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16/01/2015

Des mots, des chants, des mots... Voix musiciennes et voix musulmanes...

GRAND CORPS MALADE.jpg

Loin des débats et des articles qu’on lit intensément pour réfléchir, pour tenter de chercher comment répondre à ce que l’actualité nous envoie et renvoie, des mots et des notes sont un baume... Des réactions spontanées ont produit des textes forts.

Il y a du sens, du son, et, paradoxalement, la place du silence intérieur, du recueillement...

Chants, témoignage, lettre, tribune : des outils pour penser. Voix musiciennes et voix musulmanes... (Pour les journalistes assassinés, les Juifs assassinés, les policiers assassinés).

[« Il faut sortir de la réserve », dit Mohammed Chirani (émission, BFMtv16-01-15/17-01-15). « Il ne faut pas que les radicaux aient le monopole de l’interprétation du Coran. »... « Mais quel est leur Islam ? » (En voyant les manifestations contre la couverture de Charlie dans certains pays musulmans / « Ils sont tués une deuxième fois »)...  « Le blasphème, ce sont les assassinats » ]

Grand corps malade (http://www.grandcorpsmalade.fr/). Slam « 07-01-15 », Slam (musique de John Mamann)  : http://www.elle.fr/Loisirs/Musique/News/Pret-a-liker-le-slam-de-Grand-Corps-Malade-pour-Charlie-Hebdo-2875706  7 Janvier 2015, j'ai pas envie d'aller au lit. Je préfère prendre un stylo car, ce soir, je suis Charlie. » Le slameur Grand Corps Malade affirme de sa voix puissante son soutien aux victimes des attentats. Des mots qui claquent pour lutter « contre l'obscurantisme, avec honneur et insolence ». »)

Jean-BaptisteBullett. Je suis Charlie , chanson sur la musique d'une chanson de Renaud, Hexagone. Sur JB Bullett, Elle : http://www.elle.fr/Societe/News/Pret-a-liker-la-chanson-coup-de-poing-en-hommage-a-Charlie-Hebdo-2875204 (« Jean-Baptiste Bullet, un chanteur amateur de Tarbes, a publié sur son compte Facebook une vidéo qui tourne en boucle sur tous les réseaux sociaux depuis jeudi. On y voit le jeune homme, guitare à la main, chanter avec conviction son indignation sur l’air d’« Hexagone » de Renaud. « Un coup de Kalach, pour un coup de crayon, tu salis ta religion », « Partir en Syrie faire le djihad et revenir faire des fusillades, c’était ça ton plan de carrière ? Penses-tu aux familles qu’y a derrière ? », « Si tu te demandes où est Charlie, à jamais dans nos esprits ». Des phrases chocs qui ont déjà généré plus de 250 000 partages sur Facebook ».)

Les artistes au concert de soutien à Charlie : http://www.parismatch.com/Culture/Musique/En-images/Patrick-Bruel-Julie-Gayet-et-Alain-Souchon-les-artistes-mobilises-sur-France-2-pour-le-concert-de-soutien-a-Charlie-Hebdo-688534#.

« VIDEOS - Grand Corps Malade, Tryo, Oxmo Puccino et JB Bullet : les hommages à Charlie en musique » / « #JESUISCHARLIE - Grand Corps Malade, Tryo et Oxmo Puccino ont chacun créé une chanson pour Charlie Hebdo. Un artiste moins connu, JB Bullet, a posé ses mots sur la musique d'"Hexagone" de Renaud, attirant 1,6 million de youtubeurs. ». MetroNews, 11-01, mis à jour 13-01 : http://www.metronews.fr/info/videos-grand-corps-malade-tryo-oxmo-puccino-et-jb-bullet-les-hommages-a-charlie-en-musique/moak!wIvnrX4fV8z/  

« Tryo, Lalanne, Oxmo Puccino chantent… Je suis Charlie », Le Figaro, 14-01-2015. Articles et plusieurs CLIPS, divers artistes : http://www.lefigaro.fr/musique/2015/01/14/03006-20150114ARTFIG00261-tryo-lalanne-oxmo-puccino-chantent-je-suis-charlie.php  [« Le monde du rap n'est pas en reste. Oxmo Puccino a lui aussi rendu hommage aux victimes. Accompagné de Waxx à la guitare, il a interprété la chanson inédite pendant Le Before du Grand Journal de Canal + le 8 janvier, lendemain du massacre. Clip d’Oxmo Puccino :  (Lien supplémentaire, pour situer le rappeur Oxmo Puccino, regards.fr, décembre 2006 : http://www.regards.fr/acces-payant/archives-web/oxmo-puccino-invente-le-rap,2650 )]

Matthieu Chedid, Tryo, Lalanne... Hommage. Lci.Tf1, 20-01-15 (sur la page : archives) : http://lci.tf1.fr/culture/musique/matthieu-chedid-tryo-ox...

Le groupe de reggae Tryo rend hommage à Charlie. Article et clip, Le Figaro, 12-01-2015 : http://www.lefigaro.fr/musique/2015/01/12/03006-20150112ARTFIG00346--charlie-hebdo-tryo-rend-hommage-a-son-ami-tignous.php  («Postée le 10 janvier sur You Tube, , la chanson est accompagnée d'un montage qui réunit plusieurs extraits vidéos où apparaissent des dessinateurs. S'y succèdent Charb, Cabu, Wolinski et Tignous. Ils dessinent, évidemment. Ces images sont tirées du film de Gilles Porte réalisé à l'occasion des 18 ans de Clowns sans frontières. Le clip YouTube empreint de poésie, a déjà été vu plus de 700 000 fois. »

Un concert pour la paix, artistes alsaciens : http://www.dna.fr/actualite/2015/01/11/un-concert-pour-la-paix-apres-la-tuerie-chez-charlie-hebdo

 A lire... Kery James, rappeur (Cayenne, le 9 janvier 2015). Lettre qu’il a diffusée dans les réseaux sociaux après le 07-01-2015 : http://www.rapghetto.com/news/kery-james-reagit-au-drame-de-charlie-hebdo   (Le titre reprend une citation qu’il fait de Mahomet : « Le fort est celui qui maitrise sa colère alors qu’il est capable de l’exercer » /// « Assister à la naissance de ma fille fut l’un des moments les plus forts, les plus intenses et joyeux de mon existence. Mais avec cette joie est arrivée une crainte que je ne connaissais pas auparavant, la peur du jour dans lequel la mort viendra nous séparer.  (...) « C’est pourquoi en ces jours ensanglantés j’ai d’abord une pensée pour les familles des victimes de l’extrémisme à travers le monde. Un extrémisme qui n’a pas qu’un seul visage. Mais quels que soient les masques sous lesquels se dissimule l’extrémisme, on peut toujours lui diagnostiquer un point en commun. Il a toujours pour préoccupation première, voire obsession, de nous précipiter au plus vite vers une guerre et ce de gré ou de force. Après ce 7 janvier 2015, une fois encore, j’ai la sensation que les choses évoluent trop vite et que ma vie et mes choix m’échappent. Je crois que ce sentiment est partagé par l’immense majorité des musulmans et des gens conscients des enjeux auxquels nous devons faire face. // J’ai l’impression de ne plus être maître de moi-même et d’être poussé malgré moi à affronter des gens à qui l’on a fait croire que j’étais leur ennemi. Des gens qui auraient pu m’apprécier en tant qu’homme s’ils avaient pu prendre le temps de me connaître. Des gens qui auraient pu enrichir ma connaissance du monde, de l’être humain et peut-être de moi même. Mais les extrémistes de tous bords ne veulent pas de cette rencontre. Ils conditionnent chacun d’entre nous afin que cet échange n’ait jamais lieu. Pour cela ils ont recours à des méthodes et des instruments différents, mais l’objectif est toujours le même : précipiter la guerre. En ces jours tragiques, ce qui me console c’est d’avoir la certitude d’avoir toujours oeuvré pour construire des ponts... » SUITE sur le SITE...)

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On peut trouver aussi, ailleurs sur la Toile du rap, des réactions où se mêlent interventions solidaires et réactions haineuses. Aux jeunes qui ne comprendraient pas la solidarité de leurs musiciens avec Charlie, il faut proposer de lire les tribunes ci-dessous 

Mohammed Chirani (auteur du livre « Réconciliation française-Notre défi du vivre ensemble», « Je suis Mohammed Charlie » :  http://www.huffingtonpost.fr/mohammed-chirani/je-suis-mohammed-charlie_b_6455240.html (« Oui, je suis un Français de confession musulmane, mais je suis un journaliste lorsque des journalistes sont tués par des terroristes, je suis un Juif lorsque des Juifs sont tués par des terroristes dans un magasin Kasher et je suis un policier lorsque des policiers sont tués par des terroristes. Mais surtout, je suis un Français tout court, dont le pays est attaqué par le terrorisme. Partout dans le monde, des fanatiques illuminés tuent des musulmans au nom d'un Islam perverti. Je ne partage pas cette vision de l'Islam. Mon Islam m'enseigne d'aimer mon prochain quelque soit sa religion ou sa conviction. Mon Coran m'a appris la sacralité de l'âme humaine : «Celui qui tue une âme, c'est comme s'il avait exterminé toute l'humanité. Et celui qui sauve une âme, c'est comme s'il avait sauvé toute l'humanité ». (...)Je ne suis pas seul à penser cela et je ne ne suis pas représentatif d'une minorité de musulmans.   (...)   «J'ai eu le malheur de vivre en Algérie pendant la guerre civile des années 1990 lors de laquelle 200.000 Algériens musulmans ont été tués par des terroristes islamistes. Nous avons trop tendance à oublier que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme dans le monde (en Syrie, en Irak, au Pakistan, au Mali, au Yémen, en Afghanistan, etc. ). Le terrorisme n'est pas uniquement l'ennemi de l'Occident, il est l'ennemi de l'humanité. Il n'y a pas conflit entre les civilisations, entre un NOUS (l'Occident) et les AUTRES (musulmans), ou l'inverse selon votre perspective. // Le but des terroristes est évidemment de cliver la société française afin que chacun se replie sur sa communauté et rejette les autres. Si nous cédons à la tentation de la simplification en termes de NOUS (Occident) et d'AUTRES (musulmans), ou l'inverse, alors ils auront gagné. / Soyons clairs, il y a bien un affrontement; il oppose ceux qui haïssent les autres parce qu'ils sont différents (fondamentalistes, antisémites, islamophobes et racistes) et NOUS qui croyons aux valeurs de Liberté, d'Égalité et de Fraternité. Nous devons aujourd'hui plus que jamais nous rassembler dans l'amour de la France et de ses valeurs, c'est-à-dire dans la République.»

Le livre : http://www.bourin-editeur.fr/fr/books/rconciliation-franaise/50/ 

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VIDEO. Abdennour Bidar, philosophe, réagit le 07-01-15 à l’attentat contre Charlie. Emission, Grand journal, Canal +. (Je note ce que j'entends : "En tant que philosophe musulman, philosophe de culture musulmane, je dénie à ces terroristes le droit de se réclamer de l'islam. Ce soir mon attachement à l'islam est en souffrance. Je vais m'exprimer au nom de tous les musulmans, même si je suis un philosophe critique de l'islam, presque un hérétique : nous refusons..." Et il exprime sa crainte des amalgames: 'Non, nous pouvons faire société tous ensemble". Sa bibliographie,  pour situer la pensée : librairie Dialogues : http://www.librairiedialogues.fr/personne/abdennour-bidar/1010455/

Le philosophe réagit pour mettre en garde contre la haine en réponse à la haine. TRIBUNE. Abdennour Bidar, Le Monde, 07-01-2015. « Résister collectivement à la haine » : CITATIONS : « C’est notre11 septembre. Il y a dans la vie d’un peuple des heures de défi. Des heures où la blessure que la haine nous inflige est si effroyable qu’elle voudrait être mortelle. Des heures d’effroi où cette blessure fait si mal, où l’horreur est si lourde à supporter que l’on sent, hélas !, la bête peureuse et dangereuse prête à seréveiller en soi… » (...) « Voilà à quoi notre société française est aujourd’hui confrontée, voilà le risque auquel nous devons être capables de résister collectivement : le risque que la haine de quelques fous déclenche une haine généralisée, et que nous soyons ramenés à quelque chose qui ressemblerait aux guerres de religion d’un passé qu’on croyait définitivement mort. / Attention à cette haine barbare donc, vigilance extrême vis-à-vis d’elle qui en nous frappant tous aujourd’hui aussi durement voudrait nous déterminer à croire que la France et l’islam sont deux ennemis n’ayant d’autre choix que de chercher à se détruire. Voilà le grand scénario maudit contre lequel nous allons devoir lutter de toutes nos forces, et contre lequel il nous faudra être collectivement le plus fort possible. » (...) « De toutes nos forces il faudra tenir bon, rester solidaires. Si dans nos rangs s’ouvre ne serait-ce qu’un interstice, ces vagues s’infiltreront et disloqueront l’édifice de notre nation tout entière. Tel est le néant où ces assassins immondes, auquel je dénie le nom de musulman, veulent nous précipiter tous. » / « Au passage, je dénonce leur perversion absolue de la référence à l’islam, tout en ajoutant que celui-ci est décidément bien malade, bien en crise, pour être revendiqué par de telles abominations ! » (...) « Démontrons tous ensemble au monde entier que la France reste ce pays qui non seulement ne cède jamais au chantage de la haine, ni à la tentation de la peur mais qui sait retrouver son unité et se revivifier pour rayonner à nouveau justement dans ce type de moment où la tragédie voudrait l’anéantir. Allons-nous être à la hauteur de ce génie ? Saurons-nous faire la preuve – parce que c’est cela désormais la cause nationale la plus urgente, la plus cruciale – que nous pouvons vivre avec l’islam, que nous pouvons vivre ensemble, non musulmans et musulmans, dans la paix, la concorde, la compréhension et la reconnaissance mutuelle, selon la conception commune d’une liberté d’expression garantie à chacun qui sache se concilier avec la liberté d’expression de tous les autres – ce que veut dire laïcité. » (...) « Ne commettons pas l’erreur historique de refuser que l’islam et les musulmans participent à ce projet de société. Au contraire, que ces assassinats ignobles renforcent notre solidarité nationale et notre détermination à faire qu’avec l’islam nous construisions la civilisation capable de réunir demain le meilleur des humanismes d’Orient et d’Occident. La France doit être le lieu de cette réunification, avec ses musulmans qui désormais font ici partie de sa destinée. » TEXTE INTEGRAL : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/07/resister-collectivement-a-la-haine_4551015_3232.html 

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Mise à jour du 18-01-2015 : L’expression de 500 signataires, immense page parue dans Le Monde daté 11-12 janvier (insertion payée par les signataires), un manifeste de personnalités de culture musulmane (croyants ou athées). "Nous disons notre effroi, notre solidarité, notre chagrin. A leurs tueurs, nous disons qu'ils nous trouveront en travers de leur chemin, au côté de la liberté." 

Sur cette page, une chronique de Sylvie Kauffmann revient dans Le Monde du 17-01,daté 18-19 janvier, « Au cœur de nos contradictions » (début de l’article lisible, le reste en accès protégé) : http://www.lemonde.fr/religions/article/2015/01/17/au-c-ur-de-nos-contradictions_4558339_1653130.html (Citations : Et puis il y a eu ce manifeste, publié dans Le Monde daté 11-12 janvier, une page entière de publicité, financée par les signataires. Une page sobre, noircie de quelques 500 noms essentiellement arabes, intitulée « Nous ne céderons pas à la peur ». Rédigée avant l’autre tuerie, la prise d’otages du supermarché juif, elle s’adressair aux familles des victimes de Charlie Hebdo. « A leurs tueurs, nous disons qu’ils nous trouveront en travers de leur chemin, au côté de la liberté. » (...) « Artistes, universitaires, écrivains, journalistes, médecins, avocats, militants associatifs... Cinq cent signatures réunies en 48 heures – un record – en surmontant, pour certains, de profondes divergences. Cette page était, en soi, un événement. Qui l’a vue ? A-t-elle été signalée, analysée, décryptée. / Nous sommes là au cœur de nos contradictions françaises. Nous nions la différence, mais nous voudrions l’entendre. Et lorsqu’elle s’exprime, nous ne l’entendons pas. » /// Cependant, on peut réfuter quelque chose à ce regret : si Le Monde avait laissé cette page en lecture libre sur la Toile elle aurait sans doute été plus lue...)

Les TRACES de cette PAGE sur la TOILE. « Nous ne céderons pas à la peur » :

Page sur le site de l’ATF (Association des Tunisiens de France) : http://www.atf-paris.fr/spip.php?article832

et  sur le site de la FTCR, « Citoyens des deux Rives » (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives) : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=4054:petition-paru-ce-jour-dans-l-le-monde-r-l-l-nous-ne-cederons-pas-a-la-peur-r

Page dans « L’ACORT » (originaires de Turquie) :http://acort.org/?p=1218

(Pétition reprise dans El Watan, Algérie)

Pétition annoncée par un communiqué de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme » ,sur Newspress :  http://www.newspress.fr/Communique_FR_285140_364.aspx

Et... cet article (mise à jour 20-01-15) : « Des intellectuels musulmans s’unissent contre la terreur », par Dominique Eddé, Le Monde daté 21-01-15 (pas trouvé en ligne...)

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Publication, dans Le Monde daté 11/12-01-15, d'une tribune, par un collectif (Jamel Debbouze, Rachid Taha, Malik Bentalha, etc.) : "Et maintenant qu'Est-ce qu'on fait?" : ("Ces assassinats sont l'expression du pire"...). (...) "Terrifiés. Mais prêts à la mobilisation citoyenne contre les esprits sombres." Texte intégral et SIGNATAIRES, sur la page du Monde : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/01/10/e...

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Voix musulmanes et toutes voix (en réaction aux attentats) dans les notes des vignettes et dans les notes depuis le 07-01-2015..

Mise à jour 02-02-15. PETITION INTERNATIONALE, MUSULMANS du monde. (Volonté d'engagement contre l'utilisation de l'islam pour justifier le terrorisme. Signataires s'engageant à lutter pour promouvoir le droit, les droits humains, la citoyenneté). Note du 27-01-15  : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/27/petition-internationale-musulmans-du-monde-notre-responsabil-5545947.html Page de la pétition : http://www.petitions24.net/notre_responsabilite_a_legard_... 

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Mise à jour 09-03-15. Ample article passionnant sur Oxmo Puccino, rappeur, "poétiseur" (synthèse de poète et synthétiseur...). Rencontre avec lui pendant qu'il est à Haïti, en mission d'ambassadeur de l'Unicef. Le Monde, 06-02-15. Propos recueillis par Stéphanie Binet. Sur les attentats contre Charlie et l'Hypercacher il dit ceci : "Il faut davantage penser dans ces moments-là que parler. Je me méfie des réactions sous le coup de l'émotion.. ça demande du recul. Ranger sa part de chagrin, mettre son ego de côté, oublier ses propres malheurs. Se poser la question de 'Qu'est-ce qu'on fait maintenant?'. Cultiver sa lumière, coûte que coûte. L'enjeu n'est même plus de rendre le monde meilleur, mais qu'il devienne moins pire.": http://www.lemonde.fr/musiques/article/2015/02/05/oxmo-puccino-profession-poetiseur_4570763_1654986.html

.... VOIX musulmanes, voir aussi la note sur la pétition internationale, Musulmans du monde... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/27/pe... 

20/12/2013

Itinéraire d’une artiste : Nicole GUIRAUD, plasticienne

La valise à la mer. Objets de la mémoire, identité explosée, déchirée. 014.jpg

La liste complète de ses expos est sur le site de son galeriste, Peter Herrmann (fiche et expos depuis 2004) - voir ci-dessous, fin de note - mais je fais ici un choix très sélectif, pour présenter l’essentiel de sa démarche… Le travail avec cette galerie date des années 90 (alors à Stuttgart), avec le cycle des Vitrines, la série "Bouteilles à la mer", les collages transparents (plexiglas).  Dates clés suivantes, repères : 2004, 2009, 2012, 2013… Trois expositions sont présentes dans l’album EXPOS (2004, Berlin / 2012, Perpignan / 2013, Fdt Prinzhorn, Heidelberg : liens vers ces pages dans cette note, extraits). L’Allemagne est très présente, sa galerie étant à Berlin, et elle, vivant principalement à Francfort… L’exposition d’œuvres de la série « Archives » à Heidelberg me semble une reconnaissance particulièrement importante du sens de son parcours, l’occasion de revenir sur les traces posées pas à pas. Cette note est une première approche, suivant les pages des vignettes (pages des albums, déjà créées pour trois de ses expos, pour un film, un livre). Elle sera suivie par d’autres…   

(La valise à la mer… Installation de Nicole Guiraud. Photographie MC SJuan, 2004)

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Exposition à Berlin, 7 Mars - 30 Avril 2004, "Oran - Alger - Constantine", Berlin. Louzla Darabi, Nicole Guiraud, Samta Benyahia. Galerie Peter Herrmann : http://www.galerie-herrmann.de/arts/art2/oran_alger_constantine/index.htm  (J’avais fait le voyage à Berlin, pour cette exposition regroupant trois artistes nées en Algérie, et proposant à travers leurs œuvres un dialogue entre trois villes algériennes, comme lieux de mémoires individuelles, d’interrogations sur l’identité : croisement, dialogue entre des femmes du même pays, de communautés différentes, de vécus différents, mais en affinité native. J’avais ramené de cette rencontre des photographies et un entretien avec le galeriste, dont la démarche est née d’un amour pour le continent africain dans son ensemble, du Nord au Sud. (Petit à petit ces traces vont trouver leur place : « retour sur… », notes qui suivront…). Les œuvres de Nicole Guiraud présentées là appartenaient à la série « Le monde en bocal », mais on y voyait des œuvres qui préfiguraient le travail suivant en train de s’élaborer : l’archéologie de la mémoire.

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2009. « Archéologie de la mémoire » / Archäologie des Erinnerns : http://www.galerie-herrmann.com/arts/art2/2009_Guiraud/index.html

Page de Georges Festa sur l’œuvre de Nicole Guiraud. De la série « Le monde en bocal » à « Archéologie de la mémoire » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2010/10/nicole-guiraud.html (« Comment dire le démembrement, l’arrachement, au sens le plus littéral du terme ? Victime de la violence aveugle – cette guerre d’Algérie, où sombrera le message humaniste du chantre de Tipasa et de Noces -, Nicole Guiraud choisit l’Allemagne, autre terre de convulsions et d’exils où, au fil du temps, s’élabore une œuvre visionnaire, singulière. / De la série « Die Welt im Einmachglas » [Le Monde en bocal] (1975-2005) à sa récente exposition « Archäologie des Erinnerns » [Archéologie de la mémoire], une entreprise d’épuisement des formes et des mythes nous convie à interroger l’émiettement, la nostalgie, le désir d’altérité. » SUITE SUR LE SITE…)

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Premiers mois de 2012, Perpignan. Nicole Guiraud, « Survivre » :  [Dans le catalogue, plusieurs auteurs explicitent le sens profond de cette œuvre, le courage dont elle témoigne (j’en reprendrai la lecture…). Le titre, « Survivre », correspond à l’enjeu réel de la création dans l’itinéraire de cette plasticienne, qui, depuis l’enfance, toujours, dessine, sculpte, et peint. Ce n’est pas, ce titre, « Survivre », une simple formule, pas un jeu avec les thématiques générales de la vie et de la mort. C’est la question centrale que l’artiste se pose et pose à ceux qui regardent son « monde en bocal », ses créations graphiques, les peintures et montages.

Comment, quand on a (c’est son histoire) été atteinte dans son corps, au sortir de l’enfance, quand cette atteinte est irrémédiable et que chaque jour on revit son intégrité physique violemment déchirée, comment peut-on échapper au désespoir, se délivrer de la haine et de la colère, ne pas être prise par la folie ? Comment créer quand même… Justement. Nicole Guiraud crée pour tenir debout, pour que sa vocation d’artiste n’ait pas été détruite aussi par la bombe d’une terroriste, malgré la main manquante, le bras amputé. Elle crée pour témoigner, ayant fait de la lutte contre le terrorisme un axe central de sa vie. Et elle choisit le dialogue : c’est une des signataires du texte fondateur d’Algérie-Djezaïr, texte regroupant des Algériens  et des Pieds-Noirs, pour un partage de mémoire, un lien entre les communautés natives d’Algérie. L’expo de Berlin en 2004 fut un de ces signes de partage.]

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Expo décembre 2013, Nicole Guiraud à la Fondation Prinzhorn,  

Texte de Nicole Guiraud,courriels : « Le cycle des ARCHIVES retrace, au moyen d'assemblages d'objets, de textes et de dessins, le travail de mémoire - recherche des sources - entrepris sur trois décennies autour du thème de l'Algérie, celle de la paix, de la guerre, et pour finir de l'exil.  /// Cette oeuvre est difficile, austère, mais essentielle dans mon parcours artistique, et centrale dans mon parcours personnel. /// Le cycle des ARCHIVES  documente en grande partie le travail de mémoire sur l'identité (exil) et le vécu en Algérie (aussi l'enfance dans la guerre), entrepris pendant trois décennies  entre la France et l'Allemagne. » 

Site de la Fondation Prinzhorn : http://prinzhorn.ukl-hd.de/

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Nicole Guiraud, galerie Peter Herrmann (page de présentation et rappel des dates et titres des expositions principales : en bas de page cliquer sur les titres pour voir les œuvres correspondantes) : http://www.galerie-herrmann.de/arts/guiraud/index.htm

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Pour mémoire… Film, livre, galerie Peter Herrmann :

FILM. « Der Koffer, La valise à la mer », 1991. Mise en scène des déchirements de l’exil, des traumatismes de la mémoire et du corps. Parole de Nicole Guiraud, déchiffrant objet par objet la traversée d’une mer, la traversée du temps, fracture entre l’enfance blessée et le lent travail de construction de soi et de l’œuvre 

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LIVRE. « Algérie 1962. Journal de l’Apocalypse », éd. Atlantis, 2013 (bilingue allemand-français : Nicole Guiraud vit surtout en Allemagne, où elle a sa galerie) 

Page (Algérie 1962, Journal de l’Apocalypse)

Nicole GUIRAUD, plasticienne, fut victime d’un attentat terroriste l’année de ses dix ans, juste avant la rentrée scolaire, le 30 septembre 1956, au Milk Bar, café qui, comme son  nom l’indique, avait une clientèle familiale, on y amenait ses enfants. (Le Milk Bar a encore été la cible d’un attentat pendant la « décennie noire » du terrorisme islamiste. Héritage de la violence, cibles choisies pour des raisons similaires : comment faire naître le plus de terreur si ce n’est en tuant ou mutilant des enfants.). / Boualem SANSAL, le dit bien dans sa préface (« L’histoire se vit deux fois ») : ce Journal qu’écrivait Nicole Guiraud, en 1962, pour supporter ce climat de terreur, une adolescente algérienne aurait pu en écrire un de très similaire, car l’horreur a recommencé, héritière d’une violence légitimée, normalisée

Commentaire (lecture du Journal), sur le blog armeniantrends, de Georges Festa : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-algerie-1962-journal-de.html (« Dimanche 30 septembre 1956, 18 heures 30 : Nicole, une fillette de dix ans se trouve, comme chaque année à la fin des vacances d’été, avec son père dans le Milk Bar, au coeur d’Alger, pour y déguster une glace, lorsqu’une bombe explose, déposée par le FLN (Front de libération nationale). Quatre personnes sont tuées et cinquante-deux autres blessées. Nicole perd son bras gauche. » (…) « Dans son journal, la jeune Nicole, âgée de quinze ans, note jour après jour les violences d’une guerre civile qui prend de plus en plus les traits d’une apocalypse » SUITE sur le SITE armeniantrends…)

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Textes de Georges FESTA inspirés par des œuvres de Nicole GUIRAUD (ces liens vers le blog de cet auteur sont dans ma liste « Poèmes », ici) : NG/GF : « Le Marabout de Sidi Moussa », prose : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/02/nicole-guiraud-le-marabout-marabout.html  /// NG :  « Le peintre », GF : « Puisqu’ils ont voulu m’enfermer » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2011/10/nicole-guiraud-der-maler-painter.html  ///  NG « Le Couple », GF « Sables » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/12/nicole-guiraud-das-muschelpaar-couple.html  /// NG « Bouteille à la mer »,  GF « Et je m’enivrerai de mers / et de morts » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-flaschenpost-message-in.html

17/12/2013

« Quand j’ai lu Albert Camus »… Abd Al Malik…

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Merci, Abd Al Malik…

Hier soir j’ai assisté à l’hommage rendu à Camus par un lecteur intense… Abd Al Malik. Triomphe. Les spectateurs présents ont senti, compris, l’authenticité de la démarche, le lien entre cet homme jeune, pur produit de notre réalité contemporaine, qu’il transcende dans la création, dans l’écriture, et l’auteur magnifique où il se reconnaît. Il révèle comment, lui, il est concerné, comment, lui, il a été transformé par une lecture. Le choc, les points communs (misère, soleil, exigence entre souffrance, désespoir, et espoir, refus, amour, mère aimée, omniprésente, père absent, trou béant du manque, et, je crois, aussi, la double identité : partage et richesse, déchirement et tension vers un absolu).

Il répète cette phrase en litanie « Quand j’ai lu Albert Camus », puis « Après avoir lu Albert Camus ». Lecture et vécu se croisent, dans une marche sur un fil ténu, où tout pourrait basculer… Et si cette rencontre ne s’était faite, où serais-je, semble-t-il dire. Figure paternelle et message d’éthique et de force. Ou comment vivre, donner du sens, comment s’échapper du risque de mourir, quand des jeunes autour de soi meurent et que tout risquait de nous entraîner encore et encore dans les mêmes dérives mortelles.

Il parle, dit-il, à partir de sa « parcelle d’humanité » (bien grande… !), de ce refus des injustices, refus de la misère quand les autres n’en sortent pas, de la mort (on guillotine encore, rappelle-t-il, dans une longue lettre qu’il adresse à Camus, lui qui lutta contre la peine de mort, pour l’abolition). On guillotine de plusieurs façons, aussi : en abandonnant, en niant, en discriminant. 

Il cite Camus, et Jacques Martial lit Camus.

Ecran. Le visage d’Albert Camus, présence forte.

Ecran. Ombre d’un corps qui danse, magnifiquement.

Musiciens. Soutiennent la voix, sont une voix.

La Méditerranée (et Gibraltar. Alger en passant par Oujda…).

Scène. Danseurs de hip hop qui expriment la même chose, qui font écho à ce qui crie. Gestes purs, souplesse extrême : corps qui se tordent, comme enchaînés, et se libèrent, mais comme s’ils se déchiraient.  

Camus, cité par Abd Al Malik, lu par Jacques Martial, parlait de cette fausse communication où la méchanceté veut se faire passer pour de l’intelligence. Entendant cela, je repensais à une critique négative de ce spectacle, lue je ne sais plus où. On reprochait au rappeur poète de trop centrer sur lui cet hommage, comme prisonnier de son ego, et on disait être gêné par la présence des danseurs de hip hop, comme si cela ne pouvait correspondre à une parole sur un auteur comme Camus. Pourquoi donc ?  Au contraire, l’hommage tire sa force de ce rapport à soi. (Je fais le lien avec le documentaire de Joël Calmettes,  « Vivre avec Camus ». Des jeunes aussi y parlent de leur expérience, et c’est bouleversant : notamment ces jeunes qui en Algérie ont trouvé le lien avec le natif frère d’âme). Ce n’est pas piège de l’ego, mais traduction vitale : l’intellect n’est pas absent, mais l’émotion passe par le corps, c’est tripal. Les mains d’Abd Al Malik en disent autant que les mots. Et le hip hop, moi j’aime ça. J’y vois un art qui défait les armures de souffrance, qui libère corps et cœurs. Corps et cœurs qui savent des douleurs et des joies (des joies parce que des douleurs…). Car « Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre » répète inlassablement Abd Al Malik, avec la voix et les mains. Les applaudissements qui accueillent cet hommage sont aussi, forcément, adhésion à l'œuvre et à l'éthique de Camus. Cela corrige Sartre et autres faiseurs d'ombre... Abd Al Malik voudrait réconcilier Sartre et Camus (il le dit à un moment : espoir de paix entre les idées, mais certaines idées sont antinomiques...). Et rien ne peut effacer les paroles de  Sartre, son appel au meurtre, l'éloge de la violence (préface célèbre...).Un auteur mort ne peut revenir sur ses mots. Ce qui peut être apaisé c'est le rapport entre les vivants, capables de faire l'effort du pardon, et capables de cet effort paradoxal de la rencontre entre mémoire et oubli : devoir de mémoire, témoignages, mais effacement de ce qui excède, par le retour au présent... Non, on ne peut se réconcilier avec le choix du terrorisme, on ne peut que le refuser... C'est Kamel Daoud qui a raison sur ce point. En Algérie, en 1962, nous n'avons pas eu un Mandela, a-t-il écrit ( http://www.djazairess.com/fr/lqo/5191330 )... Mais, maintenant, nous pouvons tous tenter la même démarche : voir en l'autre une humanité pareille, se mettre à sa place... 

Juliette Greco fut sur scène un instant.

Amnesty international proposait, dehors, à l’étage, de signer les appels d'actions en cours.

Et en sortant on pouvait se procurer des livres ou disques. Celui tiré du spectacle (L’art et la révolte), avec quelques textes, et une note de remerciement à Catherine Camus, qui encouragea l’entreprise. Le dernier livre d’Abd Al Malik n’était plus disponible là (il est en librairie) : « L’Islam au secours de la République ». (C'est toute la démarche de paix d'Abd Al Malik, en musulman proche du soufisme, soufi, même : il veut faire passer un message positif, montrer qu'il y a une autre voie en islam, et que cette voie peut coïncider avec les valeurs et réalités de la République).  

SITE officiel d'Ab Al Malikhttp://www.abdalmalik.fr/   

26/11/2013

CAMUS, L’ART et la REVOLTE, l’hommage d’Abd Al Malik…

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Spectacle « inspiré librement » de la lecture de L’Envers et l’Endroit d'Albert Camus, hommage musical d'Abd Al Malik,  Théâtre du Châtelet (soirée unique à Paris, le 16-12-2013 – après des représentations en province). "L'art et la révolte"... 


Présentation sur le site du Châtelet , extrait : « Le rappeur-poète Abd Al Malik part à la rencontre de l'oeuvre d’Albert Camus. De la poésie à l’état brut, de la philosophie mise en musique. / A l’image d’Albert Camus, Abd al Malik porte haut l’intelligence du texte et une pensée aigüe sur l’existence et sur la condition d’artiste. / Abd al Malik choisit de partir de nouvelles de
L’Envers et l’endroit, texte de jeunesse de Camus publié à Alger en 1937, que l’écrivain considère comme la source secrète qui a alimenté toute sa pensée. » 

ABD AL MALIK a présenté ce qu’il propose sur le site artemedia.fr : « Qu’y a-t- il de commun entre Albert Camus et moi-même ? Il n’y a aucune prétention dans la question que je me pose, mais plutôt une aspiration. Car j’ai toujours vu en Camus un idéal dans la manière d’être artiste, un élan dans la façon d’habiter l’écriture. J’ai surtout vu en lui, comme en moi, ce farouche besoin de représenter « son peuple », de représenter les siens et, par eux, de chercher inlassablement le moyen de se connecter à tous. C’est en ce sens que ce qui m’intéresse dans ce projet n’est pas de « parler » de son oeuvre (ou de lui-même finalement), mais de questionner les origines philosophiques de celle-ci. Je dirais même de questionner l’origine philosophique, et j’oserais presque dire spirituelle, de celle-ci. Et, de mon point de vue, comme il le dit lui-même d’ailleurs, tout s’origine (et quelque part se termine) dans cet ouvrage de jeunesse intitulé L’ Envers et l’endroit. La préface qu’il fait à la réédition de ce petit livre, vingt ans plus tard, a toujours été pour moi une sorte de feuille de route. Je dirais même une sorte de viatique dans ma quête, en tant qu’homme de mots, d’une certaine vérité artistique. » 

Vidéo ("Quand Abd Al Malik rencontre Albert Camus"). Extrait. Le spectacle d’Abd Al Malik présenté dans le sud (cf. Aix en mars 2013). Charles Berling parle de cette initiative: « Le postulat de départ je le trouve formidable. Cela rencontre l’universalité formidable d’Albert Camus » : http://www.youtube.com/watch?v=4PawEAjNMIc

.......Articles sur le spectacle........

Le Parisien, Abd Al malik slame Albert Camus , 13-03-2013 http://bit.ly/10Mhanx    (« Entre rap, rock et musique classique, Abd al Malik slame Albert Camus "son idéal, son grand frère des cités ». (…) «Je l'ai lu comme un grand frère de la cité qui était en train de me parler. On se rend compte avec son oeuvre que Camus, c'est un gars de chez nous. Il y parle de sa mère, le fait d'avoir été élevé seul par sa mère. Vous imaginez, toute suite ça faisait écho", explique l'artiste dont la photo de sa mère apparaît au lever de rideau.Le rappeur fait la rencontre d'Albert Camus à l'école. Il commence par L'Étranger qui le "bouleverse ". A la même époque, Régis Fayette-Mikano de son vrai nom, commence à faire du rap et "veut devenir artiste"."Camus disait en substance 'la culture m'a arrachée de ma condition'. Une phrase qui fait sens. J'ai vécu dans un milieu dur et ma passion pour la littérature a été une vraie fenêtre de sortie", raconte le slameur. »)

Le Monde, par Raphaëlle Rérolle, 07-11-2013, "Abd Al Malik : lame du rap": http://bit.ly/17UZgDL   CITATIONS : « Sans Camus, il n'y aurait pas Abd al Malik. » (dit de lui-même Abd Al Malik, qui a découvert Camus avec passion, jeune, et fait un lien entre cette découverte et son chemin vers l’écriture et la création). (…) « Autant dire que le rappeur occupe une position très particulière sur la scène musicale. « Un mec dans le hip-hop qui travaille sur les textes de Camus, les mômes ont un peu de mal à comprendre », s'amuse son copain Laurent Garnier, star de la musique électro et fan depuis des années. »  /  « C'est la littérature qui l'a sauvé, dit-il. Camus, précisément, venu à sa rescousse quand il avait 12 ans. ‘La lecture de L'Envers et l'Endroit a été un vrai bouleversement, raconte Abd al Malik : voilà un type qui venait d'une cité, comme moi, qui avait été élevé par une mère seule. Comme moi, il avait rencontré des enseignants qui croyaient en lui’ »

Dans Télérama du 09-03-2013, Gilles Rof  écrivait (extrait) : « L’art et la révolte, spectacle musical inspiré de ses textes, se veut un hommage du slameur à l’un de ses grands inspirateurs. »  / A la question sur l’origine de ce spectacle, il répond : « Catherine Camus, la fille d’Albert Camus, et Dominique Bluzet, le directeur du grand théâtre de Provence à Aix, souhaitaient une création autour de l’écrivain en 2013, dans le cadre de la Capitale de la culture, mais aussi du centenaire de sa naissance. Ils m’ont contacté pour me proposer de travailler autour du Premier homme… Moi, j’avais une autre idée. / Quand j’ai lu L’envers et l’endroit, je devais avoir 13 ans. Je commençais à m’intéresser au rap et ce livre a été une sorte de révélation. Avec cette préface que Camus a écrite 20 ans après la première édition du livre. Un texte où il fait le point sur lui, sur ses origines, sur ce que c’est que représenter les siens, être un écrivain, un artiste… Immédiatement, ces quelques pages sont devenues comme un viatique pour moi. Une feuille de route, que j’ai gardée jusqu’à maintenant. Ça correspondait à ce que je devais être en tant qu’artiste. »

...... ABD AL MALIK........

SITE officiel : http://www.abdalmalik.fr/  

Fiche wikipedia : http://bit.ly/fGSjoO

........ALBERT CAMUS.......le livre source et le thème du spectacle........

L’Envers et l’Endroit, note sur le site de la Société des Etudes camusiennes, par Paul Viallaneix : http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/1937/03/09/lenvers-et-lendroit-1937/  (L’œuvre à laquelle se réfère Abd Al Malik – voir sa présentation – le  texte originel du livre et la préface ajoutée pour une réédition : pour Camus c’est effectivement une œuvre source, un centre). 

CAMUS, L’art de la révolteEmission sur France Culture, 22-09-2013, (Raphaël Enthoven). 59 minutes, document audio. En exergue (page de la radio), la lettre de René Char à Albert Camus, après la lecture de L’Homme révolté. Il dit son enthousiasme et son respect, remercie. Extrait : « Après avoir lu – et relu – votre Homme révolté j’ai cherché qui et quelle oeuvre de cet ordre – le plus essentiel – avait pouvoir d’approcher de vous et d’elle en ce temps ? Personne et aucune oeuvre. C’est avec un enthousiasme réfléchi que je vous dis cela. Ce n’est certes pas dans le carré blanc d’une lettre que le volume, les lignes et l’extraordinaire profonde surface de votre livre peuvent être résumés et proposés à autrui. D’abord j’ai admiré à quelle hauteur familière (qui ne vous met pas hors d’atteinte, et en vous faisant solidaire, vous expose à tous les coups) vous vous êtes placé pour dévider votre fil de foudre et de bon sens. Quel généreux courage ! quelle puissante et irréfutable intelligence tout au long ! » Suite sur le site de France Culture : http://bit.ly/1eyBtLl

15/11/2013

Funambules…

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« Nous sommes tous des funambules dans nos propres vies. »

Antoine Rigot, compagnie Les Colporteurs (Cité par Marie-Anne Kleiber, JDD, 10-11-13)

 

Avoir failli ne plus marcher, quand son métier repose sur un corps libre de danser, avoir cru devoir renoncer à tout, et vaincre tout. Création, message, et leçon de vie... Funambules, nous aussi, autrement... 

Le fil, conducteur de sa vie, article du JDD, sur l'itinéraire de création d'Antoine Rigot : http://www.lejdd.fr/JDD-Paris/Antoine-Rigot-le-fil-comme-conducteur-de-sa-vie-637891

21/10/2013

« Mon âme par toi guérie »...

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Des marginaux, ensemble… Un guérisseur malgré lui.

Il faut voir ce film de François Dupeyron, le voir, le faire voir, et ne rien dire : juste laisser agir en soi ce silence parfois nécessaire (celui dont je parlais dans des notes récentes). Ne pas mettre des mots inutiles... quand la force du film est hors parole. Le centre, c’est le cœur d’un homme qui se tait beaucoup, auquel Grégory Gadebois donne son corps et son jeu superbe… Mystère de ce que peuvent les mains et le regard, transcendance intérieure, déchirée.

Fiche AlloCiné (synopsis, bande-annonce, critiques presse)… http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=218130.html 

Critique, Le Monde (qui insiste sur la subtilité singulière)… http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/09/24/mon-ame-... 

15/04/2013

Le premier homme, Camus. Du livre au film

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Le premier homme, d’Albert Camus…  Le livre commence ainsi : « Au-dessus de la carriole qui roulait sur une route caillouteuse, de gros et épais nuages filaient vers l’est dans le crépuscule. ». De ce livre j’aime tout, les pages solaires qui donnent le parfum de la terre, les lignes sombres des souffrances, les bribes de textes des  annexes en fin de volume, fragments lucides qui font penser aux carnets. A lire et relire. Le film de Gianni Amelio traduit la vérité de l’écrivain, son exigence et son désespoir-espoir d’humaniste. Du livre, je retiens aussi la « patience » de la mère, la pauvreté présente comme réalité et comme concept, la « tristesse africaine » du père disparu, la mémoire des exils, et je reprends un passage en fin de volume : « Il faudrait vivre en spectateur de sa propre vie. Pour y ajouter le rêve qui l’achèverait. Mais on vit et les autres rêvent votre vie. » Que le film donne envie de revenir au livre, et qu’il humanise le regard sur les êtres et les communautés du pays de Camus, quand l’idéologie ferme encore trop souvent le cœur.

Première. Synopsis, bandes-annonces, critiques : http://www.premiere.fr/film/Le-Premier-Homme-2330943

Sur Nord-cinéma. Citation : « Il s'agit donc d'une chronique et l'adaptation cinématographique du "Premier homme", qui n'était absolument pas une évidence, est une parfaite réussite. Les plans sont magnifiques, le montage est fluide entre passé et présent et, au bout du compte, on comprend parfaitement toute la difficulté de la position humaniste de Camus, qui se sentait et se disait algérien et qui, à tout prix, voulait tenir le discours de la raison et de l'intelligence contre le discours radical des passions exacerbées. Evidemment, dans le contexte, ce discours n'était pas tenable et, hué par l'extrême-droite en même temps que condamné pour trahison et pusillanimité par la gauche et l'extrême-gauche anticolonialistes, on comprend que Camus ait été totalement ravagé par le drame algérien. Le grand mérite du film est d'expliquer tout cela, tout en faisant œuvre cinématographique, et on ne peut qu'inciter le public à aller voir cette très belle réalisation. » 

J'apprécie particulièrement la page du blog Armenian Trends/Mes Arménies. J’en note le début et la fin. Citations : « L’on sait l’importance des thèmes de l’exil, de l’enfance et de la violence sociale à l’œuvre chez Gianni Amelio. Un parcours qui ne pouvait que croiser celui d’un Albert Camus, marqué à jamais par la disparition d’un père, qu’il ne connaîtra pas, un foyer quasi matriarcal, où la survie dicte une morale exigeante, une terre où deux communautés vont se trouver contraintes à l’affrontement et la radicalisation. » (…) « Il était, nous rappelle-t-on, un temple à Corinthe, dédié à la Nécessité et à la Violence. Il est aussi des geôles plus obscures encore que celles de la vengeance et de la haine. Il est encore une voie que peu osent explorer. Par delà les enfermements, les ignorances, les oublis. Si les morts sont toujours trop nombreux, à chacun des vivants de se saisir de sa part de lumière, de conscience libre. De générosité vraie. » (Conclusion à méditer…). Texte intégral à lire là : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/04/gianni-amelio-albert-camus-le-premier.html

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Document, vidéo :

Michel Onfray devant la maison d'Albert Camus à Alger. Entendre ce qu'il dit : http://www.youtube.com/watch?v=_cTenUAIB3U

17/12/2012

« Algérie, histoires à ne pas dire ». Projection du 4ème volet et débat, le 20 décembre à Paris

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J'ai vu ce film plusieurs fois. Et cette partie oranaise avec une émotion décuplée par la langue, les langues d'Oranie, les visages de ces êtres, si loin, si proches. Etres qui parlent d'eux, de nous. Comme si l'exode des uns était aussi l'exil des autres. Comme si les vérités que cherchent les uns dans leur mémoire étaient les vérités que d'autres ont sur les lèvres. Jean-Pierre Lledo réussit à filmer les Algériens qui donnent leur parole d'une manière qui met en évidence la beauté des traits et des regards. Fraternité d'évidence, présente dans tous les volets de ce grand film. Regard d'Algérien, soucieux de la mémoire de ses communautés d'origine comme de la démocratie de l'Algérie contemporaine (démocratie qui a besoin de trouver la force d'interroger aussi les ombres de l'Histoire). Ce film a déplu au pouvoir algérien actuel, qui n'a compris ni l'enjeu ni l'authenticité de la démarche... Il est donc très important qu'il soit vu et débattu. Très important qu'il ait sa place dans un lieu comme l'Institut des Cultures d'Islam, dont le pluriel signifie diversité des approches et des identités  : plurielles, effectivement. Occasion, cette soirée, d'entendre le metteur en scène Kheireddine Lardjam parler d'Oran, parler d'Algérie et d'art, en citoyen à la recherche de la vérité de la ville et du pays, en artiste lucide et engagé, qui fait de l'art un outil créateur de beauté et créateur d'énergie : celle que ce qu'il produit peut donner aux spectateurs, aux témoins, aux autres artistes, conscients de tenir dans leurs mains une force transformatrice.

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JEUDI 20 décembre 2012, 19h, INSTITUT des CULTURES d’ISLAM. 

4 ème volet du film de Jean-Pierre Lledo, "Algérie, histoires à ne pas dire" (*) : Oran-Kheireddine Lardjam

Débat animé par Kheireddine Lardjam (**) après la projection.

Présentation sur le site de l’Institut : « Avec Algérie, histoires à ne pas dire, Jean-Pierre Lledo, dans le débat très actuel et l’ardente nécessité de trouver des voies d’élaboration d’une mémoire commune entre la France et l’Algérie, propose par ses films que chacun puisse apporter sa part de vérité au service d’une histoire plurielle. / Avec cette 4ème partie : Oran-Kheireddine Lardjam, c’est un retour sur en des plus grands déplacements de population dans l’histoire de l’Humanité. » (…) « Kheireddine Lardjam, metteur en scène de théâtre en quête d’une vérité revient sur une histoire cachée. ». 

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(*) Jean-Pierre LLEDO, metteur en scène franco-algérien, réalisateur de nombreux documentaires.

Fiche Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Lledo

Biographie et filmographie, sur Africultures : http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=5526

Blog J-P L, filmographie : http://lledo2007.skyrock.com/994145560-Jean-Pierre-LLEDO-FILMOGRAPHIE.html

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 Le FILM (2008), sur Allociné (fiche technique, synopsis, et bandes-annonces) : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=133459.html

Critique, Le Monde : http://bit.ly/1Qy0K5R  CITATIONS : « C'est un long et difficile voyage qui part de Skikda, à l'est de l'Algérie, pour finir à Oran. En quatre segments - Skikda, Alger, Constantine et Oran -, Jean-Pierre Lledo veut traverser la mémoire des Algériens. La mémoire des combats, celle des adversaires, celle la vie quotidienne avant et pendant le conflit. » (…) « Enfin, à Oran, c'est un jeune metteur en scène de théâtre, Kheireddine Ladjam, qui découvre une ville qu'il n'a jamais connue, peuplée d'Arabes, de juifs, d'Espagnols et de Français. Des vieillards se mettent à parler en castillan, une grand-mère voilée chante doucement Besame mucho. Kheireddine Ladjam exhume la tuerie qui suivit à Oran la déclaration d'indépendance. Une tuerie qui fit des dizaines de morts dans la population française, dont il n'avait jamais entendu parler qu'en termes vagues. » (…) « Le film de Jean-Pierre Lledo est plutôt comme une fenêtre d'où s'échappent des voix que l'on n'avait pas encore entendues. Et ce sont les mystères de ce discours hésitant, empêché, qui posent les questions les plus ardues. »

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(**) Kheireddine LARDJAM

ENTRETIEN avec Kheireddine Lardjam, « Le théâtre en Algérie », vidéo Algérie-Focus : http://www.youtube.com/watch?v=2TN11E02Yz8

14/12/2012

THEÂTRE. « Algérie, Quels mots sur nos silences », CCA/Paris, déc. 2012

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Théâtre...

 

 

 

 

Voilà une oeuvre de partage. Liens entre créateurs reliant Algérie, France, Tunisie. Liens entre techniques formelles différentes. Thématique qui est au centre des problématiques actuelles... Quand les mots s'opposent (ou ne s'opposent pas) au silence des refoulements ou des censures (autocensures aussi) qui empêchent d'aller vers la lucidité, qui limitent ou interdisent la parole  Quand s'installent les ressassements producteurs de haine et de colère si le corps ne dit pas ce que les gestes et la danse savent. La culture est une réponse, contre la stérilité d'un mauvais silence. (Le silence de la sagesse sereine, c'est autre chose..).

Présentation, sur le SITE du Centre culturel algérien : http://bit.ly/26qelb5

Deux compagnies : Nawel Oulad et Theôrêma, en co-réalisation avec le Théâtre de l’Etoile du Nord de Tunis. Danse et mots.

« Travail sur l’amnésie, sur le vide, dialogue entre mots et corps, lutte invisible entre la mémoire et le temps présent, réveil des absents, obstacles aux souvenirs. »

Chorégraphie et interprétation : Nawel Oulad
Texte et interprétation : Olivier Schneider
Mise en scène : Sonia Zarg Ayouna

Nawel Oulad : http://www.naweloulad.com/

Theôrêma : http://theorema.free.fr/

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...A LIRE...

Le MOT du DIRECTEUR du CCA, Yasmina KHADRA. (Sur le rôle de la culture, sur celui d'un centre culturel comme le CCA). Créer des PONTS. Que l’intelligence et les valeurs reconnues et maintenues soient le REMPART contre l’intolérance, la violence, l’injustice. ( Source : site du CCA).

CITATIONS :: « La culture est un territoire de partage ; un havre de réconciliation avec ce que nous avons de plus profond et qui nous singularise parmi les espèces peuplant notre planète : notre authenticité et notre générosité. Elle est cet héritage qui revient à chacun d’entre nous, qui devrait nous rassembler autour d’un espoir commun, d’un rêve collectif, d’un élan fraternel et beau. Elle est cette source splendide dans laquelle s’abreuvent nos émotions les plus saines, notre empathie et notre besoin de faire partie intégrante de l’aventure humaine dans ce qu’elle a de plus exaltant, voire de plus festif. » (…) « Notre revue « Kalila » s’inscrit dans cette volonté de nous ouvrir les uns aux autres, de dépoussiérer les ponts censés nous rapprocher dans un monde souvent intolérant et injuste, sourd à l’appel des cœurs et de l’esprit , volubile lorsqu’il s’agit de vilipender, diaboliser , chahuter les initiatives louables, devenues presque suspectes maintenant que les raccourcis et les hostilités insensées sont devenues monnaie courante. Cependant, dans cette incohérence tumultueuse, tandis que la méfiance et le rejet sont en voie de dépasser l’entendement, l’intelligence malmenée tient bon, accrochée désespérément aux valeurs essentielles et aux espoirs défigurés par les colères et la méconnaissance ; elle tient bon parce que consciente du cataclysme qui menacerait notre avenir si elle venait à lâcher prise. Elle demeurera, aujourd’hui plus qu’avant, et demain davantage, le dernier rempart qui nous protège de nous-mêmes, du tort que nous incarnons après avoir échoué à incarner les mythes que nous n’avons pas su faire vivre en nous. » 

27/11/2012

Je regrette que des gens bruyants…

« Je regrette que des gens bruyants stigmatisent une communauté à des fins électoralistes. J’avais écrit Musulmanes pour rendre hommage à une civilisation, une culture déjà montrée du doigt à l’époque. Mais là, ça devient dément. »

Michel Sardou,  JDD, 25-11-12

Entretien à lire sur le Journal du Dimanche. Michel Sardou :  « Je suis un anarchiste qui paye ses impôts », 25-11-12 : http://www.lejdd.fr/Culture/Musique/Actualite/Michel-Sardou-Je-suis-un-anarchiste-qui-paye-ses-impots-577564 

"Musulmanes",  la vidéo (Bercy) : https://www.youtube.com/watch?v=J15L8KhqCvs&list=RDJ1... 

24/12/2011

Noël 2011...

A Noël, une pensée, d’abord, pour les Chrétiens d’Orient, qui vivent leur fête dans un contexte inquiétant…(Additif, mise à jour 28-12, le Nigeria : http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2011/12/26...  Et, aussi, en cette période de Noël, qui devrait avoir un autre sens, en France, des profanations : tombes musulmanes d'anciens combattants, avec l'inscription de croix gammées et des slogans haineux qui s'en prennent aux Arabes et aux Juifs, signe d'une dangereuse idéologie toujours présente : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/26/97001-201112...)

« La Terre sainte célèbre Noël au coeur d'un monde arabe en pleine révolution », L’Express, 24-12-2011 : http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/la-terre-sa...  (« Au coeur d'une région arabe en pleine révolution, où la poussée islamiste inquiète les chrétiens d'Orient. » (…) « En Egypte et en Tunisie, où des soulèvements populaires ont mis fin à des décennies de dictatures "laïques", les partis islamistes sont apparus comme les grands vainqueurs, récoltant dans les urnes les fruits des révoltes. En Libye et en Syrie, les islamistes réapparaissent également sur le devant de la scène. De quoi troubler des communautés chrétiennes déjà en déclin en raison de l'émigration et des guerres successives dans la région. »)

« Le Noël incertain des chrétiens du monde arabe », Le Figaro, 22-12-2011 : « Au Maghreb, où ils sont très minoritaires, ou au Proche-Orient, où ils sont présents depuis 2000 ans, les chrétiens des pays arabes ne sont pas rassurés en cette veille de Noël par la tournure islamique du printemps arabe. »

Cependant, Noël est une fête de lumière, gardons un espace mental pour cela aussi. Par exemple avec ce diaporama, trouvé sur une page du Dauphiné : http://www.ledauphine.com/loisirs/2011/12/24/les-plus-bel...  (« Les plus belles illuminations des fêtes »)

20/12/2011

Cesaria EVORA. Revue de presse : hommage…

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Le SITE officiel, d’abord, avant la presse, avec un double beau portrait en accueil. Riche symboliquement : sous le visage, deux autres photographies de Cesaria Evora, mains ouvertes tendues, comme offrant son chant et sa générosité, et mains cachant les yeux, comme marquant la fin du regard. Avant de lire quoi que ce soit, donc, ce site : http://www.cesaria-evora.com/

« L’écouter », hommage, article du Courrier international, 18-12-2011 : http://www.courrierinternational.com/article/2011/12/18/cesaria-evora-la-femme-qui-parlait-peu-et-enchantait-beaucoup  (« L'écouter, c'était écouter et voir le Cap-Vert. Il est difficile de trouver un album aussi beau que Mar Azul [1991] et de rester insensible à chacune de ses huit chansons. »).

 Et aussi sur le site du Parisien. « Adieu Cesaria ». Avec plusieurs vidéos (mise à jour : vidéos inactives), dont l’hommage de Bernard Lavilliers (« La voix de Cesaria Evora me met la chair de poule ». Il dit (cité dans un article du Parisien du 18-12) considérer qu’elle faisait partie des chanteuses du niveau des Nina Simone, Bessie Smith, Ella Fitzgerald : http://www.leparisien.fr/musique/videos-adieu-cesaria-18-12-2011-1773754.php

Autres articles :

« Cesaria Evora, la gloire aux pieds nus » (l’itinéraire, dont un long silence de dix ans, les rencontres marquantes, Le Figaro, 19-12-11 : http://www.lefigaro.fr/culture/2011/12/18/03004-20111218ARTFIG00152-cesaria-evora-la-gloire-aux-pieds-nus.php

Le Monde, 17-12-2011 : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/12/17/la-chanteuse-cesaria-evora-est-morte_1620143_3246.html  Et le 20-12 le journal cite la chanteuse : « Celui qui meurt est celui qui était vivant. »

« La diva cap-verdienne disparaît », 20 minutes : http://www.20minutes.fr/article/844428/cesaria-evora-diva-cap-verdienne-disparait  (« La diva aux pieds nus» s'en est allée et le monde de la musique est en deuil. Cesaria Evora, la célèbre artiste cap-verdienne est décédée ce samedi à l'âge de 70 ans, selon le journal portugais Jornal de Noticias. »)

« Cesaria Evora : la « Diva aux pieds nus » en 14 dates », Métro, 19-12-2011 : http://www.metrofrance.com/culture/cesaria-evora-la-diva-aux-pieds-nus-en-14-dates/rkls!3NzoBHcLAIoVmnKzt7eug/

« Mort d’une diva aux pieds nus », le JDD, 17-12-2011 : http://www.lejdd.fr/Culture/Musique/Actualite/Cesaria-Evora-est-mort-selon-les-medias-cap-verdiens-440961/

Article et vidéos, La Croix, 19-12-11 : http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Musique/Cesaria-Evora-est-decedee-_NG_-2011-12-17-748048

Libération, article et vidéo (Sodade), 17-12-2011 :  http://next.liberation.fr/culture/01012378297-cesaria-evora-saudade   « Le grand public avait découvert cette ancienne chanteuse des bars de Mindello, capitale de l’île de Sao Vicente, en 1992, grâce à la parution cette année-là de son troisième album, «Miss Perfumado», et de deux concerts triomphaux au Théâtre de la Ville à Paris. »

14/12/2011

LUMIERE… et lumières. Regard, photographie, fête, méditation, et poème…

« Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière. »

Gustave Thibon  http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Thibon   (Page Autrement dit, Rubrique Spiritualité, La Croix, le 08-12-2011. Citation en légende d’une photographie de Maurice Subervie, prise le 8 décembre à Lyon, pour la fête des lumières.)

La fête des lumières sur le site du photographe Maurice Subervie (autres pages, villes, dont Paris, et pays, ainsi la Birmanie, le Maroc) : http://www.maurice-subervie.com/affiche_image.php?nom=lyonfetedeslumieres&id=5&reflex=0

Lumière, celle des ombres pluvieuses, des reflets de l’eau, miroirs et couleurs : photographies de Christophe Jacrot, avec la palette d’un peintre.  Album, liens vers ses créations, liens cachés derrière l’icône au parapluie, son logo.

C. Jacrot cite Willy Ronis (sur son site personnel), pour dire ses propres choix : « A mes yeux il y a deux grandes façons de photographier le monde, saisir son horreur (il y a de quoi faire) ou le sublimer. J’ai choisi la seconde. » Et « Je ne mets pas en scène, je négocie l’aléatoire ». Page (pluie, lumière) sur le blog de J-S Stehli... http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/11/christophe-... 

Paris in the rain, site officiel C. Jacrot : http://christophejacrot.com/portfolio/paris-in-the-rain/

...... 

Lumière dans un regard, aussi. Celui de Rinko Kawauchi, artiste japonaise.  A voir dans l’album « Art » (des livres…). « Illuminance », photographies, « Lumière en apesanteur », d’après David Chandler, dans sa postface à l’ouvrage édité par Xavier Barral. Lumière, de celle qui éblouit en douceur.

Rinko Kawauchi, « Illuminance », livre : http://le29.fr/?p=47 

Page sur le blog de J-S Stehli :http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/12/rinko-kawau... 

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La nuit et la lumière sont souvent associées…

« Méditer dans le noir et les yeux clos, contempler les mains ouvertes dans la lumière… »

 Gilles Bernheim, Quarante méditations juives, éd. Stock, 2011.

 « Les étoiles m’attaquent / traversent mes vêtements / comme une légion de fourmis / chargées de lumière »Etoiles II.

Anise Koltz

Je renaîtrai, éd. Arfuyen, 2011

06/12/2011

Gilbert Lascault, citations : territoire, frontières, concentration, dispersion, détail

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« Avec  acharnement, à longueur de nuits et de journées, certains philosophes, certains professionnels de la culture se demandent ce qu’est l’art, ce qu’il n’est pas, quelles sont ses frontières, comment l’organiser, comment interdire son territoire à ceux qui ne seraient pas dignes d’y entrer, comment y établir des ordres et des hiérarchies. »

(…)

« L’école nous avait appris à nous concentrer, à nous tendre, à préférer les notions aux sensations, les concepts à la riche multiplicité des choses. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de cette éducation. Nous ne serons jamais assez dispersés, assez nonchalants. »

Gilbert Lascault

Apologie du pluriel

Ecrits timides sur le visible, coll. 10/18 1979), pages 13-14 / 2008, éds du Félin http://www.decitre.fr/livres/Ecrits-timides-sur-le-visible.aspx/9782866456696

Suite de la note d’hier… A l’opposé d’une autre position sur la création et d’un autre regard sur l’éducation (Alain Finkielkraut, écrivains ou lecteurs, concentration ou expression- note du 5-12-11) : Gilbert Lascault fait un éloge du pluriel, des sensations, de la dispersion… A sa réflexion il  ajoute un appel à ne pas oublier le détail au profit du général. (« On nous répète qu’il faut nous méfier des arbres qui cachent la forêt. » (…) Mais, dit-il « Trop souvent nous vivons dans un monde où le mot forêt  sert à nous cacher la présence de chaque merisier, de chaque tremble. ». La forêt, parfois, ce peut être le mot « écrivains », le mot « lecteurs », qui cache la singularité des itinéraires de création...

04/12/2011

Antoine de Saint-Exupéry, citation, et Akhtar Soomro, photographie...

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Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince

De Saint-Exupéry, cette phrase célèbre est lue autrement ici, car choisie comme légende d’une photographie d’Akhtar Soomro : Sabir, 3 ans, « jouant avec un casque dans une décharge de Karachi (Pakistan). Photo prise le 20 novembre, Journée internationale des droits de l’enfant. » 

Autrement ditrubrique Spiritualité, 24-11-2011 (pas trace de la page sur le site)... http://www.la-croix.com/Culture

Voir le portfolio, Akhtar Soomro, blogs Reuters  (Mais si je n'ai pas vu cette photographie précise, de l'enfant avec un casque, j'ai remarqué l'enfant au pistolet, derrière la toile d'une tente, jouant la guerre avec les objets de la guerre, dans un univers ravagé, et une petite fille terrorisée après des inondations. Photographies qui me font penser à l'art de Sebastiao Salgado, par le regard respectueux des êtres, en témoin humaniste des souffrances et du courage, en témoin traducteur de beauté)  : http://blogs.reuters.com/fullfocus/2010/11/08/portfolio-akhtar-soomro/#a=2

Désert réel et symbolique. Enfants dans la guerre, représentés par celui-ci. Désert bruyant des armes et de la mort, désert de la solitude intérieure : inventer des jeux dans le désastre créé par les adultes, et se construire psychiquement quand on ne peut trouver de réponses cohérentes au spectacle du monde qui est donné comme univers à contempler et dans lequel tenter d’être. Casque sur la petite tête : l’imaginaire guerrier comme refuge, casque comme enfermement imposé par l’indifférence collective, et par les marchands d’armes qui ont besoin des guerres et de la haine pour leur marché. Mais que serait le puits? Notant ce questionnement je pense aussitôt à Gérard Garouste, le peintre auteur de L'Intranquille, livre inépuisable. Car il rappelle que dans l'Ancien Testament "souvent, on rencontre les femmes tout près d'un puits" et, partant du mot 'puits', en hébreu, qui "s'apparente par sa racine au verbe 'interpréter', car la connaissance implique le creusement",  il donne une clé pour comprendre le lien entre la femme, le puits, l'interprétation. (p.137, Livre de Poche). Le choix de cette légende évoque ce sens à déchiffrer dans le réel, malgré la guerre, ses traces, son horreur, et ces enfants perdus au milieu de ce désordre. L'enfant peut-être ce puits de connaissance déjà là (son expérience qui pourra être dépassée en résilience) et de connaissance à venir : ce que la souffrance pourra produire de capacité de compassion, d'empathie, de désir de changer la violence en paix. Et c'est aussi, ce puits, le regard du photographe, qui fixe ces enfances et force le regard des autres, la responsabilité. Espoir, quand même... Et pourquoi mettre cela dans le domaine de la spiritualité? Choix judicieux, justement. Spiritualité hors de toute référence religieuse. Accent mis sur la dimension spirituelle de l'art (comme le définit Kandinsky) : le conte de l'écrivain, l'image du reporter artiste. Accent mis sur la dimension sociale de la spiritualité, ancrée dans un engagement pour l'humain, pas séparable d'une ouverture du coeur et de la capacité de créer du sens...