17/07/2019
"L'homme qui entendait des voix", et qui est, lui, une voix qui compte...

23:53 Publié dans Recensions.livres.poésie.citations©MC.San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Éric dubois, l’homme qui entendait des voix, laurence bouvet, jacques cauda, unicité, éditions unicité, antonin artaud, gérard de nerval, yannick noah, marion leboyer, folie, voix, psychiatrie, maladie mentale, écriture, thérapie, témoignage
24/04/2019
"La mort n’est point notre issue". Parole de poète, François Cheng



02:19 Publié dans CITATIONS.exergues.incipit.excipit, POÉSIE, SPIRITUALITÉ.sagesses.mystique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : françois cheng, cheng, poésie, poètes, livres, la grande librairie, françois busnel, la vraie gloire est ici, de l’âme, enfin le royaume, rilke, camus, proust, jeanne d’arc, âme, écriture, spiritualité, citations, dante
23/12/2017
Babel heureuse, revue d'art et littérature... (Mise à jour le 02-08-2022, lien vers l'e-book)
Voilà donc enfin la note sur Babel heureuse, ample et superbe revue d’art et littérature, semestrielle. J’ai la joie d’occuper quelques pages pour des photographies et deux textes, l’un où je dis ma démarche de création et mes références (Peindre sans peindre, et soi dans l’ombre et les ombres…), l’autre où l’écrivain et éditeur Roland Chopard regarde, commente, devine.
Et regarder, il sait, écrire son regard, tout autant… (Ombres et lumières).
MISE à Jour... La revue étant arrêtée, le site n'existe plus. Dmeure la revue disponible en ligne, pour moins de 2 euros.
LIEN... Babel heureuse, en e-book… (dont le dossier photos-textes de mes feuillages d’ombre)… Peindre sans peindre... https://play.google.com/store/books/details?id=nbVGDwAAQB...
03:02 Publié dans ART.tous arts visuels, Recensions.REVUES.poésie.citations.©MC San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : babel heureuse, françois rannou, gwen catala, diacritik, roland barthes, le plaisir du texte, poésie, photographie, pensée, polyphonie, arts visuels, écriture, création, roland chopard, marie-claude san juan
28/03/2017
Quelle poésie perd son chant ? Sur un fragment d'éditorial...
Titré « Poésie à l’oubli » le début de l'éditorial de Jean-Marie Corbusier, donne envie de lire intégralement le texte, pour voir où cela aboutit (ce que je ferai, dans la revue belge Le Journal des Poètes). Recours au poème en a fait un post sur sa page Facebook, en annonçant la parution, et c’est ainsi que je l’ai découvert et commenté…
J'y reconnais certains de mes agacements, et questionnements. Il est vrai que pas mal de publications sont décevantes, sans l'exigence d'une écoute intérieure laissant émerger de l'intense rare : voix évidente, musique ET regard. Voix et sens, car si le chant n'est que chant il tombera des mains du lecteur (autant que le texte qui peut se confondre avec un article du journal quotidien...).
02:33 Publié dans POÉSIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie à l’oubli, jean-marie corbusier, le journal des poètes, recours au poème, poésie, écriture
03/07/2016
"Sous la cendre"... la lumière du regard. Un itinéraire d'écriture...
Elle avait tant désiré vouloir être haute et intelligible. Autre que sous-entendue, en suspens, voire insoupçonnable.
Roland Chopard, La voix du silence / Sous la cendre (incipit)
Je porte le temps brûlé dans mes yeux et je voyage vers vous
Nizar Kabbani, Femmes (Arfuyen)
Après le feu, le bois devient cendre; le bois ne peut contempler les cendres, et les cendres ne peuvent voir le bois.
Tozan (Hokyo Zan Mai), cité par Taisen Deshimaru, La Pratique du zen (Albin Michel)
Les êtres sont en attente, ils l’étaient avant l’incendie, ils l’étaient sous la cendre, ils le sont, plus que jamais, en ce livre né du feu et en réponse au désastre.
Claude Louis-Combet, Postface / Sous la cendre
23:55 Publié dans Recensions.livres.poésie.citations©MC.San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : recensions, livres, citations, écriture, création, regard, roland chopard, sous la cendre, écripeindre, lettres vives, claude louis-combet, feu, cendre
25/05/2016
"Vent immobile", ou écrire la "soif d'autre chose", pour et par la soif d'autre sens...
De Charles Duits, longtemps j’ai gardé l’image de l’homme qui était entré dans l’éclairement. Il se tenait debout au bord d’une haie de laurier, comme en équilibre dans la lumière verticale. Chaque pétale de fleur faisait éclore une éternité. Tout autour, un vent qui n’eût fait aucun bruit emportait tout.
Christian Le Mellec, Vent immobile, éd. Le bois d’Orion, p. 15
Maintenant, je sais au moins nommer l’objet de mon ambition. Je sais que je cherche l’illumination. Je veux devenir ce qu’est devenu le prince Siddhartha sous l’arbre de la Bodhi.
Charles Duits (cit. p. 38)
23:50 Publié dans Recensions.livres.poésie.citations©MC.San Juan, SPIRITUALITÉ.sagesses.mystique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vent immobile, christian le mellec, le bois d’orion, bhattacharya, daumal, duits, guez ricord, écriture, poésie, spiritualité, éveil, citations, livres, mystique
07/11/2015
FRED DEUX… « Faire vivre l’obscur »
Dire ce que tu es. Ce qui revient à parler de ce qui vient vers toi et comment tu vas vers l’autre.
Fred Deux
Eloigné des modes, le travail de Fred Deux - et de Cécile Reims -, par sa puissance évocatrice, son univers obsessionnel et viscéral, bouleverse le confort de nos certitudes esthétiques.
Carlos Pardo
Bel article dense de Carlos Pardo, sur Fred Deux (et beau titre, « Faire vivre l’obscur »), sur cet artiste double (écriture et peinture) créateur de « livres uniques », né en 24 et mort en septembre 2015. Artiste relié au courant du biomorphisme. Evocation, dans ce texte, aussi, de sa compagne de vie et d’art, Cécile Reims, graveur : http://www.monde-diplomatique.fr/2015/11/PARDO/54163
04:19 Publié dans ART.tous arts visuels, CITATIONS.exergues.incipit.excipit | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fred deux, cécile reims, carlos pardo, art, peinture, écriture, citations, livres, culture, le for intérieur, les cahiers dessinés, philippe dagen, regard, création, galerie alain margaron, introspection
20/10/2015
Un site, un exergue. Barzakh, intermonde et océan… Mohammed Dib et Jeff Foster… L’écriture et la vague...

Mohammed Dib, Neiges de marbre
Citation en exergue sur le site de Barzakh éditions... http://www.editions-barzakh.com
18:43 Publié dans ALGERIE/Algériens.hist.mémo.culture, CITATIONS.exergues.incipit.excipit, SPIRITUALITÉ.sagesses.mystique, WEB..LIENS.sites.presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barzakh, barzakh éditions, intermonde, océan, mohamed dib, jeff foster, écriture, vague, livres, philosophie, spiritualité, éveil, neiges de marbre, l’acceptation profonde, une absence extraordinaire, citations, exergues, algérie
13/06/2015
La solution du compas... Poésie, art, le centre et les cercles...
Elle est rebelle au fond, / La civière du temps.
(...)
Rien ne demeure / Qui ne résiste et qui ne sache.
Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes, éd. Dumerchez
Des artistes oeuvrent avec goût. / Des esthètes jugent en connaisseurs. / Et des hommes crèvent en mordant leurs poings dans toutes les nuits du monde.
Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent (et autres textes), Poésie/Gallimard
15:44 Publié dans CITATIONS.exergues.incipit.excipit, JE.écrire/écrire sur écrire © MC San Juan, POÉSIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, culture, citations, jean-marie blas de roblès, roger gilbert-lecomte, soufi mon amour, elif shafak, nomade, rûmi, création, écriture, solution du compas, hautes lassitudes, la vie l’amour la mort le vide et le vent
06/06/2015
Exergues, encore. Fil tissé, lentement et longtemps...
J'ai rajouté des citations... aux exergues du blog. De phrases en phrases...
Exergues, c’était le cas, en créant le blog en 2010. Citations qui font manifeste... Mais, cinq ans après, page infinie où je vois les absences, ce que je pose est toujours exergue, confirmation de la permanence d’un regard, d’une démarche, et recommencement de jour en jour des questionnements. Certitude des incertitudes. Âmes... frères, car... (frères : neutre des consciences...).
Image ? Photographie d’un voile dont on devine la trame, trace qui cache, transparence qui révèle. Exactement comme dans l’écriture. Exactement comme dans le choix de citations repères d’affinités.
09/05/2015
Et pourquoi ce BLEU ?
Là, ce n’est ni un livre ou deux (comme dans une note précédente sur la poésie visuelle) que je vais indiquer pour "dire" une forme créative intéressante (accompagner les mots, pas les illustrer mais écrire autrement). Ni une création graphique.
Mais une photographie prise très récemment, au Grand Palais. Pour le bleu de cette lumière (et pourquoi ce bleu ? parce que, justement : bleu). Et parce que cette rampe de pierre sculpte une calligraphie. Yod répété, ou un autre signe, "a" ensorcelé, "o" peut-être, ou juste les traits d’une dentelle sans lettres ni sens, mais de formes dansées comme celles qui furent sans doute à l’origine de cette idée d’écrire les sons, il y a si longtemps... bien avant nous.
Texte et photographie © MC San Juan
23:59 Publié dans Photographies/textes © MC SanJuan, POESIE VISUELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bleu, calligraphie, écriture, regard, photographie
02/05/2015
De phrases en phrases lues relues, danser en esprit. CITATIONS (exergues de 2010...).
"Vent tissé", seuils et pas... (C’était le titre de la note du 04-12-2010. Exergues...).
Trames... Vent tissé, fils brisés, parfois. Tisser, c’est faire pont, mais c’est aussi dénouer les nœuds mensongers, dénoncer l’injuste, par le murmure ou par le cri. Cependant, toujours, revenir au silence, au poème, au regard… Voici mon manifeste aux mots empruntés. Goût de citer, d’extraire, qui n’est séparable, pour moi, ni de la lecture, ni de l’écriture… Seuils et pas.
23:49 Publié dans CITATIONS.exergues.incipit.excipit, Photographies/textes © MC SanJuan, Trames nomades.axes.EXERGUES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citations, poésie, trames nomades, trames, nomades, photographie, exergues, écriture, création, tissage, métissage
06/04/2015
Ecriture... A L’INDEX N° 28, revue littéraire
Comme je parle beaucoup des autres avec lesquels je partage cet espace de la revue (et notamment beaucoup d'Anne Sexton), je vais commencer par noter ce qui concerne mes poèmes, pour introduire brièvement ma longue recension.
Pages 65 à 69, mon texte, poème, vers libres et prose. Une et toutes douleurs. Exergues (bien sûr...) : Anna Akhmatova, Monique Rosenberg, Lyonel Trouillot, Geneviève Clancy. Je ne peux que tisser lecture et écriture. Je ne citerai qu’un fragment, tout au début. Il donne une des clés, en posant une question : "Le lieu est-il l’exil de la pensée ?". Exils, conscience : méditation... La traversée des frontières est au centre de mon identité, de tous mes questionnements. Pluriel interne, valises "arrachées", et chiffre de l'éthique nomade. Regard autre. Je signe d'un S, mémoire du soleil-signature de Jean Sénac, et de l'initiale en commun, S solaire, oui, et S des pluriels, qui ouvre le multiple en soi et dehors (MC San Juan...).
19:42 Publié dans Recensions.REVUES.poésie.citations.©MC San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : à l’index, littérature, écriture, poésie, culture, anne sexton, sylvia plath, jacques basse, jean chatard, jean-claude tardif, claire dumay, anna akhmatova, monique rosenberg, lyonel trouillot, geneviève clancy, revue, à l'index 28
30/03/2015
"La Parole contraire". Présence contre l’absence et l’évitement... Mots autres...
On reproche à Erri De Luca une "incitation" à la violence, pour avoir utilisé le mot "saboter", en répondant à une question de journaliste au sujet de la ligne Lyon Turin que la région concernée refuse et qui présente de grands dangers environnementaux et de santé publique. Il soutient le refus et prête ses mots d’écrivain à ce refus. Reprenant une injonction biblique il dit devoir "ouvrir la bouche pour les muets", parler pour les "sans-voix", pour défendre ce droit à la parole des autres. De ce projet contestable du Val de Suse ("réaliser un lieu qui n’existe pas") il dit : "Une utopie, et des pires qui soient, est l’asservissement d’un territoire à une spéculation déclarée stratégique pour de plus grands abus." (p.19). Il rappelle que cela passe par "Le percement et la pulvérisation des gisements d’amiante" (pp. 19 et 39). Et il évoque de même les gisements de pechblende (radioactif) qui doivent aussi être percés (p.40). Mais son propos principal est la revendication de son droit de parole d’écrivain et le refus de la distorsion du sens des mots qui est à la base de l’accusation."Saboter", ce n’est pas, pour lui, faire violence, c’est "entraver", rendre impossible ce qu’on refuse, et entraver les mensonges et la désinformation. Il répond aux accusations dans son livre La parole contraire.
01:32 Publié dans Recensions.livres.poésie.citations©MC.San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erri de luca, écriture, oxymore, libertaire, humanisme, liberté d'expression, la parole contraire, italie
23/12/2014
« A L’INDEX » N° 27, revue, « espace d’écrits » (poésie, fiction, écritures de soi, voix d’ailleurs, notes de lecture...)
« Ce matin j’ai écrit deux poèmes. / Je ne me demande pas pour l’instant quel sens / possède ou non ce travail obscur. / Simplement c’est une autre façon, possible, d’être vivant. » («... No me pregunto ya por el sentido / que tiene o no tiene este oficio oscuro...”)
Luis Benitez, poète argentin (A L’Index n° 27, traduction de Françoise Laly), pp. 114 à 123.
Ce choix en exergue : hommage, pour des textes (il y en a plusieurs dans la revue 27) que j’apprécie particulièrement...
En quatrième de couverture je remarque une définition de la poésie (ou plutôt une conception de la poésie...) qui me convient assez, moi qui ai le goût du monde ouvert, du regard sur les pays proches ou lointains, intérieurs-extérieurs. D’ailleurs ce fragment pourrait sans doute atterrir dans la liste de mes exergues de blog (mon manifeste, ici)... C’est un paragraphe de Jean-Pierre Chérès, dont je relève ce passage: « Etre poète, c’est se donner corps et esprit à la présence du monde, c’est être possédé par le monde, c’est ouvrir en permanence ses antennes sensibles à l’univers... ». Mais si ce texte se trouve en « quatrième », mis ainsi en évidence, c’est bien aussi parce qu’il correspond à l’esprit de la revue, tel que veut l’impulser Jean-Claude Tardif, l’écrivain-éditeur. Les gens qui se retrouvent à publier là des textes (poèmes – vers ou prose – ou récits) semblent avoir en commun un sens d’âme nomade. Certains parce qu’ils ont traversé des frontières, d’autres parce que les frontières traversées sont plutôt des origines et des langues tissées en eux, d’autres encore parce que leur regard est hanté par l’horizon d’un ailleurs réel ou imaginaire.
Et cela s’inscrit dans les mots. Pas seulement pour les « Voix d’ailleurs », comme les pages bilingues de Luis Benitez, poète argentin, ou l’étude de Claire Lajus sur la poésie turque contemporaine (« poésie méconnue », note-t-elle avec raison en sous-titre). Non, pas seulement. Claire Sicard-Dumay, elle, interroge ses voyages intimes, « morceau d’Espagne » ou « bout de la jetée à Zurich ». En écho, malgré la différence de démarche et d’écriture, la « mémoire lavée au vitriol » de Jacques Nunes-Teodoro, dans « Saudade », poème qui interroge un « siècle furieux » et « l’ambition de nos ombres » (ambition perdue ?). Un autre de ses textes rend un hommage croisé à Primo Levi et Giacometti, un autre encore à son père, immigré et ouvrier. Et ses pages vont vers un océan qui n’est pas de rêve mais de réel, dur... Gérard Lemaire, lui, cherche en creusant le centre d’un or solaire : « or de l’esprit », « lueur », « incendie » éventuel, possible, pas sûr : souffle, en humilité.
Je n’ai pas encore lu le dossier sur l’œuvre d’Yves Martin (à plusieurs mains). Je le ferai plus tard... D’ailleurs je n’ai pas tout lu. Mais comment est-ce que je lis une telle revue ? Comme je lis toujours n’importe quel regroupement de textes (et même les recueils d’auteurs), exactement comme je commence à lire debout en librairie ou bibliothèque (pour voir si cela vaut le coup soit d’acheter soit d’emprunter). Cela ferait peut-être hurler des puristes (ou des hypocrites qui ne mesurent pas le temps de leurs lectures et font semblant de tout vouloir..) ou ceux qui pensent qu’il faut chercher la valeur d’un écrit avec lente attention. Pas moi... La lenteur je la garde pour les relectures (et je relis beaucoup, une fois que le test premier a fait garder l’ouvrage). Ma méthode est la lecture transversale (en bibliothèque, debout, pages tournant à toute vitesse : cela accroche ou pas – et si ce n’est pas le cas aucune lenteur ne me fera aimer ce que l’œil rapide n’a pas capté. Après tout, pour moi (en ce même domaine : la poésie) la méthode est le ciseau d’exigence : pourquoi n’aurais-je pas la même rigueur pour autrui ?
Eh bien, là, beaucoup de textes ont déjà passé le cap du rayon transversal... et donc mérité la relecture lente. Les pages ne s’ouvrent pas par hasard, elles viennent chercher l’œil. Si je n’aime pas tout de suite je n’aimerai pas plus tard. Et si j’aime vite des vers, j’aimerai en lenteur. (Je cherche d’abord la poésie, vers ou prose).
La préface (de Jean-Claude Tardif) interroge la discrétion qu’on reproche parfois à la revue. C’est vrai qu’une telle qualité mériterait plus d’envergure... avec ces pages qui font vivre du contemporain.
J’ai parcouru aussi des notes de lecture. Ces regards qui vont donner l’envie d’aller vers un ouvrage, un auteur. Et j’ai lu avec attention, particulièrement, les deux textes qui parlent d’auteurs que je connais (pour ce que je ne connais pas je reviendrai...). Etonnée de voir Omar Khayyâm, comme si souvent (malgré l’intérêt qu’il suscite, et l’hommage authentique qui est rendu à son art), victime d’un malentendu répétitif : le vin, l’ivresse : portrait d’un épicurien qui deviendrait presque une sorte de matérialiste, athée militant (j’exagère...). Or Khayyâm doit, je pense, être lu à la lumière du contexte de son temps (codes d’écriture et de vie comme portes de liberté, provocations aussi, pour sauver sa solitude intérieure). Mais surtout à l’aide des clés que la symbolique soufie donne pour entrer autrement dans cette œuvre, et la déchiffrer.... Mais ce lecteur aime l’auteur qu’il évoque et le fréquente, preuve que les œuvres riches se donnent diversement à qui veut faire le pas vers elles. Ma lecture sera différente, avec ce vin où les soufis, qui savent une autre dimension du poète, voient la traduction d’une saveur (important cette notion de saveur dans cette voie) qui révèle une aventure, une expérience difficilement traduisible autrement. Le portrait de Shams de Tabriz que fait Elif Shafak dans le roman « Soufi, mon amour » (10/18) croise la figure de Khayyâm, d’une certaine manière. Personnages qui échappent à tous les cadres. Vin réel et vin symbolique ont droit de cité, et rôle... pour eux. Lire, ainsi, une autre introduction à l’œuvre, pourra prolonger la découverte qui est proposée dans la revue « A L’Index » (par quelqu’un qui fréquente son œuvre depuis longtemps). Autre lecture : http://kulturica.com/k/litterature/les-quatrains-d-omar-khayyam/ (Citation : « De ce fait, pendant des siècles, Omar Khayyam est passé pour un païen qui s’adonnait à la boisson et à d’autres jouissances diverses, un "libre penseur" proche de l’hérétisme aux yeux des religieux, des occidentaux et… du reste du monde. Il a échappé aux yeux des profanes que les termes de "vin", "taverne" ou "ivresse" pouvaient avoir un sens mystique très éloigné du sens premier. Mais, pour les esprits sensibilisés à la mystique soufie, Khayyam a toujours été un maître. »)
..................
Une autre note de lecture concerne Jean Sénac, œuvre de mon panthéon personnel (et bien plus, œuvre d’ancrage, d’identité). Poète frère (« frère(s) de terre » comme la page d’un site algérien nomme les natifs du pays de toutes communautés – de terre et d’esprit). Native hispanité algérienne... (Dans mon poème « 36 choses à faire avant de mourir », chez pré#carré, je choisissais de terminer ainsi : « 36. Envoyer un télégramme à Jean Sénac, pour qu’il me tende la main, juste à la fin. »). J’apprécie qu’on le propose aux lecteurs : c’est un immense auteur (lui qui « signe d’un soleil »). Mais, non, Sénac n’était pas « amoureux des » Algériens : il était, il est, un Algérien majeur. La formule en fait un étranger et cela me déconcerte, me blesse. Sans carte nationale, oui, ce du fait des règles ethniques et religieuses, choix d’un régime politique à vision univoque, et de la démarche qu'il aurait dû faire de demande de la nationalité algérienne pour l'obtenir. Or il considérait qu'il n'avait pas à la "demander", que c'était un droit de naissance et d'engagement. Sur l'assassinat de Sénac, il faut lire "Assassinat d'un poète" de Jean-Pierre Péroncel-Hugoz... et on apprend alors beaucoup sur la fin de la vie de Sénac, en éclairant la vie entière. Et sur toute la souffrance de l’indépendantiste voyant son pays se perdre...
Mais l’essentiel est de donner à lire (ou envie de relire encore) et Khayyâm et Sénac, ce qui fut le but des contributeurs... et qu’ils ont, dans le fond, réussi, je crois...
MC San Juan
Pour en savoir plus, A L’INDEX : http://lelivreadire.blogspot.fr/
16:35 Publié dans Recensions.REVUES.poésie.citations.©MC San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : à l’index, écriture, littérature, poésie, poètes, poèmes, revue, à l'index 27