12/04/2012
1962-2012. GUERRE D’ALGERIE, Histoire, mémoires, présent, et futur à construire. DOSSIER... et LIENS
La presse a marqué l’anniversaire de mars (fin officielle de la guerre d’Algérie, mais pas des drames et des morts). L’indépendance, c’est après, et l’exode, c’est plus tard, l’été. J’ai lu, bien sûr, parfois avec une impression d’overdose (apprendre encore, apprendre, comprendre ? Ou réactiver des émotions ?). Parfois avec le sentiment, au contraire, d’un manque (tant de choses non dites, mal expliquées, refoulées, occultées).
J’ai mis du temps avant d’acheter le hors série du Monde, « Guerre d’Algérie, Mémoires parallèles ». D’abord à cause du titre. Parallèles, ces mémoires, vraiment ? Parallèles seulement ? Parallèles, lesquelles ? Algérie et France ? Mais quelle Algérie et quelle France ? L’Algérie du peuple ou l’Algérie du pouvoir ? La France métropolitaine ou celle des mémoires des natifs d’Algérie exilés ? Mémoires des historiens, des acteurs, ou des témoins ? Pays de 1962, ou pays actuels, en 2012 ? Oui, le numéro présente des mémoires parallèles, globalement. Mais les mémoires croisées de ceux qui veulent entrer dans la mémoire de l’autre, tout en assumant la leur, où sont-elles ? Je n’ai pas retrouvé tout à fait dans ce sommaire la force des problématiques posées avec tant d’humanisme lors de la conférence sur mémoire et histoire au Forum des images (voir ci-dessous, programme et bilan, deux notes). Mohammed Harbi, cependant, évoque la possibilité de mémoires partagées (pas encore communes, mais partagées).
Autre chose m’avait gênée, quand j’avais entrouvert le journal pour regarder rapidement l’avant-propos. Dès le début, une citation de Sartre, lui qui appelait au meurtre terroriste dans sa préface au livre de Frantz Fanon (ce qui avait scandalisé Jean Daniel). Sartre parlant de névrose au sujet de la France… on a les références qu’on peut… Mais le reste du texte de Michel Lefebvre pose d’une manière correcte la question des mémoires qui ne se rencontrent pas, dans cet avant-propos qui tient lieu d’éditorial…
J’ai donc lu. En commençant par la fin : la bibliographie. Je la trouve très insuffisante, il aurait fallu deux pages. Ce qui manque semble correspondre à des choix, une vision partielle ou partiale : d’autres titres auraient pu rendre compte d’une réalité plus complexe. Benjamin Stora est omniprésent, et d’autres à peine évoqués, ou pas du tout (Cf. letexte de Roger Vétillard, mentionné plus bas, à propos de La Déchirure : même questionnement). Peu d’Algériens, peu de Pieds-Noirs. Pas de sites, la Toile est négligée : pourtant bien des adresses auraient pu être données, bien des pages indiquées (ne serait-ce que l’INA, mais pas seulement…). Absence de l’apport de la littérature (une bibliographie sans Mouloud Feraoun, Kateb Yacine, Albert Camus, Jean Pélégri, René-Jean Clot, et tant d’autres). Pas de filmographie…
J’ai apprécié la publication du texte d’Albert Camus, sa « Trêve pour les civils », appel de 1956. J’ai lu les articles sur la torture, les viols (et la page, sur le poignard de Le Pen : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/16/le-grand-blond-au-poignard_1669337_3212.html ), les pages sur Jacques Chevallier, éclairantes aussi sur l’OAS (et je note qu’un livre sur lui va paraître en mai, «J. Chevallier, l’homme qui voulait empêcher la guerre d’Algérie », de José-Alain Fralon). L’entretien avec Mohammed Harbi est riche d’informations, et il y montre un esprit qui rejette le sectarisme, les visions figées : « La colonisation est un fait historique et social. Elle est ambivalente dans ses manifestations et c’est une erreur de dire qu’elle a été globalement positive ou globalement négative. » (Là il renvoie dos à dos les ultras de tous bords, extrémistes de droite ou de gauche). J’ai été intéressée par les témoignages, et notamment l’article sur Ali Aissaoui, fils d'ancien harki. Et j’ai aimé retrouver Jacques Ferrandez et ses BD. Mais je trouve qu’il manque des éclairages importants. Peu ou pas d’antériorité historique (un peu comme El Watan le reproche à La Déchirure : voir ci-dessous). Pas de présence collective des populations qui vivaient en Algérie, la complexité du sentiment d’appartenance à cette terre, la complexité des liens. Absence des « petits », des humbles et des pauvres. Rien ou presque sur la réalité coloniale, avec ses aspects divers – faits sociaux et culturels, injustices et apports. Et pas de questionnement au sujet du terrorisme (comme c’est fait à juste titre pour la torture). Les attentats contre les civils ont juste une place dans la chronologie…
Dans son texte sur les mémoires sous tension, B. Stora évacue d’une phrase la question du mur des victimes du FLN (Disparus), comme si c’était un facteur aggravant des tensions actuelles, comme si ces victimes n’avaient pas droit au respect, et leurs familles à un lieu de recueillement… (Des controverses les avaient d’ailleurs assimilés à des activistes, ce qui est faux. Laissons les activistes avec les activistes et ne mélangeons pas tout…).
Un passage d'un texte (historienne, Sylvie Thénault) m'a interpellée. Idées reçues sur la guerre. Notamment une. Le fait qu'on ait confondu le rejet du FLN (pour ses méthodes, la terreur) et le rejet de l'indépendance. C'est une idée fausse qui perdure, oui. Mais de la même manière on confond l’anticolonialisme avec des pensées qu’on lui associe et qui n’ont pas à l’être. L'Histoire ne pouvait amener qu'à la fin de toutes les colonisations, quelle que soit leur forme (mais des colonisations continuent à être justifiées, cf. Tibet/Chine, pour ne donner qu’un exemple). Cependant refuser par principe le fait de coloniser ne force pas à penser le passé comme s’il se déroulait en 2012 : la conscience a changé dans les démocraties. Ces prises de conscience doivent être assumées par les pays, donc la France métropolitaine, dont les pouvoirs ont décidé de coloniser. Dénoncer le fait colonial ne doit pas devenir une condamnation des populations immigrées venues vivre et naître dans telle ou telle colonie. C’est pourtant ce qui se fait en France : les Pieds-Noirs sont utilisés comme alibi pour un déni historique (qui donc a colonisé si ce n’est la métropole des Français ? sûrement pas les immigrés espagnols ou les communards expulsés de force, ni les Alsaciens réfugiés, ni les Juifs berbères là depuis toujours… !). Jean Pélégri le disait bien dans son livre « Ma mère l’Algérie », on jettera l’opprobre sur les Pieds-Noirs qu’on accusera de tous les maux : habitude des métropoles, notait-il… Et penser la colonisation ne doit pas devenir (comme c’est souvent le cas) une sorte de catéchisme rigide posant des cadres où toute complexité des faits ne peut qu’échapper…
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INFORMATIONS :
1830-1940 : "Un siècle de passions algériennes, Une histoire de l'Algérie coloniale", somme de Pierre Darmon : http://www.lepoint.fr/culture/2009-11-29/l-algerie-des-pa...
Guerre d’Algérie, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'Alg%C3%A9rie
Chronologie, sur linternaute.com (quelques repères) : http://www.linternaute.com/histoire/categorie/49/a/1/1/histoire_de_la_guerre_d_algerie.shtml
Livre. « Que sais-je ?». La guerre d’Algérie, par Guy Pervillé : http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=107
Le camp de LODI. « Le camp des oubliés », Nouvel Observateur, 2010 (Centaines de Pieds-Noirs indépendantistes arrêtés) : http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20100318.OBS0307/lodi-le-camp-des-oublies.html
La Déchirure, documentaire France 2, de Benjamin Stora et Gabriel Le Bomin, avec la voix de Kad Merad. Lire l’article du Parisien (Kad Merad raconte la guerre d’Algérie) : http://www.leparisien.fr/tv/kad-merad-raconte-la-guerre-d-algerie-11-03-2012-1899832.php La qualité de ce documentaire n’est en général pas mise en doute, le sérieux de l’entreprise, mais il y a des controverses entre historiens français autour de ce documentaire. Cf. Benjamin Stora et Daniel Lefeuvre : http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2012/04/10/23971171.html Ou Roger Vétillard, qui met en question l’omniprésence de Benjamin Stora, et exprime quelques réserves concernant le film... La réception en Algérie est assez critique (El Watan pointe la limitation du film à un axe qui occulte l’antériorité historique).
Dossier "Guerre d'Algérie'", sur Herodote https://www.herodote.net/Guerre_d_Algerie-synthese-319.php
« Fin de la guerre d’Algérie : le massacre d’Oran reste dans les mémoires » https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_du_5_juillet_1962
Enlèvements, Disparus. "Les Pieds-Noirs ont-ils été abandonnés par la France?", Le Point, 25-01-12 : http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/francois-guil...
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La tragédie des HARKIS...
Documents sur le site de l'association AJIR pour les harkis : http://www.harkis.com et sur le blog d'Harkis et droits de l’homme : http://ahdh.blog.lemonde.fr
Harkis. VIdéo INA : http://www.ina.fr/video/CAA8200509301/les-harkis.fr.html
L'EXIL. Texte de Serge Molines, sur Algérie-Pyrénées : http://www.algeriepyrenees.com/article-algerie-mon-amour-...
Comment l'idéologie (des uns et des autres) déforme la réalité historique, jusqu'à nier des faits (massacres) ou à changer la réalité des causes (cf. Pierre Daum et son analyse idéologique haineuse de l'exode des Pieds-Noirs). Lire cette note au sujet des massacres de Harkis : Apprentis historiens (et manipulateurs), un article intéressant sur Harkis et Droits de l’homme : http://ahdh.blog.lemonde.fr/2016/04/02/les-harkis-la-2-cv...
Sur les PIEDS-NOIRS...
Les Pieds-Noirs, 50 ans après, Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/27/01016-...
Pied-Noir (wiktionary) : https://fr.wiktionary.org/wiki/pied-noir
Note historique, dossier Migrations, Pieds-Noirs (7 pages) : http://migrations.besancon.fr/quitter-son-pays/rapatries/...
Fiche wikipedia, Pieds-Noirs : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pieds-noirs
Librairie Pied-Noir, Biblio : http://www.librairie-pied-noir.com
Et voir ici la liste Frères de Rive...s (Algériens et Pieds-Noirs, nombreux liens : dernière liste de la marge gauche)
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TEMOIGNAGES :
Portraits d’oubliés de la guerre d’Algérie, Nouvel Obs, 29-02-12 : http://tempsreel.nouvelobs.com/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-algerie/20120229.OBS2568/algerie-l-histoire-oubliee.html
Le souvenir à vif des Pieds-Noirs de Carnoux,Le Monde, 15-03-12, Julien et Christian Fenech : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/15/le-souve... ("un pied sur les deux rives", rêvant d'être de ceux qui seront le "fer de lance des contacts au-dessus de la Méditerranée")
Pieds-Noirs, Portraits d'exilés, Le Monde, 19-03-12 (famille Fenech, et autres témoignages): http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/19/pieds-no...
La mémoire refoulée des appelés d'Algérie : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/15/la-memoi...
France-Algérie : les blessures invisibles, France24 (« Ecouter la parole des victimes de tous bords » : crimes, tortures, disparitions, traumatismes). Vidéo et texte: http://www.france24.com/fr/20120317-france-algerie-blessures-invisibles?ns_campaign=editorial&ns_fee=0&ns_linkname=20120317_france_algerie_blessures_invisibles&ns_mchannel=RSS&ns_source=RSS_public (« Pourquoi cette chape de plomb ? Entre la France et l’Algérie, c’est une question de mémoire. Une mémoire en lambeaux. », Adel Gastel)
« Disparus sous le secret ». Libération, 16-03-2012 : http://www.liberation.fr/societe/01012396261-disparus-sous-le-secret (« «Mais qu’est-ce que ça veut dire, disparus ?» C’est sur cette question, posée en voix off par Hélène Cohen au-dessus de la tombe de son père, que s’ouvre Algérie 1962, l’été où ma famille a disparu, un documentaire de 90 minutes qu’elle a réalisé, coproduit par France Télévisions et 13 production. »)
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EXPRESSION de VICTIMES du FLN et de l’OAS (additif expo N Guiraud) :
Un article de Delphine Renard, victime de l’OAS. « Guerre d’Algérie : l’histoire en révision » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/02/07/guerre-d-algerie-l-histoire-en-revision_1639524_3232.html (Elle parle de la terreur venue de l’OAS, mais pas de celle causée par le terrorisme du FLN… Elle exprime une légitime révolte au sujet d’hommages rendus à des activistes. D’autres hommages, télévisuels notamment, chaînes publiques, ont pourtant été rendus, aussi, à des poseuses de bombes du FLN. Seules leurs victimes en ont été choquées : mais leur souffrance n’en a pas été reconnue pour autant… J’avais fait une note sur cela – tags : terrorisme, Algérie).
Livre, « Lettre à Zohra Drif », de Danielle Michel-Chich (Alger, attentat FLN du Milk-Bar), « La petite Dany du Milk Bar », La Croix, 08-02-2012, par Bruno Frappat : http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Livres/La-petite-Dany-du-Milk-Bar-_NG_-2012-02-08-766546 (« Lettre à Zohra D. C’est un coup à l’estomac. Une révélation d’humanité. On n’ose pas dire un chef-d’œuvre tant il est mêlé à l’existence de son auteur. » (…) « Milk Bar, le 30 septembre 1956. Ce jour-là, rue d’Isly, à Alger, une militante du FLN, âgée de vingt-deux ans, dépose une bombe sous une table et s’enfuit. ») ADDITIF 2 autres articles, éclairage différent
Exposition de Nicole Guiraud, Survivre : http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/exposition-survivre-de-nicole-guiraud-a-perpignan-au-centre-de-documentation-des-francais-d-algerie-couvent-sainte-claire (voir aussi à son nom, listes). EXPO prolongée jusqu'à fin avril.
Lettre ouverte de Nicole Guiraud (victime du FLN, attentat du Milk Bar) à Danielle Michel-Chich. Elle y exprime certains désaccords et son propre ressenti. La lecture de l’une et de l’autre nous permettra d’entrer dans la complexité des faits et de la manière de les penser. : http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/lettre-ouverte-de-nicole-guiraud-a-danielle-michel-chich (« J’ai été très touchée par ce témoignage, pouvant parfois presque mot pour mot le faire mien… » (…) « Cependant, progressant dans la lecture du livre, je me suis posé quelques questions… » (…) » Vous écrivez également d’autres choses qui m’ont choquée, peut-être même blessée, et que je trouve profondément injustes. ») Nicole Guiraud réagit aussi à l’intervention de D M Chich dans une émission : http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/la-guerre-d-algerie-selon-b-stora-et-france-2-suite
Associations :
L’ANPROMEVO (victimes de l’OAS) : http://www.net1901.org/association/ASSOCIATION-NATIONALE-POUR-LA-PROTECTION-DE-LA-MEMOIRE-DES-VICTIMES-DE-LO.A.S.-ANPROMEVO,91263.html et Les AMIS de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons (M.Feraoun, M.Marchand, S.Ould Aoudia et leurs collègues, assassinés par l’OAS le 15 mars 1962) : http://max-marchand-mouloud-feraoun.fr
L’AVICCEAL (association des victimes du FLN - dissoute en 62). Du fait de la disparition de cette association ce sont les associations de rapatriés qui s’expriment à ce sujet, comme le Cercle algérianiste, par exemple (Voir, ainsi, certaines pages, point de vue sur l’Histoire) : http://www.cerclealgerianiste.fr/splash.html
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QUESTIONNEMENTS :
Histoire de la guerre d’Algérie. Manuels en France et en Algérie, Le Monde, « Guerre d’Algérie, un récit à deux voix » : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/18/guerre-d-algerie-un-recit-deux-voix_1670676_3212.html
Sur la nostalgie de l’époque coloniale en Algérie, et la problématique du refoulé, en France, par Yassine Temlali, BabelMed, 3-1-06 (« Il faut être aussi clairs sur nous-mêmes, nous autres Algériens, que sur la société française. Le discours officiel algérien a toujours voulu faire croire aux jeunes générations que «le 1er novembre 1954, le peuple algérien s’est levé comme un seul homme contre le colonialisme». Ce n’est pas du tout vrai. Les Algériens qui ont pris le parti de la séparation de la France, le parti de l’indépendance totale de l’Algérie, étaient une infime minorité. Une autre partie de la population algérienne n’était pas indifférente à une certaine présence française en Algérie. Le courant qu’elle a pu représenter dans la société algérienne de l’époque existe encore aujourd’hui dans la société algérienne. » (…) « Le problème de fond en France est que la société française ne veut pas réellement s’interroger sur son histoire coloniale. Cette histoire est de l’ordre du refoulé. »)
Racisme colonial en France. Conséquences idéologiques de l’Histoire récente et de la manière de penser la guerre d’Algérie ; Une réflexion de Madjid Ben Chikh. (Discours antimusulman ou acceptation inconditionnelle, deux faces du même regard qui ne tient pas compte de la complexité diverse des êtres en globalisant une appartenance mythifiée). Sur MondeEnQuestion...
Infiltration du FLN, paranoïa, exécutions, la bleuite, Nouvel Obs : http://tempsreel.nouvelobs.com/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-algerie/20120404.OBS5422/guerre-d-algerie-le-poison-de-la-bleuite.html
Analyse sur le terrorisme et la torture, point de vue sur la chaîne des causes, paru dans Libération en 2000, et repris sur Algeria Watch : http://www.algeria-watch.de/farticle/1954-62/addi.htm
« France-Algérie. : pacte contre la mémoire », de Ghania Khelifi, BabelMed, 30-01-12 : http://www.babelmed.net/Pais/Alg%C3%A9rie/francealg%EF%BF%BDrie_pacte.php?c=7243&m=36&l=fr (« En réalité seuls ceux qui croient en l’amitié entre les deux peuples, ceux qui font la différence entre l’Etat colonial et les populations réclament la lumière sur l’histoire partagée et la libération des mémoires. Les autres ne sont que des politiciens que cette lumière effraie et dérange. »)
2012, anniversaire. La presse algérienne et la commémoration de la fin de la guerre, slateafrique.com : http://www.slateafrique.com/84333/algerie-france-guerre-c...
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LIVRES, BD, FILMS :
Sélection de livres, librairie Jeunesse, librairiesandales : http://librairiesandales.hautetfort.com/archive/2012/03/19/guerre-d-algerie-bibliographie-selective.html
Les ROMANS de la guerre, collectif, Omnibus, decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/Algerie-les-romans-de-la-guerre-Les-mauvais-sentiments-La-derniere-impression-Le-jardin-de-Djemila-Qui-se-souvient-de-la-mer-La-grotte-Les-Bagnoulis-L-opium-et-le-baton.aspx/9782258058507
Sur Kateb Yacine (l’écriture, l’engagement), par Yassine Temlali, BabelMed, 7-11-10 : http://www.babelmed.net/Pais/Alg%C3%A9rie/kateb_yacine.php?c=6103&m=36&l=fr
Chroniques algériennes, d’Albert Camus, présentation brève, émission, France 3, document INA : http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/2288647001/albert-camus-chroniques-algeriennes-1939-1958.fr.html
BD. Carnets d’Orient, Terre fatale, Jacques Ferrandez, decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/Carnets-d-Orient-Tome-10-Terre-fatale.aspx/9782203015333
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Etude. L’impact à long terme du traumatisme de masse. Enquête qui mériterait d’être élargie à d’autres groupes humains, victimes de génocides, pour les uns, de répression, pour les autres, d’exode, pour d’autres encore, de racisme et d'ostracisme, pour beaucoup. Cette étude pourrait notamment concerner les anciens Harkis et leurs familles, les Pieds-Noirs et leurs descendants, et, bien sûr aussi, les Algériens et Franco-Algériens, générations successives sur les deux rives, toutes marquées par l'Histoire et la guerre. A lire sur armeniantrends : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/04/limpact-long-terme-du-traumatisme-de.html
23:55 Publié dans ALGERIE/Algériens.hist.mémo.culture, PN.H.peuple.Camus | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre d’algérie, indépendance, algérie, algériens, pieds-noirs, harkis, guerre, histoire, mémoire, exode, terrorisme, f.l.n., o.a.s., livres, torture, victimes, disparus, traumatismes, avicceal, anpromevo, cercle algérianiste, colonialisme, colonisation, décolonisation, racisme, massacres, max marchand, mouloud feraoun, albert camus, a.j.i.r.
22/03/2012
LE RACISME TUE… (3). Terrorisme. Les armes tuent. Et les mots, les livres, les films…
Le 19 (après les assassinats des 11 et 15 mars) une fusillade terrible, sur fond de racisme et d’idéologie fascisante. Réactions, émotions (légitimes). Une horreur qui atterre tout le monde. C’est ici, ce sont nos compatriotes, à l’intérieur de frontières repérables. Les faits sont qualifiés de monstrueux (ce qu’ils sont). Ce soir c’est le tueur que j’ai entendu qualifier de monstre par le Président de la République. Monstre? C’est rassurant de se dire que l’auteur de tels actes échappe à l’humain, que nous sommes d’une autre nature. Rassurant mais faux. Psychopathologie qui va chercher dans la part la plus sombre, la plus perverse, de l’humain, à partir de délires idéologiques construisant une haine obsessionnelle. Le mal. On a sans doute inventé le Diable pour figurer ce puits où sombrent des individus, et des groupes, ou masses, d’individus, de temps en temps dans l’Histoire, et dans l’actualité, pour leur malheur et le nôtre... Le serial killer a des motivations personnelles plus ou moins inconscientes : le fanatique politique structure autrement la pensée de ses passages à l’acte, qu’il soit d’ultra droite (attentat de Norvège, juillet 2011, près d’une centaine de morts : http://www.lefigaro.fr/international/2011/07/23/01003-201... ), ou islamiste (les crimes de Montauban et Toulouse). Le militaire américain qui a massacré récemment seize personnes en Afghanistan (dont femmes et enfants) est-il, lui, un fou, ou un fasciste d’un autre genre, projetant tout d’un coup sa haine ? Quel genre de terroriste est-il, lui? (http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/03/14/a... )
Si seuls les « monstres » tuaient de manière barbare il n’y aurait pas de crimes de guerre, pas de crimes contre l'humanité, pas de trafics d’armes, mais une société paisible secouée parfois par des « accidents » tragiques.
Le président dit que ces actes qui viennent de nous déchirer ne sont pas explicables. Peut-être le dit-il pour réagir à des tentatives d’explication un peu sommaires. (Nous cherchons tous maladroitement à comprendre, car comprendre peut aider à lutter contre cela, mais aussi des personnalités politiques cherchent sans doute, trêve de campagne ou pas, à inscrire leur différence, leur stratégie, ou leur récupération – jugeant, critiquant, projetant). Mais si ces actes ne sont pas du tout explicables, alors la barbarie gagnera toujours. Actes explicables? Ils ne sont en aucun cas justifiables, mais explicables, forcément un peu, avec des grilles diverses que la raison peut nous permettre d’utiliser pour entrer dans la trame complexe des causalités nombreuses. Tenter d’expliquer ne veut pas dire que nous allons désigner des coupables, mais peut-être accepter d’interroger nos fonctionnements, nos manques éventuels.
Cela se passe dans un monde que nous créons quotidiennement, qui est héritier des violences et des guerres précédentes, modelé par les guerres présentes, par les discours haineux des uns et des autres, dont les folies et les frustrations individuelles peuvent se saisir pour donner matière d'argumentation à la violence démente. (D'autant plus que des armes circulent, et se trouvent facilement. De cela qui est complice? Quand fera-t-on le lien entre le terrorisme et le nécessaire contrôle des armes?).
Climat idéologique, donc, qui ne peut être cause principale mais qui est cause aggravante. (Climat créé par les excès des extrémistes de tous bords : extrême droite, extrême gauche – qui se rejoignent souvent, par exemple, dans l’antisémitisme, sous des formes variables plus ou moins assumées - et servent directement ou indirectement les délires des islamistes, notamment, ou des ultras. Mots et discours démultipliés sur la Toile, sans règles et sans contrôle efficace).
Depuis qu’on sait qui est l’auteur des crimes, Mohamed Merah, djihadiste, on critique ceux qui ont pu oser soupçonner l'ultra droite. Mais les enquêteurs, aussi, portaient leur questionnement vers elle, au début. Qu’on ait pensé à l’extrême droite, en voyant des victimes musulmanes dans les premiers meurtres, ce n’est pas étonnant. Et qu’on y ait pensé alors qu’on est assailli de déclarations qui rejoignent des thématiques de haine, ça l’est moins encore. Aucun groupe précis n’a été désigné à tort, cependant… (Cela choque, cette hypothèse formulée là, alors que le soupçon, pour la Norvège, qui a fait penser aux islamistes, quand c’était un ultra droite, cette hypothèse n’a pas gêné les mêmes…).
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Mais... on ne déchiffre jamais l'archéologie d'une histoire du terrorisme, de la théorisation acceptée de sa légitimation (pour certaines causes, dans certains cas... quand on confond terrorisme ciblant les civils et résistance) et des traces qui perdurent... de cette complaisance idéologique avec le pire. Ainsi, des films sont les supports de cette acceptation complice. Et, là, d'un jour à l'autre, condamnation générale d'actes abjects, dans toute la presse (d'un côté), le 19. le lendemain, dans le pays même qui vit ces drames, à la télévision publique, éloge du terrorisme fantasmé, auréolé d'héroïsme.
… Donc, le 19, l'horreur dans une école, le 20, film sur la 3. Non, pas de déprogrammation pour donner des clés, aider à penser les drames. Non. Après un journal qui dénonce l’impensable, un film qui met en scène la justification de faits similaires. « Pour Djamila », de Caroline Huppert, titre emprunté au texte de Simone de Beauvoir, publié au moment du procès.
Voici un article, révélateur de l’esprit de la critique en général, regard sympathique porté sur le film, et courte réflexion. Le Parisien, 20-03-2012 : http://www.leparisien.fr/espace-premium/culture-loisirs/h...
De nouveau la thématique terroriste, après le film sur Zohra Drif, poseuse de bombes.
Que le film Pour Djamila parle d’une lutte pour l’indépendance, dans le cadre de la décolonisation générale, qu'il évoque un désespoir qui porte certains au pire, cela fait partie du regard sur l’Histoire. Que ce film dénonce la torture, cela rejoint les nécessaires combats pour les droits humains, contre des procédés inadmissibles. Et que l'histoire de cette femme rende compte de la torture qui fut utilisée contre elle, c'est légitime. (Elle fut torturée et violée). Mais qu'à travers un portrait très positif, et l'oubli de la réalité des actes des poseuses de bombes, on magnifie et justifie cette forme d'engagement, cela n'est en rien acceptable. Pas de preuves, pas d'aveux, est-il dit. En fait elle avait avoué avoir posé une bombe, et était revenue sur ses aveux, après avoir rencontré Gisèle Halimi. (Vérité ou faux aveux sous l'infamie de la torture? Vérité ou stratégie de défense dans la négation de la culpabilité?). Les enquêteurs et les juges pensaient, eux, avoir suffisamment d'éléments pour considérer qu'elle était coupable.
Je porte un regard très critique sur ce film qui évoque l'histoire de Djamila Boupacha et le procès... Il y a donc les faits (présentés diversement suivant les auteurs), une part du réel, et la manière dont on rend compte de tout le réel. Le film, je trouve, est surtout fidèle à la radicalité de Simone de Beauvoir et de Gisèle Halimi : partiel, et partial. Qu'il dédramatise l’utilisation du terrorisme, effaçant d’un trait les victimes civiles, les morts ou les blessés graves (adultes et enfants), cela n’est pas acceptable. Sartre, préfaçant Frantz Fanon, avait appelé au meurtre des civils (les «colons», écrivait-il…), sans états d’âme, et il reste le maître à penser (ou ne pas penser) de certains faiseurs de «culture»...
Pour appuyer cette justification de l’immonde (le terrorisme : les bombes qui tuent et blessent des civils), un certain manichéisme sous-tend tout le récit, et là encore ce sont les Pieds-Noirs qui sont la cible - forcément des coupables, forcément des gens à abattre, fussent-ils des bébés, des petites filles ou des petits garçons ("nés quelque part" où on ne leur reconnaît pas, dans une certaine marge de la France métropolitaine, d'avoir eu le droit de naître...).. La seule parole qui les concerne est celle de la mère de Djamila Boupacha, qui dit ceci (je cite de mémoire, pas tout à fait complètement, mais le sens est là) : « Les Français de France, il y a des gens bien, mais les Français d’Algérie, des méprisants, et il y a des barbares. Tout pour eux, rien pour nous. ». Rapide raccourci. Dénoncer les injustices d'un système à défaire, oui, mais l'anathème qui globalise, non... On se demande pourquoi les Pieds-Noirs seraient accueillis si fraternellement en Algérie s’ils avaient tous été des gens aussi abjects ? Et pourquoi Aït Ahmed aurait dit d’eux, ses compatriotes de naissance, qu’il aurait fallu construire l’Algérie indépendante avec eux – précisant « avec eux, pas avec les Français, avec les Pieds-Noirs » Donc, dans le film, les Pieds-Noirs, funestes gens, sont les représentants du Mal absolu, le terrorisme, lui, est une option acceptable. (Mais qui donc avait colonisé l’Algérie, si ce n’est le pouvoir de la France métropolitaine ? Sûrement pas des immigrés de tous les pays méditerranéens, devenus Français par leur ancrage en Algérie. Et qui avait torturé, alors, si ce n’est l’armée française ?)
Et si c'était, si c'est, acceptable, alors le terrorisme actuel l'est aussi.Pas grave, on pleurera plus tard, au Journal de la nuit, ou du lendemain, en revenant sur les crimes récents…
Que fait-on dire à Djamila Boupacha ? « Le terrorisme, l’arme de ceux qui ne peuvent pas se défendre, ça a toujours été comme ça, ce sera toujours comme ça. ». Rien de plus complexe n'intervient pour compenser... Voilà la lutte contre le terrorisme réglée d’un coup. Il faut dire que, quand le terrorisme F.L.N touchait les Pieds-Noirs il ne dérangeait personne. Pas de LDH prête à s’émouvoir Pas de soutien pour supporter les traumatismes, alors. Seul le terrorisme de l’OAS (plus tardif, sur une seule année), qui toucha aussi la métropole, a été condamné comme tel. Et bien plus tard seulement, les massacres de Harkis.
Sauf que… Cette vision d’un terrorisme légitime (et même héroïque) a inspiré celui d’autres régions du monde, et, en Europe, des factions d’extrême gauche, persuadées de faire une juste guerre révolutionnaire. Il a inspiré aussi les acteurs de la décennie noire (années 90) en Algérie. Il a nourri l’idéologie des intégristes et leur violente doctrine politique.
(Et voilà comment nos chaînes nationales luttent contre le terrorisme…)
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Pour plus de lucidité et d’humanisme je renverrai encore au "Journal" de Mouloud Feraoun, car il aborde subtilement ces questions
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Mise à jour. 24-03, soir.
Sur ConspiracyWatch trois autres articles en relation avec le terrorisme (islamiste ou d'extrême droite). Deux analyses précieuses.
Drames de Montauban et Toulouse. Les conspirationnistes s'en mêlent! Déclaration du candidat Poutou (NPA), corrigée maladroitement, ensuite par celle, officielle, de son parti. A lire sur conspiracywatch.info : http://www.conspiracywatch.info/Tuerie-de-Toulouse-Poutou-n-ecarte-pas-une-tentative-de-diversion_a809.html
A partir de la tuerie en Norvège, "La nouvelle extrême droite" : http://www.conspiracywatch.info/Le-cas-Anders-Behring-Breivik-et-la-nouvelle-extreme-droite-europeenne_a805.html
"Le péril islamique existe-t-il?" : http://www.conspiracywatch.info/Le-peril-islamique-existe-t-il_a433.html
23:53 Publié dans ACTU/MÉMO.valeurs.idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terrorisme, montauban, toulouse, monstre, fanatisme, islamisme, fascisme, idéologie, armes, mots, films, livres, mohamed merah, djihadiste, pour djamila, caroline huppert, djamila boupacha, zohra drif, poseuse de bombes, algérie, pieds-noirs, gisèle halimi, simone de beauvoir, sartre, attentats, f., l., n., o., a., s., histoire, guerre d’algérie, torture, décolonisation, france 3, mouloud feraoun, journal, aït ahmed, humanisme, conspiracywatch, racisme
15/02/2012
La Conférence des oiseaux, de Farid al-Din Attar. Citation
« Quand même les deux mondes seraient tout à coup anéantis, il ne faudrait pas nier l’existence d’un seul grain de sable de la terre. S’il ne restait aucune trace, ni d’hommes, ni de génies, fais attention au secret de la goutte de pluie. »
Farid al-Din Attar, cité par Philippe Jaccottet L’encre serait de l’ombre (p.353)
01:30 Publié dans CITATIONS.exergues.incipit.excipit, POÉSIE, SPIRITUALITÉ.sagesses.mystique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la conférence des oiseaux, farid al-din attar, attar, philippe jaccottet, jaccottet, l’encre serait de l’ombre, citations, littérature, poésie, spiritualité, livres, culture
23/01/2012
Les Identités meurtrières, d’Amin Maalouf. INCIPIT
« Depuis que l’ai quitté le Liban en 1976 pour m’installer en France, que de fois m’a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais ‘’plutôt français’’ ou ‘’plutôt libanais’’. Je réponds invariablement : ‘’L’un et l’autre !’’. (…) Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c’est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C’est précisément cela qui définit mon identité. Serais-je plus authentique si je m’amputais d’une partie de moi-même ? (…) « Moitié français, donc, et moitié libanais ? Pas du tout ! L’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées.»
Dans cet ouvrage Amin Maalouf rejette cette idée dangereuse qui serait celle d’une identité unique comme essence de notre être, alors que notre réalité est complexe, plurielle, et cette complexité unique pour chaque être. Dangereuse conception, dit-il (et il le démontre avec des exemples précis) que ce qui « réduit l’identité entière à une seule appartenance, proclamée avec rage ». Car « C’est ainsi que l’on ‘’fabrique ‘’ des massacreurs ». Oui, l’identité peut être un piège, quand l’appartenance enferme dans de fausses fidélités, que l’enfermement vienne des ‘’siens’’ (engagements communautaires, sociaux ou idéologiques) ou du regard des ‘’autres’’ (projections, rejets, fantasmes). Alors que les siens sont aussi ‘’autres’’ et que les autres sont aussi ‘’nôtres’’.
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Fiche wikipedia sur le LIVRE : http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Identit%C3%A9s_meurtri%C3%A8res
Page éditeur, éd. Grasset : http://www.grasset.fr/les-identites-meurtrieres-978224654...
Livre de poche : http://www.livredepoche.com/les-identites-meurtrieres-ami...
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19/01/2012
Mohamed Garne : Français par le crime J’accuse !
J’ai suivi l’émission Secrets de famille, hier soir (18-01-12), quand j’ai vu que serait traitée l’histoire d’un Algérien, victime d’un drame lié à l’Histoire. (J’avais suivi, il y a quelques mois, une autre émission où un Pied-Noir racontait comment il avait découvert, très tard dans sa vie, que sa mère était une Algérienne toujours vivante, et qu’il avait pu rencontrer : son père, après deux ans de relation amoureuse, et malgré la naissance de leur enfant, ne l’avait pas épousée, et elle avait dû fuir cette relation faussée et renoncer à son petit garçon). Je n’avais pas entendu parler du drame de Mohamed Garne, malgré les livres parus (et j’avais raté la publication du plus récent, chez L’Harmattan, même si je reçois la newsletter…). Ces drames personnels sont révélateurs de réalités humaines bien plus complexes que les discours officiels ou militants ne le disent, ils me passionnent donc. Et, en plus, s’informer, savoir, c’est une façon de soutenir : ignorer serait trahir la nécessaire solidarité…
Effectivement, cette émission fut bouleversante. Quel courage que celui de cet homme ! Quelle tragédie que son histoire, et que celle de sa mère, Kheira (elle qui choisit de vivre dans un cimetière, entre deux tombes, dans une sorte de case de pierre : « Parmi les morts, dit-elle, car les vivants m’ont fait trop de mal. »). Une terrible solitude, rejetée aussi en Algérie après avoir été violée par plusieurs soldats français, et avoir mis au monde un garçon produit de ce viol, et qu’elle croyait d’ailleurs mort… Courage, aussi, que celui de cette femme qui finit par dire son viol dans un procès en Algérie (quand son fils cherchait à retrouver le nom de celui qu’il pensait alors être son père, le mari, décédé, de sa mère – et héros de la révolution…).
Mohamed Garne a eu raison de se battre pour obtenir la reconnaissance de son statut de victime, pour lui et pour sa mère. Il a eu raison d’écrire ces deux livres (2005 et 2011). Et je vais m’empresser de me les procurer et de les lire. Pour lui c’est ce qui lui permet de survivre, ce qui permet, j’espère (et on en a l’impression) de réussir cette résilience qui rend la vie possible, avec du sens. Mais pour tous c’est aussi une manière de poser des vérités, contre les tabous qui idéalisent l’Histoire (et des personnages de l’Histoire, politiques de gauche ou de droite, et pire, acteurs d’extrême posture, ou criminels notoires, parfois honorés). L’amnistie qui fut décidée pour pacifier les mémoires (et la société) ne devrait pourtant pas rendre prescrits des crimes contre l’humanité. (Et c’est bien d’un tel crime dont témoigne Mohamed Garne).
Qui sait, sur les traits de Mohamed Garne, quelqu’un va peut-être reconnaître les siens, s’il vit encore. (Ou quelqu’un de sa famille… qui découvrirait alors, aussi, une terrible part d’ombre dans leur histoire personnelle…).
Page EDITEUR, L’Harmattan, 2011 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33727 (« Les politiques savaient : les viols, la torture, les exécutions sommaires pendant la guerre d'Algérie. L'auteur apporte un double et terrifiant témoignage : celui de sa mère et de lui-même. Il apprend en 1994 que sa mère a été violée par des soldats français. »)
Fiche decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/Francais-par-le-crime-j-accuse-Algerie-1954-1962.aspx/9782296544581 (« Les politiques savaient.
Les viols, la torture, les exécutions sommaires, Guy Mollet, président du Conseil, savait ; Robert Lacoste, ministre de l'Algérie, savait ; Max Lejeune, secrétaire d'Etat aux forces armées, savait ; les radicaux Bourgés-Maunoury et Félix Gaillard, président du Conseil en 1957-1958, savaient. L'opposition le savait aussi.. » (…) « Le ministre de la Justice François Mitterrand savait. Je ne suis ni dupe ni aveugle ni soumis. C'est pour cela qu'avec sérénité j'apporte un double et terrifiant témoignage : celui de ma mère et de moi-même. »)
« Des viols pendant la guerre d’Algérie », par Raphaëlle Branche, cairn.info : http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2002-3-page-123.htm (« Femmes combattantes et donc « rebelles », femmes suspectes, femmes au fond des mechtas ratissées : leur viol fut une violence et un acte de guerre perpétrés, là-bas, par des soldats français. Sur ce sujet si difficile que les historiens découvrent, voici une première mise au point, en prélude à des études plus complètes. »)
FORUM Frce 2 : http://forums.france2.fr/france2/Secrets-de-famille/reactions-mohammed-emission-sujet_10_1.htm (Commentaires, divers et émouvants, à la suite de cette émission qui présentait l'histoire dramatique de Mohamed Garne : des témoignages de vécus similaires, autres situations, autres coupables...).
Autre livre de Mohamed Garne, « Lettre à ce père qui pourrait être vous », éd. J-C Lattès, 2005. Fiche decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/Lettre-a-ce-pere-qui-pourrait-etre-vous.aspx/9782709626804
07/01/2012
La mémoire de riz, de Jean-Marie Blas de Roblès, citation et liens...
« Une absolue certitude s’emparait de moi, un sentiment de liberté, de puissance, un éblouissement de l’être qui mettait toute chose, y compris le divin, à sa juste place dans le théâtre du Cosmos. »
Cité par Florent Georgesco, Le Monde, 23-12-2011, « Le tarot de Blas de Roblès »
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Informations édition (4ème de couverture) : « Né à Sidi-Bel-Abbès, J.-M. B. de R. est l'héritier d'une double ascendance marine et andalouse. Docteur en philosophie (Éléments pour une Critique des fondements de l'esthétique contemporaine), il a également consacré une étude au symbolisme du Tarot... »
Page éditeur, Zulma, 2011 (Livre publié en 1982, réédition 2011) : http://www.zulma.fr/livre-la-memoire-de-riz-572014.html
SITE personnel (Bio et parutions, dont ouvrages sur l'archéologie) : http://blasderobles.fr
Fiche Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Blas_de_Roblès
Un entretien au sujet de « La Montagne de Minuit », sorte de conte tibétain écrit par un athée http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/08/archiv...
« Hautes lassitudes », poèmes : http://blasderobles.fr/?product=hautes-lassitudes
19:24 Publié dans CITATIONS.exergues.incipit.excipit, LIVRES, bibliographes, anthologies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la mémoire de riz, jean-marie blas de roblès, citations, littérature, culture, livres, zulma, sidi-bel-abbès, symbolisme, tarot, philosophie
27/12/2011
Henry Bauchau, Tentatives de louange
« Accorde-moi, comme aux Rois mages, de connaître l'étoile / Du brûlant, brûlant amour / Que je connaisse enfin la libre efflorescence qui est, qui est là, qui est toi, / O silencieux, souterrain, souverain Seigneur des eaux, des plantes, des vivants / Et de la nourriture de tous. »
Henry Bauchau, Tentatives de louange, poèmes
Actes Sud, coll. Le Souffle de l’esprit, 2011
Ecrits de 2009-2010, recueil publié dans l’année des 99 ans de l’auteur
ACTES SUD : http://www.actes-sud.fr/catalogue/religions-et-spirituali... (Présentation EDITEUR : « Textes de sagesse et de gratitude, Tentatives de louange est une ode à la fragilité, un éloge du doute, une interrogation sur l'essentiel de la vie. »)
Le Choix des bibliothécaires : http://www.lechoixdesbibliothecaires.com/livre-111990-ten...
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Ce livre paraît en même temps que L’Enfant rieur, même éditeur. Le premier ouvrage d’Henry Bauchau fut publié à 45 ans, et le succès vint plus tard, près de ses 70 ans. Patiemment une œuvre s’est construite, avec exigence. Mais qu’aurait compté la hâte, quand le temps d’écrire se confond avec le temps d’être, qui n’est que lente maturation…
18:12 Publié dans CITATIONS.exergues.incipit.excipit, LIVRES, bibliographes, anthologies, POÉSIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henry bauchau, tentatives de louange, poésie, poèmes, poète, sagesse, culture, littérature, citations, actes sud, le souffle de l’esprit, l’enfant rieur, livres
06/12/2011
Gilbert Lascault, citations : territoire, frontières, concentration, dispersion, détail
« Avec acharnement, à longueur de nuits et de journées, certains philosophes, certains professionnels de la culture se demandent ce qu’est l’art, ce qu’il n’est pas, quelles sont ses frontières, comment l’organiser, comment interdire son territoire à ceux qui ne seraient pas dignes d’y entrer, comment y établir des ordres et des hiérarchies. »
(…)
« L’école nous avait appris à nous concentrer, à nous tendre, à préférer les notions aux sensations, les concepts à la riche multiplicité des choses. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de cette éducation. Nous ne serons jamais assez dispersés, assez nonchalants. »
Gilbert Lascault
Apologie du pluriel
Ecrits timides sur le visible, coll. 10/18 1979), pages 13-14 / 2008, éds du Félin http://www.decitre.fr/livres/Ecrits-timides-sur-le-visible.aspx/9782866456696
Gilbert Lascault fait un éloge du pluriel, des sensations, de la dispersion… A sa réflexion il ajoute un appel à ne pas oublier le détail au profit du général. (« On nous répète qu’il faut nous méfier des arbres qui cachent la forêt. » (…) Mais, dit-il « Trop souvent nous vivons dans un monde où le mot forêt sert à nous cacher la présence de chaque merisier, de chaque tremble. ». La forêt, parfois, ce peut être le mot « écrivains », le mot « lecteurs », qui cache la singularité des itinéraires de création...
23:34 Publié dans ART.tous arts visuels, CITATIONS.exergues.incipit.excipit, LIVRES, bibliographes, anthologies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gilbert lascault, citations, création, culture, art, esthétique, écrits timides sur le visible, livres
04/12/2011
Akhtar Soomro, photographie...
Ce qui embellit le désert c'est qu'il cache un puits quelque part.
Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince
De Saint-Exupéry, cette phrase célèbre est lue autrement ici, car choisie par le journal La Croix comme légende d’une photographie d’Akhtar Soomro : Sabir, 3 ans, « jouant avec un casque dans une décharge de Karachi (Pakistan). Photo prise le 20 novembre, Journée internationale des droits de l’enfant. »
La Croix, 24-11-2011 (pas trace de la page sur le site)... http://www.la-croix.com/Culture
Voir le portfolio, Akhtar Soomro, blogs Reuters (Mais si je n'ai pas vu cette photographie précise, de l'enfant avec un casque, j'ai remarqué l'enfant au pistolet, derrière la toile d'une tente, jouant la guerre avec les objets de la guerre, dans un univers ravagé, et une petite fille terrorisée après des inondations. Photographies qui me font penser à l'art de Sebastiao Salgado, par le regard respectueux des êtres, en témoin humaniste des souffrances et du courage, en témoin traducteur de beauté) : http://blogs.reuters.com/fullfocus/2010/11/08/portfolio-akhtar-soomro/#a=2
Désert réel et symbolique. Enfants dans la guerre, représentés par celui-ci. Désert bruyant des armes et de la mort, désert de la solitude intérieure : inventer des jeux dans le désastre créé par les adultes, et se construire psychiquement quand on ne peut trouver de réponses cohérentes au spectacle du monde qui est donné comme univers à contempler et dans lequel tenter d’être. Casque sur la petite tête : l’imaginaire guerrier comme refuge, casque comme enfermement imposé par l’indifférence collective, et par les marchands d’armes qui ont besoin des guerres et de la haine pour leur marché. Mais que serait le puits? Notant ce questionnement je pense aussitôt à Gérard Garouste, le peintre auteur de L'Intranquille, livre inépuisable. Car il rappelle que dans l'Ancien Testament "souvent, on rencontre les femmes tout près d'un puits" et, partant du mot 'puits', en hébreu, qui "s'apparente par sa racine au verbe 'interpréter', car la connaissance implique le creusement", il donne une clé pour comprendre le lien entre la femme, le puits, l'interprétation. (p.137, Livre de Poche). Le choix de cette légende évoque ce sens à déchiffrer dans le réel, malgré la guerre, ses traces, son horreur, et ces enfants perdus au milieu de ce désordre. L'enfant peut-être ce puits de connaissance déjà là (son expérience qui pourra être dépassée en résilience) et de connaissance à venir : ce que la souffrance pourra produire de capacité de compassion, d'empathie, de désir de changer la violence en paix. Et c'est aussi, ce puits, le regard du photographe, qui fixe ces enfances et force le regard des autres, la responsabilité. Espoir, quand même... Et pourquoi mettre cela dans le domaine de la spiritualité? Choix judicieux, justement. Spiritualité hors de toute référence religieuse. Accent mis sur la dimension spirituelle de l'art (comme le définit Kandinsky) : le conte de l'écrivain, l'image du reporter artiste. Accent mis sur la dimension sociale de la spiritualité, ancrée dans un engagement pour l'humain, pas séparable d'une ouverture du coeur et de la capacité de créer du sens...
23:52 Publié dans PHOTOGRAPHIE.regard | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : antoine de saint-exupéry, le petit prince, citations, photographie, regard, akhtar soomro, reuters, la croix, autrement dit, désert, puits, symboles, sens, spiritualité, livres, art, guerre, enfants, culture, société, karachi, pakistan, gérard garouste, garouste, l'intranquille
29/11/2011
A poèmes ouverts. Parcours d’un livre. Choix de citations…
A poèmes ouverts. Anthologie. 50 poètes français présentés par Jean-Pierre Siméon pour Le Printemps des Poètes. Ed. Points, 2008 http://www.lecerclepoints.com/livre-poemes-ouverts-collec...
Ma lecture, pour un choix très subjectif : mes fragments préférés(mais, d’abord, les absences que je repère…).
Jean-Pierre Siméon dit proposer un « échantillon de voix ». Et, dit-il, de la poésie, «… C’est ça la poésie, d’abord et surtout, une questionneuse enragée. Moins il y a de réponses, plus elle interroge… ». Puis : « … Si vous vous dites : ‘C’est bien ma langue mais je n’ai jamais vu ma langue dans cet état’, probable que vous êtes en face d’un poème. »
(Mais… il y a de grands absents, cependant, dans cette intéressante anthologie. Ainsi, Bonnefoy, Clot, Xuereb… Je mets trois liens ci-dessous pour compenser ce manque.)
Yves BONNEFOY : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Bonnefoy
René-Jean CLOT : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9-Jean_Clot
Jean-Claude XUEREB : http://xuereb-p oesie.pagesperso-orange.fr/ ]
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Parcours. CITATIONS :
Dans cette ville où tout se vend je suis le vent / je suis la marge. / (…) / Comprenez-vous que dans mon chant ce qui chante / c’est le silence ? / Je n’existe pas à plein temps. Je suis avec ce qui commence. Marc ALYN, Avec ce qui commence
Celui qui marche d’un pas lent dans la rue de l’exil / C’est toi / C’est moi / Regarde-le bien, ce n’est qu’un homme / Qu’importe le temps, la ressemblance, le sourire au bout des larmes l’étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux Tahar BEN JELLOUN, Eloge de l’autre
Lutteur il souffle sur des tisons / son visage mal géré par la nuit Aimé CESAIRE, Mort à l’aube
La gare pickpocket déleste de leur passé ceux qui la traversent / Sans savoir vers où le verrou du soleil va s’ouvrir / Et quelle liberté en secret peut cicatriser notre vie. Charles DOBZYNSKI, Gare de l’Est
on ne dort pas / on trie on écrit on pétrit on assemble (…) le poème aussi est / façon de voir venir / du fond du sombre / les mots comme un ciel d’aube Antoine EMAZ, Sous les étoiles exactement
peut-être que l’espoir / n’est qu’une entaille dans la chair / une étincelle sans futur / dans la mémoire Claude ESTEBAN
Marcheur à Paris tu te cognes aux blessures / ouvertes au trépan chaque jour pour travaux Ludovic JANVIER
et pourquoi naguère n’ai-je pas été là / pour empêcher que survienne / l’épreuve qui t’a laissé cette fêlure (…) et pourtant tu es ma blessure / c’est toi qui me fais grandir Charles JULIET, Ton regard ta voix
Tu descends le chemin de mon sang / comme un caravanier / la route de la soie / Lorsque tu tomberas de mes hanches / mille ans auront passé Anise KOLTZ
Cela dit / c’est de persister qu’il s’agit / Ne pas oublier (…)Protéger de ses poèmes nus / la flamme de la petite bougie Abdellatif LAABI, La flamme de la petite bougie
J’ai laissé sur le sol mes armes / de chasseur / et tout mon silence durci sur le feu / nu contre le sol / je cherche à être la terre / le support de l’étoile du matin Luis MIZON
Khayâm, je crois te lire en Bonnefoy / La poésie dure comme sortilège Azadée NICHAPOUR, Quatre quatrains pour Omar Khayâm
ce qui restera caché / cette chose est devant nous / qu’est-ce qu’un visage / le couvercle d’un secret Bernard NOEL, Lumière du noir
Ce qui existe, / c’est depuis hier. / Le reste c’est du blanc. Virgile NOVARINA, Ecrits de nuit pour noctiluque
Dans une valise idéale / on peut ranger tout l’univers / la troupe engloutie des étoiles / une seule fourmi / un seul amour Serge PEY
Il y a le bleu des brèches et des horizons pâles / Il y a que je pense à un figuier comme / A la perfection du sommeil Lionel RAY, L’icône espérance
Peut-on imaginer le visage d’un arbre, d’un nuage ou / d’une flaque ? / Oui, en fermant les yeux. / Pour connaître celui des hommes, c’est pareil, il faut fermer les yeux et écouter la voix de celui qui parle… Dominique SAMPIERO, Portrait sensible
Ces ombres qui rasent le mur / Et passent, sont-ce mes souvenirs… ? Léopold SEDAR SENGHOR, Brouillard
L’homme est fait de la matière de l’arc-en-ciel / Il est couleur (…)D’autres couleurs existent que je ne connais pas / Qui sont à l’intérieur dans les cœurs et les âmes (…)Et l’invisible aussi / Que l’homme voit si même il dit ne pas le voir / Cela qui fait de nous l’humanité / Tissage et métissage Salah STETIE, Le Bleu de la question
Ô cette rumeur de l’inconnu / au coin des rues de la terre André VELTER, Courir le monde
seul évolue l’esprit solitaire / dans les lieux déserts / aux heures vides / au fond de nuits méditatives / face à des aurores lumineuses Kenneth WHITE, Mont-Saint-Michel, XIè siècle
19:35 Publié dans CITATIONS.exergues.incipit.excipit, POÉSIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, à poèmes ouverts, citations, jean-pierre siméon, livres, anthologies
20/11/2011
L’Intranquille, de Gérard Garouste. En exergue, Rabbi Nahman de Bratslav
« Ne demande jamais ton chemin à celui qui le connaît. Tu risquerais de ne pas t’égarer. »
Rabbi Nahman de Bratslav
« L’Intranquille », sous-titre : « Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou », de Gérard Garouste, avec Judith Perrignon, éd. L’Iconoclaste, 2009, et Livre de Poche, 2011. Livre dédié à sa femme Elisabeth.
Gérard Garouste, peintre : http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Garouste
Le LIVRE. Fiche decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/L-Intranquille.aspx/9782253156741
Olivia de Lamberterie, Elle : « L’Intranquille est un livre triste et admirable » (citée sur la 4ème de couverture)
Paris-Art.com : http://www.paris-art.com/editeur-design/l-intranquille-autoportrait-d-un-fils-d-un-peintre-d-un-fou/garouste-gerard/2510.html (« L'Intranquille est le premier récit personnel de Gérard Garouste, artiste internationalement reconnu. Ses oeuvres sont exposées dans les plus grands musées du monde. ». Avec une partie du résumé publié sur la 4ème de couverture. Début : « Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. »). Cette phrase, citée là, est une clé bouleversante pour entrer dans ce livre, ce témoignage, cette œuvre : complexité des êtres et de l’affectif.
Interview de Judith Perrignon (coauteur du livre), sur le site de l’éditeur, L’Iconoclaste : http://www.editions-iconoclaste.fr/spip.php?article1336
« "L'Intranquille. Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou", de Gérard Garouste : Garouste, l'horreur des origines », par Philippe Dagen, Le Monde des Livres, 07-05-09. (Mise à jour : lien inactif). Citations : « De Gérard Garouste, on sait qu'il est un peintre français né en 1946 et que sa peinture, depuis les années 1980, va si fortement à contre-courant des tendances issues du minimalisme et du conceptuel qu'elle est tenue pour emblématique de ce que l'on nomme tantôt retour à la figuration, tantôt postmodernisme. Aujourd'hui, Garouste peint des scènes fabuleuses et énigmatiques et des portraits » (…) « Aussi la parution de L'Intranquille, sous-titré Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, sa première prose, surprend-elle. Qu'est-ce que Garouste peut avoir à écrire ? Des histoires d'atelier ? Non. Des réflexions sur la situation actuelle de l'art ? Très peu. La peinture et le dessin ne sont pas absents. Mais ce qui fait la force et l'intérêt exceptionnels de L'Intranquille, c'est ce que Garouste y révèle de son histoire et la clarté résolue et calme avec laquelle il le révèle - sans aucun pathos, sans masochisme non plus. »
Mohammed Aïssaoui, Le Figaro, 20-10-2011 (Rubrique Les Poches du jour) : http://www.lefigaro.fr/livres/2011/10/20/03005-20111020ARTFIG00823-gerard-garouste-autoportrait-d-un-intranquille.php (« Peu d'auteurs savent recueillir avec autant de talent et de sensibilité les confidences. Question d'écoute. Judith Perrignon a tendu l'oreille à Gérard Garouste. »)
Rubrique « Faites-vous des Poches », Le Point, par Marine de Tilly, 10-10-2011 : http://www.lepoint.fr/livre/l-intranquille-autoportrait-d-un-fils-d-un-peintre-d-un-fou-de-gerard-garouste-avec-judith-perrignon-10-10-2011-1382831_79.php (« Ce petit livre sombre, profond et d'une sincérité désarmante raconte tout cela : l'enfance, l'antisémitisme et la folie, aux trousses d'un immense artiste. »)
Blog de Vanessa Curton. Livres coups de cœur. Lecture de L’Intranquille. (Mise à jour : lien inactif...). Citation : « Regard sur ce père qui vient de mourir et son antisémitisme effréné. Gérard Garouste s'est construit en rupture, comme un cri, avec cet enfant au creux de lui et cette ferveur de "peindre jusqu'à l'épuisement". En rupture aussi avec ses contemporains. Tandis que ceux de son âge cherchaient à faire des performances, à provoquer, lui, il "cherchait le chaos des poudres" sur une toile préparée à l'ancienne, choisissait l'érudition et trouvait peu à peu son langage. »)
21:18 Publié dans ART.tous arts visuels, CITATIONS.exergues.incipit.excipit, LIVRES, bibliographes, anthologies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l’intranquille, gérard garouste, judith perrignon, exergues, rabbi nahman de bratslav, autoportrait, biographie, l’iconoclaste, peintre, peinture, art, littérature, livres, olivia de lamberterie, philippe dagen, mohammed aïssaoui, marine de tilly, vanessa curton, antisémitisme, idéologie, folie, amour, haine, secret, famille, père
14/11/2011
Soufi mon amour, d’Elif Shafak. (En exergue, Shams de Tabriz)
« Quand j’étais enfant, / je voyais Dieu, / je voyais les anges ; / je regardais les mystères des mondes d’en haut et d’en bas. / Je croyais que tous les hommes voyaient la même chose. / J’ai fini par comprendre qu’ils ne voyaient pas… »
Shams de Tabriz
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Cette citation est mise en exergue en tête de l’ouvrage d’Elif Shafak, romancière turque, « Soufi mon amour », 2010 (éd. 10/18 2011). Traduction, de l’anglais, par Dominique Letellier.
Fille de diplomate Elif Shafak est née à Strasbourg, a vécu en Espagne, puis en Turquie, a enseigné aux Etats-Unis. Elle vit à Istanbul.
Site officiel (en anglais), Elif Shafak : http://www.elifshafak.com/index.php
BioBibliographie, fiche wikipedia, Elif Shafak : « Féministe engagée, cosmopolite, humaniste et profondément imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, Şhafak défie ainsi par son écriture toute forme de bigoterie et de xénophobie. » (…) « Le soufisme a toujours joué un rôle central dans l'écriture de Şhafak mais ce n'est qu'avec son dernier roman en date, « Soufi, Mon amour », qu'elle aborde pleinement le sujet. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Elif_Shafak
Ce roman tisse des histoires croisées. D’une part, Ella, américaine de culture juive, et Aziz, européen converti à l’islam, photographe, écrivain et voyageur passionné, soufi (et qui semble avoir ainsi retrouvé là une identité d’âme bien plus ancienne…), des êtres de notre temps, qui vont s’aimer et bousculer leur vie pour être fidèles à eux-mêmes. Et, d’autre part, le grand Rûmi, érudit, mystique, et poète, et son maître Shams de Tabriz, le derviche errant, dans un temps bien plus lointain( le XIIIè siècle), et dans un monde peuplé d’êtres très divers qui seront tous marqués d’une manière ou d’une autre par la rencontre déstabilisante de Shams, l’accoucheur d’âmes. Un roman dans le roman ("Doux blasphème"), des pensées de sagesse dans le roman : c’est là un livre dont la lecture est infinie et qu’on se remet à parcourir pour y puiser du sens bien après avoir refermé à regret la dernière page. L’ouvrage met l’amour au centre de toute réalisation de soi, et le soufisme y est présenté comme une clé possible, une voie vers ce centre intérieur . Voilà des pages qui permettent d’entrer dans la compréhension de cette haute spiritualité musulmane qu’Elif Shafak connaît si bien. Histoire, sagesse, mystique, éthique et questionnements simplement humains… voilà des pages qui donnent matière à réflexion et méditation (et qu’il faudrait donner à lire à tous les faiseurs d’amalgames). « Je crois que la visée de l’art, et en particulier de l’art du récit, est de construire des ponts. », dit l’auteur dans un entretien de qualité, publié sur son site. (Elle y donne des références pour dire ses lectures sur le thème du soufisme).
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CITATIONS :
« Pour moi, le soufisme est une tapisserie où s’entrelacent couleurs et motifs. Dans mon roman, je ne présente pas le soufisme comme une notion abstraite ou un enseignement théorique, mais comme une énergie vitale, chaude, apaisante. Je m’intéresse à ce que le soufisme représente dans notre monde moderne. Je souhaite montrer la portée de la philosophie de Rûmi aujourd’hui, alors même que nous avons l’impression d’être à des lieues et à des siècles de celle-ci. »
« De l'ouverture du cœur dépend celle de l'esprit. Point n'est besoin de tout abandonner ni de se faire pauvre hère pour tenter d'approcher cette sagesse universelle. Elif Shafak invite chacun, croyant, agnostique ou athée, à ce travail sur lui-même : accepter de se changer pour que change sa vie. »
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Page éditeur, Phébus (BioBiblio. Cliquer sur les couvertures des livres, dont celui-ci, pour lire les présentations): http://www.editionsphebus.fr/fiche-auteur2577/elif-shafak
Et sur 10/18 (BioBiblio): http://www.10-18.fr/site/elif_shafak_&181&28786.h...
Critiques du livre…
La lecture d’Hervé Bonnet : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2012/11/01/elif-sha...
Et celle de Sabine Mustakim : http://publikart.net/soufi-mon-amour-un-livre-de-elif-sha...
Critique (élogieuse) du livre d’Elif Shafak. Par Kate, sur wodka-over.blog : http://wodka.over-blog.com/article-elif-shafak-soufi-mon-amour-56420106.html
23:12 Publié dans CITATIONS.exergues.incipit.excipit, ISLAM.islamS.soufisme.spiritualité, Recensions.livres.poésie.citations©MC.San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : soufi mon amour, elif shafak, turquie, rûmi, poésie, philosophie, littérature, citations, exergues, livres, romans, spiritualité, amour, soufisme, islam, musulmans, ponts, sagesse, universel, shams de tabriz, dominique letellier, wodka.over-blog, ouverture du coeur
09/11/2011
17 octobre 61, suite. « FLN, censure intestine », un article du Monde des livres
Voilà un article (et la postface d’un livre) qui donnent des clés précieuses pour comprendre un moment historique, ses suites, et de complexes réalités politiques…
« FLN, censure intestine », Le Monde des livres, daté 14-10-2011. Par Catherine Simon http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/10/13/fln-censure-intestine_1586849_3260.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20111014-[player_evenement] :
"Marcel et Paulette Péju (soutiens inconditionnels du FLN pendant les années 60…) avaient fini de rédiger leur livre sur le 17 octobre 1961 en 1962. Ils voulaient le publier ( il ne sera publié que maintenant, donc des années après, à l’initiative de l’historien Gilles Manceron, qui l’enrichit d’une postface expliquant l’étrange histoire de cet ouvrage…). Le livre, qui voulait témoigner et dénoncer un crime (celui de Maurice Papon et de l’Etat français) fut censuré… par le FLN (Ordre de Houari Boumédiène et Ahmed Ben Bella...). Cette censure émanait de la ligne du FLN qui avait pris le pouvoir en éliminant politiquement et physiquement ceux qui ne partageaient pas sa vision de l’Algérie à construire - fondée sur une conception ethnique et religieuse de l’appartenance nationale… (Il ne fallait pas, pour cette ligne du FLN, risquer de mettre en avant un courant qu’on voulait repousser dans l’ombre - et qui avait été l’initiateur de la manifestation du 17 octobre. Plutôt sacrifier la mémoire des victimes."
( Parenthèse Trames nomades)... Habituelle méthode des pouvoirs : la France fait pareil avec les 26 mars et 5 juillet 62, pour ne parler que de deux dates de la même histoire algérienne –auxquelles on peut ajouter l’attentat du Milk Bar à Alger – dont les victimes doivent supporter de voir la télévision française rendre hommage aux terroristes qui posèrent les bombes – cause de morts et d’immenses catastrophes personnelles pour les victimes survivantes, méconnues).
"Le couple Péju obéit à ses maîtres idéologiques, et le livre ne parut pas, silence qui contribua à la chappe de plomb posée sur les morts du 17 octobre 1961. (Jacques Vergès, qui dément, bien sûr, aurait joué un rôle dans cette occultation, d’après Gilles Manceron). Les victimes l’auront été doublement : effacées par les luttes internes du FLN et les « faiblesses » du PCF et des partis politiques français."
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Le LIVRE : "Le 17 octobre des Algériens", de Marcel et Paulette Péju, suivi de "La triple occultation d'un massacre", postface de Gilles Manceron. Ed. La Découverte.
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A lire : « Pour une reconnaissance, pas une repentance ». Entretien avec Qassa Aïssi, Le Point, 17-10-2011 : http://www.lepoint.fr/monde/france-algerie-17-octobre-1961-pour-une-reconnaissance-pas-une-repentance-17-10-2011-1385700_24.php
Et j’ajoute (mise à jour) un titre suggéré par un internaute : " Les ratonnades d'octobre". Par Michel Levine, Editions Jean-Claude Gawsewitch, 2011. Il est d’ailleurs mentionné dans une liste de titres proposés par El Watan : http://www.djazairess.com/fr/elwatan/343617
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NOTE antérieure, du 18-10-2011 http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/10/18/le...
23:49 Publié dans ACTU/MÉMO.valeurs.idées, ALGERIE/Algériens.hist.mémo.culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 17 octobre 61, livres, fln censure intestine, censure, marcel et paulette péju, péju, f.l.n., p.c.f., gilles manceron, catherine simon, maurice papon, papon, houari boumédiène, boumédiène, ahmed ben bella, ben bella, 26 mars 62, 5 juillet 62, milk bar, alger, jacques vergès, victimes, algérie, mémoire, histoire
30/10/2011
Jiddu Krishnamurti sur krishnamurti-france.org (Association culturelle pour la connaissance de la pensée de Krishnamurti).
"La Vérité est un pays sans chemin"
(Citation, parmi celles qui apparaissent en exergue sur le site dédié : association culturelle pour la connaissance de cette oeuvre, de cette pensée) http://www.krishnamurti-france.org/
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LIRE : « Se libérer du connu », Livre de poche.
C’est cet ouvrage qui est conseillé sur le site, pour commencer à découvrir l’œuvre et la pensée de Krishnamurti. (Plus de précisions, autres titres, dans la rubrique « Nous contacter », à « Questions fréquemment posées »).
Cit. : « Cet ouvrage est une anthologie succincte des thèmes de l’œuvre (…) à recommander comme première approche. »
Nombreuses informations à consulter. (Lectures, activités de l’association, etc.).
En accueil du site associatif, une photographie, juste sous la phrase en exergue... Un grand arbre, qui fait penser aux sages méditant à l'ombre d'un cèdre, ou conversant pour des méditations parlées, ou donnant un enseignement à des disciples... Calme lieu propice au silence du recueillement...
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Qui est Krishnamurti ? Penseur d’envergure (1896-1986), sage à la recherche de la sagesse (car vivant incarné, ne se voulant pas maître ou gourou, et riche de paradoxes humains), philosophe hors cadres, conférencier et écrivain de talent, éducateur soucieux d’une métamorphose des approches pédagogiques, être libre mettant en question les attachements qui emprisonnent (mais non les liens humains, leurs paradoxes, leurs faiblesses, leurs forces). "Eveillé" (voir les extraits de la fiche de wikipedia, ci-dessous, fin de note), mais pas lisse comme une perfection qui nous dépasserait au point de ne pas nous concerner : non, justement, humain donnant un horizon d’exigence et des objectifs éthiques à portée des individus aux prises avec les pièges et les passions du quotidien, des idéologies, des appartenances, du corps, et de la pensée… Assez proche pour qu’on retienne ce qu'il propose comme pistes - abordables - pour devenir plus libres, lâcher les peurs et les colères qui deviendraient toxiques (pour le corps et l’esprit)… Pistes? Savoir trouver le silence, et prendre le temps de méditer. Cultiver l’attention, cette présence dans l’instant. Savoir regarder avec un détachement neutre ce qui fait notre complexe identité (sans se trahir, mais sans tomber dans les pièges de l’attachement à cette apparence d’être, cette illusion de n’être QUE cela), se méfier de ce qui nous formate (même dans le regard des autres, qu’il soit aimant ou haineux). Ne pas s’identifier à un visage de nous qui ne serait qu’un masque. Tendre à ETRE… au-delà de seulement exister. Voilà ce que, pour ma part, je retiens, et cherche à approfondir... Rien qui nie la nécessité de l’engagement (civique, social, politique même si on y tient…), mais rien qui force cet engagement à être figé et fidèle à autre chose qu’à notre éthique en permanent devenir. Pistes d’un processus intérieur, tissé (mes trames…) dans les fils de « process » collectifs, lentes transformations qu’on peut espérer promouvoir, vers plus de conscience…
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Autre SITE : Fondation, jkrishnamurti.org (en anglais), lisible en français (une citation en accueil par semaine - qui peut être envoyée par mail, des enseignements, biographie, bibliographie) : http://www.jkrishnamurti.org/fr/?select=1
Document. Pages en anglais sur le problème de l’attachement à sa nationalité (l’enfermement passionnel que cela entraîne) : http://books.google.fr/books?id=DjgZXCT7J8QC&pg=PA200&dq=nationality+krishnamurti&hl=fr&ei=9Y2tTd3fJNKQ4ga6o9GNCw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CEEQ6AEwAw#v=onepage&q&f=false
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Indépendamment de la consultation des sites (et d’autres pages données ci-dessus), voilà quelques liens vers les ouvrages de ce penseur, chercheur de liberté intérieure...
LIVRES de Jiddu Krishnamurti :
Se libérer du connu... http://www.livredepoche.com/se-liberer-du-connu-jiddu-kri... (Autres livres de Krishnamurti disponibles en Livre de poche : descendre en bas de la page...) Voir aussi cette note sur le site chaouqi.net (Abel): http://www.chaouqi.net/index.php?2005/04/26/14-krishnamur...
Aux éditions Trédaniel, un livre, dialogues et réflexions, « Liberté, amour, action »... http://www.editions-tredaniel.com/jiddu-krishnamurti-aute...
La flamme de l’attention (fiche decitre.fr): http://www.decitre.fr/livres/La-flamme-de-l-attention.aspx/9782020258807 (éd. Seuil, Points/Sagesses)
Le sens du bonheur (page FNAC): http://livre.fnac.com/a1934081/Jiddu-Krishnamurti-Le-sens-du-bonheur (Points/Sagesses)
Autres titres sur ces pages...
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Extrait du livre « Au seuil du silence ». Sur la question centrale, celle de notre capacité d'autonomie, en pensée, sur la libération des conditionnements : http://www.krishnamurti-france.org/L-esprit-est-il-capabl...
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WIKIPEDIA (fiche très ample). EXTRAITS (relatifs à la dimension spirituelle de cet être) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jiddu_Krishnamurti . Extraits : « À l'été 1922, selon ses propos rapportés par Lutyens, il vécut une expérience "transformatrice" qui, bien que systématiquement accompagnée de violents maux de tête fut qualifiée par lui-même d'éveil spirituel, qui devait changer sa vie. Ce qu'il baptisa "le processus" (the process) et qu'Annie Besant appelait le réveil de Kundalini. » (…) « En 1980 (…) il affirme à son entourage que l'expérience intérieure, le "processus", qu'il décrivait les premières années, avait pris une force nouvelle, que ce mouvement intérieur aurait atteint la "source de toute énergie" et qu'il ne restait en lui qu' "espace incroyable et une immense beauté"» (…) « La pensée de Krishnamurti est, selon lui, résumée dans son texte de 1980 "Le cœur des enseignements". Il se fonde sur sa citation de 1929, selon laquelle "La Vérité est un pays sans chemin". L'acquisition de cette "vérité" (qu'il appelait aussi " l'art de voir") ne peut, selon lui, se faire au travers d'aucune organisation, aucun crédo, aucun dogme, prêtre ou rituel, ni aucune philosophie ou technique psychologique. »
19:40 Publié dans SPIRITUALITÉ.sagesses.mystique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jiddu krishnamurti, krishnamurti-france.org, exergues, citations, culture, spiritualité, au seuil du silence, la flamme de l’attention, le sens du bonheur, chaouqi.net, livres, krishnamurti, revue se libérer du connu
28/10/2011
CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT, livre de YASMINA KHADRA
VIDEO
L’auteur y parle de son ouvrage (et c'est très intéressant) http://www.dailymotion.com/video/x86r7l_ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit-yasmi_creation
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Lire aussi cette page d’un lecteur attentif, Labib Dadi,sur le blog "djbeltounes.wordpress.com" http://djbeltounes.wordpress.com/2011/03/26/ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit-de-yasmina-khadra/
23:58 Publié dans ALGERIE/Algériens.hist.mémo.culture, LIVRES, bibliographes, anthologies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ce que le jour doit à la nuit, yasmina khadra, littérature, algérie, culture, labib dadi, djbeltounes, fraternité, humanisme, livres