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09/06/2012

CITATIONS, parcours : haïkus…

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Voyage, un peu de lecture… Parcours d'un livre...

 


 

HAÏKU du XXè siècle, Le poème court japonais d’aujourd’hui, éd. Gallimard, 2007.

 

La gare / pierre tombale des hommes --- / tout s’embrume (Hoshinaga Fumio, né en 1933)

Les azalées flamboient ---- / tout ce qui vit / va vers la mort (Usuda Arô, 1879-1951)

Au milieu des fougères / un Bouddha / couleur d’or (Mizuhara Shûôshi, 1892-1981)

Difficile de mourir / difficile de vivre ---- / lumière de fin d’été (Mitsuhashi Takajo*1899-1972)

Bain de soleil ---- / ce lourd fardeau / qu’on appelle l’âme (Chiba Kôshi, né en 1947)

Me lavant les cheveux / je me lave / le cœur (Awano Seiho, 1899-1992)

Terre de la bombe atomique ---- / dans ces brumes d’intense chaleur / l’enfant a disparu (Ishihara Yakka, 1919-1998)

Vent d’automne ---- / les eaux sombres / du sombre pays natal (Suzuki Shin’ichi, né en 1957)

Jour anniversaire / du grand tremblement de terre ---- / tous mes livres retiennent leur souffle (Nakamura Kusatao, 1901-1983)

Reviennent / les âmes des exilés ---- / sous la forme d’oiseaux (Kadokawa Haruki, né en 1942)

Bonne Année ! / seule la télévision / me la souhaite ( Sumitaku Kenshin, 1961-1987)

Je tousse / donc je suis ---- / neige de minuit (Hino Sôjô, 1901-1956)

A soixante ans / le cœur inapaisable / je traverse la mer (Taneda Santôka, 1882-1940)

Du regard de l’homme / assassiné / nous nous effaçons aussi (Suzuki Murio, 1919-2004)

Dans le bleu Picasso / un jeune homme / qui souffre (Mitsuhashi Toshio, 1920-2001)

Seulement ce chemin / où je marche seul (Taneda Santôka, 1882-1940)

Faudra-t-il / traverser les nébuleuses / pour trouver un jardin de pierres ? (Kimura Toshio, né en 1956)

Elle cherche et trouve / les lèvres de la plaie ---- / la main de l’homme (Morita Tomoko*, née en 1938)

Il assiège  / la porte de la cuisine ---- / le cosmos (Kiyosaki Toshio, 1922-1999)

25/04/2012

POESIE... Citation : Mahmoud Darwich

Parcours de journaux, écoute d’émissions, et silence par détour poétique (détours, même).

Où irons-nous, après l’ultime frontière ? Où partent les oiseaux, après le dernier ciel ? Où s’endorment les plantes, après le dernier vent ?

Mahmoud Darwich

Cité par La Croix, page « Autrement dit », rubrique « Spiritualité », le 03-11-2011, en légende d’une photographie de Bédouins de Palestine, en Cisjordanie, après la destruction de leurs tentes en octobre 2011.

16/03/2012

Le Japon, un an après la catastrophe

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La presse mêle les articles sur l’anniversaire de la catastrophe nucléaire et les pages culturelles d’hommage au Japon, en relation avec le Salon du livre. Cela interfère évidemment : infos et littérature ou mangas, tout se croise. Et même quand les œuvres ne parlent pas de Fukushima directement, ou sont très antérieures, on lit et on évoque malgré soi d’autres sens, comme en déchiffrement d’une trame fatale, de 1945 à aujourd’hui. Ainsi, ce haïku de Kobayashi Issa, dit Issa (XIXè siècle) : « En ce monde nous marchons / sur le toit de l’enfer / et regardons les fleurs ». Ou, XXè siècle, celui-ci, de  Ishihara Yakka  : « La mort en ce printemps / doit jouer / sur les rivages du ciel ». Ou cet autre,  de Morita Tomoko : « Elle cherche et trouve / les lèvres de la plaie --- / la main de l’homme ».

Un blog francophone (mais avec des liens vers la presse japonaise anglophone) fait le point sur le drame nucléaire de Fukushima et ses conséquences, démonte les désinformations : http://fukushima.over-blog.fr/  

Articles… « Des vies brisées par un mal invisible », le Japon un an après, Le JDD, 11-03-2012 : http://www.lejdd.fr/International/Asie/Actualite/A-Fukushima-entre-destins-brises-et-vies-disloquees-493551/  (« La vie à Minamisoma ne tient plus qu’à un souffle. Celui du vent qui charrie au loin la poussière radioactive. » Le médecin qui se sacrifie, et les remarques sur les carences du pouvoir, la blogueuse qui perd ses dents, la mère qui apprend que sa fille est gravement atteinte, ceux qui survivent, et s’interrogent…)

Kenzaburô Ôé, prix Nobel de littérature 1994, lutte pour la fin du nucléaire. Le Monde des livres, entretien, 16-03-2012,  « Sommes-nous un peuple aussi facile à berner ? » : http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/03/15/kenzaburo-oe-sommes-nous-un-peuple-aussi-facile-a-berner_1669357_3260.html  (« Car cette crise ne se réduit pas au désastre de Fukushima. Le plus désespérant pour moi est la "conspiration du silence" des compagnies d'électricité, des administrations, du gouvernement et des médias pour cacher les dangers. Depuis mars 2011 ont été dévoilés tant de mensonges - et il y en a probablement d'autres... La révélation de cette complicité des élites pour dissimuler la vérité me bouleverse. Sommes-nous un peuple aussi facile à berner ? »)

Le Japon est l’invité du Salon du livre 2012. Littérature et Culture manga...

Echo... Hiroshima, 1955, 10 ans après la bombe atomique. BD, manga, Le pays des cerisiers, de Fumiyo Kouno : http://www.actuabd.com/Le-Pays-des-cerisiers-Fumiyo-Kouno-Kana (« Évidemment, un titre vient immédiatemment à l’esprit si l’on pense à manga et à bombe atomique, celui de Gen d’Hiroshima, la série de Keiji Nakazawa actuellement en cours de publication chez Vertige Graphic. Mais là où Nakazawa s’inspirait de sa vie et de celle de sa famille pour nous faire partager l’horreur de la bombe, Fumiyo Kouno, une mangaka née en 1964 à Hiroshima même, fait œuvre de fiction. »)

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APPEL  INTERNATIONAL . Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité. En français : http://fukushima.over-blog.fr/article-appel-international-hiroshima-tchernobyl-fukushima-des-crimes-contre-l-humanite-101458831.html  Et en anglais : http://fukushima.over-blog.fr/article-international-appeal-hiroshima-chernobyl-fukushima-crimes-against-humanity-101394506.html

15/02/2012

La Conférence des oiseaux, de Farid al-Din Attar. Citation

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« Quand même les deux mondes seraient tout à coup anéantis, il ne faudrait pas nier l’existence d’un seul grain de sable de la terre. S’il ne restait aucune trace, ni d’hommes, ni de génies, fais attention au secret de la goutte de pluie. » 

Farid al-Din Attar, cité par Philippe Jaccottet                                                                       L’encre serait de l’ombre (p.353)

27/12/2011

Henry Bauchau, Tentatives de louange

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« Accorde-moi, comme aux Rois mages, de connaître l'étoile
/ Du brûlant, brûlant amour
/ Que je connaisse enfin la libre efflorescence qui est, qui est là, qui est toi,
/ O silencieux, souterrain, souverain Seigneur des eaux, des plantes, des vivants
/ Et de la nourriture de tous. »

Henry Bauchau, Tentatives de louange, poèmes

Actes Sud, coll. Le Souffle de l’esprit, 2011

Ecrits de 2009-2010, recueil publié dans l’année des 99 ans de l’auteur

ACTES SUD : http://www.actes-sud.fr/catalogue/religions-et-spirituali... (Présentation EDITEUR : « Textes de sagesse et de gratitude, Tentatives de louange est une ode à la fragilité, un éloge du doute, une interrogation sur l'essentiel de la vie. »)

Le Choix des bibliothécaires : http://www.lechoixdesbibliothecaires.com/livre-111990-ten...  

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Ce livre paraît en même temps que L’Enfant rieur, même éditeur. Le premier ouvrage d’Henry Bauchau fut publié à 45 ans, et le succès vint plus tard, près de ses 70 ans. Patiemment une œuvre s’est construite, avec exigence. Mais qu’aurait compté la hâte, quand le temps d’écrire se confond avec le temps d’être, qui n’est que lente maturation…

14/12/2011

LUMIERE… et lumières. Regard, photographie, fête, méditation, et poème…

« Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière. »

Gustave Thibon  http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Thibon   (Page Autrement dit, Rubrique Spiritualité, La Croix, le 08-12-2011. Citation en légende d’une photographie de Maurice Subervie, prise le 8 décembre à Lyon, pour la fête des lumières.)

La fête des lumières sur le site du photographe Maurice Subervie (autres pages, villes, dont Paris, et pays, ainsi la Birmanie, le Maroc) : http://www.maurice-subervie.com/affiche_image.php?nom=lyonfetedeslumieres&id=5&reflex=0

Lumière, celle des ombres pluvieuses, des reflets de l’eau, miroirs et couleurs : photographies de Christophe Jacrot, avec la palette d’un peintre.  Album, liens vers ses créations, liens cachés derrière l’icône au parapluie, son logo.

C. Jacrot cite Willy Ronis (sur son site personnel), pour dire ses propres choix : « A mes yeux il y a deux grandes façons de photographier le monde, saisir son horreur (il y a de quoi faire) ou le sublimer. J’ai choisi la seconde. » Et « Je ne mets pas en scène, je négocie l’aléatoire ». Page (pluie, lumière) sur le blog de J-S Stehli... http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/11/christophe-... 

Paris in the rain, site officiel C. Jacrot : http://christophejacrot.com/portfolio/paris-in-the-rain/

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Lumière dans un regard, aussi. Celui de Rinko Kawauchi, artiste japonaise.  A voir dans l’album « Art » (des livres…). « Illuminance », photographies, « Lumière en apesanteur », d’après David Chandler, dans sa postface à l’ouvrage édité par Xavier Barral. Lumière, de celle qui éblouit en douceur.

Rinko Kawauchi, « Illuminance », livre : http://le29.fr/?p=47 

Page sur le blog de J-S Stehli :http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/12/rinko-kawau... 

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La nuit et la lumière sont souvent associées…

« Méditer dans le noir et les yeux clos, contempler les mains ouvertes dans la lumière… »

 Gilles Bernheim, Quarante méditations juives, éd. Stock, 2011.

 « Les étoiles m’attaquent / traversent mes vêtements / comme une légion de fourmis / chargées de lumière »Etoiles II.

Anise Koltz

Je renaîtrai, éd. Arfuyen, 2011

29/11/2011

A poèmes ouverts. Parcours d’un livre. Choix de citations…

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A poèmes ouverts. Anthologie. 50 poètes français présentés par Jean-Pierre Siméon pour Le Printemps des Poètes. Ed. Points, 2008 http://www.lecerclepoints.com/livre-poemes-ouverts-collec...

Ma lecture, pour un choix très subjectif : mes fragments préférés(mais, d’abord, les absences que je repère…).

Jean-Pierre Siméon dit proposer un  « échantillon de voix ». Et, dit-il, de la poésie, «… C’est ça la poésie, d’abord et surtout, une questionneuse enragée. Moins il y a de réponses, plus elle interroge… ». Puis : « … Si vous vous dites : ‘C’est bien ma langue mais je n’ai jamais vu ma langue dans cet état’, probable que vous êtes en face d’un poème. »

 (Mais…  il y a de grands absents, cependant, dans cette  intéressante anthologie. Ainsi, Bonnefoy, Clot, Xuereb… Je mets trois liens ci-dessous pour compenser ce manque.)

Yves BONNEFOY : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Bonnefoy

René-Jean CLOT : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9-Jean_Clot

Jean-Claude XUEREB  :  http://xuereb-p oesie.pagesperso-orange.fr/  ]

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Parcours. CITATIONS :

Dans cette ville où tout se vend je suis le vent / je suis la marge. / (…)  / Comprenez-vous que dans mon chant ce qui chante /  c’est le silence ? / Je n’existe pas à plein temps. Je suis avec ce qui commence.  Marc ALYN, Avec ce qui commence                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

Celui qui marche d’un pas lent dans la rue de l’exil  / C’est toi  / C’est moi  / Regarde-le bien, ce n’est qu’un homme / Qu’importe le temps, la ressemblance, le sourire au bout des larmes l’étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux   Tahar BEN JELLOUN, Eloge de l’autre

Lutteur il souffle sur des tisons /  son visage mal géré par la nuit  Aimé CESAIRE, Mort à l’aube

La gare pickpocket déleste de leur passé ceux qui la traversent / Sans savoir vers où le verrou du soleil va s’ouvrir / Et quelle liberté en secret peut cicatriser notre vie.  Charles DOBZYNSKI, Gare de l’Est                                                                                                               

on ne dort pas / on trie on écrit on pétrit on assemble (…) le poème aussi est / façon de voir venir / du fond du sombre / les mots comme un ciel d’aube   Antoine EMAZ, Sous les étoiles exactement                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

peut-être que l’espoir / n’est qu’une entaille dans la chair / une étincelle sans futur / dans la mémoire   Claude ESTEBAN

Marcheur à Paris tu te cognes aux blessures / ouvertes au trépan chaque jour pour travaux     Ludovic JANVIER                     

et pourquoi naguère n’ai-je pas été là / pour empêcher que survienne / l’épreuve qui t’a laissé cette fêlure (…) et pourtant tu es ma blessure / c’est toi qui me fais grandir   Charles JULIET, Ton regard ta voix                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    

Tu descends le chemin de mon sang / comme un caravanier / la route de la soie / Lorsque tu tomberas de mes hanches / mille ans auront passé   Anise KOLTZ

Cela dit / c’est de persister qu’il s’agit / Ne pas oublier (…)Protéger de ses poèmes nus / la flamme de la petite bougie    Abdellatif LAABI, La flamme de la petite bougie

J’ai laissé sur le sol mes armes / de chasseur / et tout mon silence durci sur le feu / nu contre le sol / je cherche à être la terre / le support de l’étoile du matin   Luis MIZON

Khayâm, je crois te lire  en Bonnefoy / La poésie dure comme sortilège   Azadée NICHAPOUR, Quatre quatrains pour Omar Khayâm

ce qui restera caché / cette chose est devant nous / qu’est-ce qu’un visage / le couvercle d’un secret  Bernard NOEL, Lumière du noir

Ce qui existe, / c’est depuis hier. / Le reste c’est du blanc.   Virgile NOVARINA, Ecrits de nuit pour noctiluque                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Dans une valise idéale /  on peut ranger tout l’univers / la troupe engloutie des étoiles / une seule fourmi  / un seul amour   Serge PEY

 Il y a le bleu des brèches et des horizons pâles / Il y a que je pense à un figuier comme / A la perfection du sommeil  Lionel RAY, L’icône espérance

Peut-on imaginer le visage d’un arbre, d’un nuage ou / d’une flaque ? / Oui, en fermant les yeux. / Pour connaître celui des hommes, c’est pareil, il faut fermer les yeux et écouter la voix de celui qui parle…    Dominique SAMPIERO, Portrait sensible

Ces ombres qui rasent le mur /  Et passent, sont-ce mes souvenirs… ?   Léopold SEDAR SENGHOR, Brouillard

L’homme est fait de la matière de l’arc-en-ciel  /  Il est couleur (…)D’autres couleurs existent que je ne connais pas / Qui sont à l’intérieur dans les cœurs et les âmes (…)Et l’invisible aussi / Que l’homme voit si même il dit ne pas le voir / Cela qui fait de nous l’humanité / Tissage et métissage   Salah STETIE, Le Bleu de la question               

Ô cette rumeur de l’inconnu /  au coin des rues de la terre   André VELTER, Courir le monde

seul évolue l’esprit solitaire / dans les lieux déserts / aux heures vides / au fond de nuits méditatives / face à des aurores lumineuses    Kenneth WHITE, Mont-Saint-Michel, XIè siècle

14/11/2011

Soufi mon amour, d’Elif Shafak. (En exergue, Shams de Tabriz)

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 « Quand j’étais enfant, / je voyais Dieu, / je voyais les anges ; / je regardais les mystères des mondes d’en haut et d’en bas. / Je croyais que tous les hommes voyaient la même chose. / J’ai fini par comprendre qu’ils ne voyaient pas… »

Shams  de  Tabriz

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Cette citation est mise en exergue en tête de l’ouvrage d’Elif Shafak, romancière turque, « Soufi mon amour », 2010 (éd. 10/18 2011). Traduction, de l’anglais, par Dominique Letellier.

Fille de diplomate Elif Shafak est née à Strasbourg, a vécu en Espagne, puis en Turquie, a enseigné aux Etats-Unis. Elle vit à Istanbul.

Site officiel (en anglais), Elif Shafak : http://www.elifshafak.com/index.php

BioBibliographie, fiche wikipedia, Elif Shafak : « Féministe engagée, cosmopolite, humaniste et profondément imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, Şhafak défie ainsi par son écriture toute forme de bigoterie et de xénophobie. » (…) « Le soufisme a toujours joué un rôle central dans l'écriture de Şhafak mais ce n'est qu'avec son dernier roman en date, « Soufi, Mon amour », qu'elle aborde pleinement le sujet. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Elif_Shafak

Ce roman tisse des histoires croisées. D’une part, Ella, américaine de culture juive, et Aziz, européen converti à l’islam, photographe, écrivain et voyageur passionné, soufi (et qui semble avoir ainsi retrouvé là une identité d’âme bien plus ancienne…), des êtres de notre temps, qui vont s’aimer et bousculer leur vie pour être fidèles à eux-mêmes. Et, d’autre part, le grand Rûmi, érudit, mystique, et poète, et son maître Shams de Tabriz, le derviche errant, dans un temps bien plus lointain( le XIIIè siècle), et dans un monde peuplé d’êtres très divers qui seront tous marqués d’une manière ou d’une autre par la rencontre déstabilisante de Shams, l’accoucheur d’âmes. Un roman dans le roman ("Doux blasphème"), des pensées de sagesse dans le roman : c’est là un livre dont la lecture est infinie et qu’on se remet à parcourir pour y puiser du sens bien après avoir refermé à regret la dernière page. L’ouvrage met l’amour au centre de toute réalisation de soi, et le soufisme y est présenté comme une clé  possible, une voie vers ce centre intérieur . Voilà des pages qui permettent d’entrer dans la compréhension de cette haute spiritualité musulmane qu’Elif Shafak connaît si bien. Histoire, sagesse, mystique, éthique et questionnements simplement humains… voilà des pages qui donnent matière à réflexion et méditation (et qu’il faudrait donner à lire à tous les faiseurs d’amalgames). « Je crois que la visée de l’art, et en particulier de l’art du récit, est de construire des ponts. », dit l’auteur dans un entretien de qualité, publié sur son site.  (Elle y donne des références pour dire ses lectures sur le thème du soufisme).

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CITATIONS :

« Pour moi, le soufisme est une tapisserie où s’entrelacent couleurs et motifs. Dans mon roman, je ne présente pas le soufisme comme une notion abstraite ou un enseignement théorique, mais comme une énergie vitale, chaude, apaisante. Je m’intéresse à ce que le soufisme représente dans notre monde moderne. Je souhaite montrer la portée de la philosophie de Rûmi aujourd’hui, alors même que nous avons l’impression d’être à des lieues et à des siècles de celle-ci. »

« De l'ouverture du cœur dépend celle de l'esprit. Point n'est besoin de tout abandonner ni de se faire pauvre hère pour tenter d'approcher cette sagesse universelle. Elif Shafak invite chacun, croyant, agnostique ou athée, à ce travail sur lui-même : accepter de se changer pour que change sa vie. »

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Page éditeur, Phébus (BioBiblio. Cliquer sur les couvertures des livres, dont celui-ci, pour lire les présentations): http://www.editionsphebus.fr/fiche-auteur2577/elif-shafak 

Et sur 10/18 (BioBiblio): http://www.10-18.fr/site/elif_shafak_&181&28786.h... 

Critiques du livre… 

La lecture d’Hervé Bonnet : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2012/11/01/elif-sha... 

Et celle de Sabine Mustakim : http://publikart.net/soufi-mon-amour-un-livre-de-elif-sha...

Critique (élogieuse) du livre d’Elif Shafak. Par Kate, sur wodka-over.blog : http://wodka.over-blog.com/article-elif-shafak-soufi-mon-amour-56420106.html

03/11/2011

Kafka, Levinas, Mahmoud Darwich, cités par… Mathieu Lindon (Libération), Marie Boëton (La Croix ), et, autre rubrique, même journal, cit. M.D., page "Autrement dit"...

Envie de tisser ensemble des citations éparses... dont je vois un arc de sens, association que chacun peut déchiffrer...

« Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous»

« …la fameuse phrase de Kafka vient nécessairement à l’esprit à la lecture de "Derrière le mur de briques", recueil de sept nouvelles de Tibor Déry datant de 1950 à 1960. Né en en 1894 et mort en 1977, l’écrivain hongrois fut d’abord emprisonné par un régime de droite, puis sous le communisme pour sa participation à l’insurrection de Budapest en 1956… ».

Kafka cité par Mathieu Lindon, Libération, chronique du 3-11-2011, titrée « Tibor Déry fait le mur ». (Lecture intégrale… papier ou abonnés). http://www.liberation.fr/livres/01012369245-tibor-dery-fait-le-mur

 De Kafka, lire le "Journal" (publié en Poche). Et... http://www.rue-des-livres.com/auteurs/500/franz_kafka.html

«Rencontrer un homme, c’est être tenu en éveil par une énigme »

« …écrivait Levinas. Alexandre Jollien a fait sienne cette maxime. Et pour cause : plus l’intéressé se laisse approcher, plus il déroute ».

Levinas cité par Marie Boëton. Ample article, titré. « Alexandre Jollien, chercheur de joie »  (lisible intégralement sur le site du journal). La Croix, 29/30-10-2011: http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Actualite/Alexandre-Jollien-chercheur-de-joie-_NG_-2011-10-28-729089

Alexandre Jollien, SITE officiel : http://www.alexandre-jollien.ch/ (livres, agenda, citations...). De "L'éloge de la faiblesse" à... 2011, "Le philosophe nu"...

« Où irons-nous, après l’ultime frontière ? Où partent les oiseaux, après le dernier ciel ? Où s’endorment les plantes, après le dernier vent ? »

Mahmoud Darwich

La Croix, page 25 (« Autrement dit », rubrique « Spiritualité »). Citation donnée comme légende d’une photographie de Bédouins de Palestine, dans un désert, «… après la destruction de leurs tentes par des bulldozers israéliens, le 31 octobre, en Cisjordanie » 

07/10/2011

PRIX NOBEL 2011. Tomas Tranströmer, prix Nobel de littérature. Liu Xiaobo toujours prisonnier...

Rapide petite revue de presse...

Prix Nobel de littérature, Tomas Transtromer :

L’Express, 07-10-2011 : http://www.lexpress.fr/culture/livre/tomas-transtroemer-prix-nobel-de-litterature-2011_1037391.html «L'Académie Nobel vient d'annoncer que le prix Nobel de littérature 2011 revient au poète suédois Tomas Tranströmer (: Tomas Tranströmer.) Il succède ainsi à l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa (:Mario Vargas Llosa).»

Tomas Tranströmer  et la poésie du silence, Le Point, 07-10-2011 : http://www.lepoint.fr/livres/tomas-transtromer-et-la-poesie-du-silence-07-10-2011-1382096_37.php   « C'est une poésie du grand Nord, une poésie qui reste six mois durant dans la nuit, six mois durant dans le jour. Le silence y est toujours présent. », dit André Velter, cité par Marion Cocquet. (…) « Son écriture est concrète, précise, et presque laconique. Sans doute cela tient-il aussi à la langue suédoise elle-même, qui laisse au mot une aura qu'il n'a pas dans les langues latines », explique Jacques Autin, son traducteur. (…) « La poésie obéit à sa propre temporalité, c'est vers l'éternité qu'elle regarde. » (André Velter, de nouveau cité, pour conclure).

Libération, 07-10-2011 : http://www.liberation.fr/livres/01012364141-le-suedois-tomas-transtromer-prix-nobel-de-litterature-2012  « Le Suédois Tomas Tranströmer était déjà le plus connu des poètes scandinaves vivants avec une oeuvre dans laquelle il explore la relation entre notre intimité et le monde qui nous entoure. »

ADONIS, qui fut mentionné comme favori, est un immense poète, aussi…

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Le Prix NOBEL  :

Fiche wikipedia (prix Nobel de littérature) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Nobel_de_litt%C3%A9rature  (Intro, listes, et liens).

Précédents prix Nobel de littérature : http://www.prix-litteraires.net/nobel.php

Site officiel : http://www.svenskaakademien.se/en 

Fiche wikipedia (Prix Nobel de la Paix) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Nobel_de_la_paix

Suède (littérature et autres prix) ,et Norvège (Paix), partage des rôles : "Comme l'avait décidé Alfred Nobel,  les lauréats du prix Nobel de la paix sont choisis par un comité nommé par le parlement norvégien, les autres prix Nobel sont sélectionnés par l'Institution académique suédoise. D'ailleurs, contrairement à ceux-ci, décernés lors d'une cérémonie royale le 10 décembre à Stockholm, le Nobel de la paix est remis à Oslo  car la Suède et la Norvège relevaient en 1901 de la même Couronne avant le divorce de ces deux pays en 1905. Du fait de cette séparation, un arrangement fut trouvé concernant les prix Nobel, et la Norvège hérita de celui de la Paix. Il est doté d'un montant de 10 millions de couronnes suédoises (un peu plus d'un million d'euros)."

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LIU XIAOBO, écrivain et prix Nobel de la paix 2010, est toujours en prison : http://fr.rsf.org/chine-liu-xiaobo-prix-nobel-de-la-paix-...  Il est le seul lauréat actuellement en détention, après avoir été condamné à onze ans de prison le 25 décembre 2009 pour “subversion du pouvoir de l’Etat”. Les autorités lui reprochent des articles publiés sur Internet et sa participation à l’élaboration de la Charte 08, texte de référence du mouvement démocratique chinois."

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CITATIONS des prix NOBEL, sur evene.fr : http://www.evene.fr/citations/theme/prix-nobel.php 

01/10/2011

Litanie pour juillet plusieurs fois… (Pages données au vent)

Texte modifié...

Voir : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/12/18/po...

© MC San Juan

06/04/2011

Aimé Césaire. Hommage rendu au Panthéon, ce mercredi 6 avril 2011

Aimé Césaire entre au Panthéon, 20 minutes, 06-04-11 : http://www.20minutes.fr/article/701822/culture-aime-cesaire-entre-pantheon  « ‘’Reconnaître l'une des plus grandes voix ultramarines, c'est aussi rendre hommage à la vitalité des cultures d'Outre-mer, qui n'ont cessé d'influencer l'ensemble de la culture française’’, avait déclaré le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand lors d'une présentation de l'événement. Notons au passage que 2011 est l'année des Outre-mer. » (La tombe du poète décédé en 2008 reste en Martinique, mais une plaque et une fresque monumentale lui rendront hommage au Panthéon.  Cérémonie en présence du Président de la République, qui avait rencontré l’auteur, en présence, aussi, de la famille et de très nombreux invités.) 

Libération, annonçant la mort de l’écrivain, en avril 2008, rappelait les grands axes de sa vie. Article du 17-04-2008 http://www.liberation.fr/politiques/010127082-aime-cesair... : « Aimé Césaire fut, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, l’un des chantres du courant de la «Négritude».L’auteur du «Cahier d’un retour au pays natal» avait consacré sa vie à la poésie et à la politique. ». Il redisait ses combats contre le racisme, et notait l’hommage rendu par L’Elysée, pour son 94 ème anniversaire, par une lettre rendue publique : « Le président Nicolas Sarkozy avait salué alors le 26 juin dernier en Aimé Césaire le poète et ‘’homme d’action’’, ‘’porteur d’un message de paix, de tolérance et d’ouverture’’ ».

Aujourd'hui, sur le site du même journal, la dépêche de l'AFP cite les paroles d'émotion de personnes parfois venues de très loin pour assister à cette cérémonie. Parmi les phrases qu'on peut lire, celle-ci : «C'est un événement qu'on ne verra qu'une fois, voir un grand homme des Caraïbes qui a fait connaître les valeurs de la négritude et de l'humanisme entrer au Panthéon.», (Jean Liseron). Et « Il y a un avant et un après Césaire. Son passage sur terre a été une révélation. », (Roland Veron, venu de Martinique).

L'article du 06-04-11, lui, n'est pas lisible intégralement (réservé aux abonnés) : http://www.liberation.fr/culture/01012330031-ave-cesaire (J'y relève une citation importante, qui précise la nature de l'engagement de l'auteur, concernant la négritude : « Nègre je suis, nègre je resterai... Mais Senghor et moi, nous nous sommes toujours gardés de tomber dans le racisme noir. »   

Le Monde, 05-04-11 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/05/celebre-au...  Titre : « Célébré au Panthéon, Aimé Césaire demeure un rebelle irrécupérable.» Article qui rend compte de l'héritage humaniste de Césaire. Notions clés et CITATIONS...

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Parmi les expressions d'admiration reçues de son vivant, il y eut cette profonde reconnaissance de dette, d’un poète au poète… Dans « Ce que je dois à Aimé Césaire », Bibliophane, 2004, Jacques Lacarrière écrivit ce que fut pour lui le choc salvateur de cette lecture (car cela métamorphosa sa conception de l’écriture poétique, donna sens et direction à toute son œuvre) : «La découverte du cahier en cet automne 1947 me révéla dès les premières pages les pouvoirs et les magies insoupçonnées de ma propre langue : ce n'était pas seulement un poème que je tenais entre mes mains, mais un texte de feu, un brasier, un brûlot.»

Jean-Pierre Siméon, insiste sur cela dans la préface qui introduit le recueil des  « Oeuvres poétiques complètes» de Jacques Lacarrière, Seghers 2011,  «A l'orée du pays fertile » : « La grande rencontre, celle qui décidera de sa destinée de poète et qui est de la nature d'une révélation foudroyante, c'est celle d'un livre, le Cahier d'un retour au pays natal de Césaire. » Cette rencontre se fit par hasard, ouvrage trouvé dans une librairie...

Si un livre peut être croisé, trouvé, et gardé ainsi, comme un heurt prolongé qui change le rapport à la langue, à ce que cela signifie qu'écrire, c'est que ce livre mérite d'être pris en compte par beaucoup, pour tenter de comprendre ce qui fit ce bouleversement...  

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Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Aim%C3%A9_C%C3%A9saire

Biographie et poèmes, pierdelune.com : http://www.pierdelune.com/cesaire.htm

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VIDEO : Rencontre avec Césaire, 2006 : http://www.dailymotion.com/video/x63g14_rencontre-avec-ce... 

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CITATIONS :

« L'homme de culture doit être un inventeur d'âmes. » (et autres CITATIONS d'Aimé Césaire), sur evene.fr : http://www.evene.fr/citations/auteur.php?ida=1627 

« La justice écoute aux portes de la beauté.  » (et autres fragments) sur wikiquote.org : http://fr.wikiquote.org/wiki/Aim%C3%A9_C%C3%A9saire

« Colonisation = chosification »  Citation ajoutée par le Petit Robert à sa définition de la colonisation : http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/09/04/le-petit... 

16/03/2011

Printemps des Poètes 2011, « Infinis paysages ». Poésie, malgré tout...

Etrange coïncidence, ces lectures parlant de terre, de vent, de fleuves et de mer, de feuillages, de forêts, de pays regardés ou fantasmés, quand la nature se rappelle à nous, par séismes et tsunamis,  quand une catastrophe nucléaire transforme, Japon, des paysages en cauchemars, et quand des dictateurs métamorphosent, ailleurs, leurs pays en lieux de mort, sans que quiconque, autour, ne sache prendre les moyens de mettre fin à l’horreur sans rajouter d'horreur. La poésie. Quand même… ou encore plus ?

Le Printemps des Poètes 2011 était introduit par Juliette Binoche et Jean-Pierre Siméon. Un thème, les paysages, et des événements divers (rencontres, lectures, parutions).

Parmi les initiatives, l’exposition à la station  de métro St-Germain...  Et, métro, encore, des poèmes lus à Auber le 7 mars : Ibn Arabi, Edouard Glissant, Rimbaud, René Depestre, Aimé Césaire, etc. Mais aussi, textes de Michel Butor, René Depestre, André Velter et Kenneth White le 13 mars, Musée du Quai Branly…  Exemples parmi beaucoup d'autres moments : riches possibilités de lectures et rencontres, à Paris et ailleurs.

Poèmes à lire sur le site, voir à Poéthèquehttp://www.printempsdespoetes.com

CITATION : « Je croyais le voir devant moi mais / il était en moi, ce paysage, ermite / errant comme un rivage cherchant la mer en lui »

Jacques Lacarrière

(« A l’orée du pays fertile », Seghers)

Japon... nouvelles du monde. Et nous, impuissants…

« Les nouvelles du monde à l’infini ont frappé la pierre » , Edouard Glissant, L’œil dérobé (« Pays rêvé, pays réel »), Poésie/Gallimard. Relisant ce vers je trouve qu’il traduit tout à fait l’impression que nous pouvons avoir, en en déplaçant un peu le sens. Le sol, autour de nous, frappé, ou nous, pétrifiés…

Retenir, aujourd’hui, deux éditoriaux du même journal. Ethique d’un regard sur le monde, dehors…

Japon…

« Une leçon de dignité dans un malheur immense » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/14/une-lecon-de-dignite-dans-un-malheur-immense_1492760_3232.html  Le Monde, 14-03-11

Citation : « Et, pourtant, des récits, des images, des témoignages qui nous parviennent, de ce que disent nos correspondants, on retiendra ceci : la démonstration de sang-froid ; le calme, une manière d'être solidaires qui semble aller de soi. Il y a cet immense malheur, bien sûr. Et puis il y a la dignité des Japonais. »

VOIR la NOTE du 16-04-2011, sur la solidarité http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/04/16/ja... 

28/02/2011

ECRIVAINS libyens, de Sifaw El Mahroug à Kamal Ben Hameda. Parcours…

libye,littérature,culture,poésie,citations,dictature,exil,amazighité,livres« Ne ressent la brûlure du feu que celui qui marche dessus. » Kamal Ben Hameda, écrivain (texte, Le Monde, 25-2-11).

Connaît-on la littérature libyenne ? (Quand on ne savait rien sur la société même…).

Nous étions tellement obnubilés (à juste titre, mais pas de la même manière que certains dirigeants) par le dictateur à la tête de ce pays (les attentats, les mensonges, la haine, et les menaces), que cela a fait écran. Et notre perception de la réalité sociale de la Libye en a été déformée. On pense « terrorisme » (et c’est), et on n’a plus la place mentale pour penser que, là, des gens écrivent, malgré tout. Certains en meurent, d’autres s’exilent ou sont emprisonnés, d’autres, encore, tentent de créer des bribes de société civile, pour plus de droits (voir, ci-dessous, 2009 : des écrivains sont impliqués).

Dans un entretien du JDD, où une question est posée à Luis Martinez sur l’existence d’une opposition en Libye (pas seulement les révoltes de rue et les manifestations et combats, mais des organisations préparées à une relève) le chercheur (Sciences-Po), avant de répondre, évoque d’abord l’alphabétisation, la culture (puis les études à l’étranger) : « On a très mal pris en compte la société libyenne ces dernières années. Le taux d’alphabétisation est de 90% et celui d’urbanisation de 80%. Bien que ce soit interdit, toutes les familles ont des paraboles et savent très bien ce qui se passe à l’extérieur. » (Journal du Dimanche, 27-2-11).

Donc notre ignorance était grande.

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Traces de ces écritures, de ces résistances, des informations quilaissent leurs petits cailloux de sens, montrant la genèse des évolutions. Je les ai notées chronologiquement.
De 1994 à 2011, on meurt, on écrit, on part, on écrit… Parcours de dates, de noms, et de faits.
Sifaw El Mahroug est un poète berbère libyen, né en 1946, dissident et harcelé, mort en1994 des suites d’un accident douteux, d’après l'ancien site berberoscope :  
CITATION :
«Tant de gens
Ont oublié leurs noms
Après avoir oublié
Leur accent.»
(Ce fragment de poème, peut symboliser aussi, je trouve, des annéesaprès,la situation des 
Libyens dans un pays
au système dictatorial
plus qu’étouffant, et celle des exilés. L’accent
sera à
comprendre, non plus comme le seul signe perdu de l’ « amazighité », signe qu’il est
mais comme la marque d’une perte d’identité
plus générale : perte d’être dans un monde brutal
qui écrase,
perte des racines pour celui qui doit s’éloigner. Formes diverses de l’exil.)
...
SurSifaw El Mahroug, et de lui, lire cette page, dans le supplément littéraire mensuel de 
L'Orient Le Jour (Liban) : http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=... 
....

 libye,littérature,culture,poésie,citations,dictature,exil,amazighité,livresKamal Ben Hameda (cité en exergue), libyen de Tripoli, est exilé aux Pays-Bas. Et le texte de lui que je viens de lire, dans Le Monde du 24-2-11, est loin d’être juste un article, mais vraiment la page forte d’un écrivain. Ce texte peut servir d’introduction à la pensée, à l’écriture, de ce poète. Un cri, le souffle de la colère et de la douleur : celle de celui qui n’a pas revu sa mère, morte seule, elle aussi exilée, mais là où elle fut toujours («… cette jeune vieille dame que j'appelais jadis maman »), et qui sait que nombreuses sont les mères en deuil de leurs enfants, fils forcés de partir à la mort. « Elles resteront tapies dans la brûlure du manque, ces mères-là, car le grand désert a englouti les leurs dans ses replis ». Il nous parle de la marche des « folles » de Benghazi (écho aux célèbres mères de disparus), qui les premières « ont ouvert un champ à l'espoir » et de ce « Bédouin autiste aux mille visages, golem du désert » que l’Occident semble découvrir après l’avoir accueilli… En humaniste, il poursuit : « Ma parole ne saura qu'ourler nos ruptures et tisser nos distances si le sentiment de l'humain n'est pas en notre partage. » Et il conclut par une anecdote. (Un passant lui ayant demandé d’où il venait, donc qui il était, «… au regard de mon faciès basané », il répondit par un mot latin: « Mens », esprit, «un être humain ») . http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/24/qu-il-part...

Commencer par lire, ou relire, et faire lire, un auteur libyen, c’est commencer à entrer dans l’apprentissage de cette culture trop méconnue.

Cinq titres chez L’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=3003 

Présentation du livre « Le Saint Je » (poème monosyllabique), 2003 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=15844

Et du recueil de poèmes  « La tentation de la lumière », 2002 :  http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=5047  (« Deuil du moi pour l'ouvrir à toutes les contrées des fonds de l'invisible… ")

« Plis de lumière », 2007 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=23992

Texte à lire sur le site africultures.com, Aube... http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&...

EXTRAITS :

« Poésie, acte de connaissance.
Connaissance dans l'acception primaire, matérielle et sensuelle de naissance à l'autre, avec l'autre, aux mondes. Une naissance comme toute autre, réelle et palpable qui élit une nudité, nomme une transparence. » 
(…) « La poésie, cet instant-là, devient le chemin qui mène de soi vers le Soi, un voyage initiatique, initiation à sa propre parole. »

Dernier livre paru : La compagnie des Tripolitaines, éd. Elyzad, 2011. http://www.babelio.com/livres/Ben-Hameda-La-compagnie-des...