacques Basse on ne peut oublier le portraitiste... Ses "Visages de poésie". C'est une part essentielle de son oeuvre.

NOMAGES.gifJe ne cite pas tous les auteurs, ni les thèmes (il faut lire…).

François Teyssandier, lui, veut « Tisser / Détisser le temps », dire de son écriture la démarche qui cherche à « Retisser », entre oubli et mémoire, silence et langage, un sens (peut-être) contre le néant : détruire pour construire. Ce sont trois poèmes inédits, mais qui… « tissent » un ensemble cohérent. On a envie d’en lire d’autres, l’avant et l’après du processus. Page sur lui, et textes, revue Ce qui reste : http://www.cequireste.fr/francois-teyssandier/  Et (livre, poèmes), « Paysages nomades », éd. Voix d’encre : http://www.voix-dencre.net/article.php3?id_article=275 

Hervé Martin, dans six textes, se demande (façon de l’affirmer autrement) si dénoncer des injustices c’est encore de la poésie, et il revendique le cri de la révolte : « Tant que je le peux encore ». Avant  la « nuit aphone », « chuchoter »… « Hurler ». Car… « Désir de cueillir ce fruit / couleur du sang / de notre dignité ». Révolte et dignité (de soi, d’autrui). Page sur Terre à Ciel : http://terreaciel.free.fr/poetes/poeteshmartin.htm#internet BioBibliographie : http://hervemartindigny.jimdo.com/biobibliographie/ 

Pour représenter les poètes traduits, je choisis une citation de Cecilia Meireles : « Je marche toute seule / le long de la nuit. / Mais l’étoile est mienne. » Solitude nocturne de ce qui veut sourdre des réalités à nommer, l’écriture… Mais quelque part une lumière, non donnée : forgée (« mienne »). P. 53.

A noter aussi, le dossier Anne Sexton, 1928-1974 (textes traduits de l’américain). Lire (en plus) ceci (en français): https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Sexton  Ou ceci (en anglais) : http://www.poetryfoundation.org/poems-and-poets/poets/det... 

.... La revue, ici : http://lelivreadire.blogspot.fr

 MC San Juan 

Et sur la PAGE Facebook du blog TramesNomades  https://www.facebook.com/TramesNomades/posts/883412195115... 

19/12/2015

CITATIONS et... TITRES. Lecture... Lecture... Lecture... (pour soi, ou pour offrir...)

« Je crois que je devine pourquoi on écrit les vrais livres. Pas pour se rendre célèbre, mais pour mieux se rendre invisible, tout en réclamant à manger le vrai noyau du monde. »

Kamel Daoud, « Meursault, contre-enquête »

Donc, des livres écrits pour se rendre invisible (que les auteurs le sachent ou pas), des livres pour pénétrer le sens enfoui du réel… (le sachant). Des livres sur mon chemin, en phase avec ce chemin…


GESTE.jpg
POÉSIE. « Le moindre geste », de Michel Bourçon, éd. pré#carré / Hervé Bougel, décembre 2015. Citations : « peut-être que la direction à prendre n’est ni en soi / ni au dehors, que le panneau indicateur se trouve / planté dans la divergence. » (…) « entre soi et les choses / quelque chose / qui ne rejoint rien » Page éditeur : http://precarrediteur.fr/?page_id=1529 

.........

ATTESTE.jpgPOÉSIE. (Et publication Jeunesse). « J’atteste / contre la barbarie », d’Abdellatif Laâbi, éd. Rue du Monde (avec un dossier documentaire d’Alain Serres et des dessins de Zaü). Lecture pour tous les âges. Un poème écrit après la tuerie de janvier 2015, et publié en urgence après les massacres de novembre. Livre essentiel pour affirmer un idéal d’humanité, un refus des monstruosités produites par la haine et la folie idéologique. Page éditeur : http://www.rue-des-livres.com/livre/235504404X/j_atteste....  Librairie en ligne, La Courte échelle : http://lacourteechelle.hautetfort.com/archive/2015/12/07/... 

Le Monde, article, « Parler des attentats aux jeunes lecteurs » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/12/15/parler-des... 


Abdellatif Laâbi.jpg

POÉSIE, même auteur, Abdellatif Laâbi, « La saison manquante », Éds. de La Différence : https://www.ladifference.fr/la-saison-manquante-suivi-de-... 

 

 

et Recours au poème, recension : http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/abdellatif-laâbi-l... 

... 

PEN ANTHOLOGIE.jpg

 

 

 

POÉSIE. PEN club français. « Liberté de créer, liberté de crier », anthologie.

Recension, par Emmanuel Baugue, Recours au poème  http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/pen-club-français-... 

D’Emmanuel Baugue, des chroniques sur Recours au poème, dont celle sur le poète Ashraf Fayad (agir : « A propos… ». Il le dit ‘saoudien’ alors qu’il est palestinien, mais le poète a effectivement représenté l’Arabie saoudite comme poète-artiste, ancré dans le pays où il vit, donc…). Et lire aussi deux textes sur la poésie (« Contre le simulacre » et « De la poésie »). Liste après le paragraphe sur lui : http://www.recoursaupoeme.fr/users/emmanuel-baugue 

Falaises.jpgEt, de lui, un recueil, « Falaises de l’abrupt » : http://www.recoursaupoemeediteurs.com/premiers-poemes/fal...

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TURC.jpgPOÉSIE.« Août 1936. Dernier mois dans le ventre de ma mère », d'Özdemir Ince. Préface de Lionel Ray, poèmes traduits du turc par Claire Lajus, éd. A L’Index (Le livre à dire / Jean-Claude Tardif lelivreadire.blogspot.com / revue.alindex@free.fr ). Citations : « Que je puisse voir à quoi ressemble une forêt de pluie » (…) « J’attends ma naissance depuis l’origine / de l’univers, je m’attends » (…) « Je serai un révolté, si jamais je me décide, / et si je reste là pour toujours » Page sur la revue Aynahttp://revueayna.com/actualites/

NAITRE.jpgPOÉSIE. « Naître si mourir », de Hyam Yared (née à Beyrouth), éds. Mémoire d’encrier (Canada/Québec). Citations (son prologue) : « Naître de toute évidence, puisque mourir est le dernier rêve. » (…) « Car on ne meurt pas, on rejoue une dernière fois sa naissance. » Citations (poèmes) : « L’errance est mon décharnement. Nos regards / — nos déchirés. On court après nos visages. » (…) « Où tu es je suis / visage. Où peut-être / je ne suis. » (…)  « Les morts ont tous droit à l’obscure. » Page éditeur : http://memoiredencrier.com/naitre-si-mourir-hyam-yared/ 

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DIAMS.jpgESSAI. « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zouari (franco-tunisienne), éd. Stock. Citations : « Je ne suis pas Diam’s. Ni par la naissance, ni par le parcours, ni par la conception de l’islam. J’ai vu le jour en Tunisie, dans un petit village où mon père avait le titre de "cheikh" qui lui conférait une autorité religieuse. Ma mère a passé sa vie enfermée derrière les murs de sa maison et je n’ ai aperçu sa chevelure que sur son lit de mort. Vers douze ans, mes soeurs aînées ont été interdites d’ école et cloîtrées. Je me suis alors promis d’aller jusqu’au bout de mes études et de ne pas me voiler. » Page éditeurhttp://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234...  Articles, Jeune Afrique : http://www.jeuneafrique.com/mag/274208/culture/livres-je-...  et Kapitalis (Tunisie) : http://kapitalis.com/tunisie/2015/11/23/je-ne-suis-pas-di... 

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NUIT.jpgFRAGMENTS (prose poétique, méditation et engagement). « À ce stade de la nuit », De Maylis de Kerangal, éd. Verticales. Comment un nom entendu à la radio (Lampedusa) traverse (est traversé par) des sens divers : mémoire, rêve, et cauchemar réel, enfin. Citations : « à ce stade de la nuit je tourne toujours les pages du journal, je les balaie du regard, je repère les titres, les légendes des photographies » (…) « La nuit avance. Je suis maintenant rivée à l’île de Lampedusa comme on s’obsède d’une poussière sur une feuille vierge. » (…) « Heures nocturnes, lumière qui perle au bout des cils, fatigue extralucide, vitesse de la pensée : l’événement cristallise doucement. » (…) « Etrangement le toponyme insulaire (…) mais ce matin, matin du 3 octobre 2013, il s’est retourné comme un gant, Lampedusa concentrant en lui seul la honte et la révolte, le chagrin, désignant désormais un état du monde, un tout autre récit. » Page éditeur http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Verticales/Mi... 

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Sur le site de Charlie Hebdo (édition créée par Charlie Hebdo, Les échappés)  https://charliehebdo.fr/editions-les-echappes/ 

Diffusion librairie en ligne, Decitre  http://www.decitre.fr/livres/tout-est-pardonne-9782357661... 

…....

EUX.jpgÉDITION JEUNESSE… « Eux, c’est nous », Les éditeurs Jeunesse avec les réfugiés, éd. Cimade/Gallimard http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Cima... 

PETITS.jpget « Les questions des tout-petits sur les méchants », de Marie Aubinais (illustrations d’Elsa Fouquier et Anouk Rucard), éd. Bayard Jeunesse. Présentation (illustrée) du livre, blog de Liyahhttp://www.leslecturesdeliyah.com/livre-pour-enfants-ques... 

Page Bayard éducation : http://www.bayardeducation.com/article/donner-aux-enfants... 

18/12/2015

POÈME POUR DIRE… SOUTIEN, suite. "Litanie pour juillet plusieurs fois, plusieurs fois tous les temps…"

mms_img-2007196497.jpg((SOMMAIRE : photographie (cristal des mots, éclair lucide…), dédicace, exergues, poème))

Dédicace. Aux victimes de la terreur, quelles que soient les formes, le lieu, et le moment. Refus, pour soi, pour eux. Résister c’est dire. Et particulièrement, dédicace offerte à Ahsraf Ayad, condamné en Arabie saoudite, à Mohammed Al Ajami, prisonnier au Qatar, à tous ceux qui souffrent, dans ces deux pays, de nos silences complices. Message, pour les êtres du 13-11-15 à Paris et hors de Paris, les morts et les vivants. Offert, ce poème, écrit d’abord dans la pensée d’autres drames, et repris encore et encore, à chaque blessure rappelée, en écho questionnant. Que faire des plaies du monde? Que faire des noirceurs qui nous tendent ce miroir effrayant de notre humanité?

.......... Et j’ajoute (25 février 2016), aux lignes antérieures, l’offre de cette dédicace à Kamel Daoud, grande plume algérienne, qui subit le lynchage de ceux qui se mettent du côté de la bêtise, par ignorance doublée d’hypocrisie idéologique, avec la complaisance d’esprits paresseux, ou de stratèges aveugles… (Voir les notes des 16 et 21 février, mises à jour depuis).

…………………..

Litanie pour juillet plusieurs fois, plusieurs fois tous les temps…

"Tout ce que nos yeux ont vu et que l’esprit ne parvient pas à comprendre."  Margherita Guidacci  (Inventaire du massacre / L’horloge de Bologne) 

"La vie additionne. La mort soustrait." Edmond Jabès  (Le petit livre de la subversion hors de soupçon) 

"J’atteste qu’il n’y a d’Être humain / que Celui qui combat sans relâche la Haine / en lui et autour de lui." Abdellatif Laâbi, 10 janvier 2015 (J’atteste / contre la barbarie) 

"Il y a de grandes flaques de sang sur le monde / où s’en va-t-il tout ce sang répandu." Jacques Prévert (Chanson dans le sang / Paroles)

………..

Aujourd’hui je ne me souviens pas. Je ne me souviens pas d’hier, seulement du plus lointain de la mémoire, d’une pluie de sable, d’une pluie d’instants. 

Nuages. Comme brouillard sur l’écran des yeux. Très douce la parole du passé, très douce.

Douce et violente de la violence des exils, douce de la déchirure des langues, douce du froissement du papier de soie autour du texte offert par l’étrangère, en cette intime voix du dedans.

Amnésie. Bouffée de rires sur fond d’horreur ultime.

Aujourd’hui on lapide une femme, aujourd’hui on lapide un couple. Je ne me souviens pas, je rampe. Dans le présent je rampe, et mange l’orchidée noire.

Aujourd’hui on jette un homme et son oeuvre au feu du mépris, au destin de mort. Poète, on a peur de l’éclair lucide de tes mots, peur des yeux et du corps vivant. On craint la contagion d’esprit, la source intime de pensée, l’invasion de multiples « je » libres. Consciences sans dieux, ou consciences mystiques, on a peur des braises du vent qui chante.

Litanie de dates, litanie de noms, oubliés de mars et juillet, oubliés de janvier et novembre. Oubliés d’avant et après mars et juillet. Massacres et génocides, bombes et pierres, fleuves obsédants d’octobre noir. Je ne me souviens pas, je rampe : bombes, couleurs d’artificiers, disparus.

Disparus, bouches hantées, tendresses ravagées, identités lacérées, juillet désert, été désert, automne sidéré, hiver brûlant d’effroi. Enfant aux yeux aveuglés.

Aujourd’hui on censure un livre, on déchire un poème, on interdit un film, on arrête un blogueur : je ne me souviens pas. Otages, je ne me souviens plus…

Je ne me souviens plus, je danse. Je danse sur des cadavres, je marche sur des charniers, j’habite des immondices mémoriels, je dors sur de la cendre. Et douce, douce, est la cendre.

Soleil je bois, en coulées d’averses. Non, je ne bois pas l’or, soleil, je cherche l’ombre qui brûle. Je la chante, sanglant oublieux, je la cherche.

Yeux mats, papier journal en terrasse d’ocre toit, ou fond de cour au figuier, oui. Je froisse la feuille des nouvelles, je déchire la photographie, j’oublie que je me souviens. Alors je ne me souviens pas.

Morte rive, amante desséchée, l’eau n’a pas le bleu qu’il faut, l’eau s’enfuit en abysse en faux bleu, en rigole.

Gargoulette fantasmatique, inutile de tendre les lèvres vers une image, ou de poser les paumes sur un souvenir de fraîcheur, la soif reste, et les mots, dans l’incandescence des mains. De ne pas savoir je me souviens.

Aujourd’hui on emprisonne encore une femme, pour crime de pensée, on fait de sa porte la clé d’une cellule, de sa fenêtre le miroir clos de leurs peurs. Et je ne me souviens pas, je danse, sur la cendre je danse, sur nos douleurs je danse.

Mystère des arbres : je pose la main, je pose les pieds, j’arrête le silence. Je ne sais. Ni le soldat enlevé, ni l’enfant assassiné, ni les rêves de joie, ni les gouttes de rosée sur la fleur du temps. Ni même les murs.

Non, je ne sais plus rien, je suis là, j’existe. Devoir de mémoire. Devoir de bonheur, je laisse la mort hanter le papier journal, le temps de ma récréation cosmique, de mes contemplations de galaxies, de mes tendresses.

Mais je me souviens du bruit, j’écoute les mots. Je me souviens de la voix, j’écoute le souffle, la musique. Violons de Rostropovitch et Menuhin contre les mirages des armes, luth de Raymond, tambour du chaman, voix du blues, danse soufie. Contre l’illusion kamikaze.

Je ne parle pas du sang : j’ai oublié le sang. Je ne parle pas des noms : cela j’ai oublié. Je ne parle que du reste : l’oubli même.

Oui, trace, poudre, silence du bois, silence de la pierre. Petits cailloux de quartz de Saint-Augustin : en lécher le goût, pacifier l’olivier, le parfum.

Sidi Yahia des frontières, oasis de quelqu’un d’autre, qui ne reconnaît que le nom et cherche pourtant des yeux les sages. De cela est-ce que je me souviens ? 

Naissance frontière, autre rive. Quelqu’un sait-il encore quelle rue ou quel chant ? 

Je ne me souviens pas des noms, je ne sais plus les rues. Aujourd’hui je perds cette langue.

Musicien perdu, de Thagaste en Ardenne, quels sons, quelles lettres ? Seulement un écho bruissant du vide, de ne pas savoir faire.

Clandestine migration, Grenade ne se souvient plus des noms, Alicante a perdu les visages, Valence tous les prénoms, Almeria les sons, Alger les tombes, Oujda le vent, Marseille l’accent, Montréal les adresses. Il n’y a que Paris, la mer, et l’olivier, qui sachent encore rejoindre les pas, faire soleil de l’ombre. 

L’acacia, peut-être, Camargue…

Je ne me souviens pas des pères et des mères, et je ne me souviens pas des enfants des pères et des mères. Juste des litanies de foules sur des routes vagues. Distraite de moi-même je ne sais plus les visages successifs enfouis derrière mes yeux, je ne sais plus la caresse du temps.

Je ne me souviens pas de ne faire que me souvenir. Devant une feuille et un crayon je me souviens de la trace malgré le soir, de la fatigue des ensommeillés, d’hypocrites menteurs qui déguisent mes pieds, de colères à écrire. Pour délivrer l’âme d’encombrantes lenteurs je me souviens de la rebelle solitude heureuse, d’un tapis où s’asseoir. Ici l’urgence de dire et la force du présent dans la douceur tiède des rues, des mains. Vers un ailleurs qui sait, lointain rivage.

Buscar. Buscar la luz. 

L’étrangère aussi, en soi sait peut-être… Elle.

© MC San Juan (Texte et photographie)

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16/12/2015

Ashraf FAYAD, POÈTE condamné en Arabie saoudite…

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« Le vent est un être invisible

même quand il danse

avec les arbres »  (Logique)

« La terre

cet enfer apprêté pour… les réfugiés »  (Amnistie)

« La perte de l'âme exige un temps qui ne suffira pas

Pour consoler tes yeux effrayés de ce qu’ils ont coulé comme pétrole »  (Du mérite du pétrole sur le sang)

« Dieu sur son trône

Et tu essaies maintenant

de réparer tes ailes »  (Corbeau volant sur deux bâtons)

Ahsraf Fayad / ‘Instructions internes’ (recueil, 2007, éd. Dar al Farabi, Beyrouth/Liban). Poèmes traduits par Abdellatif Laâbi (Plusieurs poèmes sont sur le site du Marché de la Poésie : http://poesie.evous.fr  ou sur celui du Printemps des poètes : http://www.printempsdespoetes.com

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PÉTITION de soutien (fermée mais toujours en ligne)... SUR CHANGE.ORG https://www.change.org/p/sauvons-le-poète-palestinien-ash...

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... MISE à JOUR, 14-01-2016... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/01/14/so...